Mains d’une pharmacienne pesant des racines d’astragale, baies de goji et réglisse séchées sur une balance de précision
Médecine traditionnelle chinoise

Pharmacopée chinoise : ce que valent les plantes et comment les utiliser sans risque

⏱ 43 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : la pharmacopée chinoise a déjà donné à la médecine une molécule majeure, l’artémisinine contre le paludisme, et quelques essais bien menés suggèrent un bénéfice pour certains troubles, mais la majorité des études restent de qualité méthodologique faible. Une analyse des 58 revues Cochrane consacrées aux plantes chinoises (Hu et al., PLoS One, 2011) montre que seulement 7 % des essais inclus décrivaient une dissimulation correcte de l’allocation. Le niveau de preuve est donc globalement modéré à faible, très variable selon la plante et l’indication. Le vrai enjeu pour vous est la sécurité : plantes toxiques substituées, contaminations, atteintes du foie et interactions médicamenteuses imposent un encadrement par un professionnel et des produits traçables.
On vous a conseillé une « formule » chinoise pour mieux dormir, digérer ou retrouver de l’énergie. Vous avez peut-être vu passer sur les réseaux sociaux des gélules de He Shou Wu « anti-cheveux blancs », des sachets de granules importés ou un mélange vendu comme « 100 % naturel ». Et vous vous demandez deux choses très légitimes : est-ce que cela fonctionne vraiment, et est-ce que cela peut me faire du mal ?

Ces deux questions sont exactement les bonnes. La pharmacopée chinoise n’est ni une collection de remèdes miracles ni un ensemble de recettes sans intérêt. C’est un corpus immense, transmis depuis plus de deux mille ans, qui contient à la fois des substances aux effets pharmacologiques réels et des préparations qui n’ont jamais été évaluées sérieusement. Et parce que certaines plantes ont des effets réels, elles peuvent aussi avoir des effets indésirables réels.

Ce guide vous propose une lecture honnête et pratique : ce qu’est la pharmacopée chinoise, quelles plantes sont les plus utilisées et les plus étudiées, ce que les études permettent réellement de dire, et surtout comment éviter les pièges connus qui ont, dans le passé, coûté des reins, des foies et parfois des vies. Si vous souhaitez une vue d’ensemble des données sur l’ensemble de la médecine chinoise (acupuncture comprise), consultez aussi notre article Médecine chinoise : ce que les études confirment, et ce qu’elles ne confirment pas.

Pharmacopée chinoise : de quoi parle-t-on exactement ?

Une matière médicale, pas seulement des plantes

En médecine traditionnelle chinoise (MTC), la pharmacopée désigne l’ensemble des substances utilisées à visée thérapeutique. Elle repose majoritairement sur des plantes (racines, rhizomes, écorces, fruits, graines, fleurs), mais elle comprend aussi des minéraux et, dans certaines traditions, des produits d’origine animale. Les ouvrages de référence recensent plusieurs milliers de substances, et les praticiens en utilisent couramment quelques centaines.

Le premier point à retenir est que ces substances sont des produits actifs. Le mot « traditionnel » ne signifie pas « doux » ou « anodin ». Une racine de réglisse, une graine d’abricot amer ou une tige d’éphédra contiennent des molécules qui agissent sur la tension artérielle, le rythme cardiaque, le système nerveux ou le métabolisme des médicaments.

Des formules plutôt que des plantes isolées

La particularité de la pharmacopée chinoise est de raisonner en formules. Une prescription classique associe le plus souvent 4 à 15 ingrédients, organisés selon une hiérarchie : un ingrédient principal (dit « souverain »), des ingrédients qui renforcent son action (« ministres »), d’autres qui corrigent ses effets indésirables ou traitent des symptômes secondaires (« assistants »), et enfin un ingrédient qui « harmonise » l’ensemble, rôle souvent tenu par la réglisse.

Ces formules sont choisies à partir d’un diagnostic propre à la MTC, fondé sur l’observation de la langue, la prise des pouls, l’interrogatoire et la recherche de « syndromes » (vide de Qi, stagnation, chaleur, humidité, etc.). Ce raisonnement, très différent de la logique biomédicale, est décrit dans notre article sur la consultation en MTC et le bilan énergétique et dans celui consacré à la théorie du Yin et du Yang.

Pour la recherche, cette logique pose un vrai défi : deux personnes souffrant du même trouble peuvent recevoir des formules différentes, et une même formule peut être prescrite pour des troubles très différents. Évaluer « la pharmacopée chinoise » dans son ensemble n’a donc pas grand sens. On évalue une formule donnée, dans une indication donnée, avec une préparation donnée.

Les différentes formes disponibles

Vous rencontrerez principalement :

  • les décoctions de plantes sèches, préparées à la maison ou en officine, forme la plus traditionnelle,
  • les granules ou poudres concentrées, issues d’extraits séchés, plus pratiques et plus faciles à doser,
  • les pilules et comprimés « patentés », formules standardisées produites industriellement, souvent importées,
  • les teintures et extraits liquides, plus rares en pratique chinoise classique.
Les produits patentés importés sont ceux qui concentrent le plus de problèmes de qualité documentés, comme nous le verrons plus loin. La forme du produit ne dit rien de sa sécurité : une gélule moderne peut contenir un ingrédient toxique, et une décoction artisanale peut être parfaitement maîtrisée si les plantes sont identifiées et contrôlées.

Quel cadre en France ?

La médecine traditionnelle chinoise n’est pas une profession de santé réglementée en France. Les praticiens ont des parcours de formation très variables, ce que nous détaillons dans notre article Devenir praticien en MTC : formation, diplômes et carrière. Côté produits, la vente de plantes médicinales relève en principe du circuit pharmaceutique, à l’exception d’une liste de plantes dont la vente est libéralisée. De nombreuses plantes chinoises ne figurent dans aucune de ces listes et circulent surtout via des importations, des boutiques spécialisées ou Internet, avec des contrôles très inégaux.

Après le drame belge des années 1990 (voir plus bas), plusieurs pays européens, dont la France, ont interdit les plantes contenant des acides aristolochiques. Cette interdiction ne protège toutefois pas des produits achetés hors des circuits contrôlés.

Les plantes les plus utilisées et ce qu’il faut savoir sur chacune

Il serait impossible de présenter toute la matière médicale chinoise. Voici les plantes que vous croiserez le plus souvent en France, avec leur nom chinois (pinyin), leur nom latin et le principal point de vigilance connu. Ce tableau ne constitue pas une recommandation d’usage.

| Nom chinois | Plante (nom latin) | Usage traditionnel principal | Point de vigilance | | :-- | :-- | :-- | :-- | | Huang qi | Astragale (Astragalus membranaceus) | « tonifier le Qi », fatigue, défenses | possible interaction avec les immunosuppresseurs, prudence en cas de maladie auto-immune | | Ren shen | Ginseng (Panax ginseng) | fatigue, convalescence | interactions possibles avec anticoagulants et antidiabétiques, insomnie, nervosité | | Gan cao | Réglisse (Glycyrrhiza uralensis) | harmonisation des formules, toux, digestion | hypertension, baisse du potassium, rétention d’eau à doses élevées ou prolongées | | Dang gui | Angélique chinoise (Angelica sinensis) | troubles gynécologiques, « nourrir le Sang » | interaction rapportée avec la warfarine, déconseillée pendant la grossesse | | Dan shen | Sauge rouge (Salvia miltiorrhiza) | circulation, « mobiliser le Sang » | augmentation de l’effet de la warfarine décrite, risque de saignement | | Gou qi zi | Baies de goji (Lycium barbarum) | fatigue, vision, tonique | cas d’interaction avec la warfarine rapportés | | Wu wei zi | Schisandra (Schisandra chinensis, S. sphenanthera) | toux, sueurs, sommeil | élève fortement les taux sanguins de tacrolimus | | He shou wu | Renouée multiflore (Polygonum multiflorum, Reynoutria multiflora) | cheveux, vieillissement, « nourrir le Rein » | atteintes hépatiques imprévisibles, parfois graves | | Ma huang | Éphédra (Ephedra sinica) | rhume, asthme | effets cardiovasculaires (hypertension, troubles du rythme), interdit dans les compléments dans plusieurs pays | | Qing hao | Armoise annuelle (Artemisia annua) | fièvres | source de l’artémisinine, la plante elle-même ne doit pas servir à traiter un paludisme |

Quelques éclairages complémentaires :

  • Le ginseng est probablement la plante chinoise la plus étudiée hors de Chine. Les résultats sont hétérogènes selon les extraits et les indications. Nous détaillons les données disponibles dans notre article Ginseng et énergie sexuelle : études et posologie.
  • La réglisse est présente dans une proportion importante des formules classiques. À faible dose dans une formule, elle pose rarement problème chez une personne en bonne santé. En revanche, sa glycyrrhizine peut entraîner, à doses élevées ou sur une longue durée, une hypertension et une baisse du potassium sanguin, dangereuses notamment chez les personnes traitées par diurétiques, digoxine ou souffrant d’insuffisance cardiaque.
  • L’astragale et les baies de goji sont aussi consommées comme aliments en Chine, ce qui ne dispense pas de prudence en cas de traitement. Leur place dans l’alimentation est abordée dans notre article sur la diététique chinoise.

Ce que montrent les études

L’artémisinine : la preuve qu’une tradition peut contenir des trésors

L’histoire de l’artémisinine est souvent citée, et à juste titre. Dans les années 1960 et 1970, une équipe chinoise dirigée par la pharmacologue Tu Youyou a passé en revue des milliers de recettes traditionnelles à la recherche d’un traitement contre le paludisme. Un texte du IVe siècle, attribué au médecin Ge Hong, recommandait de faire tremper une poignée de qing hao (armoise annuelle) dans de l’eau puis d’en exprimer le jus. Cette indication d’une extraction à froid a mis l’équipe sur la voie : en utilisant un solvant à basse température, elle a obtenu un extrait actif, puis isolé la molécule, l’artémisinine. Tu Youyou a retracé cette découverte dans un article publié en 2011 dans Nature Medicine, et elle a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2015.

Aujourd’hui, les combinaisons thérapeutiques à base de dérivés de l’artémisinine sont le traitement de référence du paludisme simple à Plasmodium falciparum recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, et elles ont fait l’objet de nombreuses revues Cochrane.

Mais cette histoire contient aussi une leçon essentielle, souvent oubliée : ce n’est pas la tisane d’armoise qui soigne le paludisme, c’est une molécule isolée, purifiée, dosée, associée à un autre antipaludique et évaluée dans des essais rigoureux. L’OMS ne recommande pas l’utilisation de la plante elle-même (tisanes, poudres, gélules) pour prévenir ou traiter le paludisme, car la teneur en artémisinine y est faible et variable, ce qui expose à des échecs thérapeutiques et favorise les résistances. Un paludisme au retour d’une zone d’endémie est une urgence médicale.

L’artémisinine montre donc que la pharmacopée chinoise peut être une source de molécules précieuses. Elle ne prouve pas que les préparations traditionnelles, telles qu’elles sont vendues, sont efficaces et sûres.

Un grand nombre d’essais, une qualité souvent insuffisante

Des milliers d’essais cliniques portant sur des plantes chinoises ont été publiés, la grande majorité en Chine. Le problème principal n’est pas le nombre d’études, mais leur fiabilité.

Ce que montrent les études
Étude : Hu J et al., « Cochrane systematic reviews of Chinese herbal medicines: an overview », PLoS One, 2011.
Effectif : 58 revues systématiques Cochrane consacrées aux plantes chinoises, dont 51 incluaient des essais (médiane de 9 études et 936 participants par revue).
Résultat : seulement 16 % des essais inclus décrivaient une méthode correcte de tirage au sort et 7 % une dissimulation correcte de l’allocation. Sur les 51 revues non vides, 23 concluaient que les données ne permettaient pas de trancher et 27 évoquaient un bénéfice possible, systématiquement limité par la faible qualité ou le petit nombre des études.
Limite : analyse fondée sur des revues jusqu’en 2010. La qualité des essais chinois s’est améliorée depuis, mais l’hétérogénéité des formules et des préparations reste un obstacle majeur.
Concrètement, quand vous lisez qu’une formule chinoise « a fait ses preuves dans 30 essais », gardez en tête que des essais petits, mal randomisés ou sans insu ont tendance à surestimer les bénéfices. Une revue générale publiée en 2021 dans Healthcare (Matos et al.) souligne de la même façon que la pharmacopée chinoise occupe une place centrale dans la pratique de la MTC, mais que la standardisation des préparations et le contrôle de qualité restent variables selon les pays. Pour comprendre comment on évalue une plante médicinale de manière rigoureuse, vous pouvez lire notre article sur la validation scientifique en phytothérapie.

Un exemple d’essai bien conduit : le syndrome de l’intestin irritable

Certains essais menés hors de Chine selon des standards exigeants apportent des signaux intéressants. Le plus cité concerne le syndrome de l’intestin irritable.

Ce que montrent les études
Étude : Bensoussan A et al., essai randomisé en double aveugle, JAMA, 1998 (Australie).
Effectif : 116 personnes répondant aux critères de Rome, réparties en trois groupes : formule chinoise individualisée (38), formule chinoise standard (43), ou gélules factices d’aspect identique (35), pendant 16 semaines.
Résultat : les deux groupes recevant des plantes ont vu leurs symptômes intestinaux s’améliorer davantage que le groupe témoin, selon les patients comme selon les gastro-entérologues. La formule individualisée n’a pas fait mieux que la formule standard à la fin du traitement, mais elle seule maintenait l’amélioration 14 semaines après l’arrêt.
Limite : essai unique, de taille modeste, avec des formules spécifiques. Les résultats ne peuvent pas être généralisés à toutes les préparations vendues pour « l’intestin ».
Cet essai est instructif : il montre qu’une formule chinoise peut être évaluée rigoureusement, en aveugle, contre un groupe témoin, et qu’elle peut produire un effet mesurable. Il montre aussi que ce bénéfice concernait « certains patients » selon les auteurs eux-mêmes. Si vos troubles digestifs vous gênent, notre article MTC et digestion présente les approches complémentaires possibles, après un bilan médical pour écarter une cause organique.

Fertilité : des chiffres spectaculaires à lire avec prudence

Les revues sur la fertilité illustrent bien la nécessité de lire au-delà des chiffres. Une revue systématique publiée en 2011 dans Complementary Therapies in Medicine (Ried et Stuart) a regroupé 8 essais randomisés, 13 études de cohorte, 3 séries de cas et 6 cas cliniques, soit 1 851 femmes. Dans les essais randomisés, la probabilité de grossesse sur quatre mois était 3,5 fois plus élevée avec les plantes chinoises qu’avec un traitement médicamenteux de l’infertilité seul.

Ce résultat paraît impressionnant, mais plusieurs limites invitent à la prudence : la recherche bibliographique se limitait aux résumés en anglais, les formules étaient très différentes d’une étude à l’autre, la qualité méthodologique des essais était variable, et la comparaison avec la fécondation in vitro reposait sur des études de cohorte, pas sur des essais randomisés. Ces données justifient des recherches complémentaires, certainement pas de renoncer à une prise en charge en médecine de la reproduction. Par ailleurs, les plantes prises en période de conception peuvent l’être aussi en tout début de grossesse, ce qui impose un avis médical. Nous abordons ce sujet de façon détaillée dans MTC et fertilité.

Ce que l’on peut raisonnablement retenir

En résumé, l’état actuel des connaissances permet de dire que :

  • la pharmacopée chinoise contient des substances pharmacologiquement actives, dont certaines ont donné des médicaments majeurs,
  • quelques formules disposent d’essais de bonne qualité suggérant un bénéfice dans des indications précises,
  • pour la majorité des formules et des indications, les preuves sont faibles, contradictoires ou absentes,
  • le niveau de preuve dépend d’une formule précise, dans une indication précise, avec une préparation contrôlée.
Ce constat ne doit pas décourager, mais il doit orienter vos décisions : une approche complémentaire, discutée avec votre médecin, pour des troubles bien identifiés, et jamais en remplacement d’un traitement dont l’efficacité est établie. Notre article MTC et médecine occidentale : complémentarité et différences développe cette articulation.

La sécurité : ce que chaque utilisateur devrait savoir

C’est la partie la plus importante de ce guide. Les risques liés à la pharmacopée chinoise ne sont pas théoriques : ils sont documentés par des études rigoureuses, des séries de patients et des analyses de produits. Ils se répartissent en quatre grandes familles : les plantes intrinsèquement toxiques, les produits contaminés ou falsifiés, les atteintes du foie et les interactions avec les médicaments.

Les acides aristolochiques : la leçon belge

Au début des années 1990, des dizaines de femmes suivies dans une clinique d’amaigrissement belge ont développé une maladie rénale grave et rapidement évolutive. Les gélules amincissantes qu’elles prenaient devaient contenir une plante chinoise, Stephania tetrandra (Han fang ji). À la suite d’une erreur de fabrication, celle-ci avait été remplacée par Aristolochia fangchi (Guang fang ji), une plante au nom chinois très proche mais contenant des acides aristolochiques, des substances toxiques pour le rein et cancérogènes.

Ce que montrent les études
Étude : Nortier JL et al., New England Journal of Medicine, 2000 (Belgique).
Effectif : 39 patients atteints de « néphropathie aux herbes chinoises » au stade d’insuffisance rénale terminale, traités par dialyse ou greffe, qui ont accepté l’ablation préventive de leurs reins et uretères natifs.
Résultat : 18 d’entre eux (46 %) présentaient un cancer des voies urinaires, et la plupart des autres des lésions précancéreuses. Tous les tissus analysés contenaient des marques de l’action des acides aristolochiques sur l’ADN. Une dose cumulée supérieure à 200 g d’aristoloche était associée à un risque plus élevé.
Limite : série de patients exposés à un produit précis. Elle ne mesure pas un risque moyen mais démontre de manière irréfutable le lien de causalité et la gravité des conséquences.
Une revue publiée en 2008 dans Kidney International par la même équipe (Debelle et al.) rappelle que la cohorte belge a finalement dépassé les 100 patients, et que cette « néphropathie aux acides aristolochiques » est un problème mondial. En Asie, la complexité de la pharmacopée et les substitutions fréquentes entre plantes aux noms proches exposent à un risque élevé. Les auteurs soulignent aussi que, malgré les mises en garde des autorités sanitaires, des plantes contenant ces acides restent vendues sur Internet.

Le risque ne se limite pas au rein. Une étude génétique publiée en 2017 dans Science Translational Medicine (Ng et al.) a recherché la « signature » mutationnelle caractéristique des acides aristolochiques dans des cancers du foie. Elle a été retrouvée dans 78 % des 98 tumeurs analysées à Taïwan, 47 % des cancers du foie chinois étudiés, 29 % de ceux d’Asie du Sud-Est, et dans une faible proportion des cas en Amérique du Nord (4,8 %) et en Europe (1,7 %). Ces chiffres témoignent d’une exposition géographiquement étendue, cohérente avec l’usage de certaines préparations traditionnelles.

Ce que cela signifie pour vous :

  • ne consommez jamais une préparation dont la composition exacte, en noms latins, n’est pas indiquée,
  • méfiez-vous des plantes désignées seulement par un nom chinois ambigu (plusieurs plantes différentes peuvent porter le nom de « fang ji », « mu tong » ou « xi xin »),
  • privilégiez des produits dont le fabricant garantit, par analyse, l’absence d’acides aristolochiques,
  • l’atteinte rénale peut rester silencieuse longtemps : seul un bilan sanguin et urinaire peut la détecter.

Métaux lourds, pesticides et médicaments cachés

Deuxième famille de risques : ce qui se trouve dans le produit sans y avoir été prévu.

Les métaux lourds et les pesticides. Une étude menée par une équipe de Harvard et publiée en 2011 dans Science of the Total Environment (Harris et al.) a analysé 334 échantillons de plantes chinoises brutes, représentant 126 espèces, collectés dans toute la Chine. Au moins un métal (arsenic, cadmium, chrome, plomb ou mercure) a été détecté dans 100 % des échantillons, et 42 pesticides différents dans 36,7 % des échantillons testés. Les auteurs nuancent toutefois : selon un scénario de consommation réaliste, seuls 1 % des échantillons pour les métaux et 5 % pour les pesticides atteignaient des niveaux susceptibles d’augmenter l’exposition de fond. Selon le scénario le plus prudent, ces proportions montaient à 69 % et 28 %. Les plantes sauvages étaient plus contaminées que les plantes cultivées. Le message est donc nuancé : la contamination est fréquente, le plus souvent à faible niveau, mais elle justifie un contrôle systématique, en particulier pour des cures longues.

Les médicaments ajoutés en secret. C’est un risque plus insidieux. Une revue systématique publiée en 2002 dans le Journal of Internal Medicine (Ernst) a recensé 18 observations cliniques, 2 séries de cas et 4 études analytiques de produits à base de plantes chinoises contenant des médicaments conventionnels non déclarés, parmi lesquels des corticoïdes. Plusieurs patients ont subi des effets graves. Une analyse réalisée à Taïwan suggérait que 24 % des échantillons contenaient au moins une substance pharmaceutique. Un produit qui soulage « miraculeusement » et très rapidement un eczéma, des douleurs articulaires ou un asthme doit éveiller la méfiance : il peut contenir un corticoïde, avec tous les effets indésirables d’une corticothérapie non surveillée, et un risque de décompensation à l’arrêt brutal.

Les ingrédients non déclarés. Une étude australienne publiée en 2012 dans PLoS Genetics (Coghlan et al.) a analysé l’ADN contenu dans 15 produits de médecine chinoise (poudres, comprimés, gélules, tisanes). Elle a identifié 68 familles de plantes, dont des genres potentiellement toxiques comme Ephedra et Asarum (ce dernier pouvant contenir des acides aristolochiques), ainsi que de l’ADN d’espèces animales protégées et d’animaux rarement mentionnés sur l’emballage. Autrement dit, l’étiquette ne reflète pas toujours le contenu.

Ces données concernent surtout des produits importés hors des circuits contrôlés. C’est la raison pour laquelle l’auto-prescription de formules achetées en ligne ou rapportées de voyage est fortement déconseillée.

Le foie : un organe particulièrement exposé

Troisième famille de risques : les atteintes hépatiques. Le foie métabolise la plupart des substances que nous ingérons, et certaines plantes peuvent l’endommager.

Une revue systématique publiée en 2019 dans le Journal of Ethnopharmacology (Byeon et al.) a rassemblé 31 études portant sur 7 511 cas d’atteintes hépatiques d’origine médicamenteuse ou végétale. Un quart d’entre eux (25 %, soit 1 874 cas) étaient attribués à des plantes. Ces atteintes concernaient davantage les femmes (près de 70 %) et prenaient le plus souvent une forme dite hépatocellulaire (78,8 %), c’est-à-dire une souffrance directe des cellules du foie. Parmi les plantes le plus souvent en cause figuraient Polygonum multiflorum (He Shou Wu), Psoralea corylifolia (Bu gu zhi), Corydalis yanhusuo (Yan hu suo) et Rheum officinale (rhubarbe chinoise).

Le cas de He Shou Wu mérite une attention particulière, car cette plante est vendue en Occident comme complément « anti-âge » ou « pour les cheveux ». Une revue publiée en 2021 dans Acta Pharmacologica Sinica (Rao et al.) conclut que la plupart des données épidémiologiques et cliniques orientent vers une atteinte hépatique « idiosyncrasique » à médiation immunitaire. En clair, elle ne survient que chez certaines personnes, de manière largement imprévisible, et pas seulement en cas de surdosage. On ne peut donc pas se rassurer en se disant « j’en prends peu » ou « j’en ai déjà pris sans problème ». La forme transformée traditionnellement (dite « préparée ») est parfois présentée comme plus sûre, mais des atteintes ont aussi été décrites avec elle.

Les signes qui doivent vous alerter pendant ou après la prise de plantes, quelles qu’elles soient :

  • jaunissement de la peau ou du blanc des yeux (jaunisse),
  • urines foncées, couleur thé ou cola,
  • selles anormalement claires,
  • fatigue inhabituelle et intense, perte d’appétit, nausées ou vomissements,
  • douleur sous les côtes à droite,
  • démangeaisons généralisées sans cause évidente.
Si l’un de ces signes apparaît, arrêtez immédiatement le produit, conservez l’emballage et consultez rapidement un médecin, qui pourra prescrire un bilan hépatique. Si la situation semble grave (confusion, somnolence inhabituelle, saignements, vomissements répétés, altération importante de l’état général), appelez le 15 ou le 112.

Les interactions avec les médicaments

Quatrième famille de risques, peut-être la plus fréquente en pratique : les interactions. Beaucoup de personnes qui se tournent vers la pharmacopée chinoise prennent déjà des médicaments, et elles ne le signalent pas toujours à leur praticien, ni leurs plantes à leur médecin.

Les anticoagulants. La warfarine et les autres antivitamines K ont une marge thérapeutique étroite, ce qui les rend très sensibles aux interactions. Une revue publiée en 2015 dans le Singapore Medical Journal (Chua et al.) a passé en revue les plantes chinoises courantes susceptibles d’interagir avec la warfarine, à destination des médecins. Le danshen (sauge rouge), le dong quai (angélique chinoise), les baies de goji ou encore le ginkgo font partie des plantes classiquement citées dans la littérature, avec des cas de saignements ou de dérèglement de l’INR. La prudence s’impose aussi avec les anticoagulants oraux directs et les antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel), même si les données y sont moins nombreuses.

Les immunosuppresseurs. L’exemple du schisandra (Wu wei zi) est particulièrement parlant. Une étude prospective publiée en 2017 dans Drug Metabolism and Disposition (Li et al.) a montré que, chez des greffés rénaux traités par tacrolimus, l’ajout d’un extrait de Schisandra sphenanthera augmentait en moyenne de près de 199 % la concentration résiduelle de tacrolimus ajustée à la dose, ce qui a permis de réduire la dose quotidienne d’environ 41 %. Dans ce cadre hospitalier, avec des dosages sanguins réguliers, cet effet est utilisé de façon contrôlée. Mais chez une personne greffée qui prendrait du schisandra de sa propre initiative, la même interaction pourrait faire grimper les taux de tacrolimus jusqu’à un niveau toxique, notamment pour le rein. À l’inverse, d’autres plantes peuvent faire baisser les taux d’un immunosuppresseur et exposer à un rejet de greffe. Les personnes greffées ou traitées pour une maladie auto-immune ne doivent jamais prendre de plantes sans l’accord de leur équipe médicale.

Les autres associations à risque souvent évoquées :

  • ginseng et antidiabétiques (risque d’hypoglycémie), ginseng et anticoagulants,
  • réglisse et diurétiques, digoxine ou corticoïdes (baisse du potassium, troubles du rythme),
  • éphédra et stimulants, antihypertenseurs, antidépresseurs de type IMAO (poussées de tension, troubles du rythme),
  • toute plante et chimiothérapie ou thérapie ciblée (modification possible de l’efficacité ou de la toxicité des traitements anticancéreux),
  • plantes et antidépresseurs ou anxiolytiques, un sujet que nous détaillons dans Interactions plantes et antidépresseurs : les associations dangereuses.
Ces interactions passent souvent par les mêmes mécanismes : certaines plantes inhibent ou accélèrent les enzymes du foie (cytochromes P450) et les transporteurs qui éliminent les médicaments, ou ajoutent leur propre effet à celui du médicament (fluidifier le sang, baisser la glycémie, etc.).

Qui doit demander un avis médical avant toute prise ?

Certaines situations imposent un avis médical avant de commencer une préparation de pharmacopée chinoise, et non après l’apparition d’un problème.

Vous prenez un traitement au long cours. Anticoagulants, antiagrégants, immunosuppresseurs, antiépileptiques, antidiabétiques, antihypertenseurs, traitements cardiaques, antidépresseurs, anticancéreux, contraception hormonale : parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, liste des plantes en main.

Vous êtes enceinte, vous essayez de concevoir ou vous allaitez. De nombreuses plantes de la pharmacopée chinoise sont traditionnellement contre-indiquées pendant la grossesse, et la plupart n’ont jamais été évaluées dans cette situation. Demandez l’avis de votre sage-femme, de votre gynécologue ou de votre médecin traitant avant toute prise. En cas de saignement, de douleurs abdominales importantes ou de malaise pendant la grossesse, appelez le 15.

Il s’agit d’un enfant. Les données de sécurité chez l’enfant sont très limitées, les doses ne se déduisent pas simplement de celles de l’adulte, et certaines préparations ont été associées à des intoxications graves. Aucune plante chinoise ne devrait être donnée à un enfant sans l’accord de son pédiatre ou de son médecin.

Vous avez une maladie du foie ou des reins. Une insuffisance hépatique ou rénale, même modérée, modifie l’élimination des substances et augmente la vulnérabilité de ces organes. C’est une raison forte de s’abstenir sauf avis spécialisé.

Vous allez être opéré. Plusieurs plantes modifient la coagulation ou interagissent avec les produits d’anesthésie. Signalez-les à l’anesthésiste lors de la consultation préopératoire, qui vous indiquera s’il faut les arrêter et quand.

Vous êtes âgé et prenez plusieurs médicaments. Le risque d’interaction augmente avec le nombre de traitements, et les effets indésirables sont souvent plus graves.

Guide pratique : utiliser la pharmacopée chinoise sans prendre de risques inutiles

Si, après avoir pesé ces éléments, vous souhaitez recourir à la pharmacopée chinoise, voici les règles qui réduisent fortement les risques.

1. Commencer par un diagnostic médical

Une fatigue persistante, des troubles digestifs, des douleurs ou des troubles du sommeil peuvent avoir des causes qui nécessitent un traitement spécifique (anémie, trouble thyroïdien, maladie inflammatoire, dépression, apnée du sommeil...). Le diagnostic médical vient en premier. La pharmacopée chinoise peut ensuite être envisagée comme une approche complémentaire.

2. Passer par un praticien formé, jamais par l’auto-prescription

Ne vous prescrivez pas vous-même des formules importées, achetées en ligne ou rapportées de voyage. Un praticien sérieux pose des questions sur vos traitements, vos antécédents et une éventuelle grossesse, explique ce qu’il prescrit, indique la durée prévue et accepte que vous en parliez à votre médecin. Il sait aussi reconnaître les situations qui dépassent son champ et vous orienter. Pour savoir comment choisir, notre article Choisir son acupuncteur : critères, formations et remboursement propose des repères utiles, valables aussi pour la pharmacopée.

3. Exiger des produits d’origine traçable

Un produit de qualité doit vous permettre de savoir précisément ce que vous prenez :

  • composition complète avec les noms latins des plantes et la partie utilisée (racine, fruit, écorce...),
  • numéro de lot et date de péremption,
  • fabricant ou distributeur identifiable, idéalement établi dans l’Union européenne,
  • contrôles déclarés et vérifiables : identification botanique, recherche de métaux lourds, de pesticides et d’acides aristolochiques,
  • achat dans un circuit contrôlé (pharmacie, fournisseur spécialisé reconnu) plutôt que sur une place de marché en ligne ou via les réseaux sociaux.

4. Repérer les signaux d’alerte sur un produit

| Signal d’alerte | Pourquoi c’est préoccupant | | :-- | :-- | | Composition absente, incomplète ou uniquement en caractères chinois | impossible de vérifier la présence de plantes toxiques | | Promesse de résultat rapide ou spectaculaire | possible ajout de médicaments non déclarés (corticoïdes, anti-inflammatoires, stimulants) | | Mention « 100 % naturel donc sans effets secondaires » | argument commercial sans valeur, les plantes actives ont des effets indésirables | | Produit amincissant, « détox » ou « booster » à base de plantes chinoises | catégorie historiquement associée aux substitutions et adultérations | | Ingrédients d’origine animale non précisés | risques sanitaires et espèces protégées | | Vente uniquement en ligne, sans fabricant identifiable | aucun recours en cas de problème |

5. Informer tous vos soignants

Dites à votre médecin et à votre pharmacien que vous prenez des plantes chinoises, en leur montrant l’emballage ou la liste des ingrédients. Dites à votre praticien en MTC quels médicaments vous prenez. Notez tout sur une fiche que vous gardez sur vous. Cette simple habitude prévient une grande partie des interactions.

6. Limiter la durée et réévaluer

Une formule doit avoir un objectif et une durée définis. Si, après quelques semaines, rien n’a changé, il est raisonnable de faire le point plutôt que de prolonger indéfiniment. Pour une prise prolongée, votre médecin peut juger utile un bilan sanguin, notamment hépatique et rénal.

7. Ne jamais remplacer un traitement prescrit

N’arrêtez jamais, ne réduisez jamais un traitement prescrit au profit d’une formule de plantes sans en parler à votre médecin. C’est particulièrement vrai pour les traitements de l’hypertension, du diabète, de l’asthme, de l’épilepsie, de la dépression, des maladies auto-immunes, des cancers et pour les traitements anticoagulants ou antirejet.

8. Signaler tout effet indésirable

Si vous pensez qu’une plante vous a causé un effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, et signalez-le sur le portail officiel de signalement des événements sanitaires indésirables (signalement-sante.gouv.fr). Ces déclarations alimentent la surveillance des produits et protègent les autres utilisateurs. En cas d’ingestion accidentelle, notamment par un enfant, contactez un centre antipoison ou le 15.

Comment en parler avec votre médecin

Beaucoup de personnes n’osent pas mentionner la médecine chinoise à leur médecin, de peur d’être jugées. Pourtant, votre médecin a surtout besoin de connaître ce que vous prenez pour vous protéger. Quelques conseils :

  • apportez l’emballage ou une photo de la composition,
  • présentez la démarche comme complémentaire : « je souhaiterais essayer cette formule en plus de mon traitement, y a-t-il un risque d’interaction ? »,
  • demandez si un suivi biologique est utile,
  • si votre médecin vous déconseille une plante, demandez-lui pourquoi, et transmettez l’information à votre praticien.
Un praticien de MTC sérieux accueillera favorablement cette coordination. À l’inverse, un discours qui vous pousse à cacher vos plantes à votre médecin, ou à arrêter vos médicaments, est un signal d’alerte.

Questions fréquentes

La pharmacopée chinoise est-elle sans danger parce qu’elle est naturelle ?

Non. « Naturel » ne signifie pas « sans risque ». Les plantes de la pharmacopée chinoise contiennent des substances actives, et certaines sont toxiques pour le rein, le foie ou le cœur. Les drames liés aux acides aristolochiques, documentés notamment en Belgique (Nortier et al., 2000), et les atteintes hépatiques liées à He Shou Wu en sont des exemples. Bien encadrée, avec des produits contrôlés, une formule peut être utilisée avec un risque limité, mais ce risque n’est jamais nul.

Peut-on acheter des plantes chinoises en ligne ?

C’est fortement déconseillé pour les formules importées. Les études ont montré des contaminations par métaux lourds et pesticides (Harris et al., 2011), l’ajout de médicaments non déclarés (Ernst, 2002) et des ingrédients absents de l’étiquette (Coghlan et al., 2012). Si vous prenez des plantes chinoises, privilégiez des produits prescrits par un praticien formé, issus de fabricants identifiables qui documentent leurs contrôles de qualité.

Le ginseng et l’astragale peuvent-ils se prendre avec des médicaments ?

Pas sans vérification. Le ginseng peut interagir avec les anticoagulants et les antidiabétiques, et l’astragale est déconseillée sans avis médical chez les personnes traitées par immunosuppresseurs. Si vous suivez un traitement au long cours, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant toute prise, en leur indiquant le nom exact du produit.

He Shou Wu est-il dangereux pour le foie ?

C’est l’une des plantes chinoises le plus souvent associées à des atteintes hépatiques dans la littérature (Byeon et al., 2019). Ces atteintes semblent surtout « idiosyncrasiques », c’est-à-dire imprévisibles et propres à certaines personnes (Rao et al., 2021). Il est donc prudent d’éviter les compléments de He Shou Wu en automédication. En cas de jaunisse, d’urines foncées, de fatigue intense ou de nausées, arrêtez le produit et consultez un médecin rapidement, ou appelez le 15 si votre état est grave.

L’artémisinine prouve-t-elle que la pharmacopée chinoise est efficace ?

Elle prouve que la pharmacopée chinoise peut contenir des molécules très précieuses, et c’est déjà beaucoup. Mais l’artémisinine est une molécule purifiée, dosée et évaluée dans des essais rigoureux, puis associée à un autre antipaludique. La plante d’armoise annuelle, en tisane ou en gélules, ne doit pas être utilisée pour prévenir ou traiter le paludisme. Chaque plante et chaque formule doivent être évaluées pour elles-mêmes.

Combien de temps peut-on prendre une formule chinoise ?

Il n’existe pas de durée universelle. Une formule doit avoir un objectif précis et une durée prévue dès le départ, fixée avec votre praticien. Faites le point après quelques semaines, et parlez à votre médecin de l’opportunité d’un bilan sanguin si la prise se prolonge, surtout en cas de traitement associé ou de fragilité du foie ou des reins.

En résumé

La pharmacopée chinoise mérite mieux que l’enthousiasme sans recul ou le rejet en bloc. Elle a offert au monde l’artémisinine, et quelques formules bien étudiées montrent des résultats encourageants dans des indications précises. Mais la plupart des données restent de qualité limitée, et les risques sont réels et documentés : plantes toxiques substituées, contaminations, médicaments cachés, atteintes du foie et interactions.

Pour l’utiliser de manière raisonnable : diagnostic médical d’abord, praticien formé, produits traçables, information de tous vos soignants, durée limitée, et jamais en remplacement d’un traitement prescrit. Pour être accompagné par un professionnel de la médecine chinoise près de chez vous, vous pouvez trouver un acupuncteur formé à la MTC dans notre annuaire, et lui demander explicitement comment il sélectionne et contrôle les plantes qu’il prescrit.

Sources

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  2. Tu Y. The discovery of artemisinin (qinghaosu) and gifts from Chinese medicine. Nature Medicine. 2011. PMID: 21989013. DOI: 10.1038/nm.2471
  3. Bensoussan A, Talley NJ, Hing M, et al. Treatment of irritable bowel syndrome with Chinese herbal medicine: a randomized controlled trial. JAMA. 1998. PMID: 9820260. DOI: 10.1001/jama.280.18.1585
  4. Ried K, Stuart K. Efficacy of Traditional Chinese Herbal Medicine in the management of female infertility: a systematic review. Complementary Therapies in Medicine. 2011. PMID: 22036524. DOI: 10.1016/j.ctim.2011.09.003
  5. Matos LC, Machado JP, Monteiro FJ, Greten HJ. Understanding Traditional Chinese Medicine Therapeutics: An Overview of the Basics and Clinical Applications. Healthcare (Basel). 2021. DOI: 10.3390/healthcare9030257
  6. Nortier JL, Martinez MC, Schmeiser HH, et al. Urothelial carcinoma associated with the use of a Chinese herb (Aristolochia fangchi). New England Journal of Medicine. 2000. PMID: 10841870. DOI: 10.1056/NEJM200006083422301
  7. Debelle FD, Vanherweghem JL, Nortier JL. Aristolochic acid nephropathy: a worldwide problem. Kidney International. 2008. PMID: 18418355. DOI: 10.1038/ki.2008.129
  8. Ng AWT, Poon SL, Huang MN, et al. Aristolochic acids and their derivatives are widely implicated in liver cancers in Taiwan and throughout Asia. Science Translational Medicine. 2017. PMID: 29046434. DOI: 10.1126/scitranslmed.aan6446
  9. Harris ES, Cao S, Littlefield BA, et al. Heavy metal and pesticide content in commonly prescribed individual raw Chinese Herbal Medicines. Science of the Total Environment. 2011. PMID: 21824641. DOI: 10.1016/j.scitotenv.2011.07.032
  10. Ernst E. Adulteration of Chinese herbal medicines with synthetic drugs: a systematic review. Journal of Internal Medicine. 2002. PMID: 12190885. DOI: 10.1046/j.1365-2796.2002.00999.x
  11. Coghlan ML, Haile J, Houston J, et al. Deep sequencing of plant and animal DNA contained within traditional Chinese medicines reveals legality issues and health safety concerns. PLoS Genetics. 2012. PMID: 22511890. DOI: 10.1371/journal.pgen.1002657
  12. Byeon JH, Kil JH, Ahn YC, Son CG. Systematic review of published data on herb induced liver injury. Journal of Ethnopharmacology. 2019. PMID: 30639232. DOI: 10.1016/j.jep.2019.01.006
  13. Rao T, Liu YT, Zeng XC, Li CP, Ou-Yang DS. The hepatotoxicity of Polygonum multiflorum: The emerging role of the immune-mediated liver injury. Acta Pharmacologica Sinica. 2021. PMID: 32123300. DOI: 10.1038/s41401-020-0360-3
  14. Chua YT, Ang XL, Zhong XM, Khoo KS. Interaction between warfarin and Chinese herbal medicines. Singapore Medical Journal. 2015. PMID: 25640094. DOI: 10.11622/smedj.2015004
  15. Li J, Chen S, Qin X, et al. Wuzhi Tablet (Schisandra sphenanthera Extract) is a Promising Tacrolimus-Sparing Agent for Renal Transplant Recipients Who are CYP3A5 Expressers: a Two-Phase Prospective Study. Drug Metabolism and Disposition. 2017. PMID: 28864749. DOI: 10.1124/dmd.117.076737
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

En savoir plus →

Auteurs des sources scientifiques

EE

Edzard Ernst

Professeur émérite de médecine complémentaire — University of Exeter

AN

Alvin W. T. Ng

Centre for Computational Biology, Duke-NUS Medical School, Singapour

JH

Jing Hu

Research Institute of Traditional Chinese Medicine, Tianjin University of Traditional Chinese Medicine, Chine

AB

Alan Bensoussan

Research Unit for Complementary Medicine, University of Western Sydney, Australie

YT

Youyou Tu

Qinghaosu Research Center, Institute of Chinese Materia Medica, China Academy of Chinese Medical Sciences, Beijing, Chine