Femme d'une cinquantaine d'années à une table de cuisine tenant un bol d'edamame, avec du tofu et une boisson au soja
Ménopause

Phytoestrogènes et cancer du sein : les données scientifiques actuelles

⏱ 41 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : chez la femme, les grandes études de cohorte ne retrouvent pas d'augmentation du risque de cancer du sein ni de récidive avec une consommation alimentaire de soja ; dans une analyse groupée de 9 514 femmes traitées pour un cancer du sein, un apport d'au moins 10 mg d'isoflavones par jour issu de l'alimentation était même associé à un risque de récidive plus bas de 25 % (Nechuta et al., American Journal of Clinical Nutrition, 2012). Ces données sont observationnelles : elles décrivent une association, pas une protection démontrée. Les compléments concentrés d'isoflavones sont une autre situation, beaucoup moins étudiée chez les femmes ayant eu un cancer du sein. Si vous avez ou avez eu un cancer du sein hormonodépendant, ou si vous prenez du tamoxifène ou un inhibiteur de l'aromatase, aucun complément de phyto-œstrogènes ne doit être pris sans l'avis de votre oncologue.
Vous avez peut-être lu, dans un magazine ou sur un forum, que le soja aide à passer le cap des bouffées de chaleur. Et quelques pages plus loin, ou dans la salle d'attente d'un service d'oncologie, qu'il « nourrit » les cancers du sein hormonodépendants. Si votre mère, votre sœur ou vous-même avez été concernée par cette maladie, cette contradiction n'a rien d'une querelle d'experts : c'est une question très concrète, posée au moment de faire les courses, de choisir un yaourt végétal ou de regarder une boîte de gélules « spécial ménopause » en pharmacie.

Cet article ne cherche ni à vous rassurer à tout prix, ni à vous inquiéter. Il reprend, étape par étape, d'où vient la crainte, ce que les études chez l'animal ont réellement montré, ce que les grandes cohortes de femmes ont observé, et pourquoi l'assiette et la gélule ne doivent pas être confondues. Il se termine par des repères pratiques selon votre situation, à discuter avec les soignants qui vous suivent.

Pourquoi l'inquiétude est née : l'effet œstrogénique in vitro

Des molécules végétales qui ressemblent aux œstrogènes

Les phyto-œstrogènes sont des composés produits par certaines plantes, dont la structure chimique rappelle celle de l'estradiol, la principale hormone œstrogène de la femme. Trois grandes familles existent : les isoflavones (génistéine, daïdzéine, glycitéine), présentes surtout dans le soja et, à moindre degré, dans le trèfle rouge ; les lignanes, que l'on trouve dans les graines de lin, les céréales complètes et de nombreux légumes ; et les coumestanes, plus rares, présents par exemple dans les jeunes pousses de luzerne. Si vous souhaitez une présentation générale de ces molécules et de leur place à la ménopause, notre article sur les phytoestrogènes et la ménopause les détaille.

Dans le débat sur le cancer du sein, ce sont surtout les isoflavones du soja qui sont en cause, parce qu'elles sont de loin les plus étudiées et les plus présentes dans les compléments alimentaires.

Un mode d'action plus subtil qu'une « hormone végétale »

Le corps humain possède deux grands types de récepteurs aux œstrogènes : les récepteurs alpha (ERα) et les récepteurs bêta (ERβ). Dans le tissu mammaire, l'activation de ERα est associée à la prolifération des cellules, alors que ERβ semble plutôt freiner cette prolifération. Or la génistéine se lie préférentiellement aux récepteurs bêta. C'est pour cette raison que les chercheurs classent les isoflavones parmi les modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes : selon le tissu, la dose et le contexte hormonal, elles peuvent avoir un effet œstrogénique faible, un effet anti-œstrogénique, ou pas d'effet mesurable.

Leur activité œstrogénique est aussi beaucoup plus faible que celle de l'estradiol : selon les modèles, de l'ordre de cent à plusieurs milliers de fois moindre. Mais elles peuvent circuler dans le sang à des concentrations bien plus élevées que l'estradiol chez une grande consommatrice de soja, ce qui explique que la question de leur effet global ne puisse pas être tranchée par la seule chimie.

Les expériences en boîte de Pétri

L'inquiétude est née au laboratoire. Sur des lignées de cellules de cancer du sein sensibles aux œstrogènes, comme la célèbre lignée MCF-7, la génistéine stimule la croissance cellulaire à faible concentration, puis l'inhibe à concentration élevée. Ce double comportement a été reproduit de nombreuses fois. Il suffit à comprendre pourquoi des médecins ont, dès les années 1990, recommandé la prudence : une substance capable de faire proliférer des cellules tumorales hormonodépendantes en culture mérite d'être regardée de près.

Mais une cellule isolée dans un milieu de culture n'est pas un organisme. Elle ne métabolise pas les isoflavones comme le fait l'intestin humain, elle ne baigne pas dans le même environnement hormonal, et les concentrations testées ne correspondent pas toujours à ce que l'on retrouve dans le sang après un repas. Ces travaux posent une question, ils n'y répondent pas.

Ce que les études animales ont montré, et pourquoi elles se transposent mal

Des tumeurs qui grossissent chez la souris

L'étape suivante a été l'animal. Au début des années 2000, l'équipe de William Helferich, à l'université de l'Illinois, a publié une série d'expériences marquantes. Des souris dont on avait retiré les ovaires (pour mimer une ménopause) et dépourvues de système immunitaire fonctionnel recevaient une greffe de cellules MCF-7, puis une alimentation enrichie en génistéine.

Ce que montrent les études
Étude : Ju et al., Journal of Nutrition, 2001 (souris ovariectomisées et immunodéprimées, greffées avec des cellules MCF-7).
Résultat : la génistéine ajoutée à l'alimentation, à des doses produisant des concentrations sanguines dites « physiologiques », augmentait la taille des tumeurs de façon dose-dépendante (jusqu'à environ 20 fois la taille du groupe témoin à la dose la plus forte) et la proportion de cellules en prolifération.
Limite : modèle très artificiel (absence d'ovaires et d'immunité, cellules humaines greffées, génistéine isolée) ; le métabolisme des isoflavones chez la souris diffère nettement de celui de la femme.
Une autre publication de la même équipe (Ju et al., Cancer Research, 2002) a montré, dans ce même modèle, que la génistéine alimentaire pouvait annuler l'effet freinateur du tamoxifène sur la croissance de ces tumeurs. C'est de là que vient, en grande partie, la recommandation de prudence encore souvent répétée aux femmes sous tamoxifène.

Pourquoi la souris n'est pas une femme

Ces résultats ne doivent pas être balayés : ils sont réels et ont légitimement orienté la prudence des cancérologues. Mais plusieurs différences majeures limitent leur transposition :

  • Le métabolisme diffère. Chez le rongeur, une bien plus grande partie des isoflavones circule sous forme libre, active, que chez l'humain, où elles sont rapidement conjuguées par le foie et l'intestin. À apport comparable, l'exposition des tissus à la forme active n'est donc pas la même.
  • Le modèle est extrême. Des souris sans ovaires et sans immunité, porteuses de cellules tumorales humaines très sensibles aux œstrogènes, représentent un scénario volontairement « favorable » à l'effet recherché. Il sert à démontrer un mécanisme possible, pas à mesurer un risque réel chez une femme.
  • La forme compte. Ces études utilisaient souvent de la génistéine purifiée, et non du soja entier. D'autres expériences ont montré que des farines de soja peu transformées ne produisaient pas le même effet que les isoflavones isolées.
  • D'autres modèles animaux vont en sens inverse. Chez le rat exposé tôt dans la vie au soja, plusieurs travaux suggèrent au contraire une moindre sensibilité ultérieure aux cancérogènes mammaires.
En résumé, l'animal montre qu'un effet stimulant est biologiquement plausible dans certaines conditions. Pour savoir ce qui se passe chez la femme qui mange du tofu ou boit une boisson au soja, il faut étudier des femmes.

Les études de cohorte chez la femme : incidence et récidive

Deux questions distinctes doivent être séparées : le soja augmente-t-il le risque de développer un cancer du sein ? Et, chez une femme déjà traitée, augmente-t-il le risque de récidive ou de décès ? Les études ne sont pas les mêmes, et les réponses non plus.

Première question : le risque de développer un cancer du sein

Les études qui répondent à cette question sont presque toutes observationnelles : on interroge un grand nombre de femmes sur leur alimentation, puis on les suit pendant des années pour voir lesquelles développent un cancer. Aucun essai randomisé n'a jamais suivi des milliers de femmes pendant vingt ans en leur faisant manger du soja ou non, et il n'y en aura probablement jamais.

La plus grande étude récente est celle de la China Kadoorie Biobank, qui a suivi plus de 300 000 femmes chinoises pendant une dizaine d'années.

Ce que montrent les études
Étude : Wei et al., European Journal of Epidemiology, 2020 — cohorte prospective de plus de 300 000 femmes chinoises de 30 à 79 ans, suivie environ 10 ans, et méta-analyse dose-réponse des cohortes prospectives publiées.
Résultat : 2 289 cancers du sein ont été diagnostiqués. Le risque était identique entre les femmes qui consommaient le plus d'isoflavones (environ 19 mg par jour) et celles qui en consommaient le moins (environ 4,5 mg par jour) : risque relatif 1,00 (IC 95 % 0,81-1,22). Dans la méta-analyse, chaque tranche de 10 mg d'isoflavones par jour était associée à un risque inférieur de 3 %.
Limite : données observationnelles, alimentation déclarée par questionnaire, population asiatique dont les habitudes (soja consommé depuis l'enfance, aliments peu transformés) diffèrent des habitudes européennes. Une association modeste ne prouve pas un effet protecteur.
Ce résultat est cohérent avec la majorité des travaux antérieurs. Les associations inverses les plus nettes s'observent dans les populations asiatiques, où les apports sont élevés et commencent souvent dès l'enfance ; dans les populations occidentales, où la consommation de soja est faible, les études ne montrent généralement ni augmentation ni diminution nette du risque. Il est important de le dire clairement : aucune donnée ne permet d'affirmer que manger du soja prévient le cancer du sein. Ce que les données montrent de façon assez constante, c'est l'absence de signal d'augmentation du risque avec une consommation alimentaire habituelle.

Seconde question : la récidive après un cancer du sein

C'est la question qui préoccupe le plus les femmes déjà traitées. Ici encore, les données viennent de cohortes, mais plusieurs d'entre elles sont de grande taille et bien conduites.

La première étude marquante a été publiée en 2009 dans le JAMA. L'étude de survie du cancer du sein de Shanghai a suivi 5 042 femmes opérées d'un cancer du sein, en réévaluant leur alimentation à plusieurs reprises après le diagnostic.

Ce que montrent les études
Étude : Shu et al., JAMA, 2009 — Shanghai Breast Cancer Survival Study, 5 042 survivantes d'un cancer du sein, suivi médian de 3,9 ans.
Résultat : les femmes du quart le plus consommateur de protéines de soja avaient un risque de décès plus bas de 29 % (HR 0,71 ; IC 95 % 0,54-0,92) et un risque de récidive plus bas de 32 % (HR 0,68 ; IC 95 % 0,54-0,87) que celles du quart le moins consommateur. L'association était retrouvée que la tumeur soit hormonodépendante ou non, et chez les utilisatrices comme chez les non-utilisatrices de tamoxifène.
Limite : étude observationnelle ; les grandes consommatrices de soja peuvent différer sur d'autres plans (mode de vie, alimentation globale) que les ajustements statistiques ne corrigent qu'imparfaitement. Un des auteurs avait reçu un petit financement de l'industrie du soja en 2005, déclaré dans la publication.
Trois ans plus tard, une analyse a regroupé cette cohorte chinoise avec deux cohortes américaines, dans le cadre de l'After Breast Cancer Pooling Project. C'est l'étude la plus souvent citée, parce qu'elle permet de comparer des femmes aux habitudes alimentaires très différentes.

Ce que montrent les études
Étude : Nechuta et al., American Journal of Clinical Nutrition, 2012 — 9 514 femmes traitées pour un cancer du sein invasif (deux cohortes américaines, une cohorte chinoise), suivi moyen de 7,4 ans.
Résultat : 1 348 récidives et 1 171 décès ont été enregistrés. Une consommation d'au moins 10 mg d'isoflavones par jour après le diagnostic était associée à un risque de récidive plus bas de 25 % (HR 0,75 ; IC 95 % 0,61-0,92). La baisse de la mortalité spécifique par cancer du sein (HR 0,83) n'était pas statistiquement significative. L'association allait dans le même sens chez les femmes américaines et chinoises.
Limite : le soja provenait de l'alimentation, pas de compléments. Les apports des Américaines restaient faibles en moyenne. Données observationnelles.
En Amérique du Nord, la Breast Cancer Family Registry a suivi 6 235 femmes atteintes d'un cancer du sein pendant près de dix ans (Zhang et al., Cancer, 2017). Les femmes du quart le plus consommateur d'isoflavones alimentaires avaient une mortalité toutes causes plus basse de 21 % (HR 0,79). Un détail mérite d'être souligné, parce qu'il est souvent omis : cette association était surtout visible chez les femmes dont la tumeur n'était pas hormonodépendante et chez celles qui ne recevaient pas d'hormonothérapie. Chez les femmes sous hormonothérapie, aucune association nette n'était observée, ni dans un sens ni dans l'autre. Les tests d'interaction n'étaient toutefois pas significatifs, ce qui invite à ne pas surinterpréter ces sous-groupes.

Ce que disent les synthèses

Une méta-analyse publiée en 2019 (Qiu et Jiang, European Journal of Nutrition) a regroupé 12 publications portant sur 37 275 femmes atteintes d'un cancer du sein. Une consommation plus élevée de soja et d'isoflavones avant le diagnostic était associée à une survie globale un peu meilleure (HR 0,84), surtout chez les femmes ménopausées. Les associations avec la consommation après le diagnostic n'atteignaient pas la significativité statistique pour la survie, mais la consommation, avant comme après le diagnostic, était associée à un risque de récidive plus bas. Les auteurs concluent eux-mêmes que ces données apportent une preuve limitée d'un bénéfice modeste.

Une revue systématique canadienne plus large (Fritz et al., PLoS One, 2013), qui a analysé 131 publications dont 40 essais randomisés, conclut qu'il n'existe pas de preuve d'un effet délétère du soja sur le risque de cancer du sein ou de récidive, et qu'une consommation comparable à celle d'un régime japonais traditionnel, soit 2 à 3 portions par jour apportant 25 à 50 mg d'isoflavones, paraît sans danger pour les survivantes. Les mêmes auteurs ajoutent une réserve essentielle : des preuves plus solides sont nécessaires avant de pouvoir recommander des isoflavones à forte dose (100 mg par jour ou plus) aux patientes atteintes d'un cancer du sein.

Le niveau de preuve, en toute honnêteté

Il faut nommer clairement ce que ces études peuvent et ne peuvent pas dire :

  • Elles sont toutes observationnelles pour ce qui concerne le cancer lui-même. Elles montrent des associations, compatibles avec un effet protecteur, mais aussi avec le fait que les grandes consommatrices de soja ont d'autres habitudes favorables.
  • Elles reposent sur des questionnaires alimentaires, avec une marge d'erreur inévitable.
  • Les apports les plus élevés étudiés restent ceux d'une alimentation, généralement entre 10 et 60 mg d'isoflavones par jour. Elles ne disent rien de directement transposable aux compléments dosés à 80, 100 ou 150 mg.
  • Leur convergence est néanmoins remarquable : des populations différentes, en Asie comme en Amérique du Nord, ne montrent aucun signal d'augmentation de la récidive avec le soja alimentaire, alors même que les études animales laissaient craindre l'inverse.

Soja alimentaire et compléments d'isoflavones : deux situations distinctes

Ce que contient réellement une assiette

Les quantités d'isoflavones varient beaucoup d'un produit à l'autre, selon la variété de soja, le procédé de fabrication et la marque. À titre d'ordre de grandeur seulement :

| Aliment (portion usuelle) | Isoflavones, ordre de grandeur | | :-- | :-- | | Tofu nature, 100 g | 20 à 35 mg | | Boisson au soja, 250 ml | 15 à 30 mg | | Edamame (fèves de soja), 100 g | 15 à 25 mg | | Tempeh, 100 g | 30 à 40 mg | | Dessert au soja, 125 g | 10 à 25 mg | | Sauce soja, 1 cuillère | moins de 1 mg | | Graines de lin, 1 cuillère (lignanes, pas isoflavones) | variable, effet œstrogénique différent |

Dans les pays européens, la consommation moyenne d'isoflavones est très faible, souvent inférieure à 2 mg par jour. Au Japon ou en Chine, elle se situe classiquement entre 20 et 50 mg par jour, répartie sur plusieurs repas, à partir d'aliments entiers ou fermentés, consommés depuis l'enfance.

Ce que contient une gélule

Les compléments alimentaires « ménopause » à base de soja ou de trèfle rouge apportent souvent entre 40 et 150 mg d'isoflavones par jour, parfois davantage, en une ou deux prises, sous forme d'extraits concentrés. Certains sont enrichis en génistéine, la molécule la plus active sur les récepteurs, d'autres contiennent un dérivé métabolique comme l'équol.

Trois différences avec l'alimentation sont importantes :

  1. La dose : un complément peut apporter en une gélule ce qu'une consommatrice asiatique régulière consomme en une journée entière, voire davantage.
  2. La forme : un extrait isolé ne s'accompagne pas des protéines, des fibres et des autres composés de l'aliment entier, qui modifient l'absorption et le métabolisme. Les études animales montrent que les isoflavones purifiées ne se comportent pas comme le soja entier.
  3. Le contexte de consommation : on commence souvent un complément précisément à la ménopause, parfois chez une femme dont la mammographie montre un tissu dense ou qui a des antécédents familiaux, c'est-à-dire chez des femmes pour lesquelles les données sont les plus rares.

Un essai qui invite à la prudence avec les fortes doses

Les essais randomisés chez des femmes atteintes d'un cancer du sein sont rares. L'un d'eux, conduit au Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York, mérite d'être connu, parce qu'il a testé un supplément de soja et non une alimentation.

Ce que montrent les études
Étude : Shike et al., Journal of the National Cancer Institute, 2014 — essai randomisé chez 140 femmes atteintes d'un cancer du sein de stade précoce, recevant soit un supplément de protéines de soja, soit une poudre inactive identique, pendant 7 à 30 jours entre le diagnostic et la chirurgie.
Résultat : l'index de prolifération Ki67 et le marqueur d'apoptose n'étaient pas significativement modifiés. En revanche, chez les femmes ayant les taux sanguins de génistéine les plus élevés, une « signature » de 126 gènes était observée, caractérisée par une surexpression de gènes favorisant le cycle cellulaire et la prolifération (dont FGFR2).
Limite : effectif modeste, durée très courte, critère biologique (expression génique) et non clinique (récidive). Les auteurs concluent que ces résultats soulèvent la possibilité qu'un sous-groupe de femmes réagisse défavorablement à une supplémentation.
Cet essai ne démontre pas qu'un complément de soja favorise une récidive. Mais il montre que l'on ne peut pas, à partir des cohortes alimentaires, conclure que les fortes doses concentrées sont sans effet sur le tissu tumoral. C'est précisément la nuance que le débat public efface souvent.

La densité mammaire, un marqueur intermédiaire

La densité mammaire, visible à la mammographie, est un facteur de risque reconnu de cancer du sein. Une méta-analyse d'essais randomisés (Hooper et al., Human Reproduction Update, 2010), regroupant 8 essais et 1 287 femmes ayant pris des aliments riches en isoflavones ou des compléments pendant 6 mois à 3 ans, n'a trouvé aucun effet sur la densité mammaire chez les femmes ménopausées. Chez les femmes non ménopausées, une légère augmentation (environ 1,8 point de pourcentage) était observée, mais ce résultat disparaissait dans une des analyses de sensibilité. Les auteurs estiment que la portée clinique de cette petite variation reste inconnue.

Interaction avec le tamoxifène et les anti-aromatases : l'état des données

Pourquoi la question se pose

Le tamoxifène agit en bloquant les récepteurs aux œstrogènes dans le tissu mammaire. Les inhibiteurs de l'aromatase (anastrozole, létrozole, exémestane), utilisés surtout après la ménopause, agissent autrement : ils effondrent la production d'œstrogènes par le corps. Dans les deux cas, l'objectif est de priver les cellules tumorales hormonodépendantes de leur signal de croissance. Il est donc logique de se demander si l'apport de molécules capables de se lier, même faiblement, aux récepteurs aux œstrogènes pourrait contrarier ces traitements.

Ce que l'on sait chez l'animal

Le seul signal net vient de l'étude de souris de Ju et collègues (2002), dans laquelle la génistéine purifiée annulait l'effet du tamoxifène sur des tumeurs greffées. D'autres travaux de laboratoire ont, à l'inverse, suggéré une synergie entre isoflavones et tamoxifène. Le tableau expérimental n'est donc pas univoque.

Ce que l'on sait chez la femme

Les données humaines sont, à nouveau, observationnelles, et portent sur le soja alimentaire :

  • Dans l'étude de Shanghai (Shu et al., 2009), l'association inverse entre soja et récidive était présente chez les utilisatrices de tamoxifène comme chez les non-utilisatrices.
  • Dans une cohorte chinoise de 524 patientes sous hormonothérapie adjuvante (Kang et al., CMAJ, 2010), un apport élevé d'isoflavones alimentaires (plus de 42 mg par jour) était associé, chez les femmes ménopausées, à un risque de récidive plus bas de 33 % (HR 0,67), en particulier chez les femmes traitées par anastrozole. Chez les femmes non ménopausées, aucune association n'était retrouvée.
  • Dans la cohorte nord-américaine de Zhang et al. (2017), aucune association nette n'apparaissait chez les femmes recevant une hormonothérapie.
Ces observations sont plutôt rassurantes pour le soja consommé dans l'alimentation pendant une hormonothérapie. Elles ne disent rien de fiable sur les compléments concentrés pris en même temps qu'un tamoxifène ou qu'un inhibiteur de l'aromatase. Aucun essai d'envergure n'a évalué cette association sur la récidive. C'est la raison pour laquelle la décision ne peut pas être prise seule, ni sur la foi d'une étiquette ou d'un conseil de vendeur.

⚠️ Point de vigilance : si vous prenez du tamoxifène, un inhibiteur de l'aromatase ou tout autre traitement hormonal du cancer du sein, ne commencez aucun complément de phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge, houblon, lin concentré, actée à grappes noires associée…) sans en avoir parlé à votre oncologue. Le même principe vaut si vous avez eu un cancer du sein hormonodépendant, même si votre traitement est terminé. N'arrêtez jamais non plus votre hormonothérapie de vous-même en raison de bouffées de chaleur : parlez-en à l'équipe qui vous suit, des solutions existent.

Ce que disent les autorités sanitaires et les sociétés savantes

En France : une prudence ancienne

En France, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa, devenue l'Anses) a publié dès 2005 un rapport sur la sécurité et les bénéfices des phyto-œstrogènes apportés par l'alimentation. Il recommandait notamment que les femmes ayant ou ayant eu un cancer du sein, ainsi que celles présentant des antécédents familiaux, limitent leurs apports en phyto-œstrogènes, en particulier sous forme de compléments, et proposait de ne pas dépasser 1 mg d'isoflavones par kilo de poids corporel et par jour dans la population générale. Ce rapport est antérieur à la plupart des grandes cohortes de survivantes, mais la position de prudence vis-à-vis des compléments est restée la ligne de conduite de nombreux oncologues français.

En Europe : une évaluation des compléments chez les femmes sans cancer

En 2015, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié une évaluation des risques des compléments alimentaires contenant des isoflavones isolées chez les femmes en péri- et post-ménopause. À partir des essais disponibles, ses experts ont conclu que des doses de 35 à 150 mg par jour, prises jusqu'à 30 mois, n'avaient pas d'effet défavorable mesurable sur la glande mammaire (densité, prolifération) chez des femmes sans antécédent de cancer. Ce point est capital : l'EFSA a explicitement exclu de son évaluation les femmes ayant ou ayant eu un cancer du sein, faute de données suffisantes. Son avis ne peut donc pas servir d'argument pour ces femmes.

Dans les recommandations internationales

Plusieurs organisations nord-américaines de lutte contre le cancer considèrent aujourd'hui que la consommation de soja sous forme d'aliments est compatible avec un antécédent de cancer du sein, à des quantités modérées. Le rapport d'expertise continue du World Cancer Research Fund et de l'American Institute for Cancer Research classe le lien entre soja alimentaire et survie après cancer du sein parmi les associations à preuve « limitée ». Les mêmes organismes ne recommandent pas les compléments d'isoflavones pour prévenir le cancer ou sa récidive. Les recommandations françaises de nutrition pour les personnes ayant eu un cancer insistent avant tout sur une alimentation variée, le maintien d'un poids stable, l'activité physique et la réduction de l'alcool.

Autrement dit, les positions convergent sur deux points : il n'y a pas lieu de bannir le soja de l'assiette d'une femme ayant eu un cancer du sein, et il n'y a pas lieu de lui conseiller des compléments concentrés en dehors d'une décision partagée avec son oncologue.

Conduite à tenir selon votre situation personnelle

Les repères ci-dessous ne remplacent pas une consultation. Ils ont pour but de vous aider à préparer la discussion avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre oncologue.

Vous n'avez pas d'antécédent personnel ni familial particulier

Le soja peut faire partie d'une alimentation variée, comme n'importe quelle légumineuse. Les données ne montrent pas d'augmentation du risque de cancer du sein avec une consommation alimentaire habituelle (une à deux portions par jour). Si vous envisagez un complément d'isoflavones pour des bouffées de chaleur, sachez qu'une méta-analyse d'essais randomisés (Taku et al., Menopause, 2012) a observé une réduction moyenne de la fréquence des bouffées de chaleur d'environ 20 % et de leur intensité d'environ 26 % par rapport au groupe témoin, avec une forte variabilité entre les études. C'est un effet réel mais modeste, bien inférieur à celui d'un traitement hormonal. Avant de choisir, il est utile de faire le point sur l'ensemble des options, présentées dans notre article sur les bouffées de chaleur et les solutions naturelles, et d'en parler à votre médecin, qui pourra aussi évoquer avec vous le traitement hormonal de la ménopause.

Vous avez des antécédents familiaux de cancer du sein

Un antécédent familial (mère, sœur, fille) ou une mutation génétique connue (BRCA1, BRCA2 ou autre) justifie un suivi spécifique. Le soja alimentaire n'a pas été associé à un surcroît de risque dans les cohortes, y compris dans la Breast Cancer Family Registry, qui recrutait justement des familles à risque. En revanche, la prise de compléments concentrés mérite d'être discutée avec le médecin qui assure votre suivi, d'autant que les données manquent chez les femmes à haut risque génétique.

Vous avez eu un cancer du sein, traitement terminé

Les cohortes de survivantes ne montrent pas d'augmentation de la récidive avec le soja alimentaire, et suggèrent plutôt une association inverse. Une consommation modérée, comparable à celle des études (une à deux portions par jour d'aliments à base de soja, soit de l'ordre de 10 à 50 mg d'isoflavones), est généralement considérée comme compatible avec cet antécédent par les organismes de cancérologie. Les compléments concentrés, eux, relèvent d'une discussion avec votre oncologue : la plupart des équipes françaises recommandent de s'en abstenir, en particulier pour les cancers hormonodépendants.

Vous êtes sous tamoxifène ou inhibiteur de l'aromatase

Les données disponibles ne montrent pas de signal défavorable du soja consommé dans l'alimentation pendant ces traitements. Il n'y a donc pas, en l'état, de raison documentée de supprimer le tofu ou la boisson au soja si vous en consommiez déjà. En revanche, aucun complément de phyto-œstrogènes ne doit être pris sans l'accord explicite de votre oncologue. Les bouffées de chaleur provoquées par ces traitements sont fréquentes et parfois très pénibles : elles peuvent être prises en charge autrement, par des approches non hormonales que votre équipe pourra vous proposer.

Vous traitez vos bouffées de chaleur après un cancer du sein

Plusieurs approches sans phyto-œstrogènes ont fait l'objet d'essais chez les femmes traitées pour un cancer du sein. L'hypnose clinique a été évaluée dans cette population précisément ; vous en trouverez les résultats dans notre article sur l'hypnose et les bouffées de chaleur. Des techniques respiratoires comme la cohérence cardiaque peuvent aider à mieux vivre les épisodes, et l'acupuncture a également été étudiée pour les effets secondaires des traitements du cancer. Ces approches restent complémentaires du suivi médical.

Les repères pratiques pour l'assiette

Si le soja vous plaît et que votre médecin n'y voit pas d'objection, quelques principes simples permettent de rester dans les conditions des études rassurantes :

  • Préférer les aliments entiers ou fermentés (tofu, tempeh, edamame, miso, boisson au soja nature) aux produits très transformés ou enrichis en isoflavones.
  • Rester dans des quantités alimentaires : une à deux portions par jour, réparties sur la journée.
  • Varier les sources de protéines végétales : lentilles, pois chiches, haricots, qui apportent fibres et protéines sans isoflavones. Notre guide sur l'alimentation végétale équilibrée donne des idées concrètes.
  • Lire les étiquettes : certains produits « santé femme » sont en réalité des aliments enrichis en extraits d'isoflavones, plus proches d'un complément que d'un aliment.
  • Ne pas compenser par le soja ce que l'on retire ailleurs : l'enjeu principal après un cancer du sein reste l'équilibre alimentaire global, le poids, l'activité physique et la limitation de l'alcool, dont l'effet sur le risque de cancer du sein est, lui, bien établi.
Pour construire une alimentation adaptée à cette période de la vie, notre article sur l'alimentation à la ménopause détaille les besoins en protéines, en calcium et en fibres, qui comptent aussi pour la santé osseuse, d'autant que les inhibiteurs de l'aromatase accélèrent la perte osseuse.

Se faire accompagner

Trouver son chemin entre ce qui est conseillé, ce qui est toléré et ce qui est déconseillé n'est pas simple, surtout pendant ou après un traitement. Un diététicien-nutritionniste formé à l'accompagnement en cancérologie peut vous aider à construire une alimentation variée et agréable, en lien avec votre équipe médicale, sans interdits inutiles ni prises de risque. Vous pouvez trouver un diététicien-nutritionniste près de chez vous sur l'annuaire ViziWell.

Avant la consultation avec votre oncologue, il peut être utile de noter :

  • le type exact de votre cancer (récepteurs hormonaux positifs ou négatifs) et votre traitement en cours ;
  • la quantité de soja que vous consommez habituellement, et sous quelle forme ;
  • le nom, la composition et la dose de tout complément que vous envisagez, ou que vous prenez déjà ;
  • les symptômes qui vous gênent (bouffées de chaleur, sommeil, humeur), pour que des solutions adaptées puissent vous être proposées.

Questions fréquentes

Peut-on manger du soja après un cancer du sein ?

Les grandes études de cohorte menées en Chine et aux États-Unis, qui totalisent plusieurs dizaines de milliers de survivantes, ne retrouvent pas d'augmentation du risque de récidive avec une consommation alimentaire de soja, et observent même une récidive moins fréquente chez les plus grandes consommatrices. Une consommation modérée d'aliments à base de soja est généralement considérée comme compatible avec un antécédent de cancer du sein. Il s'agit de données d'observation : parlez-en à votre oncologue, notamment si votre cancer était hormonodépendant.

Les phytoestrogènes augmentent-ils le risque de cancer du sein ?

Chez la femme, les études prospectives ne montrent pas d'augmentation du risque avec le soja alimentaire. La cohorte de plus de 300 000 femmes de la China Kadoorie Biobank n'a trouvé aucune différence de risque entre les petites et les grandes consommatrices. Les craintes viennent d'études en laboratoire et chez la souris, dont les conditions sont très éloignées de l'alimentation humaine. Cela ne signifie pas que le soja prévient le cancer du sein : aucune étude ne permet de l'affirmer.

Les compléments d'isoflavones sont-ils dangereux ?

Chez les femmes sans antécédent de cancer, l'EFSA a conclu en 2015 que des doses de 35 à 150 mg par jour n'avaient pas d'effet défavorable mesurable sur le sein dans les essais disponibles. Chez les femmes ayant ou ayant eu un cancer du sein, les données sont trop limitées pour conclure, et un petit essai randomisé a observé des modifications défavorables de l'expression de certains gènes tumoraux chez une partie des femmes supplémentées. Dans ce contexte, un complément ne doit pas être pris sans l'avis de l'oncologue.

Le soja interagit-il avec le tamoxifène ?

Une étude chez la souris a montré que la génistéine purifiée pouvait annuler l'effet du tamoxifène sur des tumeurs greffées. Chez la femme, les cohortes ne retrouvent pas d'effet défavorable du soja alimentaire chez les utilisatrices de tamoxifène, ni chez celles traitées par anastrozole. Aucun essai n'a en revanche évalué la sécurité des compléments concentrés associés à ces traitements : il faut donc demander l'avis de son oncologue avant d'en prendre.

Quelle différence entre soja alimentaire et complément d'isoflavones ?

Une portion de tofu ou un verre de boisson au soja apporte en général entre 15 et 35 mg d'isoflavones, accompagnées de protéines, de fibres et d'autres composés. Un complément en apporte souvent 40 à 150 mg sous forme d'extrait concentré, parfois enrichi en génistéine. Les études rassurantes chez les survivantes d'un cancer du sein portent sur le soja alimentaire ; elles ne peuvent pas être transposées aux compléments.

Et le lin, le trèfle rouge ou le houblon ?

Les graines de lin contiennent des lignanes, des phyto-œstrogènes au mode d'action différent, et les données d'observation sur le lin alimentaire après un cancer du sein ne montrent pas de signal défavorable. Le trèfle rouge et le houblon sont surtout consommés sous forme de compléments, et les données chez les femmes ayant eu un cancer du sein restent très limitées. La même règle s'applique : pas de complément sans l'avis de votre oncologue.

Ce qu'il faut retenir

  • Les craintes sur le soja viennent d'études en culture cellulaire et chez la souris, avec des isoflavones purifiées, dans des conditions éloignées de l'alimentation humaine.
  • Chez la femme, les grandes cohortes ne retrouvent pas d'augmentation du risque de cancer du sein, ni de récidive, avec le soja alimentaire ; elles observent plutôt une association inverse modeste, sans que l'on puisse parler de prévention démontrée.
  • Les compléments concentrés d'isoflavones constituent une situation différente, beaucoup moins étudiée chez les femmes ayant eu un cancer du sein, et un essai randomisé invite à la prudence.
  • Si vous avez ou avez eu un cancer du sein hormonodépendant, ou si vous êtes sous tamoxifène ou inhibiteur de l'aromatase, demandez l'avis de votre oncologue avant tout complément de phyto-œstrogènes.
  • Les bouffées de chaleur après un cancer du sein peuvent être prises en charge par d'autres moyens : parlez-en à votre équipe soignante plutôt que d'arrêter votre traitement.
Pour aller plus loin sur la période de transition elle-même, vous pouvez lire notre article pour comprendre les étapes de la ménopause, ou celui consacré au sommeil à la ménopause, souvent perturbé par les bouffées de chaleur nocturnes.

Sources

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⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

MS

Moshe Shike

Médecin chercheur — Department of Medicine, Memorial Sloan-Kettering Cancer Center et Weill Cornell Medical College, New York, États-Unis

Premier auteur d’un essai randomisé sur une supplémentation en soja et l’expression génique dans le cancer du sein (J Natl Cancer Inst, 2014).

HF

Heidi Fritz

Chercheuse en épidémiologie clinique — Department of Research & Clinical Epidemiology, Canadian College of Naturopathic Medicine, Toronto, Canada

Première autrice d’une revue systématique sur le soja, le trèfle rouge, les isoflavones et le cancer du sein (PLoS One, 2013).

XS

Xiao Ou Shu

Épidémiologiste — Vanderbilt Epidemiology Center, Department of Medicine, Vanderbilt University, Nashville, États-Unis

Première autrice de la Shanghai Breast Cancer Survival Study sur le soja alimentaire et la survie après cancer du sein (JAMA, 2009).

FZ

Fang Fang Zhang

Épidémiologiste de la nutrition — Friedman School of Nutrition Science and Policy, Tufts University, Boston, États-Unis

Première autrice de l’étude de la Breast Cancer Family Registry sur les isoflavones alimentaires et la mortalité après cancer du sein (Cancer, 2017).

SN

Sarah J. Nechuta

Épidémiologiste — Division of Epidemiology, Department of Medicine, Vanderbilt University School of Medicine, Nashville, États-Unis

Première autrice de l’analyse groupée After Breast Cancer Pooling Project sur la consommation de soja après un cancer du sein (Am J Clin Nutr, 2012).