Adulte serein assis au bord du lit, yeux fermés, pratiquant une respiration de sophrologie apaisante avant de dormir
Sommeil

Sophrologie du sommeil : exercices guidés pour lâcher prise le soir

⏱ 29 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : La sophrologie regroupe des exercices simples de respiration, de détente musculaire et de visualisation qui aident le corps et l'esprit à passer en « mode nuit ». Pratiqués chaque soir, dans le calme, ils abaissent la tension physique et ralentissent le flot des pensées, deux conditions du lâcher-prise qui précède l'endormissement. Les preuves scientifiques spécifiques à la sophrologie restent limitées, mais les techniques qu'elle utilise (relaxation progressive, respiration lente, pleine conscience) sont, elles, soutenues par de nombreux essais sur la qualité du sommeil. C'est donc une approche complémentaire prometteuse, à condition de la pratiquer régulièrement et de ne pas l'opposer à un suivi médical quand l'insomnie s'installe.
Vous êtes allongé, les yeux fermés, et pourtant votre tête tourne à plein régime : la réunion de demain, la phrase de travers lancée à midi, la liste des courses, cette inquiétude diffuse que vous ne sauriez même pas nommer. Le corps est fatigué, mais l'esprit refuse de « débrancher ». Ce décalage entre un organisme épuisé et un mental en surrégime est l'une des causes les plus fréquentes des difficultés d'endormissement. La sophrologie propose précisément de réconcilier les deux, en offrant au cerveau des points d'appui concrets — le souffle, les sensations corporelles, une image apaisante — pour sortir de la rumination et glisser vers le sommeil.

Dans cet article, nous allons décortiquer ce qu'est réellement la sophrologie, examiner honnêtement ce que la recherche dit (et ne dit pas) de son efficacité sur le sommeil, puis vous proposer une série d'exercices guidés que vous pourrez tester dès ce soir. L'objectif n'est pas de vous promettre des nuits parfaites du jour au lendemain, mais de vous donner des outils simples, reproductibles et sans effet indésirable pour favoriser le lâcher-prise.

Pourquoi le soir est le moment du lâcher-prise (et pourquoi c'est si difficile)

L'endormissement n'est pas un interrupteur que l'on actionne à volonté. C'est une transition physiologique progressive, pilotée par deux grands mécanismes : la pression de sommeil, qui s'accumule au fil de la journée, et l'horloge biologique interne, qui prépare l'organisme à la nuit en abaissant la température corporelle et en augmentant la sécrétion de mélatonine. Pour que cette bascule s'opère, le système nerveux doit passer de son mode « action » (le système sympathique, celui de la vigilance et du stress) à son mode « récupération » (le système parasympathique, celui de la digestion et du repos).

Or, nos soirées modernes travaillent souvent contre cette bascule. Les écrans maintiennent une stimulation cognitive et une exposition lumineuse tardives, le travail déborde sur la maison, et surtout, le moment du coucher devient paradoxalement le premier instant de la journée où l'on se retrouve seul avec ses pensées. Sans distraction, le cerveau se met à traiter en rafale tout ce qu'il a mis de côté : c'est le phénomène bien connu de la rumination du soir. Plus on tente de « forcer » le sommeil, plus la frustration monte, et plus le système d'éveil se renforce. Un cercle vicieux s'installe.

C'est exactement sur ce point que les approches de relaxation agissent. Elles ne « fabriquent » pas le sommeil : elles lèvent les freins. En relâchant la tension musculaire et en ralentissant la respiration, elles envoient au cerveau un signal clair de sécurité et de détente, qui favorise l'activation du système parasympathique. L'esprit, privé de son carburant anxieux, peut alors lâcher prise. Si vous constatez que c'est surtout l'anxiété qui vous tient éveillé, notre dossier sur le lien entre sommeil et stress complète utilement cette lecture.

Comprendre ce mécanisme change tout : lâcher prise ne signifie pas « ne plus penser à rien » (une injonction impossible qui ne fait qu'augmenter la pression), mais plutôt déplacer l'attention vers des sensations neutres et apaisantes, jusqu'à ce que le corps prenne le relais. La sophrologie est l'une des méthodes les mieux outillées pour cet apprentissage.

La sophrologie, qu'est-ce que c'est exactement ?

Le mot intrigue, et il est souvent mal compris. La sophrologie n'est ni une médecine, ni une forme d'hypnose spectaculaire, ni une croyance ésotérique. C'est une méthode psychocorporelle structurée, créée dans les années 1960 par le neuropsychiatre Alfonso Caycedo, qui s'est nourrie à la fois des techniques de relaxation occidentales (comme le training autogène de Schultz et la relaxation progressive de Jacobson) et de disciplines orientales axées sur la respiration et la concentration.

Une méthode à la croisée de la relaxation, de la respiration et de la visualisation

Concrètement, une pratique de sophrologie combine trois ingrédients. D'abord, la respiration contrôlée : des cycles lents et réguliers, souvent centrés sur le ventre, qui ralentissent le rythme cardiaque. Ensuite, la détente musculaire : on apprend à repérer puis à relâcher les zones de tension, parfois en les contractant volontairement avant de les laisser retomber. Enfin, la visualisation positive : on mobilise l'imagination pour évoquer des images, des souvenirs ou des sensations agréables qui ancrent le calme.

Ces trois leviers ne sont pas propres à la sophrologie — on les retrouve dans la méditation, le yoga nidra ou la cohérence cardiaque. Ce qui distingue la sophrologie, c'est leur articulation dans des séquences guidées, progressives et faciles à reproduire seul une fois apprises. C'est aussi une pratique qui se veut non performative : il n'y a rien à réussir, rien à mesurer. Cette absence d'enjeu est précieuse le soir, car elle désamorce la pression de « devoir » s'endormir.

Si vous souhaitez explorer les techniques voisines, l'article consacré au balayage corporel et à la relaxation progressive détaille deux outils que la sophrologie reprend largement, et notre guide de la méditation du soir présente des approches complémentaires pour calmer le mental.

Sophrologie et sommeil : ce que l'on sait, ce que l'on ignore

Soyons honnêtes sur le niveau de preuve, car c'est une exigence de rigueur. À ce jour, les études cliniques portant spécifiquement sur la sophrologie et le sommeil sont rares, de petite taille et souvent méthodologiquement fragiles. On dispose surtout de travaux exploratoires, comme une étude pilote britannique de 2026 évaluant une intervention de sophrologie de huit semaines chez des personnes souffrant de douleur chronique : les résultats suggèrent une bonne acceptabilité et un intérêt potentiel, mais il s'agit d'un travail préliminaire, non d'une démonstration d'efficacité sur le sommeil.

Il serait donc malhonnête d'affirmer que « la sophrologie fait dormir » avec la même assurance que pour certains traitements validés. En revanche — et c'est là que le tableau devient plus solide — les composantes de la sophrologie ont, elles, été largement étudiées. La relaxation musculaire progressive, la respiration lente et la pleine conscience font l'objet de nombreux essais contrôlés randomisés qui montrent des effets réels, bien que modestes, sur la qualité du sommeil. La sophrologie emprunte ces outils ; c'est pourquoi on peut raisonnablement penser qu'elle en partage une partie des bénéfices.

Ce que montrent les études : Dans une revue systématique et méta-analyse publiée dans les Annals of the New York Academy of Sciences (Rusch et coll., 2019), portant sur des essais randomisés de méditation de pleine conscience, les interventions amélioraient significativement la qualité du sommeil par rapport aux groupes témoins. Côté relaxation, une étude de 2022 parue dans le Journal of Sleep Research (Simon et coll.) a montré que la relaxation musculaire progressive augmentait la proportion de sommeil lent profond lors d'une sieste, un marqueur objectif de récupération. Enfin, une revue de l'American Academy of Sleep Medicine (Edinger et coll., 2021) classe l'entraînement à la relaxation parmi les interventions comportementales recommandées dans la prise en charge de l'insomnie chronique. Ces travaux ne portent pas sur la sophrologie en tant que telle, mais sur les techniques qui en forment le cœur : c'est un faisceau d'arguments encourageant, pas une preuve directe.
Retenons donc une position mesurée : la sophrologie est une approche complémentaire plausible et sans risque pour favoriser le lâcher-prise du soir, mais elle ne remplace pas une évaluation médicale lorsque les troubles persistent.

Huit exercices guidés de sophrologie pour lâcher prise le soir

Voici une boîte à outils que vous pouvez utiliser à la carte. Inutile de tout faire chaque soir : choisissez un ou deux exercices qui vous parlent, et répétez-les suffisamment longtemps pour que votre cerveau les associe au coucher. La régularité compte davantage que la durée. Installez-vous confortablement, lumière tamisée, téléphone hors de portée, et accordez-vous le droit de ne rien attendre de particulier.

1. La respiration abdominale, pour descendre d'un cran

C'est le fondement de presque toutes les pratiques de relaxation. Allongé sur le dos, posez une main sur le ventre. Inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre sous votre main, comme un ballon qui se remplit par le bas. Puis expirez doucement par la bouche, plus longuement que l'inspiration, en sentant le ventre se dégonfler. L'allongement de l'expiration est la clé : c'est lui qui stimule le nerf vague et active la détente parasympathique.

Comptez mentalement : inspirez sur quatre temps, expirez sur six. Recommencez pendant trois à cinq minutes. Si votre esprit s'échappe, ce n'est pas un échec ; ramenez simplement l'attention sur le mouvement de la main, encore et encore. Cette ancre sensorielle occupe l'espace mental que la rumination convoitait.

2. La cohérence cardiaque, pour réguler le système nerveux

Variante plus codifiée de la respiration contrôlée, la cohérence cardiaque consiste à respirer à un rythme régulier d'environ six cycles par minute : cinq secondes d'inspiration, cinq secondes d'expiration. Les travaux sur la respiration lente (Zaccaro et coll., 2018) documentent ses effets physiologiques, notamment sur la variabilité de la fréquence cardiaque et le sentiment de calme.

Le soir, pratiquez cinq minutes de cohérence cardiaque dans votre lit, les yeux fermés. Vous pouvez vous aider d'une application ou d'un guide sonore pour tenir le rythme sans avoir à compter. L'enjeu n'est pas la performance respiratoire mais la régularité, qui agit comme un métronome apaisant pour tout l'organisme.

3. Le balayage corporel, pour revenir dans le corps

Le balayage corporel (ou body scan) consiste à promener lentement son attention à travers le corps, de la tête aux pieds ou l'inverse, en observant sans juger les sensations présentes dans chaque zone. On ne cherche pas à détendre de force : on observe, on accueille, et la détente vient souvent d'elle-même.

Commencez par le sommet du crâne, puis descendez : le front, les mâchoires (que l'on serre souvent sans le savoir), les épaules, les bras, le thorax, le ventre, les jambes, jusqu'aux orteils. À chaque zone, accordez quelques respirations. Cet exercice a un double mérite : il détourne l'esprit des pensées anxieuses en l'ancrant dans le concret, et il révèle les tensions résiduelles pour mieux les relâcher. C'est l'une des portes d'entrée les plus accessibles de la sophrologie, détaillée dans notre guide dédié aux techniques de relaxation progressive.

4. La détente musculaire progressive, ou sophronisation de base

Dérivée de la méthode de Jacobson, cette technique repose sur un principe contre-intuitif : pour mieux relâcher un muscle, on commence par le contracter. En créant volontairement la tension, on en prend conscience, et le relâchement qui suit est plus profond et plus net.

Procédez groupe musculaire par groupe musculaire. Serrez les poings pendant cinq secondes, puis relâchez d'un coup en observant la sensation de détente. Faites de même avec les avant-bras, les épaules (que l'on monte vers les oreilles), le visage (que l'on grimace), les cuisses, les mollets, les pieds. Cette alternance contraction-relâchement est particulièrement efficace les soirs de grande tension physique, quand le corps reste « sur le qui-vive ». Les mesures objectives évoquées plus haut (Simon et coll., 2022) ont d'ailleurs porté sur ce type d'exercice.

5. La visualisation du lieu ressource

Ici, on mobilise l'imagination au service du calme. Les yeux fermés, évoquez un lieu réel ou imaginaire où vous vous sentez parfaitement en sécurité et détendu : une plage au coucher du soleil, une clairière, une pièce douillette de votre enfance. L'important est de le rendre vivant en convoquant tous les sens : que voyez-vous ? Quels sons ? Quelles odeurs ? Quelle température sur la peau ?

Cette technique, appelée imagerie guidée, occupe les régions du cerveau impliquées dans la perception et détourne l'attention de l'inquiétude. Elle est précieuse pour celles et ceux dont le mental « verbal » tourne en boucle : en lui donnant un décor agréable à explorer, on l'empêche de ressasser. Plus vous reviendrez au même lieu ressource, plus il deviendra un raccourci efficace vers la détente.

6. Le vidage mental, ou sophro-déplacement du négatif

Certaines soirées, les pensées sont trop pressantes pour être simplement ignorées. Plutôt que de lutter, la sophrologie propose de les « évacuer » symboliquement. Sur une expiration marquée, imaginez que vous soufflez au-dehors une tension, une contrariété ou une pensée encombrante — comme si vous vidiez un sac. Sur l'inspiration suivante, imaginez accueillir quelque chose de neutre ou d'agréable : du calme, de la légèreté, une couleur douce.

Répétez ce cycle plusieurs fois, en associant chaque expiration à un « dépôt » de ce qui pèse. Ce geste mental n'efface évidemment pas les problèmes, mais il crée une mise à distance qui suffit souvent à desserrer l'étau. Si vous vous réveillez régulièrement en pleine nuit avec l'esprit en ébullition, notre article sur le réveil à 3h du matin explore des stratégies complémentaires.

7. Le soupir physiologique, pour un apaisement rapide

Quand l'agitation est forte, un outil très court peut aider à amorcer la détente : le soupir physiologique. Il consiste en une double inspiration par le nez — une première inspiration ample, suivie immédiatement d'une petite seconde inspiration qui « remplit » le haut des poumons — puis une longue expiration lente par la bouche. Deux ou trois soupirs de ce type suffisent souvent à faire baisser d'un cran l'activation nerveuse.

C'est un geste discret, utilisable partout, y compris lorsque vous êtes déjà au lit et sentez le stress monter. Il ne remplace pas une pratique plus longue, mais il offre un « bouton de secours » pour interrompre l'escalade de l'anxiété.

8. L'ancrage par le comptage descendant

Pour les esprits qui ont besoin d'une tâche, le comptage descendant associe respiration et attention. À chaque expiration, comptez à rebours à partir de cent, lentement, en visualisant le chiffre. Si vous perdez le fil ou si une pensée vous emporte, reprenez simplement là où vous en êtes, sans vous juger. L'objectif n'est pas d'atteindre zéro — la plupart des pratiquants s'endorment bien avant — mais d'occuper doucement le mental jusqu'à ce que la vigilance se relâche.

Construire un rituel du soir autour de la sophrologie

Un exercice isolé est utile ; intégré dans un rituel régulier, il devient bien plus puissant. Le cerveau adore les repères : lorsque les mêmes gestes précèdent chaque soir le coucher, ils finissent par agir comme des signaux conditionnés annonçant le sommeil. C'est le principe qui fonde l'efficacité des routines du coucher, bien documenté chez l'enfant comme chez l'adulte — un principe développé dans notre article sur la routine du coucher et les rituels apaisants.

Quelques repères pour bâtir le vôtre. Prévoyez un sas de décompression de trente à soixante minutes avant l'extinction des feux, pendant lequel vous baissez progressivement l'intensité lumineuse et mettez de côté les activités stimulantes. Limitez les écrans sur ce créneau, car la lumière et la stimulation retardent l'endormissement ; notre dossier sur le sommeil et les écrans détaille des solutions concrètes. Réservez votre pratique de sophrologie pour la toute fin, idéalement une fois dans le lit, de sorte que la détente débouche naturellement sur le sommeil.

La régularité des horaires compte aussi. Se coucher et se lever à des heures stables renforce l'horloge biologique et rend l'endormissement plus prévisible. Enfin, soignez l'environnement : une chambre fraîche, sombre et silencieuse offre à vos exercices le terrain le plus favorable. Pour un panorama plus large des leviers naturels, consultez notre guide sur les approches naturelles pour mieux dormir et nos conseils pour améliorer la qualité du sommeil naturellement.

Un dernier mot sur l'état d'esprit : ne transformez pas votre rituel en nouvelle source de pression. Si une nuit la sophrologie ne « marche » pas, ce n'est pas grave. L'objectif est de créer les conditions du lâcher-prise, pas de garantir un résultat. Paradoxalement, c'est en renonçant à contrôler le sommeil qu'on lui laisse le plus de chances de venir.

Les erreurs fréquentes qui empêchent le lâcher-prise

Même avec de bons outils, certains réflexes sabotent la détente du soir. Les repérer permet souvent de débloquer la situation plus vite qu'en ajoutant de nouveaux exercices.

La première erreur est de vouloir contrôler le résultat. Se répéter « il faut absolument que je m'endorme » transforme le lit en terrain de performance et active le système d'éveil. La sophrologie invite à l'inverse : on pratique pour le plaisir de la détente, sans surveiller l'horloge ni guetter les signes du sommeil. Ce renoncement au contrôle est, paradoxalement, le levier le plus puissant du lâcher-prise.

La deuxième erreur consiste à pratiquer trop tard ou dans de mauvaises conditions. Un exercice de respiration bâclé, téléphone à la main, lumière vive, après une série palpitante, a peu de chances d'agir. La détente a besoin d'un cadre : pénombre, calme, et un esprit qu'on a commencé à ralentir en amont. C'est tout l'intérêt du sas de décompression évoqué plus haut.

Troisième piège : l'impatience. Abandonner une méthode après deux ou trois soirs décevants revient à ne jamais lui laisser le temps d'agir. Le conditionnement positif se construit par la répétition ; les premiers bénéfices stables apparaissent généralement après deux à trois semaines. Tenir un carnet de bord peut aider à mesurer les progrès réels, souvent plus nets qu'on ne le ressent au jour le jour.

Quatrième erreur, plus subtile : rester au lit à ruminer quand le sommeil ne vient pas. Passé un certain temps d'éveil (classiquement une vingtaine de minutes), mieux vaut se lever, aller dans une autre pièce faiblement éclairée, pratiquer une activité calme, puis revenir se coucher quand la somnolence revient. Cette règle, issue du contrôle du stimulus, évite que le cerveau n'associe le lit à l'angoisse plutôt qu'au repos. La sophrologie peut tout à fait se pratiquer pendant ce temps hors du lit.

Enfin, beaucoup négligent l'hygiène de vie globale en espérant qu'un exercice du soir compensera tout. Or la caféine de l'après-midi, l'alcool, les repas lourds ou l'absence d'activité physique pèsent lourd sur la qualité des nuits. La sophrologie agit d'autant mieux qu'elle s'inscrit dans un ensemble cohérent.

Quand la sophrologie ne suffit pas : reconnaître l'insomnie chronique

La sophrologie est une alliée pour les difficultés passagères et pour l'hygiène du sommeil au quotidien. Mais elle a ses limites, et il est essentiel de les connaître. Lorsque les troubles s'installent, une prise en charge spécifique devient nécessaire.

On parle d'insomnie chronique lorsque les difficultés d'endormissement, les réveils nocturnes ou les réveils trop précoces surviennent au moins trois nuits par semaine depuis plus de trois mois, avec un retentissement sur la journée (fatigue, irritabilité, troubles de la concentration). Dans ce cas, les exercices de relaxation restent utiles, mais ils ne constituent qu'une pièce du puzzle. Si vos réveils nocturnes sont fréquents et déstabilisants, notre article sur les réveils nocturnes et leurs solutions vous aidera à y voir plus clair.

La référence internationale pour l'insomnie chronique n'est pas un médicament, mais une approche psychothérapeutique : la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie (TCC-I). Plusieurs méta-analyses, dont celle de Trauer et coll. (2015), ont établi son efficacité durable, supérieure à long terme à celle des somnifères et sans leurs effets indésirables. La TCC-I combine plusieurs outils — restriction du temps passé au lit, contrôle du stimulus, restructuration des croyances sur le sommeil, et techniques de relaxation parmi lesquelles la sophrologie peut tout à fait s'insérer. Pour comprendre cette approche, lisez notre présentation de la TCC-I, thérapie de référence ainsi que notre dossier approfondi sur l'insomnie chronique et la TCC-I.

Autrement dit, la sophrologie et la TCC-I ne s'opposent pas : la première peut être une porte d'entrée douce et une composante de la seconde. Mais si votre sommeil est durablement altéré, ne restez pas seul face au problème. Parlez-en à votre médecin, qui pourra écarter d'autres causes (apnée du sommeil, syndrome des jambes sans repos, dépression, effets de certains traitements) et vous orienter vers une prise en charge adaptée. La relaxation ne doit jamais retarder le diagnostic d'un trouble sous-jacent.

Comment débuter : seul ou accompagné ?

Bonne nouvelle : la plupart des exercices présentés ici se pratiquent en autonomie, gratuitement, dès ce soir. De nombreux enregistrements audio guidés, sérieux et accessibles, permettent de se familiariser avec la respiration, le balayage corporel ou la visualisation. Pour un usage personnel axé sur le sommeil, cette pratique en solo est souvent suffisante et constitue un excellent point de départ.

Un accompagnement par un professionnel présente toutefois des avantages lorsque l'on souhaite aller plus loin. Un sophrologue formé peut adapter les exercices à votre situation, corriger les gestes respiratoires, proposer des séquences sur mesure et vous aider à installer une pratique durable, en particulier si le stress ou l'anxiété jouent un rôle important. Il saura aussi reconnaître les situations qui relèvent d'un autre professionnel de santé et vous réorienter si besoin.

Si vous préférez être guidé dans vos premiers pas, vous pouvez consulter notre annuaire de sophrologues pour trouver un praticien près de chez vous. Qu'il s'agisse d'un suivi ponctuel pour apprendre les bases ou d'un accompagnement plus régulier, l'essentiel est de choisir une personne avec qui vous vous sentez en confiance. La détente, après tout, commence par ce sentiment de sécurité.

Questions fréquentes

La sophrologie peut-elle vraiment m'aider à dormir ?

Elle peut favoriser l'endormissement en réduisant la tension physique et mentale qui l'entrave. Les preuves spécifiques à la sophrologie sont encore limitées, mais les techniques qu'elle mobilise — relaxation, respiration lente, pleine conscience — sont soutenues par de nombreux essais sur la qualité du sommeil. C'est une approche complémentaire utile, surtout pour les difficultés liées au stress, à condition de la pratiquer régulièrement et de ne pas en attendre un effet miracle immédiat.

Combien de temps faut-il pratiquer avant de voir des effets ?

Certains ressentent un apaisement dès la première séance, simplement parce que l'exercice les sort de la rumination. Mais l'effet durable repose sur la régularité : le cerveau a besoin de répéter l'association entre le rituel et le sommeil. Comptez plutôt deux à trois semaines de pratique quotidienne avant d'évaluer réellement l'intérêt de la méthode pour vous. La patience fait partie de la démarche.

Quel est le meilleur exercice de sophrologie pour s'endormir ?

Il n'existe pas d'exercice universel : tout dépend de votre profil. Si votre tension est surtout physique, privilégiez la détente musculaire progressive ou le balayage corporel. Si c'est le mental qui s'emballe, la visualisation du lieu ressource ou le comptage descendant seront plus adaptés. La respiration abdominale, elle, convient à presque tout le monde et constitue une excellente base. Testez-en plusieurs et gardez ceux qui vous apaisent.

La sophrologie remplace-t-elle les somnifères ?

Non, et elle ne doit pas être présentée ainsi. La sophrologie est une approche complémentaire, pas un traitement médicamenteux. Toutefois, pour l'insomnie chronique, la référence n'est pas le somnifère mais la thérapie cognitivo-comportementale (TCC-I), dont les techniques de relaxation font partie. Ne modifiez jamais un traitement en cours sans l'avis de votre médecin ; en revanche, la sophrologie peut tout à fait accompagner une démarche de réduction encadrée.

Peut-on pratiquer la sophrologie si l'on souffre d'anxiété ?

Oui, et c'est même l'un de ses terrains de prédilection. En agissant sur la respiration et la détente, elle aide à réguler l'activation nerveuse associée à l'anxiété. Une méta-analyse de 2025 sur les interventions non médicamenteuses dans l'insomnie associée à l'anxiété généralisée confirme l'intérêt de ces approches. Si l'anxiété est sévère ou envahissante, la sophrologie gagne à s'inscrire dans un suivi plus global avec un professionnel de santé.

Faut-il être allongé pour pratiquer les exercices du soir ?

Pas nécessairement pour tous, mais le soir, la position allongée dans le lit est idéale puisqu'elle facilite directement la transition vers le sommeil. Vous pouvez commencer certains exercices (respiration, cohérence cardiaque) assis dans votre sas de décompression, puis terminer par le balayage corporel ou la visualisation une fois couché. L'important est d'être confortable et de ne pas avoir à bouger ensuite.

Sources

  1. Rusch HL, Rosario M, Levison LM, et al. The effect of mindfulness meditation on sleep quality: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Annals of the New York Academy of Sciences. 2019. PMID : 30575050 — DOI : 10.1111/nyas.13996
  2. Simon KC, McDevitt EA, Ragano R, Mednick SC. Progressive muscle relaxation increases slow-wave sleep during a daytime nap. Journal of Sleep Research. 2022. PMID : 35355351 — DOI : 10.1111/jsr.13574
  3. Black DS, O'Reilly GA, Olmstead R, Breen EC, Irwin MR. Mindfulness meditation and improvement in sleep quality and daytime impairment among older adults with sleep disturbances: a randomized clinical trial. JAMA Internal Medicine. 2015. PMID : 25686304 — DOI : 10.1001/jamainternmed.2014.8081
  4. Zaccaro A, Piarulli A, Laurino M, et al. How Breath-Control Can Change Your Life: A Systematic Review on Psycho-Physiological Correlates of Slow Breathing. Frontiers in Human Neuroscience. 2018. PMID : 30245619 — DOI : 10.3389/fnhum.2018.00353
  5. Edinger JD, Arnedt JT, Bertisch SM, et al. Behavioral and psychological treatments for chronic insomnia disorder in adults: an American Academy of Sleep Medicine systematic review, meta-analysis, and GRADE assessment. Journal of Clinical Sleep Medicine. 2021. PMID : 33164741 — DOI : 10.5664/jcsm.8988
  6. Trauer JM, Qian MY, Doyle JS, Rajaratnam SM, Cunnington D. Cognitive Behavioral Therapy for Chronic Insomnia: A Systematic Review and Meta-analysis. Annals of Internal Medicine. 2015. PMID : 26054060 — DOI : 10.7326/M14-2841
  7. Zhang B, Li Y, Chu W, et al. Efficacy of non-pharmacological interventions for alleviating insomnia in individuals with generalized anxiety disorder: systematic evaluation and net meta-analysis. Frontiers in Psychiatry. 2025. PMID : 41244878 — DOI : 10.3389/fpsyt.2025.1669888
  8. Chatfield C, Lafarge C, Zannese A. A Pilot Study Assessing the Feasibility, Acceptability and Potential Impact of an 8-Week Sophrology Intervention for People With Chronic Pain in the UK. Journal of Evaluation in Clinical Practice. 2026. PMID : 42189101 — DOI : 10.1111/jep.70474
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

KS

Katharine C. Simon

Chercheuse en neurosciences du sommeil — University of California, Irvine

JE

Jack D. Edinger

Spécialiste du sommeil — National Jewish Health / Duke University

HR

Heather L. Rusch

Chercheuse — National Institutes of Health (NIH)