Gastro : que manger, que boire, et l’erreur du Coca qu’on répète
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : pendant une gastro, la priorité absolue est de boire, souvent et par petites quantités. Chez le nourrisson et le jeune enfant, la seule boisson adaptée est le soluté de réhydratation orale (SRO), vendu en pharmacie, donné à la cuillère ou à la seringue toutes les une à deux minutes. Le Coca, les jus purs et les boissons de sport sont trop sucrés et presque dépourvus de sel : ils ne remplacent pas un soluté et peuvent aggraver la diarrhée. On recommence à manger dès que l’appétit revient, sans diète prolongée, avec des aliments simples. Riz et banane sont bien tolérés mais ne soignent rien, et les probiotiques changent probablement peu de chose selon la dernière revue Cochrane. Un nourrisson de moins de 6 mois, un enfant qui ne boit plus, somnole ou n’urine plus, du sang dans les selles, une fièvre élevée qui persiste, des vomissements qui empêchent de boire ou des symptômes qui dépassent trois jours imposent d’appeler un médecin, voire le 15.Chaque hiver, c’est la même scène. Un enfant qui se réveille en pleurant au milieu de la nuit, des draps à changer, un adulte qui passe la journée entre le lit et la salle de bains, et la même question qui revient dans toutes les familles : qu’est-ce qu’on peut lui donner à boire, et qu’est-ce qu’il peut manger ? Très vite arrivent les conseils hérités des grands-parents. Du Coca dégazéifié, du riz bien cuit, une diète stricte pendant vingt-quatre heures, des carottes en purée. Certains de ces réflexes sont sans risque, d’autres sont franchement contre-productifs, surtout chez les plus petits.
La gastro-entérite aiguë est, dans l’immense majorité des cas, une infection virale qui passe seule en quelques jours. Le norovirus domine chez l’adulte, le rotavirus reste fréquent chez le jeune enfant non vacciné. Le traitement ne vise pas le virus, mais la conséquence la plus dangereuse de la maladie : la perte d’eau et de sels minéraux. Tout le reste, l’alimentation, les médicaments, les compléments, vient après.
Ce guide reprend, point par point, ce que disent les recommandations européennes de pédiatrie (ESPGHAN), les recommandations américaines pour l’adulte, les consignes françaises relayées par Ameli et Santé.fr, et les principales revues d’études. L’objectif est simple : que vous sachiez quoi faire ce soir, quoi éviter, et à quel moment il ne faut plus attendre.
La réponse courte : cinq réflexes pour traverser une gastro
Avant d’entrer dans les détails, voici l’essentiel à retenir, que l’on peut afficher sur le frigo pendant la saison des gastros.
- Boire en premier, manger ensuite. Le risque principal est la déshydratation, pas la faim. On boit un peu, très souvent, même si l’on vomit.
- Le bon liquide dépend de l’âge et de l’état. Soluté de réhydratation orale pour le nourrisson, le jeune enfant et la personne fragile. Eau, bouillon salé, tisanes et eau de riz pour l’adulte en forme qui boit bien.
- Pas de Coca comme remède. Trop de sucre, pas assez de sel. Il ne corrige pas la déshydratation et peut entretenir la diarrhée.
- Remanger dès que possible. Pas de diète prolongée. Des repas simples, en petites portions, dès que la faim revient. Le bébé allaité continue la tétée.
- Connaître les signaux d’alerte. Nourrisson, enfant qui ne boit plus, somnolence, absence d’urines, sang dans les selles, fièvre élevée persistante, vomissements qui empêchent de boire, symptômes au-delà de trois jours : on appelle le médecin, ou le 15 en cas de doute sérieux.
Pourquoi la déshydratation est le vrai danger
La diarrhée et les vomissements font perdre de l’eau, mais aussi du sodium, du potassium et des bicarbonates. Ce sont ces sels minéraux qui permettent à l’eau de rester dans le corps et de circuler correctement. Un adulte en bonne santé dispose de réserves confortables et compense en général sans difficulté. Un nourrisson, lui, contient proportionnellement plus d’eau, échange chaque jour une part plus importante de ce volume, et ne peut pas réclamer à boire. Quelques heures de diarrhée abondante et de vomissements peuvent suffire à le déshydrater.
À l’autre extrémité de la vie, la personne âgée ressent moins la soif, prend souvent des médicaments qui agissent sur les reins ou la tension (diurétiques, certains traitements de l’hypertension, metformine chez le diabétique), et tolère mal la moindre baisse de volume sanguin. Chez elle, une gastro banale peut entraîner une chute, une confusion ou une insuffisance rénale aiguë.
C’est pour cette raison que toutes les recommandations, sans exception, placent la réhydratation en tête. Les recommandations européennes de pédiatrie publiées par l’ESPGHAN et l’ESPID en 2014 en font le traitement de première intention de la gastro-entérite de l’enfant, l’hospitalisation étant réservée aux enfants qu’on ne parvient pas à réhydrater par la bouche [1]. Les recommandations de l’American College of Gastroenterology pour l’adulte posent le même principe : l’hydratation d’abord, les examens et les antibiotiques seulement dans les formes sévères, fébriles, sanglantes ou prolongées [2].
Ce que montrent les études
Une revue Cochrane a comparé la réhydratation par la bouche à la perfusion chez des enfants déshydratés par une gastro-entérite. Sur 17 essais et plus de 1 800 enfants, les deux approches donnent des résultats comparables sur la prise de poids, la durée de la diarrhée et les troubles du sodium, avec un séjour hospitalier plus court pour la voie orale. Environ un enfant sur 25 traité par la bouche finit par avoir besoin d’une perfusion [6]. Autrement dit, bien conduite, la réhydratation orale suffit dans la grande majorité des cas, à condition de savoir passer la main quand elle échoue.
Boire avant tout : quoi et comment selon l’âge
La question « que boire pendant une gastro » n’a pas une seule réponse. Elle dépend de l’âge, de l’intensité des pertes et de l’état général. Le tableau ci-dessous résume les choix les plus sûrs.
| Situation | Boisson de référence | Possible en complément | À éviter |
|---|---|---|---|
| Nourrisson de moins de 6 mois | Soluté de réhydratation orale, sur avis médical rapide | Lait maternel ou lait infantile habituel | Eau seule en grande quantité, sodas, jus, eau de riz maison |
| Bébé de 6 mois à 2 ans | Soluté de réhydratation orale | Tétées ou biberons habituels dès que possible | Coca, jus purs, boissons de sport, tisanes sucrées maison |
| Enfant de plus de 2 ans peu malade et qui boit bien | Soluté de réhydratation orale de préférence | Jus de pomme dilué de moitié, eau, bouillon, sur avis du pédiatre | Coca, jus purs, boissons énergisantes |
| Adulte en bonne santé | Eau, bouillon salé, tisanes, eau de riz | Soluté de réhydratation si diarrhée abondante | Alcool, café en excès, boissons très sucrées |
| Personne âgée, diabétique ou sous diurétiques | Soluté de réhydratation orale | Bouillon, eau | Coca, jus purs, attendre la soif pour boire |
Le nourrisson et le jeune enfant
Avant 2 ans, et plus encore avant 6 mois, la consigne est sans ambiguïté : le soluté de réhydratation orale est la seule boisson adaptée à la diarrhée aiguë. Le groupe francophone d’hépatologie, gastroentérologie et nutrition pédiatriques le rappelle dans ses documents destinés aux soignants, et déconseille les solutions préparées à la maison, source d’erreurs de dosage. Les sachets s’achètent en pharmacie sans ordonnance et sont remboursés sur prescription.
Le soluté ne remplace pas le lait. Un bébé allaité continue de téter, en alternant avec le soluté. Un bébé nourri au biberon reprend son lait habituel, à concentration normale, dès les premières heures de réhydratation. Il n’y a aucune raison de diluer le lait, une pratique ancienne qui n’apporte rien et prive l’enfant de calories.
Un nourrisson de moins de 6 mois qui a une diarrhée ou des vomissements doit être vu rapidement par un médecin, même s’il semble en forme. Son poids de départ et sa vitesse de perte comptent plus que son allure du moment.
L’enfant plus grand
Après 2 ans, l’enfant exprime mieux sa soif et ses réserves sont plus importantes. Le soluté reste la boisson de choix dès que la diarrhée est abondante ou que l’enfant vomit. Pour un enfant peu malade, qui boit bien et ne montre aucun signe de déshydratation, un essai canadien que nous détaillons plus loin a montré qu’un jus de pomme dilué de moitié, puis les boissons qu’il préfère, peuvent suffire [3]. C’est une nuance importante, mais qui ne concerne pas les nourrissons ni les enfants déjà déshydratés, et qui ne s’applique en aucun cas au Coca pur.
L’adulte en bonne santé
Pour un adulte qui n’a ni maladie chronique ni traitement particulier, et qui garde ce qu’il boit, le soluté n’est pas indispensable. Les recommandations pour l’adulte considèrent que des liquides variés associés à un peu de sel (bouillon, soupe, biscuits salés) suffisent dans les formes légères à modérées [2]. On boit plus que d’habitude, régulièrement, sans attendre d’avoir soif. Le soluté devient utile si la diarrhée est très abondante, si l’on vomit beaucoup ou si l’on se sent faible et étourdi en se levant.
La recette maison parfois relayée (une demi-cuillère à café de sel et quatre cuillères à café de sucre dans un litre d’eau) peut dépanner un adulte en voyage, loin d’une pharmacie. Elle n’est pas recommandée pour un enfant, car une erreur de cuillère suffit à rendre la boisson trop salée ou trop sucrée.
La personne âgée ou fragile
Chez une personne âgée, diabétique, insuffisante rénale ou cardiaque, ou sous diurétiques, on utilise le soluté d’emblée et on organise la surveillance. Un verre toutes les heures, même sans soif, noté sur une feuille, aide l’aidant à suivre ce qui est réellement bu. Certains traitements peuvent devoir être suspendus temporairement pendant la gastro, en particulier les diurétiques, la metformine, certains médicaments de la tension et les anti-inflammatoires. Cette décision revient au médecin ou au pharmacien : on ne les arrête pas de soi-même, mais on pose la question dès le premier jour. Les spécificités de l’immunité après 60 ans sont détaillées dans notre article sur les défenses immunitaires des seniors.
Le soluté de réhydratation orale : mode d’emploi
Ce qu’il contient et pourquoi ça compte
Un soluté de réhydratation orale associe de l’eau, du sodium, du potassium, un tampon (citrate ou bicarbonate) et une petite quantité de glucose. Ce dosage n’a rien d’arbitraire. Dans l’intestin, le sodium et le glucose sont absorbés ensemble par un même transporteur, et l’eau suit. C’est ce mécanisme qui reste fonctionnel même pendant une diarrhée infectieuse, et qui a fait de la réhydratation orale l’une des avancées médicales les plus importantes du siècle dernier.
Le point clé est l’équilibre. Trop peu de sel, et l’eau n’est pas retenue. Trop de sucre, et la boisson attire au contraire l’eau vers l’intestin, ce qui entretient la diarrhée. Les solutés recommandés en Europe sont dits hypo-osmolaires : ils contiennent environ 60 mmol de sodium par litre, avec une concentration en sucre volontairement faible [1].
Comment le donner à un enfant qui vomit
C’est la situation qui décourage le plus les parents : l’enfant vomit tout ce qu’il boit. La solution n’est pas d’arrêter de lui donner à boire, mais de changer de rythme.
- Toutes petites quantités, très souvent. Une cuillère à café ou quelques millilitres à la seringue toutes les une à deux minutes. Ces petites gorgées passent souvent alors qu’un demi-biberon avalé d’un coup ressort aussitôt.
- Frais plutôt que tiède. Un soluté conservé au réfrigérateur est souvent mieux accepté.
- À volonté ensuite. Quand les vomissements s’espacent, on augmente progressivement les quantités et on laisse l’enfant boire à sa soif.
- On ne force pas, on insiste. Une paille, un verre coloré, un jeu de « une gorgée par page » pendant une histoire aident les plus grands.
- On note. Heures, quantités bues, nombre de selles et de vomissements, couches mouillées. Ces notes rendent l’appel au médecin beaucoup plus utile.
Les erreurs fréquentes avec le soluté
- Le reconstituer avec la mauvaise quantité d’eau. Un sachet se dilue dans le volume exact indiqué sur la boîte, généralement 200 ml d’eau faiblement minéralisée. Plus concentré, il devient trop salé.
- Y ajouter du sucre ou du sirop pour qu’il ait meilleur goût. Cela détruit son équilibre. Il existe des solutés aromatisés, souvent mieux acceptés.
- Le garder trop longtemps. Une fois reconstitué, il se conserve au réfrigérateur et se jette après 24 heures.
- L’arrêter trop tôt. On le poursuit tant que la diarrhée est abondante, pour compenser chaque selle liquide.
- Le donner seul pendant des jours. Il réhydrate, il ne nourrit pas. L’alimentation doit reprendre rapidement à côté.
L’erreur du Coca, et celle des jus et des boissons de sport
Le Coca dégazéifié contre la gastro est probablement le conseil de grand-mère le plus tenace. L’idée de départ n’est pas absurde : il apporte du liquide, du sucre quand on ne mange plus, et beaucoup de gens le tolèrent bien quand ils ont la nausée. Le problème est ailleurs. Comparé à un soluté de réhydratation, il est à la fois beaucoup trop sucré et quasiment dépourvu de sodium.
| Boisson | Sucres (ordre de grandeur) | Sodium | Adaptée à la réhydratation |
|---|---|---|---|
| Soluté de réhydratation orale | Environ 1,3 à 2 g pour 100 ml | Environ 60 à 75 mmol par litre | Oui, référence pour tous les âges |
| Cola classique | Environ 10 à 11 g pour 100 ml | Quasi nul | Non |
| Jus de fruit pur | Environ 10 g pour 100 ml | Quasi nul | Non, sauf dilué pour un enfant peu malade |
| Boisson pour sportifs | Environ 6 g pour 100 ml | Faible | Non pour un enfant, dépannage possible pour un adulte en forme |
| Bouillon de légumes salé | Très faible | Variable, souvent élevé | Utile chez l’adulte, en complément |
Une boisson très sucrée et pauvre en sel fait deux choses que l’on veut éviter. D’abord, elle ne remplace pas le sodium perdu, ce qui limite la capacité du corps à retenir l’eau. Ensuite, sa concentration élevée en sucre attire de l’eau dans la lumière de l’intestin : c’est le principe d’une diarrhée dite osmotique, qui s’ajoute à celle de l’infection. C’est pourquoi les recommandations de l’ESPGHAN déconseillent explicitement les sodas et les jus non dilués pour réhydrater un enfant [1]. Le dégazage ne change rien au problème : il enlève les bulles, pas le sucre.
Quelques gorgées de Coca chez un adulte qui garde le reste de ses boissons ne sont pas dangereuses. L’erreur consiste à en faire le traitement, en particulier chez un enfant ou une personne âgée, et à le préférer à un soluté qui, lui, a été conçu pour cela. Même raisonnement pour les boissons de sport : elles sont moins sucrées que le Coca, mais encore trop pauvres en sodium pour un jeune enfant.
Ce que montrent les études
Un essai randomisé publié dans le JAMA en 2016 a suivi 647 enfants de 6 à 60 mois, vus aux urgences de Toronto pour une gastro légère avec une déshydratation minime ou absente. La moitié a reçu un jus de pomme dilué de moitié puis les boissons de leur choix, l’autre moitié un soluté électrolytique aromatisé à la pomme. Le groupe jus dilué a connu moins d’échecs de traitement (16,7 % contre 25 %) et a eu moins souvent besoin d’une perfusion (2,5 % contre 9 %) [3]. Les auteurs l’expliquent en partie par le fait que les enfants buvaient plus volontiers. Ce résultat ne concerne que les enfants de plus de 6 mois peu malades, et le jus était dilué de moitié. Il ne valide ni le jus pur, ni le Coca, ni l’abandon du soluté chez un nourrisson ou un enfant déjà déshydraté. En cas de pénurie de solutés, les pédiatres français évoquent d’ailleurs le jus de pomme dilué comme solution de dépannage à partir de 12 mois seulement, pas comme premier choix.
Riz, banane, carottes, bouillon : ce qu’ils valent vraiment
Le riz, la banane et la compote de pomme font partie du fameux régime « BRAT » anglo-saxon (bananes, riz, compote, pain grillé), longtemps conseillé après une gastro. Ces aliments ne sont pas mauvais, loin de là. Ils sont simples, peu gras, faciles à digérer, et souvent les seuls qui font envie quand on a encore le ventre fragile. Mais ils ne soignent pas la gastro, et un régime réduit à ces seuls aliments pendant plusieurs jours manque de protéines, de graisses et de calories.
- Le riz blanc est bien toléré et apporte de l’énergie. L’eau de cuisson du riz, légèrement salée, est une boisson d’appoint correcte pour un adulte. Elle ne remplace pas un soluté chez l’enfant.
- La banane apporte du potassium, perdu dans les selles, et des fibres douces. C’est un bon aliment de reprise, pas un médicament.
- La carotte cuite et la soupe de carottes sont traditionnelles chez le jeune enfant. Elles sont bien tolérées et apportent des sels minéraux, rien de plus spécifique.
- Le bouillon salé est utile chez l’adulte : il apporte du sodium et du liquide en même temps. Pour un jeune enfant, attention aux bouillons cubes très salés.
- La compote de pomme ou de coing est souvent bien acceptée. Elle peut accompagner les premiers repas.
- Les biscottes, le pain grillé, les pâtes, les pommes de terre font partie des féculents simples qui permettent de remanger sans se forcer.
Manger : quand recommencer et quoi choisir
Pendant longtemps, on a conseillé de « mettre l’intestin au repos » avec une diète stricte de vingt-quatre ou quarante-huit heures. Ce conseil a été abandonné. Les recommandations européennes demandent au contraire de reprendre une alimentation normale pour l’âge, au plus tard quatre à six heures après le début de la réhydratation [1]. L’intestin se répare mieux quand il est nourri, et l’enfant perd moins de poids.
Ce que montrent les études
Une revue Cochrane a rassemblé 12 essais et près de 1 300 enfants de moins de 10 ans avec une diarrhée aiguë, en comparant une réalimentation précoce (dans les 12 heures suivant le début de la réhydratation) à une réalimentation retardée (20 à 48 heures après). Remanger tôt n’augmente ni le besoin de perfusion imprévue, ni les épisodes de vomissements, ni le risque de diarrhée prolongée, et la durée d’hospitalisation est comparable [4]. En revanche, les données ne permettent pas de conclure sur la durée de la diarrhée elle-même. Le message pratique est donc : remanger tôt est sans danger, et évite une perte de poids inutile.
Les premiers repas, concrètement
On n’oblige personne à manger pendant les premières heures, surtout si l’on vomit. Dès que l’appétit revient, on propose :
- des portions plus petites et plus fréquentes, plutôt que trois gros repas
- des féculents simples : riz, pâtes, pommes de terre, semoule, pain ou biscottes
- des protéines faciles : œuf, jambon blanc, poulet, poisson blanc
- des légumes cuits : carottes, courgettes, potiron
- des fruits doux : banane, compote, pomme cuite
- des laitages s’ils sont bien tolérés, en particulier les yaourts
Le lait et les laitages
Une gastro peut réduire temporairement la lactase, l’enzyme qui digère le sucre du lait. Chez la plupart des enfants et des adultes, cette baisse est trop faible pour poser problème, et les recommandations ne demandent pas de supprimer le lait de façon systématique 1]. Les yaourts et les fromages sont souvent mieux tolérés que le lait liquide. Un lait sans lactose n’est envisagé que si la diarrhée traîne au-delà d’une semaine ou reprend nettement à chaque biberon, et sur conseil médical, pour une à deux semaines. Si les troubles persistent bien après la gastro, la question d’une intolérance mérite d’être posée correctement, comme expliqué dans notre article sur [l’intolérance au lactose ou au gluten et l’erreur fréquente avant les tests.
Le bébé et le jeune enfant
Le bébé allaité continue de téter pendant toute la gastro, en alternant avec le soluté. Le bébé au biberon reprend son lait habituel, sans dilution, dès les premières heures. L’enfant diversifié reprend ses repas habituels dès qu’il en a envie, en évitant surtout les jus et les desserts très sucrés. Si vous hésitez sur la diversification ou les quantités à proposer à cet âge, notre article sur l’alimentation de l’enfant donne les grands repères.
Probiotiques : beaucoup d’espoir, peu de différence mesurée
Les probiotiques sont sans doute le produit le plus acheté en pharmacie pendant une gastro, et le plus conseillé dans les rayons. Leur logique est séduisante : réensemencer une flore malmenée par l’infection. Les premières études, souvent petites, semblaient prometteuses. Les plus récentes, plus grandes et mieux conduites, sont nettement plus réservées.
Ce que montrent les étudesConcrètement, prendre un probiotique pendant une gastro virale n’est pas dangereux chez une personne en bonne santé, mais il ne faut pas en attendre un raccourcissement net de la maladie, et surtout pas le considérer comme une alternative au soluté. Chez une personne immunodéprimée, porteuse d’un cathéter ou gravement malade, on demande l’avis du médecin avant d’en prendre, car de rares infections liées aux levures ou aux bactéries des produits ont été décrites.
La revue Cochrane mise à jour en 2020 a analysé 82 essais et plus de 12 000 participants, presque tous des enfants, avec une diarrhée infectieuse aiguë. Lorsque l’analyse se limite aux essais les plus fiables, les probiotiques ne changent probablement pas, ou très peu, la proportion de personnes dont la diarrhée dure 48 heures ou plus. Leur effet sur la durée totale de la diarrhée reste incertain. Les auteurs soulignent une grande hétérogénéité entre les études et un biais de publication, et n’ont relevé aucun effet indésirable grave attribué aux probiotiques [5]. Les souches les plus étudiées, Lactobacillus rhamnosus GG et Saccharomyces boulardii, n’échappent pas à cette conclusion dans les analyses de sous-groupes.
La situation est un peu différente pour la diarrhée qui survient sous antibiotiques, où les données sont plus favorables. Nous l’avons détaillé dans notre article sur le ventre en vrac après des antibiotiques. Pour une vue d’ensemble des compléments digestifs et de leur niveau de preuve, voyez aussi notre point sur les probiotiques, les plantes et les enzymes, et pour comprendre ce qu’est réellement la flore intestinale, notre article sur le microbiote.
Médicaments : ce qu’on peut faire, ce qu’il faut éviter
Les anti-diarrhéiques
Le lopéramide est un ralentisseur du transit très utilisé par les adultes. Il réduit le nombre de selles, mais ne traite pas la cause et peut retenir les germes dans l’intestin. Il est contre-indiqué en cas de fièvre, de sang ou de glaires dans les selles, car ces signes évoquent une infection bactérienne invasive.
Chez l’enfant, la règle est simple : pas d’anti-diarrhéique sans avis médical. Une méta-analyse publiée en 2007 a réuni les essais comparant le lopéramide à un produit inactif chez des enfants de moins de 12 ans. Le médicament raccourcissait un peu la diarrhée, mais des effets indésirables graves, définis comme une occlusion de l’intestin, une léthargie ou un décès, ont été rapportés chez 8 enfants sur 927 traités, tous âgés de moins de 3 ans, contre aucun dans les groupes témoins. Les auteurs concluent que chez l’enfant de moins de 3 ans, dénutri, déshydraté, très malade ou avec du sang dans les selles, les risques l’emportent sur les bénéfices [8]. Le racécadotril, un antisécrétoire, est parfois prescrit chez l’enfant en complément du soluté. Lui aussi relève de la prescription, pas de l’armoire à pharmacie familiale.
Chez l’adulte, Santé.fr rappelle que ces médicaments ne doivent pas être pris de façon systématique ni prolongée. Les antibiotiques, eux, sont inutiles dans une gastro virale, et ne sont envisagés par le médecin que dans des situations précises (fièvre élevée, sang dans les selles, retour de voyage, terrain fragile) [2].
Les médicaments contre les vomissements
Les vomissements sont souvent ce qui fait basculer une gastro de l’enfant vers les urgences, parce qu’ils empêchent de boire. À l’hôpital, l’ondansétron donné par la bouche augmente la proportion d’enfants qui cessent de vomir et réduit le recours à la perfusion et à l’hospitalisation immédiate, selon une revue Cochrane [7]. Ce médicament n’a pas d’autorisation en France pour cette indication et reste réservé à un usage médical encadré.
En ville, les autorités de santé françaises rappellent qu’aucun antiémétique ne doit être prescrit à l’enfant pour une gastro. La HAS a jugé que la dompéridone et le métoclopramide ne doivent pas être utilisés chez l’enfant, et que la métopimazine est à éviter. Ne donnez donc pas à un enfant un médicament contre les vomissements trouvé dans la pharmacie familiale, même s’il a été prescrit à un adulte.
Fièvre, douleur et traitements de fond
La fièvre d’une gastro virale est généralement modérée et brève. Le paracétamol, aux doses adaptées au poids pour l’enfant, reste le médicament de référence en cas d’inconfort. Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène sont à éviter en cas de déshydratation, car ils peuvent fragiliser les reins. Chez un enfant qui a mal au ventre, observer la douleur (localisation, intensité, évolution) aide beaucoup le médecin. Notre article sur l’évaluation de la douleur chez le jeune enfant propose des repères par âge.
Si vous prenez un traitement au long cours (diurétique, metformine, médicament de la tension, lithium, anticoagulant, pilule contraceptive), signalez la gastro à votre médecin ou à votre pharmacien. Certains traitements doivent être adaptés pendant quelques jours, et une pilule peut perdre de son efficacité en cas de vomissements ou de diarrhée importante.
Huiles essentielles et plantes
Les huiles essentielles par voie orale sont à proscrire chez l’enfant, et ne sont pas recommandées dans la gastro de l’adulte faute de données solides. Certaines peuvent être toxiques à faible dose, en particulier pour les plus jeunes. Une tisane de gingembre ou de menthe peut apporter un peu de confort à un adulte nauséeux, à condition de ne pas remplacer les boissons salées. Pour les nausées en dehors de la gastro, notre article sur les huiles essentielles contre la nausée fait le point sur ce qu’elles apportent réellement.
Les signes de déshydratation à connaître
Savoir reconnaître une déshydratation est la compétence la plus utile pendant une gastro. Chez l’enfant, c’est l’association de plusieurs signes qui compte, plus qu’un signe isolé.
| Signes | Chez le bébé et le jeune enfant | Chez l’adulte et la personne âgée |
|---|---|---|
| Débutante, à surveiller de près | Soif marquée, bouche un peu sèche, couches moins mouillées, enfant grognon | Soif, urines plus foncées et plus rares, fatigue |
| Installée, consulter dans les heures qui viennent | Yeux cernés ou creusés, pleurs sans larmes, peau qui reste plissée quand on la pince doucement, fontanelle creusée chez le bébé, moins de 3 ou 4 couches mouillées par jour | Bouche très sèche, vertiges en se levant, crampes, pouls rapide, très peu d’urines |
| Grave, appeler le 15 | Enfant somnolent, mou, difficile à réveiller, qui geint, mains et pieds froids, teint gris ou marbré, respiration rapide, plus d’urines depuis plusieurs heures | Confusion, malaise, chute, somnolence, absence d’urines, impossibilité de boire |
Peser un nourrisson au début de la maladie, puis toutes les quatre heures environ si la diarrhée est abondante, est un excellent moyen de suivre son état. Une perte de poids rapide est un signal d’alerte, même si l’enfant semble encore tonique. Le médecin raisonne d’ailleurs en pourcentage de poids perdu : au-delà de 5 %, la déshydratation est significative, et au-delà de 8 à 10 % l’hospitalisation s’impose.
Limiter la contagion à la maison
La gastro virale se transmet d’abord par les mains, les surfaces et les objets souillés par les selles ou les vomissements, plus rarement par des aliments contaminés. Le norovirus est redoutable : une quantité infime suffit à contaminer, il résiste plusieurs jours sur les surfaces, et il circule facilement dans une famille réunie.
Ce que montrent les études
Dans une étude expérimentale sur des volontaires infectés par le norovirus de Norwalk, les symptômes ne duraient que un à deux jours, mais le virus était détecté dans les selles pendant une médiane de 28 jours, jusqu’à 56 jours chez certains participants [10]. Les auteurs précisent qu’on ignore encore quelle part de ce virus excrété reste capable d’infecter. Une autre étude, menée sur le bout des doigts de volontaires, a comparé plusieurs méthodes de lavage des mains contre ce même virus : le savon liquide et même le simple rinçage à l’eau réduisaient davantage la quantité de virus que le gel hydroalcoolique, qui s’est montré peu actif [9].
Les gestes qui comptent vraiment
- Laver les mains à l’eau et au savon, pendant au moins 30 secondes, en frottant entre les doigts et sous les ongles, après chaque passage aux toilettes, chaque change, chaque nettoyage de vomissement, et avant de préparer à manger. Le gel hydroalcoolique dépanne, mais ne remplace pas le savon pendant une épidémie de gastro.
- Ne pas cuisiner pour les autres pendant la maladie et au moins 48 heures après la fin des symptômes. C’est l’une des principales causes de contamination familiale et collective.
- Réserver si possible des toilettes au malade, ou les nettoyer après chaque passage, poignées, chasse d’eau et robinet compris.
- Nettoyer les vomissements rapidement, avec des gants jetables, du papier absorbant, puis un produit désinfectant javellisé utilisé selon les indications de l’étiquette, en aérant la pièce. Les vomissements projettent des particules virales autour d’eux.
- Laver le linge et les draps souillés à la température la plus élevée qu’ils supportent, en les manipulant sans les secouer.
- Ne pas partager serviettes, gobelets, couverts et brosses à dents.
- Garder l’enfant malade à la maison tant qu’il a de la diarrhée ou des vomissements, et éviter les visites aux personnes fragiles, aux nourrissons et aux personnes âgées pendant la même période.
Pendant les fêtes
Les réunions de famille de fin d’année cumulent tous les facteurs de transmission : beaucoup de monde, des enfants qui jouent ensemble, une cuisine partagée et des personnes âgées. Si un convive a eu une gastro dans les jours précédents, il vaut mieux qu’il ne prépare pas le repas, qu’il se lave souvent les mains et qu’il évite de prendre les bébés dans les bras. Si une gastro démarre pendant le séjour, isoler autant que possible le malade et ses toilettes limite souvent la casse. Les fêtes sont aussi une période d’excès alimentaires et de stress : notre article sur le stress des fêtes propose quelques exercices pour souffler.
Le vaccin contre le rotavirus
Pour les nourrissons, la Haute Autorité de santé recommande depuis 2022 la vaccination contre le rotavirus, administrée par la bouche dès 6 semaines de vie. Elle protège contre les formes sévères de gastro-entérite du jeune enfant, celles qui conduisent le plus souvent à l’hospitalisation. Parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre lors des premiers rendez-vous de votre bébé.
L’épidémie de saison : ce que surveille Santé publique France
En France, Santé publique France suit chaque semaine l’activité des gastro-entérites aiguës à partir des consultations de médecine générale, des passages aux urgences et des visites de SOS Médecins. Les épidémies hivernales démarrent en général entre novembre et décembre, avec un pic le plus souvent en fin d’année ou en janvier, porté surtout par le norovirus. Les enfants de moins de 5 ans représentent une part importante des passages aux urgences pour gastro, alors que les hospitalisations concernent surtout les très jeunes enfants et les personnes âgées.
Ce calendrier n’est pas qu’une statistique. Il explique pourquoi les solutés de réhydratation peuvent manquer en pharmacie au cœur de l’hiver, et pourquoi il est utile d’en avoir deux ou trois sachets d’avance dans l’armoire à pharmacie quand on a de jeunes enfants. Les bulletins régionaux de Santé publique France permettent de savoir si l’épidémie est active dans votre région.
Quand consulter, quand appeler le 15
La plupart des gastros se gèrent à la maison. Mais certains signes doivent faire changer de stratégie, et ils diffèrent selon l’âge.
Chez le nourrisson et le jeune enfant
Appelez le 15 sans attendre si l’enfant :
- est somnolent, mou, difficile à réveiller, geint ou ne réagit plus normalement
- a le teint gris ou marbré, les mains et les pieds froids, une respiration rapide
- vomit du vert (bile) ou du sang, ou a le ventre gonflé et dur
- n’a plus uriné depuis plusieurs heures malgré vos efforts pour le faire boire
- votre bébé a moins de 6 mois et présente une diarrhée ou des vomissements
- l’enfant refuse de boire ou vomit tout ce que vous lui donnez, malgré le soluté proposé en petites quantités
- il présente des signes de déshydratation installée (yeux creusés, pleurs sans larmes, couches sèches)
- il a du sang dans les selles
- il a une fièvre élevée qui persiste, ou une fièvre chez un bébé de moins de 3 mois
- il a une douleur abdominale intense, localisée ou inhabituelle
- il souffre d’une maladie chronique (diabète, maladie rénale, maladie cardiaque, traitement immunosuppresseur)
- vous avez simplement un doute sur votre capacité à le surveiller ou à le faire boire
Chez l’adulte
Consultez un médecin si :
- vous ne parvenez plus à boire à cause des vomissements
- vous présentez des signes de déshydratation (vertiges en se levant, très peu d’urines, bouche très sèche)
- vous avez du sang ou des glaires dans les selles
- vous avez une fièvre élevée qui persiste
- les douleurs abdominales sont intenses ou localisées
- les symptômes durent plus de trois jours sans amélioration, ou plus de 48 heures malgré les mesures habituelles
- vous rentrez d’un voyage dans un pays tropical
- la diarrhée est apparue avec un nouveau médicament ou après des antibiotiques
- vous êtes enceinte, immunodéprimé ou atteint d’une maladie chronique
Chez la personne âgée
Chez une personne de plus de 75 ans, on consulte dans la journée dès que la gastro est franche, sans attendre trois jours. Une confusion, une chute, un refus de boire ou une absence d’urines imposent un avis médical urgent. Les traitements en cours doivent être revus avec le médecin.
Après la gastro : retrouver un ventre tranquille
Une fois la crise passée, il est fréquent que le transit reste un peu irrégulier pendant quelques jours, avec des selles molles ou au contraire une petite constipation. La fatigue peut durer une semaine, surtout chez l’adulte qui a peu mangé. On revient progressivement à une alimentation variée, riche en fibres douces (légumes cuits, fruits, céréales complètes réintroduites peu à peu), et on continue de bien boire.
Chez une petite minorité de personnes, des troubles digestifs persistent des semaines voire des mois après une gastro infectieuse : ballonnements, douleurs, alternance de diarrhée et de constipation. On parle parfois de syndrome de l’intestin irritable post-infectieux. Si c’est votre cas, un bilan médical s’impose d’abord pour écarter une autre cause, puis notre article sur le syndrome de l’intestin irritable présente les approches qui aident.
Pour certains enfants comme pour certains adultes, une gastro très marquante peut laisser une peur intense de vomir, au point de restreindre l’alimentation ou les sorties. Ce n’est ni rare ni honteux, et cela se prend en charge : notre article sur la peur de vomir explique les approches qui ont fait leurs preuves.
Le diététicien-nutritionniste, pour qui et pourquoi
Une gastro simple ne nécessite pas de consulter un diététicien. En revanche, un professionnel de la nutrition peut être d’une aide précieuse dans plusieurs situations : un enfant qui a perdu du poids et peine à retrouver l’appétit, une personne âgée dénutrie après une gastro sévère, des troubles digestifs qui persistent après l’infection, une suspicion d’intolérance au lactose qui ne passe pas, ou des gastros à répétition qui inquiètent. Le diététicien aide à réintroduire les aliments sans restriction inutile, à éviter les régimes d’exclusion improvisés et à couvrir les besoins de chacun, en lien avec le médecin traitant.
Besoin d’un accompagnement pour réorganiser l’alimentation après une gastro sévère ou des troubles digestifs qui traînent ? Trouvez un diététicien-nutritionniste près de chez vous.
FAQ
Que boire pendant une gastro quand on est adulte ?
De l’eau, du bouillon salé, des tisanes et de l’eau de riz, en petites quantités et souvent, sans attendre d’avoir soif. Si la diarrhée est abondante, si vous vomissez beaucoup ou si vous vous sentez faible, un soluté de réhydratation orale acheté en pharmacie est préférable. Évitez l’alcool et les boissons très sucrées.
Le Coca et le riz, est-ce vraiment utile contre la gastro ?
Le Coca n’est pas adapté à la réhydratation : il contient cinq à huit fois plus de sucre qu’un soluté et presque pas de sodium, ce qui peut entretenir la diarrhée. Le riz, lui, est un aliment de reprise bien toléré, mais il ne raccourcit pas la gastro. Ni l’un ni l’autre ne remplace un soluté chez l’enfant ou la personne fragile.
Faut-il arrêter de manger pendant une gastro ?
Non. La diète prolongée n’est plus recommandée. On peut ne pas manger pendant les premières heures si l’on vomit, puis on reprend une alimentation simple, en petites portions, dès que l’appétit revient. Chez l’enfant, l’alimentation habituelle reprend au plus tard quatre à six heures après le début de la réhydratation, et l’allaitement se poursuit sans interruption.
Comment faire boire un enfant qui vomit ?
En lui donnant le soluté de réhydratation par toutes petites quantités, une cuillère à café ou quelques millilitres à la seringue toutes les une à deux minutes, de préférence frais. On augmente progressivement quand les vomissements s’espacent. S’il continue de vomir tout ce qu’il boit, s’il est trop fatigué pour boire ou s’il n’urine plus, il faut consulter rapidement ou appeler le 15.
Combien de temps est-on contagieux après une gastro ?
On est surtout contagieux pendant les symptômes et dans les 48 heures qui suivent. Le norovirus peut toutefois rester présent dans les selles pendant plusieurs semaines, d’où l’importance de continuer à se laver les mains à l’eau et au savon et de ne pas cuisiner pour les autres pendant au moins deux jours après la fin des symptômes.
Les probiotiques raccourcissent-ils la gastro ?
Selon la revue Cochrane de 2020, la plus complète à ce jour, les probiotiques changent probablement peu ou pas le risque d’une diarrhée de plus de 48 heures, et leur effet sur la durée totale reste incertain. Ils sont généralement sans danger chez une personne en bonne santé, mais ne doivent jamais remplacer la réhydratation.
Sources
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- Fedorowicz Z, Jagannath VA, Carter B. Antiemetics for reducing vomiting related to acute gastroenteritis in children and adolescents. Cochrane Database Syst Rev. 2011. PMID : 21901699. DOI : 10.1002/14651858.CD005506.pub5
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- Santé.fr. Diarrhée et gastro-entérite de l’adulte. Fiche grand public. https://www.sante.fr/node/2055495
- Groupe francophone d’hépatologie, gastroentérologie et nutrition pédiatriques (GFHGNP). Planche réhydratation orale, 2025. https://www.gfhgnp.org/wp-content/uploads/2025/07/GFHGNP-Planche-Rehydratation-orale.pdf
Cet article fait partie de notre dossier Digestion.
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