Un praticien pose doucement la main près de l’oreille d’un jeune enfant assis sur les genoux d’un parent
Ostéopathie

Otites à répétition chez l’enfant : ce que 3 essais disent de l’ostéopathie

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Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : trois essais randomisés ont testé l’ostéopathie chez des enfants sujets aux otites. Le premier (Mills, 2003) a trouvé moins d’épisodes et moins de chirurgies, le seul à utiliser un traitement simulé (Wahl, 2008) n’a pas montré de différence significative, et le troisième (Steele, 2014) a observé une résorption plus rapide du liquide derrière le tympan, sans écart durable à un mois. Les revues récentes concluent à des preuves de faible certitude. L’ostéopathie peut donc se discuter en complément, jamais à la place du médecin, de l’antibiotique quand il est prescrit, de l’avis ORL ou de la vaccination. Les leviers les mieux étayés restent la limitation de la tétine, l’absence de tabac au domicile, l’allaitement et les vaccins.
Troisième otite depuis la rentrée, des nuits hachées, un enfant grognon qui se tient l’oreille, et cette question qui revient dans les conversations de parents à la sortie de la crèche : « Et l’ostéopathe, vous avez essayé ? » Beaucoup de familles racontent qu’après quelques séances, leur enfant a « enfin passé un hiver tranquille ». D’autres n’ont vu aucun changement. Entre ces récits contradictoires et des sites de cabinets qui promettent parfois beaucoup, il est difficile de savoir quoi penser.

Cet article fait le point de manière honnête, essai par essai. Vous y trouverez ce que les études ont réellement mesuré, ce qu’elles n’ont pas pu démontrer, ce que l’ostéopathie ne remplace pas (le diagnostic à l’otoscope, l’antibiotique quand il est indiqué, l’ORL, les aérateurs transtympaniques, la vaccination), les facteurs de risque sur lesquels vous pouvez agir dès ce soir, et les signes qui imposent de consulter sans attendre. L’objectif n’est pas de vous dissuader ni de vous convaincre, mais de vous donner les éléments pour décider en connaissance de cause, avec votre pédiatre ou votre médecin.

Otite moyenne aiguë, otite séreuse, otites à répétition : de quoi parle-t-on ?

Le mot « otite » recouvre des situations très différentes, et la confusion entre elles explique une bonne partie des malentendus, y compris dans la lecture des études. Avant de parler d’ostéopathie, il faut donc poser les bons mots.

L’otite moyenne aiguë, l’infection qui fait mal

L’otite moyenne aiguë (OMA) est une infection de l’oreille moyenne, la petite cavité remplie d’air située derrière le tympan. Elle survient le plus souvent au décours d’un rhume : les virus enflamment le nez et le fond de la gorge, la trompe d’Eustache (le petit conduit qui relie l’oreille moyenne à l’arrière du nez) se bouche, du liquide s’accumule derrière le tympan, et des bactéries peuvent s’y développer. L’enfant a mal, dort mal, a souvent de la fièvre, et le tout-petit qui ne parle pas encore peut simplement pleurer davantage, refuser le biberon ou se frotter l’oreille.

Le point essentiel, c’est que le diagnostic d’otite moyenne aiguë se fait à l’otoscope, c’est-à-dire en regardant le tympan. Un tympan rouge et bombé, avec du pus derrière, n’a rien à voir avec un tympan simplement rosé par les pleurs ou la fièvre. Ni un parent, ni un ostéopathe, ni une application ne peuvent poser ce diagnostic en palpant l’enfant ou en observant son comportement. La recommandation pédiatrique américaine de référence insiste d’ailleurs sur une définition stricte de l’otite moyenne aiguë, fondée sur l’aspect du tympan, précisément pour éviter les diagnostics par excès et les antibiotiques inutiles (Lieberthal, 2013).

L’otite séreuse, le liquide qui reste

L’otite séreuse, ou otite séromuqueuse, désigne la présence de liquide derrière le tympan sans infection aiguë. Elle suit souvent une otite moyenne aiguë : l’infection est passée, mais le liquide met des semaines à se résorber. Elle peut aussi s’installer à bas bruit, sans épisode douloureux. Elle ne fait généralement pas mal, mais elle peut diminuer l’audition, parfois pendant plusieurs mois. Chez un enfant en plein apprentissage du langage, c’est ce retentissement auditif qui compte.

La Haute Autorité de santé rappelle qu’une otite congestive ou séreuse ne relève pas d’un antibiotique (HAS, 2021, mise à jour 2025). La plupart se résorbent spontanément. Lorsqu’elle persiste plusieurs mois avec une baisse d’audition, c’est l’ORL qui évalue l’intérêt d’un geste comme la pose d’aérateurs.

Quand parle-t-on d’otites à répétition ?

Les pédiatres et les chercheurs parlent d’otites moyennes aiguës récidivantes à partir de trois épisodes en six mois, ou quatre en un an (Lieberthal, 2013 · Venekamp, 2018). C’est d’ailleurs ce seuil qui a servi à recruter les enfants dans les essais d’ostéopathie de Mills et de Wahl. Un enfant qui fait deux otites dans l’hiver n’entre donc pas dans cette catégorie, même si cela paraît déjà beaucoup aux parents.

SituationCe qui se passeSignes typiquesQui pose le diagnostic
Otite moyenne aiguëInfection derrière le tympan, souvent après un rhumeDouleur, fièvre, pleurs, sommeil perturbéMédecin ou pédiatre, à l’otoscope
Otite séreuseLiquide derrière le tympan, sans infection aiguëPeu ou pas de douleur, enfant qui entend moins bien, fait répéterMédecin, puis ORL et bilan auditif si elle persiste
Otites récidivantesAu moins 3 épisodes en 6 mois, ou 4 en 1 anÉpisodes aigus en série, souvent l’hiverMédecin, avec avis ORL selon la fréquence et l’audition
Otite externeInflammation du conduit, avant le tympanDouleur quand on touche l’oreille, souvent après la baignadeMédecin, à l’otoscope

Cette distinction a une conséquence directe sur la lecture des études : certains essais d’ostéopathie visaient à prévenir de nouveaux épisodes aigus, d’autres à accélérer la disparition du liquide après une otite. Ce ne sont pas les mêmes questions, et un résultat sur l’une ne se transpose pas à l’autre.

Pourquoi certains enfants enchaînent les otites en hiver

Si votre enfant semble « abonné » aux otites entre novembre et mars, vous n’y êtes pour rien, et il n’a probablement rien d’anormal. Plusieurs facteurs se cumulent chez le jeune enfant.

Une trompe d’Eustache encore immature

Chez le tout-petit, la trompe d’Eustache est plus courte, plus étroite et plus horizontale que chez l’adulte. Elle se ferme plus facilement lors d’un rhume et draine moins bien le liquide. C’est l’une des raisons pour lesquelles les otites sont surtout fréquentes avant trois ans, puis se raréfient nettement avec la croissance du visage et du crâne. C’est aussi sur cette trompe que se fonde l’essentiel du raisonnement ostéopathique, comme on le verra plus loin.

Des virus en circulation, et beaucoup de contacts

L’hiver, les virus respiratoires circulent intensément. Or chaque rhume est une occasion d’otite. Un enfant gardé en collectivité est exposé à beaucoup plus de virus qu’un enfant gardé à domicile, surtout la première année. Une méta-analyse ancienne mais toujours citée a montré que la garde en crèche multipliait le risque d’otite moyenne aiguë par environ 2,5, et la garde chez une assistante maternelle avec d’autres enfants par environ 1,6 (Uhari, 1996). Ce n’est pas une raison pour culpabiliser de mettre son enfant à la crèche : pour la plupart des familles, ce n’est pas un choix, et l’immunité finit par se construire.

Un terrain familial

La même méta-analyse a retrouvé un risque plus élevé lorsque d’autres membres de la famille avaient eu des otites (risque multiplié par environ 2,6, Uhari, 1996). La forme du visage, la taille des végétations et certains facteurs immunitaires se transmettent en partie. Là encore, ce n’est la faute de personne.

Des facteurs sur lesquels on peut agir

D’autres facteurs, en revanche, sont modifiables : l’exposition au tabac au domicile, l’usage prolongé de la tétine, l’absence d’allaitement, le retard de vaccination. Ce sont eux qui offrent aujourd’hui les leviers les mieux étayés pour réduire le nombre d’otites. Nous y revenons en détail plus bas, car c’est souvent là que les parents ont le plus de marge de manœuvre.

Ce que l’ostéopathe dit faire, et la théorie de la trompe d’Eustache

Le raisonnement ostéopathique

L’idée défendue par les ostéopathes est la suivante : si la trompe d’Eustache s’ouvre mal, c’est en partie parce que les tissus qui l’entourent (muscles du cou et de la mâchoire, os du crâne, fascias) seraient tendus ou restreints. En relâchant ces tensions par des techniques douces, on faciliterait le drainage de l’oreille moyenne, ce qui aiderait le liquide à s’évacuer et réduirait le terrain propice aux infections.

C’est une hypothèse plausible sur le plan mécanique, mais elle n’a pas été démontrée : aucune étude n’a mesuré de façon convaincante qu’une séance modifiait l’ouverture de la trompe chez l’enfant. Les essais cliniques ont donc testé le résultat final (moins d’otites, moins de liquide), sans pouvoir confirmer le mécanisme. Pour une présentation plus générale des techniques crâniennes et des débats qu’elles suscitent, vous pouvez lire notre article sur l’ostéopathie crânienne.

À quoi ressemble une séance chez un jeune enfant

Chez le jeune enfant, une séance sérieuse ressemble à peu de chose près à ce que l’on décrit pour les tout-petits dans notre article sur l’ostéopathie du bébé et du nourrisson : un entretien détaillé avec les parents (histoire des otites, traitements reçus, avis ORL éventuels), puis des techniques très douces, souvent l’enfant assis sur les genoux d’un parent. Les mains se posent autour du crâne, de la mâchoire, de la face, du thorax. Il n’y a ni craquement, ni mobilisation brusque. Un enfant qui pleure ou se raidit n’a pas à être « tenu » pour terminer la séance. Le déroulé général d’une consultation est détaillé dans notre article sur la première séance d’ostéopathie.

Ce que dit la réglementation française

En France, le décret n° 2007-435 encadre les actes des ostéopathes. Il prévoit que les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois, ainsi que les manipulations du rachis cervical à tout âge, ne peuvent être réalisées qu’après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie (Décret n° 2007-435, article 3). Concrètement, pour un bébé de moins de six mois, l’ostéopathe doit vous demander ce document. S’il ne le fait pas, c’est un signal d’alerte.

Au-delà du texte, une règle de prudence s’impose chez tout jeune enfant : pas de manipulation du cou, pas de mouvement forcé, pas de technique qui fait mal. Les techniques utilisées dans les essais sur les otites étaient des techniques douces, sans manipulation à haute vitesse.

Les essais passés au crible : Mills, Wahl, Steele et les revues

Voici l’essentiel de ce que la recherche a produit sur l’ostéopathie et les otites de l’enfant. La liste est courte : trois essais randomisés, une petite étude pilote, et quelques revues de synthèse. C’est peu, et c’est la première chose à retenir.

Mills, 2003 : un signal positif, sans traitement simulé

L’essai de Miriam Mills et de son équipe, à l’université d’État de l’Oklahoma, a inclus 57 enfants de 6 mois à 6 ans ayant fait au moins trois otites en six mois ou quatre en un an, et qui n’étaient pas encore candidats à une chirurgie (Mills, 2003). Les enfants ont été répartis au hasard en deux groupes : soins pédiatriques habituels seuls (32 enfants) ou soins habituels plus ostéopathie (25 enfants). Les deux groupes avaient le même nombre de visites d’étude, et le pédiatre ignorait dans quel groupe se trouvait l’enfant.

Résultats : le groupe ostéopathie a eu un peu moins d’épisodes d’otite par mois, beaucoup moins de chirurgies (1 enfant contre 8), et des tympanogrammes (une mesure de la mobilité du tympan) plus souvent normaux en fin d’étude. Aucun effet indésirable n’a été rapporté.

Ses limites sont importantes. L’effectif est petit, avec des groupes déséquilibrés. Surtout, le groupe témoin n’a reçu aucune intervention simulée : les parents savaient si leur enfant recevait des séances ou non, ce qui peut influencer leur décision de reconsulter, la perception des symptômes et même, indirectement, les décisions chirurgicales. Enfin, la différence sur le nombre d’épisodes était statistiquement à la limite.

Degenhardt, 2006 : huit enfants, aucun groupe de comparaison

Cette étude pilote a suivi 8 enfants de 7 à 35 mois ayant des otites à répétition, qui ont reçu trois séances hebdomadaires en plus de leur suivi médical (Degenhardt, 2006). Un an plus tard, 5 enfants sur 8 n’avaient pas refait d’otite. Le chiffre paraît encourageant, mais sans groupe de comparaison, il est impossible de savoir ce qui serait arrivé sans les séances : chez le jeune enfant, les otites diminuent naturellement avec l’âge, et l’été succède à l’hiver. Les auteurs eux-mêmes présentent ce travail comme une piste pour des recherches futures.

Wahl, 2008 : le seul essai avec traitement simulé ne confirme pas

L’essai de Richard Wahl, à l’université d’Arizona, est méthodologiquement le plus solide (Wahl, 2008). Il a inclus 90 enfants de 12 mois à 5 ans ayant des otites récidivantes, répartis en quatre groupes selon un plan factoriel : ostéopathie réelle ou simulée, et échinacée ou produit inactif. Jusqu’à cinq séances d’ostéopathie (ou de simulation) étaient proposées sur trois mois, et les enfants étaient suivis six mois.

Résultats : 44 % des enfants du groupe ostéopathie ont fait au moins une otite pendant le suivi, contre 61 % dans le groupe traitement simulé. L’écart va dans le sens de l’ostéopathie, mais il n’est pas statistiquement significatif : avec ce nombre d’enfants, on ne peut pas exclure qu’il soit dû au hasard. Les auteurs concluent qu’un programme de cinq séances ne diminue pas significativement le risque d’otite. Au passage, l’essai a observé que l’échinacée donnée à chaque rhume ne réduisait pas le risque, et pourrait même l’augmenter (65 % contre 41 %).

Ses limites : une puissance statistique modeste, et un protocole ostéopathique standardisé, alors que les praticiens adaptent habituellement leurs gestes à chaque enfant. Mais c’est le seul essai où les parents ne savaient pas si leur enfant recevait de vraies séances, et c’est justement celui où la différence n’atteint pas le seuil de signification.

Steele, 2014 : un liquide qui se résorbe plus vite, temporairement

L’essai pilote de Karen Steele et de ses collègues a posé une autre question : l’ostéopathie, ajoutée aux soins habituels après une otite moyenne aiguë, accélère-t-elle la disparition du liquide derrière le tympan (Steele, 2014) ? 52 enfants de 6 mois à 2 ans ont été inclus, 43 ont terminé l’étude. Le groupe ostéopathie a reçu trois séances hebdomadaires.

Résultats : à la troisième visite, le liquide avait plus souvent disparu dans le groupe ostéopathie, selon la tympanométrie comme selon un second appareil de mesure. Mais la revue de synthèse de 2025 souligne qu’au contrôle à un mois, la différence n’était plus significative (Kim, 2025). Autrement dit, l’effet observé, s’il est réel, serait transitoire : le liquide finit par se résorber dans les deux groupes. Comme chez Mills, il n’y avait pas de séance simulée, et 9 enfants ont quitté l’étude en cours de route.

Les revues de synthèse : des preuves de faible certitude

En 2013, une revue systématique publiée dans Pediatrics a passé en revue 17 essais d’ostéopathie chez l’enfant, toutes indications confondues (Posadzki, 2013). Pour les otites, elle retrouve à la fois des essais favorables et des essais sans effet, et conclut que l’efficacité de l’ostéopathie en pédiatrie reste non démontrée, faute d’essais nombreux et de bonne qualité. Les auteurs notent aussi que la plupart des essais ne rapportaient pas les effets indésirables.

La mise à jour de 2022, qui a analysé 13 nouveaux essais pédiatriques, constate que la qualité méthodologique des études s’améliore, mais que la certitude globale des preuves reste faible ou très faible, et que les effets indésirables sont encore mal rapportés (Posadzki, 2022).

Enfin, une revue de portée publiée en 2025 par une équipe d’ORL a rassemblé les 4 études spécifiquement consacrées aux otites (205 enfants au total). Sa conclusion est mesurée : l’ostéopathie pourrait apporter un bénéfice modeste sur les récidives et la fonction de l’oreille moyenne, mais avec une faible certitude, et la pertinence clinique des résultats reste discutable compte tenu de l’évolution naturelle des otites (Kim, 2025).

ÉtudeEnfantsGroupe de comparaisonPrincipal résultatLimite majeure
Mills, 200357, de 6 mois à 6 ansSoins habituels, sans simulationMoins d’épisodes et moins de chirurgiesPas de séance simulée, effectif réduit
Degenhardt, 20068, de 7 à 35 moisAucun5 enfants sur 8 sans récidive à un anPas de groupe témoin
Wahl, 200890, de 1 à 5 ansOstéopathie simulée44 % contre 61 % avec au moins une otite, écart non significatifPuissance limitée, protocole standardisé
Steele, 201452, de 6 mois à 2 ansSoins habituels, sans simulationLiquide résorbé plus vite à la 3e visiteEffet non retrouvé à un mois, 9 abandons
Kim, 2025 (revue)205 au total, 4 étudesSans objetBénéfice modeste possible, faible certitudeÉtudes anciennes et petites

Ce que montrent les études : sur les otites à répétition de l’enfant, les trois essais randomisés disponibles donnent des résultats contradictoires. Les deux essais sans séance simulée (Mills, Steele) sont favorables à l’ostéopathie, le seul essai avec séance simulée (Wahl) ne montre pas de différence significative. L’effet sur le liquide derrière le tympan semble transitoire. Les revues concluent à des preuves de faible certitude. Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté dans ces essais, qui utilisaient des techniques douces, mais les effets indésirables sont globalement mal documentés en pédiatrie.
Pour replacer ces résultats dans l’ensemble de la littérature sur l’ostéopathie, toutes indications confondues, notre article sur l’ostéopathie et les preuves scientifiques montre que le niveau de preuve est très variable selon les motifs, plus solide pour certaines douleurs de dos que pour les indications pédiatriques.

Ce que l’on peut raisonnablement attendre, et ce qui reste non démontré

Que retenir concrètement, en tant que parent ?

Ce qui est raisonnable d’espérer : un moment de soin doux, sans danger lorsqu’il est pratiqué correctement, qui ne retarde aucun traitement. Certaines familles décrivent un enfant plus détendu, qui dort mieux après la séance. Il est possible qu’un petit effet existe sur la vitesse de résorption du liquide ou sur la fréquence des récidives, mais les données ne permettent ni de le confirmer, ni d’en estimer l’ampleur de façon fiable.

Ce qui n’est pas démontré : que l’ostéopathie évite les otites à répétition, qu’elle permette d’éviter la pose d’aérateurs transtympaniques, qu’elle remplace un antibiotique, ou qu’elle « débouche » durablement la trompe d’Eustache. Les promesses de ce type, que l’on lit parfois sur des sites de cabinets, dépassent ce que les études permettent d’affirmer.

Ce qu’il faut garder en tête : les otites diminuent spontanément avec l’âge et avec la fin de l’hiver. Un enfant qui va mieux après trois séances en février aurait peut-être aussi été mieux en mars sans séance. C’est précisément pour cela que les essais avec groupe de comparaison sont indispensables, et c’est pourquoi un témoignage, même sincère, ne suffit pas à conclure.

Si vous choisissez d’essayer, fixez-vous un cadre clair : un nombre limité de séances (les essais en proposaient trois à cinq), un bilan honnête avec le praticien ensuite, et surtout aucun changement dans le suivi médical. Pour une vue d’ensemble de ce que l’ostéopathie peut apporter à l’enfant qui grandit, consultez aussi notre article sur l’ostéopathie chez l’enfant.

Ce que l’ostéopathie ne remplace pas

C’est le cœur de la question. L’ostéopathie, si vous la choisissez, s’ajoute à une prise en charge médicale qui a, elle, fait l’objet de nombreuses études et de recommandations officielles.

Le diagnostic à l’otoscope

Toute suspicion d’otite chez un jeune enfant passe par un examen du tympan par un médecin. C’est lui qui fait la différence entre une otite moyenne aiguë purulente, une otite congestive (simple rougeur au cours d’un rhume), une otite séreuse et une otite externe. Ces situations n’appellent pas du tout le même traitement. Aucun praticien non médecin ne peut poser ce diagnostic.

L’antibiotique, quand il est indiqué

La Haute Autorité de santé a précisé quand un antibiotique est nécessaire dans l’otite moyenne aiguë purulente de l’enfant (HAS, 2021, mise à jour 2025) :

  • avant 3 mois, un avis spécialisé est recommandé
  • entre 3 mois et 2 ans, l’antibiotique est recommandé d’emblée
  • après 2 ans, si les symptômes sont modérés, on peut surveiller sans antibiotique et réévaluer l’enfant dans les 48 à 72 heures, l’antibiotique étant prescrit si les symptômes s’aggravent ou persistent
  • après 2 ans, si les symptômes sont marqués, l’antibiotique est recommandé
  • l’otite congestive et l’otite séreuse ne relèvent pas d’un antibiotique
Pour la douleur et la fièvre, le paracétamol est le traitement de première intention, et l’utilité des corticoïdes n’est pas démontrée (HAS, 2021, mise à jour 2025). Les doses sont à demander au médecin ou au pharmacien en fonction du poids de l’enfant.

Deux messages découlent de ces recommandations. D’abord, une séance d’ostéopathie ne doit jamais retarder la prise d’un antibiotique prescrit, ni conduire à l’arrêter avant la fin. Ensuite, la surveillance sans antibiotique chez l’enfant de plus de deux ans est une décision médicale, encadrée par une réévaluation : ce n’est pas une invitation à « essayer autre chose d’abord » sans avis médical.

La recommandation américaine va dans le même sens et ajoute qu’une antibiothérapie préventive au long cours n’est pas conseillée pour réduire la fréquence des otites récidivantes (Lieberthal, 2013).

L’avis ORL et les aérateurs transtympaniques

Lorsque les otites se répètent ou qu’une otite séreuse persiste avec une baisse d’audition, le médecin oriente vers un ORL. Celui-ci peut proposer la pose d’aérateurs transtympaniques, les fameux « yoyos » : de minuscules tubes placés dans le tympan sous une brève anesthésie générale, qui ventilent l’oreille moyenne pendant plusieurs mois avant de tomber d’eux-mêmes. Une ablation des végétations est parfois associée.

Que montrent les études sur ces aérateurs ? Pour les otites aiguës récidivantes, une revue Cochrane de 5 essais (805 enfants) conclut, avec des preuves de faible qualité, que les enfants qui reçoivent des aérateurs font moins de récidives que ceux simplement surveillés, avec un effet modeste : environ un épisode de moins à six mois, et un bénéfice moins net à douze mois. Le risque de perforation persistante du tympan après la pose est faible (Venekamp, 2018). Pour l’otite séreuse présente depuis au moins trois mois, une autre revue Cochrane (19 essais, 2888 enfants) retrouve de petites améliorations de l’audition et de la persistance du liquide à court et moyen terme, sans certitude sur leur maintien à long terme (MacKeith, 2023).

Autrement dit, les aérateurs ne sont pas une solution universelle non plus, et c’est pour cela que la décision se prend au cas par cas avec l’ORL, en fonction de la fréquence des otites, de l’audition, du langage et de l’âge de l’enfant. L’ostéopathie n’est pas une alternative à cette consultation : aucun essai n’a montré qu’elle permettait d’éviter les aérateurs de façon fiable. Si votre enfant porte des aérateurs ou vient d’être opéré de l’oreille, demandez l’avis de l’ORL avant toute séance.

La vaccination

Le pneumocoque était, avant l’arrivée des vaccins conjugués, la bactérie la plus souvent retrouvée dans les otites moyennes aiguës. Une revue Cochrane de 11 essais (plus de 60 000 enfants) montre que ces vaccins, administrés dans la petite enfance, réduisent fortement les otites à pneumocoque. Leur effet sur l’ensemble des otites, toutes bactéries confondues, est plus modeste et plus incertain, car d’autres germes prennent le relais (Fortanier, 2019). En France, la vaccination contre le pneumocoque fait partie des onze vaccinations obligatoires pour les enfants nés depuis le 1er janvier 2018 (Ministère des Solidarités et de la Santé, 2018). La recommandation américaine conseille également la vaccination annuelle contre la grippe, puisque les otites compliquent souvent les infections virales (Lieberthal, 2013).

L’ostéopathie ne remplace évidemment pas la vaccination, et un praticien qui la déconseillerait sortirait de son champ de compétence.

Facteurs de risque modifiables : ce qui a fait ses preuves

C’est souvent la partie la plus utile pour les parents, car elle repose sur des données plus solides que celles concernant l’ostéopathie, et elle ne coûte rien ou presque.

Le tabac au domicile

C’est probablement le levier le plus important. Une méta-analyse de 61 études a montré que vivre avec un fumeur augmente le risque de maladie de l’oreille moyenne chez l’enfant (risque multiplié par environ 1,4 lorsqu’un membre du foyer fume, et par environ 1,6 lorsque c’est la mère après la naissance). Le lien est encore plus marqué pour les otites qui finissent par nécessiter une chirurgie (Jones, 2012). La méta-analyse d’Uhari retrouvait un ordre de grandeur comparable pour le tabagisme des parents (Uhari, 1996).

Fumer à la fenêtre ou sur le balcon réduit l’exposition, mais ne la supprime pas : les particules restent sur les vêtements, les mains, les cheveux. Le plus efficace reste d’arrêter, et ce n’est pas une question de volonté seule. Tabac Info Service (39 89) propose un accompagnement gratuit par des tabacologues. Certains parents s’appuient aussi sur des approches complémentaires, comme l’hypnose pour arrêter de fumer, en plus de ce suivi.

La tétine

Un essai finlandais mené dans 14 centres de protection infantile a testé un conseil simple donné aux parents d’enfants de moins de 18 mois : limiter la tétine aux moments d’endormissement (Niemelä, 2000). Dans les centres où ce conseil était donné, l’usage continu de la tétine a nettement diminué, et les otites étaient 29 % moins fréquentes. Les enfants qui n’utilisaient pas la tétine en continu avaient 33 % d’otites en moins que les autres. L’explication avancée est mécanique : la succion répétée modifierait les pressions dans le fond de la gorge et la trompe d’Eustache.

Il ne s’agit pas de supprimer brutalement la tétine d’un bébé qui en a besoin pour s’endormir, ni de culpabiliser les parents. La piste est de la réserver progressivement au moment du coucher, surtout après six mois et chez un enfant sujet aux otites.

L’allaitement

Une méta-analyse de 24 études a montré que l’allaitement protège contre les otites moyennes aiguës jusqu’à l’âge de 2 ans, avec une protection d’autant plus grande que l’allaitement est exclusif et prolongé. L’allaitement exclusif pendant les six premiers mois était associé à une réduction d’environ 43 % du risque d’avoir une otite avant 2 ans (Bowatte, 2015). Au-delà de 2 ans, aucun effet protecteur n’a été démontré.

Ces chiffres ne doivent pas être une source de culpabilité pour les parents qui n’ont pas pu ou pas voulu allaiter : de nombreux enfants nourris au biberon ne font pas d’otites, et inversement. Pour en savoir plus sur les mécanismes, notre article sur les anticorps du lait maternel détaille ce que l’allaitement apporte au nourrisson.

Un conseil pratique souvent donné par les pédiatres, quel que soit le mode d’alimentation : éviter de donner le biberon à un bébé allongé à plat, et privilégier une position semi-assise.

La crèche et la collectivité

On ne peut pas toujours changer le mode de garde, et ce n’est pas forcément souhaitable. En revanche, quelques gestes limitent la circulation des virus : lavage des mains des adultes et des enfants, mouchoirs jetables, garder l’enfant à la maison quand c’est possible lors d’un épisode fébrile. Lorsque les otites sont très nombreuses, certaines familles décalent d’un hiver l’entrée en grande collectivité, ou privilégient un petit groupe. C’est une décision à discuter avec le pédiatre, au cas par cas.

Le nez dégagé

Puisque la plupart des otites commencent par un rhume, garder le nez de l’enfant dégagé fait partie des conseils habituels des pédiatres, notamment par des lavages au sérum physiologique pratiqués doucement. Les données spécifiques sur la prévention des otites sont limitées, mais le geste améliore le confort de l’enfant, surtout la nuit. Notre article sur le nez bouché la nuit donne des repères pour mieux dormir avec un rhume.

FacteurCe que montrent les étudesCe que vous pouvez faire
Tabac au domicileRisque augmenté d’environ 1,4 si un membre du foyer fume (Jones, 2012)Aucune cigarette dans le logement ni la voiture, accompagnement au sevrage (39 89)
Tétine en continu29 % d’otites en moins quand on conseille de la limiter (Niemelä, 2000)La réserver progressivement à l’endormissement
AllaitementEnviron 43 % de risque en moins avant 2 ans si exclusif pendant 6 mois (Bowatte, 2015)Soutenir l’allaitement si vous le souhaitez, sans culpabilité sinon
Garde en crècheRisque multiplié par environ 2,5 (Uhari, 1996)Hygiène des mains, discussion du mode de garde si otites très nombreuses
Vaccin contre le pneumocoqueForte baisse des otites à pneumocoque (Fortanier, 2019)Respecter le calendrier vaccinal

Les gestes à éviter

Certaines pratiques, pourtant répandues, peuvent nuire ou retarder un soin utile.

  • Pas d’huile essentielle dans l’oreille, ni pure ni diluée, ni sur un coton enfoncé dans le conduit. Si le tympan est perforé, ce qui arrive lors d’une otite qui coule, le produit peut atteindre l’oreille moyenne. Chez le jeune enfant, de nombreuses huiles essentielles sont par ailleurs contre-indiquées, y compris par voie orale ou en application sur la peau. Notre article sur les huiles essentielles chez l’enfant détaille les règles selon l’âge.
  • Pas de gouttes auriculaires sans avis médical : certaines sont contre-indiquées en cas de tympan perforé, et seul l’examen à l’otoscope permet de le savoir.
  • Pas de coton-tige dans le conduit, ni de bougie d’oreille.
  • Pas d’arrêt anticipé de l’antibiotique parce que l’enfant va mieux après deux jours, et pas de report de la consultation en attendant un rendez-vous d’ostéopathie.
  • Pas d’automédication avec des produits « immunité » sans avis : l’essai de Wahl a même observé davantage d’otites chez les enfants recevant de l’échinacée à chaque rhume (Wahl, 2008). Pour les compléments, notre article sur les vitamines chez l’enfant souvent malade fait le tri.

Bien choisir et encadrer une séance pour un jeune enfant

Si, après en avoir parlé avec votre médecin, vous décidez de consulter un ostéopathe, quelques repères permettent de le faire dans de bonnes conditions.

Avant la séance

  • Faites d’abord examiner l’enfant par un médecin. L’ostéopathie n’a de sens qu’en complément d’un diagnostic posé.
  • Avant six mois, apportez le document médical attestant l’absence de contre-indication, exigé par la réglementation pour les manipulations du crâne, de la face et du rachis (Décret n° 2007-435).
  • Pas de séance pendant une otite aiguë fébrile non vue par un médecin. L’urgence, c’est le diagnostic et, le cas échéant, le traitement.
  • Si l’enfant porte des aérateurs ou a été opéré de l’oreille récemment, demandez l’avis de l’ORL.

Pendant la séance

  • Le praticien doit s’intéresser à l’histoire médicale complète : nombre d’otites, traitements, audition, avis ORL.
  • Les techniques doivent être douces, l’enfant installé confortablement, souvent dans les bras d’un parent.
  • Aucune manipulation du cou, aucun craquement, aucune pression douloureuse. Un enfant qui pleure fort ou se débat signale qu’il faut arrêter.
  • Vous restez présent du début à la fin.

Les signaux d’alerte chez un praticien

  • Il promet d’éviter les yoyos ou de faire disparaître les otites.
  • Il vous conseille d’arrêter un antibiotique, de reporter un rendez-vous ORL ou de ne pas vacciner.
  • Il propose un abonnement ou une série de séances rapprochées sans réévaluation.
  • Il pose lui-même un « diagnostic » d’otite ou d’absence d’otite.

Combien de séances, et à quel prix ?

Les essais proposaient trois à cinq séances, espacées d’une semaine environ. Au-delà, si vous n’observez aucun changement, il n’y a pas de raison de multiplier les rendez-vous. Pour le coût et les éventuels remboursements par la mutuelle, notre article sur les tarifs et le remboursement de l’ostéopathie donne des repères à jour. Choisir un professionnel formé à la prise en charge des tout-petits, et qui travaille en lien avec les médecins, est le meilleur gage de sécurité.

Quand consulter

Les otites de l’enfant sont fréquentes et le plus souvent bénignes, mais certains signes imposent de consulter rapidement. Si vous êtes inquiet, appelez votre médecin, le pédiatre, ou le 15 en cas d’urgence.

Appelez le 15 (ou le 112) sans attendre si :

  • votre bébé a moins de 3 mois et de la fièvre
  • l’enfant est très abattu, somnolent, difficile à réveiller, ou au contraire inconsolable
  • il présente une raideur de nuque, des vomissements répétés, des taches sur la peau qui ne s’effacent pas à la pression
  • un gonflement ou une rougeur apparaît derrière l’oreille, ou l’oreille semble décollée vers l’avant
  • il a des difficultés à respirer
Consultez le médecin ou le pédiatre rapidement (dans la journée) si :

  • la fièvre est élevée ou persiste plus de 48 heures malgré le traitement
  • un écoulement sort de l’oreille (liquide, pus, sang)
  • la douleur est intense et ne cède pas au paracétamol
  • l’enfant a des vertiges, perd l’équilibre ou si son visage paraît asymétrique
  • les symptômes reviennent quelques jours après la fin d’un antibiotique
Demandez un avis ORL si :

  • les otites se répètent (trois en six mois ou quatre en un an)
  • vous avez l’impression que l’enfant entend moins bien, fait répéter, monte le son de la télévision
  • son langage tarde ou régresse
  • une otite séreuse persiste depuis plusieurs mois
Notre article sur les infections à répétition chez l’enfant aide aussi à repérer quand des infections fréquentes justifient un bilan plus poussé. Et si vous avez du mal à savoir si votre tout-petit souffre, notre article sur l’évaluation de la douleur du jeune enfant présente des échelles adaptées à chaque âge.

FAQ

Un ostéopathe peut-il éviter les otites à répétition de mon enfant ?

Ce n’est pas démontré. Un essai (Mills, 2003) a trouvé moins d’épisodes chez les enfants traités, mais le seul essai avec séance simulée (Wahl, 2008) n’a pas montré de différence significative. Les revues concluent à des preuves de faible certitude (Kim, 2025). L’ostéopathie peut se discuter en complément, sans en attendre une protection garantie, et sans modifier le suivi médical.

Peut-on éviter les yoyos grâce à l’ostéopathie ?

Aucune étude ne permet de l’affirmer. Dans l’essai de Mills, les enfants du groupe ostéopathie ont eu moins de chirurgies, mais ce résultat n’a pas été confirmé dans un essai avec séance simulée. La décision de poser des aérateurs relève de l’ORL, qui tient compte de la fréquence des otites, de l’audition et du langage. Une séance ne doit jamais retarder ce rendez-vous.

À partir de quel âge un ostéopathe peut-il voir un bébé ?

Il n’y a pas d’âge minimal dans la loi, mais avant six mois, les manipulations du crâne, de la face et du rachis ne sont possibles qu’après un diagnostic médical attestant l’absence de contre-indication (Décret n° 2007-435). Chez un bébé de moins de trois mois qui a de la fièvre, la seule priorité est la consultation médicale en urgence.

Faut-il quand même donner l’antibiotique prescrit ?

Oui. Si le médecin a prescrit un antibiotique, il doit être donné selon la prescription, jusqu’au bout, même si l’enfant va mieux après quelques jours. L’ostéopathie ne remplace pas ce traitement. À l’inverse, toutes les otites ne nécessitent pas d’antibiotique, notamment après deux ans quand les symptômes sont modérés : c’est au médecin d’en décider (HAS, 2021, mise à jour 2025).

Combien de séances faut-il, et quand voit-on un résultat ?

Les essais proposaient trois à cinq séances, espacées d’environ une semaine. Si aucune amélioration n’est perceptible après ce cycle, il est raisonnable d’arrêter. Gardez en tête que les otites diminuent naturellement avec l’âge et avec la fin de l’hiver, ce qui rend difficile d’attribuer une amélioration aux seules séances.

Pourquoi mon enfant enchaîne-t-il les otites en hiver ?

Parce que les virus respiratoires circulent beaucoup, que chaque rhume peut se compliquer d’otite, et que la trompe d’Eustache du jeune enfant draine encore mal l’oreille. La garde en collectivité, le tabac au domicile, la tétine en continu et les antécédents familiaux augmentent le risque (Uhari, 1996 · Jones, 2012). Les choses s’améliorent en général nettement après trois ans.

Trouver un ostéopathe formé à la prise en charge des enfants

Si vous souhaitez proposer quelques séances à votre enfant en complément de son suivi médical, choisissez un praticien habitué aux tout-petits, qui pratique des techniques douces, travaille en lien avec le pédiatre et l’ORL, et reste honnête sur ce que l’on peut en attendre. Vous pouvez trouver un ostéopathe près de chez vous dans l’annuaire ViziWell et lui poser vos questions avant le premier rendez-vous.

Sources

  1. Mills MV, Henley CE, Barnes LL, et al. The use of osteopathic manipulative treatment as adjuvant therapy in children with recurrent acute otitis media. Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 2003. PMID : 12963590. DOI : 10.1001/archpedi.157.9.861
  2. Degenhardt BF, Kuchera ML. Osteopathic evaluation and manipulative treatment in reducing the morbidity of otitis media: a pilot study. Journal of the American Osteopathic Association, 2006. PMID : 16790538
  3. Wahl RA, Aldous MB, Worden KA, et al. Echinacea purpurea and osteopathic manipulative treatment in children with recurrent otitis media: a randomized controlled trial. BMC Complementary and Alternative Medicine, 2008. PMID : 18831749. DOI : 10.1186/1472-6882-8-56
  4. Steele KM, Carreiro JE, Viola JH, et al. Effect of osteopathic manipulative treatment on middle ear effusion following acute otitis media in young children: a pilot study. Journal of the American Osteopathic Association, 2014. PMID : 24917631. DOI : 10.7556/jaoa.2014.094
  5. Posadzki P, Lee MS, Ernst E. Osteopathic manipulative treatment for pediatric conditions: a systematic review. Pediatrics, 2013. PMID : 23776117. DOI : 10.1542/peds.2012-3959
  6. Posadzki P, Kyaw BM, Dziedzic A, Ernst E. Osteopathic Manipulative Treatment for Pediatric Conditions: An Update of Systematic Review and Meta-Analysis. Journal of Clinical Medicine, 2022. PMID : 35956072. DOI : 10.3390/jcm11154455
  7. Kim CH, McCray LR, Nguyen SA, et al. Use of osteopathic manipulation techniques for management of acute otitis media in pediatric patients: a scoping review. European Archives of Oto-Rhino-Laryngology, 2025. PMID : 40481343. DOI : 10.1007/s00405-025-09492-9
  8. Lieberthal AS, Carroll AE, Chonmaitree T, et al. The diagnosis and management of acute otitis media. Pediatrics, 2013. PMID : 23439909. DOI : 10.1542/peds.2012-3488
  9. Venekamp RP, Mick P, Schilder AG, Nunez DA. Grommets (ventilation tubes) for recurrent acute otitis media in children. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2018. PMID : 29741289. DOI : 10.1002/14651858.CD012017.pub2
  10. MacKeith S, Mulvaney CA, Galbraith K, et al. Ventilation tubes (grommets) for otitis media with effusion (OME) in children. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2023. PMID : 37965944. DOI : 10.1002/14651858.CD015215.pub2
  11. Fortanier AC, Venekamp RP, Boonacker CW, et al. Pneumococcal conjugate vaccines for preventing acute otitis media in children. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2019. PMID : 31135969. DOI : 10.1002/14651858.CD001480.pub5
  12. Jones LL, Hassanien A, Cook DG, Britton J, Leonardi-Bee J. Parental smoking and the risk of middle ear disease in children: a systematic review and meta-analysis. Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 2012. PMID : 21893640. DOI : 10.1001/archpediatrics.2011.158
  13. Uhari M, Mäntysaari K, Niemelä M. A meta-analytic review of the risk factors for acute otitis media. Clinical Infectious Diseases, 1996. PMID : 8783714. DOI : 10.1093/clinids/22.6.1079
  14. Niemelä M, Pihakari O, Pokka T, Uhari M. Pacifier as a risk factor for acute otitis media: a randomized, controlled trial of parental counseling. Pediatrics, 2000. PMID : 10969091. DOI : 10.1542/peds.106.3.483
  15. Bowatte G, Tham R, Allen KJ, et al. Breastfeeding and childhood acute otitis media: a systematic review and meta-analysis. Acta Paediatrica, 2015. PMID : 26265016. DOI : 10.1111/apa.13151
  16. Haute Autorité de santé. Choix et durées d’antibiothérapies : otite moyenne aiguë purulente de l’enfant. Fiche mémo, 2021, mise à jour 2025. has-sante.fr
  17. Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie, article 3. Légifrance
  18. Ministère des Solidarités et de la Santé, Direction générale de la santé. Calendrier des vaccinations 2018 (communiqué de presse du 9 février 2018). sante.gouv.fr
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

RW

Richard A. Wahl

Pédiatre — Department of Pediatrics, University of Arizona, Tucson, États-Unis

Premier auteur de l’essai randomisé factoriel publié en 2008 dans BMC Complementary and Alternative Medicine, qui a comparé ostéopathie réelle et simulée ainsi qu’échinacée chez des enfants sujets aux otites.

MM

Miriam V. Mills

Pédiatre — Department of Pediatrics, Oklahoma State University Center for Health Sciences, Tulsa, États-Unis

Première autrice de l’essai randomisé publié en 2003 dans Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine sur l’ostéopathie en complément des soins pédiatriques chez l’enfant ayant des otites moyennes aiguës récidivantes.

CK

Cory Hyun-Su Kim

Chercheur en ORL — Department of Otolaryngology - Head and Neck Surgery, Medical University of South Carolina, Charleston, États-Unis

Premier auteur de la revue de portée publiée en 2025 dans European Archives of Oto-Rhino-Laryngology sur l’ostéopathie dans la prise en charge de l’otite moyenne aiguë de l’enfant.

KS

Karen M. Steele

Médecin ostéopathe (DO), professeure émérite — West Virginia School of Osteopathic Medicine, Lewisburg, États-Unis

Première autrice de l’essai pilote randomisé publié en 2014 dans le Journal of the American Osteopathic Association sur l’ostéopathie et la résorption de l’épanchement de l’oreille moyenne après une otite chez le jeune enfant.

LJ

Laura L Jones

Épidémiologiste — UK Centre for Tobacco Control Studies, Division of Epidemiology and Public Health, University of Nottingham, Royaume-Uni

Première autrice de méta-analyses sur le tabagisme passif et le risque d’infections respiratoires et d’otites chez l’enfant (Respiratory Research, 2011 ; Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine, 2012).