Chiropracteur évaluant avec douceur l'alignement de la colonne vertébrale d'un patient assis lors d'un bilan de scoliose
Chiropraxie

Chiropraxie et Scoliose : Accompagner la Déviation Vertébrale

⏱ 31 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : La scoliose est une déviation tridimensionnelle de la colonne qui relève d'un suivi orthopédique (imagerie, mesure de l'angle de Cobb, corset et parfois chirurgie selon la sévérité). La chiropraxie n'agit pas sur la courbure elle-même : elle intervient en accompagnement, sur la douleur, la mobilité et la qualité de vie. Le seul traitement dont l'efficacité pour freiner l'aggravation est solidement démontrée reste le corset : l'essai randomisé BrAIST (Weinstein, New England Journal of Medicine, 2013) a montré que son port faisait passer le taux de succès de 48 % à 72 %. Chez l'enfant et l'adolescent, un suivi médical spécialisé est indispensable.
Recevoir un diagnostic de scoliose, pour soi ou pour son enfant, soulève immédiatement une avalanche de questions. Faut-il porter un corset ? La courbure va-t-elle s'aggraver ? Peut-on faire quelque chose pour l'accompagner au quotidien ? Et, très fréquemment : la chiropraxie peut-elle aider à « redresser » la colonne ?

Cette dernière question mérite une réponse claire et honnête, car elle touche à un sujet médical sérieux où la confusion peut avoir des conséquences réelles. La scoliose n'est pas une simple « mauvaise posture » que l'on corrige à coups de manipulations. C'est une déformation structurelle de la colonne vertébrale qui nécessite un suivi médical rigoureux. Pour autant, cela ne signifie pas que la chiropraxie n'a aucun rôle à jouer : bien positionnée, en complément et jamais en remplacement du parcours orthopédique, elle peut contribuer au confort et au bien-être de la personne.

Cet article fait le point, sans détour, sur ce que la chiropraxie peut réellement apporter face à une scoliose, sur ce qu'elle ne peut pas faire, et sur l'importance capitale du suivi médical spécialisé. L'objectif : vous permettre de prendre des décisions éclairées.

Comprendre la scoliose : bien plus qu'un dos de travers

Avant de parler d'accompagnement, il faut comprendre précisément de quoi l'on parle. Le mot « scoliose » est souvent employé à tort pour désigner n'importe quel dos qui semble asymétrique. Or la réalité anatomique est bien plus précise.

Qu'est-ce qu'une scoliose exactement ?

La scoliose est une déviation tridimensionnelle de la colonne vertébrale. Vue de dos, la colonne, normalement rectiligne, dessine une ou plusieurs courbures latérales en forme de « C » ou de « S ». Mais la déformation ne se limite pas au plan frontal : elle s'accompagne d'une rotation des vertèbres sur elles-mêmes, ce qui explique la bosse costale (la « gibbosité ») visible lorsque la personne se penche en avant.

Cette rotation est la signature de la scoliose structurelle : ce n'est pas seulement la colonne qui penche, ce sont les vertèbres elles-mêmes qui sont déformées et pivotées. C'est précisément pour cette raison qu'aucune manipulation manuelle ne peut « remettre droite » une scoliose : on ne dévrille pas une colonne à la main.

La scoliose la plus fréquente est dite idiopathique, c'est-à-dire sans cause identifiée, et concerne surtout les adolescents en période de croissance. Selon les revues cliniques de référence, la scoliose idiopathique de l'adolescent touche environ 2 à 3 % des jeunes, avec une nette prédominance féminine pour les courbures qui progressent (Choudhry et coll., Open Orthopaedics Journal, 2016).

Scoliose, attitude scoliotique et dos rond : ne pas confondre

Une distinction essentielle, souvent source d'inquiétudes inutiles ou, au contraire, de fausse tranquillité :

  • La scoliose structurelle : déformation osseuse permanente avec rotation vertébrale, qui ne disparaît pas lorsque la personne se penche ou s'allonge.
  • L'attitude scoliotique : une simple inclinaison de la colonne, souvent liée à une inégalité de longueur des jambes, à une contracture musculaire ou à une posture, et qui se corrige spontanément en position allongée. Ce n'est pas une vraie scoliose.
  • La cyphose (dos rond) et l'hyperlordose : des exagérations des courbures naturelles dans le plan sagittal (de profil), différentes de la scoliose.
Cette distinction n'est pas un détail sémantique. Une attitude scoliotique et une scoliose structurelle ne se surveillent pas de la même manière et n'ont pas le même pronostic. Seul un examen médical, complété si besoin par une radiographie, permet de trancher. Un professionnel du mouvement, chiropracteur inclus, peut repérer une asymétrie et orienter, mais le diagnostic formel repose sur l'imagerie.

Les différents types de scoliose

Toutes les scolioses ne se ressemblent pas, et la stratégie de prise en charge dépend directement de leur origine :

| Type | Origine | Particularités | | :- | :- | :- | | Idiopathique | Cause inconnue | La plus fréquente ; apparaît surtout à l'adolescence | | Congénitale | Malformation vertébrale de naissance | Nécessite un suivi orthopédique précoce et rapproché | | Neuromusculaire | Maladie neurologique ou musculaire | Souvent évolutive, prise en charge complexe | | Dégénérative (« de novo ») | Usure des disques et articulations chez l'adulte | Apparaît après 50 ans, liée au vieillissement |

Cette diversité explique pourquoi il n'existe pas de « recette » unique. Un adolescent en pleine croissance avec une scoliose idiopathique et un adulte souffrant d'une scoliose dégénérative douloureuse n'ont ni le même parcours, ni les mêmes besoins d'accompagnement.

Le diagnostic et le suivi médical : la pierre angulaire

C'est le point le plus important de cet article, et il ne souffre aucune ambiguïté : la scoliose relève d'un suivi orthopédique médical. Tout accompagnement complémentaire, y compris chiropratique, s'inscrit autour de ce parcours, jamais à sa place.

L'angle de Cobb : la mesure de référence

Comment mesure-t-on la sévérité d'une scoliose ? Grâce à la radiographie de la colonne entière et au calcul de l'angle de Cobb, qui quantifie en degrés l'importance de la courbure. C'est cet angle, et son évolution dans le temps, qui guide toutes les décisions médicales.

Les seuils habituellement retenus par les recommandations internationales sont les suivants :

  • En dessous de 10° : on ne parle pas de scoliose à proprement parler, mais d'une asymétrie mineure à surveiller.
  • Entre 10° et 25° : scoliose légère, surveillance régulière, parfois exercices spécifiques.
  • Entre 25° et 45° : scoliose modérée à évolutive chez l'enfant en croissance, indication fréquente de corset.
  • Au-delà de 45-50° : scoliose sévère, où la chirurgie peut être discutée.
Ce que montrent les études : Les recommandations SOSORT 2016 (Negrini et coll., Scoliosis and Spinal Disorders, 2018), référence internationale du traitement conservateur de la scoliose idiopathique, structurent toute la prise en charge autour de l'angle de Cobb, du potentiel de croissance restant et du risque d'aggravation. Elles rappellent que le suivi radiographique régulier est indispensable pour détecter une progression, et que les décisions thérapeutiques (surveillance, exercices spécifiques, corset, chirurgie) découlent de ces mesures objectives et non d'une simple appréciation clinique.
Aucune technique manuelle ne modifie l'angle de Cobb de façon durable. Cette donnée est essentielle pour comprendre le rôle réel de la chiropraxie : elle ne s'inscrit pas dans le registre de la correction de la courbure, mais dans celui de l'accompagnement du confort.

Le dépistage chez l'enfant et l'adolescent

Le dépistage précoce est déterminant, car une scoliose détectée tôt pendant la croissance peut être surveillée et, si nécessaire, freinée avant qu'elle n'atteigne des degrés préoccupants. Le test de référence est le test d'Adams : on demande à l'enfant de se pencher en avant, et l'on observe l'apparition éventuelle d'une gibbosité (bosse) d'un côté du dos.

Ce que montrent les études : L'évaluation menée pour l'US Preventive Services Task Force (Dunn et coll., JAMA, 2018) a passé en revue les données disponibles sur le dépistage de la scoliose idiopathique de l'adolescent. Elle confirme que le dépistage permet d'identifier des courbures asymptomatiques et que les traitements conservateurs, en particulier le corset, peuvent réduire la progression vers les degrés qui relèveraient de la chirurgie. Ce constat souligne l'intérêt d'une orientation médicale rapide dès qu'une asymétrie est repérée.
Concrètement, si un parent, un enseignant, un médecin scolaire ou un praticien du mouvement remarque une asymétrie des épaules, une omoplate plus saillante ou une taille déséquilibrée chez un enfant, la conduite à tenir est simple : consulter un médecin pour un examen et, le cas échéant, une radiographie. C'est le point de départ non négociable. La chiropraxie peut jouer un rôle de vigilance et d'orientation, comme évoqué dans notre article sur l'accompagnement chiropratique de la croissance de l'enfant, mais jamais se substituer à ce bilan médical.

Le rôle du corset et de la chirurgie

Deux piliers du traitement médical de la scoliose évolutive méritent d'être expliqués, car ils constituent le cœur de la prise en charge et remettent la chiropraxie à sa juste place, celle d'un accompagnement.

Le corset (orthèse) est le traitement conservateur de référence pour freiner l'aggravation d'une scoliose pendant la croissance. Son objectif n'est pas de redresser la colonne mais d'empêcher la courbure de progresser jusqu'au seuil chirurgical.

Ce que montrent les études : L'essai randomisé BrAIST (Weinstein et coll., New England Journal of Medicine, 2013) est l'une des preuves les plus robustes en la matière. Chez des adolescents à risque de progression, le port du corset a fait passer le taux de succès (défini comme le fait d'éviter d'atteindre le seuil de 50° justifiant une chirurgie) de 48 % dans le groupe surveillé à 72 % dans le groupe traité. L'étude a également mis en évidence une relation dose-réponse : plus le corset était porté longtemps chaque jour, meilleurs étaient les résultats. Aucune approche manuelle ne dispose d'un niveau de preuve comparable pour freiner l'évolution d'une scoliose.
La chirurgie (le plus souvent une arthrodèse vertébrale, c'est-à-dire une fixation des vertèbres) est réservée aux courbures sévères, généralement au-delà de 45 à 50°, ou à celles qui continuent de progresser malgré le traitement conservateur. C'est une décision spécialisée, prise au cas par cas par une équipe orthopédique.

Comprendre ces deux piliers, c'est comprendre pourquoi la chiropraxie ne saurait être présentée comme une alternative : elle n'a ni la fonction, ni les moyens de remplacer un corset ou une intervention chirurgicale. Son terrain, c'est le confort du patient tout au long de ce parcours.

Quelle place pour la chiropraxie dans l'accompagnement de la scoliose ?

Après avoir posé ce cadre médical strict, on peut aborder sereinement la question centrale : que peut réellement apporter la chiropraxie à une personne vivant avec une scoliose ?

Ce que la chiropraxie peut apporter, et ce qu'elle ne peut pas

Commençons par ce qui est hors de portée de la chiropraxie, pour éviter tout malentendu. La chiropraxie ne peut pas :

  • Réduire l'angle de Cobb ni « corriger » la courbure de manière durable.
  • Remplacer le port d'un corset prescrit médicalement.
  • Éviter une chirurgie lorsqu'elle est médicalement indiquée.
  • Se substituer au suivi radiographique et orthopédique.
En revanche, dans une logique strictement complémentaire, la chiropraxie peut contribuer à :

  • Soulager les douleurs liées aux tensions musculaires et articulaires que la scoliose peut engendrer.
  • Améliorer la mobilité des segments vertébraux non structurellement déformés et des articulations adjacentes.
  • Réduire les compensations posturales et les raideurs qui peuvent accompagner une colonne déviée.
  • Accompagner le bien-être global et le confort au quotidien, en particulier chez l'adulte.
Cette distinction entre « accompagner » et « corriger » est fondamentale. Le chiropracteur travaille sur les symptômes et le confort, pas sur la géométrie osseuse de la colonne. C'est un rôle modeste mais réel, à condition qu'il soit assumé comme tel.

Douleur, mobilité et qualité de vie

Si la scoliose idiopathique de l'adolescent est souvent indolore, ce n'est pas toujours le cas, notamment chez l'adulte ou lorsque la courbure entraîne des déséquilibres musculaires marqués. Les douleurs dorsales et lombaires liées aux tensions et aux compensations sont une réalité fréquente.

C'est précisément sur ce terrain que la chiropraxie peut apporter un soulagement, comme pour d'autres formes de mal de dos où les approches chiropratiques ont fait l'objet d'évaluations. Les techniques douces de mobilisation, le travail sur les tissus mous et l'amélioration de la mobilité peuvent aider à mieux vivre avec une colonne asymétrique. Il ne s'agit pas d'agir sur la scoliose, mais sur la douleur et la gêne fonctionnelle qui l'accompagnent parfois.

De la même manière, le maintien d'une bonne mobilité et d'une musculature équilibrée participe au confort général. Chez le patient plus âgé porteur d'une scoliose dégénérative, cet accompagnement rejoint les objectifs décrits dans notre article sur la chiropraxie et le maintien de la mobilité avec l'âge.

La chiropraxie ne remplace jamais le suivi orthopédique

Il faut le répéter, car c'est le message central : quel que soit le confort apporté, la chiropraxie s'ajoute au suivi médical, elle ne le remplace pas. Un chiropracteur sérieux et compétent commencera toujours par s'assurer que la personne bénéficie d'un suivi orthopédique adapté, et n'hésitera pas à réorienter vers un médecin en cas de doute.

Cette exigence de rigueur et de collaboration interprofessionnelle est au cœur d'une pratique responsable. Pour mieux comprendre le socle scientifique et les limites de la discipline, notre analyse des études, preuves et bénéfices de la chiropraxie apporte un éclairage utile et nuancé.

Comment se déroule un accompagnement chiropratique adapté à la scoliose

Si vous envisagez de consulter un chiropracteur en complément de votre suivi médical, voici comment se déroule généralement une prise en charge respectueuse et sécurisée.

Le bilan initial : une étape incontournable

Toute prise en charge sérieuse débute par un bilan complet. Le chiropracteur recueille les antécédents médicaux, prend connaissance des radiographies et des comptes rendus du suivi orthopédique, et réalise un examen postural et fonctionnel. Cette étape est cruciale : elle permet d'adapter l'accompagnement à la situation précise, et d'identifier les éventuelles contre-indications.

Un chiropracteur consciencieux demandera systématiquement à connaître l'angle de Cobb, le type de scoliose et le stade de croissance (chez l'enfant), et vérifiera que le suivi médical est en place. Le déroulement général d'une consultation est détaillé dans notre article sur le déroulement et la durée d'une séance de chiropraxie.

Les techniques utilisées et leurs limites

Face à une scoliose, le chiropracteur privilégie des approches douces et adaptées : mobilisations articulaires de faible amplitude, travail des tissus mous, étirements, conseils posturaux et d'hygiène de vie. L'objectif est toujours le confort et la mobilité, jamais la « réduction » de la courbure.

Il est important de comprendre en quoi consiste réellement une manipulation vertébrale et dans quels cas elle est appropriée ou non ; notre article dédié à la technique de l'ajustement vertébral en chiropraxie détaille ces gestes et leurs indications. Dans le contexte d'une scoliose, les manipulations de haute vélocité doivent être maniées avec prudence et discernement, en particulier sur les segments concernés par la déformation.

Précautions et contre-indications : les drapeaux rouges

C'est un point de sécurité essentiel. Certaines situations imposent la plus grande prudence, voire contre-indiquent formellement les manipulations, et nécessitent un avis médical immédiat :

  • Signes neurologiques : fourmillements persistants, faiblesse musculaire, troubles de la sensibilité, difficultés à contrôler la vessie ou les intestins.
  • Douleur intense, nocturne ou inhabituelle, résistant au repos.
  • Scoliose évolutive rapide chez l'enfant, qui relève avant tout du suivi orthopédique.
  • Fragilité osseuse (ostéoporose), fréquente chez les personnes âgées.
  • Scoliose neuromusculaire ou congénitale, dont la prise en charge est spécialisée.
Devant l'un de ces signes, la règle est absolue : l'avis médical prime, et aucune manipulation ne doit être entreprise sans feu vert du médecin. Un professionnel de santé responsable connaît ces limites et sait quand s'abstenir et réorienter.

Scoliose de l'enfant et de l'adolescent : une vigilance renforcée

La scoliose de l'enfant et de l'adolescent constitue une situation particulière qui exige une prudence maximale, car c'est pendant la croissance que la courbure est susceptible d'évoluer le plus rapidement.

Chez le jeune en pleine croissance, la priorité absolue est le suivi médical spécialisé : surveillance radiographique régulière, évaluation du potentiel de croissance restant (via des repères comme le test de Risser ou le stade pubertaire), et mise en place d'un corset si nécessaire. Une scoliose qui progresse pendant une poussée de croissance peut gagner plusieurs degrés en quelques mois, d'où l'importance d'un contrôle rapproché.

Dans ce contexte, la chiropraxie ne peut avoir qu'un rôle très encadré et strictement complémentaire, tourné vers le confort et le bien-être, jamais vers une prétendue correction. Les manipulations vigoureuses sont à éviter, au profit d'approches très douces. La collaboration étroite avec l'équipe orthopédique qui suit l'enfant est indispensable.

Ce que montrent les études : Les revues sur les exercices spécifiques à la scoliose (Berdishevsky et coll., Scoliosis and Spinal Disorders, 2016) décrivent des programmes de rééducation encadrés, dits « physiothérapeutiques spécifiques à la scoliose » (PSSE), qui font partie de l'arsenal conservateur reconnu. Un essai contrôlé (Schreiber et coll., PLoS One, 2016) a par ailleurs observé que l'ajout d'exercices de la méthode Schroth aux soins habituels améliorait certains paramètres chez des adolescents. Ces approches relèvent de la kinésithérapie spécialisée et illustrent le fait que l'accompagnement du mouvement, lorsqu'il est encadré et intégré au suivi médical, a du sens, tout en restant distinct d'une prétendue correction manuelle de la courbure.
Il ne faut donc pas confondre ces programmes d'exercices spécifiques, validés et prescrits dans un cadre médical, avec des manipulations chiropratiques : ce sont des démarches différentes, et l'accompagnement chiropratique de l'enfant, tel que nous le décrivons dans notre article sur la chiropraxie et la croissance de l'enfant, doit rester humble et coordonné.

Scoliose de l'adulte : douleur, dégénérescence et confort

La scoliose ne concerne pas que les adolescents. Deux situations se rencontrent chez l'adulte : la scoliose idiopathique de l'adolescence devenue adulte, et la scoliose dégénérative « de novo », qui apparaît avec l'âge sous l'effet de l'usure des disques et des articulations.

Chez l'adulte, la question de la progression rapide se pose moins que chez l'enfant, mais un autre enjeu émerge : la douleur et la qualité de vie. Les déséquilibres musculaires, les raideurs et les compensations peuvent générer un inconfort chronique. C'est ici que l'accompagnement chiropratique trouve un terrain plus naturel, toujours en complément du suivi médical.

Le travail sur la mobilité, la souplesse et la gestion des tensions peut contribuer au confort, à condition de respecter les précautions liées à l'âge et à l'éventuelle fragilité osseuse. Le maintien d'une activité physique adaptée est également déterminant, un principe que l'on retrouve dans l'accompagnement de la chiropraxie appliquée au sport et à la récupération. Rester actif, renforcer sa musculature profonde et préserver sa mobilité sont des objectifs réalistes et bénéfiques, bien plus pertinents que la recherche illusoire d'un « redressement » de la colonne.

Exercices, posture et hygiène de vie : des alliés complémentaires

Au-delà des soins, plusieurs habitudes de vie participent au confort des personnes vivant avec une scoliose. Elles ne modifient pas la courbure, mais elles soutiennent la fonction et le bien-être.

  • L'activité physique régulière : la natation, la marche, le yoga adapté ou le renforcement doux entretiennent la musculature et la mobilité. Contrairement à une idée reçue, il n'existe pas de sport « interdit » de façon générale ; l'adaptation prime.
  • Le renforcement du gainage : une musculature profonde tonique soutient la colonne et peut réduire certaines douleurs.
  • Les exercices spécifiques encadrés : lorsque le médecin les prescrit, les programmes de type PSSE (Schroth, notamment) sont réalisés avec un kinésithérapeute formé.
  • L'ergonomie du quotidien : adapter son poste de travail, son cartable ou sa literie contribue à limiter les tensions.
  • Le suivi régulier : ne jamais espacer les contrôles médicaux, même en l'absence de douleur.
Ces mesures s'inscrivent dans une démarche globale de santé, où chaque intervenant, médecin, kinésithérapeute, chiropracteur, occupe une place précise et coordonnée. Pour une vision d'ensemble de la discipline, son cadre et ses champs d'application, notre guide complet de la chiropraxie constitue une ressource de référence.

Si vous vous interrogez sur l'aspect pratique et financier d'un accompagnement, notre article sur les tarifs, le remboursement et la prise en charge de la chiropraxie répond aux questions les plus fréquentes.

Scoliose : démêler les idées reçues des faits

La scoliose est entourée de nombreuses croyances tenaces, souvent transmises de bonne foi mais parfois trompeuses. En clarifier quelques-unes aide à aborder la situation avec sérénité et discernement.

« Un cartable trop lourd provoque la scoliose. » C'est faux pour la scoliose structurelle idiopathique, dont la cause n'est pas mécanique. Un cartable lourd peut engendrer des tensions et un inconfort, mais il ne crée pas de déformation vertébrale rotatoire. En revanche, alléger et bien répartir le poids d'un cartable reste une bonne habitude ergonomique.

« Une mauvaise posture cause la scoliose. » Là encore, la posture n'est pas à l'origine d'une scoliose structurelle. On confond souvent l'attitude scoliotique, réversible et liée à la posture ou à une inégalité de jambes, avec la vraie scoliose osseuse. Se tenir droit est utile pour le confort, mais ne prévient ni ne corrige une scoliose structurelle.

« La scoliose s'aggrave forcément avec le temps. » Pas nécessairement. Beaucoup de scolioses légères restent stables toute la vie. Le risque de progression dépend surtout du degré de la courbure et du potentiel de croissance restant chez l'enfant. C'est justement le rôle du suivi médical que d'évaluer ce risque et d'agir au bon moment.

« Si ça ne fait pas mal, il n'y a rien à surveiller. » Faux, surtout chez l'adolescent. La scoliose idiopathique est fréquemment indolore, alors même qu'elle peut progresser pendant la croissance. L'absence de douleur ne dispense jamais du suivi radiographique.

« Le sport est interdit en cas de scoliose. » Au contraire, une activité physique adaptée est bénéfique. Il n'existe pas d'interdiction générale ; l'enjeu est l'adaptation. Certaines disciplines très asymétriques peuvent demander un aménagement, mais rester actif est un allié du confort et de la santé globale.

Démonter ces idées reçues n'est pas un exercice anodin : cela permet d'éviter deux écueils symétriques, la panique injustifiée d'un côté, et la négligence du suivi de l'autre. La bonne attitude tient en une phrase : ni dramatiser, ni banaliser, mais suivre.

L'importance d'un professionnel formé et honnête

Le choix du praticien qui vous accompagne, en complément de votre suivi médical, mérite attention. La chiropraxie est une profession réglementée en France, exercée par des praticiens ayant suivi une formation spécifique. Un bon professionnel se reconnaît à plusieurs signes : il vous interroge sur votre suivi médical, demande à voir vos examens, adapte ses techniques à votre situation, connaît ses limites et n'hésite pas à réorienter vers un médecin.

À l'inverse, la prudence s'impose face à tout discours promettant de « redresser » la scoliose, de « corriger la courbure » ou d'éviter à coup sûr un corset grâce à des séances régulières. Ces promesses ne reposent pas sur des preuves solides et peuvent, dans le pire des cas, retarder une prise en charge médicale nécessaire. La transparence sur ce que la discipline peut et ne peut pas faire est le premier signe de sérieux.

Faire les bons choix : le rôle d'un accompagnement coordonné

Vivre avec une scoliose, ou accompagner son enfant, c'est avant tout construire une équipe de soins cohérente autour d'un suivi médical solide. Le médecin traitant, le chirurgien orthopédiste ou le rhumatologue posent le diagnostic et pilotent la stratégie. Le kinésithérapeute intervient pour la rééducation et les exercices spécifiques. Le chiropracteur, lui, peut contribuer au confort, à la mobilité et à la gestion des tensions, dans un rôle d'accompagnement clairement délimité.

L'important est de choisir des professionnels qui communiquent entre eux, respectent leurs champs de compétence respectifs et placent votre sécurité au premier plan. Méfiez-vous de toute promesse de « correction » de la scoliose par des moyens manuels : une telle promesse n'a pas de fondement solide et peut détourner d'un suivi médical nécessaire.

Si vous souhaitez être accompagné et trouver un professionnel qualifié pour un bilan ou un suivi complémentaire, vous pouvez consulter notre annuaire de praticiens et échanger avec un professionnel qui saura, en priorité, s'assurer que votre parcours médical est bien en place.

Questions fréquentes

La chiropraxie peut-elle corriger une scoliose ?

Non. Aucune technique manuelle ne corrige durablement une scoliose structurelle, car la déformation implique une rotation osseuse des vertèbres. La chiropraxie peut accompagner le confort, la douleur et la mobilité, mais elle n'agit pas sur la courbure elle-même ni sur l'angle de Cobb. Le traitement dont l'efficacité pour freiner la progression est démontrée reste le corset, sous suivi orthopédique.

Mon enfant a une scoliose : dois-je d'abord voir un médecin ou un chiropracteur ?

Un médecin, sans hésitation. La scoliose de l'enfant relève d'un suivi orthopédique spécialisé : imagerie, mesure de l'angle de Cobb, évaluation de la croissance et, si nécessaire, corset. Un chiropracteur peut intervenir en complément, mais jamais en première intention ni en remplacement de ce suivi. Devant toute asymétrie, la première démarche est la consultation médicale.

La chiropraxie est-elle dangereuse en cas de scoliose ?

Pratiquée par un professionnel compétent, avec des techniques douces et adaptées, et après avoir écarté les contre-indications, elle peut être un accompagnement sûr. En revanche, les manipulations vigoureuses sont à éviter, en particulier chez l'enfant, en cas de signes neurologiques (fourmillements, faiblesse), de douleur inhabituelle ou de fragilité osseuse. Ces situations imposent un avis médical préalable.

Existe-t-il des exercices pour la scoliose ?

Oui, mais ils doivent être encadrés. Les exercices spécifiques à la scoliose (PSSE), comme la méthode Schroth, sont prescrits et suivis par des kinésithérapeutes formés. Des études ont observé des bénéfices lorsqu'ils sont ajoutés aux soins habituels. Plus largement, une activité physique adaptée entretient la mobilité et la musculature. Ces exercices ne corrigent pas la courbure mais soutiennent la fonction et le confort.

La scoliose est-elle toujours douloureuse ?

Non. La scoliose idiopathique de l'adolescent est souvent indolore. La douleur est plus fréquente chez l'adulte, notamment en cas de scoliose dégénérative, ou lorsque les déséquilibres musculaires engendrent des tensions. C'est précisément sur ces douleurs, et non sur la courbure, que la chiropraxie peut apporter un soulagement complémentaire.

À quelle fréquence faut-il faire suivre une scoliose ?

La fréquence des contrôles est fixée par le médecin en fonction de l'âge, du stade de croissance et de l'évolution de l'angle de Cobb. Chez l'adolescent en croissance, les contrôles radiographiques peuvent être rapprochés (tous les quelques mois lors des poussées). Chez l'adulte stable, ils sont plus espacés. Il ne faut jamais interrompre ce suivi de sa propre initiative, même en l'absence de douleur.

Au-delà de la scoliose, de nombreux déséquilibres posturaux peuvent être accompagnés : voir notre article sur la chiropraxie et la posture.

Sources

  • Weinstein SL, Dolan LA, Wright JG, et coll. Effects of bracing in adolescents with idiopathic scoliosis. New England Journal of Medicine. 2013. PMID : 24047455. DOI : 10.1056/NEJMoa1307337.
  • Negrini S, Donzelli S, Aulisa AG, et coll. 2016 SOSORT guidelines: orthopaedic and rehabilitation treatment of idiopathic scoliosis during growth. Scoliosis and Spinal Disorders. 2018. PMID : 29435499. DOI : 10.1186/s13013-017-0145-8.
  • Dunn J, Henrikson NB, Morrison CC, et coll. Screening for Adolescent Idiopathic Scoliosis: Evidence Report and Systematic Review for the US Preventive Services Task Force. JAMA. 2018. PMID : 29318283. DOI : 10.1001/jama.2017.11669.
  • Schreiber S, Parent EC, Khodayari Moez E, et coll. Schroth Physiotherapeutic Scoliosis-Specific Exercises Added to the Standard of Care. PLoS One. 2016. PMID : 28033399. DOI : 10.1371/journal.pone.0168746.
  • Berdishevsky H, Lebel VA, Bettany-Saltikov J, et coll. Physiotherapy scoliosis-specific exercises – a comprehensive review of seven major schools. Scoliosis and Spinal Disorders. 2016. PMID : 27525315. DOI : 10.1186/s13013-016-0076-9.
  • Choudhry MN, Ahmad Z, Verma R. Adolescent Idiopathic Scoliosis. The Open Orthopaedics Journal. 2016. PMID : 27347243. DOI : 10.2174/1874325001610010143.
  • Addai D, Zarkos J, Bowey AJ. Current concepts in the diagnosis and management of adolescent idiopathic scoliosis. Child's Nervous System. 2020. PMID : 32314025. DOI : 10.1007/s00381-020-04608-4.
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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Cet article fait partie de notre dossier Chiropraxie.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

LD

Lori A. Dolan

PhD — University of Iowa, Department of Orthopedics and Rehabilitation (États-Unis)

Chercheuse spécialisée dans l'épidémiologie et le traitement conservateur de la scoliose idiopathique de l'adolescent, co-investigatrice de l'essai BrAIST.

SW

Stuart L. Weinstein

MD — University of Iowa, Department of Orthopedics and Rehabilitation (États-Unis)

Chirurgien orthopédiste, investigateur principal de l'essai randomisé BrAIST sur l'efficacité du corset dans la scoliose idiopathique de l'adolescent.

SS

Sanja Schreiber

PhD — University of Alberta, Department of Physical Therapy (Canada)

Physiothérapeute et chercheuse, auteure d'essais cliniques sur les exercices spécifiques de type Schroth dans la scoliose idiopathique de l'adolescent.

SN

Stefano Negrini

MD — University of Brescia et IRCCS Istituto Ortopedico Galeazzi, Milan (Italie)

Médecin spécialiste de la rééducation, coordinateur des recommandations SOSORT sur le traitement orthopédique et rééducatif de la scoliose idiopathique.