Homme d'une cinquantaine d'années écoutant une médecin lui expliquer ses résultats de prise de sang en consultation
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Andropause : comprendre la baisse de testostérone liée à l'âge

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Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : la testostérone baisse bien avec l'âge chez l'homme, mais lentement : de l'ordre de 1 à 2 % par an en moyenne après 40 ans dans la grande cohorte du Massachusetts Male Aging Study (Feldman, 2002). Un vrai déficit, c'est-à-dire des symptômes sexuels associés à une testostérone basse confirmée par des prises de sang matinales, ne concerne qu'environ 2 % des hommes de 40 à 79 ans selon l'étude européenne EMAS (Wu, New England Journal of Medicine, 2010). Le niveau de preuve est solide sur ces chiffres, plus nuancé sur les bénéfices du traitement. Le diagnostic et un éventuel traitement hormonal relèvent du médecin, de l'urologue ou de l'endocrinologue : la testostérone et la DHEA achetées en automédication exposent à des risques réels.
Vous avez passé la cinquantaine, vous vous sentez plus vite fatigué, le désir est moins présent qu'avant, les érections du matin se font rares, et le ventre s'arrondit malgré vos efforts. Un jour, en cherchant une explication, vous tombez sur un mot : andropause. Juste en dessous, une publicité promet de « relancer votre testostérone naturellement » en quelques semaines. L'explication paraît évidente, la solution aussi.

Cet article prend le chemin inverse. Il ne s'agit pas de nier ce que vous ressentez : vos symptômes sont réels, et ils méritent d'être pris au sérieux. Mais la recherche montre que ces mêmes symptômes ont, le plus souvent, d'autres causes qu'un effondrement hormonal, que le diagnostic d'un véritable déficit suit une démarche précise, et que la testostérone n'est ni un fortifiant ni un produit anodin. Comprendre cela, c'est éviter deux pièges : se résigner (« c'est l'âge ») ou s'auto-traiter avec des produits qui peuvent nuire.

Andropause : pourquoi le terme est contesté par les endocrinologues

Le mot « andropause » a été construit en miroir de « ménopause ». C'est justement ce parallèle qui pose problème.

Chez la femme, la ménopause est un événement universel et relativement brutal : en quelques années, les ovaires cessent de fonctionner, la production d'œstrogènes chute fortement et les règles s'arrêtent définitivement. Toutes les femmes qui vivent assez longtemps la traversent.

Chez l'homme, rien de tel. Les testicules continuent à produire de la testostérone et des spermatozoïdes jusqu'à un âge avancé. Il n'y a pas d'arrêt, pas de date charnière, pas de basculement commun à tous. Ce que l'on observe, c'est une érosion lente, très variable d'un homme à l'autre, et fortement influencée par l'état de santé général. Certains hommes de 75 ans ont une testostérone comparable à celle d'hommes de 40 ans ; d'autres, plus jeunes mais en surpoids, diabétiques ou très sédentaires, ont des valeurs nettement plus basses.

C'est pourquoi les endocrinologues et les andrologues préfèrent parler de déficit androgénique lié à l'âge, d'hypogonadisme d'apparition tardive (en anglais late-onset hypogonadism) ou d'hypogonadisme fonctionnel lorsque la baisse est liée à une maladie ou au mode de vie. Ces termes sont moins parlants, mais plus justes : ils désignent une situation médicale définie par des critères précis, et non une étape obligatoire de la vie masculine.

Ce débat sur les mots n'est pas qu'une querelle d'experts. Le terme « andropause » laisse entendre que tout homme de plus de 50 ans serait concerné et devrait « compenser » quelque chose. C'est sur cette idée que s'est développé un marché considérable de compléments « boosters » et, dans certains pays, une prescription de testostérone très au-delà des indications médicales. Remettre les mots à leur place, c'est déjà se protéger.

Si vous souhaitez une vue plus large du rôle des hormones dans le désir des deux sexes, l'article Hormones et libido : testostérone, œstrogènes et équilibre hormonal pose les bases physiologiques.

La baisse réelle de testostérone avec l'âge : les chiffres

Que sait-on précisément de l'évolution de la testostérone au fil des années ? Plusieurs grandes cohortes ont suivi des milliers d'hommes pendant des années, avec des dosages répétés.

Une décroissance lente et progressive

La référence historique est la Massachusetts Male Aging Study. Les chercheurs ont suivi 1 709 hommes âgés de 40 à 70 ans à l'inclusion, dont 1 156 ont été revus sept à dix ans plus tard. En suivant les mêmes hommes dans le temps, ils ont estimé une baisse de la testostérone totale d'environ 1,6 % par an, et de 2 à 3 % par an pour la fraction dite biodisponible, celle qui est réellement disponible pour les tissus. En parallèle, la SHBG, la protéine qui transporte la testostérone dans le sang et la rend en partie indisponible, augmente avec l'âge.

Ce que montrent les études
Étude : Massachusetts Male Aging Study, Feldman et coll., Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2002.
Effectif : 1 709 hommes de 40 à 70 ans, dont 1 156 revus 7 à 10 ans plus tard.
Résultat : baisse longitudinale de la testostérone totale d'environ 1,6 % par an et de la testostérone biodisponible de 2 à 3 % par an ; les hommes en bonne santé apparente (sans maladie chronique, obésité, traitement au long cours ni consommation excessive d'alcool) avaient des taux d'androgènes supérieurs de 10 à 15 %.
Limite : cohorte américaine majoritairement blanche, dosages par immunoanalyse de l'époque, moins précis que les techniques actuelles. Les auteurs suggèrent que l'apparition de maladies accélère la baisse, ce qui complique la part attribuable à l'âge seul.
Ce dernier point est essentiel. Les chercheurs ont observé que la baisse mesurée chez un même homme au fil des années était plus rapide que ne le laissait prévoir la simple comparaison entre hommes jeunes et âgés. Leur interprétation : la survenue de problèmes de santé au cours du suivi accélère la chute. Autrement dit, ce n'est pas seulement le temps qui fait baisser la testostérone, c'est aussi ce que le temps apporte comme maladies, kilos et traitements.

Une revue plus récente de Gary Wittert et Mathis Grossmann (Reviews in Endocrine and Metabolic Disorders, 2022) va dans le même sens, de façon encore plus nette : en l'absence d'obésité, de comportements de vie défavorables et de certains médicaments comme les opioïdes, la testostérone ne diminue que de façon minime chez la plupart des hommes, au moins jusqu'à un âge très avancé.

Un vrai déficit est beaucoup plus rare qu'on ne le croit

Avoir une testostérone un peu plus basse qu'à 30 ans ne signifie pas souffrir d'un déficit. La question qui compte est la suivante : à partir de quand la baisse se traduit-elle par des symptômes qui lui sont réellement liés ?

C'est précisément ce qu'a cherché l'European Male Ageing Study (EMAS). Les chercheurs ont interrogé et prélevé 3 369 hommes de 40 à 79 ans tirés au sort dans la population générale de huit centres européens. Les dosages ont été faits le matin, par spectrométrie de masse, la méthode de référence.

Ce que montrent les études
Étude : European Male Ageing Study (EMAS), Wu et coll., New England Journal of Medicine, 2010.
Effectif : 3 369 hommes de 40 à 79 ans, échantillon aléatoire de la population générale dans huit pays européens.
Résultat : parmi de nombreux symptômes testés, seuls trois symptômes sexuels (érections matinales moins fréquentes, baisse du désir, troubles de l'érection) formaient un ensemble cohérent associé à une testostérone basse. En combinant ces trois symptômes et une testostérone basse confirmée, environ 2 % des hommes répondaient à la définition d'un hypogonadisme d'apparition tardive.
Limite : étude transversale (une photographie à un instant donné), qui montre une association et non une relation de cause à effet ; population européenne d'origine principalement caucasienne.
Ce chiffre d'environ 2 % est à mettre en regard du nombre d'hommes qui se reconnaissent dans les descriptions de l'« andropause » sur Internet. La fatigue, la baisse de moral ou la difficulté à fournir un effort intense étaient bien plus fréquentes dans l'EMAS, mais elles n'étaient que faiblement liées à la testostérone : elles peuvent avoir mille autres causes.

Des valeurs de référence enfin harmonisées

Pendant longtemps, chaque laboratoire utilisait ses propres normes, ce qui rendait les résultats difficiles à comparer. En 2017, Thomas Travison et ses collègues ont harmonisé les mesures de quatre grandes cohortes américaines et européennes, en calibrant les dosages sur une méthode de référence, pour établir des valeurs normales chez des hommes jeunes et non obèses (Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2017). Ce travail, repris par les recommandations de l'Endocrine Society, permet aujourd'hui de comparer un résultat à une référence plus fiable. C'est au médecin, et non à un tableau trouvé en ligne, d'interpréter votre résultat au regard de ces normes, de la technique utilisée par le laboratoire et de votre situation.

Des symptômes peu spécifiques, faciles à attribuer à tort

Les manifestations classiquement associées à un manque de testostérone sont connues. Le problème, c'est qu'aucune ne lui est propre.

Les signes les plus évocateurs

Les recommandations de l'Endocrine Society (Bhasin et coll., 2018) distinguent des signes et symptômes plus spécifiques et d'autres qui le sont beaucoup moins. Parmi les plus évocateurs :

  • une baisse du désir sexuel et de l'activité sexuelle ;
  • la diminution des érections spontanées, en particulier matinales ;
  • des troubles de l'érection ;
  • plus rarement, une diminution de la pilosité, une augmentation du volume des seins (gynécomastie), une diminution du volume des testicules, des bouffées de chaleur, ou une fracture survenue lors d'un traumatisme minime.
On retrouve ici les trois symptômes sexuels mis en évidence par l'EMAS. Ce sont eux qui sont le plus étroitement liés à une testostérone basse.

Les symptômes moins spécifiques

D'autres manifestations sont souvent mises en avant, mais elles sont beaucoup moins caractéristiques :

  • fatigue, manque d'énergie, baisse de motivation ;
  • humeur plus triste, irritabilité, difficultés de concentration ;
  • perte de force et de masse musculaire, augmentation de la masse grasse ;
  • troubles du sommeil.
Ces symptômes sont fréquents chez tous les hommes de plus de 50 ans, quel que soit leur taux de testostérone. Ils peuvent tout aussi bien traduire un manque de sommeil, une dépression, une apnée du sommeil, un diabète, une anémie, un problème de thyroïde, un excès d'alcool ou une période de surcharge professionnelle. L'article Testostérone basse et fatigue chez l'homme détaille spécifiquement ce lien entre énergie et hormones masculines.

Les questionnaires en ligne, une mauvaise boussole

De nombreux sites proposent de « tester votre andropause » avec un questionnaire. Les outils de ce type, comme le questionnaire ADAM, ont été conçus pour repérer des hommes à qui proposer une évaluation, pas pour poser un diagnostic. Leur principal défaut est connu : ils sont très sensibles mais peu spécifiques. Une grande majorité d'hommes fatigués ou stressés obtiennent un score « positif », alors que leur testostérone est normale. Un questionnaire peut vous inciter à consulter ; il ne vous dit pas si vous manquez de testostérone.

Ce qui ressemble à un déficit sans en être : sommeil, dépression, surpoids

Avant de soupçonner les hormones, il est utile de faire le tour des situations qui produisent les mêmes symptômes. Dans de nombreux cas, elles expliquent tout. Dans d'autres, elles font elles-mêmes baisser la testostérone : traiter la cause permet alors de corriger une partie du problème.

Le surpoids et le tour de taille

C'est la cause la plus fréquente de testostérone basse chez l'homme d'âge moyen. Le tissu graisseux abdominal, en particulier la graisse viscérale, perturbe l'axe hormonal à plusieurs niveaux : il favorise la transformation de la testostérone en œstrogènes, s'accompagne d'une résistance à l'insuline et d'une inflammation chronique, et freine les signaux envoyés par le cerveau aux testicules. Wittert et Grossmann décrivent ce mécanisme comme un hypogonadisme fonctionnel de l'obésité : la baisse est réelle, mais elle est d'abord la conséquence de l'excès de poids.

La bonne nouvelle, c'est qu'il est en partie réversible. Nous y reviendrons dans la partie consacrée au mode de vie.

Le diabète de type 2 et le syndrome métabolique

Le diabète de type 2 est étroitement lié à une testostérone basse, dans les deux sens. Les hommes diabétiques ont plus souvent des taux bas, et les hommes qui ont une testostérone basse ont un risque accru de développer un diabète. Pour cette raison, les recommandations incitent à doser la testostérone chez les hommes diabétiques qui présentent des symptômes évocateurs, et inversement à rechercher un trouble métabolique devant une testostérone basse.

L'apnée du sommeil et le manque de sommeil

Le sommeil est un acteur majeur et souvent négligé. Une grande partie de la production quotidienne de testostérone se fait pendant le sommeil. Le raccourcir ou le fragmenter la fait baisser.

Ce que montrent les études
Étude : Leproult et Van Cauter, JAMA, 2011.
Effectif : 10 hommes jeunes en bonne santé, étudiés en laboratoire du sommeil.
Résultat : après une semaine limitée à environ 5 heures de sommeil par nuit, leur testostérone pendant la journée a diminué de 10 à 15 %, une baisse comparable à celle observée en 10 à 15 ans de vieillissement ; les participants rapportaient aussi une baisse de leur sensation de vigueur.
Limite : très petit effectif, hommes jeunes, durée courte ; les résultats ne se transposent pas directement à l'homme de 60 ans, mais ils illustrent le poids du sommeil.
Le syndrome d'apnées obstructives du sommeil, très fréquent chez l'homme en surpoids de plus de 50 ans, combine fatigue, somnolence, baisse de la libido, troubles de l'érection et testostérone basse. Il ressemble donc trait pour trait à l'image de l'« andropause ». Ronflements, pauses respiratoires constatées par la conjointe ou le conjoint, réveils non reposants et somnolence dans la journée doivent faire évoquer ce diagnostic. L'article Apnée du sommeil et surpoids : le lien et comment agir détaille la démarche. Point important : une apnée du sommeil sévère non traitée fait partie des situations où les recommandations déconseillent un traitement par testostérone, qui pourrait l'aggraver.

La dépression

Baisse d'élan, fatigue, perte de plaisir, désir sexuel en berne, troubles du sommeil : la dépression partage beaucoup de symptômes avec le déficit en testostérone. Chez l'homme, elle prend parfois une forme moins reconnaissable, avec irritabilité, repli, hausse de la consommation d'alcool ou surinvestissement dans le travail. La confondre avec un problème hormonal retarde une prise en charge qui, elle, est bien établie. Pour mieux reconnaître ses manifestations, voir Comprendre la dépression : symptômes, formes et mécanismes. Si vous traversez des idées noires ou pensez au suicide, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24).

L'alcool, les médicaments et les autres maladies

Plusieurs facteurs font baisser la testostérone ou imitent ses symptômes :

  • une consommation régulière d'alcool, qui agit directement sur les testicules et le foie, et dégrade le sommeil (voir Alcool et sommeil : pourquoi le vin du soir nuit à vos nuits) ;
  • certains médicaments, en particulier les opioïdes au long cours, les corticoïdes à forte dose et prolongés, certains traitements psychiatriques ou de la prostate ;
  • une maladie aiguë récente (infection sévère, hospitalisation, intervention chirurgicale), après laquelle la testostérone peut baisser transitoirement ;
  • les maladies chroniques : insuffisance rénale, cirrhose, insuffisance cardiaque, VIH ;
  • les troubles de la thyroïde, qui modifient la SHBG et la libido (voir Thyroïde et libido : quand la glande thyroïde freine le désir) ;
  • une hyperprolactinémie ou une atteinte de l'hypophyse, rares mais importantes à identifier.
Ce dernier point mérite une précision. Il existe des hypogonadismes qui ne sont pas « liés à l'âge » du tout : une maladie des testicules, une maladie génétique comme le syndrome de Klinefelter, un adénome de l'hypophyse, une surcharge en fer (hémochromatose). Ces situations relèvent d'un bilan spécialisé et d'une prise en charge spécifique. C'est l'une des raisons pour lesquelles une testostérone basse ne doit jamais être « corrigée » sans que l'on en ait cherché la cause.

Le stress chronique et la vie de couple

Enfin, la baisse de désir n'est pas qu'une affaire de molécules. Un stress professionnel prolongé, une relation de couple tendue, une routine qui s'installe, des difficultés sexuelles qui créent une anxiété de performance : tout cela pèse lourd. Les articles Libido masculine : maintenir et booster le désir au masculin et Libido et ménopause/andropause : retrouver le désir après 50 ans explorent ces dimensions psychologiques et relationnelles.

Le bilan : quel dosage, à quelle heure, combien de fois

Si vos symptômes persistent après avoir fait le point sur les causes précédentes, ou si vous présentez les signes sexuels les plus évocateurs, la démarche est simple : en parler à votre médecin traitant. Il peut prescrire le bilan et, selon les résultats, vous orienter vers un urologue, un andrologue ou un endocrinologue.

Pourquoi le matin

La testostérone suit un rythme quotidien : elle est la plus élevée en début de matinée et baisse au fil de la journée. Chez l'homme jeune, l'écart peut être important ; il s'atténue avec l'âge mais persiste. Un prélèvement fait l'après-midi peut donc donner une valeur faussement basse. Les recommandations de l'Endocrine Society préconisent un prélèvement le matin, à jeun, car la prise d'un repas, notamment riche en sucres, peut faire baisser transitoirement la testostérone.

Pourquoi deux fois

La testostérone varie d'un jour à l'autre, parfois nettement. Une nuit écourtée, une infection en cours, un stress aigu ou un repas copieux la veille peuvent fausser un résultat isolé. C'est pourquoi les recommandations exigent de confirmer une valeur basse par un second dosage, réalisé dans les mêmes conditions, à distance du premier. Dans l'EMAS comme dans les grands essais de traitement, les participants devaient d'ailleurs avoir deux mesures basses pour être considérés comme déficitaires.

Un seul résultat bas, surtout s'il a été obtenu en fin de journée ou pendant une période de maladie, ne permet pas de conclure. À l'inverse, un dosage normal le matin rend un déficit peu probable et invite à chercher ailleurs l'origine des symptômes.

Ce que l'on dose

Le médecin dose en général la testostérone totale. Dans certaines situations où la SHBG est modifiée (obésité, diabète, âge avancé, maladie du foie, troubles thyroïdiens, certains médicaments), la testostérone totale peut être trompeuse ; il peut alors demander la SHBG et calculer la testostérone libre, ou la faire mesurer par une technique spécialisée.

Si le déficit est confirmé, d'autres examens permettent d'en préciser l'origine :

  • la LH et la FSH, hormones de l'hypophyse qui commandent les testicules : elles indiquent si le problème vient des testicules eux-mêmes ou du « chef d'orchestre » cérébral ;
  • la prolactine, et parfois un bilan de l'hypophyse ;
  • le bilan martial (ferritine, coefficient de saturation de la transferrine) pour rechercher une surcharge en fer ;
  • un bilan métabolique : glycémie, hémoglobine glyquée, bilan lipidique ;
  • une numération formule sanguine ;
  • selon l'âge et les antécédents, un examen de la prostate et un dosage du PSA avant toute discussion de traitement.
Pour une vue d'ensemble des examens utiles quand la fatigue domine, l'article Bilan sanguin fatigue : quels examens demander à son médecin complète utilement ce point.

Les seuils : une affaire de médecin

Les recommandations fixent des seuils en deçà desquels une testostérone est considérée comme basse, mais ces chiffres dépendent de la technique de dosage du laboratoire, de la SHBG et du contexte. Un résultat légèrement sous la norme chez un homme sans symptôme sexuel n'a pas la même signification qu'une valeur franchement basse chez un homme qui a perdu toute libido. Ce n'est pas un chiffre isolé qui fait le diagnostic, mais l'association de symptômes évocateurs et de dosages bas confirmés, interprétée par un médecin.

Le traitement substitutif : indications, bénéfices attendus, risques

Lorsqu'un déficit est confirmé et qu'aucune cause réversible n'a été trouvée, ou que la correction de cette cause ne suffit pas, le médecin peut discuter d'un traitement par testostérone. Cette décision se prend au cas par cas, après un bilan et une information complète. Cet article ne donne volontairement aucune indication de produit, de voie d'administration ou de dose : ce sont des choix médicaux qui dépendent de chaque situation.

Ce que disent les recommandations

Les recommandations de l'Endocrine Society (2018) proposent de traiter uniquement les hommes qui présentent à la fois des symptômes et signes cohérents avec un déficit et des taux bas confirmés à plusieurs reprises. Elles déconseillent de prescrire de la testostérone à tous les hommes âgés au seul motif d'une testostérone basse, et recommandent de discuter des bénéfices et risques avec chacun.

Elles listent aussi des situations dans lesquelles le traitement n'est pas recommandé, parmi lesquelles :

  • un projet de paternité à court terme (la testostérone apportée de l'extérieur freine fortement la production de spermatozoïdes) ;
  • un cancer de la prostate ou du sein ;
  • un nodule ou une induration de la prostate non explorés, ou un PSA élevé sans bilan urologique ;
  • un taux de globules rouges (hématocrite) déjà élevé ;
  • une apnée du sommeil sévère non traitée ;
  • des troubles urinaires sévères liés à la prostate ;
  • une insuffisance cardiaque non contrôlée, un infarctus ou un accident vasculaire cérébral récents ;
  • des antécédents de thrombose.

Les bénéfices : réels, mais ciblés

Les meilleures données sur les bénéfices viennent de deux grands programmes d'essais randomisés en double aveugle, comparant un gel de testostérone à un gel identique sans principe actif.

Ce que montrent les études
Étude : Testosterone Trials (TTrials), Snyder et coll., New England Journal of Medicine, 2016.
Effectif : 790 hommes de 65 ans et plus, avec une testostérone basse et des symptômes évocateurs, traités un an par gel de testostérone ou par gel inactif.
Résultat : amélioration modérée de l'activité sexuelle, du désir et de la fonction érectile ; léger bénéfice sur l'humeur et les symptômes dépressifs ; aucun bénéfice démontré sur la vitalité (fatigue) et pas d'amélioration significative de la distance de marche dans l'essai dédié à la fonction physique.
Limite : durée d'un an et effectif trop réduit, selon les auteurs eux-mêmes, pour conclure sur les risques à long terme.
Ce que montrent les études
Étude : étude de la fonction sexuelle de TRAVERSE, Pencina et coll., Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2024.
Effectif : 1 161 hommes de 45 à 80 ans, avec testostérone basse confirmée, symptômes de déficit, baisse de libido et maladie cardiovasculaire ou risque élevé.
Résultat : sur deux ans, le traitement a amélioré l'activité sexuelle, le désir et les symptômes de déficit par rapport au groupe témoin ; il n'a pas amélioré la fonction érectile.
Limite : population à haut risque cardiovasculaire, ce qui limite la généralisation ; gain moyen modeste sur le nombre de rapports.
Ces résultats sont instructifs. Chez les hommes réellement déficitaires, le traitement agit surtout sur le désir et l'activité sexuelle. Il ne se comporte pas comme un remède contre la fatigue, un « coup de jeune » général, ni un traitement des troubles de l'érection, qui ont le plus souvent une origine vasculaire. Sur ce dernier point, l'article Troubles de l'érection : ce qui change vraiment avec le mode de vie montre combien l'état des artères pèse dans la balance.

Les risques : mieux connus, toujours présents

Pendant des années, la question du risque cardiaque a fait débat. L'essai TRAVERSE a apporté une réponse importante.

Ce que montrent les études
Étude : TRAVERSE, Lincoff et coll., New England Journal of Medicine, 2023.
Effectif : 5 246 hommes de 45 à 80 ans, avec testostérone basse confirmée par deux dosages, symptômes de déficit et maladie cardiovasculaire existante ou risque élevé ; suivi moyen de 33 mois.
Résultat : le traitement n'a pas augmenté le risque d'événements cardiovasculaires majeurs (décès cardiovasculaire, infarctus, AVC), survenus chez 7,0 % des hommes traités et 7,3 % du groupe témoin. En revanche, on a observé plus de fibrillations atriales, d'insuffisances rénales aiguës et d'embolies pulmonaires chez les hommes traités.
Limite : nombreux arrêts de traitement en cours d'étude ; résultats obtenus chez des hommes réellement déficitaires, suivis médicalement et dont les taux étaient surveillés, ce qui ne s'applique pas à l'automédication.
Ce dernier point est capital : la relative sécurité cardiovasculaire observée dans TRAVERSE concerne un traitement prescrit, ajusté et surveillé chez des hommes dont le déficit était confirmé. Elle ne dit rien de la prise de testostérone sans indication, à des doses non contrôlées.

Parmi les autres effets connus d'un traitement par testostérone, les médecins surveillent notamment :

  • l'augmentation des globules rouges (polyglobulie), qui épaissit le sang et favorise les thromboses ;
  • la baisse de la fertilité, parfois durable, par freinage de la production de spermatozoïdes ;
  • la prostate : la testostérone ne semble pas provoquer de cancer chez l'homme bien surveillé, mais elle peut stimuler un cancer préexistant non diagnostiqué ; d'où le bilan préalable et le suivi ;
  • l'aggravation possible d'une apnée du sommeil ;
  • une augmentation du volume des seins, de l'acné, une rétention d'eau.
C'est pour cela qu'un traitement prescrit s'accompagne d'un suivi régulier : contrôle de la testostérone, de l'hématocrite, de la prostate selon l'âge, et réévaluation des symptômes. Si le bénéfice attendu n'apparaît pas au bout de quelques mois, les recommandations invitent à reconsidérer le traitement.

⚠️ Testostérone et DHEA en automédication : un danger réel

La testostérone est vendue illégalement sur Internet, dans certaines salles de sport ou rapportée de l'étranger, sous forme de gels, d'injections ou de comprimés. La DHEA, une hormone produite par les glandes surrénales et précurseur des hormones sexuelles, est présentée sur de nombreux sites comme une « hormone de jouvence » et vendue comme un complément. Ce ne sont ni des vitamines ni des fortifiants : ce sont des hormones.

Les prendre sans prescription ni suivi expose à plusieurs dangers :

  • un sang trop épais et un risque accru de thrombose, de phlébite et d'embolie pulmonaire ;
  • l'effondrement de la fertilité et la diminution du volume des testicules, l'apport extérieur mettant la production naturelle à l'arrêt ;
  • un effet rebond à l'arrêt : la production propre met du temps à redémarrer, ce qui peut aggraver fatigue, baisse de libido et moral pendant des mois, et pousser à reprendre le produit ;
  • la stimulation d'un cancer de la prostate ou d'une tumeur hormonodépendante non diagnostiqués ;
  • des troubles du rythme cardiaque, une hausse de la tension artérielle, une aggravation de l'apnée du sommeil ;
  • pour la DHEA, une transformation imprévisible en testostérone et en œstrogènes, avec acné, gynécomastie, perturbations du bilan lipidique ;
  • enfin, pour les produits achetés en ligne, une composition incertaine : dosage réel inconnu, contrefaçons, contaminations.
En pratique : ne prenez jamais de testostérone ni de DHEA sans prescription médicale. Si vous en prenez déjà, ne les arrêtez pas brutalement en cachette ni ne les poursuivez sans rien dire : parlez-en franchement à votre médecin, qui organisera un bilan et un éventuel sevrage encadré. En cas de douleur ou de gonflement d'un mollet, d'essoufflement brutal, de douleur thoracique, de palpitations intenses ou de signes d'AVC (bouche déformée, faiblesse d'un côté, trouble de la parole), appelez immédiatement le 15 (ou le 112).

Ce que le mode de vie change réellement sur la testostérone

C'est la partie la plus encourageante. Dans la majorité des cas de testostérone un peu basse chez l'homme de plus de 50 ans, le mode de vie n'est pas un simple « bonus » : c'est le levier principal, et il agit aussi sur la santé cardiovasculaire, le moral, le sommeil et la sexualité. Ces mesures viennent en complément d'un suivi médical, jamais à la place.

Perdre du poids quand il y a un excès

Le lien entre perte de poids et testostérone est l'un des mieux documentés.

Ce que montrent les études
Étude : revue systématique et méta-analyse, Corona et coll., European Journal of Endocrinology, 2013.
Effectif : 24 études portant sur des hommes obèses ayant suivi un régime hypocalorique ou bénéficié d'une chirurgie de l'obésité.
Résultat : la perte de poids s'accompagne d'une augmentation significative de la testostérone totale et libre ; l'ampleur de la perte de poids est le meilleur déterminant de la hausse. L'effet est plus marqué après chirurgie, qui fait perdre davantage de poids, et chez les hommes plus jeunes et non diabétiques.
Limite : peu d'essais randomisés pour les régimes, études hétérogènes ; ces résultats concernent des hommes obèses, pas ceux de poids normal.
Concrètement, il n'est pas question de régime drastique. Une perte de poids progressive, obtenue par une alimentation de qualité et une activité physique régulière, et surtout maintenue dans le temps, est ce qui compte. La réduction du tour de taille est un bon repère, car c'est la graisse abdominale qui pèse le plus sur l'équilibre hormonal. Un diététicien-nutritionniste peut vous aider à construire un changement durable plutôt qu'une restriction difficile à tenir.

Bouger, et pas seulement pour la testostérone

L'activité physique régulière améliore la sensibilité à l'insuline, aide à réduire la graisse viscérale et préserve la masse musculaire. Les études montrent des effets variables et souvent modestes de l'exercice sur la testostérone elle-même, mais un bénéfice net sur les symptômes que l'on attribue volontiers à l'« andropause » : énergie, force, humeur, qualité du sommeil, fonction érectile.

Une combinaison est généralement conseillée :

  • de l'activité d'endurance d'intensité modérée (marche rapide, vélo, natation) la plupart des jours de la semaine ;
  • du renforcement musculaire deux à trois fois par semaine, adapté à votre condition ;
  • moins de temps assis dans la journée.
Le renforcement musculaire est particulièrement précieux après 50 ans, car il limite la fonte musculaire liée à l'âge, la sarcopénie, que l'on attribue souvent à tort aux seules hormones. L'article Sarcopénie : comprendre et combattre la perte musculaire liée à l'âge donne des repères concrets. Si vous reprenez le sport après une longue pause, si vous avez une maladie cardiaque, un diabète ou des facteurs de risque, demandez d'abord l'avis de votre médecin.

Une précision : l'entraînement extrême, avec un déficit calorique important et une récupération insuffisante, peut au contraire faire baisser la testostérone. Plus n'est pas toujours mieux.

Protéger son sommeil

Puisque la testostérone est en grande partie produite la nuit, le sommeil est un levier direct :

  • viser une durée de sommeil suffisante, régulière, avec des horaires stables, y compris le week-end ;
  • limiter l'alcool le soir, qui fragmente le sommeil ;
  • réduire les écrans et la lumière vive avant le coucher ;
  • faire dépister une apnée du sommeil en cas de ronflements, de pauses respiratoires ou de somnolence dans la journée : son traitement améliore la vigilance et la qualité de vie.

Réduire l'alcool et arrêter le tabac

L'alcool en quantité régulière fait baisser la testostérone et dégrade le sommeil et les érections. Le tabac abîme les artères, y compris celles du pénis. Réduire l'un et arrêter l'autre fait partie des mesures les plus rentables pour la santé sexuelle comme pour la santé globale. Si vous souhaitez de l'aide, Alcool Info Service (0 980 980 930) et Tabac Info Service (39 89) proposent un accompagnement gratuit.

Prendre soin de son équilibre psychologique et de son couple

Un stress chronique, un épuisement professionnel ou une dépression jouent sur le désir autant, voire plus, que les hormones. Parler de ce que l'on vit avec sa ou son partenaire, consulter un psychologue ou un sexologue, apprendre des techniques de gestion du stress : ce sont des démarches qui ont toute leur place, en complément du bilan médical.

Compléments boosters de testostérone : ce que valent les preuves

Le marché des compléments « boosters de testostérone » est florissant. Les emballages promettent plus d'énergie, plus de muscle, plus de désir. Que contiennent-ils, et que sait-on de leurs effets ?

Ce que montrent les études
Étude : Clemesha, Thaker et Samplaski, World Journal of Men's Health, 2020.
Effectif : 50 compléments « boosters de testostérone » parmi les plus visibles en ligne, totalisant 109 ingrédients différents.
Résultat : 90 % des produits affirmaient augmenter la testostérone, mais seuls 24,8 % des ingrédients disposaient de données publiées montrant une hausse de testostérone ; 10,1 % avaient des données suggérant au contraire une baisse ; pour 61,5 %, aucune donnée n'existait. Plusieurs produits contenaient des vitamines et minéraux à des doses bien supérieures aux apports recommandés, certains dépassant les limites de sécurité, notamment pour le zinc.
Limite : analyse des étiquettes et de la littérature, pas un essai clinique ; marché américain, mais des produits largement comparables sont vendus en Europe.
En résumé : chez l'homme qui n'a pas de carence particulière, les compléments « boosters » n'ont pas démontré d'effet cliniquement pertinent sur la testostérone. Quelques nuances méritent d'être apportées :

  • le zinc et la vitamine D : une carence réelle peut s'accompagner d'une testostérone plus basse, et la corriger est utile. Mais chez l'homme sans carence, la supplémentation n'a pas montré de bénéfice net, et l'excès de zinc a ses propres effets indésirables. Si une carence est suspectée, un dosage et un avis médical valent mieux qu'un complément au hasard ;
  • les plantes comme le fenugrec, le tribulus, l'ashwagandha ou le ginseng : les études disponibles sont souvent de petite taille, de courte durée, parfois financées par les fabricants, avec des résultats inconstants sur la testostérone. Certaines ont été étudiées pour le désir ou la fonction sexuelle plutôt que pour les hormones. L'article Plantes aphrodisiaques : les stimulants naturels du désir fait le point sur ces données avec leurs limites ;
  • les produits frelatés : des analyses ont régulièrement retrouvé dans des compléments vendus en ligne des substances non déclarées, y compris des stéroïdes anabolisants ou des molécules médicamenteuses. Un complément « naturel » acheté sur un site inconnu peut donc contenir une hormone sans que vous le sachiez.
Avant de prendre un complément, quel qu'il soit, signalez-le à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous prenez un traitement (anticoagulant, traitement du diabète, de la tension, antidépresseur) ou si vous avez un antécédent de cancer hormonodépendant. Et gardez en tête qu'un complément qui vous fait vous sentir mieux peut masquer un problème qui méritait d'être exploré : apnée du sommeil, diabète, dépression.

Le bon interlocuteur, au bon moment

Pour éviter de tourner en rond entre questionnaires en ligne et compléments, voici une démarche simple :

  1. Votre médecin traitant est la première étape : il fait le point sur vos symptômes, vos traitements, votre poids, votre sommeil, votre moral, et prescrit le bilan adapté, dont les deux dosages matinaux si nécessaire.
  2. L'urologue ou l'andrologue intervient en cas de troubles sexuels, de troubles urinaires, d'anomalie de la prostate ou de projet de paternité.
  3. L'endocrinologue est sollicité en cas de déficit confirmé, de cause hormonale suspectée (hypophyse, prolactine), de diabète ou d'obésité complexes, ou pour discuter d'un traitement.
  4. Les professionnels de l'hygiène de vie (diététicien-nutritionniste, enseignant en activité physique adaptée, psychologue, sophrologue) accompagnent les changements concrets, en complément du suivi médical.
Si vous cherchez un professionnel pour vous accompagner sur le volet hygiène de vie ou gestion du stress, l'annuaire ViziWell vous aide à trouver un praticien près de chez vous.

Questions fréquentes

L'andropause existe-t-elle vraiment ?

Pas au sens d'un équivalent masculin de la ménopause. La testostérone baisse lentement avec l'âge, mais il n'y a ni arrêt brutal ni passage obligé pour tous les hommes. Les médecins parlent plutôt de déficit androgénique lié à l'âge ou d'hypogonadisme d'apparition tardive, une situation définie par des symptômes évocateurs et une testostérone basse confirmée. Selon l'étude européenne EMAS, environ 2 % des hommes de 40 à 79 ans répondent à cette définition.

À quel âge la testostérone commence-t-elle à baisser ?

En moyenne, la baisse devient mesurable à partir de 35 à 40 ans, à un rythme lent, de l'ordre de 1 à 2 % par an pour la testostérone totale dans la Massachusetts Male Aging Study. Mais les écarts entre hommes sont considérables : le surpoids, le diabète, le manque de sommeil, l'alcool et certaines maladies accélèrent la baisse, tandis qu'un homme en bonne santé conserve souvent des valeurs normales jusqu'à un âge avancé.

Quels symptômes doivent faire doser la testostérone ?

Les signes les plus évocateurs sont sexuels : baisse nette du désir, raréfaction des érections matinales, troubles de l'érection. D'autres signes comme une diminution de la pilosité, une augmentation du volume des seins ou une fracture survenue pour un choc minime peuvent aussi conduire à un dosage. La fatigue seule, le manque de motivation ou la prise de poids, sans signe sexuel associé, sont beaucoup moins spécifiques et doivent d'abord faire rechercher d'autres causes. C'est votre médecin qui décide de l'intérêt du dosage.

Comment se fait le dosage de testostérone et à quelle heure ?

Par une simple prise de sang, réalisée le matin, à jeun, car la testostérone est plus élevée en début de journée et un repas peut la faire baisser temporairement. Un résultat bas doit être confirmé par un second dosage dans les mêmes conditions. Il vaut mieux éviter de faire la prise de sang pendant une infection, après une nuit blanche ou dans une période de maladie aiguë. Selon le contexte, le médecin peut ajouter la SHBG, la LH, la FSH, la prolactine et d'autres examens.

Le traitement par testostérone est-il dangereux ?

Prescrit chez un homme dont le déficit est confirmé, après un bilan et avec un suivi régulier, il a montré dans l'essai TRAVERSE qu'il n'augmentait pas le risque d'infarctus ou d'AVC chez des hommes à risque cardiovasculaire, mais il s'accompagnait de davantage de fibrillations atriales, d'embolies pulmonaires et d'insuffisances rénales aiguës. Il peut aussi augmenter les globules rouges et réduire fortement la fertilité. Pris sans prescription, sans bilan ni surveillance, il devient réellement dangereux. La décision appartient au médecin, à l'urologue ou à l'endocrinologue.

Les compléments pour booster la testostérone sont-ils utiles ?

Une analyse de 50 produits vendus en ligne a montré que seuls environ un quart de leurs ingrédients avaient des données publiées en faveur d'une hausse de la testostérone, et que beaucoup contenaient des doses excessives de vitamines et de minéraux. Chez l'homme sans carence, ces compléments n'ont pas démontré d'effet cliniquement pertinent. La perte de poids en cas d'excès, l'activité physique, le sommeil et la réduction de l'alcool sont des leviers mieux documentés.

Ce qu'il faut retenir

  • La testostérone baisse lentement avec l'âge, et beaucoup moins chez les hommes en bonne santé ; le mot « andropause » exagère ce phénomène.
  • Un vrai déficit associe des symptômes, surtout sexuels, et une testostérone basse confirmée par deux dosages matinaux ; il concerne une minorité d'hommes.
  • La fatigue, la baisse de moral et la prise de poids ont le plus souvent d'autres causes : surpoids, diabète, apnée du sommeil, manque de sommeil, dépression, alcool, médicaments.
  • Le traitement substitutif a des indications strictes, agit surtout sur le désir et l'activité sexuelle, et nécessite un suivi. Il relève du médecin, de l'urologue ou de l'endocrinologue.
  • Testostérone et DHEA en automédication sont dangereuses : thromboses, infertilité, effet rebond, stimulation de cancers non diagnostiqués.
  • Perdre du poids, bouger, bien dormir, réduire l'alcool et arrêter le tabac sont les leviers les mieux documentés, en complément du suivi médical.
Vos symptômes méritent mieux qu'une étiquette commode et un complément acheté en ligne. Ils méritent un vrai bilan, et une démarche qui s'attaque aux causes.

Sources

  1. Feldman HA, Longcope C, Derby CA, et al. Age trends in the level of serum testosterone and other hormones in middle-aged men: longitudinal results from the Massachusetts male aging study. J Clin Endocrinol Metab. 2002;87(2):589-598. PMID 11836290. DOI 10.1210/jcem.87.2.8201.
  2. Wu FC, Tajar A, Beynon JM, et al. Identification of late-onset hypogonadism in middle-aged and elderly men. N Engl J Med. 2010;363(2):123-135. PMID 20554979. DOI 10.1056/NEJMoa0911101.
  3. Travison TG, Vesper HW, Orwoll E, et al. Harmonized Reference Ranges for Circulating Testosterone Levels in Men of Four Cohort Studies in the United States and Europe. J Clin Endocrinol Metab. 2017;102(4):1161-1173. PMID 28324103. DOI 10.1210/jc.2016-2935.
  4. Bhasin S, Brito JP, Cunningham GR, et al. Testosterone Therapy in Men With Hypogonadism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline. J Clin Endocrinol Metab. 2018;103(5):1715-1744. PMID 29562364. DOI 10.1210/jc.2018-00229.
  5. Snyder PJ, Bhasin S, Cunningham GR, et al. Effects of Testosterone Treatment in Older Men. N Engl J Med. 2016;374(7):611-624. PMID 26886521. DOI 10.1056/NEJMoa1506119.
  6. Lincoff AM, Bhasin S, Flevaris P, et al. Cardiovascular Safety of Testosterone-Replacement Therapy. N Engl J Med. 2023;389(2):107-117. PMID 37326322. DOI 10.1056/NEJMoa2215025.
  7. Pencina KM, Travison TG, Cunningham GR, et al. Effect of Testosterone Replacement Therapy on Sexual Function and Hypogonadal Symptoms in Men with Hypogonadism. J Clin Endocrinol Metab. 2024;109(2):569-580. PMID 37589949. DOI 10.1210/clinem/dgad484.
  8. Corona G, Rastrelli G, Monami M, et al. Body weight loss reverts obesity-associated hypogonadotropic hypogonadism: a systematic review and meta-analysis. Eur J Endocrinol. 2013;168(6):829-843. PMID 23482592. DOI 10.1530/EJE-12-0955.
  9. Wittert G, Grossmann M. Obesity, type 2 diabetes, and testosterone in ageing men. Rev Endocr Metab Disord. 2022;23(6):1233-1242. PMID 35834069. DOI 10.1007/s11154-022-09746-5.
  10. Leproult R, Van Cauter E. Effect of 1 week of sleep restriction on testosterone levels in young healthy men. JAMA. 2011;305(21):2173-2174. PMID 21632481. DOI 10.1001/jama.2011.710.
  11. Clemesha CG, Thaker H, Samplaski MK. 'Testosterone Boosting' Supplements Composition and Claims Are not Supported by the Academic Literature. World J Mens Health. 2020;38(1):115-122. PMID 31385468. DOI 10.5534/wjmh.190043.
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

AL

A. Michael Lincoff

Cleveland Clinic Coordinating Center for Clinical Research, Department of Cardiovascular Medicine, Cleveland Clinic, USA

SB

Shalender Bhasin

Endocrinologue, MD — Brigham and Women's Hospital, Harvard Medical School

Endocrinologue de référence sur la testostérone et l'hypogonadisme masculin, co-auteur d'une revue systématique et méta-analyse sur la substitution en testostérone.

RL

Rachel Leproult

Chercheuse en neurosciences du sommeil — Université Libre de Bruxelles

FW

Frederick C. W. Wu

Andrology Research Unit, University of Manchester, Manchester Academic Health Science Centre, United Kingdom

PS

Peter J. Snyder

Division of Endocrinology, Diabetes, and Metabolism, Perelman School of Medicine, University of Pennsylvania, Philadelphia, USA