Homme pratiquant un exercice de la langue devant un miroir, guidé par une orthophoniste, masque de PPC posé sur la table
Sommeil

Exercices oropharyngés contre l'apnée du sommeil : méthode et résultats

⏱ 46 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : les exercices oropharyngés (ou thérapie myofonctionnelle) consistent à muscler et coordonner la langue, le voile du palais et les parois de la gorge pour limiter leur affaissement pendant le sommeil. Dans une méta-analyse de neuf études chez l'adulte, l'index d'apnées-hypopnées est passé en moyenne de 24,5 à 12,3 événements par heure, soit une baisse d'environ 50 % (Camacho et al., Sleep, 2015). Le niveau de preuve reste toutefois faible à modéré selon la revue Cochrane de 2020, et la Société européenne de pneumologie ne les recommande pas comme traitement standard. Ils se conçoivent donc comme un complément encadré, jamais comme un remplacement de la PPC ou de l'orthèse prescrite par votre médecin.

Vous avez une apnée du sommeil, et l'on vous parle de « gym de la langue »

Le diagnostic est tombé il y a quelques semaines, ou quelques années. Une nuit d'enregistrement, un chiffre, l'index d'apnées-hypopnées, et une explication : pendant votre sommeil, votre gorge se ferme partiellement ou totalement, plusieurs dizaines de fois par heure parfois. Votre cerveau vous réveille à chaque fois pour relancer la respiration, sans que vous en gardiez le souvenir. Voilà pourquoi vous vous leviez épuisé, pourquoi la sieste vous rattrapait en réunion, pourquoi votre conjoint vous décrivait ces silences inquiétants suivis d'un ronflement explosif.

Puis est venue la proposition de traitement. Souvent une machine à pression positive continue (PPC), avec son masque et son tuyau. Parfois une orthèse d'avancée mandibulaire, fabriquée sur mesure. Et, quelque part entre une discussion avec un proche, un article lu en ligne ou une vidéo sur les réseaux sociaux, une autre idée a fait son chemin : et si l'on pouvait « entraîner » sa gorge, comme on muscle ses abdominaux, pour qu'elle reste ouverte la nuit ?

Cette idée n'est pas fantaisiste. Elle repose sur une logique physiologique réelle et sur une vingtaine d'essais cliniques. Mais elle est aussi l'objet de beaucoup de raccourcis : des vidéos promettent de « se débarrasser de sa machine » en cinq minutes par jour, des applications vantent des résultats spectaculaires, et certaines personnes arrêtent leur PPC en pensant que quelques exercices suffiront. C'est précisément ce que cet article veut éviter.

Notre objectif est de vous donner une vision claire et honnête : ce que sont ces exercices, comment ils se pratiquent, ce que la recherche a réellement mesuré, pour qui ils peuvent avoir un intérêt et, surtout, comment les intégrer sans mettre votre santé en jeu. Car l'apnée du sommeil n'est pas un simple inconfort. C'est une maladie qui se diagnostique et se traite avec un médecin, et dont les conséquences, sur le cœur, la vigilance et la sécurité au volant, sont bien documentées.

Ce qui se passe dans la gorge quand l'apnée s'installe

Pour comprendre pourquoi des exercices de la langue et de la gorge pourraient jouer un rôle, il faut revenir au mécanisme de l'apnée obstructive.

Des muscles qui lâchent prise la nuit

Entre le fond du nez et l'entrée du larynx, l'air traverse un tube souple, le pharynx, qui n'est soutenu par aucun os ni cartilage sur une bonne partie de sa longueur. Ce qui le maintient ouvert, c'est l'activité de plusieurs dizaines de muscles : ceux de la langue, du voile du palais, des parois latérales de la gorge. Pendant l'éveil, ces muscles travaillent en permanence, sans que vous y pensiez, pour garder le passage dégagé.

À l'endormissement, leur tonus diminue naturellement. Chez la plupart des gens, cette baisse reste sans conséquence. Mais lorsque le conduit est déjà étroit, en raison de l'anatomie, d'un excès de tissu graisseux autour du cou, d'amygdales volumineuses, d'une mâchoire en retrait ou d'un nez obstrué, ce relâchement suffit à faire s'affaisser les parois. L'air passe mal, les tissus vibrent (c'est le ronflement), puis le passage se ferme partiellement (hypopnée) ou totalement (apnée).

À chaque épisode, l'oxygène sanguin baisse, le cœur accélère, la tension monte, et le cerveau déclenche un micro-réveil pour rouvrir la gorge. Ces cycles peuvent se répéter des centaines de fois par nuit. Le sommeil devient fragmenté, superficiel, non réparateur. Si vous souhaitez approfondir ces mécanismes et les signes d'alerte, notre dossier sur le syndrome d'apnées obstructives, son diagnostic et sa prise en charge les détaille pas à pas.

Pourquoi la langue compte autant

Parmi les muscles impliqués, la langue occupe une place centrale. Allongé sur le dos, elle a tendance à basculer vers l'arrière sous l'effet de la gravité et à obstruer le fond de la gorge. Son principal muscle « ouvreur », le génioglosse, la tire vers l'avant. Lorsqu'il manque de force ou d'endurance, ou lorsque sa commande nerveuse est perturbée, la langue recule plus facilement.

Plusieurs travaux suggèrent que les personnes atteintes d'apnée présentent des particularités de fonctionnement de la langue. Une méta-analyse publiée en 2024 dans le Journal of Clinical Sleep Medicine a comparé la motricité linguale de personnes apnéiques et de témoins en bonne santé. Les auteurs n'ont pas trouvé de différence pour la force de protrusion (pousser la langue vers l'avant), mais ont observé une force et une endurance d'élévation (plaquer la langue contre le palais) plus faibles chez les adultes apnéiques (Poncin et al., 2024). Ils soulignent aussi qu'on dispose de trop peu de données pour savoir dans quelle mesure la rééducation corrige ces déficits.

C'est sur cette logique que reposent les exercices oropharyngés : si une partie du problème vient d'un manque de tonus ou de coordination musculaire, entraîner ces muscles pourrait aider à maintenir la gorge un peu plus ouverte pendant la nuit. L'idée est séduisante. Reste à savoir dans quelle mesure elle se vérifie, et pour qui.

D'abord, un diagnostic et un traitement médical

Avant d'aller plus loin, un point mérite d'être posé sans ambiguïté, parce qu'il conditionne tout le reste.

Pourquoi on ne commence jamais par les exercices seuls

L'apnée obstructive du sommeil est une maladie fréquente. Une analyse publiée dans The Lancet Respiratory Medicine estimait qu'environ 936 millions d'adultes de 30 à 69 ans dans le monde présentent une apnée légère à sévère, dont 425 millions une forme modérée à sévère (Benjafield et al., 2019). Elle est associée à un risque accru d'hypertension, de troubles du rythme cardiaque, d'accidents vasculaires, de troubles métaboliques et d'accidents de la route.

Elle ne se diagnostique pas à l'oreille ni avec un questionnaire en ligne. Seul un enregistrement du sommeil, polygraphie ventilatoire ou polysomnographie, permet de confirmer l'apnée, d'en mesurer la sévérité et d'en préciser le type (obstructive, centrale ou mixte). Si cette étape vous paraît encore floue, notre article sur la polysomnographie et l'agenda du sommeil explique comment se déroulent ces examens et ce que vous pouvez préparer en amont.

Ce diagnostic est indispensable, car les exercices oropharyngés n'ont été étudiés que dans l'apnée obstructive. Ils n'ont aucun intérêt démontré dans l'apnée centrale, qui relève d'un mécanisme différent (une commande respiratoire défaillante, souvent liée à une maladie cardiaque ou neurologique, ou à certains médicaments). Les pratiquer sans diagnostic, c'est prendre le risque de passer à côté d'une situation qui demande une tout autre prise en charge.

La PPC et l'orthèse restent les références

Pour les formes modérées à sévères, la pression positive continue reste le traitement de référence. Elle agit comme une attelle d'air qui empêche la gorge de se fermer, et c'est le traitement qui réduit le plus nettement l'index d'apnées-hypopnées. L'orthèse d'avancée mandibulaire constitue une alternative reconnue, notamment dans les formes légères à modérées ou en cas d'intolérance à la PPC. Nous avons consacré un dossier complet à la PPC et l'orthèse mandibulaire, avec les conseils pratiques pour mieux supporter le masque.

Une méta-analyse en réseau publiée en 2026 dans Sleep Medicine, qui a comparé 55 essais randomisés, le confirme : la PPC reste la plus performante pour réduire l'index d'apnées-hypopnées et améliorer la saturation en oxygène la plus basse de la nuit (Castellanos et al., 2026). Les exercices oropharyngés y apparaissent comme une option utile sur certains critères, nous y reviendrons, mais pas comme un équivalent.

C'est pourquoi le message de cet article est simple : si une PPC ou une orthèse vous a été prescrite, les exercices oropharyngés viennent s'ajouter à ce traitement, ils ne le remplacent pas. Toute modification de traitement, y compris un arrêt ou une réduction de l'usage de la machine, se décide avec le médecin qui vous suit, sur la base d'un nouvel enregistrement du sommeil.

La somnolence au volant, un risque à ne jamais minimiser

L'apnée non traitée ou insuffisamment traitée multiplie le risque d'endormissement au volant. Le danger est d'autant plus grand que la somnolence s'installe souvent de manière insidieuse : on ne se sent pas « si fatigué », jusqu'à l'instant où l'on rouvre les yeux sur la bande d'arrêt d'urgence.

Si vous ressentez une somnolence dans la journée, surtout en conduisant, ne prenez pas le volant tant que votre traitement n'est pas réglé et que votre médecin n'a pas confirmé l'amélioration. En France, la réglementation sur l'aptitude à la conduite prévoit que la somnolence excessive non traitée est incompatible avec la conduite, le temps qu'une prise en charge efficace soit mise en place. En cas de somnolence sur la route, arrêtez-vous dès que possible sur une aire sécurisée et faites une sieste de 15 à 20 minutes.

Aucun programme d'exercices ne doit vous conduire à relâcher cette vigilance. C'est d'ailleurs l'un des arguments les plus forts en faveur de la PPC : elle agit dès la première nuit, alors que les exercices demandent des semaines avant de produire un éventuel effet. Pour reconnaître les signaux qui doivent alerter, notre article sur la somnolence diurne excessive et ses causes médicales vous aidera à faire le point.

Que sont exactement les exercices oropharyngés ?

On les appelle aussi thérapie myofonctionnelle oro-faciale, rééducation oropharyngée ou, plus familièrement, « gymnastique de la langue ». Derrière ces noms, une même démarche : entraîner de façon répétée et progressive les muscles de la bouche, de la langue, du voile du palais, des joues et de la gorge.

Une rééducation issue de l'orthophonie

Ces exercices ne sont pas nés dans le monde du bien-être. Ils dérivent des techniques que les orthophonistes utilisent depuis longtemps pour rééduquer la déglutition, la mastication, la parole ou la respiration nasale. Dans les essais cliniques sur l'apnée, ils ont été conçus et enseignés par des orthophonistes (ou leurs équivalents à l'étranger), parfois par des kinésithérapeutes formés à la rééducation respiratoire et oro-faciale.

La revue Cochrane de 2020 les décrit comme des combinaisons d'exercices isotoniques (avec mouvement) et isométriques (contraction maintenue sans mouvement), qui sollicitent plusieurs muscles de la bouche, du pharynx et des voies aériennes supérieures, pour travailler la parole, la respiration, le souffle, la succion, la mastication et la déglutition (Rueda et al., 2020).

Les grandes familles d'exercices

Les programmes varient d'une étude à l'autre, mais on retrouve généralement quatre grands groupes, inspirés notamment du protocole de l'équipe de São Paulo qui a mené l'essai de référence en 2009 (Guimarães et al.).

Les exercices du voile du palais. Ils consistent par exemple à prononcer des voyelles de manière appuyée, de façon brève puis prolongée, pour faire travailler les muscles qui soulèvent le voile. L'objectif est d'améliorer son tonus pour limiter ses vibrations et son affaissement.

Les exercices de la langue. C'est le cœur de la plupart des programmes. On y trouve des mouvements de placement (poser la pointe de la langue contre le palais, juste derrière les incisives du haut, et la faire glisser vers l'arrière), de plaquage (aspirer toute la langue contre le palais et la maintenir), d'appui sur le plancher de la bouche, ou encore de brossage de la surface de la langue pour en stimuler la sensibilité.

Les exercices de la face. Ils sollicitent les lèvres et les joues : serrer les lèvres, gonfler les joues en résistant, presser le muscle buccinateur vers l'extérieur avec un doigt placé à l'intérieur de la joue. Ces muscles participent au maintien d'une bouche fermée pendant le sommeil et favorisent une respiration nasale.

Les fonctions du quotidien. Une partie du programme vise à intégrer les bons réflexes dans les gestes ordinaires : mastiquer des deux côtés de façon alternée, avaler avec la langue en appui sur le palais et les dents serrées, respirer par le nez. C'est sans doute la partie la plus sous-estimée, alors qu'elle permet de transposer le travail musculaire dans la vie de tous les jours.

Dans l'essai de 2009, les participants pratiquaient ces exercices environ 30 minutes par jour, réparties en plusieurs courtes séances, pendant trois mois, avec un suivi hebdomadaire.

Ce qui distingue une rééducation encadrée d'une vidéo trouvée en ligne

Vous trouverez sur internet de nombreux tutoriels qui reprennent ces mouvements. Ils peuvent donner une idée de ce qu'est la méthode, mais ils ne remplacent pas un apprentissage encadré, pour plusieurs raisons.

D'abord, l'exécution compte énormément. Un exercice mal réalisé, par exemple en compensant avec la mâchoire au lieu de mobiliser la langue, ne sollicite pas les bons muscles. Un orthophoniste ou un kinésithérapeute formé sait repérer ces compensations et corriger le geste.

Ensuite, un professionnel adapte le programme à votre situation : une langue qui manque de force d'élévation, un voile du palais très relâché, une respiration buccale installée, une déglutition atypique, une mâchoire douloureuse. Il ajuste la progression, les répétitions et la durée.

Enfin, il assure un suivi régulier, ce qui joue directement sur la régularité. Or, comme nous le verrons, c'est la régularité qui conditionne l'essentiel des résultats observés dans les études.

Ce que montrent les études

Les exercices oropharyngés ont fait l'objet d'un nombre croissant d'essais depuis une quinzaine d'années. Les résultats sont encourageants sur plusieurs critères, mais ils reposent sur des études souvent petites, de courte durée et difficiles à mener en aveugle. Voici ce que l'on peut en retenir, sans exagérer ni minimiser.

L'essai fondateur de São Paulo

Ce que montrent les études
Étude : essai randomisé contrôlé de Guimarães et collaborateurs, publié en 2009 dans l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine.
Effectif : 31 adultes atteints d'apnée modérée, répartis entre un programme d'exercices oropharyngés quotidiens d'environ 30 minutes (16 personnes) et des exercices respiratoires simulés (15 personnes), pendant trois mois.
Résultat : dans le groupe exercices, l'index d'apnées-hypopnées est passé de 22,4 à 13,7 événements par heure, la somnolence (échelle d'Epworth) de 14 à 8, et l'intensité du ronflement a nettement baissé. Le tour de cou a légèrement diminué, alors que le poids est resté stable. Aucun changement significatif dans le groupe témoin.
Limite : effectif réduit, durée de trois mois seulement, participants sélectionnés (apnée modérée, sans obésité sévère), et la plupart des patients restaient au-dessus du seuil d'apnée légère à la fin de l'étude.
Cet essai a marqué un tournant, car il a été le premier à montrer, avec un groupe témoin, qu'un programme d'exercices pouvait modifier un paramètre objectif mesuré en polysomnographie, et pas seulement la perception des patients. Il a aussi mis en évidence une corrélation entre la diminution du tour de cou et celle de l'index d'apnées, ce qui suggère un remodelage local des tissus et des muscles de la gorge.

Les méta-analyses : un effet réel mais à interpréter avec prudence

Une méta-analyse regroupe plusieurs études pour obtenir une estimation plus robuste. Plusieurs ont été publiées sur le sujet.

La première, menée par l'équipe de Stanford et publiée dans Sleep en 2015, a rassemblé neuf études chez l'adulte (120 patients). L'index d'apnées-hypopnées passait en moyenne de 24,5 à 12,3 événements par heure, soit une réduction d'environ 50 %. La saturation en oxygène la plus basse s'améliorait légèrement, de 83,9 % à 86,6 %, la somnolence diminuait de 14,8 à 8,2 sur l'échelle d'Epworth, et le temps passé à ronfler reculait nettement (Camacho et al., 2015). Les auteurs concluaient que la thérapie myofonctionnelle « pourrait servir d'appoint aux autres traitements de l'apnée ». Il faut noter que cette analyse incluait des études sans groupe témoin, ce qui tend à surestimer les effets.

Une méta-analyse plus récente, publiée dans The Laryngoscope en 2024, s'est limitée aux essais randomisés (7 essais, 310 patients). Chez l'adulte, par rapport aux exercices simulés ou à l'absence de traitement, la rééducation réduisait l'index d'apnées-hypopnées d'environ 10 événements par heure, la somnolence de 5,7 points sur l'échelle d'Epworth, et améliorait la qualité du sommeil et l'oxygénation minimale (Saba et al., 2024). Les auteurs y voient une alternative raisonnable pour les patients qui ne tolèrent pas la PPC ou les autres traitements établis, tout en réclamant des études plus longues.

Une troisième synthèse, publiée dans le Journal of Clinical Sleep Medicine en 2020, a élargi le champ à l'ensemble des « thérapies des muscles respiratoires » (exercices oropharyngés, orthophonie, exercices respiratoires, instruments à vent). Sur neuf essais (394 participants), elle retrouvait une baisse moyenne de l'index d'apnées-hypopnées de 7,6 événements par heure chez l'adulte, mais soulignait que toutes les études incluses présentaient un risque de biais élevé (Hsu et al., 2020).

Ce que l'on peut en retenir : les essais convergent vers une diminution modeste à moyenne de la sévérité de l'apnée et une amélioration plus nette de la somnolence. Mais il s'agit de moyennes. Certaines personnes progressent beaucoup, d'autres peu ou pas du tout, et l'on ne sait pas encore bien prédire à l'avance qui répondra.

La revue Cochrane 2020 : la prudence méthodologique

La collaboration Cochrane, réputée pour son exigence méthodologique, a publié en 2020 une revue systématique consacrée à la question (Rueda et al.). Elle a retenu neuf essais randomisés, totalisant 347 participants, dont seulement 69 femmes et 13 enfants, avec des durées de deux à quatre mois.

Ses conclusions sont nuancées. Par rapport à des exercices simulés, la thérapie myofonctionnelle réduit probablement la somnolence diurne (environ 4,5 points sur l'échelle d'Epworth, preuve de certitude modérée) et pourrait améliorer la qualité du sommeil à court terme. Elle pourrait aussi réduire nettement l'index d'apnées-hypopnées (environ 13 points), mais avec une certitude faible. Comparée directement à la PPC, elle donnait une somnolence comparable, mais un index d'apnées plus élevé d'environ 10 points, ce qui confirme que la machine reste plus performante sur ce critère.

Surtout, la revue souligne des lacunes importantes : aucune étude n'a mesuré les accidents, les maladies cardiovasculaires ou la mortalité, aucune ne rapportait les effets indésirables, et les évaluateurs connaissaient souvent le groupe de chaque patient, ce qui peut influencer les mesures subjectives. Les auteurs appellent à des essais plus grands, plus longs, avec davantage de femmes et d'enfants.

Concrètement, cela signifie que nous savons que ces exercices peuvent soulager certains symptômes, en particulier la somnolence, mais que nous ne savons pas encore s'ils réduisent les complications à long terme de l'apnée. C'est l'une des raisons pour lesquelles ils ne peuvent pas, aujourd'hui, se substituer à un traitement dont l'effet sur la respiration nocturne est mieux établi.

Ronflement : des résultats plus constants

Le ronflement est l'un des domaines où les résultats sont les plus réguliers. Un essai randomisé publié dans Chest en 2015, mené auprès de 39 adultes qui ronflaient (ronflement simple ou apnée légère à modérée), a comparé trois mois d'exercices oropharyngés quotidiens à un programme de bandelettes nasales et d'exercices respiratoires. Le ronflement, mesuré objectivement par un enregistrement sonore pendant la polysomnographie, a diminué d'environ moitié dans le groupe exercices, sans changement dans le groupe témoin (Ieto et al., 2015).

Une méta-analyse de 2018 consacrée spécifiquement au ronflement (neuf études, 211 adultes) retrouvait une baisse de 51 % de l'intensité du ronflement estimée sur échelle visuelle, et une réduction de 31 % du temps passé à ronfler pendant la nuit (Camacho et al., 2018).

Pour les couples dont les nuits sont rythmées par un ronflement sonore, c'est une piste intéressante. Mais attention : un ronflement important peut être le signe d'une apnée. Avant de chercher à le réduire, il faut s'assurer qu'il ne cache pas un problème plus sérieux. Notre article Ronflements : quand s'inquiéter et que faire vous aide à faire la part des choses.

Le didgeridoo, une curiosité devenue sérieuse

Parmi les essais les plus étonnants figure celui publié en 2006 dans le BMJ par une équipe suisse. Vingt-cinq adultes atteints d'apnée modérée et qui ronflaient ont été répartis entre des cours de didgeridoo, cet instrument à vent aborigène qui demande une respiration circulaire, et une liste d'attente. Après quatre mois de pratique quotidienne d'environ 25 minutes, six jours sur sept, la somnolence diurne avait diminué de 3 points sur l'échelle d'Epworth et l'index d'apnées-hypopnées de 6 événements par heure par rapport au groupe témoin. Les conjoints rapportaient aussi moins de nuits perturbées (Puhan et al., 2006).

Cette étude est souvent citée parce qu'elle illustre bien le principe : un entraînement régulier et intensif des muscles des voies aériennes supérieures peut modifier leur comportement pendant le sommeil. Elle reste cependant de petite taille et n'a pas été suivie d'essais de grande ampleur. Elle ne justifie pas de troquer sa PPC contre un instrument de musique, mais elle montre que la piste musculaire mérite d'être prise au sérieux.

Exercices et PPC : un duo plutôt qu'un duel

L'une des pistes les plus intéressantes concerne l'association des exercices avec la PPC. Un essai brésilien publié en 2017 dans Sleep and Breathing a réparti 100 hommes atteints d'apnée en quatre groupes : exercices simulés, thérapie myofonctionnelle seule, PPC seule, et PPC associée à la thérapie myofonctionnelle, pendant trois mois (Diaféria et al., 2017).

Tous les groupes traités ont vu leur somnolence et leur ronflement diminuer. La réduction de l'index d'apnées était la plus marquée dans le groupe PPC. Mais le résultat le plus parlant concerne l'observance : les patients qui associaient exercices et PPC utilisaient davantage leur machine que ceux qui avaient la PPC seule. Les auteurs proposent donc la thérapie myofonctionnelle comme un soutien à l'adhésion au traitement par PPC.

C'est un point essentiel, car l'abandon de la PPC est l'un des grands problèmes de la prise en charge de l'apnée. Si un programme d'exercices aide certains patients à mieux vivre avec leur machine, à mieux comprendre leur respiration, à se réapproprier leur traitement, il trouve là toute sa place, en complément.

La méta-analyse en réseau de 2026 apporte un éclairage complémentaire : la rééducation myofonctionnelle y faisait mieux que la PPC sur la seule somnolence diurne, tandis que la PPC restait supérieure sur l'index d'apnées et l'oxygénation (Castellanos et al., 2026). Les auteurs concluent que l'orthèse et la rééducation sont des alternatives envisageables pour les patients qui ne tolèrent pas la PPC, tout en rappelant que la PPC demeure le traitement de référence.

Ce que disent les recommandations européennes

En 2021, la Société européenne de pneumologie (ERS) a publié une recommandation sur les traitements de l'apnée autres que la PPC, élaborée à partir d'une revue systématique des essais randomisés et de la méthode GRADE (Randerath et al., 2021). Sur la thérapie myofonctionnelle, sa position est prudente : elle ne la suggère pas comme traitement standard de l'apnée (recommandation conditionnelle, preuve de faible qualité), et suggère de privilégier la PPC plutôt que les exercices chez l'adulte. Elle les réserve à des patients sélectionnés, qui recherchent une alternative et sont réticents aux options mécaniques ou chirurgicales.

Cette position n'est pas une condamnation. Elle reflète simplement l'état des preuves : des résultats prometteurs, mais des études trop petites et trop courtes pour faire de ces exercices un traitement de première intention. C'est cohérent avec l'approche que nous défendons ici : un complément utile, à discuter avec votre médecin, et non un substitut.

Pour qui ces exercices peuvent-ils avoir un intérêt ?

À partir de ces données, on peut dessiner les situations où il est raisonnable d'en parler avec son médecin du sommeil ou son ORL.

Les profils les plus étudiés

Les essais ont surtout inclus des adultes d'âge moyen (autour de 45 à 50 ans), avec une apnée légère à modérée, sans obésité sévère, et souvent un ronflement important. C'est dans ces situations que les résultats sont les plus documentés. Plusieurs cas de figure se dégagent :

  • Les ronfleurs avec apnée légère, chez qui la PPC n'est pas toujours proposée et pour qui les exercices peuvent réduire le ronflement et parfois la sévérité.
  • Les personnes sous PPC qui souhaitent agir en complément, par exemple pour mieux tolérer leur traitement ou améliorer leur somnolence résiduelle.
  • Les personnes qui ne tolèrent ni la PPC ni l'orthèse, après avoir réellement essayé avec l'aide de leur équipe soignante, et pour qui les exercices peuvent constituer une option de repli, à évaluer par un nouvel enregistrement.
  • Les personnes qui ont déjà une respiration buccale, une déglutition atypique ou une langue en position basse, que l'orthophoniste pourra identifier lors du bilan.

Les situations où ils ne suffisent pas

À l'inverse, les exercices seuls ne sont pas une réponse adaptée dans plusieurs situations :

  • L'apnée sévère, surtout avec des désaturations profondes en oxygène, une maladie cardiovasculaire ou une somnolence importante. Un essai pilote espagnol a testé une application d'exercices chez des patients atteints d'apnée sévère et rapporte une baisse de l'index de 44,7 à 20,9 événements par heure, mais ce résultat reste celui d'un petit essai (28 patients analysés), mené par le concepteur de l'application, et les patients restaient en moyenne au-dessus du seuil de l'apnée modérée (O'Connor-Reina et al., 2020).
  • L'apnée centrale, qui n'est pas liée à un affaissement de la gorge.
  • Les obstacles anatomiques importants (grosses amygdales, déviation marquée de la cloison nasale, malformation de la mâchoire), qui relèvent d'abord d'un avis ORL ou maxillo-facial.
  • Les personnes qui conduisent beaucoup ou exercent un métier à risque et qui présentent une somnolence, pour qui un traitement rapidement actif est prioritaire.

Et chez l'enfant ?

Chez l'enfant, l'apnée du sommeil est le plus souvent liée à de grosses amygdales et végétations, et sa prise en charge relève du pédiatre et de l'ORL. Les données sur la rééducation myofonctionnelle sont encore limitées. La méta-analyse de 2024 notait que, dans le seul essai pédiatrique retenu, l'observance était faible (moins de 50 %) et qu'aucune amélioration de l'index d'apnées n'était observée (Saba et al., 2024). La rééducation peut néanmoins être proposée par les équipes spécialisées, par exemple après une chirurgie des amygdales ou un traitement orthodontique, pour corriger une respiration buccale. Si votre enfant ronfle régulièrement, respire la bouche ouverte ou a un sommeil agité, parlez-en d'abord à son pédiatre.

La méthode en pratique : à quoi ressemble un programme

Si votre médecin juge qu'un programme d'exercices a sa place dans votre prise en charge, voici à quoi il ressemble le plus souvent.

Le bilan initial

Tout commence par une évaluation par l'orthophoniste ou le kinésithérapeute. Il observe la position de votre langue au repos, la façon dont vous respirez (nez ou bouche), avalez et mâchez, la tonicité de vos lèvres et de vos joues, la mobilité de votre voile du palais. Certains praticiens mesurent la force de la langue avec un appareil dédié. Cette étape permet de repérer vos points faibles et de bâtir un programme adapté, plutôt qu'une liste générique.

Il est utile d'apporter le compte rendu de votre enregistrement du sommeil et de votre consultation spécialisée, pour que le rééducateur connaisse la sévérité de votre apnée et votre traitement en cours.

Le déroulé type sur trois mois

Dans les essais, les programmes duraient généralement trois mois, avec une pratique quotidienne à domicile et des séances régulières avec le professionnel. Un déroulé fréquent ressemble à ceci :

  1. Les premières semaines sont consacrées à l'apprentissage. Vous découvrez les exercices, apprenez à les réaliser correctement, à sentir les bons muscles. La difficulté est souvent plus grande qu'on ne l'imagine : placer sa langue précisément, la maintenir, contracter le voile du palais sans crisper la mâchoire demande de la concentration.
  2. La phase d'entraînement augmente progressivement l'intensité, le nombre de répétitions et la durée de maintien. Les exercices sont souvent répartis en plusieurs courtes séances dans la journée, par exemple trois fois une dizaine de minutes, ce qui les rend plus faciles à caser dans le quotidien.
  3. La phase d'intégration vise à transférer les acquis dans les gestes ordinaires : respiration nasale, déglutition avec la langue au palais, mastication bilatérale, posture de la langue au repos.
  4. La réévaluation se fait avec votre médecin. Seul un nouvel enregistrement du sommeil permet de mesurer objectivement l'effet sur l'apnée. Votre ressenti (moins de fatigue, conjoint qui signale moins de ronflement) compte, mais il ne suffit pas pour décider d'une modification de traitement.

Tenir dans la durée : la vraie difficulté

C'est le point le plus souvent sous-estimé. Les exercices oropharyngés demandent un effort quotidien, sur plusieurs mois, pour des résultats qui ne sont pas immédiats. Dans l'essai pédiatrique évoqué plus haut, moins de la moitié des enfants suivaient correctement le programme. Chez l'adulte aussi, la motivation s'émousse avec le temps.

Plusieurs leviers aident à tenir :

  • Associer les exercices à un moment fixe de la journée : après le brossage des dents, pendant le trajet en transport, en préparant le café.
  • Tenir un petit carnet ou cocher une case chaque jour, pour visualiser sa régularité.
  • Garder des rendez-vous réguliers avec le professionnel, qui relance la motivation et ajuste le programme.
  • Impliquer le conjoint, qui est souvent le premier témoin d'une éventuelle diminution du ronflement.
On ignore encore combien de temps les effets persistent si l'on arrête. Dans l'essai de 2017, l'amélioration de la somnolence se maintenait après trois semaines sans exercices (Diaféria et al., 2017), mais les données à long terme manquent. Comme pour tout entraînement musculaire, il est probable qu'une pratique d'entretien soit nécessaire.

Applications et outils numériques

Plusieurs applications pour smartphone proposent des programmes d'exercices guidés. Elles peuvent faciliter la régularité, grâce aux rappels et au suivi des progrès. L'essai pilote espagnol cité plus haut a utilisé l'une d'entre elles, avec des résultats encourageants (O'Connor-Reina et al., 2020), mais son concepteur était aussi l'un des auteurs, ce qui appelle une confirmation indépendante. Un autre essai sur une application, publié en 2026, a d'ailleurs été rétracté, ce qui rappelle que ce champ de recherche est encore jeune.

Ces outils peuvent être un bon support entre deux séances, à condition d'avoir d'abord appris les gestes avec un professionnel, et de ne pas les utiliser comme prétexte pour se passer d'un suivi médical.

Combiner les leviers : poids, alcool, position, nez

Les exercices oropharyngés ne sont qu'un levier parmi d'autres. L'apnée du sommeil est souvent multifactorielle, et plusieurs habitudes influencent directement sa sévérité.

Le poids. C'est l'un des facteurs les plus déterminants. L'excès de graisse autour du cou et à la base de la langue rétrécit le passage de l'air. Une perte de poids, même modérée, peut réduire nettement la sévérité de l'apnée chez certaines personnes. Nous avons détaillé ce lien et les moyens d'agir sans culpabilité dans notre article Apnée du sommeil et surpoids : le lien et comment agir. Exercices et démarche nutritionnelle se complètent bien, à condition d'être encadrés.

L'alcool et les sédatifs. L'alcool du soir relâche les muscles de la gorge et aggrave les apnées, exactement à l'inverse de ce que les exercices cherchent à obtenir. Il en va de même pour certains somnifères et tranquillisants, qui ne doivent jamais être arrêtés ou modifiés sans avis médical. Pour mieux comprendre ces effets, lisez pourquoi le verre du soir nuit à vos nuits et notre dossier sur les somnifères, la dépendance et les alternatives.

La position de sommeil. Chez certaines personnes, les apnées surviennent surtout sur le dos. On parle alors d'apnée positionnelle, qui peut bénéficier d'un dispositif empêchant de dormir sur le dos. Votre enregistrement du sommeil indique si c'est votre cas.

Le nez. Un nez bouché, par allergie, déviation de la cloison ou polypes, pousse à respirer par la bouche, ce qui fait reculer la langue et favorise le collapsus. Traiter la cause de l'obstruction nasale avec votre médecin ou votre ORL facilite aussi la respiration nasale travaillée en rééducation.

Le tabac. Il irrite et fait gonfler les muqueuses des voies aériennes. L'arrêt est bénéfique à de nombreux égards. Tabac Info Service (39 89) peut vous accompagner.

Pour une vue d'ensemble des approches qui peuvent accompagner un traitement médical, notre article Apnée du sommeil : symptômes, diagnostic et approches complémentaires fait le tour des options, en distinguant celles qui sont étayées de celles qui le sont moins.

Les erreurs fréquentes à éviter

Au fil des consultations, certaines erreurs reviennent souvent. Les connaître permet de les éviter.

Arrêter sa PPC parce que l'on fait des exercices. C'est l'erreur la plus dangereuse. Même si vous vous sentez mieux, seul un enregistrement du sommeil peut confirmer une amélioration suffisante. Arrêter sa machine sans avis expose à un retour des apnées, de la somnolence et des risques cardiovasculaires.

Se fier uniquement à son ressenti. Moins de fatigue ou moins de ronflement ne signifient pas forcément moins d'apnées. La somnolence peut s'améliorer alors que des apnées persistent, et l'inverse existe aussi.

Pratiquer sans diagnostic. Faire des exercices pour « soigner » un ronflement sans avoir vérifié l'absence d'apnée, c'est risquer de retarder un diagnostic important. Si votre ronflement s'accompagne de pauses respiratoires observées, d'une somnolence ou d'une hypertension, consultez.

Abandonner trop vite ou attendre des miracles. Les effets, quand ils existent, apparaissent après plusieurs semaines de pratique régulière. À l'inverse, des promesses de résultats en quelques jours ne correspondent à rien de ce qu'ont observé les études.

Négliger la mâchoire. Certains exercices sollicitent l'articulation de la mâchoire. En cas de douleur, de craquement ou de blocage, signalez-le au professionnel qui vous accompagne, surtout si vous portez déjà une orthèse d'avancée mandibulaire.

Ignorer une fatigue persistante. Si, malgré un traitement bien suivi, vous restez épuisé au réveil, d'autres causes peuvent coexister : un sommeil trop court, une insomnie, une carence en fer, une dépression ou un autre trouble du sommeil. Notre article sur la fatigue au réveil malgré huit heures de sommeil passe en revue ces pistes. Si cette fatigue s'accompagne d'idées noires, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable gratuitement, 24 heures sur 24.

Qui consulter et dans quel ordre ?

Le parcours le plus sûr suit une logique simple.

  1. Votre médecin traitant est la première porte d'entrée. Il évalue vos symptômes (ronflement, pauses observées, somnolence, réveils nocturnes, maux de tête matinaux), votre tension et vos facteurs de risque, puis oriente vers un spécialiste.
  2. Le médecin du sommeil, le pneumologue ou l'ORL confirme le diagnostic par un enregistrement du sommeil, recherche une cause anatomique et propose le traitement adapté : PPC, orthèse, traitement positionnel, chirurgie dans certains cas. C'est avec lui que vous discutez de l'intérêt d'une rééducation en complément.
  3. L'orthophoniste est le professionnel de référence pour la rééducation oro-myofonctionnelle. Certains kinésithérapeutes formés à la rééducation respiratoire et oro-faciale proposent aussi ces programmes. Ils vous apprennent les exercices et en assurent le suivi.
  4. Le dentiste ou l'orthodontiste intervient si une orthèse est prescrite, et peut aussi repérer une respiration buccale ou une déglutition atypique.
  5. Le diététicien-nutritionniste peut vous accompagner si une perte de poids fait partie du projet.
Le retour vers le médecin du sommeil, avec un nouvel enregistrement, permet d'évaluer l'effet global de l'ensemble de ces démarches et d'ajuster le traitement si besoin.

Questions fréquentes

Les exercices oropharyngés peuvent-ils remplacer ma machine à PPC ?

Non, pas de votre propre initiative. Les études montrent que la PPC reste plus performante pour réduire le nombre d'apnées et améliorer l'oxygénation. Les exercices peuvent compléter le traitement, réduire la somnolence et, selon un essai, aider à mieux utiliser sa machine. Dans de rares cas, après un nouvel enregistrement du sommeil montrant une amélioration nette, votre médecin peut décider d'adapter le traitement. Cette décision lui appartient.

Combien de temps faut-il pratiquer avant de voir un effet ?

Dans la plupart des essais, les programmes duraient trois mois, avec une pratique quotidienne d'environ 20 à 30 minutes au total. Certaines personnes perçoivent une diminution du ronflement ou de la fatigue au bout de quelques semaines, mais l'effet sur les apnées ne peut être mesuré que par un enregistrement du sommeil à l'issue du programme.

Puis-je apprendre les exercices seul avec des vidéos ?

Les vidéos donnent une idée de la méthode, mais elles ne remplacent pas un apprentissage avec un orthophoniste ou un kinésithérapeute formé. L'exécution précise compte beaucoup, le programme doit être adapté à vos faiblesses et le suivi régulier aide à tenir dans la durée. Une application peut ensuite servir de support entre les séances.

Les exercices sont-ils utiles si mon apnée est sévère ?

Les données sont limitées dans l'apnée sévère. Un petit essai a rapporté une baisse de l'index d'apnées, mais les patients restaient en moyenne au-dessus du seuil de l'apnée modérée. Dans les formes sévères, un traitement comme la PPC est prioritaire, et les exercices ne peuvent être envisagés qu'en complément, avec l'accord du médecin du sommeil.

La rééducation est-elle prise en charge ?

En France, la rééducation orthophonique est prise en charge par l'Assurance maladie sur prescription médicale, dans le cadre des actes prévus à la nomenclature. Les modalités de remboursement d'une rééducation spécifique de l'apnée peuvent varier selon la prescription et le professionnel. Renseignez-vous auprès de votre médecin, de l'orthophoniste et de votre caisse avant de commencer.

En résumé : un entraînement utile, à sa juste place

Les exercices oropharyngés reposent sur une logique solide : l'apnée obstructive est en partie un problème de muscles qui se relâchent trop pendant le sommeil, et ces muscles peuvent s'entraîner. Les essais disponibles montrent une réduction de la somnolence, du ronflement et, en moyenne, de la sévérité de l'apnée. Mais ces études sont petites, courtes, et la Société européenne de pneumologie ne les recommande pas comme traitement standard.

Leur juste place est donc celle d'un complément encadré : après un diagnostic par enregistrement du sommeil, en accord avec le médecin du sommeil ou l'ORL, enseignés par un orthophoniste ou un kinésithérapeute, et évalués par un nouvel examen. Ils peuvent aider à mieux vivre avec sa PPC, à réduire un ronflement gênant, à reprendre la main sur sa respiration. Ils ne remplacent ni la machine, ni l'orthèse, ni la vigilance au volant.

Si vous souhaitez être accompagné dans une démarche globale autour de votre sommeil, en complément de votre suivi médical, vous pouvez trouver un professionnel près de chez vous dans l'annuaire ViziWell.

Sources

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⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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Cet article fait partie de notre dossier Sommeil.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

KG

Kátia C. Guimarães

Chercheuse en orthophonie et médecine du sommeil — Sleep Laboratory, Pulmonary Division, Heart Institute (InCor), University of São Paulo Medical School, São Paulo, Brésil

GD

Giovana Diaféria

Chercheuse en orthophonie et médecine du sommeil — Disciplina de Medicina e Biologia do Sono, Departamento de Psicobiologia, Universidade Federal de São Paulo, São Paulo, Brésil

MC

Macario Camacho

Médecin, chercheur en médecine du sommeil — Tripler Army Medical Center (États-Unis)

Chercheur en chirurgie du sommeil et thérapies non invasives, auteur de la méta-analyse de référence sur la thérapie myofonctionnelle.

JR

José Ramón Rueda

Médecine préventive et santé publique — Department of Preventive Medicine and Public Health, University of the Basque Country, Leioa, Espagne

ES

Elias S. Saba

Department of Otolaryngology–Head and Neck Surgery, États-Unis