L’acupuncture est-elle dangereuse ? Risques réels et précautions
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : pratiquée par un professionnel formé, avec des aiguilles stériles à usage unique, l’acupuncture fait partie des approches à faible risque. Les grandes études prospectives, qui ont suivi au total plus de 300 000 patients, montrent qu’environ 8 à 10 personnes sur 100 ressentent au moins un effet indésirable au cours d’une série de séances, presque toujours bénin et passager : petit saignement, bleu, douleur au point de piqûre, fatigue, malaise. Les complications graves (pneumothorax, infection, lésion nerveuse) existent mais restent rares, de l’ordre de 1 pour 10 000 patients selon une méta-analyse de 2021. Sous anticoagulants, pendant la grossesse ou avec un stimulateur cardiaque, la séance reste souvent possible, mais avec des précautions précises et un avis médical. Une douleur thoracique ou un essoufflement après une séance impose d’appeler le 15 ou le 112.Vous envisagez une première séance d’acupuncture pour un mal de dos, des migraines ou un sommeil difficile, mais une question vous retient : est-ce que c’est dangereux de se faire planter des aiguilles dans la peau ? Peut-être avez-vous lu qu’une personne avait eu un « poumon percé » après une séance, ou un proche vous a raconté être sorti du cabinet épuisé, avec un bleu sur la main. Peut-être prenez-vous un anticoagulant, êtes-vous enceinte ou portez-vous un pacemaker, et vous vous demandez si l’acupuncture vous est simplement permise.
Ces inquiétudes sont légitimes. Toute technique qui traverse la peau comporte des risques, et il serait malhonnête de prétendre le contraire. Mais il serait tout aussi trompeur de les exagérer. La bonne nouvelle, c’est que la sécurité de l’acupuncture a été étudiée sur des centaines de milliers de patients, ce qui permet aujourd’hui de donner des ordres de grandeur fiables. Cet article fait le point, sans minimiser ni dramatiser : ce qui est fréquent et sans gravité, ce qui est rare mais sérieux, qui peut piquer en France, quand il vaut mieux s’abstenir ou adapter la séance, et quels signes doivent vous faire consulter rapidement.
Si vous découvrez la pratique, notre guide complet de l’acupuncture présente ses principes et ses indications. Ici, nous nous concentrons sur une seule question : le rapport entre bénéfice et risque.
Ce que montrent les grandes études de sécurité
Pour savoir si un soin est risqué, les récits isolés ne suffisent pas. Un cas grave raconté dans la presse ou sur un forum dit qu’un accident est possible, mais il ne dit pas s’il survient une fois sur cent ou une fois sur un million. Pour mesurer la fréquence réelle des effets indésirables, il faut des études dites prospectives : on suit un grand nombre de patients ou de séances dès le départ, et on note systématiquement tout ce qui se passe. L’acupuncture a la particularité d’avoir fait l’objet de plusieurs études de ce type, d’une taille rarement atteinte pour une pratique complémentaire.
Deux enquêtes britanniques fondatrices (2001)
En 2001, le British Medical Journal a publié côte à côte deux enquêtes menées au Royaume-Uni. La première, coordonnée par Adrian White à l’université d’Exeter, a suivi près de 32 000 consultations réalisées par 78 médecins et kinésithérapeutes pratiquant l’acupuncture. La seconde, l’étude de York dirigée par Hugh MacPherson, a porté sur plus de 34 000 séances données par 574 acupuncteurs dits traditionnels, non médecins, membres d’une association professionnelle britannique.
Les résultats vont dans le même sens. Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté dans l’une ou l’autre enquête. Les effets dits significatifs mais non graves (un malaise marqué, une douleur importante, une aggravation passagère des symptômes) restaient rares, de l’ordre de 1,3 pour 1 000 séances. Les réactions légères et passagères étaient en revanche fréquentes : dans l’étude de York, elles concernaient environ 15 séances sur 100. Fait intéressant, les réactions les plus souvent décrites n’étaient pas négatives : beaucoup de patients se disaient détendus, d’autres plus énergiques. Parmi les réactions désagréables, les plus courantes étaient de petits bleus, une douleur au point de piqûre et de petits saignements.
Deux grandes cohortes allemandes (2004 et 2009)
Au début des années 2000, l’Allemagne a lancé de vastes programmes d’évaluation de l’acupuncture, avant de décider de son remboursement pour certaines indications. Ils ont produit les plus grandes études de sécurité jamais réalisées sur cette pratique.
La première, publiée en 2004 dans les Archives of Internal Medicine par Dieter Melchart et ses collègues, a suivi près de 98 000 patients traités par des médecins acupuncteurs. Les effets indésirables y étaient le plus souvent mineurs, et les événements sérieux restaient exceptionnels, même s’ils n’étaient pas absents : des cas de pneumothorax figuraient parmi eux.
La seconde, publiée en 2009 par Claudia Witt et l’équipe de l’hôpital universitaire de la Charité à Berlin, est la référence la plus citée. Elle a inclus 229 230 patients, qui ont reçu en moyenne une dizaine de séances chacun pour de l’arthrose du genou ou de la hanche, des lombalgies, des cervicalgies, des maux de tête, une rhinite allergique, de l’asthme ou des règles douloureuses. Les patients notaient eux-mêmes tout effet indésirable après leur traitement. Les chiffres sont les suivants :
- 8,6 % des patients ont signalé au moins un effet indésirable sur l’ensemble de leur série de séances ;
- 2,2 % ont signalé un effet ayant nécessité un traitement, le plus souvent simple ;
- les saignements et hématomes représentaient à eux seuls 58 % des effets rapportés (6,1 % des patients) ;
- la douleur au point de piqûre concernait 1,7 % des patients ;
- les symptômes dits végétatifs (malaise, sueurs, vertiges, nausées) concernaient 0,7 % des patients ;
- deux pneumothorax ont été rapportés, l’un ayant nécessité une hospitalisation, l’autre une simple surveillance ;
- l’effet le plus durable a été une lésion nerveuse à la jambe, qui a duré 180 jours.
La méta-analyse de 2021 : la synthèse la plus complète
En 2021, Petra Bäumler et ses collègues de l’hôpital universitaire de Munich ont publié dans BMJ Open une revue systématique et des méta-analyses de toutes les études prospectives disponibles sur les effets indésirables de l’acupuncture à l’aiguille. Sur plus de 7 600 publications examinées, 21 études répondaient à leurs critères.
Ce que montrent les études
La méta-analyse de Bäumler et coll. (BMJ Open, 2021, 21 études prospectives) estime qu’au moins un effet indésirable survient chez 9,3 % des patients au cours d’une série de séances, et dans environ 7,6 % des séances. Les effets indésirables graves sont estimés à 1 pour 10 000 patients environ, et à 8 pour un million de séances. Les effets nécessitant un traitement concernent un peu plus de 1 patient sur 1 000. La moitié des effets rapportés sont un petit saignement, une douleur ou une rougeur au point de piqûre, que certains auteurs considèrent comme une réaction attendue de l’aiguille. Les auteurs concluent que l’acupuncture peut être classée parmi les traitements les plus sûrs de la médecine, tout en soulignant que les rares complications exigent une vraie compétence médicale. Limites : une grande hétérogénéité entre les études, des définitions variables des effets indésirables, et des liens d’intérêt déclarés par deux auteurs avec une société savante d’acupuncture médicale.
Ce que ces chiffres veulent dire pour vous
Traduits en langage courant, ces résultats donnent une image assez nette. Sur 100 personnes qui suivent une série de séances, environ 9 remarqueront un effet désagréable, presque toujours un bleu, un point douloureux ou un petit saignement. Sur 1 000 personnes, une seule aura besoin d’un geste de soin pour un effet indésirable. Sur 10 000 personnes, environ une connaîtra une complication grave. À titre de comparaison, de nombreux médicaments courants vendus sans ordonnance, comme les anti-inflammatoires, entraînent des effets indésirables sérieux bien plus fréquemment.
Il faut cependant garder deux réserves en tête. D’abord, ces études ont été menées pour l’essentiel dans des contextes encadrés : médecins formés en Allemagne, praticiens britanniques membres d’associations exigeantes, essais cliniques. Elles décrivent donc le risque d’une acupuncture bien pratiquée, et ne garantissent rien face à un praticien mal formé. Ensuite, des événements très rares peuvent échapper même à une étude de 200 000 patients. C’est pourquoi les chercheurs complètent ces données par l’analyse des cas rapportés dans la littérature médicale.
Les effets indésirables fréquents et bénins
La grande majorité des effets indésirables de l’acupuncture sont locaux, légers et disparaissent seuls en quelques heures ou quelques jours. Les connaître permet de ne pas s’inquiéter inutilement, et de faire la différence avec un signe d’alerte.
La douleur au point de piqûre
Les aiguilles d’acupuncture sont très fines, bien plus qu’une aiguille de prise de sang, et leur pointe est conçue pour écarter les tissus plutôt que les couper. La plupart des patients sentent à peine l’insertion. Certains points, en particulier aux mains, aux pieds ou sur le visage, sont pourtant plus sensibles. La sensation recherchée par beaucoup de praticiens, appelée deqi en médecine chinoise, se décrit comme une lourdeur, un engourdissement, une tension ou une diffusion autour de l’aiguille. Elle n’est pas une douleur vive.
Une douleur aiguë, en coup de poignard, une sensation de décharge électrique qui descend dans un membre, ou une douleur qui augmente au lieu de s’atténuer ne sont pas normales. Dites-le immédiatement : le praticien retirera ou repositionnera l’aiguille. Une légère sensibilité au point peut persister quelques heures après la séance, parfois un jour ou deux, sans gravité.
Les petits saignements et les bleus
C’est l’effet indésirable le plus fréquent. Dans l’étude de Witt, saignements et hématomes représentaient plus de la moitié des effets rapportés. En retirant l’aiguille, il arrive qu’une goutte de sang perle : le praticien appuie quelques secondes avec un coton sec, et tout s’arrête. Un petit bleu peut apparaître dans les heures suivantes, surtout dans les zones où les vaisseaux sont proches de la peau, chez les personnes âgées ou chez celles qui marquent facilement. Il disparaît en quelques jours, comme n’importe quelle ecchymose.
Un bleu étendu, qui grossit, qui devient dur et douloureux, ou un saignement qui ne s’arrête pas après plusieurs minutes de compression ne relèvent plus de cette catégorie, en particulier si vous prenez un traitement qui fluidifie le sang. Dans ce cas, contactez votre médecin.
La fatigue ou au contraire un regain d’énergie
Beaucoup de personnes se sentent détendues, voire somnolentes après une séance. D’autres décrivent une fatigue marquée le soir même ou le lendemain, parfois accompagnée d’un besoin de dormir. Dans l’étude de York, la sensation de détente était d’ailleurs la réaction la plus souvent notée, devant le fait de se sentir plus énergique. Cette fatigue est passagère et ne présente pas de danger, mais elle a une conséquence pratique : après une première séance, évitez de prévoir un long trajet en voiture ou une activité qui demande une grande vigilance, au moins tant que vous ne savez pas comment vous réagissez.
L’aggravation passagère des symptômes
Certaines personnes remarquent que leur douleur, leurs maux de tête ou leurs troubles digestifs s’accentuent un peu dans les 24 à 48 heures qui suivent une séance, avant de s’améliorer. Les praticiens parlent parfois de réaction de traitement. Ce phénomène est décrit dans les enquêtes de sécurité, mais il doit rester léger et bref. Une aggravation nette, durable ou l’apparition d’un symptôme nouveau doivent vous faire reprendre contact avec le praticien, et avec votre médecin si besoin. Ne mettez pas sur le compte de l’acupuncture un symptôme qui pourrait avoir une autre cause.
Les autres réactions légères
On décrit aussi des sensations de chaleur, de picotement ou d’engourdissement autour des points, une émotion inattendue (pleurs, rire) liée à la détente, des sueurs ou une sensation de tête qui tourne en se relevant. La moxibustion, souvent associée à l’acupuncture, ajoute son propre risque : une rougeur ou une petite brûlure de la peau si la chaleur est trop proche ou trop longue. Prévenez toujours si vous sentez que cela brûle.
Le malaise pendant la séance : pourquoi il survient et comment le prévenir
Le malaise vagal est l’incident aigu le plus connu des acupuncteurs. Il ressemble à celui que certaines personnes font lors d’une prise de sang : une sensation de chaleur ou de froid, des sueurs, une pâleur, des nausées, une vision qui se brouille, parfois une perte de connaissance brève. Il est dû à une réaction réflexe du système nerveux, qui ralentit brutalement le cœur et fait chuter la tension.
Dans la grande cohorte de Witt, les symptômes végétatifs de ce type touchaient moins de 1 patient sur 100. Ils sont plus fréquents dans certaines circonstances bien identifiées :
- lors d’une première séance, quand l’appréhension est maximale ;
- chez les personnes anxieuses ou qui ont peur des aiguilles ;
- quand on vient à jeun, déshydraté ou très fatigué ;
- quand la séance a lieu en position assise, plutôt qu’allongée ;
- chez les personnes qui ont déjà fait des malaises lors de soins ou de prises de sang.
Un malaise avec perte de connaissance qui se prolonge, une douleur dans la poitrine, des palpitations ou une difficulté à respirer ne relèvent pas du simple malaise vagal : appelez le 15 ou le 112.
Les complications rares mais graves
Les chiffres globaux sont rassurants, mais ils ne doivent pas faire oublier qu’une aiguille mal placée peut léser un organe. Ces complications sont rares, elles sont pour la plupart évitables, et c’est précisément pour cela qu’il faut les connaître.
Le pneumothorax
C’est la complication grave la plus souvent rapportée dans la littérature. Le pneumothorax correspond à l’entrée d’air entre le poumon et la paroi thoracique, ce qui fait se rétracter une partie du poumon. Il peut survenir si une aiguille est enfoncée trop profondément au niveau du thorax, du haut du dos, des épaules ou du creux au-dessus de la clavicule, là où le sommet du poumon se trouve à quelques centimètres seulement sous la peau.
Dans l’étude de Witt, deux pneumothorax ont été rapportés sur 229 230 patients, soit environ 1 cas pour 100 000 patients. Le risque est plus élevé chez les personnes très minces, dont la paroi thoracique est fine, et chez celles qui souffrent d’une maladie pulmonaire comme l’emphysème ou une bronchopneumopathie chronique obstructive. Un praticien bien formé connaît ces zones, adapte la profondeur et l’angle de ses aiguilles, et peut choisir d’autres points.
Le piège du pneumothorax, c’est que ses symptômes peuvent apparaître avec retard, plusieurs heures après la séance, parfois le lendemain : douleur dans la poitrine qui augmente à la respiration, essoufflement, toux sèche, sensation d’oppression. Si vous ressentez ces signes après une séance où des aiguilles ont été placées sur le thorax, le dos ou les épaules, appelez le 15 ou le 112 sans attendre, et précisez que vous avez eu une séance d’acupuncture.
Les infections
Avant la généralisation des aiguilles stériles à usage unique, l’acupuncture a été associée dans plusieurs pays à des transmissions d’hépatite B et à des infections bactériennes liées à la réutilisation ou à la mauvaise stérilisation du matériel. Aujourd’hui, avec des aiguilles stériles jetées après chaque usage, le risque de transmission d’un virus d’un patient à l’autre est pratiquement éliminé lorsque les règles sont respectées.
Il reste un risque d’infection locale, par des bactéries présentes sur la peau, qui pénètrent avec l’aiguille. Il est faible, mais on décrit dans la littérature des abcès, des infections de la peau et, plus rarement, des infections à mycobactéries atypiques, souvent liées à une hygiène défaillante (coton réutilisé, désinfection absente, matériel contaminé). Les aiguilles semi-permanentes laissées en place plusieurs jours, utilisées notamment en auriculothérapie, augmentent ce risque, en particulier sur le cartilage de l’oreille, qui se défend mal contre l’infection.
Rougeur qui s’étend, chaleur, gonflement, écoulement de pus ou fièvre au niveau d’un point de piqûre dans les jours qui suivent une séance doivent conduire à consulter un médecin.
Les lésions nerveuses, vasculaires et les autres accidents
Une aiguille peut irriter ou léser un nerf, ce qui se traduit par une décharge électrique au moment de la piqûre puis, parfois, par des fourmillements ou un engourdissement prolongés. Dans l’étude de Witt, l’effet le plus durable était une lésion nerveuse à la jambe qui a mis six mois à disparaître. Ces atteintes sont rares et le plus souvent réversibles.
Des complications exceptionnelles ont aussi été rapportées : aiguille cassée ou oubliée sous la peau, saignement profond, et, dans des cas très rares, blessures du cœur, de la moelle épinière ou des vaisseaux sanguins, presque toujours liées à une technique incorrecte ou à des aiguilles enfoncées très profondément sur des zones à risque.
Ce que montrent les études
Les études de cas complètent les enquêtes prospectives, car elles recensent les accidents trop rares pour apparaître dans une cohorte. Une revue de la littérature chinoise publiée en 2010 dans le Bulletin de l’Organisation mondiale de la santé (Zhang et coll.) a identifié 479 cas d’effets indésirables rapportés entre 1980 et 2009, dont 14 décès. Les plus fréquents étaient le pneumothorax, l’évanouissement, l’hémorragie méningée et l’infection, et les auteurs attribuaient la plupart de ces événements à une technique inappropriée. Une revue de revues publiée en 2011 dans la revue Pain (Ernst et coll.) a recensé 95 cas d’effets indésirables graves publiés depuis 2000, dont 5 décès, le pneumothorax et les infections étant là encore les plus rapportés. Ces travaux ne permettent pas de calculer une fréquence, puisqu’on ne sait pas combien de séances ont été réalisées en tout, mais ils rappellent que la formation du praticien et l’hygiène sont déterminantes.
Qui peut pratiquer l’acupuncture en France
La sécurité d’une séance dépend beaucoup de la personne qui tient l’aiguille. En France, la jurisprudence considère l’acupuncture comme un acte médical, ce qui a des conséquences concrètes pour le patient.
Les professionnels autorisés
Selon la jurisprudence et l’analyse qu’en fait l’assureur professionnel MACSF, l’acupuncture est réservée à quatre professions de santé, chacune dans son champ de compétence et à condition d’avoir suivi une formation universitaire spécifique :
- les médecins, titulaires d’une capacité de médecine en acupuncture ou d’un ancien diplôme interuniversitaire, qui peuvent traiter l’ensemble de leurs patients ;
- les sages-femmes, formées par un diplôme interuniversitaire d’acupuncture obstétricale, qui interviennent pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum ;
- les chirurgiens-dentistes, dans le cadre des soins bucco-dentaires ;
- les vétérinaires, pour les animaux.
Les praticiens non médecins
De nombreuses personnes proposent pourtant des séances d’acupuncture en France sans appartenir à ces professions, souvent sous le titre d’acupuncteur traditionnel ou de praticien en médecine traditionnelle chinoise. Certaines sont très bien formées, parfois au terme de longues études en Chine ou en Europe. Mais en l’état du droit français, la pratique de l’acupuncture par une personne qui n’est ni médecin, ni sage-femme, ni chirurgien-dentiste expose à des poursuites pour exercice illégal de la médecine, et les tribunaux l’ont confirmé à plusieurs reprises, y compris la Cour de cassation en 2022.
Pour vous, patient, la question n’est pas de juger la compétence de chacun, mais de savoir ce que vous êtes en droit d’attendre. Un professionnel de santé formé, inscrit à un ordre, assuré, et capable de reconnaître une urgence offre des garanties que d’autres ne peuvent pas apporter de la même façon. Pour vous repérer parmi les titres et les diplômes, consultez notre article sur comment choisir son acupuncteur.
Hygiène : ce que vous devez voir pendant la séance
L’hygiène est le premier rempart contre les infections. Elle se vérifie facilement, sans connaissance médicale, et vous avez parfaitement le droit d’y prêter attention.
Des aiguilles stériles à usage unique
La norme aujourd’hui, ce sont des aiguilles stériles, emballées individuellement ou par petits lots dans un emballage scellé, ouvert devant vous, et jetées après usage. Elles ne doivent jamais être réutilisées, ni d’un patient à l’autre, ni pour le même patient d’une séance à l’autre. Après la séance, elles sont jetées dans un collecteur spécial pour objets piquants, généralement une boîte jaune rigide.
N’hésitez pas à demander à voir l’emballage. Un praticien sérieux ne s’en offusquera pas, bien au contraire. Si l’on vous propose des aiguilles « personnelles » conservées d’une séance à l’autre, ou si vous voyez des aiguilles sortir d’un bocal ou d’un stérilisateur, c’est un signal d’alerte.
L’asepsie de la peau et des mains
Avant de piquer, le praticien se lave ou se désinfecte les mains, et désinfecte la peau aux points choisis, en particulier lorsque les points sont proches d’une zone humide ou d’un pli. Le coton utilisé pour comprimer un point qui saigne doit être propre et à usage unique. La table de soin est recouverte d’un drap d’examen changé entre chaque patient.
La traçabilité et l’information
Un praticien rigoureux vous pose des questions avant la première séance : vos antécédents, vos traitements, une éventuelle grossesse, un appareil implanté, des allergies, des malaises antérieurs. Il vous explique ce qu’il va faire et ce que vous pourriez ressentir, et il note les points utilisés. Ce temps d’échange fait partie de la sécurité. Pour savoir à quoi vous attendre concrètement, lisez notre article sur le déroulement d’une séance d’acupuncture.
Contre-indications et précautions : quand éviter ou adapter la séance
Il existe très peu de contre-indications absolues à l’acupuncture, mais plusieurs situations exigent des précautions particulières ou un avis médical préalable. La règle d’or : signalez toujours au praticien votre état de santé et vos traitements, même si cela vous semble sans rapport.
Anticoagulants, antiplaquettaires et troubles de la coagulation
C’est la question la plus fréquente, et elle concerne beaucoup de monde : de nombreuses personnes prennent un anticoagulant (antivitamine K, anticoagulant oral direct, héparine) ou un antiagrégant plaquettaire (aspirine à faible dose, clopidogrel) pour une fibrillation atriale, une phlébite ou après un infarctus.
Les données disponibles sont plutôt rassurantes pour une acupuncture superficielle. Une étude prospective coréenne publiée en 2018 (Lee et coll.) a suivi 428 patients hospitalisés, dont 169 prenaient un anticoagulant ou un antiplaquettaire. Les petits saignements liés aux aiguilles concernaient 38,5 % des patients traités et 44,4 % des autres, sans différence de risque entre les deux groupes, et le seul facteur qui augmentait le saignement était l’épaisseur de l’aiguille. Une autre étude coréenne de 2018 (Kwon et coll.), fondée sur les dossiers de 316 patients et plus de 10 000 séances, a observé un taux de microsaignements comparable chez les patients sous anticoagulants oraux directs (3,9 %), sous antiplaquettaires (5,6 %) et sans traitement (5,1 %), sans aucun saignement grave.
Ces travaux ont toutefois des limites : ils ont été menés en milieu hospitalier, par des praticiens habitués à ces patients, avec un suivi rapproché. Ils ne concernent pas les techniques plus invasives, comme les aiguilles épaisses, la puncture profonde ou les saignées. En pratique :
- ne jamais arrêter ni modifier un traitement anticoagulant pour faire de l’acupuncture : c’est l’arrêt du traitement qui serait dangereux ;
- demandez l’avis de votre médecin avant une première série de séances, surtout si votre traitement est récent ou mal équilibré (INR instable sous antivitamine K, par exemple) ;
- informez systématiquement le praticien, qui pourra privilégier des aiguilles fines, des points superficiels, éviter les zones à risque et comprimer plus longtemps ;
- en cas de trouble de la coagulation (hémophilie, maladie de Willebrand, plaquettes très basses), l’acupuncture n’est envisageable qu’après avis du médecin spécialiste qui vous suit.
La grossesse
L’acupuncture est utilisée pendant la grossesse, notamment par les sages-femmes formées, pour accompagner les nausées, les douleurs du bas du dos ou la préparation à l’accouchement. Les données disponibles ne montrent pas de risque particulier lorsqu’elle est pratiquée par un professionnel formé à l’obstétrique, mais la prudence reste de mise.
La tradition de la médecine chinoise décrit des points dits interdits pendant la grossesse, en particulier certains points de la main, de la jambe, du bas du ventre et de la région lombo-sacrée, auxquels on prête un effet stimulant sur l’utérus. Les preuves d’un danger réel sont faibles, mais par précaution, un praticien formé les évite, surtout au premier trimestre et en cas de grossesse à risque. L’électroacupuncture et la stimulation forte sont également évitées.
Signalez toujours une grossesse, même débutante ou seulement possible. Pendant la grossesse, l’acupuncture ne remplace jamais le suivi par votre sage-femme, votre gynécologue ou votre médecin. Des saignements, des contractions douloureuses, une perte de liquide ou une diminution des mouvements du bébé justifient de consulter sans délai, ou d’appeler le 15. Pour aller plus loin, lisez notre article dédié à l’acupuncture pendant la grossesse.
Pacemaker, défibrillateur implantable et électroacupuncture
Les aiguilles seules, posées à la main, ne posent pas de problème particulier chez une personne porteuse d’un stimulateur cardiaque. C’est l’électroacupuncture, qui fait passer un courant électrique de faible intensité entre des aiguilles, qui est déconseillée : ce courant peut perturber le fonctionnement d’un pacemaker ou d’un défibrillateur implantable. De façon générale, le courant ne doit jamais traverser le thorax, ni être appliqué à proximité du boîtier.
Si vous portez un appareil implanté (pacemaker, défibrillateur, neurostimulateur, pompe), signalez-le avant la séance. Le praticien renoncera à la stimulation électrique et se limitera à une acupuncture manuelle. Pour comprendre cette technique, ses indications et ses précautions, consultez notre article sur l’électroacupuncture.
Les autres situations à signaler
D’autres situations ne contre-indiquent pas forcément l’acupuncture, mais justifient une adaptation ou un avis médical :
- Immunodépression (chimiothérapie, traitement immunosuppresseur, greffe, infection par le VIH non contrôlée) : le risque d’infection est plus élevé, l’asepsie doit être irréprochable et l’avis de l’équipe soignante est nécessaire. Notre article sur l’acupuncture pendant les traitements du cancer détaille ces précautions.
- Diabète, surtout avec une atteinte des nerfs ou des vaisseaux des pieds : la cicatrisation et la sensibilité peuvent être diminuées, et les points des pieds sont alors évités ou piqués avec prudence.
- Lymphœdème, par exemple au bras après un cancer du sein : on évite en général de piquer le membre atteint.
- Prothèse valvulaire cardiaque ou antécédent d’endocardite : le risque d’infection grave, même faible, conduit à éviter les aiguilles semi-permanentes et à respecter une asepsie rigoureuse.
- Peau lésée au point de piqûre (plaie, infection, eczéma, psoriasis en poussée, cicatrice récente, varice) : on ne pique pas sur ces zones.
- Épilepsie mal contrôlée, état d’ivresse, agitation ou impossibilité de rester immobile : la séance est reportée.
- Maladie pulmonaire chronique ou maigreur importante : les points du thorax et du haut du dos sont piqués de façon très superficielle, ou évités.
Les enfants et les personnes âgées
L’acupuncture est parfois proposée aux enfants, avec des aiguilles plus fines, peu nombreuses et peu de temps de pose. Une revue systématique publiée en 2011 dans Pediatrics a conclu que les effets indésirables chez l’enfant étaient le plus souvent légers lorsque la pratique était assurée par des professionnels formés. L’avis du pédiatre ou du médecin traitant reste indispensable. Notre article sur l’acupuncture chez l’enfant développe ce point.
Chez les personnes âgées, la peau est plus fine, les bleus plus fréquents, les traitements souvent nombreux et le risque de malaise plus élevé : séance allongée, aiguilles fines, et liste complète des médicaments transmise au praticien.
L’acupuncture, en complément et jamais à la place d’un diagnostic
Le risque le plus sous-estimé de l’acupuncture n’est pas lié à l’aiguille. C’est le risque de retard de diagnostic : traiter par l’acupuncture une douleur, une fatigue ou un trouble digestif dont la cause n’a pas été recherchée. Une douleur dans le dos peut venir d’une vertèbre, mais aussi d’un rein. Des maux de tête nouveaux, une perte de poids inexpliquée, une fièvre persistante, du sang dans les selles, une douleur thoracique à l’effort sont autant de situations qui demandent d’abord un examen médical.
L’acupuncture trouve sa place en complément d’un suivi médical, une fois le diagnostic posé, pour accompagner une douleur chronique, le stress, le sommeil ou les effets indésirables de certains traitements. Elle ne remplace ni un traitement prescrit, ni une surveillance, ni un examen. Si vous souhaitez savoir dans quelles situations elle a été le mieux étudiée, notre article sur l’acupuncture et la douleur chronique fait le point sur les données disponibles.
Quelques règles simples protègent de ce risque :
- consultez votre médecin traitant avant de commencer, pour tout symptôme nouveau, inhabituel ou qui s’aggrave ;
- ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement prescrit sans en parler à votre médecin ;
- méfiez-vous de tout praticien qui vous déconseille un examen, un traitement ou un suivi médical ;
- si vos symptômes ne s’améliorent pas après quelques séances, faites le point avec votre médecin plutôt que de multiplier les séances.
Check-list avant, pendant et après la séance
Pour réduire au minimum les risques, voici les réflexes à adopter. Ils ne demandent aucune connaissance particulière et rendent la séance plus sereine.
Avant la séance
- Vérifiez le statut du praticien : médecin, sage-femme ou chirurgien-dentiste formé à l’acupuncture, avec un diplôme universitaire.
- Préparez la liste de vos traitements, y compris les anticoagulants, l’aspirine, les compléments alimentaires et les plantes. Certains, comme le ginkgo, l’ail en complément ou les oméga-3 à forte dose, peuvent eux aussi influencer la coagulation.
- Signalez une grossesse, même possible, un pacemaker ou un défibrillateur, un diabète, une immunodépression, une maladie pulmonaire, une valve cardiaque, des malaises antérieurs.
- Mangez légèrement et buvez de l’eau avant de venir. Évitez l’alcool.
- Portez des vêtements amples, qui permettent de dégager facilement les bras et les jambes.
Pendant la séance
- Regardez l’ouverture de l’emballage des aiguilles et la désinfection de la peau.
- Signalez immédiatement toute douleur vive, toute décharge électrique, toute sensation de chaleur trop forte ou de malaise.
- Restez immobile pendant la pose, pour éviter qu’une aiguille ne se torde ou ne s’enfonce.
- Si l’électroacupuncture est proposée, rappelez que vous avez un appareil implanté, le cas échéant.
- Vérifiez à la fin que toutes les aiguilles ont été retirées. Le praticien les compte en général, mais un rapide coup d’œil sur vous-même ne coûte rien, surtout dans le cuir chevelu ou derrière les oreilles.
Après la séance
- Relevez-vous lentement et restez quelques minutes assis si vous vous sentez fatigué.
- Ne prenez pas le volant tant que vous ne vous sentez pas parfaitement bien, surtout après une première séance.
- Hydratez-vous et accordez-vous si possible un moment calme.
- Un petit bleu, une légère sensibilité au point ou une fatigue passagère sont habituels.
- Surveillez les signes d’alerte décrits dans la section suivante pendant les 24 à 48 heures qui suivent.
- Si des aiguilles semi-permanentes ont été posées à l’oreille, respectez les consignes d’hygiène et retirez-les ou faites-les retirer dès qu’une rougeur ou une douleur apparaît.
Quand consulter
La plupart des réactions après une séance sont bénignes et disparaissent seules. Certains signes, en revanche, doivent vous faire réagir. Voici comment les distinguer.
Appelez le 15 ou le 112 immédiatement si
- vous ressentez une douleur dans la poitrine, un essoufflement, une toux sèche ou une oppression dans les heures ou les jours qui suivent une séance, en particulier si des aiguilles ont été placées sur le thorax, le haut du dos, les épaules ou le cou : il peut s’agir d’un pneumothorax ;
- vous faites un malaise avec perte de connaissance qui ne se dissipe pas rapidement, ou accompagné de palpitations ou d’une douleur thoracique ;
- vous présentez un saignement abondant qui ne s’arrête pas, en particulier sous anticoagulant ;
- vous êtes enceinte et vous avez des saignements, des contractions douloureuses ou une perte de liquide ;
- vous ressentez un mal de tête brutal et intense, une faiblesse d’un côté du corps, des troubles de la parole ou de la vision.
Consultez un médecin rapidement si
- un point de piqûre devient rouge, chaud, gonflé, laisse s’écouler du pus, ou si vous avez de la fièvre ;
- un bleu grossit, devient dur et très douloureux ;
- des fourmillements, un engourdissement ou une faiblesse persistent dans un membre après la séance ;
- vos symptômes s’aggravent nettement ou durablement après les séances, ou un symptôme nouveau apparaît ;
- vous avez un doute sur une aiguille qui aurait pu rester en place.
Parlez-en à votre médecin avant de commencer si
- vous prenez un anticoagulant ou un antiplaquettaire, ou si vous avez un trouble de la coagulation ;
- vous êtes enceinte ou essayez de l’être ;
- vous portez un pacemaker, un défibrillateur ou un autre appareil implanté ;
- vous êtes immunodéprimé, diabétique avec atteinte des pieds, ou porteur d’une valve cardiaque ;
- votre symptôme est nouveau, inhabituel, ou n’a pas encore été exploré par un médecin.
Trouver un acupuncteur formé près de chez vous
Le meilleur moyen de limiter les risques de l’acupuncture est de choisir un professionnel formé, qui respecte les règles d’hygiène, prend le temps de vous interroger sur votre santé et travaille en lien avec votre médecin. Vous pouvez trouver un acupuncteur près de chez vous dans l’annuaire ViziWell, consulter sa formation et prendre rendez-vous en toute sérénité.
FAQ
L’acupuncture est-elle dangereuse ?
Pratiquée par un professionnel formé, avec des aiguilles stériles à usage unique, l’acupuncture fait partie des approches à faible risque. Les grandes études prospectives montrent qu’environ 9 patients sur 100 ressentent un effet indésirable au cours d’une série de séances, presque toujours bénin (bleu, point douloureux, petit saignement, fatigue). Les complications graves, comme le pneumothorax ou une infection, sont estimées à environ 1 pour 10 000 patients. Le risque augmente nettement lorsque la technique ou l’hygiène sont défaillantes.
Est-ce normal d’être fatigué ou d’avoir un bleu après une séance ?
Oui, dans la plupart des cas. Un petit bleu au point de piqûre est l’effet indésirable le plus fréquent et disparaît en quelques jours. Une fatigue, une somnolence ou au contraire une sensation de détente sont souvent décrites le jour même. En revanche, un bleu qui grossit et devient dur, une fatigue intense qui dure plusieurs jours ou un symptôme nouveau doivent vous faire consulter votre médecin.
Quel est le risque de pneumothorax ?
Il est rare : dans la plus grande étude disponible, deux cas ont été rapportés sur plus de 229 000 patients, soit environ 1 pour 100 000. Il survient lorsqu’une aiguille est enfoncée trop profondément au niveau du thorax, du haut du dos ou des épaules, et il est plus probable chez les personnes très minces ou atteintes d’une maladie pulmonaire. Ses signes (douleur thoracique, essoufflement, toux) peuvent apparaître plusieurs heures après la séance : dans ce cas, appelez le 15 ou le 112.
Peut-on faire de l’acupuncture sous anticoagulants ?
Souvent oui, avec des précautions et après avis médical. Des études menées en Corée n’ont pas montré davantage de saignements chez les patients sous anticoagulants ou antiplaquettaires que chez les autres, avec des aiguilles fines et une technique superficielle. N’arrêtez jamais votre traitement pour une séance, demandez l’avis de votre médecin, informez le praticien et contactez votre médecin en cas de saignement qui ne s’arrête pas.
Les aiguilles sont-elles à usage unique ?
Elles doivent l’être. La norme est l’aiguille stérile, à usage unique, sortie d’un emballage scellé ouvert devant vous et jetée dans un collecteur après la séance. Vous pouvez demander à voir l’emballage. Des aiguilles conservées d’une séance à l’autre ou sorties d’un bocal sont un signal d’alerte, qui doit vous faire renoncer à la séance.
Peut-on faire de l’acupuncture quand on est enceinte ou qu’on a un pacemaker ?
Pendant la grossesse, l’acupuncture est possible avec un professionnel formé, de préférence une sage-femme ou un médecin formé à l’obstétrique, qui évite certains points traditionnellement déconseillés et la stimulation électrique. Avec un pacemaker ou un défibrillateur, l’acupuncture manuelle reste possible, mais l’électroacupuncture est déconseillée. Dans les deux cas, signalez votre situation avant la séance et parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme.
Sources
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- MACSF. Acupuncture : une pratique réservée à quatre professions médicales. https://www.macsf.fr/responsabilite-professionnelle/actes-de-soins-et-technique-medicale/acupuncture-par-qui-et-a-quelles-conditions
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