10 000 pas par jour : idée reçue ou réalité sur la longévité
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : Le chiffre de 10 000 pas ne vient pas d'une étude scientifique mais d'une campagne de marketing japonaise des années 1960. Les grandes analyses récentes montrent que la baisse de la mortalité commence dès 2 500 à 4 000 pas par jour, progresse à mesure que l'on marche davantage, puis atteint un plateau situé entre 6 000 et 8 500 pas selon l'âge (méta-analyse de 15 cohortes internationales, Lancet Public Health, 2022). Autrement dit : bouger plus est bénéfique, mais viser 10 000 pas coûte que coûte n'est ni obligatoire ni toujours réaliste.Votre montre affiche 6 300 pas à 22 heures et un petit message vous rappelle que vous n'avez pas « atteint votre objectif ». Vous ressentez une pointe de culpabilité, comme si la journée n'avait pas compté. Cette scène se répète chaque soir pour des millions de porteurs de bracelets connectés. Pourtant, ce seuil de 10 000 pas affiché par défaut n'a rien d'une règle médicale gravée dans le marbre. C'est une idée reçue tenace, née d'un argument publicitaire, que les données d'aujourd'hui permettent enfin de remettre à sa juste place.
Dans cet article, nous allons démêler le vrai du commercial : d'où vient réellement ce chiffre, ce que les études mesurant les pas à l'accéléromètre ont observé, à partir de combien de pas les bénéfices apparaissent, pourquoi la cible change avec l'âge, et surtout comment vous fixer un objectif personnel qui tienne dans la durée. L'ambition n'est pas de vous décourager de marcher, bien au contraire : c'est de vous libérer d'un repère arbitraire pour que chaque pas redevienne une victoire, et non un échec annoncé.
L'origine publicitaire du chiffre de 10 000
Commençons par la question qui change tout : d'où sort ce nombre si rond ? Beaucoup l'imaginent issu d'un grand essai clinique ou d'une recommandation de l'Organisation mondiale de la santé. La réalité est bien plus terre à terre, et franchement plus commerciale.
Nous sommes au Japon, au milieu des années 1960. Le pays est en pleine effervescence à l'approche des Jeux olympiques de Tokyo de 1964, et l'engouement pour la forme physique gagne la population. Une entreprise d'horlogerie, Yamasa, lance alors l'un des premiers podomètres grand public. Son nom de marque : le manpo-kei, que l'on peut traduire littéralement par « compteur de 10 000 pas ». Le caractère japonais man (万) signifie « dix mille » et, détail savoureux, sa forme rappelle vaguement la silhouette d'une personne en train de marcher. Le choix du chiffre devait ainsi à la fois frapper l'imagination, sonner comme un bel objectif et se graver dans les mémoires.
Autrement dit, le 10 000 est né d'un slogan, pas d'un protocole de recherche. Il n'y avait, à l'époque, aucune donnée démontrant que ce nombre précis représentait le seuil optimal pour la santé. Le chercheur japonais associé à la promotion de cette cible, le Dr Yoshiro Hatano, la défendait surtout parce qu'elle encourageait les gens, souvent très sédentaires, à bouger nettement plus qu'ils ne le faisaient. L'intention était excellente ; la précision scientifique du chiffre, elle, était inexistante.
Ce qui devait rester un argument de vente régional a fini par faire le tour du monde. Les fabricants de podomètres, puis de montres connectées, ont repris ce repère rond et facile à communiquer. Programmé par défaut dans d'innombrables applications, il s'est imposé comme une norme implicite, au point que beaucoup le prennent aujourd'hui pour une vérité médicale universelle. C'est précisément cette confusion entre repère commercial et recommandation de santé publique que les études des quinze dernières années permettent de dissiper.
Comprendre cette origine n'enlève rien à l'intérêt de marcher : cela remet simplement le curseur au bon endroit. Le vrai sujet n'est pas « 10 000, oui ou non », mais « combien de pas, pour quel bénéfice, et à quel âge ». Pour aller plus loin sur la logique du mouvement et de la durée de vie, notre article sur l'exercice et la longévité replace la marche dans l'ensemble plus large de l'activité physique.
Ce que les études par accéléromètre ont mesuré
Pour savoir si marcher davantage est lié à une vie plus longue, encore faut-il mesurer les pas correctement. C'est là qu'intervient une petite révolution méthodologique : le passage du questionnaire déclaratif à l'accéléromètre.
Pendant longtemps, les chercheurs demandaient simplement aux participants d'estimer leur activité. Problème : nous surestimons presque toujours ce que nous faisons, et nous oublions une bonne partie de nos déplacements quotidiens. Les capteurs portés au poignet ou à la hanche ont changé la donne. Ils enregistrent objectivement le nombre de pas, leur répartition dans la journée et, pour certains, leur rythme. Les grandes études récentes reposent sur cette mesure directe, ce qui les rend bien plus fiables que les enquêtes d'autrefois.
L'une des plus citées a suivi un large échantillon d'adultes américains équipés d'un accéléromètre pendant une semaine, puis a observé leur santé dans les années suivantes (JAMA, 2020). Le constat est frappant : par rapport aux personnes faisant environ 4 000 pas par jour, celles qui atteignaient 8 000 pas présentaient un risque de décès, toutes causes confondues, inférieur d'environ la moitié sur la période de suivi. À 12 000 pas, la réduction associée était encore plus marquée. Le mouvement et la longévité semblent donc bien aller de pair, mais remarquez déjà que la différence la plus spectaculaire se joue entre « très peu » et « modérément », pas entre « beaucoup » et « énormément ».
Ce que montrent les études : dans l'analyse de JAMA (2020) portant sur plus de 4 800 adultes, passer d'environ 4 000 à 8 000 pas quotidiens était associé à une mortalité toutes causes réduite d'à peu près 50 % sur le suivi. Le bénéfice le plus important se concentre donc dans les premiers milliers de pas gagnés par les personnes les plus sédentaires, et non dans la course aux chiffres élevés.Une grande revue systématique publiée dans le BMJ en 2019, également fondée sur l'accélérométrie, avait déjà posé un cadre important : toute activité physique, y compris d'intensité légère comme la marche tranquille, est associée à un risque de mortalité plus faible, selon une relation dose-réponse. Rester assis de longues heures d'affilée, à l'inverse, joue dans le mauvais sens. Ce résultat est précieux pour les personnes qui pensent que seul un sport intense « compte » : non, la marche du quotidien pèse réellement dans la balance.
Un autre apport majeur de l'accélérométrie est d'avoir réconcilié des résultats qui semblaient contradictoires. Quand les études reposaient sur des questionnaires, les estimations du « bon » nombre de pas variaient énormément, car chacun déclarait son activité à sa façon. En mesurant objectivement et en harmonisant les méthodes entre plusieurs pays, les chercheurs ont obtenu des courbes beaucoup plus cohérentes d'une population à l'autre. C'est cette convergence, davantage qu'un chiffre isolé, qui donne de la solidité au message général : marcher régulièrement est associé à une vie plus longue, et le premier palier de bénéfice est accessible à presque tout le monde.
Il faut cependant garder une chose à l'esprit, sur laquelle nous reviendrons en détail : ces travaux sont observationnels. Ils constatent une association entre marcher plus et vivre plus longtemps, sans pouvoir prouver à eux seuls que l'un cause l'autre. C'est une nuance essentielle, trop souvent gommée dans les titres de presse.
Le seuil réel de bénéfice et le plateau
Si 10 000 n'est pas une règle, quel est alors le « bon » nombre ? Les données convergent vers une réponse rassurante : les bénéfices démarrent bas et plafonnent plus tôt qu'on ne le croit.
La pièce maîtresse du dossier est une méta-analyse réunissant quinze cohortes internationales, soit des dizaines de milliers de participants suivis pendant plusieurs années (Lancet Public Health, 2022). Ses auteurs ont observé que le risque de décès diminue progressivement à mesure que le nombre de pas augmente, puis atteint un plateau au-delà duquel ajouter des pas n'apporte plus de réduction nette du risque. Ce plateau se situe, selon les groupes d'âge, entre environ 6 000 et 8 500 pas par jour. Marcher plus que cela n'est pas nocif, loin de là, mais le gain supplémentaire en termes de mortalité devient marginal.
Une méta-analyse dose-réponse parue dans Sports Medicine en 2022 va dans le même sens avec un message simple à retenir : chaque tranche de 1 000 pas quotidiens supplémentaires est associée à une baisse d'environ 10 à 12 % du risque de décès, selon une courbe qui s'aplatit à mesure que le total grimpe. Plus récemment, une large méta-analyse publiée dans l'European Journal of Preventive Cardiology en 2023, portant sur plus de 200 000 personnes, a confirmé qu'une association favorable apparaît déjà autour de 4 000 pas par jour pour la mortalité toutes causes, et à un niveau encore plus bas pour la mortalité cardiovasculaire. Fait intéressant, cette dernière analyse a observé que le risque continuait de diminuer même au-delà des seuils habituels chez certaines populations, rappelant que les choses sont rarement aussi tranchées qu'un chiffre unique le laisse croire.
Que retenir de cet ensemble ? Trois idées clés. D'abord, le premier palier de bénéfice est accessible : viser 5 000 à 6 000 pas, pour quelqu'un qui en fait 3 000, représente déjà un progrès majeur. Ensuite, la zone de 7 000 à 8 000 pas apparaît dans de nombreux travaux comme un excellent compromis entre bénéfice santé et faisabilité au quotidien. Enfin, le fameux 10 000 n'est pas une frontière magique : l'atteindre est très bien, ne pas l'atteindre ne vous prive pas de l'essentiel des bienfaits.
Cette logique de dose adaptée se retrouve dans d'autres domaines de la prévention. Elle rejoint par exemple ce que nous décrivons dans notre guide sur la prévention des maladies liées à l'âge : agir tôt et régulièrement compte souvent plus que viser la performance maximale.
L'âge change la cible : moins de pas suffisent après 60 ans
Voici l'un des enseignements les plus utiles, et pourtant le plus souvent ignoré : la cible de pas la plus favorable n'est pas la même à 35 ans et à 70 ans. Appliquer le même objectif à tout le monde revient à ignorer la physiologie du vieillissement.
La méta-analyse des quinze cohortes l'a montré clairement en séparant les participants par tranche d'âge. Chez les adultes de moins de 60 ans, le plateau de bénéfice se situait plutôt autour de 8 000 à 10 000 pas par jour. Chez les personnes de 60 ans et plus, en revanche, ce plateau arrivait beaucoup plus tôt, entre 6 000 et 8 000 pas environ. Au-delà, le risque de mortalité ne diminuait plus de façon notable. Pour un senior, viser obstinément 10 000 pas n'apporte donc pas forcément d'avantage supplémentaire, et peut même générer une fatigue ou un risque de blessure inutiles.
Une étude spécifiquement consacrée aux femmes âgées, d'un âge moyen d'environ 72 ans, l'avait déjà suggéré (JAMA Internal Medicine, 2019). Comparées à celles qui faisaient le moins de pas (environ 2 700 par jour), les participantes atteignant près de 4 400 pas quotidiens présentaient une mortalité nettement plus faible. Et le bénéfice continuait d'augmenter jusqu'à environ 7 500 pas, où il se stabilisait. Autrement dit, pour une femme de plus de 70 ans, le seuil associé au gain maximal se situait bien en dessous des 10 000 pas tant répétés.
Ce décalage a du sens sur le plan biologique. Avec l'âge, la masse et la force musculaires diminuent naturellement, un phénomène que nous détaillons dans notre article sur la sarcopénie et la perte musculaire liée à l'âge. La récupération est plus lente, les articulations plus sensibles, et le coût énergétique de la marche augmente. Dans ce contexte, un objectif plus modeste mais tenu chaque jour est bien plus profitable qu'une cible élevée atteinte trois fois par semaine au prix de douleurs.
Le message est donc profondément rassurant pour les personnes âgées et leurs proches : après 60 ans, se maintenir autour de 6 000 à 8 000 pas, en fonction de sa forme, place déjà dans la zone la plus favorable observée dans les études. Et pour celles et ceux qui partent de très bas, le simple fait de passer de 2 000 à 4 000 pas réguliers représente l'un des gains les plus importants que l'on puisse espérer. L'activité physique s'inscrit ici dans une approche globale du bien-vieillir, aux côtés du sommeil, de l'alimentation et du lien social, que nous abordons dans notre dossier sur les approches naturelles du bien-vieillir.
La cadence compte-t-elle autant que le volume ?
Une fois réglée la question du nombre de pas, une autre interrogation surgit : faut-il marcher vite pour en tirer davantage de bénéfices ? L'idée séduit, car elle laisse espérer un raccourci : moins de pas mais plus intenses. La réponse des études est nuancée.
Dans l'analyse de JAMA de 2020, les chercheurs ont examiné séparément le volume total de pas et leur intensité, c'est-à-dire la cadence atteinte sur les meilleures minutes de la journée. Leur conclusion a surpris beaucoup de monde : une fois pris en compte le nombre total de pas, l'intensité n'apportait plus d'association supplémentaire claire avec la mortalité. En clair, ce qui semblait compter avant tout, c'était d'accumuler des pas, quelle que soit la vitesse à laquelle on les faisait.
D'autres travaux apportent toutefois une lecture complémentaire. Une étude parue dans JAMA Internal Medicine en 2022 a observé qu'à nombre de pas équivalent, une cadence plus soutenue était associée à des bénéfices additionnels, notamment sur le risque de cancer et de maladies cardiovasculaires. Ces résultats ne se contredisent pas vraiment : ils suggèrent que le volume de pas constitue le socle du bénéfice, et que marcher d'un bon pas peut représenter un bonus, sans jamais être une condition obligatoire.
Pour vous, cela se traduit par un principe souple et libérateur. Si vous le pouvez et que cela vous plaît, intégrer quelques séquences de marche plus rapide, où vous êtes légèrement essoufflé mais encore capable de parler, est une excellente idée. Mais si votre forme, vos articulations ou votre souffle ne le permettent pas, pas d'inquiétude : une marche tranquille, régulière et prolongée conserve l'essentiel de ses vertus. Cette intensité modérée rejoint d'ailleurs les recommandations générales d'activité physique, qui privilégient la régularité à la performance.
Un dernier point mérite d'être souligné à propos de la cadence : elle a tendance à diminuer naturellement avec l'âge, et ce n'est pas un drame. Chercher à retrouver coûte que coûte l'allure de ses trente ans peut être contre-productif et exposer à des faux pas. Mieux vaut ajuster son rythme à sa forme du jour, en restant dans une zone où l'on se sent en effort agréable plutôt qu'en lutte. La régularité, encore une fois, l'emporte sur l'intensité ponctuelle.
La marche agit par ailleurs bien au-delà du cœur et des muscles. Une activité physique régulière soutient aussi le cerveau et contribue à préserver les fonctions cognitives au fil des années, un sujet que nous développons dans notre article sur la façon de prévenir le déclin cognitif naturellement. Elle agit également sur l'humeur, le niveau d'énergie et la qualité du sommeil, trois leviers qui, ensemble, pèsent lourd sur la sensation de bien vieillir. Bouger, c'est donc entretenir à la fois le corps et l'esprit.
Les limites de ces études : prudence sur ce que l'on peut conclure
Il serait malhonnête de présenter ces chiffres comme des certitudes absolues. Pour garder la tête froide et choisir en connaissance de cause, il faut comprendre ce que ces études peuvent, et surtout ne peuvent pas, démontrer.
Première limite, la plus importante : la quasi-totalité de ces travaux sont observationnels. Ils observent des groupes de personnes et constatent des associations entre le nombre de pas et la mortalité, mais ils ne peuvent pas établir à eux seuls un lien de cause à effet. Entre « les gens qui marchent plus vivent plus longtemps » et « marcher plus fait vivre plus longtemps », il y a une marche logique que ces études ne franchissent pas totalement.
Deuxième limite, directement liée : le phénomène de causalité inverse. Les personnes en moins bonne santé, atteintes d'une maladie chronique débutante ou d'une fragilité naissante, marchent spontanément moins. Leur faible nombre de pas n'est pas forcément la cause de leur risque accru : il peut en être la conséquence, le signe précoce d'un problème déjà présent. Les chercheurs tentent de corriger ce biais, par exemple en excluant les décès survenus dans les premières années de suivi, mais il reste difficile à éliminer complètement. Une partie de l'écart spectaculaire observé entre petits et gros marcheurs s'explique sans doute par la santé de départ, et pas seulement par la marche.
Troisième limite : la fiabilité et la comparabilité des mesures. Tous les capteurs ne comptent pas les pas de la même manière, les durées de port varient, et une semaine de mesure ne reflète pas forcément une vie entière d'habitudes. Les seuils précis (6 000 ? 7 500 ? 8 000 ?) doivent donc être lus comme des ordres de grandeur, pas comme des frontières au pas près. C'est d'ailleurs pourquoi les résultats varient légèrement d'une étude à l'autre.
Enfin, un point de bon sens : ces études mesurent la mortalité toutes causes, un indicateur global et robuste, mais qui ne dit pas tout du bien-être au quotidien, de l'énergie, du moral ou de la qualité du sommeil, autant de dimensions sur lesquelles la marche agit aussi. Le sommeil, en particulier, entretient avec l'activité physique une relation à double sens que nous explorons dans notre article sur le sommeil et le vieillissement.
Que faut-il en conclure ? Non pas que ces données sont sans valeur, mais qu'elles doivent être lues avec mesure. La convergence de nombreuses études de bonne qualité, allant toutes dans le même sens, renforce la confiance dans le message central : bouger régulièrement est associé à une meilleure longévité, et le bénéfice commence tôt. En revanche, aucune de ces études ne justifie de transformer un repère commercial en impératif anxiogène. La nuance, ici, n'est pas de la tiédeur : c'est de l'honnêteté.
Fixer un objectif personnel qui tienne dans la durée
Place maintenant à l'essentiel : que faire concrètement de toutes ces informations ? L'idée directrice tient en une phrase : remplacez l'objectif unique et arbitraire par une cible personnelle, progressive et adaptée à votre vie.
Partez de votre point de départ réel. Avant de viser quoi que ce soit, mesurez votre moyenne actuelle sur une semaine normale, montre ou téléphone en poche. C'est votre base, sans jugement. Quelqu'un à 3 000 pas et quelqu'un à 7 000 pas n'ont ni le même point de départ ni la même marge de progression.
Fixez une progression douce plutôt qu'une cible lointaine. Plutôt que de viser 10 000 pas d'un coup, ajoutez environ 500 à 1 000 pas à votre moyenne actuelle, et maintenez ce nouveau niveau deux à trois semaines avant d'augmenter de nouveau. Cette approche par petits paliers respecte vos articulations, limite le risque de blessure et, surtout, s'ancre durablement dans vos habitudes. Un objectif tenu toute l'année vaut infiniment mieux qu'un objectif ambitieux abandonné en février.
Visez une zone, pas un chiffre. Au lieu d'un couperet, raisonnez en fourchette : par exemple « entre 6 000 et 8 000 pas la plupart des jours ». Cette souplesse autorise les variations naturelles de la vie, les jours de pluie, les semaines chargées, sans transformer chaque soir en verdict.
Adaptez la cible à votre âge et à votre condition. Si vous avez plus de 60 ans, souvenez-vous que la zone de 6 000 à 8 000 pas place déjà dans l'intervalle le plus favorable des études. Si vous souffrez d'une pathologie cardiaque, articulaire ou respiratoire, ou si vous reprenez le sport après une longue interruption, la cible doit être personnalisée avec un professionnel de santé. C'est d'ailleurs une règle de prudence qui vaut pour toute reprise d'activité intense : demander un avis médical avant d'accélérer n'est pas un excès de précaution, c'est du bon sens.
Intégrez la marche à votre quotidien plutôt que d'en faire une corvée. Descendre un arrêt plus tôt, prendre l'escalier, marcher en téléphonant, faire le tour du pâté de maisons après le dîner : ces micro-habitudes s'additionnent et pèsent lourd sur une semaine. La marche la plus efficace est celle que vous faites réellement, pas celle que vous planifiez sans jamais l'exécuter.
Soignez aussi ce qui soutient la marche. Une bonne paire de chaussures, un échauffement léger si vous accélérez, une hydratation suffisante et une alimentation qui entretient le muscle font la différence sur le long terme. La marche s'inscrit dans un mode de vie d'ensemble, en lien étroit avec l'alimentation qui aide à bien vieillir et avec la gestion du stress, par exemple via la méditation, dont les liens avec la longévité sont de plus en plus étudiés.
Cette approche complémentaire, où la marche dialogue avec le sommeil, l'alimentation et le mental, est au cœur de la philosophie que nous défendons : des gestes simples, soutenables et personnalisés, plutôt qu'une injonction universelle. Pour être accompagné dans cette démarche, vous pouvez consulter un professionnel du bien-être via notre annuaire et construire un plan adapté à votre situation.
FAQ : vos questions sur le nombre de pas
Faut-il vraiment faire 10 000 pas par jour ?
Non, ce n'est pas une obligation. Le chiffre de 10 000 est à l'origine un repère commercial et non une recommandation de santé publique. Les études montrent que l'essentiel du bénéfice sur la mortalité s'obtient bien avant, souvent entre 6 000 et 8 000 pas selon l'âge. Atteindre 10 000 pas est tout à fait bien si cela vous convient, mais ne pas y parvenir ne vous prive pas des principaux bienfaits de la marche.
Combien de pas par jour après 60 ans pour être protégé ?
Les données suggèrent qu'après 60 ans, la zone la plus favorable se situe entre 6 000 et 8 000 pas par jour, le bénéfice atteignant un plateau plus tôt que chez les plus jeunes. Pour une personne très sédentaire, même passer de 2 000 à 4 000 pas réguliers représente déjà un gain important. L'objectif idéal dépend toutefois de votre état de santé : parlez-en à votre médecin.
À partir de combien de pas les bénéfices commencent-ils ?
Une association favorable avec une mortalité plus faible apparaît dès 2 500 à 4 000 pas par jour dans plusieurs analyses récentes. C'est une excellente nouvelle pour les personnes les plus sédentaires : les premiers milliers de pas gagnés sont justement ceux qui comptent le plus. Chaque tranche de 1 000 pas supplémentaires est associée à une réduction d'environ 10 à 12 % du risque, jusqu'à un plateau.
Marcher vite change-t-il quelque chose au bénéfice ?
Le volume total de pas semble être le facteur principal : accumuler des pas, même à allure tranquille, est associé à une meilleure longévité. Une cadence plus soutenue peut apporter un bénéfice complémentaire, notamment cardiovasculaire, mais elle n'est pas indispensable. Si votre forme le permet, quelques séquences plus rapides sont un plus ; sinon, une marche régulière conserve l'essentiel de ses vertus.
Ma montre connectée est-elle fiable pour compter mes pas ?
Les capteurs modernes donnent une bonne estimation de la tendance générale, utile pour suivre votre progression dans le temps. En revanche, le chiffre exact varie d'un appareil à l'autre et l'objectif de 10 000 pas affiché par défaut n'est pas un repère médical. Utilisez votre montre comme un outil de motivation et de suivi, pas comme un juge de votre journée.
Ce qu'il faut retenir
Le chiffre de 10 000 pas n'est pas une règle médicale : c'est l'héritage d'une campagne publicitaire japonaise des années 1960, devenue norme par la force de l'habitude et des réglages par défaut de nos appareils. Les données des quinze dernières années racontent une histoire plus juste et plus encourageante : bouger plus est réellement associé à une meilleure longévité, mais le bénéfice démarre dès quelques milliers de pas et atteint un plateau bien avant 10 000, surtout après 60 ans.
Retenez l'essentiel. La baisse de la mortalité commence tôt, dès 2 500 à 4 000 pas. La zone de 6 000 à 8 000 pas offre un excellent rapport entre bénéfice et faisabilité. Après 60 ans, la cible favorable est plus basse, et c'est une bonne nouvelle. Le volume de pas prime sur la vitesse, même si marcher d'un bon pas peut être un bonus. Enfin, ces études sont observationnelles : elles invitent à bouger régulièrement sans transformer un chiffre en source d'angoisse.
Le meilleur objectif n'est donc pas celui qu'affiche votre montre, mais celui que vous tiendrez toute l'année : une cible personnelle, progressive, adaptée à votre âge et à votre condition, intégrée naturellement à votre quotidien. Avant de reprendre une activité plus intense, demandez l'avis d'un professionnel de santé, et faites de la marche l'un des piliers d'un mode de vie équilibré, aux côtés du sommeil, de l'alimentation et du mental. Chaque pas compte vraiment, y compris et surtout quand il est atteignable.
Sources
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