Ostéopathe soutenant doucement la nuque d’une femme allongée, yeux fermés, dans un cabinet lumineux et apaisant
Ostéopathie

Migraines et céphalées à répétition : l’ostéopathie peut-elle aider ?

⏱ 41 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : l’ostéopathie peut être envisagée en complément du suivi médical quand les migraines ou les céphalées de tension reviennent souvent, mais elle ne remplace ni le diagnostic ni le traitement de fond prescrit. Dans l’essai randomisé de Cerritelli (2015, 105 personnes atteintes de migraine chronique, 8 séances en 6 mois), le groupe ostéopathie a davantage réduit son score de retentissement HIT-6 que le groupe recevant des manœuvres simulées. La revue systématique de Cerritelli et collaborateurs (Journal of Pain Research, 2017) qualifie toutefois l’ensemble des données de « niveau de preuve faible et préliminaire » : peu d’essais, de petite taille, aucun à faible risque de biais. Le bon usage consiste donc à tester quelques séances, agenda des crises à l’appui, en gardant son médecin dans la boucle.
Vous connaissez sans doute ce scénario : une crise le lundi, une autre le jeudi, le week-end gâché par une douleur qui cogne derrière l’œil, la boîte d’antalgiques qui se vide plus vite que prévu. Quand les maux de tête deviennent un rythme de vie, on finit par chercher tout ce qui pourrait réduire leur fréquence. L’ostéopathie revient souvent dans les conversations : un collègue « allait beaucoup mieux après deux séances », une amie « ne jure que par son ostéo ». Mais entre l’expérience d’une personne et ce qu’on peut attendre raisonnablement pour soi, il y a un écart que seules les études permettent de mesurer.

Cet article fait le point, sans promesse et sans dénigrement. Il part de ce que vous vivez (des crises répétées, de la fatigue, parfois de l’inquiétude), passe en revue ce que la recherche établit réellement sur l’ostéopathie face à la migraine et à la céphalée de tension, puis détaille ce que vous pouvez faire concrètement : quand consulter en urgence, comment éviter le piège des antalgiques pris trop souvent, comment tester l’ostéopathie de façon utile et sûre, et comment l’articuler avec votre traitement de fond.

Migraine, céphalée de tension : de quels maux de tête parle-t-on ?

Avant de se demander si une approche manuelle peut aider, il faut savoir de quel mal de tête il s’agit. Les études ne portent pas toutes sur la même maladie, et ce qui peut être utile dans un cas ne l’est pas forcément dans l’autre. Le diagnostic appartient au médecin (généraliste ou neurologue), mais connaître les grandes familles aide à mieux dialoguer avec lui.

La migraine

La migraine est une maladie neurologique fréquente : selon la revue de Cerritelli et collaborateurs (2017), elle touche plus de 15 % de la population générale. Elle se manifeste par des crises de quelques heures à trois jours, souvent d’un seul côté de la tête, avec une douleur pulsatile, aggravée par l’effort, accompagnée de nausées et d’une gêne à la lumière ou au bruit. Une partie des personnes migraineuses présente une aura : troubles visuels transitoires (zigzags lumineux, tache aveugle), fourmillements, parfois difficulté à trouver ses mots, qui précèdent la douleur.

On parle de migraine épisodique quand les crises surviennent moins de 15 jours par mois, et de migraine chronique au-delà de 15 jours de céphalée par mois depuis plus de trois mois, dont au moins 8 jours ayant les caractéristiques de la migraine. Cette distinction compte : l’essai le plus cité sur l’ostéopathie (Cerritelli 2015) porte justement sur la migraine chronique, une population très gênée et souvent déjà sous traitement de fond.

La céphalée de tension

La céphalée de tension est le mal de tête le plus répandu. Elle donne une sensation de serrement ou de pression, des deux côtés, « en casque » ou « en bandeau », d’intensité légère à modérée, généralement sans nausées et sans aggravation franche à l’effort. Elle peut être épisodique ou chronique. Beaucoup de personnes qui en souffrent décrivent aussi des tensions dans la nuque, les épaules ou la mâchoire, ce qui explique l’intérêt porté aux techniques manuelles des tissus mous.

Les autres maux de tête à connaître

Trois autres situations méritent d’être citées, car elles changent la conduite à tenir :

  • La céphalée par abus médicamenteux : quand on prend des antalgiques ou des triptans trop souvent, le cerveau finit par entretenir la douleur. Les maux de tête deviennent quasi quotidiens. Nous y revenons plus bas, car c’est un piège très fréquent.
  • La céphalée cervicogénique : la douleur part de la nuque et irradie vers la tête, souvent d’un seul côté, en lien avec un problème des cervicales. Elle relève d’un bilan médical, et les approches manuelles y sont souvent discutées.
  • L’algie vasculaire de la face : crises très intenses autour d’un œil, avec larmoiement et nez qui coule du même côté, survenant par salves. Elle nécessite un diagnostic et un traitement spécialisés, et ne fait pas partie des indications de l’ostéopathie.
Si vous ne savez pas à quelle famille appartiennent vos maux de tête, c’est la première question à poser à votre médecin. Un diagnostic clair oriente tout le reste, y compris le choix des approches complémentaires.

D’abord, les signaux qui imposent d’appeler le 15

Certains maux de tête ne sont pas « une migraine de plus ». Ils peuvent révéler une hémorragie cérébrale, une méningite, un accident vasculaire cérébral ou une dissection d’une artère du cou. Dans ces situations, il ne faut ni attendre, ni consulter un praticien de médecine complémentaire : appelez le 15 (SAMU) ou le 112, ou rendez-vous aux urgences.

Les drapeaux rouges à connaître :

  • Une céphalée brutale, « en coup de tonnerre », qui atteint son intensité maximale en moins d’une minute, souvent décrite comme « la pire douleur de ma vie ».
  • Un mal de tête avec fièvre et raideur de la nuque, surtout si la lumière devient insupportable, avec vomissements, somnolence ou taches sur la peau.
  • Un déficit neurologique : faiblesse ou engourdissement d’un bras, d’une jambe ou d’une moitié du visage, déséquilibre, confusion.
  • Des troubles de la parole ou de la vision qui ne ressemblent pas à votre aura habituelle, ou qui durent plus d’une heure.
  • Une céphalée après un traumatisme de la tête ou du cou (chute, choc, accident), même si le choc semblait banal.
  • Une nouvelle céphalée après 50 ans, chez quelqu’un qui n’avait jamais eu de maux de tête de ce type.
  • Une aggravation progressive sur des jours ou des semaines, avec une douleur qui change de nature, réveille la nuit ou s’accentue en toussant ou en poussant.
S’y ajoutent des situations qui demandent un avis médical rapide sans forcément relever de l’urgence vitale : maux de tête pendant la grossesse ou après l’accouchement, chez une personne immunodéprimée ou ayant un antécédent de cancer, ou une douleur unilatérale de la nuque et de la tête apparue brutalement, surtout après une manipulation du cou ou un mouvement forcé. Pour aller plus loin sur ces signaux, notre guide Douleur : quand consulter ? Le guide des signaux d’alerte les détaille pour l’ensemble des douleurs.

Un ostéopathe sérieux connaît ces drapeaux rouges et vous réorientera s’il en repère un. Mais c’est à vous de ne pas laisser passer ces signes avant même de prendre rendez-vous.

Pourquoi l’ostéopathie est-elle envisagée pour les maux de tête ?

L’ostéopathie repose sur des techniques manuelles : mobilisations articulaires douces, techniques sur les muscles et les fascias, étirements, techniques dites « fonctionnelles » ou « crâniennes », et parfois manipulations à haute vélocité (le fameux « crac »). Elle vise à améliorer la mobilité et à réduire les tensions dans les zones jugées en lien avec la plainte. Pour un mal de tête, l’ostéopathe s’intéresse en général à la nuque, aux épaules, au haut du dos, à la mâchoire et au crâne.

Plusieurs pistes sont avancées pour expliquer un éventuel bénéfice, avec des niveaux de certitude très différents :

  • Les tensions musculaires et la nuque : chez beaucoup de personnes souffrant de céphalée de tension ou de migraine, les muscles du cou et des épaules sont sensibles à la pression. Les techniques des tissus mous pourraient diminuer cette sensibilité locale. C’est la piste la plus plausible, surtout pour la céphalée de tension.
  • La modulation de la douleur : le toucher, la détente et l’attention portée au corps peuvent agir sur la façon dont le système nerveux traite les signaux douloureux. La migraine chronique s’accompagne souvent d’une « sensibilisation » du système nerveux, que nous expliquons dans Sensibilisation centrale : quand le système nerveux amplifie la douleur.
  • Le stress et le système nerveux autonome : le stress est un déclencheur classique des crises. Une séance qui procure une détente profonde peut, au moins temporairement, réduire la charge de stress.
  • Les « restrictions de mobilité » crâniennes : l’idée d’un mouvement rythmique des os du crâne que l’on pourrait percevoir et corriger reste débattue et n’est pas démontrée. Nous verrons plus loin que les essais sur ces techniques ne montrent pas d’effet net.
Il est important de garder en tête que ces mécanismes sont des hypothèses. La seule chose qui compte pour vous, c’est de savoir si les personnes qui reçoivent de l’ostéopathie ont, en moyenne, moins de crises ou des crises moins fortes que des personnes comparables qui n’en reçoivent pas. C’est précisément ce que tentent de mesurer les essais randomisés.

Ce que montrent les études sur l’ostéopathie et la migraine

La recherche sur l’ostéopathie et les maux de tête existe, mais elle est restreinte. On compte quelques essais randomisés, souvent de petite taille, et quelques revues systématiques qui les rassemblent. Voici les principaux, présentés honnêtement avec leurs forces et leurs faiblesses.

Ce que montrent les études
Étude : essai randomisé à trois bras de Cerritelli et collaborateurs, Complementary Therapies in Medicine, 2015 (PMID 25847552).
Effectif : 105 personnes atteintes de migraine chronique, suivies dans un service de neurologie à Ancône (Italie), réparties en trois groupes : ostéopathie + médicaments, manœuvres simulées + médicaments, médicaments seuls. 8 séances sur 6 mois.
Résultat : le groupe ostéopathie a réduit son score HIT-6 (retentissement des céphalées) de 6,6 points de plus que le groupe à manœuvres simulées et de 8,7 points de plus que le groupe médicaments seuls, avec aussi moins de jours de migraine et une consommation de médicaments plus faible.
Limite : un seul centre, une équipe d’ostéopathes impliquée à la fois dans les soins et l’étude, des effets d’une ampleur inhabituelle qui n’ont pas encore été reproduits par une équipe indépendante.

L’essai Cerritelli 2015 : le plus cité, à lire avec nuance

C’est l’essai qui a le plus fait parler de l’ostéopathie dans la migraine, et il a des qualités réelles. Il compare l’ostéopathie non seulement à l’absence de soin manuel, mais aussi à des manœuvres simulées : des contacts manuels qui imitent une séance sans appliquer les techniques supposées actives. Cette comparaison est essentielle, car elle permet de distinguer l’effet propre des techniques de l’effet général d’une prise en charge attentive (le temps passé, le toucher, les attentes).

Point important pour notre sujet : tous les participants ont gardé leur traitement médicamenteux. L’ostéopathie a été ajoutée au traitement habituel, pas substituée. C’est exactement la place qu’on peut lui donner dans la vie réelle.

Le critère principal était le score HIT-6, un questionnaire de six questions qui mesure l’impact des maux de tête sur la vie quotidienne (travail, loisirs, fatigue, irritabilité, concentration). Les écarts observés (6,6 points face aux manœuvres simulées) sont importants pour ce type de questionnaire. Les auteurs rapportent aussi une réduction nette du nombre de jours de migraine et de la consommation de médicaments dans le groupe ostéopathie.

Faut-il en conclure que l’ostéopathie réduit la migraine chronique ? Pas encore. Un seul essai, mené dans un seul centre, par une équipe dont plusieurs membres appartiennent à une école d’ostéopathie, ne suffit pas à établir un effet. Les écarts observés sont très importants pour une intervention manuelle, ce qui appelle une réplication indépendante. C’est d’ailleurs ce que soulignent les revues systématiques publiées depuis.

L’essai Voigt 2011 : un signal chez des femmes migraineuses

Une équipe de l’université de Dresde (Allemagne) a randomisé 42 femmes migraineuses en deux groupes de 21 (Voigt et collaborateurs, Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2011). Le groupe intervention a reçu cinq séances d’ostéopathie de 50 minutes sur dix semaines, le groupe contrôle n’a reçu aucun soin manuel et a seulement rempli les questionnaires. Les deux groupes ont poursuivi leurs médicaments habituels.

Six mois plus tard, le groupe ostéopathie présentait une baisse significative du score MIDAS (qui mesure le handicap lié à la migraine), de l’intensité de la douleur, du nombre de jours d’incapacité et une amélioration de trois domaines de qualité de vie sur huit. Le groupe contrôle ne bougeait pas. Les auteurs eux-mêmes concluent qu’il faudra des études plus grandes, avec un groupe recevant des manœuvres simulées et un suivi plus long. Sans ce type de comparaison, il est impossible de savoir quelle part de l’amélioration revient aux techniques et quelle part revient au simple fait d’être pris en charge.

La revue systématique de 2017 : un niveau de preuve faible et préliminaire

En 2017, Francesco Cerritelli et des chercheurs du Centre national d’épidémiologie de l’Institut supérieur de santé italien ont rassemblé toutes les études disponibles sur l’ostéopathie dans les céphalées (Journal of Pain Research). Sur six études identifiées, cinq étaient exploitables. Leur lecture d’ensemble suggère que les personnes migraineuses pourraient bénéficier de l’ostéopathie, probablement avec moins de crises par mois et une consommation de médicaments réduite.

Mais la conclusion est sans ambiguïté sur la solidité de ces données : aucune des études incluses n’était classée à faible risque de biais selon l’outil de la Collaboration Cochrane, et les auteurs parlent d’un « niveau de preuve faible et préliminaire ». Autrement dit, les résultats vont dans un sens encourageant, mais ils reposent sur des fondations fragiles. Il est notable que cette prudence vienne d’une équipe comprenant des ostéopathes.

Les manipulations vertébrales : une méta-analyse de 2019

Une équipe de Harvard (Rist et collaborateurs, Headache, 2019) a analysé les essais randomisés évaluant les manipulations vertébrales dans la migraine, qu’elles soient pratiquées par des chiropracteurs, des ostéopathes ou d’autres thérapeutes manuels. Six essais réunissant 677 personnes ont été inclus.

Résultat : les manipulations vertébrales ont réduit le nombre de jours de migraine avec un effet de petite taille (taille d’effet de Hedges g = -0,35), ainsi que l’intensité de la douleur. Les auteurs qualifient ces résultats de préliminaires, en raison de la qualité méthodologique variable des études (aveugle difficile, données incomplètes). Ce travail est utile car il donne un ordre de grandeur réaliste : quand un bénéfice existe, il est modeste, pas spectaculaire. Le volet chiropraxie de cette question est développé dans notre article Migraines et maux de tête : la chiropraxie peut-elle vous aider ?.

Et pour la céphalée de tension ?

La céphalée de tension est souvent associée à des tensions de la nuque et des épaules, ce qui en fait une cible logique pour les techniques manuelles. Les études y sont un peu plus nombreuses que pour la migraine, mais elles évaluent la « thérapie manuelle » au sens large (kinésithérapie, ostéopathie, chiropraxie, massage), pas l’ostéopathie isolément.

Ce que montrent les études
Étude : revue systématique avec méta-analyse de Kamonseki et collaborateurs, Disability and Rehabilitation, 2022 (PMID 32924640).
Effectif : 15 essais randomisés, 1 131 personnes souffrant de céphalée de tension.
Résultat : les techniques des tissus mous (travail sur les muscles et les points sensibles) ont réduit l’intensité et la fréquence des maux de tête par rapport à l’absence de soin, avec un niveau de preuve faible. Les manipulations à haute vélocité (le « crac ») n’ont pas fait mieux que l’absence de soin sur l’intensité de la douleur, avec un niveau de preuve modéré pour la fréquence.
Limite : aucune des techniques étudiées n’a amélioré l’impact global des maux de tête sur la vie quotidienne, et la qualité des essais reste limitée.
Ce résultat est précieux pour vous, car il distingue les techniques. Les approches douces sur les muscles du cou, des épaules et de la base du crâne semblent avoir plus d’intérêt que les manipulations cervicales à haute vélocité dans la céphalée de tension. C’est une information à garder en tête au moment de discuter avec votre ostéopathe des techniques qu’il envisage : vous pouvez tout à fait demander qu’il privilégie les techniques douces, ce qui va aussi dans le sens de la sécurité (voir plus bas).

Les auteurs concluent que la thérapie manuelle peut avoir des effets positifs sur l’intensité et la fréquence de la douleur, mais que d’autres études sont nécessaires pour consolider ces données. Pour les tensions de nuque qui accompagnent souvent ces maux de tête, notre article Ostéopathie et cervicales : torticolis, névralgie, vertiges apporte un éclairage complémentaire.

Ostéopathie crânienne : ce que disent les données

L’ostéopathie crânienne (ou thérapie crânio-sacrée) est souvent proposée pour les maux de tête. Elle consiste en des contacts très légers sur le crâne, la nuque et le bassin, censés percevoir et rééquilibrer un « rythme » propre au système crânio-sacré. Elle est généralement très bien tolérée et procure souvent une sensation de détente.

Sur le plan des preuves, la méta-analyse la plus récente est réservée. Amendolara et collaborateurs (Frontiers in Medicine, 2024) ont rassemblé 24 essais randomisés et 1 613 participants, toutes indications confondues. Sur les critères principaux des études, aucun effet significatif n’a été retrouvé. Seuls quelques critères secondaires (douleur chronique, certains paramètres chez le nouveau-né) montraient un signal, que les auteurs eux-mêmes invitent à ne pas interpréter comme positif en raison des biais et de la grande incertitude.

Cela ne signifie pas qu’une séance douce ne puisse pas vous faire du bien sur le moment. Mais il n’y a pas, à ce jour, de démonstration que les techniques crâniennes réduisent la fréquence des migraines. Si votre objectif est de diminuer le nombre de crises, mieux vaut le savoir avant d’investir dans une longue série de séances. Pour en savoir plus sur cette approche, voir notre article Ostéopathie crânienne : principes, bienfaits et pratique.

Comment lire ces résultats sans se tromper

Les chiffres d’un essai ne se transposent pas directement à votre situation. Quelques repères aident à garder la bonne distance.

Un essai isolé n’est pas une preuve. L’essai Cerritelli 2015 est encourageant, mais il est unique dans son genre. En recherche clinique, un résultat devient solide quand plusieurs équipes indépendantes le retrouvent. Ce n’est pas encore le cas pour l’ostéopathie dans la migraine.

La comparaison compte autant que le résultat. Comparer l’ostéopathie à « rien » (Voigt 2011) surestime presque toujours l’effet, car le simple fait d’être pris en charge améliore souvent les symptômes. Les comparaisons à des manœuvres simulées sont plus informatives, mais elles sont difficiles à réaliser en thérapie manuelle : le praticien sait ce qu’il fait, et le patient devine parfois dans quel groupe il se trouve.

La migraine fluctue naturellement. Beaucoup de personnes consultent au plus fort d’une période difficile. Or les périodes difficiles finissent souvent par s’atténuer d’elles-mêmes, ce que les chercheurs appellent la « régression vers la moyenne ». Sans groupe de comparaison, on attribue facilement cette amélioration naturelle au dernier soin essayé.

Les effets moyens cachent des réponses individuelles. Un effet « petit » en moyenne (comme dans la méta-analyse de 2019) peut correspondre à quelques personnes nettement améliorées et à d’autres pas du tout. C’est pourquoi un essai personnel bien mesuré, avec un agenda des crises, a du sens.

Le niveau de preuve se résume ainsi : pour la migraine, des données préliminaires et de faible niveau, plutôt favorables à un bénéfice modeste en complément du traitement. Pour la céphalée de tension, un intérêt possible des techniques des tissus mous, de faible niveau de preuve. Pour l’ostéopathie crânienne, pas d’effet démontré. Pour une vue d’ensemble de ce que la recherche établit sur l’ostéopathie en général, vous pouvez consulter Les preuves scientifiques de l’ostéopathie.

Sécurité : manipulations du cou et risque rare de dissection artérielle

L’ostéopathie est globalement bien tolérée. Les effets indésirables les plus fréquents sont bénins et passagers : courbatures, fatigue, parfois une céphalée transitoire dans les 24 à 48 heures suivant la séance. Un point mérite toutefois d’être connu, sobrement : les manipulations cervicales à haute vélocité.

Les artères qui irriguent le cerveau passent par le cou (artères carotides et vertébrales). Leur paroi peut se fissurer : c’est la dissection artérielle cervicale, une des causes d’accident vasculaire cérébral chez l’adulte jeune et d’âge moyen. Dans une déclaration scientifique, l’American Heart Association et l’American Stroke Association (Biller et collaborateurs, Stroke, 2014) rapportent une association statistique entre ces dissections et les manipulations cervicales, tout en précisant qu’on ne sait pas si la manipulation provoque la dissection ou si une dissection déjà en cours, qui donne justement des douleurs de nuque et de tête, pousse la personne à consulter un thérapeute manuel.

L’événement est rare, mais il est grave. Trois conséquences pratiques en découlent :

  • Si votre mal de tête est nouveau, inhabituel, d’un seul côté avec une douleur de nuque, faites-le évaluer par un médecin avant toute manipulation du cou. C’est exactement le tableau qu’une dissection peut donner.
  • Vous pouvez demander des techniques douces (tissus mous, mobilisations lentes, étirements) plutôt que des manipulations à haute vélocité du cou. Un bon praticien adaptera sa séance sans difficulté, d’autant que les données sur la céphalée de tension ne montrent pas d’avantage particulier aux manipulations rapides.
  • Après une séance, une douleur cervicale brutale, des vertiges, des troubles de la vision, de la parole, de la déglutition ou une faiblesse d’un côté du corps imposent d’appeler le 15 sans attendre.
Ces précautions ne visent pas à faire peur. Elles permettent simplement de profiter des approches manuelles en réduisant un risque déjà faible. Les différences entre les approches ostéopathique et chiropratique sur ce point sont abordées dans Ostéopathie vs chiropractie : différences et similitudes.

Le piège de l’abus médicamenteux

Quand les crises sont fréquentes, il est naturel de prendre un antalgique dès que la douleur pointe. Le problème est que, au-delà d’un certain seuil, les médicaments de crise peuvent eux-mêmes entretenir les maux de tête. C’est la céphalée par abus médicamenteux : une céphalée secondaire, liée à la surconsommation de traitements de crise chez une personne qui souffre déjà de migraine ou de céphalée de tension.

D’après la synthèse publiée dans Nature Reviews Disease Primers (Ashina et collaborateurs, 2023), elle est fréquente chez les personnes qui ont 15 jours de céphalée ou plus par mois, elle est source d’un handicap important et reste souvent méconnue. Les critères de la classification internationale des céphalées retiennent en pratique une prise régulière, depuis plus de trois mois, d’antalgiques simples (paracétamol, anti-inflammatoires) 15 jours par mois ou plus, ou de triptans, d’opioïdes ou d’associations médicamenteuses 10 jours par mois ou plus.

Bonne nouvelle : cette situation se prévient et se prend en charge, avec des résultats généralement très favorables. Mais elle relève du médecin. La recommandation de l’Académie européenne de neurologie (Diener et collaborateurs, European Journal of Neurology, 2020) place l’information et l’accompagnement en première étape, puis, si nécessaire, la réduction ou l’arrêt des médicaments en excès, associée à un traitement de fond d’efficacité démontrée. Pour certains médicaments (opioïdes, tranquillisants, barbituriques), la diminution doit être progressive et encadrée.

Ce que cela implique pour vous :

  • Comptez vos jours de prise de médicaments de crise dans votre agenda. Si vous approchez des seuils ci-dessus, parlez-en à votre médecin : c’est un signal important, pas un échec personnel.
  • N’arrêtez pas brutalement seul des médicaments pris depuis longtemps, en particulier s’il s’agit d’opioïdes ou de tranquillisants. Le sevrage se prépare avec un professionnel.
  • L’ostéopathie ne traite pas l’abus médicamenteux. Elle peut éventuellement faire partie d’un accompagnement global, mais la priorité est la prise en charge médicale du surdosage.
Notre article Anti-douleurs en automédication : risques du paracétamol et des AINS détaille les précautions d’usage des antalgiques courants.

Ne pas arrêter son traitement de fond

Il arrive qu’après quelques séances qui font du bien, on soit tenté de réduire ou d’arrêter son traitement de fond (bêtabloquant, antiépileptique, antidépresseur à faible dose, anticorps anti-CGRP, etc.). C’est une décision à ne jamais prendre seul.

Plusieurs raisons à cela. D’abord, dans les essais cités plus haut, l’ostéopathie a toujours été ajoutée au traitement en cours, jamais substituée : rien ne permet de dire qu’elle pourrait le remplacer. Ensuite, certains traitements de fond ne s’arrêtent pas du jour au lendemain sans risque de rebond ou d’effets de sevrage. Enfin, une amélioration après quelques séances peut correspondre à une fluctuation naturelle de la maladie : si on arrête le traitement à ce moment-là, les crises peuvent revenir en force.

Si vous allez mieux et souhaitez alléger votre traitement, apportez votre agenda des crises à votre médecin. C’est lui qui jugera si, quand et comment adapter les doses. Un ostéopathe qui vous conseillerait d’arrêter vos médicaments sortirait de son champ de compétence.

Concrètement : comment intégrer l’ostéopathie à votre prise en charge

Si vous et votre médecin jugez raisonnable de tester l’ostéopathie, voici comment faire en sorte que l’essai soit utile, sûr et évaluable.

Avant de commencer : l’agenda des crises

L’agenda des crises (ou calendrier des céphalées) est l’outil central. Sur papier ou sur une application, notez pour chaque jour :

  • s’il y a eu un mal de tête, son intensité (de 0 à 10) et sa durée,
  • les médicaments pris (nom, dose, nombre de prises),
  • les déclencheurs possibles (règles, manque de sommeil, stress, repas sauté, alcool, écrans),
  • l’impact sur la journée (travail possible ou non, activité réduite).
Tenez cet agenda au moins quatre semaines avant la première séance, pour disposer d’une période de référence. Sans cette base, il sera impossible de savoir si les séances changent quelque chose. Vous pouvez aussi remplir le questionnaire HIT-6 (six questions, disponible auprès de votre médecin) au début puis à la fin de la période d’essai.

Choisir un praticien

En France, le titre d’ostéopathe est réglementé. Vérifiez que votre praticien est ostéopathe diplômé (ou professionnel de santé ayant une formation en ostéopathie) et enregistré. Lors du premier contact, n’hésitez pas à poser quelques questions : a-t-il l’habitude des personnes migraineuses ? Comment travaille-t-il avec les médecins ? Quelles techniques envisage-t-il pour le cou ?

Un praticien de confiance :

  • commence par un interrogatoire sur vos maux de tête, vos antécédents et vos traitements,
  • recherche les signes d’alerte et vous oriente vers un médecin si nécessaire,
  • vous explique ce qu’il fait et accepte d’adapter ses techniques à vos demandes,
  • ne promet pas la disparition des migraines et ne vous demande pas d’arrêter vos médicaments,
  • propose un nombre limité de séances avant de faire le point.
Vous pouvez trouver un professionnel près de chez vous dans notre annuaire des ostéopathes. Le déroulement d’une consultation type est expliqué dans Comment se déroule une séance d’ostéopathie.

Pendant les séances

Une séance dure généralement de 45 minutes à une heure. Pour les maux de tête, le travail porte le plus souvent sur la nuque, les épaules, le haut du dos, la mâchoire et la base du crâne. Il est préférable de ne pas consulter en pleine crise de migraine : la plupart des personnes supportent mal le toucher et les changements de position à ce moment-là. Planifiez plutôt les séances en dehors des crises.

Signalez tout inconfort pendant la séance. Une légère fatigue ou une courbature le lendemain est fréquente. En revanche, une douleur inhabituelle, intense, ou des signes neurologiques après la séance doivent vous faire appeler le 15.

Si vos maux de tête s’accompagnent de douleurs de la mâchoire, de bruxisme (serrement ou grincement des dents) ou de craquements à l’ouverture de la bouche, signalez-le : la mâchoire peut participer aux céphalées. Nous détaillons ce lien dans Ostéopathie et ATM : mâchoire et troubles temporo-mandibulaires.

Combien de séances, et quand faire le point ?

Les essais ont utilisé des protocoles de 5 séances sur 10 semaines (Voigt 2011) à 8 séances sur 6 mois (Cerritelli 2015). Il n’existe pas de « bon » nombre de séances démontré. Un repère raisonnable consiste à prévoir 3 à 5 séances espacées de 2 à 4 semaines, puis à faire le bilan avec votre agenda.

Comparez la période de référence avec la période d’essai : nombre de jours de céphalée par mois, intensité moyenne, nombre de jours avec médicaments de crise, jours d’incapacité. Fixez-vous à l’avance, avec votre médecin, ce que vous considérerez comme une amélioration utile (par exemple quelques jours de crise en moins par mois, ou des crises nettement moins fortes). Si, après cette série, rien n’a changé, il est légitime d’arrêter et d’explorer d’autres pistes plutôt que de multiplier les séances.

Côté budget, les séances ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie, mais de nombreuses mutuelles en prennent une partie en charge. Le détail figure dans Tarifs et remboursement de l’ostéopathie en France.

Ce qu’il faut dire à votre médecin

Informez votre médecin traitant ou votre neurologue que vous essayez l’ostéopathie. Apportez votre agenda lors des consultations de suivi. Cela lui permet d’interpréter correctement l’évolution de vos crises, de repérer un éventuel abus médicamenteux et d’ajuster le traitement de fond si besoin. L’objectif n’est pas de choisir entre médecine et ostéopathie, mais de construire une prise en charge cohérente dont vous êtes le pivot.

Ce que vous pouvez faire au quotidien

L’ostéopathie, si vous la choisissez, ne sera qu’une pièce du puzzle. Plusieurs mesures d’hygiène de vie ont un rôle reconnu dans la prévention des crises, et elles se combinent très bien avec une approche manuelle :

  • Régularité du sommeil : se coucher et se lever à heures fixes, y compris le week-end. Le manque comme l’excès de sommeil sont des déclencheurs fréquents.
  • Repas réguliers et hydratation : sauter un repas ou boire trop peu d’eau favorise les crises chez de nombreuses personnes migraineuses.
  • Activité physique d’endurance : la marche rapide, le vélo ou la natation, pratiqués régulièrement et progressivement, sont associés à une diminution de la fréquence des crises.
  • Gestion du stress : relaxation, cohérence cardiaque, méditation de pleine conscience, sophrologie. Le stress et sa « retombée » (les migraines du week-end) sont des déclencheurs classiques. Le lien entre stress et sommeil est développé dans Stress et sommeil : sortir du cercle vicieux en douceur.
  • Caféine avec modération : une consommation importante puis un arrêt brutal (le week-end par exemple) peut déclencher des maux de tête.
  • Ergonomie et pauses : pour les céphalées de tension, alterner les positions, régler la hauteur de l’écran et faire des pauses pour mobiliser la nuque et les épaules.
  • Repérer ses déclencheurs personnels grâce à l’agenda, sans tomber dans une liste d’interdits interminable.
Pour une vue d’ensemble des approches naturelles et de leur niveau de preuve (magnésium, riboflavine, relaxation, activité physique, etc.), voir notre guide Migraines et céphalées : prévention et solutions naturelles.

Ostéopathie, chiropraxie, acupuncture, hypnose : comment s’y retrouver ?

Plusieurs approches complémentaires sont proposées aux personnes migraineuses. Elles ne se valent pas toutes en termes de preuves, et elles ne s’adressent pas forcément aux mêmes besoins.

  • L’ostéopathie : données préliminaires de faible niveau dans la migraine, intérêt possible des techniques douces des tissus mous dans la céphalée de tension. Intéressante si vos maux de tête s’accompagnent de tensions de la nuque et des épaules.
  • La chiropraxie : approche manuelle voisine, centrée sur la colonne vertébrale, avec un recours plus fréquent aux manipulations. La méta-analyse de 2019 sur les manipulations vertébrales concerne en partie cette discipline. Voir Migraines et maux de tête : la chiropraxie peut-elle vous aider ?.
  • L’acupuncture : c’est l’approche complémentaire dont les données dans la prévention de la migraine sont les plus fournies, avec des revues Cochrane dédiées. Voir Acupuncture et migraines : ce que montrent les études.
  • L’hypnose et les techniques psychocorporelles : elles agissent davantage sur la gestion de la douleur, de l’anxiété anticipatoire et du stress. Voir Hypnose et migraines : apaiser la douleur et prévenir les crises.
Il n’est pas utile de tout essayer en même temps : si vous commencez plusieurs approches à la fois, vous ne saurez pas laquelle aide. Mieux vaut en tester une, l’évaluer avec votre agenda, puis décider de la suite.

Questions fréquentes

L’ostéopathie peut-elle faire disparaître mes migraines ?

Aucune étude ne permet de le dire. La migraine est une maladie neurologique chronique, et les essais disponibles évaluent une réduction de la fréquence ou de l’intensité des crises, pas leur disparition. Les résultats les plus favorables (Cerritelli 2015) restent à confirmer. L’objectif réaliste est un éventuel soulagement complémentaire, à évaluer avec un agenda des crises.

Combien de séances faut-il pour savoir si l’ostéopathie m’aide ?

Les essais ont utilisé 5 à 8 séances réparties sur 10 semaines à 6 mois. En pratique, 3 à 5 séances espacées de quelques semaines, comparées à une période de référence d’au moins un mois notée dans un agenda, permettent de se faire une idée. Sans changement après cette série, il est raisonnable d’arrêter.

Puis-je consulter un ostéopathe pendant une crise de migraine ?

Ce n’est généralement pas le meilleur moment : pendant une crise, le toucher, la lumière et les changements de position sont souvent mal tolérés. Les séances sont plutôt programmées en dehors des crises. Pour la crise elle-même, suivez le traitement prescrit par votre médecin. Et si la crise est inhabituelle (brutale, avec fièvre, troubles neurologiques), appelez le 15.

Les manipulations du cou sont-elles dangereuses ?

Elles sont généralement bien tolérées, mais un risque rare de dissection d’une artère du cou a été associé aux manipulations cervicales à haute vélocité, sans que le lien de cause à effet soit établi (Biller 2014). Par prudence, faites évaluer médicalement tout mal de tête nouveau ou inhabituel avec douleur de nuque avant une manipulation, et n’hésitez pas à demander des techniques douces.

L’ostéopathie crânienne est-elle utile pour les maux de tête ?

Elle est très douce et souvent appréciée pour la détente qu’elle procure. En revanche, la méta-analyse d’Amendolara (2024), qui regroupe 24 essais, ne retrouve pas d’effet significatif des techniques crânio-sacrées sur les critères principaux étudiés. Si votre objectif est de réduire la fréquence des crises, cette donnée est à connaître avant de vous engager.

Est-ce que je peux arrêter mon traitement de fond si je vais mieux ?

Pas de vous-même. Dans les études, l’ostéopathie a toujours été ajoutée au traitement habituel. Certains traitements de fond ne s’arrêtent pas brusquement, et une amélioration peut être une fluctuation naturelle de la maladie. Montrez votre agenda à votre médecin : c’est lui qui décidera d’une éventuelle adaptation.

En résumé

Si vos migraines ou vos céphalées de tension reviennent souvent, l’ostéopathie fait partie des approches complémentaires que vous pouvez envisager, à condition de garder des attentes réalistes. Les études disponibles, peu nombreuses et de faible niveau de preuve, suggèrent un bénéfice possible, plutôt modeste, en complément du traitement médical. Les techniques douces des tissus mous semblent les plus pertinentes pour la céphalée de tension, et l’ostéopathie crânienne n’a pas fait la preuve de son effet.

Les règles de sécurité sont simples : appeler le 15 devant un mal de tête brutal, fébrile, avec troubles neurologiques, après un traumatisme ou d’apparition récente après 50 ans, faire évaluer un mal de tête inhabituel avant toute manipulation du cou, surveiller le nombre de jours de prise d’antalgiques, et ne jamais arrêter seul son traitement de fond. L’agenda des crises reste votre meilleur allié pour savoir si une approche vous aide vraiment.

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Sources

  1. Cerritelli F, Lacorte E, Ruffini N, Vanacore N. Osteopathy for primary headache patients: a systematic review. Journal of Pain Research. 2017, 10:601-611. PMID 28352200. DOI 10.2147/JPR.S130501.
  2. Cerritelli F, Ginevri L, Messi G, et al. Clinical effectiveness of osteopathic treatment in chronic migraine: 3-Armed randomized controlled trial. Complementary Therapies in Medicine. 2015, 23(2):149-156. PMID 25847552. DOI 10.1016/j.ctim.2015.01.011.
  3. Voigt K, Liebnitzky J, Burmeister U, et al. Efficacy of osteopathic manipulative treatment of female patients with migraine: results of a randomized controlled trial. Journal of Alternative and Complementary Medicine. 2011, 17(3):225-230. PMID 21385086. DOI 10.1089/acm.2009.0673.
  4. Rist PM, Hernandez A, Bernstein C, et al. The Impact of Spinal Manipulation on Migraine Pain and Disability: A Systematic Review and Meta-Analysis. Headache. 2019, 59(4):532-542. PMID 30973196. DOI 10.1111/head.13501.
  5. Kamonseki DH, Lopes EP, van der Meer HA, Calixtre LB. Effectiveness of manual therapy in patients with tension-type headache. A systematic review and meta-analysis. Disability and Rehabilitation. 2022, 44(10):1780-1789. PMID 32924640. DOI 10.1080/09638288.2020.1813817.
  6. Amendolara A, Sheppert A, Powers R, et al. Effectiveness of osteopathic craniosacral techniques: a meta-analysis. Frontiers in Medicine. 2024, 11:1452465. PMID 39430589. DOI 10.3389/fmed.2024.1452465.
  7. Biller J, Sacco RL, Albuquerque FC, et al. Cervical arterial dissections and association with cervical manipulative therapy: a statement for healthcare professionals from the American Heart Association/American Stroke Association. Stroke. 2014, 45(10):3155-3174. PMID 25104849. DOI 10.1161/STR.0000000000000016.
  8. Ashina S, Terwindt GM, Steiner TJ, et al. Medication overuse headache. Nature Reviews Disease Primers. 2023, 9(1):5. PMID 36732518. DOI 10.1038/s41572-022-00415-0.
  9. Diener HC, Antonaci F, Braschinsky M, et al. European Academy of Neurology guideline on the management of medication-overuse headache. European Journal of Neurology. 2020, 27(7):1102-1116. PMID 32430926. DOI 10.1111/ene.14268.
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

DK

Danilo Harudy Kamonseki

Universidade Federal de São Carlos (UFSCar), São Carlos, Brésil

PR

Pamela M. Rist

Harvard Medical School and Brigham and Women's Hospital, MA, USA

FC

Francesco Cerritelli

C.O.ME. Collaboration (Clinical-based Human Research Department), Pescara, Italie

KV

Karen Voigt

Department of General Practice, Dresden Medical School, Technische Universität Dresden, Allemagne