Les suggestions indirectes en hypnose : types, exemples et mécanismes
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : une suggestion indirecte est une proposition formulée sans ordre explicite (« vous pouvez peut-être remarquer… », une question, une histoire), qui vous laisse le choix de la suivre ou non. Les études qui comparent suggestions directes et indirectes donnent des résultats mitigés : une revue de référence ne trouve pas de supériorité nette des formulations indirectes sur les réponses observables (Lynn et al., International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 1993), tandis qu’un essai récent sur 65 volontaires montre que les deux styles augmentent le seuil de douleur expérimentale (Ciaramella et al., The Journal of Pain, 2024). Le niveau de preuve reste modeste et repose surtout sur des expériences en laboratoire. Sous hypnose, vous restez conscient, vous pouvez refuser une suggestion et interrompre la séance à tout moment.Vous sortez d’une séance d’hypnose, ou vous hésitez à prendre rendez-vous, et une question vous trotte dans la tête : que s’est-il vraiment passé pendant que le praticien parlait ? Il n’a presque rien « ordonné ». Il a dit des choses comme « je ne sais pas encore à quel moment vous allez sentir votre main devenir plus légère » ou « certaines personnes découvrent un endroit agréable, d’autres préfèrent simplement écouter ma voix ». Et pourtant, quelque chose a changé. Alors, est-ce une technique de manipulation déguisée ? Peut-on vous faire faire, penser ou ressentir quelque chose contre votre gré, simplement en choisissant bien les mots ?
Cet article répond à ces questions en trois temps. D’abord, il explique ce que l’on appelle une suggestion indirecte, avec des exemples concrets de chaque grand type. Ensuite, il présente ce que la recherche établit (et ce qu’elle n’établit pas) sur la différence entre suggestions directes et indirectes, ainsi que sur les mécanismes proposés. Enfin, il vous donne des repères pratiques sur le consentement et le contrôle que vous gardez pendant une séance. Les phrases d’exemple sont des illustrations pédagogiques écrites pour cet article : ce ne sont ni des scripts à appliquer, ni des témoignages de patients.
Ce que vous vivez : la crainte d’être influencé sans le savoir
La méfiance envers l’hypnose est légitime, et elle a des racines compréhensibles. Les spectacles télévisés montrent des volontaires qui imitent une poule ou oublient leur prénom. Les films présentent l’hypnotiseur comme un personnage capable de « programmer » quelqu’un. Sur les réseaux sociaux, on trouve des contenus qui promettent d’« influencer n’importe qui » grâce à des « phrases hypnotiques ». Rien d’étonnant à ce que l’idée même d’une suggestion « indirecte », donc moins visible, inquiète.
Plusieurs inquiétudes reviennent souvent chez les personnes qui consultent ou qui y pensent :
- « Je ne me suis pas rendu compte qu’on me suggérait quelque chose. » C’est en partie vrai : une suggestion indirecte est conçue pour ne pas ressembler à un ordre. Mais ne pas ressembler à un ordre ne signifie pas être cachée. Vous l’entendez, vous pouvez la questionner, et vous pouvez la laisser passer.
- « Mon bras s’est levé tout seul, je n’ai rien décidé. » Cette impression d’automatisme est l’un des traits les plus étudiés de l’expérience hypnotique. Elle ne signifie pas que quelqu’un d’autre a pris le contrôle, et nous verrons plus bas ce que la recherche en dit.
- « Et si le praticien me faisait dire des choses que je ne veux pas dire ? » Vous gardez la capacité de vous taire, d’ouvrir les yeux et de partir. Un cadre professionnel prévoit d’ailleurs, avant même de commencer, ce qui sera travaillé et ce qui ne le sera pas.
- « Est-ce que les effets sont réels, ou est-ce que je me suis fait avoir ? » Les effets ressentis en séance sont réels au sens où ils correspondent à une expérience vécue, parfois mesurable (par exemple un seuil de douleur). Ils ne sont pas pour autant magiques ni garantis.
Suggestion directe, suggestion indirecte : de quoi parle-t-on ?
Une définition de travail de l’hypnose
Pour parler de suggestions, il faut d’abord s’entendre sur ce qu’est l’hypnose. La Société de psychologie de l’hypnose (Division 30 de l’American Psychological Association) a proposé en 2015 une définition volontairement sobre : l’hypnose est un état de conscience impliquant une attention focalisée et une conscience réduite de l’environnement périphérique, caractérisé par une capacité accrue à répondre à la suggestion (Elkins et al., 2015). Les auteurs ont précisé que cette définition reste neutre sur les mécanismes, qui doivent être établis par la recherche.
Dans cette définition, la suggestion n’est donc pas un pouvoir mystérieux du praticien. C’est une proposition d’expérience (une sensation, une image, un changement de perception ou de comportement) à laquelle la personne répond plus ou moins facilement selon ses aptitudes, son contexte et ses attentes. Vous pouvez approfondir ces bases dans notre article sur les différents types d’hypnose, classique, ericksonienne et humaniste.
La suggestion directe
Une suggestion directe dit explicitement ce qui est attendu. Elle ressemble à une consigne :
- « Votre bras devient lourd. »
- « Vous allez maintenant fermer les yeux. »
- « À mon signal, vous vous sentirez calme et détendu. »
La suggestion indirecte
Une suggestion indirecte propose la même expérience, mais de façon ouverte, implicite ou détournée. Elle laisse plus de place à votre manière de répondre :
- « Je me demande si vous allez remarquer d’abord une lourdeur dans le bras droit ou plutôt dans le bras gauche. »
- « Vous pouvez fermer les yeux maintenant, ou un peu plus tard, quand cela vous semblera naturel. »
- « Beaucoup de personnes découvrent qu’en écoutant simplement leur respiration, quelque chose se pose en elles. »
Une précision importante : « indirect » ne veut pas dire « secret ». Dans un cadre thérapeutique, l’objectif de la séance est discuté avant, et les suggestions servent cet objectif convenu. La forme indirecte porte sur la manière de proposer, pas sur le contenu que l’on vous cacherait.
Les principaux types de suggestions indirectes, avec exemples
Les manuels de formation décrivent de nombreuses formes de suggestions indirectes. Les catégories ci-dessous sont les plus courantes. Les exemples sont neutres et volontairement simples, pour que vous puissiez les reconnaître si vous les entendez.
1. La suggestion permissive
C’est la forme la plus répandue. Elle remplace l’affirmation par une possibilité, souvent avec les verbes « pouvoir » ou « peut-être ».
« Vous pouvez laisser vos épaules se relâcher, à votre rythme. »Ce qu’elle vise : réduire la pression de « devoir réussir ». Si rien ne se passe, il n’y a pas d’échec, puisque rien n’était exigé.
Ce qu’il faut savoir : c’est aussi la forme qui laisse le plus clairement le choix. Vous pouvez ne pas relâcher vos épaules, et la phrase reste cohérente.
2. La présupposition (ou implication)
La phrase tient pour acquis un élément, et porte l’attention sur un autre.
« Quand vous remarquerez que votre respiration s’apaise, vous pourrez porter votre attention sur vos mains. »Ce qu’elle vise : la phrase ne demande pas « est-ce que votre respiration s’apaise ? », elle présuppose que cela arrivera et oriente vers la suite.
Ce qu’il faut savoir : la présupposition est omniprésente dans le langage ordinaire (« quand tu auras fini tes devoirs… »). Elle n’a rien d’hypnotique en soi. Vous pouvez toujours signaler que ce qui est présupposé ne se produit pas chez vous, et un praticien sérieux en tiendra compte.
3. Le choix illusoire ou « double lien »
On propose deux options qui mènent toutes deux vers l’expérience visée.
« Préférez-vous vous détendre les yeux ouverts ou les yeux fermés ? »Ce qu’elle vise : déplacer la question de « est-ce que je me détends ? » vers « comment je me détends ? ».
Ce qu’il faut savoir : c’est la forme qui suscite le plus de critiques éthiques, parce qu’elle peut donner l’impression d’un choix qui n’en est pas un. Dans un cadre respectueux, elle s’utilise uniquement à l’intérieur d’un objectif que vous avez accepté (ici, vous détendre), et vous gardez une troisième option implicite : ne rien choisir et le dire. Si un double lien porte sur une décision importante de votre vie (dépenser de l’argent, signer un engagement, prolonger un suivi), il n’a plus sa place dans une séance.
4. Le truisme
On énonce une évidence que personne ne peut contester, et qui prépare une expérience.
« Tout le monde a déjà ressenti ce moment où l’on s’absorbe dans un livre et où le temps passe sans qu’on s’en aperçoive. »Ce qu’elle vise : s’appuyer sur une expérience familière pour rendre la suivante plus accessible.
Ce qu’il faut savoir : le truisme mobilise vos propres souvenirs. C’est vous qui allez chercher une expérience d’absorption, pas le praticien qui vous l’impose.
5. La suggestion ouverte, qui couvre toutes les possibilités
On décrit plusieurs réponses possibles, y compris l’absence de réponse.
« Certaines personnes ressentent une chaleur, d’autres une fraîcheur, d’autres encore ne remarquent rien de particulier, et toutes ces façons sont parfaitement adaptées. »Ce qu’elle vise : éviter que vous vous sentiez « en échec » et laisser émerger votre réponse propre.
Ce qu’il faut savoir : c’est une forme très protectrice pour les personnes qui craignent de « mal faire » l’hypnose.
6. La question qui suggère
Au lieu d’affirmer, on interroge, ce qui invite à explorer.
« Je me demande ce que vous allez découvrir de différent dans votre façon de respirer d’ici la fin de la séance. »Ce qu’elle vise : susciter la curiosité plutôt que l’obéissance.
Ce qu’il faut savoir : vous n’êtes pas obligé de répondre à voix haute, ni même intérieurement.
7. La suggestion intercalée
Une proposition est glissée au milieu d’une phrase plus longue, parfois mise en relief par un changement de ton.
« Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué à quel point il peut être agréable de… prendre votre temps… quand on marche au bord de l’eau. »Ce qu’elle vise : attirer l’attention sur quelques mots sans en faire une consigne.
Ce qu’il faut savoir : c’est la forme la plus mise en avant par les contenus qui promettent d’« influencer sans que l’autre s’en aperçoive ». Or les études disponibles ne montrent pas d’effet spécifique et puissant de ces techniques de langage pris isolément, en dehors d’un contexte de coopération. Nous y revenons dans la section consacrée aux études.
8. La métaphore et l’anecdote
On raconte une histoire dont la structure ressemble à votre situation, et qui contient une piste de changement.
« Une randonneuse s’aperçoit qu’elle porte depuis des kilomètres un sac rempli de pierres qu’elle n’a plus besoin de garder… »Ce qu’elle vise : permettre une réflexion à distance, sans aborder frontalement un sujet douloureux.
Ce qu’il faut savoir : l’histoire n’agit pas « à votre insu ». Vous en retirez ce qui vous parle et laissez le reste. Nous avons consacré un article complet à la métaphore thérapeutique en hypnose ericksonienne et à ses exemples.
9. La suggestion post-hypnotique formulée indirectement
Elle propose une expérience pour après la séance, souvent reliée à un signal du quotidien.
« Et peut-être que, la prochaine fois que vous poserez la main sur la poignée de la porte du bureau, vous pourrez retrouver un peu de ce calme. »Ce qu’elle vise : faciliter le transfert d’une ressource dans la vie courante.
Ce qu’il faut savoir : une suggestion post-hypnotique n’est pas un « déclencheur » irrésistible. Elle fonctionne plutôt comme un rappel associatif, que vous pouvez utiliser ou ignorer. Elle devrait toujours être en lien avec l’objectif que vous avez défini, et vous pouvez demander à la connaître explicitement.
10. L’utilisation
Le praticien reprend ce que vous faites ou dites, y compris vos résistances, et l’intègre dans la séance.
« Vous entendez peut-être les bruits de la rue, et chaque bruit peut devenir une occasion de remarquer combien vous êtes ici, installé, en sécurité. »Ce qu’elle vise : transformer une distraction en appui, plutôt que de lutter contre elle.
Ce qu’il faut savoir : l’utilisation suppose une écoute fine de votre part et de celle du praticien. Si vous dites « je ne suis pas à l’aise », une bonne utilisation consiste à en tenir compte, pas à reformuler votre gêne pour la faire disparaître.
Récapitulatif des formes
| Type | Exemple court | Degré de liberté laissé | |---|---|---| | Permissive | « Vous pouvez… » | Très élevé | | Présupposition | « Quand vous remarquerez… » | Moyen | | Choix illusoire | « Yeux ouverts ou fermés ? » | Moyen, à encadrer | | Truisme | « Tout le monde a déjà… » | Élevé | | Ouverte | « Certains…, d’autres…, d’autres rien » | Très élevé | | Question | « Je me demande si… » | Très élevé | | Intercalée | « …prendre votre temps… » | Élevé, mais moins visible | | Métaphore | Une histoire de randonneuse | Très élevé | | Post-hypnotique | « La prochaine fois que… » | Élevé, à expliciter | | Utilisation | Intégrer un bruit ou une gêne | Dépend de l’écoute |
Ces formes ne sont pas réservées à l’hypnose. Les soignants qui pratiquent la communication thérapeutique les emploient au quotidien, souvent sans induction formelle. Vous en trouverez une présentation dans notre article sur l’hypnose conversationnelle et ses limites.
Comment agit une suggestion : les mécanismes proposés
Il n’existe pas de consensus définitif sur la manière dont une suggestion produit ses effets. Plusieurs pistes, complémentaires, sont étudiées.
L’attention focalisée et l’imagerie mentale
Lorsqu’on vous propose d’imaginer la fraîcheur de l’eau sur une brûlure, votre attention se concentre sur cette image, et les autres informations passent au second plan. Cette focalisation est au cœur de la définition de l’hypnose citée plus haut (Elkins et al., 2015). Elle ne supprime pas votre jugement : vous pouvez à tout moment « sortir » de l’image.
Une méta-analyse des études d’imagerie cérébrale sur l’hypnose a cherché des signatures communes (Landry et al., Neuroscience and Biobehavioral Reviews, 2017). Ses auteurs soulignent que peu de résultats se répètent d’une étude à l’autre, mais que les réseaux impliqués dans le contrôle exécutif, la détection de ce qui est important (réseau de saillance) et la pensée centrée sur soi (réseau du mode par défaut) semblent mobilisés, ainsi qu’une région liée à l’imagerie mentale visuelle (le gyrus lingual). Autrement dit, l’hypnose s’appuie sur des mécanismes cérébraux ordinaires de l’attention et de l’imagination, pas sur un circuit d’obéissance.
Les attentes et le contexte
Un modèle intégratif proposé par Steven Jay Lynn et ses collègues met en avant l’interaction entre facteurs sociaux, culturels, cognitifs et neurophysiologiques (Lynn et al., American Journal of Clinical Hypnosis, 2015). Ce que vous attendez de la séance, la confiance que vous accordez au praticien, la façon dont vous comprenez les consignes et votre aptitude personnelle à vous absorber dans une expérience contribuent tous à la réponse.
Ce modèle a une conséquence concrète : une suggestion n’a pas d’effet automatique et identique chez tout le monde. La même phrase peut produire une expérience intense chez une personne et presque rien chez une autre. Il existe d’ailleurs de grandes différences individuelles de « suggestibilité hypnotique », que l’on mesure avec des échelles standardisées.
L’impression que « ça se fait tout seul »
L’une des expériences les plus troublantes de l’hypnose est le sentiment d’involontarité : le bras se lève « de lui-même », la main paraît « collée ». Le modèle de Lynn et collègues considère cette impression comme l’une des marques de l’expérience hypnotique (Lynn et al., 2015).
Une étude expérimentale menée auprès de 60 participants très réceptifs à l’hypnose a montré que des suggestions ciblées pouvaient modifier le sentiment d’être l’auteur de ses actions lors d’un questionnaire de culture générale, et même influencer la justesse des réponses produites (Polito et al., Journal of Experimental Psychology: General, 2018). Ce travail, réalisé en laboratoire avec des volontaires sélectionnés, ne dit pas qu’une personne peut être dirigée contre sa volonté. Il montre que le ressenti d’agir, qui accompagne habituellement nos gestes, peut être modulé par la suggestion. C’est une nuance essentielle : sentir qu’un mouvement se fait « tout seul » ne revient pas à perdre sa capacité de l’arrêter.
Les mots du quotidien comme suggestions involontaires
Les suggestions ne se limitent pas aux séances d’hypnose. Des anesthésistes de l’hôpital universitaire de Ratisbonne (Allemagne) travaillent depuis plusieurs années sur l’effet des mots employés en milieu de soins. Ils décrivent comment les situations médicales stressantes (urgence, chirurgie, examen) placent naturellement les patients dans un état d’attention focalisée, où les phrases entendues ont davantage de poids, dans un sens positif comme négatif (Hansen et Zech, Frontiers in Pharmacology, 2019).
Dans une expérience menée auprès de 46 volontaires, la force musculaire du bras était mesurée après différentes phrases courantes du milieu médical. L’énoncé des seuls risques d’un geste réduisait la force maximale à 91,4 % de la valeur de départ, alors que cet affaiblissement disparaissait quand les bénéfices du traitement étaient nommés en même temps (Zech et al., Frontiers in Pharmacology, 2019).
Ces travaux éclairent votre question d’une manière inattendue : ce ne sont pas seulement les suggestions « hypnotiques » qui influencent. Les mots ordinaires, souvent prononcés sans intention, ont un effet. L’enjeu n’est donc pas de fuir toute suggestion (c’est impossible), mais de savoir qui les formule, dans quel but et avec quel accord de votre part.
Directes ou indirectes : ce que montrent les études
C’est le cœur de la question pour beaucoup de lecteurs : les suggestions indirectes sont-elles plus puissantes, et donc potentiellement plus « dangereuses », que les suggestions directes ? La réponse honnête est que les résultats sont mitigés.
Ce que montrent les études
Étude : revue conceptuelle et méthodologique de la littérature comparant suggestions directes et indirectes (Lynn, Neufeld et Maré, International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 1993).
Effectif : ensemble des études expérimentales et cliniques publiées jusqu’alors sur le sujet.
Résultat : le style de suggestion a peu d’effet sur les réponses observables aux épreuves d’hypnose. Pour la douleur et le vécu subjectif, les résultats sont contradictoires, et les études les mieux contrôlées ne montrent pas de supériorité des suggestions indirectes. Les données ne permettent pas non plus de conclure que les personnes peu réceptives à l’hypnose répondent mieux aux formulations indirectes.
Limite : revue ancienne, fondée sur des études souvent petites, avec des définitions variables de ce qu’est une suggestion « indirecte ».
Les travaux fondateurs : pas de supériorité nette
Plusieurs études des années 1990 vont dans le même sens que cette revue :
- Une expérience sur la douleur provoquée par l’immersion de la main dans l’eau glacée (le « cold pressor test ») a comparé des participants très et peu réceptifs à l’hypnose, recevant soit des suggestions directes, soit des suggestions indirectes. Les plus réceptifs ressentaient moins de douleur, mais aucune différence significative n’apparaissait entre les deux styles de suggestion (Maurer et al., International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 1993).
- Une étude a testé l’hypothèse séduisante selon laquelle les personnes « résistantes » répondraient mieux aux formulations indirectes. Elle ne l’a pas confirmée : le niveau de résistance ne prédisait pas une meilleure réponse à l’un ou l’autre style (Groth-Marnat et Mitchell, International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 1998).
- Une synthèse consacrée aux approches ericksoniennes concluait que la littérature de l’époque n’apportait de soutien empirique ni à la supériorité des suggestions indirectes, ni à l’idée que la réceptivité à l’hypnose dépend surtout du talent du praticien (Matthews, International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 2000).
Les travaux récents : des nuances intéressantes
Les études plus récentes ne renversent pas ce constat, mais elles apportent des nuances.
Ce que montrent les étudesDeux autres études récentes complètent le tableau :
Étude : essai expérimental comparant des suggestions directes et indirectes d’analgésie, sans induction hypnotique formelle (Ciaramella et al., The Journal of Pain, 2024).
Effectif : 65 volontaires en bonne santé, dont la réceptivité aux suggestions directes et indirectes et les attentes de soulagement avaient été mesurées.
Résultat : les deux types de suggestions augmentaient le seuil de douleur lors d’un test à l’eau froide. Les attentes de soulagement ne comptaient que pour l’effet des suggestions directes. Les auteurs en concluent que les suggestions indirectes pourraient être utiles chez les personnes peu confiantes ou méfiantes.
Limite : douleur provoquée en laboratoire chez des personnes sans maladie, les auteurs soulignent eux-mêmes que ces résultats ne peuvent pas être étendus à la douleur clinique.
- Dans une intervention en ligne fondée sur le dessin, proposée à des étudiants, la même consigne était formulée soit de façon directe, soit de façon indirecte. La version indirecte s’accompagnait d’une baisse de l’humeur négative, la version directe d’une hausse de l’humeur positive (Geréb Valachiné et al., International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 2024). Les deux styles avaient donc des effets, mais pas les mêmes.
- Un essai randomisé en ligne auprès de 178 participants a comparé un texte de transe « moderne », riche en suggestions indirectes et en narration, à un texte inspiré des langages de transe traditionnels, fondé sur la répétition. Aucune différence n’apparaissait pour la profondeur de transe, le vécu émotionnel ou corporel. Le texte traditionnel, plus répétitif, produisait en revanche davantage d’images mentales et moins de dialogue intérieur (Karrasch et al., American Journal of Clinical Hypnosis, 2022).
Ce qu’il faut en retenir
En rassemblant ces travaux, on peut dire avec prudence :
- Les suggestions directes et indirectes produisent toutes deux des effets mesurables dans certaines conditions expérimentales, en particulier sur la douleur provoquée en laboratoire.
- Aucune des deux n’est clairement supérieure de façon générale. Les différences, quand elles existent, portent sur la nature de l’effet (humeur négative ou positive, images ou dialogue intérieur) ou sur le rôle des attentes.
- La réceptivité personnelle compte souvent davantage que le style de formulation. Les personnes très réceptives répondent mieux, quel que soit le style.
- Le niveau de preuve reste modeste. Les études sont souvent petites, menées chez des volontaires en bonne santé, avec des définitions variables. On ne peut pas en tirer de conclusions fermes pour la pratique clinique.
Et l’hypnose dans le soin, globalement ?
La question « directe ou indirecte ? » ne doit pas masquer un point plus important pour vous : l’hypnose médicale, quel que soit le style, dispose de données plus solides dans certaines indications. Une revue systématique de méta-analyses a conclu que l’hypnose était supérieure aux groupes témoins pour réduire la douleur et la détresse émotionnelle pendant les interventions médicales (34 essais randomisés, 2 597 patients) et pour réduire les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (8 essais, 464 patients). Les auteurs notaient aussi que cinq essais randomisés soutenaient l’intérêt des suggestions formulées sans induction formelle, dans le cadre de la communication entre soignant et patient (Häuser et al., Deutsches Ärzteblatt International, 2016). L’effet sur la douleur pendant les interventions restait faible en taille.
Pour la douleur en particulier, notre article sur l’hypnose et la gestion de la douleur en contexte clinique détaille ces données.
Peut-on être manipulé sous hypnose ?
Ce que vous gardez pendant une séance
Sous hypnose, vous n’êtes ni endormi ni inconscient. Votre attention est concentrée, mais vous entendez ce qui est dit, vous pouvez parler, bouger, ouvrir les yeux. La plupart des personnes se souviennent de l’essentiel de la séance. Le sentiment d’automatisme que l’on peut ressentir (un bras qui se soulève, une sensation qui change) correspond à une modification du ressenti d’agir, pas à une perte de la capacité de décider (Polito et al., 2018 et Lynn et al., 2015).
Concrètement, cela signifie que :
- une suggestion qui heurte vos valeurs ou vos limites a toutes les chances d’être simplement ignorée, ou de vous faire sortir de l’état de concentration,
- vous pouvez interrompre la séance par un mot, un geste ou en ouvrant les yeux,
- vous pouvez refuser à l’avance certains thèmes, certaines techniques ou certains contacts physiques.
Ce que l’on sait des effets indésirables
Une analyse des essais cliniques enregistrés sur ClinicalTrials.gov ayant utilisé l’hypnose a estimé que le taux d’effets indésirables graves attribuables à l’hypnose était de 0 %, et celui des autres effets indésirables de 0,47 % (Bollinger, American Journal of Clinical Hypnosis, 2018). L’auteur souligne toutefois des limites importantes : plusieurs essais ne rapportaient pas ces données, les méthodes de recueil variaient, et les études portaient sur des problèmes médicaux plutôt que psychiatriques. La revue de Häuser et collègues ne relevait pas non plus de différence de sécurité entre l’hypnose et les groupes témoins (Häuser et al., 2016).
Ces chiffres sont rassurants, mais ils ne signifient pas que tout est sans risque. Les effets indésirables rapportés en pratique sont le plus souvent transitoires : maux de tête, fatigue, émotion inattendue, sensation de flottement en fin de séance. Les risques les plus sérieux ne tiennent pas à la suggestion elle-même, mais au cadre : un praticien qui sort de son champ de compétence, qui encourage l’arrêt d’un traitement, qui « fait remonter des souvenirs » de façon suggestive, ou qui crée une dépendance à ses séances.
Ce qui doit vous alerter
Les vrais signaux d’alerte ne sont pas les techniques de langage, mais les comportements :
- on vous promet un résultat garanti, en un nombre de séances fixé d’avance,
- on vous conseille de diminuer ou d’arrêter un traitement prescrit sans l’accord de votre médecin,
- on vous affirme que vous avez des « souvenirs refoulés » que l’hypnose va révéler (la mémoire est malléable, et des suggestions peuvent contribuer à créer de faux souvenirs, ce qui rend cette pratique très délicate),
- on refuse de vous expliquer ce qui va se passer, ou on répond « vous verrez bien »,
- on vous pousse à acheter des forfaits, des enregistrements ou des formations pendant ou juste après une séance,
- on vous isole de vos proches ou de vos autres soignants,
- on se permet des contacts physiques non annoncés ou non consentis.
Les limites honnêtes de ce que l’on sait
Il serait inexact d’affirmer qu’aucune influence n’est possible. La suggestion, par définition, influence. Les études montrent que des mots peuvent modifier une sensation, une humeur, une force musculaire, un sentiment d’agir. C’est précisément pour cela que l’hypnose est utilisée en soin, et c’est aussi pour cela que le cadre éthique est indispensable. La recherche ne dit pas « rien ne peut vous arriver », elle dit plutôt : l’influence existe, elle est limitée, elle dépend beaucoup de vous, et elle doit s’exercer dans un objectif que vous avez choisi.
Consentement et contrôle : vos repères concrets
Le consentement en hypnose ne se résume pas à une signature. C’est un processus continu, qui commence avant la séance et se poursuit après. Nous avons détaillé les aspects juridiques et pratiques dans notre article sur l’hypnose, le consentement et vos droits en tant que patient. Voici les repères spécifiques aux suggestions.
Avant la séance
- Définissez l’objectif avec vos mots. « Mieux dormir », « appréhender moins le dentiste », « gérer une douleur pendant un soin ». Les suggestions devraient toutes servir cet objectif.
- Demandez quel style sera utilisé. Un praticien peut vous dire : « J’utilise surtout des suggestions permissives et des images, parfois une courte histoire. » S’il refuse d’en parler, c’est un signal.
- Fixez vos limites. Thèmes que vous ne souhaitez pas aborder, contact physique accepté ou non, possibilité d’enregistrement.
- Convenez d’un signal d’arrêt. Lever un doigt, dire « stop », ouvrir les yeux. Le simple fait de l’avoir défini renforce votre sentiment de contrôle.
- Signalez votre parcours de santé. Traitements en cours, antécédents psychiatriques, épisodes dissociatifs, traumatismes. Ces informations permettent d’adapter la séance, ou de vous orienter vers un professionnel de santé.
Pendant la séance
- Vous pouvez ne pas suivre une suggestion. Il n’y a pas de « mauvaise réponse ».
- Vous pouvez parler. Dire « ça ne me convient pas » ou « je préfère une autre image » est tout à fait possible sous hypnose.
- Vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Vous vous sentirez peut-être un peu lent pendant quelques secondes, comme au réveil d’une sieste, puis tout redevient normal.
- Si une émotion forte apparaît, le praticien doit vous aider à revenir à un état confortable avant de poursuivre ou d’arrêter.
Après la séance
- Demandez un retour sur les suggestions utilisées, notamment les suggestions post-hypnotiques. Vous avez le droit de savoir ce qui vous a été proposé pour « après ».
- Observez votre ressenti dans les jours qui suivent. Une légère fatigue est fréquente. Un malaise persistant, des cauchemars inhabituels ou une anxiété accrue doivent être signalés.
- Gardez votre liberté de ne pas revenir, de changer de praticien ou de prendre un temps de réflexion.
Quand demander un avis médical
L’hypnose s’inscrit en complément d’un suivi adapté, jamais à la place d’un diagnostic ou d’un traitement. Parlez-en à votre médecin ou à un psychiatre avant de commencer si vous vivez avec un trouble psychotique, un trouble bipolaire non stabilisé, un trouble dissociatif, ou si vous traversez un épisode dépressif sévère. Si vous avez des idées suicidaires, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h sur 24). En cas d’urgence vitale, composez le 15 ou le 112.
Repérer les suggestions par vous-même : un petit exercice d’écoute
Comprendre une technique, c’est déjà reprendre du pouvoir sur elle. Voici un exercice simple, à faire chez vous, pour apprivoiser les suggestions indirectes.
- Écoutez un enregistrement de relaxation guidée (application, vidéo, podcast), en position assise, les yeux ouverts.
- Notez sur une feuille les formulations permissives : « vous pouvez », « peut-être », « si vous le souhaitez ».
- Repérez les présuppositions : « quand vous sentirez… », « à mesure que… ».
- Identifiez les choix proposés : « d’abord ceci ou plutôt cela ».
- Repérez une histoire ou une image et demandez-vous : à quoi pourrait-elle faire écho ?
- Observez ce qui se passe en vous quand vous suivez une suggestion, puis quand vous décidez de ne pas la suivre.
Si vous souhaitez aller plus loin en autonomie, notre guide pratique pour débuter l’auto-hypnose montre comment formuler vos propres suggestions, et la technique du lieu sûr en offre un exemple concret. En auto-hypnose, c’est vous qui choisissez chaque mot, ce qui permet de vérifier par vous-même ce que les formulations directes et indirectes vous font.
À quoi ressemble une séance qui respecte ces principes
Pour rendre tout cela plus concret, voici le déroulé type d’une séance bien conduite, présenté de façon pédagogique.
Les premières minutes sont consacrées à la discussion. Le praticien vous demande ce qui vous amène, ce que vous avez déjà essayé, ce que vous attendez. Il vous explique ce qu’est l’hypnose, ce qu’elle peut et ne peut pas apporter, et la façon dont il travaille. Vous convenez ensemble d’un objectif réaliste.
L’induction vous invite à concentrer votre attention, par exemple sur votre respiration, un point du plafond ou une sensation. Les suggestions sont souvent permissives : « vous pouvez laisser vos paupières se fermer quand elles en auront envie ».
La phase de travail utilise les suggestions et les images en lien avec votre objectif. Si vous venez pour l’appréhension d’un soin dentaire, le praticien peut vous proposer de retrouver un lieu où vous vous sentez en sécurité, puis d’y associer un signal que vous pourrez utiliser dans le fauteuil.
Le retour se fait progressivement, souvent en comptant ou en vous invitant à reprendre contact avec la pièce. Le praticien vérifie que vous vous sentez bien.
Le temps d’échange final permet de revenir sur ce que vous avez vécu, sur les suggestions proposées et sur la suite. C’est le moment de poser toutes vos questions.
Notre article sur le déroulement d’une séance d’hypnothérapie détaille chacune de ces étapes.
Pourquoi les praticiens utilisent-ils des suggestions indirectes, si elles ne sont pas « plus fortes » ?
C’est une question légitime au regard des études. Plusieurs raisons, d’ordre clinique et relationnel plus que scientifique, sont avancées :
- Réduire la pression de performance. Une consigne directe (« votre bras devient lourd ») peut mettre en échec la personne si rien ne se passe. Une formulation ouverte évite cette impression.
- S’adapter à la personne. Les formulations permissives laissent émerger des réponses variées, que le praticien peut ensuite utiliser.
- Respecter l’autonomie. Paradoxalement, bien utilisée, la suggestion indirecte est souvent plus respectueuse du choix que la consigne directe, parce qu’elle explicite que plusieurs réponses sont possibles.
- Diminuer l’influence des attentes négatives. L’étude de Ciaramella et collègues suggère que l’effet des suggestions indirectes dépend moins des attentes de soulagement, ce qui pourrait intéresser les personnes sceptiques ou anxieuses (Ciaramella et al., 2024). Cette piste reste à confirmer en contexte clinique.
Choisir un praticien en confiance
Si vous envisagez une hypnothérapie, le plus important n’est pas de savoir si le praticien utilise des suggestions directes ou indirectes, mais de vous assurer qu’il :
- explique clairement sa façon de travailler et répond à vos questions sur les suggestions,
- définit avec vous un objectif précis et réaliste,
- respecte vos limites et votre signal d’arrêt,
- reste dans son champ de compétence et vous oriente vers un médecin ou un psychologue quand c’est nécessaire,
- ne vous demande jamais de modifier un traitement de votre propre chef.
FAQ
Une suggestion indirecte peut-elle me faire faire quelque chose contre ma volonté ?
Les données disponibles ne vont pas dans ce sens. Les études comparant suggestions directes et indirectes ne montrent pas de supériorité nette des formulations indirectes, et la réponse à une suggestion dépend fortement de vos aptitudes, de vos attentes et de votre accord (Lynn et al., 1993 et Lynn et al., 2015). Vous pouvez ignorer une suggestion, parler ou interrompre la séance. Le risque réel tient au cadre (un praticien qui sort de son rôle), pas à une phrase « magique ».
Pourquoi ai-je eu l’impression que mon bras bougeait tout seul ?
Le sentiment d’involontarité fait partie des expériences les plus caractéristiques de l’hypnose. Des études expérimentales montrent que la suggestion peut modifier le ressenti d’être l’auteur d’un geste (Polito et al., 2018). Ce ressenti n’équivaut pas à une perte de contrôle : si vous décidez d’arrêter le mouvement, vous le pouvez.
Les suggestions indirectes sont-elles plus efficaces que les directes ?
Pas de façon démontrée. Une revue de référence n’a pas trouvé de supériorité des suggestions indirectes dans les études les mieux contrôlées (Lynn et al., 1993). Un essai récent sur 65 volontaires montre que les deux styles augmentent le seuil de douleur expérimentale, avec un rôle des attentes uniquement pour les suggestions directes (Ciaramella et al., 2024). Les résultats sont donc mitigés et reposent surtout sur des expériences en laboratoire.
Puis-je demander au praticien de ne pas utiliser de suggestions indirectes ?
Oui. Vous pouvez exprimer une préférence pour des consignes claires et explicites, ou demander qu’on vous annonce à l’avance les suggestions qui seront utilisées. Un praticien sérieux adaptera sa pratique ou vous expliquera pourquoi il propose une autre approche, sans jamais vous l’imposer.
Les mots d’un soignant peuvent-ils agir comme des suggestions, même sans hypnose ?
Oui. Des travaux menés en anesthésie montrent que des phrases courantes du milieu médical peuvent modifier des mesures objectives : dans une expérience sur 46 volontaires, l’énoncé des seuls risques réduisait la force musculaire à 91,4 % de la valeur de départ, effet absent quand les bénéfices étaient cités en même temps (Zech et al., 2019). C’est l’un des arguments en faveur d’une communication soignante attentive.
L’hypnose comporte-t-elle des risques ?
Les effets indésirables graves attribuables à l’hypnose sont très rares dans les essais cliniques, et les autres effets indésirables ont été estimés à 0,47 % (Bollinger, 2018), avec des limites de recueil importantes. Des précautions s’imposent en cas de trouble psychotique, dissociatif ou bipolaire non stabilisé : parlez-en à votre médecin avant de commencer.
Sources
- Elkins GR, Barabasz AF, Council JR, Spiegel D. Advancing research and practice: the revised APA Division 30 definition of hypnosis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 2015. PMID : 25365125. DOI : 10.1080/00207144.2014.961870
- Lynn SJ, Neufeld V, Maré C. Direct versus indirect suggestions: a conceptual and methodological review. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 1993. PMID : 8468104. DOI : 10.1080/00207149308414543
- Ciaramella A, Marcucci F, Boni M, Santarcangelo EL, De Benedittis G. Effects of direct and indirect suggestions for analgesia: the role of hypnotizability and expectation of pain relief. The Journal of Pain. 2024. PMID : 39243923. DOI : 10.1016/j.jpain.2024.104671
- Geréb Valachiné Z, Varga K, Cserjési R. Power of a few vagrant words: effects of direct and indirect suggestions for self-representation in art-based online interventions. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 2024. PMID : 39167018. DOI : 10.1080/00207144.2024.2388081
- Karrasch S, Jung JA, Varadarajan S, Kolassa IT, Bongartz W. Modern and traditional trance language: a comparison. American Journal of Clinical Hypnosis. 2022. PMID : 35767432. DOI : 10.1080/00029157.2022.2072703
- Maurer C, Santangelo M, Claiborn CD. The effects of direct versus indirect hypnotic suggestion on pain in a cold pressor task. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 1993. PMID : 8407019. DOI : 10.1080/00207149308414560
- Groth-Marnat G, Mitchell K. Responsiveness to direct versus indirect hypnotic procedures: the role of resistance as a predictor variable. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 1998. PMID : 9780524. DOI : 10.1080/00207149808410012
- Matthews WJ. Ericksonian approaches to hypnosis and therapy: where are we now? International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis. 2000. PMID : 11011501. DOI : 10.1080/00207140008410370
- Lynn SJ, Laurence JR, Kirsch I. Hypnosis, suggestion, and suggestibility: an integrative model. American Journal of Clinical Hypnosis. 2015. PMID : 25928681. DOI : 10.1080/00029157.2014.976783
- Polito V, Barnier AJ, Connors MH. Hypnotic clever hands: agency and automatic responding. Journal of Experimental Psychology: General. 2018. PMID : 29888938. DOI : 10.1037/xge0000451
- Landry M, Lifshitz M, Raz A. Brain correlates of hypnosis: a systematic review and meta-analytic exploration. Neuroscience and Biobehavioral Reviews. 2017. PMID : 28238944. DOI : 10.1016/j.neubiorev.2017.02.020
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- Bollinger JW. The rate of adverse events related to hypnosis during clinical trials. American Journal of Clinical Hypnosis. 2018. PMID : 29485379. DOI : 10.1080/00029157.2017.1315927
- Hansen E, Zech N. Nocebo effects and negative suggestions in daily clinical practice: forms, impact and approaches to avoid them. Frontiers in Pharmacology. 2019. PMID : 30814949. DOI : 10.3389/fphar.2019.00077
- Zech N, Seemann M, Grzesiek M, Breu A, Seyfried TF, Hansen E. Nocebo effects on muscular performance: an experimental study about clinical situations. Frontiers in Pharmacology. 2019. PMID : 30914952. DOI : 10.3389/fphar.2019.00219
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