Femme enceinte endormie sur le côté gauche dans une chambre apaisante, ventre soutenu par un coussin de grossesse
Sommeil

Sommeil pendant la grossesse : mieux dormir à chaque trimestre

⏱ 48 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : oui, il est possible de mieux dormir enceinte, à condition d'adapter ses stratégies à chaque trimestre. Selon une méta-analyse de 24 études (11 002 femmes) publiée dans Sleep Medicine Reviews en 2018, environ 46 % des femmes enceintes ont un sommeil de mauvaise qualité, et celui-ci se dégrade nettement au troisième trimestre. Les approches les mieux étayées sont comportementales (thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie, activité physique adaptée, position sur le côté en fin de grossesse), avec un niveau de preuve modéré. Tout ce qui se prend (somnifère, mélatonine, plante, huile essentielle) passe d'abord par votre sage-femme ou votre médecin.
Vous êtes épuisée à 15 heures, vous vous réveillez trois fois par nuit pour aller aux toilettes, vous ne trouvez plus de position confortable, et à 4 heures du matin votre cerveau se met à dresser la liste de tout ce qu'il reste à préparer avant l'arrivée du bébé. On vous répète que « c'est normal, c'est la grossesse », et que de toute façon « vous ne dormirez plus après ». Ce n'est ni rassurant, ni très utile.

Ce qui est vrai, c'est que le sommeil change profondément pendant ces neuf mois, et que ces changements suivent une logique assez prévisible, trimestre après trimestre. Ce qui est vrai aussi, c'est qu'une partie de ces difficultés peut être atténuée, que certaines doivent être signalées, et que quelques-unes sont des signaux d'alerte qui justifient d'appeler sans attendre. Cet article fait le point sur ce que vous vivez, sur ce que la recherche établit (et sur ce qu'elle ignore encore), et sur ce que vous pouvez faire concrètement, en lien avec la sage-femme ou le médecin qui suit votre grossesse.

Pourquoi le sommeil change autant pendant la grossesse

Le sommeil d'une femme enceinte n'est pas simplement « un peu moins bon ». Il est remodelé par trois forces qui agissent en même temps : les hormones, les transformations du corps et la charge mentale. Comprendre ces mécanismes aide à ne pas culpabiliser, et à choisir les bonnes stratégies au bon moment.

Les hormones mènent la danse dès les premières semaines

La progestérone, qui monte en flèche dès le début de la grossesse, a un effet sédatif : elle pousse à somnoler en journée, parfois de façon irrésistible. Paradoxalement, elle fragmente aussi le sommeil nocturne, en partie parce qu'elle relâche les muscles lisses (vessie, œsophage, intestin) et favorise les envies d'uriner et les remontées acides. Les œstrogènes, eux, participent à la congestion des muqueuses nasales, ce qui explique qu'un nez bouché et un ronflement puissent apparaître chez des femmes qui n'avaient jamais ronflé.

D'autres hormones s'ajoutent au tableau. La prolactine, qui prépare l'allaitement, modifie l'architecture du sommeil. Le cortisol, l'hormone du stress, augmente progressivement au fil de la grossesse. Et la température corporelle légèrement plus élevée rend les nuits plus chaudes, surtout en été.

Le corps se transforme, et la nuit devient une question de logistique

À partir du deuxième trimestre, puis de façon marquée au troisième, le volume de l'utérus change la donne. Il appuie sur la vessie, gêne la respiration en position allongée, pousse l'estomac vers le haut et rend certaines positions franchement inconfortables. Le dos, le bassin et les hanches encaissent de nouvelles contraintes. Les mouvements du bébé, souvent plus perceptibles le soir quand la mère est au repos, peuvent retarder l'endormissement ou réveiller.

À cela s'ajoutent des troubles plus spécifiques, souvent méconnus : le syndrome des jambes sans repos, les crampes nocturnes des mollets, le reflux gastro-œsophagien, le canal carpien (fourmillements dans les mains la nuit), la congestion nasale.

L'esprit anticipe, rumine et se réveille

Une grossesse, même désirée et bien vécue, est une période de grands changements : identité, couple, travail, organisation, finances, peur de l'accouchement, inquiétude pour la santé du bébé. Cette charge cognitive a tendance à s'exprimer la nuit, au moment où rien ne vient la distraire. Beaucoup de femmes décrivent des réveils vers 3 ou 4 heures du matin, suivis d'une longue période d'éveil où les pensées tournent en boucle. Ce schéma ressemble beaucoup à celui de l'insomnie liée à l'anxiété, que l'on retrouve en dehors de la grossesse et qui répond aux mêmes leviers (voir notre article sur l'insomnie et l'hypervigilance nocturne).

Les rêves aussi changent : ils sont souvent décrits comme plus intenses, plus nombreux, parfois angoissants. C'est fréquent, cela ne prédit rien sur le déroulement de la grossesse, et en parler peut suffire à les désamorcer.

Ce que montrent les études
Une méta-analyse menée par Ivan Sedov et ses collègues (Université de Calgary, Sleep Medicine Reviews, 2018) a regroupé 24 études totalisant 11 002 femmes enceintes évaluées avec l'indice de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI). Résultat : 45,7 % d'entre elles présentaient un sommeil de mauvaise qualité (score ≥ 5), avec un score moyen de 6,07. Dans les études qui ont suivi les mêmes femmes au fil du temps, la qualité du sommeil se dégradait du deuxième au troisième trimestre (score moyen passant de 5,31 à 7,03). Limite : les études incluses étaient hétérogènes et reposaient sur un questionnaire auto-déclaratif, sans mesure objective du sommeil. Les auteurs concluent qu'une certaine baisse de la qualité du sommeil est attendue, mais qu'une plainte de sommeil très dégradé mérite une prise en charge.
Autrement dit, si vous dormez mal, vous êtes loin d'être seule. Mais « fréquent » ne veut pas dire « à ignorer ». Une revue de 120 études portant sur plus de 58 millions de grossesses (Lu et coll., Sleep Medicine Reviews, 2021) a observé que les troubles du sommeil pendant la grossesse étaient associés à un risque plus élevé de prééclampsie, d'hypertension gestationnelle, de diabète gestationnel, de césarienne et de naissance prématurée. Il s'agit d'associations observées, pas d'une preuve que le mauvais sommeil cause ces complications : d'autres facteurs (surpoids, âge, conditions de vie) peuvent jouer. Mais ces données justifient de parler de votre sommeil à chaque consultation, au même titre que de votre tension ou de votre prise de poids.

Premier trimestre : une fatigue écrasante et des nuits déjà hachées

Ce que vous vivez probablement

Le premier trimestre surprend souvent par la violence de la fatigue. Vous pouvez avoir envie de dormir à toute heure, vous endormir dès 21 heures, avoir du mal à tenir une réunion de l'après-midi. Dans le même temps, la nuit n'est pas forcément réparatrice : envies d'uriner plus fréquentes dès les premières semaines (l'augmentation du volume sanguin et l'action hormonale sur les reins et la vessie jouent avant même que l'utérus ne grossisse), nausées qui peuvent réveiller ou empêcher de se rendormir, seins sensibles qui rendent la position sur le ventre désagréable.

À ce stade, beaucoup de femmes n'ont pas encore annoncé leur grossesse au travail, ce qui ajoute la difficulté de devoir « faire comme si » malgré l'épuisement.

Ce qui peut aider

Accepter un besoin de sommeil accru, sans culpabiliser. Le corps engage une énorme quantité d'énergie pour mettre en place le placenta et accompagner les premières étapes du développement. Avancer l'heure du coucher de 30 à 60 minutes est souvent plus réparateur que de lutter.

Utiliser la sieste avec méthode. Une sieste courte en début d'après-midi (20 à 30 minutes) peut faire beaucoup de bien sans trop empiéter sur la nuit. Si vous dormez mal la nuit et que vos siestes deviennent très longues ou tardives, elles peuvent entretenir le problème : mieux vaut les garder avant 15 heures. Notre article sur la sieste courte qui remet d'aplomb détaille la méthode.

Gérer les nausées nocturnes. Garder quelques biscuits secs ou crackers à côté du lit, fractionner les repas, éviter de se coucher l'estomac vide ou au contraire trop plein. Si les nausées sont intenses, si vous ne gardez plus rien, perdez du poids ou urinez peu, il ne s'agit plus d'un simple inconfort : appelez votre sage-femme, votre médecin ou les urgences de la maternité (risque de déshydratation, on parle d'hyperémèse gravidique).

Hydrater le jour, alléger le soir. Boire suffisamment en journée et réduire un peu les apports dans les deux heures qui précèdent le coucher limite les levers nocturnes, sans jamais restreindre l'hydratation globale.

Repenser la caféine. Les recommandations limitent généralement la caféine pendant la grossesse (l'Organisation mondiale de la santé et de nombreuses autorités évoquent un plafond autour de 200 à 300 mg par jour, soit environ deux tasses de café filtre), et elle peut perturber le sommeil si elle est consommée l'après-midi. Le thé, le cola, les boissons énergisantes et le chocolat en contiennent aussi. Pour comprendre l'effet d'une tasse prise en fin de journée, voir notre article sur le café de 16 heures et le sommeil. Votre sage-femme pourra vous indiquer la limite qui vous concerne.

Faire vérifier ce qui peut aggraver la fatigue. Une fatigue extrême peut aussi être liée à une anémie, à un trouble de la thyroïde ou à un manque de fer, qui sont recherchés lors du suivi de grossesse. N'hésitez pas à demander où en sont vos résultats (voir aussi notre article sur la carence en fer et la ferritine). Aucune supplémentation en fer ne doit être commencée sans prescription.

Deuxième trimestre : la fenêtre de répit, souvent

Ce que vous vivez probablement

Pour beaucoup de femmes, le deuxième trimestre est le plus confortable. Les nausées s'estompent, la fatigue diminue, l'énergie revient. Le ventre est visible mais pas encore encombrant. C'est souvent la période où l'on dort le mieux de toute la grossesse.

Mais ce n'est pas une règle. Certaines femmes voient apparaître dès ce stade des brûlures d'estomac, des crampes nocturnes, des premières sensations de jambes agitées, une congestion nasale ou un début de ronflement. Les mouvements du bébé deviennent perceptibles et peuvent surprendre au moment de l'endormissement.

Ce qui peut aider

Profiter de ce trimestre pour installer de bonnes habitudes. C'est le meilleur moment pour mettre en place une routine du soir stable, une activité physique régulière et des techniques de relaxation, qui seront précieuses au troisième trimestre et après la naissance. Un rituel simple (lumière tamisée, douche tiède, lecture, quelques respirations lentes) envoie au cerveau un signal cohérent.

Bouger chaque jour, selon ce que votre suivi autorise. L'activité physique régulière est l'un des leviers les mieux documentés pour le sommeil pendant la grossesse (nous y revenons plus bas). Marche, natation, aquagym, yoga prénatal ou gymnastique adaptée : l'important est la régularité, de préférence en journée plutôt que juste avant le coucher. Notre article sur le yoga prénatal présente cette pratique.

Commencer à apprivoiser la position sur le côté. Même si la recommandation de s'endormir sur le côté concerne surtout la fin de grossesse (voir ci-dessous), s'y habituer tôt facilite la transition. Un coussin de grossesse (en forme de C, de U ou un simple traversin) placé entre les genoux et sous le ventre soulage le dos et les hanches.

Anticiper le reflux. Si les brûlures d'estomac apparaissent, des repas plus légers le soir, pris au moins deux à trois heures avant le coucher, et une tête de lit légèrement surélevée aident souvent. Notre article sur les repas du soir et le sommeil donne des pistes. Les traitements contre le reflux, même vendus sans ordonnance, doivent être validés par votre sage-femme, votre médecin ou votre pharmacien, en précisant que vous êtes enceinte.

Troisième trimestre : inconfort, réveils et question de la position

Ce que vous vivez probablement

Le troisième trimestre est celui où le sommeil se dégrade le plus nettement, comme le confirment les études longitudinales. Les raisons s'additionnent : envies d'uriner répétées (la tête du bébé appuie sur la vessie), difficulté à trouver une position, douleurs du dos et du bassin, brûlures d'estomac, crampes, jambes sans repos, essoufflement en position allongée, contractions de Braxton Hicks, mouvements du bébé, chaleur, et une anxiété qui monte à l'approche de l'accouchement.

Beaucoup de femmes se réveillent quatre, cinq fois ou plus par nuit. Le temps passé éveillée au lit augmente, et avec lui la frustration. C'est aussi le moment où les conseils contradictoires se multiplient, notamment sur la position.

Dormir sur le côté à partir de 28 semaines

C'est le conseil le plus important de ce trimestre, et il repose sur des données solides. Au Royaume-Uni, le Royal College of Midwives (collège des sages-femmes) et les campagnes de santé publique recommandent, à partir de 28 semaines d'aménorrhée, de s'endormir sur le côté plutôt que sur le dos, que ce soit la nuit ou pour une sieste. Le côté gauche ou le côté droit conviennent tous les deux. Et si vous vous réveillez sur le dos, inutile de vous inquiéter : il suffit de vous remettre sur le côté pour vous rendormir.

Pourquoi ? En position allongée sur le dos, l'utérus volumineux peut comprimer la veine cave inférieure et l'aorte, ce qui réduit le retour veineux vers le cœur et le flux sanguin vers le placenta. Certaines femmes ressentent d'ailleurs un malaise (vertige, nausée, sensation de faiblesse) quand elles restent sur le dos en fin de grossesse.

Ce que montrent les études
Une méta-analyse sur données individuelles coordonnée par Robin Cronin et Lesley McCowan (Université d'Auckland, EClinicalMedicine, 2019) a rassemblé cinq études cas-témoins internationales : 851 femmes ayant vécu une mort fœtale tardive (à partir de 28 semaines) et 2 257 femmes témoins. S'endormir sur le dos était associé à un risque 2,6 fois plus élevé de mort fœtale tardive par rapport au côté gauche (odds ratio ajusté 2,63). Le côté droit présentait un risque similaire au côté gauche. Les auteurs estiment qu'environ 5,8 % des morts fœtales tardives pourraient être évitées si toutes les femmes enceintes s'endormaient sur le côté après 28 semaines. Limite : il s'agit d'études observationnelles, fondées sur des souvenirs de position au coucher, ce qui ne permet pas de prouver un lien de cause à effet. Mais la cohérence des résultats et la simplicité de la mesure ont conduit plusieurs pays à l'intégrer à leurs messages de prévention.
Il est important de remettre ce chiffre en perspective : la mort fœtale tardive reste un événement rare, et la position au coucher n'est qu'un facteur parmi d'autres. Une étude américaine prospective menée auprès de 8 706 femmes attendant leur premier enfant (Silver et coll., Obstetrics & Gynecology, 2019) n'a d'ailleurs pas retrouvé d'association entre la position de sommeil jusqu'à 30 semaines et les complications étudiées (mort fœtale, petit poids pour l'âge gestationnel, troubles hypertensifs), ce qui rassure sur la période qui précède. Le message n'a pas pour but de culpabiliser ni d'empêcher de dormir par peur de bouger. Il s'agit simplement de prendre l'habitude de s'installer sur le côté au moment de s'endormir, c'est-à-dire là où la position est la plus longue et la plus stable.

En pratique :

  • installez-vous sur le côté (gauche ou droit) au moment de vous coucher et pour toute sieste à partir de 28 semaines ;
  • placez un coussin entre les genoux et, si besoin, un petit coussin sous le ventre et un autre dans le dos pour éviter de rouler sur le dos ;
  • si vous vous réveillez sur le dos, remettez-vous simplement sur le côté, sans paniquer ;
  • si une position semi-assise est nécessaire (reflux, essoufflement), demandez conseil à votre sage-femme sur la manière de l'adapter avec une légère inclinaison latérale.
Et surtout : si vous sentez que votre bébé bouge moins, ou différemment, ne vous rendormez pas en attendant le lendemain. Contactez immédiatement la maternité, de jour comme de nuit. C'est un motif de consultation urgent, jamais un dérangement.

Les envies d'uriner la nuit

Elles sont quasi inévitables en fin de grossesse. Quelques ajustements limitent leur impact : boire davantage le matin et en début d'après-midi, réduire légèrement les boissons dans les deux heures avant le coucher, vider complètement la vessie avant de se coucher (en se penchant un peu en avant), garder une lumière faible et chaude pour aller aux toilettes plutôt que d'allumer une lumière vive. En revanche, une brûlure en urinant, une fièvre, des douleurs dans le bas du dos ou du sang dans les urines doivent faire consulter rapidement (infection urinaire possible, plus fréquente pendant la grossesse).

Le reflux et les brûlures d'estomac

Très fréquentes au troisième trimestre, elles surviennent souvent en position allongée. Les mesures de base restent les plus utiles : repas du soir plus léger et plus précoce, éviter de se coucher juste après avoir mangé, surélever la tête du lit de quelques centimètres (en calant les pieds du lit plutôt qu'en empilant des oreillers qui plient le ventre), limiter les aliments qui aggravent personnellement les symptômes. Notre article sur le reflux gastrique détaille ces mesures, mais à appliquer avec les précautions propres à la grossesse : aucune plante ni aucun complément sans avis. Si un médicament est nécessaire, votre médecin ou votre sage-femme choisira celui qui convient.

Les crampes nocturnes

Les crampes des mollets, qui réveillent brutalement, touchent beaucoup de femmes au deuxième et au troisième trimestre. Pour soulager une crampe sur le moment : étirer doucement le mollet en ramenant les orteils vers soi, jambe tendue, puis masser et marcher quelques pas. Des étirements doux des mollets avant le coucher et une activité physique régulière sont souvent conseillés.

Quant au magnésium, souvent proposé spontanément, les données sont moins nettes qu'on ne le croit. Une revue Cochrane (Garrison et coll., 2020) a examiné cinq essais menés chez des femmes enceintes souffrant de crampes : tous présentaient un risque de biais élevé, et leurs résultats étaient contradictoires, si bien que les auteurs concluent que des recherches supplémentaires sont nécessaires. Pour aller plus loin sur ce minéral, voir notre article sur le magnésium et le sommeil. Toute supplémentation pendant la grossesse se discute avec la sage-femme ou le médecin. Et une douleur du mollet persistante, d'un seul côté, avec gonflement, chaleur ou rougeur, n'est pas une crampe : elle doit faire consulter en urgence (risque de phlébite).

Les jambes sans repos

Ce trouble est beaucoup plus fréquent pendant la grossesse qu'on ne l'imagine. Il se manifeste par un besoin irrésistible de bouger les jambes, accompagné de sensations désagréables (picotements, tiraillements, impression de « fourmis » ou de « courant »), qui apparaissent au repos, le soir ou la nuit, et sont soulagées par le mouvement. Il retarde l'endormissement et peut réveiller.

Ce que montrent les études
Une méta-analyse coordonnée par Si-Jing Chen (Université de Pékin, Sleep Medicine Reviews, 2018) a rassemblé 27 études portant sur 51 717 femmes enceintes. La prévalence du syndrome des jambes sans repos était de 21 % sur l'ensemble de la grossesse, et augmentait au fil des trimestres : 8 % au premier, 16 % au deuxième, 22 % au troisième. En Europe, elle atteignait 22 %. Après l'accouchement, elle retombait à 4 %. Limite : les définitions et les outils de diagnostic variaient selon les études, et certaines régions du monde étaient peu représentées.
Bonne nouvelle donc : dans la grande majorité des cas, ce syndrome disparaît après la naissance. En attendant, plusieurs mesures simples peuvent soulager : marcher ou s'étirer le soir, masser les jambes, alterner chaud et frais, réduire la caféine. Un manque de fer est un facteur favorisant connu : parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, qui pourra faire doser votre ferritine et, si nécessaire, prescrire une supplémentation adaptée. Ne prenez pas de fer de votre propre initiative, et n'utilisez aucun médicament du sommeil ou de la douleur pour ce trouble sans avis médical.

Le canal carpien et les fourmillements des mains

La rétention d'eau de fin de grossesse peut comprimer le nerf médian au poignet et provoquer des fourmillements ou un engourdissement des doigts, souvent la nuit. Éviter de dormir poignets pliés, secouer les mains au réveil, et demander à votre sage-femme si une attelle de repos nocturne est indiquée. Les symptômes régressent généralement après l'accouchement.

Ronflement, apnée, insomnie : quand le sommeil devient un signal

Certains troubles du sommeil pendant la grossesse ne sont pas seulement inconfortables : ils peuvent être le reflet ou le facteur de risque d'une complication. Savoir les reconnaître permet d'en parler au bon moment.

Un ronflement qui apparaît pendant la grossesse

Le ronflement est fréquent en fin de grossesse, notamment à cause de la congestion nasale et de la prise de poids. Il est souvent bénin. Mais un ronflement nouveau, fort, avec des pauses respiratoires constatées par le conjoint, des réveils en sursaut avec sensation d'étouffement ou une somnolence importante en journée peut traduire des troubles respiratoires du sommeil, voire une apnée du sommeil.

Ce que montrent les études
Une revue systématique avec méta-analyse coordonnée par Sushmita Pamidi (Université McGill, American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2014) a retenu 31 études. Après ajustement sur les facteurs de confusion, les troubles respiratoires du sommeil pendant la grossesse étaient associés à un risque environ 2,3 fois plus élevé d'hypertension gestationnelle ou de prééclampsie (odds ratio ajusté 2,34, cinq études) et à un risque environ 1,9 fois plus élevé de diabète gestationnel (odds ratio ajusté 1,86, cinq études). Limite : toutes les études étaient observationnelles, et un nombre limité d'entre elles avait pu tenir compte du poids et des autres facteurs de risque. Les auteurs appellent à des études prospectives et interventionnelles plus larges.
Concrètement, signalez tout ronflement nouveau ou qui s'aggrave à votre sage-femme ou à votre médecin, surtout s'il s'accompagne de pauses respiratoires ou d'une somnolence inhabituelle. Un dépistage de l'apnée peut être proposé. Pour mieux comprendre la différence entre ronflement simple et apnée, voir nos articles sur les ronflements et quand s'inquiéter et sur le syndrome d'apnées obstructives du sommeil.

Les signes d'alerte qui imposent d'appeler le 15

La prééclampsie est une complication de la grossesse qui associe une hypertension artérielle à d'autres atteintes, et qui peut évoluer rapidement. Elle survient le plus souvent au troisième trimestre, mais parfois dès 20 semaines ou dans les jours qui suivent l'accouchement. Un ronflement récent n'est pas en soi un signe de prééclampsie, mais s'il s'associe à l'un des signes suivants, appelez le 15 (ou le 112) ou rendez-vous immédiatement aux urgences de la maternité, sans attendre le prochain rendez-vous :

  • des maux de tête intenses ou inhabituels, qui ne passent pas ;
  • des troubles de la vue (points lumineux, flou, « mouches » devant les yeux) ;
  • un gonflement brutal du visage, des mains ou des pieds (œdèmes), une prise de poids rapide en quelques jours ;
  • une douleur en barre dans le haut du ventre ou sous les côtes à droite ;
  • des nausées ou vomissements qui apparaissent en fin de grossesse ;
  • un essoufflement inhabituel.
D'autres situations nécessitent aussi un avis en urgence, quelle que soit l'heure : saignements, perte de liquide, contractions régulières avant terme, fièvre, douleur abdominale intense, diminution des mouvements du bébé, douleur et gonflement d'un mollet, ou difficulté à respirer. La nuit n'est jamais un motif d'attendre.

L'insomnie de grossesse

On parle d'insomnie lorsque les difficultés à s'endormir, à rester endormie ou les réveils trop précoces surviennent au moins trois nuits par semaine, durent plusieurs semaines et retentissent sur la journée (fatigue, irritabilité, difficultés de concentration), alors que les conditions pour dormir sont réunies. Pendant la grossesse, elle est fréquente et souvent sous-estimée, car on l'attribue entièrement à l'inconfort physique.

Une revue systématique avec méta-analyse récente (Liu et coll., Reproductive Sciences, 2025), portant sur 23 études observationnelles, a cherché à savoir à quoi l'insomnie de grossesse était associée. Le lien le plus constant concernait la santé mentale : les femmes souffrant d'insomnie avaient un risque environ 2,3 fois plus élevé de dépression périnatale, ainsi qu'un risque accru d'anxiété périnatale et de douleurs après l'accouchement. En revanche, l'insomnie seule n'était pas clairement associée à l'hypertension, au diabète gestationnel, à la césarienne ou à la prématurité, et les auteurs appellent à des études prospectives plus larges. L'insomnie mérite donc d'être prise au sérieux, surtout pour ce qu'elle dit de l'équilibre émotionnel, et elle peut être traitée sans médicament.

Insomnie de grossesse : les approches les mieux étayées

La thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie (TCC-I)

Chez l'adulte en général, la TCC-I est le traitement de première intention recommandé pour l'insomnie chronique, devant les médicaments. Elle combine plusieurs outils : régularité des horaires, réassociation du lit avec le sommeil (ne pas rester des heures éveillée au lit), ajustement du temps passé au lit, travail sur les pensées qui entretiennent l'éveil (« si je ne dors pas, je ne tiendrai pas demain », « je vais être une mauvaise mère si je suis épuisée »), techniques de relaxation et hygiène du sommeil. Notre article sur la TCC-I, thérapie de référence sans médicament la présente en détail.

Ce que montrent les études
Un essai randomisé mené par Jennifer Felder et ses collègues (Université de Californie à San Francisco, JAMA Psychiatry, 2020) a inclus 208 femmes enceintes de moins de 28 semaines présentant des symptômes d'insomnie. La moitié a suivi une TCC-I numérique en six séances hebdomadaires d'environ 20 minutes, l'autre moitié a reçu les soins habituels. Les femmes du groupe TCC-I ont vu leurs symptômes d'insomnie diminuer nettement plus (taille d'effet importante, d = -1,03), avec une amélioration de la qualité du sommeil, de l'efficacité du sommeil, et une baisse des symptômes dépressifs et anxieux. La durée totale de sommeil, elle, n'a pas significativement changé. Limite : les participantes étaient majoritairement diplômées, en couple et aisées, ce qui limite la généralisation, et tous les résultats reposaient sur des questionnaires.
Un suivi publié en 2022 par la même équipe (Sleep) a observé ces mêmes femmes jusqu'à six mois après l'accouchement. La sévérité de l'insomnie ne différait plus nettement entre les groupes, mais les femmes ayant suivi la TCC-I pendant leur grossesse étaient plus nombreuses à être en rémission de leur insomnie à six mois. Surtout, trois mois après la naissance, 4 % d'entre elles présentaient une dépression majeure probable, contre 18 % dans le groupe des soins habituels. Les auteurs parlent de données préliminaires solides, à confirmer, mais elles plaident pour agir tôt, pendant la grossesse.

Une précision importante : l'un des outils de la TCC-I, la « restriction du temps passé au lit », consiste à réduire temporairement le temps au lit pour consolider le sommeil. Pendant la grossesse, cet outil doit être adapté avec prudence et accompagné par un professionnel formé, en tenant compte de la fatigue, du travail et de la sécurité (par exemple au volant). Les autres composantes (contrôle du stimulus, travail sur les pensées, relaxation) sont en revanche facilement applicables.

Quelques principes issus de la TCC-I, applicables dès ce soir :

  • se lever à heure à peu près fixe, même après une mauvaise nuit, pour stabiliser l'horloge interne ;
  • si vous êtes éveillée depuis longtemps (environ 20 minutes, sans regarder l'heure en continu) et que vous vous agacez, quittez le lit pour une activité calme sous lumière douce, puis revenez quand la somnolence revient ;
  • réserver le lit au sommeil (et à l'intimité), pas aux écrans ni aux recherches anxieuses sur internet ;
  • prévoir un « temps des soucis » en début de soirée : noter sur papier ce qui vous préoccupe et la prochaine petite action possible, pour éviter que ces pensées ne surgissent à 3 heures du matin ;
  • remplacer l'objectif « je dois dormir » par « je me repose », ce qui diminue la pression et, paradoxalement, facilite l'endormissement.

L'activité physique adaptée

Bouger pendant la grossesse est recommandé en l'absence de contre-indication, et le sommeil fait partie des bénéfices les mieux documentés.

Ce que montrent les études
Une méta-analyse d'essais randomisés coordonnée par Dongmei Liu (Hôpital Tongji, Wuhan, BMC Pregnancy and Childbirth, 2025) a inclus 18 essais portant sur 1 541 femmes enceintes. Les programmes d'activité physique étaient associés à une diminution des troubles du sommeil par rapport aux groupes témoins, avec une durée de sommeil nocturne allongée d'environ une demi-heure en moyenne. L'aquagym, la relaxation musculaire progressive et les activités aérobies faisaient partie des formes étudiées. Limite : les essais étaient de taille et de qualité variables, souvent menés en Chine, avec une forte hétérogénéité entre les études, ce qui invite à interpréter l'ampleur de l'effet avec prudence.
En pratique, l'objectif souvent cité est d'environ 150 minutes d'activité d'intensité modérée par semaine (par exemple 30 minutes, cinq jours sur sept), en adaptant selon votre forme et votre suivi. La marche, la natation, l'aquagym, le vélo d'appartement et le yoga prénatal sont généralement bien tolérés. Demandez à votre sage-femme ou à votre médecin si une activité particulière est déconseillée dans votre situation (menace d'accouchement prématuré, placenta bas inséré, hypertension, etc.), et arrêtez l'effort en cas de saignement, de douleur, de vertige, d'essoufflement anormal ou de contractions.

Relaxation, sophrologie, yoga prénatal

Les techniques de relaxation ont l'avantage d'être sans risque et utilisables partout, y compris au milieu de la nuit. La respiration lente (allonger l'expiration, par exemple inspirer sur quatre temps et expirer sur six), la relaxation musculaire progressive, le scan corporel ou la visualisation aident à faire baisser le niveau d'éveil. Notre article sur le body scan et la relaxation progressive propose des exercices guidés.

La sophrologie est très utilisée en préparation à la naissance en France, et beaucoup de femmes y trouvent un appui pour le sommeil et la gestion de l'anxiété. Les données scientifiques spécifiques restent limitées, mais ces pratiques peuvent s'intégrer à un accompagnement global. Voir notre article sur la sophrologie pendant la grossesse. Le yoga prénatal, quant à lui, combine mouvement doux, respiration et relaxation, et figure parmi les activités étudiées dans les essais sur le sommeil.

L'environnement de la chambre

Quelques ajustements simples peuvent faire une vraie différence, surtout au troisième trimestre :

  • une chambre fraîche (autour de 18 à 19 °C), aérée, avec une couette plus légère : la grossesse augmente la sensation de chaleur ;
  • l'obscurité et le calme, avec si besoin des bouchons d'oreilles ou un masque de nuit ;
  • un coussin de grossesse, ou plusieurs oreillers disposés pour soutenir le ventre, le dos et les genoux ;
  • une veilleuse à lumière chaude pour les levers nocturnes ;
  • réduire les écrans dans l'heure qui précède le coucher, pas tant pour la lumière bleue que pour la stimulation mentale qu'ils entretiennent.

Ce qu'il vaut mieux éviter sans avis médical

C'est peut-être la partie la plus importante de cet article. Face à des nuits difficiles, la tentation est grande de chercher une solution rapide dans un flacon. Pendant la grossesse, la règle est simple : rien ne se prend pour dormir sans l'avis de votre sage-femme ou de votre médecin. Ce qui est « naturel » n'est pas automatiquement sans risque, et beaucoup de produits n'ont jamais été évalués chez la femme enceinte.

Les somnifères et les anxiolytiques. Ils ne doivent jamais être pris sans prescription. Certains médicaments peuvent être envisagés dans des situations précises, par un médecin qui évalue le rapport bénéfice-risque. Ne reprenez pas un ancien traitement, et ne prenez pas celui d'un proche. À l'inverse, si vous preniez déjà un traitement avant la grossesse (pour le sommeil, l'anxiété ou la dépression), ne l'arrêtez pas brutalement de vous-même : parlez-en rapidement à votre médecin, car un arrêt brutal peut aussi être risqué.

Les antihistaminiques « qui font dormir » vendus sans ordonnance ne sont pas anodins non plus : demandez toujours conseil à votre médecin ou à votre pharmacien en précisant que vous êtes enceinte.

La mélatonine. Elle est souvent perçue comme une solution douce. Pourtant, les données sur sa sécurité pendant la grossesse sont insuffisantes, et l'Anses déconseille les compléments alimentaires de mélatonine aux femmes enceintes et allaitantes. Pas de mélatonine sans avis médical. Pour comprendre ce que fait cette hormone, voir notre article sur la mélatonine.

Les plantes et les tisanes « sommeil ». Valériane, passiflore, mélisse, aubépine, houblon, ou mélanges vendus en grande surface : leur sécurité pendant la grossesse n'est pas établie pour la plupart, et certaines sont déconseillées. Même une tisane « douce » se vérifie auprès de la sage-femme, du médecin ou du pharmacien, en particulier en cas de consommation quotidienne ou concentrée (gélules, extraits).

Les huiles essentielles. De nombreuses huiles essentielles sont contre-indiquées pendant la grossesse, en particulier au premier trimestre, et certaines le restent jusqu'à la fin, quel que soit le mode d'utilisation (diffusion, massage, bain, voie orale). Ne les utilisez pas sans l'avis d'un professionnel de santé formé. Notre article sur l'aromathérapie pendant la grossesse détaille ces précautions.

Les compléments « sommeil » ou « détente ». Ils associent souvent plusieurs plantes, de la mélatonine, du magnésium ou des vitamines à des doses variables. Leur composition doit être vérifiée par un professionnel avant toute prise.

L'alcool. Il n'a pas sa place pendant la grossesse, y compris « pour se détendre » le soir : il n'existe pas de consommation sans risque pour le bébé, et il dégrade de toute façon la qualité du sommeil.

Sommeil, humeur et dépression périnatale

Le sommeil et l'humeur sont étroitement liés, dans les deux sens. Une insomnie qui s'installe peut fragiliser l'humeur, et une dépression ou une anxiété peuvent se manifester d'abord par des troubles du sommeil.

Ce que montrent les études
Une méta-analyse coordonnée par Farnoosh Emamian (Université des sciences médicales de Kermanshah, Journal of Sleep Research, 2019) a regroupé neuf études portant sur 1 922 femmes. Elle a retrouvé une association significative, d'intensité moyenne, entre insomnie et symptômes dépressifs pendant la période périnatale (coefficient de corrélation 0,37), y compris chez les femmes sans antécédent de dépression. Limite : les études étaient peu nombreuses et très hétérogènes, et une corrélation ne permet pas de dire laquelle des deux difficultés précède l'autre. Les auteurs recommandent de dépister à la fois l'insomnie et la dépression chez les femmes enceintes.
La dépression périnatale (pendant la grossesse ou après la naissance) concerne une part importante des femmes et reste souvent silencieuse, par honte ou par peur d'être jugée. Elle n'a rien à voir avec un manque d'amour pour son enfant ou une faiblesse de caractère.

Parlez-en à votre sage-femme, à votre médecin ou à la PMI (protection maternelle et infantile) si, pendant plus de deux semaines, vous ressentez :

  • une tristesse persistante, des pleurs fréquents, un sentiment de vide ;
  • une perte d'intérêt ou de plaisir pour ce qui vous plaisait ;
  • une anxiété envahissante, des crises d'angoisse, des pensées inquiètes qui tournent en boucle ;
  • une incapacité à dormir même quand l'occasion se présente, ou au contraire un besoin de dormir sans fin ;
  • un sentiment de culpabilité, d'incompétence ou de dévalorisation ;
  • des difficultés à vous projeter avec le bébé.
En France, l'entretien prénatal précoce, proposé à toutes les femmes enceintes, est un moment dédié pour aborder ces sujets avec une sage-femme ou un médecin. Les sages-femmes et les PMI de votre département peuvent aussi vous accompagner gratuitement, y compris à domicile, et vous orienter vers un psychologue ou un psychiatre spécialisé en périnatalité si nécessaire.

Si vous avez des idées noires, des pensées de mort ou de suicide, ou des pensées qui vous font peur à propos de vous-même ou du bébé, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Vous pouvez aussi lire notre article sur la dépression du post-partum, car ces difficultés peuvent se prolonger ou apparaître après la naissance.

Un plan concret, trimestre par trimestre

Pour résumer, voici les priorités à garder en tête à chaque étape. Elles ne remplacent pas les conseils de votre sage-femme, qui connaît votre situation.

Premier trimestre (jusqu'à environ 14 semaines)

  • avancer l'heure du coucher et s'autoriser une sieste courte avant 15 heures ;
  • gérer les nausées (petits repas, collation au chevet) et consulter si elles deviennent sévères ;
  • hydrater le matin et l'après-midi, alléger le soir ;
  • réduire la caféine selon les conseils de votre suivi ;
  • signaler toute fatigue extrême pour vérifier le fer et la thyroïde.
Deuxième trimestre (environ 15 à 28 semaines)

  • installer une routine du soir stable et une activité physique régulière ;
  • commencer à s'habituer à dormir sur le côté avec un coussin ;
  • prévenir le reflux avec des repas plus légers et plus précoces le soir ;
  • repérer et signaler les premiers signes de jambes sans repos ou de ronflement ;
  • si l'insomnie s'installe, demander un accompagnement de type TCC-I.
Troisième trimestre (à partir de 28 semaines)

  • s'endormir sur le côté, gauche ou droit, la nuit comme pour la sieste ;
  • multiplier les coussins de soutien et garder une chambre fraîche ;
  • appliquer les principes de la TCC-I en cas d'éveils prolongés ;
  • signaler un ronflement nouveau, une somnolence importante, des jambes sans repos qui gênent ;
  • connaître les signes d'alerte (maux de tête, troubles visuels, œdèmes brutaux, baisse des mouvements du bébé) et appeler le 15 ou la maternité sans attendre ;
  • parler de votre humeur et de votre anxiété autant que de votre sommeil.

Préparer les nuits d'après la naissance

Le sommeil après l'accouchement sera différent, c'est une certitude. Mais la façon dont on s'y prépare compte. Quelques pistes à anticiper pendant la grossesse :

  • en parler en couple ou avec l'entourage : qui se lève, comment se relayer, qui peut prendre le relais pour permettre au parent qui allaite ou qui récupère de dormir un bloc de quatre à cinq heures ;
  • identifier les personnes ressources (famille, amis, sage-femme libérale, PMI) pour les premières semaines ;
  • garder les acquis de la grossesse (techniques de relaxation, horaires réguliers pour le lever, sieste courte quand c'est possible) ;
  • se renseigner sur le sommeil du nouveau-né pour ajuster ses attentes : notre article sur le bébé qui ne dort pas peut aider, et votre sage-femme ou votre pédiatre restent vos interlocuteurs principaux pour tout ce qui concerne votre enfant.
Enfin, si les réveils nocturnes persistent bien au-delà de la période où le bébé vous réveille, ou si vous n'arrivez plus à dormir même quand il dort, parlez-en : cela peut être le signe d'une insomnie installée ou d'une difficulté émotionnelle qui mérite un soutien. Notre article sur les réveils nocturnes fréquents peut vous aider à y voir plus clair.

Trouver un accompagnement

La première personne à qui parler de votre sommeil est la sage-femme ou le médecin qui suit votre grossesse : c'est à elle ou à lui de repérer un trouble qui nécessite un bilan, d'adapter vos traitements et de valider toute approche complémentaire. En complément, des professionnels formés à la périnatalité (psychologues, sophrologues, praticiens en relaxation ou en yoga prénatal) peuvent vous aider à travailler sur l'anxiété, la détente et la routine du soir, toujours en lien avec votre suivi médical. Pour trouver un praticien près de chez vous, consultez l'annuaire ViziWell des praticiens, en précisant lors de la prise de contact que vous êtes enceinte et à quel terme.

Questions fréquentes

Est-ce dangereux de dormir sur le dos pendant la grossesse ?

En début de grossesse, la position sur le dos ne pose pas de problème connu. À partir de 28 semaines, il est recommandé de s'endormir sur le côté, car des études cas-témoins ont associé la position sur le dos au coucher à un risque plus élevé de mort fœtale tardive. Le côté gauche et le côté droit conviennent tous les deux. Si vous vous réveillez sur le dos, ne vous inquiétez pas : remettez-vous simplement sur le côté. L'objectif est la position dans laquelle vous vous endormez, pas un contrôle permanent de chaque mouvement nocturne.

Puis-je prendre de la mélatonine ou une tisane pour dormir quand je suis enceinte ?

Pas sans l'avis de votre sage-femme ou de votre médecin. Les données de sécurité de la mélatonine pendant la grossesse sont insuffisantes et l'Anses déconseille ces compléments aux femmes enceintes et allaitantes. Pour les plantes et les tisanes, la sécurité n'est pas établie pour la plupart, et certaines sont déconseillées. Il en va de même pour les huiles essentielles, dont beaucoup sont contre-indiquées. Les approches comportementales (régularité, relaxation, activité physique, TCC-I) sont la première option, sans risque pour le bébé.

Le ronflement pendant la grossesse est-il grave ?

Le plus souvent, il est lié à la congestion nasale et disparaît après la naissance. Mais il mérite d'être signalé, car les troubles respiratoires du sommeil sont associés à un risque plus élevé d'hypertension, de prééclampsie et de diabète gestationnel. Si un ronflement récent s'accompagne de maux de tête intenses, de troubles visuels, d'œdèmes brutaux du visage ou des mains, ou d'une douleur en haut du ventre, appelez le 15 ou rendez-vous immédiatement à la maternité.

Pourquoi je me réveille à 4 heures du matin sans pouvoir me rendormir ?

Ces réveils sont fréquents en fin de grossesse : envie d'uriner, inconfort, mouvements du bébé, mais aussi anticipation et inquiétudes qui surgissent dans le calme de la nuit. Si vous restez éveillée longtemps et que l'agacement monte, levez-vous pour une activité calme sous lumière douce, puis revenez au lit quand la somnolence revient. Noter vos préoccupations en début de soirée aide souvent. Si ces réveils deviennent quotidiens et pèsent sur vos journées ou votre moral, parlez-en : une TCC-I peut être proposée, et votre humeur mérite d'être évaluée.

Mon sommeil va-t-il redevenir normal après l'accouchement ?

Certains troubles liés à la grossesse, comme le syndrome des jambes sans repos (qui passe d'environ 22 % au troisième trimestre à 4 % après la naissance selon une méta-analyse), le reflux ou le canal carpien, régressent généralement après l'accouchement. Le sommeil reste ensuite rythmé par les besoins du bébé pendant plusieurs mois. Si vous n'arrivez plus à dormir même quand votre bébé dort, ou si votre moral flanche, parlez-en à votre sage-femme, à votre médecin ou à la PMI. En cas d'idées noires, le 3114 est joignable à toute heure.

Sources

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⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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Cet article fait partie de notre dossier Sommeil.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

En savoir plus →

Auteurs des sources scientifiques

SC

Si-Jing Chen

Peking University Sixth Hospital, Peking University Institute of Mental Health, Pékin, Chine

IS

Ivan D. Sedov

Department of Psychology, University of Calgary, Calgary, Canada

JF

Jennifer N. Felder

Osher Center for Integrative Medicine, University of California, San Francisco, USA

RC

Robin S. Cronin

University of Auckland, Auckland, Nouvelle-Zélande

SP

Sushmita Pamidi

Respiratory Division and Sleep Laboratory, McGill University Health Center, Montréal, Canada