Mère agenouillée tenant doucement les mains de son fils de six ans qui se calme après une colère dans un salon lumineux
Hypnothérapie

Hypnose et colères explosives de l’enfant : canaliser les émotions

⏱ 44 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : les colères, même spectaculaires, font partie du développement normal du jeune enfant. Dans une étude menée auprès de 1 490 enfants d’âge préscolaire, 83,7 % faisaient des colères de temps en temps, mais seulement 8,6 % en faisaient tous les jours (Wakschlag et al., J Child Psychol Psychiatry, 2012). L’approche la mieux étayée pour les colères fréquentes reste l’accompagnement des parents (effet modéré sur le comportement de l’enfant dans une méta-méta-analyse de 26 méta-analyses). L’hypnose pédiatrique n’a pas encore été évaluée spécifiquement sur les colères explosives : elle peut s’envisager en complément, pour apprendre à l’enfant à s’apaiser, après un avis du pédiatre quand les crises sont très fréquentes ou violentes.
Il est 18 h 40. Vous avez refusé un deuxième dessin animé, ou peut-être simplement coupé la tartine dans le mauvais sens. En quelques secondes, votre enfant bascule : cris, coups de pied dans la porte, objets qui volent, parfois des mots qui blessent. Vous tentez de raisonner, puis de hausser le ton, puis de ne plus rien dire. Vingt minutes plus tard, tout le monde est épuisé, l’enfant pleure dans vos bras ou s’endort d’un coup, et vous restez avec cette question qui tourne en boucle : est-ce normal ? Est-ce que je m’y prends mal ? Est-ce qu’il faudrait consulter ?

Si vous lisez cet article, c’est sans doute que ces scènes se répètent. Peut-être avez-vous entendu parler de l’hypnose pour enfants par une amie, une enseignante ou un forum de parents, et vous vous demandez si elle pourrait aider votre enfant à « canaliser » ses émotions. Cet article fait le point sur ce que vit votre enfant, ce que la recherche établit vraiment, la place que l’hypnose peut raisonnablement occuper, et surtout ce que vous pouvez faire dès ce soir. Avec une conviction de départ : votre enfant n’est pas « le problème ». Sa colère est un signal, et votre fatigue aussi.

Colère normale ou colère qui inquiète : où passe la frontière ?

Les colères font partie du développement

Entre 1 et 5 ans, la colère est l’une des émotions les plus fréquentes et les plus visibles. Le jeune enfant ressent des frustrations intenses (il veut, il ne peut pas, il ne sait pas dire pourquoi) alors que les outils qui lui permettraient de les gérer sont encore en construction : le langage, la capacité à patienter, à se représenter « plus tard », à se calmer tout seul. La crise est souvent la seule issue dont il dispose quand la pression interne devient trop forte.

C’est ce que montre la grande étude de Lauren Wakschlag et de son équipe à l’université Northwestern de Chicago. Les chercheurs ont interrogé les parents de 1 490 enfants d’âge préscolaire, issus de milieux sociaux variés, à l’aide d’un questionnaire détaillé sur les colères. Résultat : presque tous les enfants (83,7 %) faisaient des colères au moins de temps en temps. En revanche, les colères quotidiennes ne concernaient que 8,6 % d’entre eux.

Ce que montrent les études
Étude : Wakschlag et al., Journal of Child Psychology and Psychiatry, 2012 (PMID 22928674).
Effectif : 1 490 enfants d’âge préscolaire, échantillon communautaire diversifié, données rapportées par les parents.
Résultat : 83,7 % des enfants faisaient des colères « parfois », 8,6 % en faisaient chaque jour. Les colères ordinaires survenaient dans des contextes de frustration prévisibles, alors que les colères préoccupantes étaient imprévisibles, prolongées et/ou destructrices. L’intensité des pertes de contrôle était associée à d’autres difficultés émotionnelles et comportementales.
Limite : il s’agit d’une étude transversale fondée sur le regard des parents, qui ne permet ni de poser un diagnostic individuel ni de prédire l’évolution d’un enfant donné.
Autrement dit, le fait que votre enfant fasse des colères, même bruyantes, n’est en soi ni un symptôme ni un échec éducatif. Ce qui compte, ce n’est pas tant l’existence des crises que leur forme, leur fréquence et leur contexte.

Les signes qui méritent une attention particulière

Une équipe de l’université Washington de Saint-Louis (Belden et al., 2008) a comparé les colères de 279 enfants de 3 à 6 ans : certains en bonne santé, d’autres présentant un trouble dépressif, un trouble du comportement ou les deux. Les différences les plus parlantes ne portaient pas sur le simple fait de crier ou de pleurer, mais sur certaines caractéristiques précises :

  • la violence pendant la crise (taper, mordre, frapper) était plus fréquente chez les enfants ayant un trouble du comportement
  • les colères à l’école ou à la crèche, et pas seulement à la maison, étaient aussi plus fréquentes dans ce groupe
  • la difficulté à revenir au calme après la crise distinguait ces enfants de ceux en bonne santé
  • les comportements d’auto-agression pendant la colère (se taper la tête, se mordre, se griffer) étaient plus fréquents chez les enfants présentant des signes dépressifs
Ces données ne servent pas à étiqueter un enfant, et les auteurs eux-mêmes parlent de repères préliminaires. Mais elles aident à repérer les situations où il vaut mieux demander un avis plutôt que d’attendre que « ça passe ».

En pratique, voici les situations qui justifient de parler à votre pédiatre ou à votre médecin traitant, et si besoin d’obtenir l’avis d’un pédopsychiatre :

  • des colères quotidiennes ou plusieurs fois par jour, sur plusieurs semaines
  • des crises longues, dont l’enfant n’arrive pas à sortir même quand on l’aide
  • des colères imprévisibles, sans déclencheur repérable
  • de la violence envers les autres ou envers lui-même, ou de la casse importante
  • une irritabilité de fond entre les crises : l’enfant semble grognon, tendu, « à fleur de peau » la plupart du temps
  • des crises qui persistent ou s’intensifient après 5 ou 6 ans, alors qu’elles tendent normalement à diminuer
  • des colères associées à d’autres signes : difficultés d’attention et d’agitation (qui peuvent évoquer un TDAH), peurs ou inquiétudes envahissantes (anxiété), retard ou particularités du langage, difficultés dans les interactions sociales (trouble du développement, trouble du spectre de l’autisme), troubles du sommeil, douleurs répétées, régression (pipi au lit qui revient, langage bébé)
  • un changement brutal de comportement, ou des colères apparues après un événement marquant (séparation, deuil, déménagement, harcèlement, maladie dans la famille)
Ce rendez-vous médical n’est pas un aveu d’échec. C’est souvent lui qui permet de repérer une cause sous-jacente que ni vous ni un hypnothérapeute ne pouvez identifier seuls : une gêne auditive, un sommeil perturbé par des ronflements, un trouble des apprentissages, une anxiété importante. Pour les questions de sommeil, l’article sur les besoins et troubles du sommeil des enfants selon l’âge peut vous aider à faire le point avant la consultation.

Que se passe-t-il dans le cerveau d’un enfant qui « explose » ?

Un système d’alarme puissant, un frein encore en construction

Pour comprendre une colère explosive, on peut imaginer deux systèmes qui travaillent ensemble. D’un côté, les régions cérébrales impliquées dans l’alarme et la réaction rapide (l’amygdale notamment) détectent très vite ce qui frustre ou menace. De l’autre, le cortex préfrontal, qui permet de freiner, de réfléchir et de trouver une autre réponse, mûrit lentement tout au long de l’enfance et de l’adolescence.

Chez le jeune enfant, l’alarme est donc pleinement opérationnelle alors que le frein est encore fragile. Quand la frustration dépasse un certain seuil, la réaction prend le dessus avant que la réflexion ait eu le temps d’intervenir. C’est pour cette raison que les explications rationnelles en pleine crise ont si peu d’effet : la partie du cerveau qui pourrait les entendre est temporairement débordée. Si vous voulez approfondir cette mécanique, l’article sur les neurosciences des émotions en propose une présentation accessible.

Deux portes d’entrée vers la colère : la frustration et la menace

Melissa Brotman et ses collègues de l’Institut national de santé mentale américain (NIMH) ont proposé en 2017 un modèle qui fait référence pour comprendre l’irritabilité sévère chez l’enfant. Ils décrivent deux mécanismes complémentaires :

  1. Une réaction excessive à la frustration, c’est-à-dire au moment où l’enfant attend quelque chose qui n’arrive pas (une récompense, un plaisir, une permission). Les enfants très irritables semblent plus sensibles à ces moments de « non-récompense » et apprennent moins facilement à ajuster leurs attentes.
  2. Une lecture « menaçante » des situations ambiguës : un regard, une remarque, un ton de voix sont plus facilement interprétés comme hostiles, ce qui déclenche une réaction d’attaque plutôt que de retrait.
Ces deux mécanismes se renforcent mutuellement et impliquent les mêmes régions cérébrales (cortex préfrontal, striatum, amygdale). Ce modèle a une conséquence très concrète pour les parents : les colères ne sont pas des caprices calculés, mais le plus souvent des réactions à un débordement émotionnel que l’enfant ne sait pas encore réguler. Les auteurs soulignent d’ailleurs que les traitements validés de l’irritabilité sévère restent peu nombreux, ce qui invite à la prudence face à toute promesse simple.

Ce qui fait monter la pression au quotidien

Au-delà du tempérament et de la maturation, de nombreux facteurs abaissent le seuil de déclenchement des colères :

  • la fatigue : un enfant qui manque de sommeil a beaucoup moins de ressources pour encaisser la frustration
  • la faim et les baisses d’énergie en fin de journée
  • les transitions : arrêter un jeu, quitter le parc, éteindre un écran, passer au bain
  • la surcharge sensorielle : bruit, foule, lumière, journée d’école chargée
  • le stress ambiant : tensions familiales, rythme pressé, préoccupations des adultes que l’enfant ressent sans les comprendre
  • les écrans, surtout en fin de journée, qui rendent la coupure plus difficile et peuvent empiéter sur le sommeil
  • les émotions non dites : la colère est souvent la façade visible d’une tristesse, d’une peur ou d’un sentiment d’injustice
Ce dernier point est essentiel. Beaucoup d’enfants « explosent » parce que la colère est l’émotion la plus facile à exprimer. Derrière, il peut y avoir l’inquiétude liée à l’école, la jalousie envers un petit frère, la peur de décevoir. Sur ce sujet, l’article consacré au stress chez les enfants et les adolescents détaille les signes qui doivent faire penser à une tension de fond.

L’enfant n’est pas « le problème » : changer de regard

Quand les crises s’enchaînent, il est très humain de finir par voir son enfant à travers elles : « il est colérique », « elle est ingérable », « il a un sale caractère ». Ces étiquettes, prononcées devant lui ou simplement pensées, ont un effet pervers : l’enfant finit par s’y identifier, et le parent ne voit plus que ce qui confirme l’étiquette.

Changer de regard ne signifie pas tout accepter. Cela signifie distinguer l’émotion, toujours légitime, du comportement, qui peut et doit être encadré. Votre enfant a le droit d’être furieux que la sortie au parc soit annulée. Il n’a pas le droit de taper sa sœur. Et il a besoin de vous pour apprendre, très progressivement, à faire passer sa colère autrement que par les coups.

Cette distinction change aussi la façon de présenter les choses à l’enfant si vous envisagez un accompagnement. On ne l’emmène pas chez un professionnel « parce qu’il est méchant » ou « pour qu’il arrête ses crises », mais pour qu’il apprenne des astuces pour se sentir mieux quand la colère est trop grande. Les meilleurs accompagnements impliquent d’ailleurs presque toujours les parents, non parce qu’ils seraient fautifs, mais parce qu’ils sont les mieux placés pour aider l’enfant au quotidien.

Ce qui a fait ses preuves : accompagner les parents en premier

Les programmes d’accompagnement parental, la base la plus solide

C’est sans doute le résultat le plus rassurant de la recherche sur les colères et les comportements difficiles : ce qui aide le plus l’enfant passe en grande partie par le soutien apporté à ses parents. Les programmes de « guidance parentale » ou d’« entraînement aux habiletés parentales » apprennent aux adultes des outils concrets : renforcer les comportements positifs, poser des limites claires et prévisibles, utiliser le jeu partagé pour restaurer le lien, réagir aux crises de manière calme et constante.

Ce que montrent les études
Étude : Mingebach et al., PLoS One, 2018 (PMID 30256794), méta-méta-analyse enregistrée (PROSPERO).
Effectif : 26 méta-analyses portant sur des interventions centrées sur les parents d’enfants de moins de 13 ans présentant des troubles du comportement extériorisés (colères, opposition, agressivité) en contexte clinique.
Résultat : effet global modéré sur le comportement de l’enfant (différence moyenne standardisée de 0,46), un peu plus marqué en observation directe (0,62), avec un maintien des bénéfices lors du suivi.
Limite : forte hétérogénéité entre les études, programmes très différents les uns des autres, et une majorité de données rapportées par les parents eux-mêmes.
Une seconde analyse de la même équipe (Weber et al., 2019), portant sur 11 méta-analyses, montre que ces programmes améliorent aussi les pratiques éducatives des parents (effet modéré, 0,53) et leur perception de leur enfant, avec des effets plus modestes sur leur santé mentale. En clair : les parents ne sortent pas seulement « mieux équipés », ils regardent aussi leur enfant autrement.

Une revue publiée en 2024 par l’équipe de Denis Sukhodolsky au Child Study Center de Yale (Kalvin et al.) confirme que l’entraînement des parents et les thérapies cognitives et comportementales (TCC) de l’enfant disposent de la base de preuves la plus étendue pour l’irritabilité et l’agressivité. Les auteurs notent aussi que les interventions par télésanté et les outils numériques donnent des résultats prometteurs pour améliorer l’accès aux soins. Pour un aperçu de ce que peut apporter un accompagnement centré sur le quotidien des familles, vous pouvez lire l’article sur le coaching parental.

Les thérapies de l’enfant : apprendre à repérer et à freiner

Chez l’enfant d’âge scolaire, les TCC adaptées à la colère apprennent à repérer les signaux d’alerte dans le corps (chaleur, poings serrés, respiration rapide), à identifier les pensées qui alimentent la colère (« c’est injuste », « il l’a fait exprès »), à utiliser des techniques de retour au calme et à résoudre les conflits autrement. Ces approches sont généralement proposées par des psychologues ou des pédopsychiatres, souvent en combinant séances avec l’enfant et séances avec les parents.

C’est dans cette logique d’apprentissage de l’autorégulation que l’hypnose pédiatrique peut trouver sa place, en complément et non en remplacement.

Le rôle des approches corporelles et attentionnelles

Les programmes de pleine conscience pour enfants ont fait l’objet d’une méta-analyse rigoureuse : Dunning et ses collègues de l’université de Cambridge ont rassemblé 33 essais randomisés incluant 3 666 enfants et adolescents. Les effets observés étaient positifs mais modestes. Surtout, lorsque l’on ne retenait que les essais comparant la pleine conscience à une autre activité (et pas à « rien »), les bénéfices se limitaient à la pleine conscience elle-même, à l’humeur dépressive et au stress ou à l’anxiété. L’effet sur les « comportements négatifs » ne se maintenait pas dans ces comparaisons plus exigeantes.

Ce résultat est utile pour garder des attentes réalistes : les techniques de respiration, de visualisation ou de relaxation peuvent aider un enfant à mieux vivre ses émotions, mais elles ne transforment pas à elles seules un comportement explosif bien installé. Elles gagnent à s’inscrire dans un ensemble cohérent. Si ces pratiques vous intéressent, l’article sur la méditation pour les enfants et les adolescents et celui sur les exercices de sophrologie adaptés à chaque âge proposent des pistes concrètes.

L’hypnose pédiatrique : ce que l’on sait, ce que l’on ignore encore

Une approche particulièrement adaptée à l’univers de l’enfant

L’hypnose est un état d’attention focalisée et d’absorption, dans lequel l’imagination devient plus vive et plus mobilisable. Les enfants y entrent souvent facilement, parce qu’ils passent naturellement une bonne partie de leur journée dans l’imaginaire : jouer à être un super-héros, parler à son doudou, se raconter des histoires. Avec un enfant, une séance d’hypnose ressemble rarement à l’image du pendule et des yeux fermés. Elle prend la forme d’une histoire, d’un jeu, d’un voyage imaginaire, parfois les yeux ouverts, parfois en dessinant ou en bougeant.

Daniel Kohen et Pamela Kaiser, deux figures de l’hypnose pédiatrique aux États-Unis (National Pediatric Hypnosis Training Institute), ont publié en 2014 une revue de synthèse dans la revue Children. Ils y décrivent l’hypnose comme un outil pour enseigner aux jeunes des compétences d’autorégulation, c’est-à-dire la capacité à agir sur leurs propres réactions physiques et émotionnelles. Ils insistent sur un point fondamental : l’objectif est que l’enfant devienne acteur, en apprenant l’auto-hypnose, et non qu’il dépende du thérapeute. Pour une vue d’ensemble des usages, vous pouvez consulter l’article sur les applications pédiatriques de l’hypnose.

Des preuves réelles, mais dans d’autres indications

Soyons clairs sur le niveau de preuve. L’hypnose pédiatrique dispose de résultats solides dans certaines indications, notamment les douleurs abdominales fonctionnelles et la douleur ou la détresse liées aux soins.

Ce que montrent les études
Étude : Rutten et al., JAMA Pediatrics, 2017 (PMID 28346581), essai randomisé multicentrique de non-infériorité.
Effectif : 260 enfants de 8 à 18 ans souffrant de syndrome de l’intestin irritable ou de douleurs abdominales fonctionnelles, dans 9 centres hospitaliers néerlandais.
Résultat : un an après la fin du traitement, 62,1 % des enfants ayant pratiqué l’hypnose à domicile avec un enregistrement étaient considérés comme répondeurs (réduction d’au moins 50 % de la fréquence et de l’intensité des douleurs), contre 71,0 % avec un hypnothérapeute en séances individuelles. La pratique à domicile s’est révélée non inférieure, et aucun enfant n’a quitté l’étude en raison d’effets indésirables.
Limite : l’indication étudiée est la douleur abdominale, pas la colère. Ces résultats montrent la faisabilité et l’intérêt de l’auto-hypnose chez l’enfant, sans pouvoir être transposés directement aux troubles du comportement.
De même, une méta-analyse de Kathryn Birnie et de l’équipe de Patrick McGrath (université Dalhousie, Canada), portant sur 26 essais de distraction et 7 essais d’hypnose, conclut que l’hypnose réduit la douleur et la détresse des enfants lors des piqûres et des soins, tout en jugeant la qualité des preuves faible.

En revanche, aucun essai randomisé de qualité n’a, à ce jour, évalué spécifiquement l’hypnose comme réponse aux colères explosives de l’enfant. Les arguments en sa faveur reposent sur trois éléments indirects : sa capacité démontrée à aider les enfants à agir sur leurs réactions corporelles et leur vécu de détresse, la proximité de ses outils avec ceux des TCC (repérage des signaux corporels, visualisation, techniques de retour au calme), et une riche expérience clinique décrite par les praticiens. C’est une base suffisante pour l’envisager comme un complément raisonnable, mais pas pour la présenter comme une solution en soi, ni pour retarder un accompagnement parental ou un avis médical.

Ce que l’hypnose peut apporter concrètement à un enfant colérique

Dans la pratique des hypnothérapeutes formés à l’enfance, le travail sur la colère vise généralement quatre objectifs :

  1. Repérer la montée de la colère avant l’explosion. L’enfant apprend à reconnaître les « premiers signaux » dans son corps : le ventre qui chauffe, les mains qui serrent, le cœur qui tape. C’est souvent la compétence la plus utile, car c’est à ce stade précoce que l’on peut encore agir.
  2. Disposer d’un « bouton » pour baisser le volume. Par des images concrètes (un thermomètre de la colère qu’on fait redescendre, un volcan qu’on refroidit, une météo intérieure qui passe de l’orage au gros nuage puis au ciel voilé), l’enfant s’entraîne à faire baisser l’intensité.
  3. Construire un refuge intérieur. La technique du lieu sûr, où l’enfant imagine un endroit où il se sent calme et protégé, lui offre un point d’appui accessible partout. L’article sur la technique du lieu sûr en auto-hypnose en décrit le principe.
  4. Renforcer l’estime de soi. Beaucoup d’enfants qui explosent souvent se perçoivent comme « méchants ». Les suggestions centrées sur leurs ressources, leurs réussites et leur capacité à changer peuvent alléger cette image d’eux-mêmes.
Les métaphores sont choisies en fonction de l’univers de l’enfant : un passionné de dinosaures n’apprivoisera pas sa colère de la même façon qu’une fan de chevaux ou de football. L’article sur l’adaptation des métaphores en hypnose ericksonienne illustre bien cette personnalisation.

Comment se déroule un accompagnement en hypnose pour un enfant qui fait des colères

Le premier rendez-vous : d’abord les parents, puis l’enfant

Un hypnothérapeute sérieux commence par une phase d’écoute. Il recueille l’histoire des colères : depuis quand, à quelle fréquence, dans quels contextes, comment elles se terminent. Il s’intéresse au sommeil, à l’école, aux relations avec la fratrie, aux événements récents. Il demande si l’enfant a vu un pédiatre, si un diagnostic a été posé ou envisagé (TDAH, anxiété, trouble du développement), si un suivi est en cours.

S’il identifie des signes d’alerte, il doit vous orienter vers le médecin avant de commencer, ou en parallèle. C’est un critère de sérieux important : méfiez-vous d’un praticien qui ne poserait aucune question médicale ou qui vous dirait que ce n’est pas nécessaire.

Vient ensuite le temps de l’enfant. Le praticien cherche à créer une alliance, à découvrir ce qu’il aime, ce qui le fait rire, comment il décrit lui-même sa colère. Certains enfants dessinent leur colère, lui donnent un nom, une couleur, une taille. Ce travail de mise à distance est déjà thérapeutique : la colère devient quelque chose que l’on a, et non quelque chose que l’on est.

Les séances suivantes : jouer, imaginer, s’entraîner

Les séances avec un enfant sont généralement courtes (souvent entre 30 et 45 minutes) et adaptées à son âge :

  • avant 6 ans, l’hypnose passe beaucoup par le jeu, le conte, les marionnettes, la respiration avec un doudou posé sur le ventre. Le parent est souvent présent et participe
  • entre 6 et 12 ans, l’enfant peut s’approprier des techniques simples (le thermomètre, le lieu sûr, la respiration du ballon) et les pratiquer seul, avec l’aide d’un enregistrement ou d’un petit carnet
  • à l’adolescence, le travail se rapproche de celui de l’adulte, avec davantage d’autonomie et de discussion sur les situations qui déclenchent la colère
Le nombre de séances varie, mais un accompagnement ciblé tient souvent en quelques séances espacées, l’essentiel du travail se faisant entre les rendez-vous, à la maison. L’étude de Rutten montre d’ailleurs que la pratique régulière à domicile, avec un simple enregistrement, peut produire des bénéfices durables. Pour vous représenter le déroulement concret, l’article Comment se déroule une séance d’hypnothérapie donne un bon aperçu, et celui sur l’hypnose pour apaiser anxiété, sommeil et émotions chez l’enfant complète avec des situations proches.

Le rôle du parent pendant l’accompagnement

Votre participation fait une grande différence. Le praticien peut vous transmettre les images et les mots utilisés en séance pour que vous puissiez les rappeler à votre enfant au bon moment : « Tu te souviens de ton thermomètre ? Il est à combien, là ? » Ce langage commun permet de transformer un moment de crise en moment d’entraînement.

Il peut aussi vous aider à repérer vos propres réactions. Il est extrêmement difficile de rester calme face à un enfant qui hurle, et les parents ont eux aussi leur « thermomètre ». Certains hypnothérapeutes proposent aux parents quelques séances pour eux-mêmes, afin de mieux gérer leur propre stress. L’article sur l’hypnose ericksonienne et la gestion des émotions peut être utile dans cette perspective.

À la maison : traverser la tempête avant, pendant et après

Quelle que soit l’approche choisie, ce qui se passe au quotidien reste déterminant. Les recommandations ci-dessous reprennent les principes communs aux programmes d’accompagnement parental évalués dans la recherche. Aucune n’est magique, et aucune ne fonctionne à tous les coups. Leur force vient de la régularité.

Avant : réduire les déclencheurs

Protéger le sommeil. Un enfant reposé a plus de marge. Des horaires réguliers et un rituel apaisant avant le coucher sont parmi les mesures les plus simples et les plus rentables. L’article sur la routine du coucher détaille comment la construire.

Anticiper les transitions. Prévenir quelques minutes avant la fin d’une activité (« encore deux toboggans et on rentre »), utiliser un minuteur visuel, proposer un choix limité (« tu veux mettre tes chaussures toi-même ou que je t’aide ? ») permet à l’enfant de se préparer et de garder un sentiment de contrôle.

Repérer les heures à risque. La fin d’après-midi, le retour de l’école, l’arrivée au supermarché quand l’enfant a faim : ces moments sont prévisibles. Un goûter, un temps calme ou un moment de jeu ensemble avant de demander quoi que ce soit peut désamorcer bien des crises.

Remplir le « réservoir » de lien. Quelques minutes de jeu par jour où l’enfant décide, sans consignes ni questions, et où vous commentez simplement ce qu’il fait avec bienveillance, figurent au cœur de plusieurs programmes évalués. Ce temps exclusif réduit souvent le besoin d’attirer l’attention par la confrontation.

Nommer les émotions au calme. Les livres, les dessins, les jeux sur les émotions aident l’enfant à construire un vocabulaire. Un enfant qui peut dire « je suis frustré » a un peu moins besoin de le crier.

Pendant : sécuriser, pas convaincre

Assurer la sécurité d’abord. Éloigner les objets dangereux, protéger la fratrie, empêcher fermement les coups. Si votre enfant risque de se blesser, restez près de lui.

Parler peu, parler bas. En pleine crise, les longs discours alimentent la tempête. Quelques mots simples suffisent : « Je vois que tu es très en colère. Je reste là. » Votre voix calme sert de modèle, même si l’enfant ne semble pas l’entendre.

Ne pas céder sur la limite, ne pas en rajouter. Si la crise a été déclenchée par un refus justifié, ce refus doit tenir. Céder apprend à l’enfant que la crise fonctionne. Mais inutile d’ajouter des punitions en cascade sous le coup de la colère.

Éviter l’humiliation et les menaces. Les moqueries, les comparaisons (« ta sœur, elle, ne fait pas ça »), les menaces d’abandon (« je vais partir sans toi ») blessent durablement et augmentent l’insécurité qui nourrit les crises.

Ne jamais recourir à la violence. Les fessées, gifles et violences verbales sont interdites en France depuis la loi de 2019 sur les violences éducatives ordinaires. Elles sont aussi contre-productives : elles enseignent que la force est une façon de résoudre les conflits. Si vous sentez que vous allez perdre le contrôle, mettez l’enfant en sécurité, éloignez-vous quelques minutes, respirez, demandez le relais d’un autre adulte si c’est possible.

Utiliser les outils appris. Si votre enfant a appris une technique de respiration ou une image de retour au calme, proposez-la sans l’imposer : « Tu veux qu’on fasse le ballon ensemble ? » Faites-la vous-même à côté de lui. L’imitation est souvent plus efficace que la consigne.

Après : réparer et apprendre

Accueillir le retour au calme. Beaucoup d’enfants ont besoin d’un câlin, d’un verre d’eau ou d’un moment tranquille après la crise. Ce n’est pas « récompenser » la colère, c’est l’aider à revenir à un état où il peut apprendre.

Revenir sur ce qui s’est passé, plus tard. Une fois le calme revenu, parfois le soir au coucher ou le lendemain, on peut en reparler brièvement : qu’est-ce qui t’a mis si en colère ? Qu’est-ce qui pourrait t’aider la prochaine fois ? Qu’est-ce que tu pourrais faire à la place de taper ?

Réparer. Si l’enfant a cassé quelque chose ou blessé quelqu’un, il peut participer à la réparation (ramasser, aider à recoller, faire un dessin pour s’excuser). L’objectif n’est pas l’humiliation, mais la responsabilité et la restauration du lien.

Valoriser les progrès. Remarquer et dire à voix haute les moments où l’enfant a réussi à gérer sa frustration, même partiellement, a souvent plus d’effet que de pointer chaque échec : « J’ai vu que tu étais fâché et tu es allé taper dans ton coussin au lieu de taper ton frère. C’est super. »

Tenir un carnet. Noter pendant deux ou trois semaines l’heure, le contexte, la durée et la fin de chaque crise vous aidera à repérer des schémas, et vous fournira des informations précieuses pour le pédiatre ou le praticien.

Colères, TDAH, anxiété, troubles du développement : quand l’hypnose ne suffit pas

Certaines colères explosives s’inscrivent dans un tableau plus large qui nécessite une évaluation spécialisée. Il ne s’agit pas de poser un diagnostic à la maison, mais de savoir que ces situations existent et qu’elles justifient un avis médical.

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). L’impulsivité et la difficulté à réguler les émotions font partie des manifestations fréquentes du TDAH. Un enfant qui explose facilement, qui a du mal à rester concentré, qui bouge beaucoup et dont les difficultés se retrouvent à l’école comme à la maison mérite une évaluation. Les approches complémentaires peuvent accompagner un suivi, jamais le remplacer. L’article sur le TDAH et les approches naturelles en complément fait le point sur ce que l’on sait.

L’anxiété. Un enfant anxieux peut paraître colérique. Quand il se sent débordé par la peur (séparation, nouveauté, école), l’opposition et l’explosion sont parfois sa façon de se protéger. Le cas des enfants qui refusent d’aller en classe en est un exemple frappant, développé dans l’article Mon enfant refuse d’aller à l’école : l’hypnose peut-elle l’aider ?.

Les troubles du neurodéveloppement. Chez les enfants avec un trouble du spectre de l’autisme, un trouble du langage ou une hypersensibilité sensorielle, les crises sont souvent liées à une surcharge ou à une difficulté à communiquer. Elles appellent une compréhension spécifique et un accompagnement pluridisciplinaire.

Le trouble disruptif avec dysrégulation de l’humeur (TDDH). Ce diagnostic, introduit dans la classification américaine DSM-5, concerne des enfants de plus de 6 ans qui présentent des colères sévères et fréquentes, associées à une irritabilité persistante entre les crises. C’est précisément le type de profil étudié par l’équipe de Brotman. Il relève d’une prise en charge pédopsychiatrique.

Les signes de souffrance psychique. Les travaux de Belden rappellent que des colères avec auto-agression peuvent être associées à des symptômes dépressifs, même chez de jeunes enfants. Un enfant qui dit qu’il est nul, qu’il voudrait disparaître, qui se fait du mal ou qui semble triste la plupart du temps doit être vu rapidement par un médecin.

Dans toutes ces situations, l’hypnose peut éventuellement trouver sa place au sein d’un parcours coordonné, avec l’accord du médecin qui suit l’enfant. Elle ne doit jamais retarder une évaluation, ni conduire à interrompre un traitement prescrit.

Prendre soin du parent, aussi

La fatigue et la culpabilité sont des signaux à écouter

Vivre au quotidien avec un enfant qui explose est épuisant. Beaucoup de parents décrivent un état d’alerte permanent, la peur de sortir en public, la honte face au regard des autres, des tensions dans le couple, et une culpabilité diffuse : « si j’étais un meilleur parent, ça n’arriverait pas ». Les méta-analyses sur l’accompagnement parental montrent que soutenir les parents améliore aussi leur perception de leur enfant. Prendre soin de vous n’est pas un luxe, c’est une partie du soin apporté à votre enfant.

Quelques pistes simples peuvent aider : partager la charge avec l’autre parent ou un proche, s’accorder de vrais temps de pause, échanger avec d’autres parents qui vivent des situations similaires, se faire accompagner soi-même. Les techniques que l’on apprend à l’enfant (respiration, lieu sûr, repérage des signaux corporels) fonctionnent aussi pour les adultes.

Les ressources vers lesquelles se tourner

  • Votre médecin traitant ou pédiatre reste la première porte d’entrée. Il peut orienter vers un centre médico-psychologique (CMP) ou un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), où les consultations sont prises en charge, ou vers un pédopsychiatre.
  • La protection maternelle et infantile (PMI) de votre département accompagne gratuitement les familles d’enfants de moins de 6 ans, notamment sur les questions de comportement et de parentalité.
  • Les lieux d’accueil enfants-parents (LAEP) et les réseaux de soutien à la parentalité proposent des espaces d’échange anonymes et gratuits. Le site de la CAF et celui de votre mairie recensent les dispositifs proches de chez vous.
  • Le psychologue scolaire ou l’infirmière scolaire peuvent faire le lien avec l’école si les colères s’y manifestent aussi.
  • Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il s’adresse aux personnes en détresse psychique et à leur entourage. Si vous vous sentez à bout, débordé au point d’avoir des idées noires, ou si vous craignez de perdre le contrôle de vos gestes, appelez-le. Demander de l’aide est un acte de protection, pour vous comme pour votre enfant.
  • Le 119 (Allô Enfance en danger), gratuit et ouvert 24 heures sur 24, est à contacter si un enfant est en danger ou risque de l’être, y compris si vous avez peur pour la sécurité de votre propre enfant ou de ses frères et sœurs. L’appel n’apparaît pas sur les relevés téléphoniques.
  • Le 15 ou le 112 en cas d’urgence vitale immédiate, si un enfant ou un adulte est blessé ou en danger imminent.

Bien choisir un praticien en hypnose pour un enfant

Le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé en France. Il est donc essentiel de vérifier quelques points avant de confier votre enfant à un praticien.

Une formation spécifique à l’enfant. L’hypnose pédiatrique demande des compétences propres : connaissance du développement, adaptation du langage, travail avec les parents. Demandez au praticien quelle formation il a suivie et quelle expérience il a avec les enfants de l’âge du vôtre.

Un cadre clair. Le praticien doit vous expliquer comment se déroulent les séances, si vous pouvez y assister, combien de séances il envisage, comment il évaluera les progrès. Il doit recueillir votre consentement et celui de l’enfant, à son niveau.

Une articulation avec le médical. Un bon praticien vous demande si l’enfant a été vu par un médecin, et vous y oriente si nécessaire. Il ne remet jamais en cause un diagnostic ni un traitement prescrit.

Aucune promesse de résultat. Méfiez-vous de quiconque garantit la disparition des colères en une séance, ou présente l’hypnose comme une alternative aux soins médicaux.

Un praticien qui vous associe. Les approches les plus utiles impliquent les parents et donnent à l’enfant des outils qu’il peut utiliser seul. L’article sur les critères pour choisir son hypnothérapeute détaille ces points de vigilance.

Vous pouvez trouver un professionnel près de chez vous dans l’annuaire des hypnothérapeutes de ViziWell. Si les colères s’accompagnent d’anxiété, de tristesse ou de difficultés relationnelles importantes, un accompagnement par un psychologue formé à l’enfance peut être le premier interlocuteur : consultez l’annuaire des psychologues.

Questions fréquentes

À partir de quel âge un enfant peut-il faire de l’hypnose ?

Il n’y a pas d’âge minimum strict, mais l’hypnose avec un enfant prend des formes très différentes selon son développement. Avant 4 ou 5 ans, le travail passe surtout par le jeu, les histoires et l’implication directe du parent. À partir de 6 ou 7 ans, l’enfant peut généralement s’approprier des techniques simples d’auto-hypnose et les pratiquer seul. Les études citées dans cet article portent surtout sur des enfants d’âge scolaire et des adolescents.

Combien de séances faut-il pour voir une différence ?

Il n’existe pas de réponse universelle, et aucune étude ne fournit de chiffre fiable pour les colères. Dans les indications mieux étudiées, comme les douleurs abdominales, les protocoles comptent quelques séances réparties sur plusieurs semaines, avec une pratique régulière à la maison. Si aucune évolution n’apparaît après trois ou quatre séances, il est raisonnable d’en parler avec le praticien et de réévaluer la situation avec le médecin.

L’hypnose peut-elle remplacer un suivi psychologique ou un traitement du TDAH ?

Non. L’hypnose pédiatrique peut compléter un accompagnement, mais elle ne remplace ni l’évaluation médicale, ni un suivi psychologique, ni un traitement prescrit pour un TDAH ou un autre trouble. Toute modification de traitement doit être discutée avec le médecin qui suit l’enfant. Les approches les mieux étayées pour les colères fréquentes restent l’accompagnement des parents et les thérapies cognitives et comportementales.

Mon enfant ne fait des colères qu’avec moi, est-ce que c’est de ma faute ?

C’est une situation très fréquente et elle ne signifie pas que vous êtes un mauvais parent. Beaucoup d’enfants se retiennent toute la journée à l’école ou chez les autres et « lâchent » tout auprès de la personne avec qui ils se sentent le plus en sécurité. C’est souvent un signe de confiance, même s’il est éprouvant. Cela peut aussi indiquer que l’enfant arrive à la maison avec une fatigue ou des tensions accumulées, qu’il est utile d’anticiper.

Est-ce que l’hypnose peut manipuler mon enfant ou le changer contre sa volonté ?

Non. En hypnose clinique, l’enfant reste conscient, il peut entendre, parler, bouger et refuser une suggestion qui ne lui convient pas. Un praticien sérieux recherche activement sa coopération et lui explique ce qu’ils vont faire ensemble. L’objectif est de lui donner davantage de contrôle sur ses réactions, pas de le rendre docile.

Que faire si les colères deviennent dangereuses ?

Si votre enfant se met en danger, blesse quelqu’un ou si vous craignez pour sa sécurité ou la vôtre, mettez d’abord tout le monde à l’abri. En cas d’urgence immédiate, appelez le 15 ou le 112. Si vous pensez qu’un enfant est en danger, le 119 est joignable jour et nuit. Si vous êtes vous-même à bout, le 3114 peut vous écouter. Dans tous les cas, prenez rapidement rendez-vous avec votre médecin ou votre pédiatre.

En résumé : ce qu’il faut retenir

  • Les colères sont normales chez le jeune enfant. Ce qui doit alerter, c’est leur fréquence quotidienne, leur durée, leur violence, leur imprévisibilité, l’auto-agression ou leur association avec d’autres signes.
  • Dans ces situations, l’avis du pédiatre ou du pédopsychiatre est la première étape, pour rechercher une cause ou un trouble associé (TDAH, anxiété, trouble du développement, souffrance psychique).
  • Les approches les mieux étayées sont l’accompagnement des parents et les thérapies cognitives et comportementales.
  • L’hypnose pédiatrique a fait ses preuves dans d’autres indications, notamment la douleur. Elle n’a pas encore été évaluée spécifiquement sur les colères, mais ses outils d’autorégulation peuvent constituer un complément intéressant, au sein d’un accompagnement global.
  • Votre enfant n’est pas le problème, et vous n’êtes pas seul. Prendre soin de vous fait partie de la solution.
Pour prolonger la réflexion, l’article sur la confiance en soi chez l’enfant et l’adolescent montre comment une image de soi plus solide aide aussi à mieux traverser les frustrations.

Sources

  1. Wakschlag LS, Choi SW, Carter AS, et al. Defining the developmental parameters of temper loss in early childhood: implications for developmental psychopathology. J Child Psychol Psychiatry. 2012, 53(11):1099-1108. PMID: 22928674. DOI: 10.1111/j.1469-7610.2012.02595.x
  2. Belden AC, Thomson NR, Luby JL. Temper tantrums in healthy versus depressed and disruptive preschoolers: defining tantrum behaviors associated with clinical problems. J Pediatr. 2008, 152(1):117-122. PMID: 18154912. DOI: 10.1016/j.jpeds.2007.06.030
  3. Brotman MA, Kircanski K, Stringaris A, Pine DS, Leibenluft E. Irritability in Youths: A Translational Model. Am J Psychiatry. 2017, 174(6):520-532. PMID: 28103715. DOI: 10.1176/appi.ajp.2016.16070839
  4. Mingebach T, Kamp-Becker I, Christiansen H, Weber L. Meta-meta-analysis on the effectiveness of parent-based interventions for the treatment of child externalizing behavior problems. PLoS One. 2018, 13(9):e0202855. PMID: 30256794. DOI: 10.1371/journal.pone.0202855
  5. Weber L, Kamp-Becker I, Christiansen H, Mingebach T. Treatment of child externalizing behavior problems: a comprehensive review and meta-meta-analysis on effects of parent-based interventions on parental characteristics. Eur Child Adolesc Psychiatry. 2019, 28(8):1025-1036. PMID: 29948228. DOI: 10.1007/s00787-018-1175-3
  6. Kalvin CB, Zhong J, Rutten MR, Ibrahim K, Sukhodolsky DG. Review: Evidence-Based Psychosocial Treatments for Childhood Irritability and Aggressive Behavior. JAACAP Open. 2024, 3(1):14-28. PMID: 40109486. DOI: 10.1016/j.jaacop.2024.01.009
  7. Kohen DP, Kaiser P. Clinical Hypnosis with Children and Adolescents-What? Why? How?: Origins, Applications, and Efficacy. Children (Basel). 2014, 1(2):74-98. PMID: 27417468. DOI: 10.3390/children1020074
  8. Rutten JMTM, Vlieger AM, Frankenhuis C, et al. Home-Based Hypnotherapy Self-exercises vs Individual Hypnotherapy With a Therapist for Treatment of Pediatric Irritable Bowel Syndrome, Functional Abdominal Pain, or Functional Abdominal Pain Syndrome: A Randomized Clinical Trial. JAMA Pediatr. 2017, 171(5):470-477. PMID: 28346581. DOI: 10.1001/jamapediatrics.2017.0091
  9. Birnie KA, Noel M, Parker JA, et al. Systematic review and meta-analysis of distraction and hypnosis for needle-related pain and distress in children and adolescents. J Pediatr Psychol. 2014, 39(8):783-808. PMID: 24891439. DOI: 10.1093/jpepsy/jsu029
  10. Dunning DL, Griffiths K, Kuyken W, et al. Research Review: The effects of mindfulness-based interventions on cognition and mental health in children and adolescents - a meta-analysis of randomized controlled trials. J Child Psychol Psychiatry. 2019, 60(3):244-258. PMID: 30345511. DOI: 10.1111/jcpp.12980
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

Cet article fait partie de notre dossier Hypnothérapie.

Voir tous les articles Hypnothérapie →
FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

En savoir plus →

Auteurs des sources scientifiques

LW

Lauren S. Wakschlag

Department of Medical Social Sciences, Feinberg School of Medicine, Northwestern University, Chicago, USA

KB

Kathryn A. Birnie

PhD, psychologue de la douleur — University of Calgary, Canada

Chercheuse spécialisée dans la douleur pédiatrique et les interventions psychologiques ; auteure principale de la revue Cochrane sur la douleur liée aux aiguilles chez l'enfant.

DK

Daniel P. Kohen

National Pediatric Hypnosis Training Institute, Developmental-Behavioral Pediatrics, Minnetonka, MN, USA

JR

Juliette M. T. M. Rutten

Emma Children's Hospital and Academic Medical Center, Amsterdam, the Netherlands

DD

Darren L. Dunning

Chercheur en psychologie cognitive — MRC Cognition and Brain Sciences Unit, University of Cambridge (Royaume-Uni)