Pédiatre examinant au stéthoscope un tout-petit assis sur les genoux de son parent, dans un cabinet baigné de lumière
Immunité

Infections à répétition chez l'enfant : quand s'inquiéter

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Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : Chez un jeune enfant, enchaîner rhumes, otites et gastro est le plus souvent normal, surtout pendant les premières années de crèche ou d'école. Dans la cohorte allemande MAS-90 (1 314 enfants suivis jusqu'à 12 ans), jusqu'à 11 infections respiratoires par an avant 3 ans, 8 entre 3 et 5 ans et 4 à l'âge scolaire restaient dans les valeurs de référence (Grüber et al., Pediatric Allergy and Immunology, 2008). Le niveau de preuve est celui de grandes cohortes prospectives, solides pour décrire ce qui est attendu. Ce qui doit faire consulter, ce n'est pas le nombre de rhumes, mais la gravité des infections, une cassure de la courbe de croissance ou des antécédents familiaux de déficit immunitaire.
Votre enfant est entré en crèche en septembre et, depuis, il ne passe pas trois semaines sans nez qui coule, sans fièvre ou sans otite. Vous avez manqué des jours de travail, enchaîné les rendez-vous chez le médecin, peut-être déjà plusieurs traitements antibiotiques. Et une question finit par s'installer : est-ce que ses défenses fonctionnent normalement ? Est-ce qu'on passe à côté de quelque chose ?

Cette inquiétude est légitime, et elle est partagée par une immense majorité de parents. Elle mérite une réponse précise plutôt qu'une phrase rassurante générique. Cet article vous donne d'abord des repères chiffrés sur ce qui est réellement attendu à chaque âge, explique pourquoi l'entrée en collectivité fait exploser le compteur, puis détaille les signaux qui, eux, justifient d'aller plus loin. Il fait enfin le point, sans complaisance, sur les sirops et compléments « immunité » et sur les gestes du quotidien qui ont fait leurs preuves.

Un principe guide toute la lecture : le pédiatre ou le médecin traitant reste votre interlocuteur de référence. Rien ici ne remplace un examen clinique, et aucune approche complémentaire ne doit retarder une consultation quand un signal d'alerte est présent.

Le nombre d'infections réellement attendu selon l'âge et le mode de garde

Un système immunitaire qui apprend en rencontrant les microbes

À la naissance, le nourrisson n'est pas sans défense : il dispose d'anticorps transmis par sa mère pendant la grossesse, puis, s'il est allaité, de ceux apportés par le lait (voir notre article sur l'allaitement et les anticorps du lait maternel). Mais ces anticorps maternels déclinent au fil des premiers mois. Le système immunitaire de l'enfant doit alors construire sa propre « mémoire » : chaque virus rencontré pour la première fois provoque une infection, puis laisse derrière lui des lymphocytes capables de le reconnaître plus vite la fois suivante.

Le problème, c'est que les virus respiratoires sont innombrables. On compte plus d'une centaine de types de rhinovirus, auxquels s'ajoutent le virus respiratoire syncytial (VRS), les adénovirus, les virus grippaux, les coronavirus saisonniers, les métapneumovirus et bien d'autres. Un adulte en a déjà croisé une grande partie ; un enfant de deux ans les découvre presque tous. D'où cette impression d'enchaînement sans fin, qui traduit en réalité un système immunitaire en plein travail d'apprentissage. Pour comprendre plus en détail ce mécanisme, vous pouvez lire notre article sur le fonctionnement du système immunitaire.

Les repères chiffrés issus des grandes cohortes

La question « combien d'infections par an sont normales ? » a fait l'objet d'études de suivi rigoureuses, où des parents notaient chaque épisode dans un carnet, année après année.

Ce que montrent les études
Dans la cohorte allemande MAS-90, 1 314 enfants nés en 1990 ont été suivis dès la naissance, 760 d'entre eux jusqu'à 12 ans, avec un journal tenu par les parents. En moyenne, les enfants ont présenté 3,4 épisodes d'infection respiratoire par an entre 0 et 2 ans, 2,3 entre 3 et 5 ans et 1,1 à l'âge scolaire. Surtout, la dispersion était très large : en retenant deux écarts-types au-dessus de la moyenne, les auteurs considèrent comme normaux jusqu'à 11 épisodes par an avant 3 ans, 8 à l'âge préscolaire et 4 à l'âge scolaire, et concluent que ces chiffres ne devraient pas, à eux seuls, faire suspecter un déficit immunitaire. Limite : il s'agit d'enfants nés en 1990 et de données rapportées par les parents, qui sous-estiment probablement les petits rhumes sans consultation (Grüber et al., 2008).
Ces chiffres sont cohérents avec le repère souvent donné par les pédiatres : six à dix infections virales par an chez un jeune enfant gardé en collectivité n'ont rien d'anormal. Dit autrement, un épisode par mois pendant l'automne et l'hiver correspond au profil habituel d'un enfant de crèche.

Un autre détail de cette cohorte rassure : 45 % des nourrissons qui faisaient partie du tiers le plus souvent malade se retrouvaient encore dans ce tiers à l'âge scolaire, ce qui signifie que plus de la moitié en sortaient. Être « l'enfant toujours malade » à 18 mois ne prédit pas grand-chose de son état de santé à 8 ans.

Le cas des enfants très souvent malades

Une étude finlandaise plus récente s'est intéressée précisément aux enfants situés tout en haut de la distribution.

Ce que montrent les études
Toivonen et ses collègues ont suivi 1 089 enfants de la naissance à 2 ans grâce à un journal quotidien des symptômes, avec recherche de virus sur prélèvement nasal chez 714 d'entre eux. Les 10 % d'enfants les plus touchés comptaient au moins 98 jours de maladie respiratoire par an et une médiane de 9,6 infections respiratoires aiguës par an. Le rhinovirus était retrouvé dans 58 % de leurs épisodes. Parmi eux, 60 % avaient eu au moins trois otites, 73 % au moins trois traitements antibiotiques, 21 % une hospitalisation pour infection respiratoire, et 35 % avaient bénéficié de la pose d'aérateurs transtympaniques. Avoir des frères et sœurs aînés augmentait le risque. Limite : l'étude décrit le fardeau de ces infections mais ne permet pas de conclure à un défaut immunitaire chez ces enfants (Toivonen et al., Pediatric Infectious Disease Journal, 2016).
Ce travail est important parce qu'il montre deux choses à la fois. D'une part, près de 100 jours de symptômes respiratoires par an peuvent survenir chez des enfants qui, dans leur immense majorité, n'ont pas de maladie du système immunitaire : les virus en cause sont des virus banals, au premier rang desquels le rhinovirus du rhume. D'autre part, ce fardeau n'est pas anodin : otites répétées, antibiotiques, petites interventions ORL, et un sur huit de ces enfants avait reçu un diagnostic d'asthme à 2 ans. Normal ne veut donc pas dire négligeable. Ces enfants méritent un suivi attentif, mais l'objectif est alors de repérer les facteurs qui entretiennent les infections (allergie, végétations, tabagisme passif, otite séromuqueuse) plutôt que de chercher d'emblée une maladie immunitaire rare.

La saison compte autant que l'âge

Les infections virales de l'enfant suivent un rythme saisonnier marqué : elles se concentrent d'octobre à mars. Un enfant peut ainsi aligner six épisodes en cinq mois d'hiver, puis traverser le printemps et l'été presque sans symptôme. Pour juger de la situation, il est donc plus juste de raisonner sur une année complète, et de regarder comment l'enfant va entre les épisodes, que de compter les rhumes de novembre à février.

Pourquoi l'entrée en collectivité multiplie les épisodes

Plus de contacts, plus de virus

La crèche, l'assistante maternelle qui garde plusieurs enfants, puis l'école maternelle, ont un point commun : elles réunissent de jeunes enfants qui portent les objets à la bouche, se touchent le visage, partagent les jouets et ne savent pas encore se moucher ni tousser dans leur coude. Chaque virus introduit dans le groupe circule rapidement. L'enfant rapporte ensuite ces virus à la maison, où les frères et sœurs plus âgés en apportent d'autres depuis l'école. C'est pour cette raison qu'avoir des aînés figure parmi les facteurs de risque les plus constants d'infections à répétition.

Un « décalage » plutôt qu'une surcharge

La bonne nouvelle, c'est que ces infections précoces ne s'additionnent pas simplement à celles que l'enfant aurait eues plus tard : dans une large mesure, elles les remplacent.

Ce que montrent les études
Au Québec, Côté et ses collègues ont suivi pendant huit ans un échantillon représentatif de 1 238 familles. Par rapport aux enfants gardés à la maison, ceux qui avaient commencé une garde collective en grand groupe avant 2 ans et demi présentaient, pendant cette période, 61 % d'infections respiratoires et 62 % d'otites en plus (rapports de taux d'incidence de 1,61 et 1,62). Mais pendant les années d'école primaire, entre 5 et 8 ans, ces mêmes enfants avaient moins d'infections respiratoires (rapport de 0,79) et moins d'otites (0,57). Les auteurs concluent que les infections des premières années de collectivité ne conduisent pas à une charge infectieuse globale plus élevée. Limite : les infections étaient rapportées par les mères, sans confirmation médicale systématique (Côté et al., Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 2010).
Autrement dit, un enfant gardé à la maison jusqu'à 3 ans rattrapera souvent ces infections à l'entrée en maternelle. La collectivité précoce déplace le pic plus qu'elle ne l'aggrave. Ce constat ne signifie pas qu'il faille absolument inscrire un enfant en crèche pour « l'immuniser », ni à l'inverse le retirer de la crèche dès le troisième rhume : il permet surtout de replacer ce que vit la famille dans une trajectoire normale et temporaire.

Ce que vivent les parents, et pourquoi c'est épuisant

Reconnaître que ces infections sont attendues ne retire rien à leur poids concret : nuits hachées, enfant grognon, absences au travail, garde à réorganiser, sentiment de culpabilité ou d'impuissance. Ce poids est réel et mérite d'être dit. Dans l'étude finlandaise, le groupe des enfants les plus souvent malades consommait beaucoup de consultations et de traitements, ce qui pèse aussi sur l'organisation familiale. Si l'épuisement vous gagne, parlez-en à votre médecin : il peut vous aider à distinguer ce qui nécessite une consultation de ce qui peut être surveillé à la maison, et à poser un cadre plus serein pour l'hiver suivant.

Les signaux d'alerte qui doivent faire consulter

C'est la partie la plus importante de cet article. Il faut distinguer deux situations : les signes d'urgence, qui concernent un épisode infectieux en cours, et les signaux d'alerte d'un possible déficit immunitaire, qui se repèrent sur la durée.

Les signes d'urgence : appeler le 15

Quel que soit le nombre d'infections précédentes, certains signes justifient d'appeler immédiatement le 15 (ou le 112) :

  • une fièvre chez un nourrisson de moins de 3 mois ;
  • une difficulté à respirer : respiration très rapide, creusement sous les côtes ou au-dessus du sternum, battement des ailes du nez, geignement, pauses respiratoires ;
  • une coloration bleutée ou grisâtre des lèvres ou du visage ;
  • des taches rouges ou violacées sur la peau qui ne s'effacent pas quand on appuie dessus (purpura), surtout si l'enfant a de la fièvre ;
  • un enfant anormalement mou, somnolent, difficile à réveiller, ou au contraire inconsolable avec des cris inhabituels ;
  • une convulsion ;
  • des signes de déshydratation : refus de boire, couches sèches pendant plusieurs heures, bouche sèche, yeux creusés, notamment en cas de vomissements ou de diarrhée ;
  • une raideur de la nuque ou une fontanelle bombée chez le nourrisson.
En dehors de ces situations d'urgence, une consultation rapide chez le pédiatre ou le médecin traitant s'impose si la fièvre dure plus de trois jours, si elle réapparaît après quelques jours d'amélioration, si une douleur d'oreille persiste ou s'accompagne d'un écoulement, ou si l'état général de l'enfant vous inquiète. Votre intuition de parent compte : un enfant « qui n'est pas comme d'habitude » mérite d'être examiné.

Les dix signaux d'alerte de déficit immunitaire et leurs limites

Des fondations et des sociétés savantes ont popularisé une liste de dix signaux d'alerte de déficit immunitaire primitif, c'est-à-dire d'une anomalie congénitale du système immunitaire. Dans leurs versions courantes, ils comprennent notamment :

  • au moins quatre nouvelles otites en un an ;
  • au moins deux sinusites sévères en un an ;
  • au moins deux mois de traitement antibiotique avec peu d'effet ;
  • au moins deux pneumonies en un an ;
  • un retard de croissance staturo-pondérale, c'est-à-dire un enfant qui ne grossit pas ou ne grandit pas normalement ;
  • des abcès profonds de la peau ou des organes, qui récidivent ;
  • un muguet persistant dans la bouche ou des mycoses cutanées après l'âge d'un an ;
  • la nécessité d'antibiotiques par voie intraveineuse pour venir à bout d'une infection ;
  • au moins deux infections profondes, comme une méningite, une septicémie ou une infection osseuse ;
  • des antécédents familiaux de déficit immunitaire.
Cette liste est utile pour attirer l'attention, mais elle a été critiquée parce qu'elle n'avait pas été rigoureusement évaluée. Plusieurs de ses critères, comme quatre otites par an, sont en effet fréquents chez des enfants en parfaite santé immunitaire.

Ce que montrent les études
Subbarayan et ses collègues ont analysé les dossiers de 563 enfants adressés à deux centres spécialisés en immunologie pédiatrique du nord de l'Angleterre : 430 avaient un déficit immunitaire primitif confirmé, 133 n'en avaient pas malgré des explorations poussées. Trois signaux se détachaient nettement : des antécédents familiaux de déficit immunitaire, le recours à des antibiotiques intraveineux pour une infection grave de type septicémie, et un retard de croissance. Ces trois critères permettaient d'identifier 96 % des enfants porteurs d'un déficit des neutrophiles ou du complément et 89 % de ceux porteurs d'un déficit des lymphocytes T. Les antécédents familiaux étaient le seul signal permettant de repérer les déficits des lymphocytes B. Limite : l'étude porte sur des enfants déjà adressés en centre spécialisé, et non sur la population générale (Subbarayan et al., Pediatrics, 2011).
Dans une revue publiée la même année, Arkwright et Gennery en tirent une conclusion claire : en dehors des antécédents familiaux, du besoin d'antibiotiques intraveineux et du retard de croissance, les dix signaux ne constituent pas un bon outil de dépistage, d'autant que l'on sait aujourd'hui que certains déficits immunitaires se manifestent aussi par des maladies auto-immunes, des inflammations inexpliquées ou d'autres atteintes que les infections (Arkwright et Gennery, Annals of the New York Academy of Sciences, 2011).

Ce qu'il faut retenir pour la pratique

Plutôt que de compter les rhumes, regardez la qualité des infections et l'enfant entre les épisodes. Les éléments qui doivent amener à en parler au pédiatre sont surtout :

  • la gravité : pneumonies répétées, infections ayant nécessité une hospitalisation ou des antibiotiques en perfusion, méningite, septicémie, infection osseuse ;
  • l'inhabituel : infection par un germe qui ne pose normalement pas de problème, abcès récidivants, muguet tenace après un an, complications après un vaccin vivant ;
  • la croissance : une courbe de poids ou de taille qui stagne ou qui « casse » dans le carnet de santé, une diarrhée chronique ;
  • la famille : un parent, un frère, une sœur ou un cousin porteur d'un déficit immunitaire, ou des décès inexpliqués de jeunes enfants dans la famille ;
  • la récupération : un enfant qui ne retrouve jamais vraiment la forme entre deux infections, reste fatigué, pâle ou amaigri.
À l'inverse, un enfant qui enchaîne des rhumes et quelques otites, qui récupère bien, mange, joue, grandit et prend du poids normalement entre les épisodes, a toutes les chances d'avoir un système immunitaire qui fonctionne.

Les causes fréquentes avant de penser au déficit immunitaire

Les déficits immunitaires primitifs sont rares. Quand un enfant semble malade plus souvent ou plus longtemps que les autres, le pédiatre cherche d'abord des explications beaucoup plus courantes.

L'exposition : collectivité, fratrie, tabac

C'est de loin le premier facteur. Un enfant en crèche avec deux aînés scolarisés et un parent fumeur à la maison cumule les expositions. Le tabagisme passif, en particulier, est un facteur bien documenté sur lequel nous revenons plus bas, car c'est aussi l'un des leviers d'action les plus efficaces.

Les végétations et l'otite séromuqueuse

Les végétations adénoïdes, petits amas de tissu immunitaire situés au fond des fosses nasales, sont naturellement volumineuses chez le jeune enfant. Lorsqu'elles sont très développées, elles peuvent gêner l'aération de l'oreille moyenne et favoriser une otite séromuqueuse, c'est-à-dire la présence persistante de liquide derrière le tympan, qui se surinfecte facilement. Ce mécanisme explique beaucoup d'« otites à répétition ». Un enfant qui ronfle, respire bouche ouverte, entend moins bien ou parle moins qu'attendu mérite un avis ORL. La pose d'aérateurs ou l'ablation des végétations sont parfois proposées : dans l'étude finlandaise, 35 % et 13 % des enfants les plus souvent malades en avaient bénéficié.

L'allergie et l'asthme du jeune enfant

Une rhinite allergique peut donner l'impression d'un rhume qui ne finit jamais. Et chez le tout-petit, des épisodes répétés de toux et de respiration sifflante déclenchés par les virus peuvent correspondre à un asthme débutant plutôt qu'à des « bronchites » à répétition. Le traitement n'est alors pas le même. Notre article sur les allergies de l'enfant et celui sur l'asthme allergique détaillent ces situations.

Les infections toujours au même endroit

Des pneumonies qui touchent toujours la même zone du poumon orientent vers une cause locale plutôt qu'immunitaire : corps étranger inhalé passé inaperçu, malformation, compression. De même, des infections urinaires répétées font rechercher une anomalie des voies urinaires. C'est le médecin qui fera ce tri, à l'aide de l'examen clinique et parfois d'une imagerie.

Les maladies chroniques et les carences

Certaines maladies générales favorisent les infections : la mucoviscidose (dépistée à la naissance en France, mais un dépistage négatif n'exclut pas toutes les formes), certaines maladies cardiaques, rénales ou digestives. Une carence en fer, fréquente chez le jeune enfant, ou un statut en vitamine D très bas sont aussi parfois évoqués et peuvent être recherchés selon le contexte. Enfin, des troubles du sommeil ou un reflux important peuvent entretenir les symptômes ORL.

Ce que contient un premier bilan et quand il se justifie

Pas de bilan systématique pour des rhumes, même nombreux

Si votre enfant présente des infections banales, qu'il récupère bien et que sa croissance est normale, un bilan immunitaire n'est généralement pas nécessaire. Le faire « pour se rassurer » expose à des prises de sang répétées chez un tout-petit et à des résultats limites difficiles à interpréter, car les valeurs normales de nombreux paramètres immunitaires évoluent beaucoup avec l'âge.

En revanche, le pédiatre proposera des examens si l'un des signaux décrits plus haut est présent : infections sévères, germes inhabituels, cassure de la courbe de croissance, antécédents familiaux, ou infections bactériennes répétées qui ne cadrent pas avec le profil habituel.

Les examens de première intention

Le premier bilan est en général simple et repose sur une prise de sang. Il comprend le plus souvent :

  • une numération formule sanguine, qui compte les globules blancs et leurs différentes familles, notamment les neutrophiles et les lymphocytes ;
  • le dosage des immunoglobulines (IgG, IgA, IgM), c'est-à-dire des anticorps, interprété selon des normes adaptées à l'âge ;
  • les anticorps produits après les vaccins (par exemple contre le tétanos ou le pneumocoque), qui renseignent sur la capacité de l'enfant à fabriquer des anticorps efficaces.
D'autres examens peuvent être ajoutés selon l'orientation : bilan en fer, radiographie, test de la sueur, avis ORL ou allergologique. Si une anomalie est retrouvée ou si la suspicion reste forte, l'enfant est adressé à un immunologue pédiatre. En France, un centre de référence national et un réseau de centres de compétence se consacrent aux déficits immunitaires héréditaires.

Préparer la consultation

Pour aider votre médecin, vous pouvez venir avec quelques éléments concrets :

  • le carnet de santé, avec les courbes de poids et de taille à jour et le statut vaccinal ;
  • une liste approximative des infections des douze derniers mois, en précisant celles qui ont nécessité des antibiotiques, une hospitalisation ou des examens ;
  • les antécédents familiaux connus ;
  • vos observations sur l'enfant entre les épisodes : appétit, énergie, sommeil, ronflements, audition.
Tenir un simple calendrier des épisodes pendant un hiver permet souvent de se rendre compte que les infections sont moins nombreuses ou moins graves qu'on ne le pensait, ou au contraire de documenter précisément une situation qui mérite d'être explorée.

Ce qui aide réellement au quotidien : sommeil, tabagisme passif, hygiène

On ne peut pas empêcher un jeune enfant d'attraper des virus, et ce n'est d'ailleurs pas souhaitable. On peut en revanche réduire le nombre d'infections évitables et limiter les complications. Voici les leviers les mieux documentés, classés par ordre d'importance.

1. Supprimer le tabagisme passif

C'est le levier le mieux étayé, et de loin.

Ce que montrent les études
Deux méta-analyses de l'Université de Nottingham ont rassemblé chacune une soixantaine d'études. Chez les nourrissons jusqu'à 2 ans, le tabagisme d'un membre du foyer augmentait le risque d'infection respiratoire basse (bronchite, bronchiolite, pneumonie) de 54 % (rapport de cotes de 1,54) ; quand les deux parents fumaient, l'augmentation atteignait 62 %, et le risque de bronchiolite était multiplié par 2,5 en cas de tabagisme dans le foyer (Jones et al., Respiratory Research, 2011). Chez l'enfant, vivre avec un fumeur augmentait le risque d'atteinte de l'oreille moyenne de 37 %, et de 62 % en cas de tabagisme maternel après la naissance ; le risque de chirurgie de l'oreille était augmenté de plus de 80 % (Jones et al., Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 2012). Limite : il s'agit d'études d'observation, mais la cohérence et l'ampleur des résultats sont très fortes.
Concrètement, fumer à la fenêtre ou dans une autre pièce ne suffit pas : les particules se déposent sur les vêtements, les mains, les meubles et dans la voiture. La seule mesure réellement protectrice est un domicile et une voiture entièrement sans tabac, idéalement l'arrêt. Si vous ou votre conjoint souhaitez arrêter, Tabac Info Service (39 89) propose un accompagnement gratuit par des tabacologues, et votre médecin peut prescrire des substituts nicotiniques remboursés.

2. L'hygiène des mains, à la crèche et à la maison

Ce que montrent les études
En Espagne, un essai randomisé par grappes a inclus 911 enfants de 0 à 3 ans fréquentant 24 crèches, suivis pendant 8 mois. Un programme associant éducation des équipes, des enfants et des parents et usage de solution hydroalcoolique a réduit les épisodes d'infection respiratoire de 23 % (rapport de taux de 0,77) et les prescriptions d'antibiotiques de 31 % (rapport de 0,69) par rapport aux pratiques habituelles, avec moins de jours d'absence. Le groupe qui utilisait seulement eau et savon dans le cadre du programme faisait moins bien que le groupe solution hydroalcoolique. Limite : étude ouverte, dans une seule région, et l'adhésion au programme a pu varier d'une crèche à l'autre (Azor-Martinez et al., Pediatrics, 2018).
À la maison, le lavage des mains au retour de la crèche, avant les repas et après le mouchage reste le geste de base, pour l'enfant comme pour les adultes. Apprendre très tôt à tousser dans son coude et à jeter le mouchoir après usage fait partie des habitudes utiles. Pour la solution hydroalcoolique, elle s'utilise sous la surveillance d'un adulte et doit être rangée hors de portée, car elle est toxique en cas d'ingestion.

3. Les vaccinations à jour

Plusieurs vaccins du calendrier du nourrisson protègent directement contre les infections bactériennes les plus graves de la petite enfance : pneumocoque, Haemophilus influenzae de type b, coqueluche, méningocoques, rougeole. Ils ne réduisent pas le nombre de rhumes, mais ils diminuent nettement le risque de pneumonie, d'otite compliquée ou de méningite. Le vaccin contre la grippe et, selon les recommandations en vigueur, les mesures de prévention contre le VRS chez le nourrisson peuvent compléter cette protection : parlez-en avec votre médecin.

4. Un sommeil suffisant et régulier

Le sommeil participe à la régulation de l'immunité, y compris à la qualité de la réponse aux vaccins, comme nous l'expliquons dans notre article sur le lien entre sommeil et défenses immunitaires. Chez le jeune enfant, les besoins sont importants : de l'ordre de 11 à 14 heures par 24 heures, siestes comprises, entre 1 et 2 ans. Préserver des horaires réguliers, une sieste adaptée à l'âge et un coucher apaisé fait partie des mesures de bon sens, même si les études sur ce point concernent surtout l'adulte. Notre guide sur le sommeil des enfants selon l'âge donne des repères détaillés.

5. L'allaitement, quand il est possible

Ce que montrent les études
Dans la cohorte néerlandaise Generation R, qui a inclus 4 164 nourrissons, l'allaitement exclusif jusqu'à 4 mois puis partiel ensuite était associé, par rapport à l'absence d'allaitement, à un risque plus faible d'infections ORL, respiratoires basses et digestives jusqu'à 6 mois (rapports de cotes ajustés de 0,65, 0,50 et 0,41), et d'infections respiratoires basses entre 7 et 12 mois (0,46). Limite : étude d'observation, avec des différences possibles entre familles qui allaitent et celles qui n'allaitent pas (Duijts et al., Pediatrics, 2010).
L'allaitement est un facteur protecteur, mais il ne doit jamais devenir une source de culpabilité : un enfant nourri au lait infantile a lui aussi un système immunitaire qui se construit normalement, et l'effet observé porte surtout sur la première année.

6. Une alimentation variée et la vie au grand air

Aucun aliment ne « booste » à lui seul l'immunité, mais une alimentation diversifiée apporte le fer, le zinc, les vitamines et les fibres dont l'organisme a besoin, et nourrit un microbiote intestinal qui participe à l'éducation du système immunitaire (voir microbiote intestinal et immunité). Les sorties quotidiennes, le jeu en extérieur et l'aération régulière des pièces, même en hiver, réduisent aussi la concentration de virus dans l'air intérieur. Notre article sur l'immunité des enfants développe ces habitudes de vie.

7. Les soins simples pendant les épisodes

Pendant un rhume, le lavage du nez au sérum physiologique, adapté à l'âge et selon la technique montrée par votre médecin ou votre pharmacien, aide le jeune enfant qui ne sait pas se moucher et peut limiter la stagnation des sécrétions. Faire boire régulièrement, adapter la température de la chambre et traiter la fièvre ou la douleur selon les conseils du médecin font partie de l'accompagnement. Les antibiotiques ne sont utiles que contre les infections bactériennes : ils n'accélèrent pas la fin d'un rhume ou d'une bronchiolite virale.

Compléments et sirops immunité chez l'enfant : ce qu'on peut en attendre

Face à des hivers difficiles, la tentation est grande de se tourner vers les rayons « défenses naturelles » des pharmacies et parapharmacies : sirops, gommes, ampoules, mélanges de plantes, gelée royale, probiotiques. Voici ce que la recherche permet de dire, produit par produit, avec un message général : chez l'enfant en bonne santé, aucun de ces produits ne remplace les leviers décrits plus haut, et leur intérêt, quand il existe, reste modeste et incertain.

Vitamine D : utile surtout en cas de carence

Ce que montrent les études
Une méta-analyse sur données individuelles a rassemblé 25 essais randomisés en double aveugle (10 933 participants de 0 à 95 ans, dont des enfants). La supplémentation en vitamine D réduisait légèrement le risque d'infection respiratoire aiguë (rapport de cotes de 0,88). L'effet était plus net avec des prises quotidiennes ou hebdomadaires (0,81) qu'avec des doses massives espacées, qui ne montraient pas de bénéfice, et beaucoup plus marqué chez les personnes très carencées au départ (0,30). Limite : grande hétérogénéité entre les essais, et effet modeste chez les personnes non carencées (Martineau et al., BMJ, 2017).
En France, une supplémentation en vitamine D est déjà recommandée chez l'enfant, selon des modalités et des doses que le pédiatre adapte à l'âge et à la situation. L'enjeu n'est donc pas d'en ajouter, mais de vérifier que l'enfant reçoit bien celle qui lui a été prescrite, sans cumuler plusieurs produits qui en contiennent, car un surdosage est possible chez le petit enfant. Nous détaillons ce sujet dans rhumes à répétition et vitamine D et dans notre article sur les vitamines pour enfants.

Probiotiques : un effet possible, des preuves de faible certitude

Ce que montrent les études
La revue Cochrane mise à jour en 2022 a analysé 23 essais (6 950 participants, enfants d'un mois à 11 ans, adultes et personnes âgées). Les probiotiques pourraient réduire le nombre de personnes ayant au moins une infection des voies respiratoires hautes (risque relatif de 0,76) et réduiraient probablement le recours aux antibiotiques pour ces infections (0,58). Les effets indésirables étaient mineurs, surtout digestifs. Limite : la certitude des preuves est jugée faible pour la plupart des critères, avec des souches, des doses et des durées très variables d'un essai à l'autre (Zhao, Dong et Hao, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2022).
Ces résultats sont encourageants mais ne permettent pas de recommander un produit précis : l'effet dépend de la souche, et la plupart des probiotiques vendus n'ont pas été testés chez l'enfant dans cette indication. Si vous envisagez d'en donner, demandez l'avis de votre pédiatre, en particulier chez un nourrisson, un enfant prématuré ou un enfant porteur d'une maladie chronique.

Les « immunostimulants » à base de lysats bactériens

Certains médicaments contenant des extraits de bactéries inactivées sont proposés pour prévenir les infections respiratoires répétées de l'enfant.

Ce que montrent les études
Une méta-analyse de 2022 a recensé 72 essais contrôlés impliquant 12 229 enfants. Sur les 38 essais (4 643 enfants) qui fournissaient des données exploitables, les immunostimulants étaient associés à une réduction moyenne d'environ 39 % du nombre d'infections respiratoires aiguës. Limite majeure : les auteurs jugent la qualité globale des preuves faible, en raison d'une forte hétérogénéité, d'un risque de biais incertain dans 32 essais sur 72, d'une possible sélection des études publiées et du faible nombre d'essais rapportant les effets indésirables (Berber et al., World Allergy Organization Journal, 2022).
Ces produits relèvent d'une prescription médicale. Ils peuvent être discutés avec le pédiatre chez un enfant qui présente des infections respiratoires particulièrement nombreuses, mais les données actuelles ne permettent pas d'en faire une solution de routine.

Échinacée, sirops de plantes et mélanges « défenses naturelles »

L'échinacée est la plante la plus étudiée pour les rhumes. Chez l'enfant, le principal essai randomisé en double aveugle a inclus 407 enfants de 2 à 11 ans et analysé 707 épisodes de rhume : l'échinacée n'a raccourci ni la durée (environ 9 jours dans les deux groupes) ni la sévérité des symptômes, et des éruptions cutanées sont survenues dans 7,1 % des épisodes traités contre 2,7 % dans le groupe témoin (Taylor et al., JAMA, 2003). Les plantes de la famille des astéracées, dont fait partie l'échinacée, peuvent en outre provoquer des réactions chez les enfants allergiques. Pour en savoir plus sur cette plante chez l'adulte, voir notre article sur l'échinacée.

Quant aux sirops « immunité » associant plantes, vitamines, propolis ou gelée royale, ils n'ont pas fait l'objet d'essais de qualité montrant une réduction des infections chez l'enfant en bonne santé. Leur innocuité n'est pas toujours documentée chez le tout-petit, certains contiennent du sucre, de l'alcool ou des produits de la ruche allergisants, et leur coût peut être important sur un hiver entier. Rappel essentiel : le miel, y compris dans un sirop maison, ne doit pas être donné avant l'âge d'un an en raison du risque de botulisme infantile.

Huiles essentielles : prudence absolue chez le jeune enfant

Les huiles essentielles ne sont pas des produits anodins. Chez le nourrisson et le jeune enfant, certaines molécules qu'elles contiennent, notamment les dérivés terpéniques comme le camphre, l'eucalyptol ou le menthol, peuvent provoquer des convulsions ou des spasmes du larynx, y compris par simple application sur la peau ou inhalation. Aucune huile essentielle ne doit être utilisée chez un jeune enfant sans avis médical, que ce soit en diffusion, en friction, en inhalation ou par voie orale, et les flacons doivent être rangés hors de portée. Notre article sur l'aromathérapie chez l'enfant détaille les précautions à connaître. En cas d'ingestion accidentelle, appelez un centre antipoison ou le 15.

Le bon réflexe avant tout complément

Avant de donner un complément à votre enfant, posez-vous trois questions et posez-les à votre pédiatre ou à votre pharmacien : ce produit a-t-il été évalué chez l'enfant de cet âge ? Contient-il un ingrédient que mon enfant reçoit déjà (vitamine D, fer, zinc) ? Existe-t-il un risque d'allergie ou d'interaction avec un traitement en cours ? Si vous souhaitez être accompagné sur l'hygiène de vie de la famille, l'alimentation ou la gestion du stress de cette période, des professionnels peuvent compléter le suivi médical : vous pouvez trouver un praticien près de chez vous dans notre annuaire, en gardant le pédiatre comme référent pour tout ce qui concerne les infections.

Questions fréquentes

Combien d'infections par an sont normales chez un jeune enfant ?

Les grandes cohortes montrent une très grande variabilité. Dans l'étude allemande MAS-90, jusqu'à 11 infections respiratoires par an avant 3 ans, 8 entre 3 et 5 ans et 4 à l'âge scolaire restaient dans les valeurs de référence. Un repère pratique souvent cité est de six à dix infections virales par an chez un jeune enfant en collectivité. Ce qui compte davantage que le nombre, c'est la gravité des épisodes, la récupération entre deux infections et la croissance.

Mon enfant est malade tous les mois depuis la crèche, est-ce normal ?

Dans la grande majorité des cas, oui. L'entrée en collectivité expose l'enfant à de très nombreux virus qu'il rencontre pour la première fois. Une étude québécoise a montré que les enfants entrés tôt en crèche avaient plus d'infections pendant cette période, mais moins à l'école primaire : le pic est décalé plutôt qu'aggravé. Consultez si les infections sont sévères, si l'enfant ne récupère pas entre les épisodes ou si sa courbe de croissance se modifie.

Quand s'inquiéter des otites à répétition chez l'enfant ?

Les otites sont très fréquentes avant 3 ans et ne signalent pas, à elles seules, un déficit immunitaire. Un avis médical, voire ORL, s'impose en revanche si les otites sont très rapprochées, si un écoulement persiste, si l'enfant semble moins bien entendre, parle moins qu'attendu, ronfle ou respire bouche ouverte. Ces éléments orientent vers une otite séromuqueuse ou des végétations volumineuses, qui se prennent en charge spécifiquement. Le tabagisme passif augmente nettement le risque d'atteinte de l'oreille et doit être supprimé.

Quels sont les signes d'alerte d'un déficit immunitaire ?

Les signaux les plus pertinents, selon une étude portant sur 563 enfants adressés en centre spécialisé, sont des antécédents familiaux de déficit immunitaire, le besoin d'antibiotiques par perfusion pour une infection grave et un retard de croissance. D'autres éléments doivent alerter : pneumonies répétées, méningite ou septicémie, abcès récidivants, muguet persistant après un an, infections par des germes inhabituels, diarrhée chronique. Devant l'un de ces signes, parlez-en à votre pédiatre.

Faut-il faire un bilan immunitaire à un enfant souvent malade ?

Pas systématiquement. Si l'enfant présente des infections banales, récupère bien et grandit normalement, un bilan n'est généralement pas nécessaire. Il se justifie en cas d'infections sévères ou inhabituelles, de cassure de la courbe de croissance ou d'antécédents familiaux. Le premier bilan est simple : numération formule sanguine, dosage des immunoglobulines selon des normes adaptées à l'âge et anticorps produits après les vaccins. C'est le médecin qui en pose l'indication.

Les sirops immunité sont-ils utiles pour un enfant toujours malade ?

Les mélanges « défenses naturelles » vendus sans ordonnance n'ont pas démontré, dans des essais de qualité, qu'ils réduisaient les infections chez l'enfant en bonne santé. Quelques pistes existent, avec des preuves modestes ou de faible certitude : vitamine D chez l'enfant carencé, certains probiotiques, lysats bactériens sur prescription. Les huiles essentielles sont à proscrire chez le jeune enfant sans avis médical, et le miel est contre-indiqué avant un an. Le levier le mieux documenté reste un environnement sans tabac.

Ce qu'il faut retenir

Un jeune enfant qui enchaîne rhumes, otites et petites fièvres pendant ses premiers hivers en collectivité n'a, dans l'immense majorité des cas, aucun problème immunitaire. Les grandes cohortes montrent que jusqu'à une dizaine d'infections par an avant 3 ans restent dans la norme, et que ces infections précoces sont en partie compensées par moins d'épisodes plus tard.

Ce qui doit alerter, ce n'est pas le nombre de rhumes mais la gravité des infections, leur caractère inhabituel, une cassure de la courbe de croissance, des antécédents familiaux ou un enfant qui ne récupère jamais vraiment. Devant ces signaux, le pédiatre ou le médecin traitant est l'interlocuteur à consulter, et le 15 doit être appelé sans attendre devant tout signe d'urgence : difficulté respiratoire, taches qui ne s'effacent pas à la pression, enfant très mou ou fièvre avant 3 mois.

Au quotidien, les mesures qui ont fait leurs preuves sont simples : un foyer et une voiture totalement sans tabac, l'hygiène des mains, des vaccinations à jour, un sommeil suffisant et, quand il est possible, l'allaitement. Les compléments ont, au mieux, un intérêt modeste et ciblé, à discuter avec le médecin, et les huiles essentielles n'ont pas leur place chez le jeune enfant sans avis médical. Ces hivers sont éprouvants, mais ils sont aussi, le plus souvent, une étape normale et temporaire de la construction des défenses de votre enfant.

Sources

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  2. Toivonen L, Karppinen S, Schuez-Havupalo L, et al. Burden of Recurrent Respiratory Tract Infections in Children: A Prospective Cohort Study. Pediatric Infectious Disease Journal. 2016;35(12):e362-e369. PMID : 27455443. DOI : 10.1097/INF.0000000000001304
  3. Côté SM, Petitclerc A, Raynault MF, et al. Short- and long-term risk of infections as a function of group child care attendance: an 8-year population-based study. Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine. 2010;164(12):1132-1137. PMID : 21135342. DOI : 10.1001/archpediatrics.2010.216
  4. Subbarayan A, Colarusso G, Hughes SM, et al. Clinical features that identify children with primary immunodeficiency diseases. Pediatrics. 2011;127(5):810-816. PMID : 21482601. DOI : 10.1542/peds.2010-3680
  5. Arkwright PD, Gennery AR. Ten warning signs of primary immunodeficiency: a new paradigm is needed for the 21st century. Annals of the New York Academy of Sciences. 2011;1238:7-14. PMID : 22129048. DOI : 10.1111/j.1749-6632.2011.06206.x
  6. Jones LL, Hashim A, McKeever T, et al. Parental and household smoking and the increased risk of bronchitis, bronchiolitis and other lower respiratory infections in infancy: systematic review and meta-analysis. Respiratory Research. 2011;12:5. PMID : 21219618. DOI : 10.1186/1465-9921-12-5
  7. Jones LL, Hassanien A, Cook DG, et al. Parental smoking and the risk of middle ear disease in children: a systematic review and meta-analysis. Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine. 2012;166(1):18-27. PMID : 21893640. DOI : 10.1001/archpediatrics.2011.158
  8. Azor-Martinez E, Yui-Hifume R, Muñoz-Vico FJ, et al. Effectiveness of a Hand Hygiene Program at Child Care Centers: A Cluster Randomized Trial. Pediatrics. 2018;142(5):e20181245. PMID : 30297500. DOI : 10.1542/peds.2018-1245
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  10. Martineau AR, Jolliffe DA, Hooper RL, et al. Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: systematic review and meta-analysis of individual participant data. BMJ. 2017;356:i6583. PMID : 28202713. DOI : 10.1136/bmj.i6583
  11. Zhao Y, Dong BR, Hao Q. Probiotics for preventing acute upper respiratory tract infections. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2022;8:CD006895. PMID : 36001877. DOI : 10.1002/14651858.CD006895.pub4
  12. Berber A, Del-Río-Navarro BE, Reyes-Noriega N, Sienra-Monge JJL. Immunostimulants for preventing respiratory tract infection in children: A systematic review and meta-analysis. World Allergy Organization Journal. 2022;15(9):100684. PMID : 36185547. DOI : 10.1016/j.waojou.2022.100684
  13. Taylor JA, Weber W, Standish L, et al. Efficacy and safety of echinacea in treating upper respiratory tract infections in children: a randomized controlled trial. JAMA. 2003;290(21):2824-2830. PMID : 14657066. DOI : 10.1001/jama.290.21.2824
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

LT

Laura Toivonen

Pédiatre, chercheuse — Department of Pediatrics and Adolescent Medicine, Turku University Hospital, Turku, Finlande

Première autrice d’une étude de cohorte prospective sur le fardeau des infections respiratoires récurrentes chez le jeune enfant (Pediatric Infectious Disease Journal, 2016).

AM

Adrian R Martineau

Centre for Primary Care and Public Health, Blizard Institute, Queen Mary University of London, Royaume-Uni

AS

Anbezhil Subbarayan

Pédiatre, chercheur — Department of Paediatric Allergy and Immunology, Royal Manchester Children’s Hospital, University of Manchester, Royaume-Uni

Premier auteur d’une étude sur les signes cliniques permettant d’identifier les enfants atteints de déficit immunitaire primitif (Pediatrics, 2011).

LJ

Laura L Jones

Épidémiologiste — UK Centre for Tobacco Control Studies, Division of Epidemiology and Public Health, University of Nottingham, Royaume-Uni

Première autrice de méta-analyses sur le tabagisme passif et le risque d’infections respiratoires et d’otites chez l’enfant (Respiratory Research, 2011 ; Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 2012).

CG

Christoph Grüber

Pédiatre, chercheur — Department of Pediatric Pneumology and Immunology, Charité-Universitätsmedizin Berlin, Allemagne

Premier auteur de l’analyse de la cohorte de naissance MAS-90 établissant des valeurs de référence du nombre d’infections respiratoires chez l’enfant (Pediatric Allergy and Immunology, 2008).