Femme enrhumée qui se repose la nuit, tête surélevée sur deux oreillers, mouchoir à la main, dans une chambre tamisée
Sommeil

Nez bouché la nuit : comment mieux dormir avec un rhume

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Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : si votre nez se bouche dès que vous vous couchez, c’est d’abord une question de gravité et de circulation sanguine. En position allongée, les petits vaisseaux de la muqueuse nasale se gorgent de sang, les cornets gonflent et la résistance au passage de l’air augmente, ce que confirme une méta-analyse de 2022. Pendant un rhume, cet effet s’ajoute à l’inflammation et au mucus. Les mesures les plus raisonnables pour mieux dormir sont simples : un lavage de nez au sérum physiologique avant le coucher (bénéfice modeste, preuves de faible niveau), une tête légèrement surélevée, une chambre fraîche et aérée autour de 18 à 20 °C, une bonne hydratation et, contre la toux nocturne, un peu de miel à partir d’un an. À l’inverse, les comprimés décongestionnants par voie orale sont déconseillés par l’ANSM, les sprays vasoconstricteurs ne doivent servir que quelques jours et sur avis, et les huiles essentielles sont à éviter chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, et les personnes épileptiques ou asthmatiques. Un nourrisson gêné pour respirer ou téter, une difficulté respiratoire ou des symptômes au-delà de 10 jours doivent faire consulter.
Il est minuit passé. Vous avez enfin trouvé une position confortable, la fatigue de la journée vous rattrape… et soudain, une narine se ferme. Puis l’autre. Vous voilà à respirer par la bouche, la gorge qui s’assèche, le mouchoir à portée de main, en vous demandant pourquoi ce nez qui allait à peu près bien dans le canapé devient un mur dès que la tête touche l’oreiller.

Ce scénario est banal en hiver. Le rhume, ou rhinopharyngite virale, est l’infection la plus fréquente qui soit, et il se résout spontanément en une semaine à dix jours dans la grande majorité des cas. Mais pendant ces quelques nuits, il peut sérieusement entamer le sommeil, chez l’adulte comme chez l’enfant. Or le sommeil participe lui-même à la qualité des défenses immunitaires, comme nous l’expliquions dans notre article sur le lien entre sommeil et système immunitaire.

Ce guide se concentre sur la nuit : pourquoi le nez se bouche davantage couché, ce que la congestion fait à votre sommeil, le rituel du coucher qui a le plus de chances d’aider, les gestes à éviter et les signes qui doivent vous faire consulter. L’objectif n’est pas de faire disparaître le rhume, que l’on ne sait pas raccourcir de façon spectaculaire, mais de traverser ces nuits le plus confortablement et le plus sûrement possible.

Pourquoi le nez se bouche davantage la nuit

La position allongée change la circulation dans le nez

L’intérieur du nez n’est pas un simple tuyau. Ses parois sont tapissées d’une muqueuse très vascularisée qui recouvre des reliefs osseux, les cornets. Cette muqueuse contient un réseau de petits vaisseaux capables de se remplir ou de se vider de sang, un peu comme une éponge. C’est ce qui permet au nez de réchauffer et d’humidifier l’air que nous respirons.

Debout ou assis, la gravité aide le sang veineux de la tête à redescendre vers le cœur. Quand vous vous allongez, cet avantage disparaît : la pression veineuse dans la tête augmente légèrement, les vaisseaux de la muqueuse nasale se gorgent davantage et les cornets gonflent. Résultat, le passage de l’air se rétrécit.

Ce phénomène n’est pas une impression. En 2022, une équipe d’ORL a rassemblé neuf études portant sur 291 personnes et mesuré la résistance nasale avant et après le passage en position couchée. Conclusion : le décubitus augmente la résistance nasale et diminue le débit d’air, et l’effet est plus marqué chez les personnes qui ronflent ou souffrent d’apnées du sommeil.

Ce que montrent les études : dans la méta-analyse de Calvo-Henríquez et collaborateurs (Laryngoscope, 2022), la position allongée augmente la résistance au passage de l’air dans le nez et réduit le débit nasal, y compris chez des personnes en bonne santé. L’effet est plus net chez les ronfleurs et les personnes apnéiques. Les études incluses étaient petites et ne portaient pas spécifiquement sur le rhume, mais elles expliquent bien pourquoi un nez déjà enflammé « se ferme » au coucher.

Le cycle nasal : une narine après l’autre

Vous avez peut-être remarqué que c’est souvent la narine située du côté de l’oreiller qui se bouche, et que l’autre se libère quand vous vous retournez. Ce n’est pas un hasard. Chez la plupart des gens, les deux côtés du nez alternent naturellement entre congestion et décongestion au fil des heures : c’est le cycle nasal. En temps normal, on ne le sent pas, car le côté le plus ouvert suffit largement.

En position couchée sur le côté, la narine du dessous a tendance à se congestionner davantage. Pendant un rhume, quand la muqueuse est déjà gonflée par l’inflammation, ce balancement devient perceptible, voire gênant : un côté totalement bouché, l’autre à peine dégagé.

Le mucus ne s’évacue plus de la même façon

Dans la journée, vous déglutissez, vous vous mouchez, vous bougez : les sécrétions s’évacuent au fur et à mesure. Allongé, le mucus stagne dans les fosses nasales ou coule vers l’arrière de la gorge. Cet écoulement postérieur irrite le pharynx et déclenche souvent la fameuse toux du soir et du petit matin. Il donne aussi cette sensation de nez « plein » au réveil.

L’inflammation suit aussi un rythme

Beaucoup de personnes enrhumées ont l’impression que tout s’aggrave le soir : nez plus bouché, fatigue plus lourde, parfois un peu de fièvre. Plusieurs mécanismes y contribuent, dont les variations quotidiennes de certaines hormones comme le cortisol, qui tempère l’inflammation et dont le taux est au plus bas en début de nuit. À cela s’ajoutent la fatigue accumulée et le simple fait qu’allongé dans le noir, sans distraction, on prête davantage attention à son nez. Le résultat est le même : la nuit concentre les symptômes.

Le rhume ou autre chose ?

Un nez bouché la nuit n’est pas toujours un rhume. Si la congestion revient chaque nuit en dehors de tout épisode infectieux, avec éternuements en salves, démangeaisons du nez ou des yeux, ou si elle survient à certaines saisons, une rhinite allergique est possible : notre guide sur les allergies saisonnières et la rhinite allergique détaille cette piste. Une déviation de la cloison, des polypes ou une sinusite chronique peuvent aussi être en cause, et relèvent alors d’un avis médical ou ORL. Dans la suite de cet article, nous parlons du rhume banal, d’origine virale, qui dure quelques jours.

Ce que la congestion fait à votre sommeil

La respiration par la bouche

Le nez est la voie respiratoire normale pendant le sommeil. Quand il se bouche, on bascule vers la respiration buccale. Celle-ci assèche la bouche et la gorge, ce qui explique les réveils avec la langue pâteuse et l’envie de boire. Elle rend aussi les voies aériennes supérieures plus instables : la mâchoire s’ouvre, la langue recule un peu, le passage de l’air au niveau de la gorge se rétrécit.

Le ronflement et les petits réveils

C’est pourquoi beaucoup de personnes qui ne ronflent jamais se mettent à ronfler pendant un rhume. Le ronflement en lui-même est surtout gênant pour le partenaire, mais il peut s’accompagner d’efforts respiratoires et de micro-éveils dont on n’a pas conscience. Le lendemain, on se sent fatigué sans comprendre pourquoi, alors qu’on pense avoir dormi.

Ce lien entre nez bouché et respiration nocturne a été étudié de près. Dans la cohorte du Wisconsin, l’une des grandes études de référence sur les troubles respiratoires du sommeil, les personnes qui déclaraient une congestion nasale nocturne fréquente ronflaient nettement plus souvent que celles qui n’en avaient pas. Ces données concernaient surtout une congestion chronique, souvent allergique, et non le rhume, mais elles confirment que le nez compte dans la qualité de la respiration nocturne.

Si le ronflement est déjà votre lot habituel, notre article Ronflements : quand s’inquiéter et que faire vous aidera à faire la part des choses. Et si votre entourage remarque des pauses respiratoires pendant votre sommeil, qui persistent une fois le rhume passé, il faut penser à un syndrome d’apnées du sommeil, présenté dans notre dossier Apnée du sommeil : symptômes, diagnostic et approches complémentaires.

La toux nocturne

La toux est l’autre grande voleuse de sommeil pendant un rhume. Elle vient en partie de l’écoulement des sécrétions vers la gorge, en partie de l’irritation des voies aériennes. Chez l’enfant, elle réveille souvent toute la maison, et les parents dorment parfois aussi mal que lui. Nous y revenons plus bas, car c’est l’un des rares domaines où une mesure simple, le miel, dispose d’études assez encourageantes.

Un sommeil haché, une récupération moins bonne

Respiration buccale, ronflement, réveils pour se moucher, toux : la nuit devient fragmentée. Même si la durée totale semble correcte, le sommeil profond est interrompu. On se réveille fatigué, la tête lourde, parfois de mauvaise humeur. Pendant un rhume, c’est un cercle peu favorable, car le repos fait partie de ce qui aide l’organisme à traverser l’infection.

Le rituel du coucher qui aide vraiment

Il n’existe pas de geste miracle. En revanche, l’addition de plusieurs mesures simples et sûres peut rendre la nuit nettement plus supportable. Voici un rituel en quatre temps, à adapter à votre situation.

Étape 1 : un lavage de nez au sérum physiologique

Le lavage nasal consiste à rincer les fosses nasales avec une solution salée, le plus souvent du sérum physiologique en unidoses ou une solution saline en flacon ou en dispositif de rinçage. Il aide à évacuer le mucus, les croûtes et une partie des particules irritantes, et procure souvent une sensation de nez plus dégagé pendant un moment.

Le faire juste avant de vous coucher a une logique : vous partez avec des fosses nasales aussi propres que possible au moment où la position allongée va favoriser la congestion. Vous pouvez le répéter au réveil, ou en cas de réveil nocturne gênant.

Ce que montrent les études : la revue Cochrane de King et collaborateurs (2015) a analysé cinq essais randomisés, totalisant 544 enfants et 205 adultes souffrant d’infections aiguës des voies respiratoires hautes. Dans la plupart des comparaisons, aucune différence nette n’apparaissait, mais l’essai le plus important, mené chez des enfants, montrait une diminution des sécrétions et de l’obstruction nasale, ainsi qu’un moindre recours aux médicaments décongestionnants. Les auteurs jugent que le lavage salé « a possiblement des bénéfices », avec des preuves de faible niveau. Le seul effet indésirable rapporté était une gêne ou une irritation nasale passagère chez une minorité de participants.
Autrement dit, le lavage de nez n’est pas une solution spectaculaire, mais c’est l’une des mesures les plus sûres dont on dispose, et elle peut réduire le besoin d’autres produits plus risqués. C’est d’ailleurs l’un des gestes que rappellent les autorités sanitaires françaises en cas de rhume.

Quelques conseils pratiques :

  • Hygiène : lavez-vous les mains avant. Utilisez des unidoses stériles ou un dispositif de rinçage nettoyé et séché après chaque usage. Si vous préparez une solution maison, utilisez de l’eau bouillie puis refroidie, ou de l’eau stérile, jamais l’eau du robinet telle quelle, et ne la conservez pas.
  • Position : penchez la tête en avant, au-dessus du lavabo, légèrement sur le côté, et faites entrer la solution par la narine du dessus pour qu’elle ressorte par l’autre ou par la bouche. Ne renversez pas la tête en arrière.
  • Douceur : le lavage doit rester confortable. Une pression forte n’apporte rien et peut faire passer du liquide vers les oreilles.
  • Chez le nourrisson : le lavage de nez au sérum physiologique est un geste courant, mais il doit être montré par un professionnel de santé (pédiatre, médecin, sage-femme, puériculteur ou pharmacien), avec l’enfant couché sur le côté et la tête maintenue. Ne réalisez pas de lavage sous pression forte chez un nourrisson sans démonstration préalable.

Étape 2 : se moucher doucement, une narine à la fois

Après le lavage, mouchez-vous sans forcer, une narine après l’autre, en gardant la bouche entrouverte. Se moucher très fort, les deux narines pincées, augmente la pression dans les fosses nasales et peut pousser des sécrétions vers les sinus ou les oreilles. Utilisez des mouchoirs jetables, jetez-les aussitôt et lavez-vous les mains : c’est aussi une façon de limiter la transmission du virus à votre entourage.

Gardez une boîte de mouchoirs et une petite poubelle à portée de main, près du lit. Cela évite de devoir vous lever et de vous réveiller complètement pour un mouchage nocturne.

Étape 3 : bien s’hydrater, sans excès au coucher

Boire suffisamment au cours de la journée aide à garder les sécrétions plus fluides et compense les pertes liées à la fièvre et à la respiration buccale. Un verre d’eau près du lit permet d’humidifier une bouche sèche en cours de nuit.

En revanche, évitez de boire de grandes quantités juste avant de vous coucher : vous risqueriez d’être réveillé par l’envie d’uriner, ce qui ajoute une cause de sommeil fragmenté. Une boisson chaude en début de soirée, tisane ou eau chaude, peut être réconfortante et aider à dégager la gorge.

Étape 4 : une boisson chaude et un moment calme

La vapeur d’une boisson chaude que l’on respire tranquillement procure souvent un soulagement passager. Prenez ce moment comme une transition vers le sommeil : lumière tamisée, écrans éteints, quelques respirations lentes. Le stress d’« avoir peur de mal dormir » est un ennemi supplémentaire. Accepter que la nuit sera peut-être un peu hachée aide paradoxalement à mieux s’endormir.

Position et literie : surélever la tête, dormir sur le côté

Surélever la tête et le haut du corps

Puisque la position allongée favorise la congestion, il est logique de redresser un peu le haut du corps. L’ANSM cite d’ailleurs le fait de dormir la tête surélevée parmi les mesures simples à privilégier en cas de rhume. Il n’existe pas d’essai clinique dédié qui mesure précisément le gain sur le rhume, mais le mécanisme est cohérent avec les études de physiologie sur la position couchée.

Comment faire en pratique ?

  • Ajouter un oreiller est la solution la plus simple, mais elle a un défaut : elle plie le cou plus qu’elle ne redresse le buste, ce qui peut donner des douleurs cervicales au réveil.
  • Un coussin en pente ou un oreiller de lecture qui soutient le dos et les épaules permet une inclinaison plus douce et plus confortable.
  • Surélever la tête du lit de quelques centimètres, en glissant des cales solides sous les pieds du côté de la tête, incline tout le matelas. C’est souvent la méthode la plus confortable pour l’adulte, à condition que les cales soient stables.
Si vous avez régulièrement des douleurs de nuque, notre article sur le choix du matelas et de l’oreiller peut vous aider à trouver la bonne hauteur.

Attention chez le bébé : chez le nourrisson, on ne rajoute ni oreiller, ni coussin, ni cale dans le lit. Le couchage recommandé reste sur le dos, dans un lit sans objet, sur un matelas ferme et adapté, pour prévenir la mort inattendue du nourrisson. Ne modifiez pas l’inclinaison du lit d’un bébé sans en parler au pédiatre.

Dormir sur le côté

Sur le dos, la langue et la mâchoire ont tendance à reculer, ce qui favorise le ronflement, surtout quand on respire par la bouche. Dormir sur le côté est souvent plus confortable pendant un rhume. Si une narine se bouche, essayez de vous tourner sur l’autre côté : la narine du dessus a tendance à se libérer après quelques minutes, grâce au jeu du cycle nasal.

Draps, taie et propreté

Changer la taie d’oreiller plus souvent pendant un rhume est un geste d’hygiène simple. Si vous êtes aussi allergique aux acariens, les bonnes pratiques habituelles (aération, lavage régulier de la literie) prennent encore plus de sens, car une rhinite allergique peut s’ajouter au rhume et entretenir la congestion.

La chambre : température, aération, humidité

Une chambre fraîche, entre 18 et 20 °C

L’envie est grande de surchauffer la chambre quand on est malade. Pourtant, un air trop chaud et sec assèche les muqueuses et rend le sommeil moins profond. Les autorités sanitaires recommandent de maintenir la chambre autour de 18 à 20 °C. Couvrez-vous plutôt avec une couette adaptée que de monter le chauffage. Notre article Trop chaud la nuit : quelle température pour bien dormir ? explique pourquoi la baisse de la température corporelle accompagne l’endormissement.

Aérer chaque jour

Ouvrir les fenêtres une dizaine de minutes matin et soir renouvelle l’air, diminue la concentration de virus en suspension et limite l’humidité excessive. C’est un geste simple, recommandé en toute saison et particulièrement en période d’infections hivernales.

L’humidificateur et l’air chaud humidifié : prudence sur les promesses

On lit souvent qu’un humidificateur ou des inhalations de vapeur « débouchent le nez ». C’est une idée reçue tenace, qui mérite d’être nuancée.

Ce que montrent les études : la revue Cochrane de Singh et collaborateurs (2017) a rassemblé six essais (387 participants) testant l’inhalation d’air chaud et humidifié pendant un rhume. Les résultats étaient contradictoires selon la méthode d’analyse, et les auteurs concluent que les données actuelles ne montrent ni bénéfice ni nuisance démontrés de cette approche sur les symptômes du rhume. Certains participants signalaient une gêne ou une irritation du nez.
Concrètement :

  • si l’air de votre chambre est très sec, un humidificateur peut améliorer le confort de la gorge et du nez, mais il ne faut pas en attendre un effet sur la durée du rhume ;
  • un humidificateur doit être nettoyé et vidé régulièrement, sinon il peut favoriser le développement de moisissures et de bactéries, ce qui irait à l’encontre du but recherché ;
  • évitez de maintenir une humidité trop élevée, qui favorise acariens et moisissures ;
  • les inhalations au-dessus d’un bol d’eau très chaude exposent à des brûlures, surtout chez l’enfant : elles sont à proscrire chez les plus petits.

Ni tabac, ni fumée

La fumée de tabac, y compris passive, irrite les muqueuses et entretient la congestion et la toux. Pendant un rhume, et encore plus si un enfant dort à la maison, la chambre et le logement doivent rester sans fumée. Si vous souhaitez arrêter de fumer, Tabac Info Service peut vous accompagner au 39 89.

La toux nocturne : le miel, à partir d’un an

Le miel, une mesure simple avec des données encourageantes

Pour la toux qui empêche de dormir, et en particulier chez l’enfant, le miel est l’une des rares mesures de « grand-mère » qui ait été sérieusement évaluée.

Ce que montrent les études : dans l’essai de Paul et collaborateurs (2007), 105 enfants de 2 à 18 ans enrhumés et toussant la nuit ont reçu soit du miel de sarrasin, soit un sirop au dextrométhorphane aromatisé au miel, soit rien, une demi-heure avant le coucher. Selon les parents, le miel a obtenu les meilleurs scores sur la fréquence de la toux et sur la qualité du sommeil de l’enfant et des parents. La revue Cochrane d’Oduwole et collaborateurs (2018), portant sur six essais et 899 enfants de 1 à 18 ans, conclut que le miel soulage probablement mieux la toux aiguë qu’une absence de traitement ou qu’une préparation sans principe actif, avec un niveau de certitude modéré. Une méta-analyse plus large d’Abuelgasim et collaborateurs (2021) va dans le même sens pour les infections des voies respiratoires hautes, chez l’adulte comme chez l’enfant.
Ces résultats sont intéressants mais doivent rester à leur juste place : la plupart des enfants n’ont été suivis qu’une seule nuit, les essais étaient de petite taille, et l’effet semble surtout porter sur les premiers jours. Le miel ne remplace pas une consultation si la toux est inhabituelle, persistante ou accompagnée d’une gêne respiratoire.

En pratique

  • Jamais de miel avant l’âge d’un an. Le miel peut contenir des spores de la bactérie responsable du botulisme infantile, une maladie rare mais grave chez le nourrisson. Cette règle vaut pour le miel pur comme pour les préparations qui en contiennent.
  • À partir d’un an, une petite quantité de miel, pure ou dans une boisson tiède, peut être proposée au coucher.
  • Pensez au brossage des dents après, pour limiter le risque de caries.
  • Chez l’adulte diabétique, tenez compte des sucres apportés.

Les boissons chaudes et le citron

Une boisson tiède ou chaude, éventuellement avec du miel et un peu de citron, adoucit la gorge et fait partie des gestes de confort traditionnels. Les données sont plus maigres que pour le miel seul, mais ce geste est sans risque particulier chez l’adulte et l’enfant de plus d’un an, à condition que la boisson ne soit pas brûlante.

Et les sirops contre la toux ?

Les sirops ne sont pas anodins, surtout chez l’enfant : plusieurs familles de médicaments contre la toux ont été restreintes ou retirées chez les plus jeunes en raison d’effets indésirables. Ne donnez pas de sirop à un enfant sans avis médical ou pharmaceutique, et ne combinez pas plusieurs produits qui pourraient contenir les mêmes substances. Ce guide ne donne volontairement aucune posologie : c’est le rôle de votre médecin ou de votre pharmacien, qui connaît votre situation.

Chez l’enfant et le nourrisson : gestes adaptés et signes d’alerte

Le nourrisson respire surtout par le nez

Les bébés de moins de quelques mois respirent essentiellement par le nez. Un nez bouché peut donc les gêner pour téter, pour boire leur biberon et pour dormir. C’est la raison pour laquelle le lavage de nez au sérum physiologique, avant les tétées et avant le coucher, fait partie des gestes de base, à condition d’avoir été montré par un professionnel.

Quelques repères :

  • couchez toujours le bébé sur le dos, dans son lit, sans oreiller, couverture ni tour de lit, même enrhumé ;
  • maintenez la chambre à une température modérée et aérez-la chaque jour ;
  • fractionnez les tétées ou les biberons s’il se fatigue à cause de son nez bouché ;
  • proposez-lui à boire régulièrement ;
  • pas de miel avant un an, pas d’huiles essentielles, pas de médicament décongestionnant ni de spray vasoconstricteur, pas d’inhalation d’eau chaude.

Les signes qui doivent faire consulter rapidement

Chez le nourrisson, et en particulier avant trois mois, le seuil de consultation est plus bas que chez l’adulte. Consultez le pédiatre ou un médecin rapidement si :

  • votre bébé de moins de trois mois est enrhumé et a de la fièvre ;
  • il boit nettement moins que d’habitude, refuse plusieurs biberons ou tétées de suite ;
  • il respire vite, creuse le ventre ou le haut de la poitrine en respirant, ou geint ;
  • il est anormalement somnolent, difficile à réveiller, ou au contraire inconsolable ;
  • il a moins de couches mouillées que d’habitude.
Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de difficulté respiratoire importante, de lèvres ou de visage bleutés, de pauses respiratoires, de somnolence inhabituelle ou de fièvre élevée mal tolérée. Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent joindre les secours par SMS au 114.

Chez l’enfant plus grand

Chez l’enfant, le rhume s’accompagne souvent d’une toux nocturne, parfois d’une otite. Consultez un médecin si votre enfant se plaint d’une douleur d’oreille, si la fièvre persiste plus de deux à trois jours, si les symptômes s’aggravent après une amélioration ou s’il respire en sifflant. Pour les questions plus générales de sommeil de l’enfant, notre article Sommeil des enfants : besoins, troubles et solutions par âge donne des repères par âge.

Un enfant qui ronfle fort et fait des pauses respiratoires toutes les nuits, même en dehors des rhumes, doit être vu par un médecin : des végétations ou des amygdales volumineuses peuvent être en cause, et l’avis d’un ORL est parfois nécessaire.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Les comprimés décongestionnants par voie orale

C’est le message le plus important de ce guide. Les médicaments contre le rhume par voie orale qui associent un vasoconstricteur, principalement la pseudoéphédrine, ont longtemps été vendus sans ordonnance et largement utilisés pour « déboucher le nez » et mieux dormir. Ils agissent en resserrant les vaisseaux, y compris en dehors du nez.

L’ANSM déconseille leur utilisation en cas de rhume. Elle rappelle que des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux ont été rapportés après leur prise, des événements très rares mais graves, qui peuvent survenir quelle que soit la dose et la durée de traitement, alors que le rhume est une infection bénigne qui évolue favorablement sans médicament. Au niveau européen, le comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne du médicament (PRAC) a en outre identifié fin 2023 deux syndromes neurologiques rares liés à la pseudoéphédrine, le syndrome d’encéphalopathie postérieure réversible (PRES) et le syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible (RCVS). Depuis le 11 décembre 2024, en France, ces médicaments ne peuvent plus être délivrés en pharmacie sans ordonnance.

Ils sont particulièrement à proscrire en cas d’hypertension, d’antécédent cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral, de migraines sévères, pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant. Si vous en avez dans votre armoire à pharmacie, le plus simple est de les rapporter à votre pharmacien.

Ce que montrent les études : la revue Cochrane de Deckx et collaborateurs (2016) a évalué les décongestionnants utilisés seuls dans le rhume. Chez l’adulte, ils ont un petit effet sur la sensation de nez bouché, d’ampleur cliniquement limitée, et les données sont insuffisantes chez l’enfant de moins de 12 ans. Un bénéfice modeste à mettre en regard de risques rares mais graves : c’est ce déséquilibre qui fonde la position des autorités sanitaires.

Les sprays décongestionnants au-delà de quelques jours

Les sprays nasaux vasoconstricteurs agissent localement et dégagent le nez rapidement, ce qui les rend tentants au moment du coucher. Mais ils posent deux problèmes.

D’abord, ce sont des médicaments, avec leurs propres contre-indications : ils ne conviennent pas à l’enfant, et sont déconseillés dans de nombreuses situations (grossesse, certaines maladies cardiovasculaires, glaucome, etc.). Ils ne doivent être utilisés que sur avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Ensuite, utilisés plus de quelques jours, ils exposent à un effet rebond : quand l’effet s’estompe, la muqueuse gonfle de plus belle, ce qui pousse à réutiliser le spray, et ainsi de suite. C’est la rhinite médicamenteuse.

Ce que montrent les études : la revue de Ramey, Bailen et Lockey (2006) décrit la rhinite médicamenteuse comme une congestion de rebond liée à l’usage prolongé des décongestionnants nasaux locaux. Le délai d’apparition varie selon les personnes et les études, ce qui justifie de limiter strictement la durée d’utilisation. La prise en charge repose sur l’arrêt du produit, souvent accompagné par un médecin.
Si vous vous rendez compte que vous ne pouvez plus vous endormir sans votre spray, parlez-en à votre médecin : il existe des façons d’en sortir progressivement, avec un accompagnement.

Les huiles essentielles chez les publics fragiles

Les huiles essentielles dites « respiratoires » (eucalyptus, menthe poivrée, ravintsara, niaouli…) sont très populaires en hiver, en diffusion ou en application. Elles contiennent pourtant des molécules actives, dont certaines peuvent provoquer des réactions graves chez certaines personnes. Le camphre, le menthol et certains composés terpéniques sont notamment connus pour pouvoir déclencher des convulsions ou des spasmes du larynx chez le jeune enfant.

Elles sont donc déconseillées :

  • chez le nourrisson et le jeune enfant, en diffusion comme en application ou en inhalation ;
  • pendant la grossesse et l’allaitement ;
  • chez les personnes épileptiques ou ayant des antécédents de convulsions ;
  • chez les personnes asthmatiques, car la diffusion peut irriter les bronches ;
  • sans avis d’un médecin ou d’un pharmacien dans tous les autres cas.
Si les huiles essentielles vous intéressent pour le sommeil en général, notre article sur les huiles essentielles pour dormir détaille les précautions d’emploi. Ne les appliquez jamais pures dans le nez, et gardez les flacons hors de portée des enfants.

L’alcool et les somnifères pour « tenir la nuit »

Un « grog » bien chargé ou un verre de vin pour s’endormir malgré le rhume : l’idée est répandue, mais elle n’aide pas. L’alcool relâche les muscles de la gorge et favorise le ronflement, dilate les vaisseaux du nez et fragmente la seconde partie de la nuit. Notre article Alcool et sommeil détaille ces effets.

De même, prendre un somnifère ou un médicament sédatif quand on respire mal n’est pas une bonne idée sans avis médical, car certains diminuent la réactivité respiratoire pendant le sommeil. Notre dossier sur les somnifères et leurs effets sur le sommeil en explique les limites. Pour un rhume de quelques jours, mieux vaut accepter quelques nuits imparfaites.

Les antibiotiques « au cas où »

Le rhume est d’origine virale. Les antibiotiques n’ont pas d’action sur les virus et ne raccourcissent pas un rhume banal. Ils exposent en revanche à des effets indésirables et favorisent les résistances. C’est au médecin d’évaluer, en cas de complication suspectée, si un traitement est nécessaire.

Les situations particulières

Pendant la grossesse

Le nez bouché est fréquent pendant la grossesse, même sans rhume, sous l’effet des hormones : on parle de rhinite de la grossesse. Les mesures simples (lavage au sérum physiologique, tête surélevée, chambre fraîche) restent les premières à privilégier. Aucun médicament, spray ou huile essentielle ne doit être utilisé sans l’avis de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre gynécologue. En cas de difficulté respiratoire ou de fièvre élevée pendant la grossesse, appelez le 15. Pour mieux dormir pendant cette période, voyez aussi notre article sur le sommeil pendant la grossesse.

En cas d’asthme

Chez la personne asthmatique, un rhume peut déclencher une crise ou déséquilibrer l’asthme. Ne modifiez pas votre traitement de fond de vous-même, gardez votre traitement de crise à portée de main, et évitez les diffusions d’huiles essentielles et les fumées. Si vous vous réveillez la nuit en sifflant, en toussant ou essoufflé, ou si vous avez besoin de votre traitement de crise plus souvent que d’habitude, consultez votre médecin. En cas de crise qui ne cède pas, appelez le 15 ou le 112.

Si vous ronflez ou avez des apnées du sommeil

Les personnes qui ronflent ou souffrent d’apnées du sommeil sont plus sensibles à l’effet de la position allongée sur le nez, comme l’indique la méta-analyse citée plus haut. Si vous êtes équipé d’un appareil de pression positive continue (PPC), le nez bouché peut rendre le masque inconfortable : parlez-en à votre médecin ou à votre prestataire, qui pourra adapter l’humidification ou le type de masque. N’interrompez pas votre traitement sans avis.

Chez la personne âgée

Chez la personne âgée, un rhume peut se compliquer plus facilement, notamment en cas de maladie respiratoire ou cardiaque. L’hydratation est particulièrement importante, et les médicaments contre le rhume en vente libre sont à éviter sans avis, en raison des interactions possibles avec les traitements habituels.

Quand consulter un médecin ou un ORL

Un rhume banal ne nécessite généralement pas de consultation. Certains signes doivent pourtant vous alerter.

Appelez le 15 ou le 112 (SMS au 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes) en cas de :

  • difficulté importante à respirer, essoufflement au repos ;
  • lèvres ou visage bleutés ;
  • somnolence inhabituelle, confusion, difficulté à réveiller la personne ;
  • fièvre élevée mal tolérée, surtout chez le nourrisson ;
  • douleur thoracique, en particulier après la prise d’un décongestionnant.
Consultez un médecin rapidement si :

  • un nourrisson de moins de trois mois est enrhumé avec de la fièvre, ou gêné pour téter ou respirer ;
  • les symptômes durent plus de 10 jours, ou s’aggravent après une amélioration ;
  • une fièvre persiste plus de deux à trois jours ;
  • un enfant se plaint d’une douleur d’oreille ;
  • un asthme se déséquilibre, avec sifflements ou toux nocturne inhabituelle ;
  • vous êtes enceinte, immunodéprimé, ou atteint d’une maladie chronique respiratoire ou cardiaque.
Pensez à un avis ORL, après le médecin traitant, si :

  • vous avez une douleur du visage, au niveau des joues, du front ou autour des yeux, avec un écoulement épais d’un seul côté et une fièvre qui persiste, ce qui peut évoquer une sinusite ;
  • le nez reste bouché, d’un seul côté surtout, bien après le rhume ;
  • vous saignez du nez de façon répétée ;
  • vous perdez durablement l’odorat ;
  • vous ronflez avec des pauses respiratoires constatées par votre entourage, une fois le rhume passé.
En cas de gonflement ou de rougeur autour de l’œil, de troubles de la vision ou de maux de tête intenses inhabituels, il faut consulter en urgence.

L’accompagnement d’un naturopathe pour l’hygiène de vie hivernale

Une fois le rhume passé, beaucoup de personnes se demandent comment aborder l’hiver en meilleure forme. C’est là qu’un accompagnement complémentaire peut avoir sa place, à condition de rester dans son rôle : il ne remplace ni le médecin, ni les traitements prescrits, ni la vaccination lorsqu’elle est recommandée.

Un naturopathe peut vous aider à faire le point sur votre hygiène de vie : régularité et durée du sommeil, alimentation variée et riche en fruits et légumes, activité physique, gestion du stress, exposition à la lumière du jour. Ces piliers sont ceux que l’on retrouve dans notre guide pour renforcer ses défenses en hiver. La question de la vitamine D, souvent évoquée l’hiver, mérite aussi un regard nuancé, que nous proposons dans notre article sur les rhumes à répétition et la vitamine D. Elle relève d’un avis médical avant toute supplémentation.

Un bon praticien saura aussi vous orienter vers votre médecin si vos rhumes vous semblent trop fréquents, trop longs ou compliqués, et vous rappellera les précautions vis-à-vis des huiles essentielles et des compléments chez les publics fragiles. Si vous vous intéressez à d’autres approches pour accompagner les épisodes ORL bénins, nous en présentons les limites dans notre article sur l’homéopathie et le rhume.

Si vous souhaitez être accompagné, vous pouvez trouver un naturopathe près de chez vous dans l’annuaire ViziWell. Et si vos symptômes correspondent à l’un des signes d’alerte décrits plus haut, c’est votre médecin généraliste, ou un ORL sur son conseil, qu’il faut consulter en priorité.

Récapitulatif : votre check-list pour la nuit

À éviter

  • Les comprimés décongestionnants par voie orale (pseudoéphédrine).
  • Les sprays vasoconstricteurs sans avis, et au-delà de quelques jours.
  • Les huiles essentielles chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, les personnes épileptiques ou asthmatiques.
  • Le miel avant un an.
  • L’alcool et les somnifères pour « tenir la nuit ».
  • Les inhalations d’eau très chaude chez l’enfant.
  • Les antibiotiques sans prescription.

FAQ

Pourquoi mon nez se bouche-t-il dès que je me couche ?

En position allongée, le sang veineux de la tête redescend moins facilement vers le cœur. Les vaisseaux de la muqueuse nasale se gorgent, les cornets gonflent et le passage de l’air se rétrécit. Une méta-analyse de 2022 confirme que la position couchée augmente la résistance nasale. Pendant un rhume, cet effet s’ajoute à l’inflammation et au mucus qui stagne, d’où cette sensation de nez qui se ferme dès que la tête touche l’oreiller.

Faut-il faire un lavage de nez juste avant de dormir ?

C’est une bonne idée. Le lavage au sérum physiologique évacue le mucus et offre souvent un soulagement temporaire au moment où la position allongée va favoriser la congestion. La revue Cochrane de 2015 évoque un bénéfice possible mais modeste, avec des preuves de faible niveau, et une très bonne tolérance. Chez le nourrisson, faites-vous montrer le geste par un professionnel de santé.

Surélever la tête, est-ce vraiment utile ?

C’est logique au vu des études sur la position couchée et c’est l’une des mesures citées par l’ANSM. Il n’existe pas d’essai dédié au rhume qui en mesure l’effet exact, mais le geste est simple et sans risque chez l’adulte. Préférez un coussin en pente ou des cales sous les pieds du lit à une pile d’oreillers qui plie le cou. Chez le bébé, aucun oreiller ni coussin dans le lit.

Le miel aide-t-il vraiment contre la toux de nuit ?

Chez l’enfant de plus d’un an, les études sont plutôt encourageantes : le miel au coucher semble réduire la toux nocturne et améliorer le sommeil de l’enfant et de ses parents, au moins les premières nuits. Il ne faut jamais en donner avant un an, en raison du risque de botulisme infantile. Une toux qui dure, qui siffle ou qui gêne la respiration doit faire consulter.

Pourquoi éviter les comprimés contre le rhume ?

Les comprimés décongestionnants à base de pseudoéphédrine exposent à des effets indésirables rares mais graves, comme l’infarctus ou l’accident vasculaire cérébral, pour un bénéfice limité sur un rhume qui évolue favorablement seul. L’ANSM les déconseille et, depuis décembre 2024, ils ne sont plus délivrés sans ordonnance en France. Les mesures simples décrites dans ce guide sont à privilégier.

Un humidificateur peut-il m’aider à mieux respirer la nuit ?

Il peut améliorer le confort si l’air de votre chambre est très sec, mais la revue Cochrane de 2017 n’a pas montré de bénéfice démontré de l’air chaud humidifié sur les symptômes du rhume. Si vous en utilisez un, nettoyez-le très régulièrement pour éviter les moisissures, et ne maintenez pas une humidité excessive.

Sources

  1. King D, Mitchell B, Williams CP, Spurling GK. Saline nasal irrigation for acute upper respiratory tract infections. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2015. PMID : 25892369. DOI : 10.1002/14651858.CD006821.pub3.
  2. Calvo-Henríquez C, Chiesa-Estomba C, Lechien JR, et al. The Recumbent Position Affects Nasal Resistance: A Systematic Review and Meta-Analysis. Laryngoscope. 2022. PMID : 33720430. DOI : 10.1002/lary.29509.
  3. Young T, Finn L, Kim H. Nasal obstruction as a risk factor for sleep-disordered breathing. Journal of Allergy and Clinical Immunology. 1997. PMID : 9042068. DOI : 10.1016/s0091-6749(97)70124-6.
  4. Deckx L, De Sutter AI, Guo L, Mir NA, van Driel ML. Nasal decongestants in monotherapy for the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2016. PMID : 27748955. DOI : 10.1002/14651858.CD009612.pub2.
  5. Ramey JT, Bailen E, Lockey RF. Rhinitis medicamentosa. Journal of Investigational Allergology and Clinical Immunology. 2006. PMID : 16784007.
  6. Oduwole O, Udoh EE, Oyo-Ita A, Meremikwu MM. Honey for acute cough in children. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2018. PMID : 29633783. DOI : 10.1002/14651858.CD007094.pub5.
  7. Paul IM, Beiler J, McMonagle A, Shaffer ML, Duda L, Berlin CM Jr. Effect of honey, dextromethorphan, and no treatment on nocturnal cough and sleep quality for coughing children and their parents. Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine. 2007. PMID : 18056558. DOI : 10.1001/archpedi.161.12.1140.
  8. Abuelgasim H, Albury C, Lee J. Effectiveness of honey for symptomatic relief in upper respiratory tract infections: a systematic review and meta-analysis. BMJ Evidence-Based Medicine. 2021. PMID : 32817011. DOI : 10.1136/bmjebm-2020-111336.
  9. Singh M, Singh M, Jaiswal N, Chauhan A. Heated, humidified air for the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2017. PMID : 28849871. DOI : 10.1002/14651858.CD001728.pub6.
  10. ANSM et Ordre national des pharmaciens. En cas de rhume, évitez les médicaments vasoconstricteurs par voie orale. https://www.ordre.pharmacien.fr/les-communications/focus-sur/les-actualites/en-cas-de-rhume-evitez-les-medicaments-vasoconstricteurs-par-voie-orale
  11. Ordre national des pharmaciens. Rhume : ordonnance obligatoire pour toute dispensation de médicament à base de pseudoéphédrine (11 décembre 2024). https://www.ordre.pharmacien.fr/les-communications/focus-sur/les-actualites/rhume-ordonnance-obligatoire-pour-toute-dispensation-de-medicament-a-base-de-pseudoephedrine
  12. Agence européenne du médicament. Meeting highlights from the Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC), 27-30 November 2023. https://www.ema.europa.eu/en/news/meeting-highlights-pharmacovigilance-risk-assessment-committee-prac-27-30-november-2023
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

En savoir plus →

Auteurs des sources scientifiques

DK

David King

Chercheur en médecine générale — Discipline of General Practice, School of Medicine, The University of Queensland, Brisbane, Australie

MS

Meenu Singh

Department of Pediatrics, Post Graduate Institute of Medical Education and Research, Chandigarh, Inde

OO

Olabisi Oduwole

Chercheuse en santé publique — Institute of Tropical Diseases Research and Prevention, University of Calabar Teaching Hospital, Calabar, Nigeria

IP

Ian M. Paul

Pédiatre, chercheur — Department of Pediatrics, College of Medicine, Pennsylvania State University, Hershey, PA, États-Unis

CC

Christian Calvo-Henríquez

ORL, chercheur en rhinologie — Rhinology Study Group, Young-Otolaryngologists of the International Federation of Otorhinolaryngological Societies (YO-IFOS), Paris, France