Couple senior complice et souriant partageant un moment de tendresse à la lumière douce, symbole du désir retrouvé après 50 ans
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Libido et ménopause/andropause : retrouver le désir après 50 ans

30 min de lecture

Après 50 ans, beaucoup de femmes et d'hommes s'aperçoivent que quelque chose a bougé dans leur vie intime. Le désir se fait plus discret, moins spontané, parfois plus lent à s'éveiller. Cette évolution est fréquente, profondément humaine, et elle n'a rien d'une fatalité ni d'un aveu d'échec. La ménopause chez la femme, le déclin hormonal progressif que l'on appelle parfois andropause chez l'homme, mais aussi le stress, la fatigue, l'histoire du couple et le regard que l'on porte sur soi : de nombreux fils s'entremêlent. La bonne nouvelle, c'est que la sexualité après 50 ans reste un espace de plaisir, de tendresse et de complicité, souvent plus libre et plus choisi qu'auparavant.

Cet article s'adresse à toutes et à tous, quel que soit votre parcours, votre orientation ou la forme de votre couple. Il propose un tour d'horizon apaisé de ce qui change réellement dans le corps et dans la tête, puis des approches douces et concrètes pour raviver le désir : hygiène de vie, activité physique, sommeil, communication, pleine conscience, gestion du stress et plantes traditionnelles abordées avec prudence. L'objectif n'est pas de « performer » ni de retrouver à tout prix la sexualité de ses 30 ans, mais de renouer avec un plaisir qui vous ressemble aujourd'hui. Ces pistes complètent un suivi médical, sans jamais le remplacer.

Ce qui change réellement après 50 ans

Le désir sexuel n'est pas un simple interrupteur hormonal. C'est le résultat d'un équilibre subtil entre le corps, les émotions, l'histoire personnelle et la relation. Après 50 ans, plusieurs de ces éléments évoluent en même temps, ce qui explique pourquoi la libido peut fluctuer. Comprendre ces mécanismes aide déjà à dédramatiser : ce que vous vivez a des causes concrètes, et la plupart d'entre elles peuvent être accompagnées.

La ménopause et la baisse des œstrogènes chez la femme

La ménopause correspond à l'arrêt naturel des cycles menstruels, confirmé après douze mois sans règles, généralement autour de 50 à 51 ans. Elle s'accompagne d'une baisse marquée des œstrogènes, mais aussi d'une diminution de la testostérone, l'hormone qui participe au désir chez la femme comme chez l'homme. Cette transition hormonale peut se traduire par une envie moins spontanée, une excitation plus lente à venir et des sensations parfois différentes.

Sur le plan physique, la baisse des œstrogènes fragilise les muqueuses génitales : c'est ce que l'on appelle la sécheresse vaginale, ou syndrome génito-urinaire de la ménopause. Les tissus deviennent plus fins, moins élastiques et moins lubrifiés, ce qui peut rendre les rapports inconfortables, voire douloureux. Or la douleur, même légère, envoie au cerveau un signal d'évitement qui éteint le désir : on anticipe l'inconfort, donc on se détourne. Ce cercle mécanique est très fréquent et, surtout, il se corrige bien une fois qu'on en parle. Pour saisir l'ensemble des transformations de cette période, notre article dédié à comprendre la ménopause : étapes, symptômes et changements hormonaux offre un panorama complet.

L'andropause et le déclin progressif de la testostérone chez l'homme

Chez l'homme, il n'existe pas d'équivalent brutal de la ménopause. La testostérone décline lentement, d'environ 1 % par an à partir de la quarantaine. On parle parfois d'andropause, ou plus précisément de déficit androgénique lié à l'âge, mais tous les hommes ne sont pas concernés de la même façon. Quand la baisse est significative, elle peut se traduire par une diminution du désir, une fatigue inhabituelle, une baisse de l'énergie et du moral, et parfois des troubles de l'érection.

Il est important de distinguer la baisse de désir du trouble de l'érection : ce sont deux réalités différentes qui coexistent souvent, mais qui n'ont pas les mêmes causes ni les mêmes réponses. L'érection dépend aussi de la santé vasculaire, du tabac, de la tension artérielle, du diabète ou de certains médicaments. C'est pourquoi une baisse de forme sexuelle après 50 ans mérite toujours un bilan médical : elle peut être un signal utile pour la santé globale, notamment cardiovasculaire. Une revue systématique et méta-analyse publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism (Ponce et coll., 2018) confirme qu'une substitution en testostérone, lorsqu'elle est médicalement indiquée en cas de déficit avéré, améliore significativement la libido, tout en soulignant la nécessité d'évaluer le rapport bénéfice-risque au cas par cas avec un médecin.

Les symptômes qui pèsent sur la vie intime

Au-delà des hormones, ce sont souvent les symptômes associés qui grignotent le désir. Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes perturbent le sommeil, et une nuit hachée laisse peu de place à l'envie le lendemain. La fatigue chronique, si fréquente à cette période de la vie, est un frein majeur : difficile de se sentir désirant quand on est épuisé. Ce lien entre épuisement et vie intime est développé dans notre dossier sur la fatigue chez les femmes : règles, grossesse, ménopause et charge mentale.

L'humeur joue aussi un rôle central. L'irritabilité, l'anxiété ou les épisodes de déprime qui accompagnent parfois cette transition hormonale retentissent directement sur l'élan vers l'autre. Le désir a besoin d'un minimum de disponibilité mentale et de sécurité intérieure pour s'exprimer. Si vous traversez une période difficile sur ce plan, notre article sur la ménopause et l'humeur : anxiété, irritabilité et déprime pourra vous éclairer et vous orienter.

Le désir, une histoire multifactorielle

Réduire la libido à une question d'hormones serait une simplification trompeuse. Chez l'être humain, et particulièrement après 50 ans, le désir se nourrit de quatre grandes dimensions qui se répondent en permanence : le corps, le psychisme, la relation et le mode de vie. Agir sur une seule d'entre elles donne rarement de grands résultats ; c'est en prenant soin de l'ensemble que l'on retrouve, pas à pas, un élan authentique.

La dimension hormonale et physique

C'est la plus visible : baisse des œstrogènes et de la testostérone, sécheresse des muqueuses, modifications de la sensibilité, fatigue, éventuels troubles de l'érection. À cela s'ajoutent parfois des maladies chroniques (diabète, hypertension, troubles thyroïdiens) et des médicaments qui peuvent influencer la libido, comme certains antidépresseurs ou traitements de la tension. Cette dimension physique se travaille avec un professionnel de santé, car elle peut nécessiter un traitement adapté, hormonal ou local, dont vous seul et votre médecin pouvez décider.

La dimension psychologique

Le désir se joue beaucoup dans la tête. L'image que l'on a de son corps évolue avec l'âge, et les changements physiques de la cinquantaine peuvent fragiliser l'estime de soi. Se sentir moins séduisant, moins « à la hauteur », alimente une forme d'auto-surveillance pendant l'intimité, ennemie jurée du lâcher-prise. Les injonctions sociales à la performance et à la jeunesse éternelle n'aident pas. Le stress, l'anxiété, les préoccupations professionnelles ou familiales occupent l'espace mental et détournent l'attention du plaisir. Retrouver du désir passe souvent par un travail bienveillant sur ce dialogue intérieur.

La dimension relationnelle

Après 50 ans, beaucoup de couples ont partagé des décennies de vie commune. La routine, les non-dits, les tensions accumulées ou au contraire une trop grande proximité peuvent émousser le désir, qui a besoin d'un peu d'altérité et de nouveauté pour s'entretenir. À l'inverse, une rupture, un veuvage ou une nouvelle rencontre changent la donne. La qualité de la communication au sein du couple est l'un des facteurs les plus déterminants du plaisir partagé : pouvoir dire ce que l'on ressent, ce qui a changé, ce dont on a envie, sans crainte du jugement.

La dimension liée au mode de vie

Enfin, notre hygiène de vie façonne en profondeur notre vitalité sexuelle. Le sommeil, l'activité physique, l'alimentation, la consommation d'alcool et de tabac, le niveau de stress chronique : tous ces éléments influencent la production hormonale, la circulation sanguine, l'énergie et l'humeur. C'est précisément sur cette dimension que les approches douces ont le plus à offrir, car elle est largement à votre portée au quotidien.

Des approches douces pour raviver le désir

Il n'existe pas de recette universelle ni de solution miracle. En revanche, un ensemble de gestes simples et cohérents, pratiqués avec régularité et sans pression, peut réellement contribuer à réveiller le désir et à améliorer le confort intime. Ces approches se conçoivent comme un accompagnement complémentaire d'un suivi médical, jamais comme un substitut à celui-ci.

Bouger pour réveiller le corps et l'élan

L'activité physique est sans doute l'un des leviers les plus accessibles et les mieux étayés. En améliorant la circulation sanguine, elle favorise l'irrigation des organes génitaux et la réponse à l'excitation. En stimulant la production d'endorphines, elle agit sur l'humeur et la confiance en soi. Chez l'homme, une activité régulière soutient des niveaux de testostérone plus favorables ; chez la femme, elle améliore l'image corporelle et la sensation de vitalité. Plusieurs travaux suggèrent qu'une pratique régulière est associée à une meilleure fonction sexuelle, chez les femmes comme chez les hommes vieillissants.

Nul besoin de devenir sportif de haut niveau. La marche rapide, la natation, le vélo, la danse, le yoga ou le renforcement musculaire léger, à raison de deux à trois séances par semaine, suffisent à installer des bénéfices durables. Le yoga et le Pilates méritent une mention particulière : ils renforcent la sangle abdominale et le périnée, améliorent la conscience corporelle et invitent à habiter son corps avec plus de douceur. Prendre soin de son périnée, par des exercices adaptés, améliore aussi les sensations et le confort lors des rapports.

Prendre soin de son sommeil

Le sommeil est le grand allié invisible du désir. C'est la nuit que le corps régule ses hormones, récupère et recharge ses réserves d'énergie. Or les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes et l'anxiété de la cinquantaine perturbent souvent ce repos. Un cercle vicieux s'installe : moins on dort, plus la fatigue et l'irritabilité s'accumulent, et plus la libido s'efface.

Rétablir une bonne hygiène de sommeil constitue donc une priorité : horaires réguliers, chambre fraîche et sombre, limitation des écrans le soir, réduction de l'alcool et des repas lourds. Certaines approches naturelles, comme les tisanes apaisantes ou les huiles essentielles, peuvent accompagner l'endormissement en douceur ; notre guide sur la phytothérapie et le sommeil détaille comment choisir une plante adaptée à votre situation. Si les troubles du sommeil persistent, ils méritent d'être évalués, car ils retentissent sur bien plus que la vie intime.

Cultiver la communication au sein du couple

Parler d'intimité n'est pas toujours facile, surtout après des années de vie commune où l'on croit tout savoir de l'autre. Pourtant, mettre des mots sur ce qui a changé désamorce beaucoup de malentendus. Un partenaire peut interpréter une baisse de désir comme un rejet, alors qu'il s'agit d'un phénomène hormonal ou d'un inconfort physique. Nommer les choses avec bienveillance, expliquer que l'on a besoin de plus de temps, de plus de tendresse ou de plus de préliminaires, ouvre un espace de compréhension mutuelle.

La sexualité après 50 ans gagne souvent à se réinventer : moins centrée sur la seule pénétration, plus attentive aux caresses, à la sensualité, à la lenteur. Redécouvrir le plaisir des baisers, des massages, de la peau contre la peau, sans objectif de « réussite », soulage la pression et laisse le désir revenir de lui-même. Se ménager des moments à deux, préserver une part de séduction et de jeu, cultiver la complicité en dehors de la chambre : tout cela nourrit l'intimité. Pour certains couples, quelques séances avec un sexologue ou un thérapeute de couple offrent un cadre précieux pour renouer le dialogue.

Apaiser le mental grâce à la pleine conscience

Le mental est souvent le principal frein au désir après 50 ans : pensées parasites, auto-jugement, anticipation de l'échec. La pleine conscience, ou mindfulness, propose de ramener doucement l'attention aux sensations du moment présent plutôt que de se laisser happer par les inquiétudes. Appliquée à l'intimité, elle aide à sortir de la « tête » pour revenir au corps, à ses sensations, à son plaisir.

Une revue systématique parue dans le Journal of Sexual Medicine (Jaderek et Lew-Starowicz, 2019) a examiné les interventions fondées sur la méditation de pleine conscience pour les difficultés sexuelles et rapporte des effets encourageants, notamment sur le désir et l'excitation, en agissant sur la dimension psychologique. Concrètement, cela peut passer par des exercices de respiration, des scans corporels, ou simplement l'habitude de savourer pleinement un contact, une caresse, sans se juger. Cette approche se pratique seul, en couple, ou avec l'accompagnement d'un professionnel formé.

Réduire le stress chronique

Le stress prolongé est un puissant inhibiteur du désir. Lorsque le corps est en état d'alerte permanent, il mobilise son énergie pour « survivre » et met en veille tout ce qui relève de la reproduction et du plaisir. Le cortisol, hormone du stress, tend à s'opposer aux hormones du désir. Apprendre à relâcher la pression est donc loin d'être accessoire.

Les techniques de gestion du stress sont nombreuses : cohérence cardiaque, sophrologie, relaxation, méditation, temps passé dans la nature, activités créatives ou tout simplement moments de plaisir gratuits. L'important est de trouver ce qui vous fait du bien et de l'intégrer régulièrement, comme on prend soin d'un jardin. Si le stress ou l'anxiété deviennent envahissants et débordent sur votre quotidien, il est utile de savoir quand consulter un professionnel pour le stress, afin d'être orienté vers un accompagnement adapté.

Le confort intime : lubrifiants et hydratation

Chez la femme, la sécheresse vaginale est l'un des freins les plus concrets et les plus faciles à soulager. Les lubrifiants, à utiliser au moment des rapports, réduisent immédiatement l'inconfort et les frottements. Les hydratants vaginaux, appliqués régulièrement indépendamment des rapports, améliorent le confort au quotidien en réhydratant les muqueuses. On privilégie des produits doux, sans parfum ni substances irritantes ; les formules à base d'eau ou d'acide hyaluronique conviennent à beaucoup de personnes.

Ces solutions de confort peuvent transformer l'expérience et briser le cercle « douleur-évitement-perte de désir ». Elles ne dispensent pas d'en parler à un professionnel de santé, notamment si les rapports restent douloureux malgré leur usage : d'autres solutions existent, y compris des traitements locaux prescrits, dont l'indication relève de votre médecin ou de votre gynécologue.

Alimentation et vitalité

Une alimentation équilibrée soutient l'énergie, l'équilibre hormonal et la santé vasculaire, trois piliers de la vitalité sexuelle. Le modèle méditerranéen, riche en légumes, fruits, légumineuses, poissons, huile d'olive et fruits à coque, est associé à une meilleure santé cardiovasculaire, elle-même favorable à la fonction sexuelle, en particulier chez l'homme. Limiter les sucres rapides, l'excès d'alcool et les produits ultra-transformés soutient l'énergie et l'humeur.

Certains aliments contiennent des phytoœstrogènes, des composés végétaux à l'activité proche mais bien plus faible que celle des œstrogènes, présents notamment dans le soja et les graines de lin. Ils sont parfois évoqués pour atténuer certains symptômes de la ménopause. Leur intérêt varie d'une personne à l'autre, et ils appellent à la prudence en cas d'antécédent de cancer hormonodépendant : dans ce cas, un avis médical est indispensable avant toute supplémentation.

Les plantes traditionnelles, à aborder avec prudence

Plusieurs plantes sont traditionnellement associées au soutien de la vitalité et de la libido, et font l'objet de recherches. Il est important de les considérer avec nuance : les études disponibles sont souvent de petite taille ou de qualité méthodologique limitée, les effets restent modestes et variables, et aucune plante ne remplace une prise en charge globale.

La maca (Lepidium meyenii), racine andine, est l'une des plus étudiées. Une revue systématique (Shin et coll., 2010) rapporte des signaux en faveur d'une amélioration du désir sexuel, chez des femmes ménopausées comme chez des hommes, sans effet marqué sur les taux hormonaux, tout en soulignant la petite taille des échantillons. Le tribulus terrestris a fait l'objet d'une revue systématique (Martimbianco et coll., 2020) portant sur cinq essais et près de 279 femmes, suggérant une amélioration de la fonction sexuelle globale, mais avec un niveau de certitude jugé très faible. Plus largement, une revue systématique sur les plantes médicinales et la fonction sexuelle féminine (Molkara et coll., 2021) conclut que certaines plantes peuvent améliorer le désir, l'excitation et l'orgasme, tout en pointant la qualité limitée des études.

D'autres plantes adaptogènes, comme le ginseng ou l'ashwagandha, sont traditionnellement utilisées pour soutenir l'énergie et la réponse au stress. Quelle que soit la plante envisagée, la prudence s'impose : les compléments ne sont pas anodins, ils peuvent interagir avec des médicaments (anticoagulants, traitements hormonaux, antihypertenseurs) et sont déconseillés dans certaines situations, notamment en cas d'antécédent hormonodépendant. Demandez toujours conseil à un professionnel de santé ou à un naturopathe formé avant de commencer une supplémentation, et privilégiez des produits de qualité, tracés et bien dosés. Notre article sur les approches naturelles au service de la vitalité, entre naturopathie et phytothérapie illustre bien cette logique d'accompagnement individualisé et prudent.

La place de l'accompagnement professionnel

Retrouver le désir après 50 ans n'est pas un défi que l'on doit relever seul, ni forcément en silence. De nombreux professionnels peuvent vous accompagner, chacun avec son regard et sa complémentarité. Le médecin traitant et le gynécologue posent le cadre médical : ils vérifient qu'aucune cause organique ne passe inaperçue, évaluent l'intérêt d'un traitement hormonal ou local, et adaptent les médicaments qui pourraient peser sur la libido. Le sexologue aide à dénouer les difficultés spécifiques de la sexualité, seul ou en couple. Le psychologue accompagne l'estime de soi, l'image corporelle, l'anxiété ou les blessures relationnelles.

Du côté des approches complémentaires, un naturopathe peut vous aider à revoir votre hygiène de vie de façon globale et personnalisée : alimentation, sommeil, gestion du stress, activité physique, et usage éclairé et prudent des plantes. Un sophrologue propose des outils concrets pour relâcher les tensions, se réconcilier avec son corps et cultiver le lâcher-prise. Ces accompagnements ne remplacent jamais un suivi médical, mais ils s'y articulent harmonieusement et donnent souvent l'élan qui manquait. L'essentiel est de s'entourer de personnes de confiance, dans un climat sans jugement, où votre rythme et vos choix sont respectés.

Réinventer sa sexualité après 50 ans

Il y a, dans le passage de la cinquantaine, une invitation discrète à réinventer sa vie intime plutôt qu'à en faire le deuil. Libérés de la contraception, souvent moins accaparés par les enfants, disposant parfois de plus de temps pour soi et pour le couple, beaucoup de femmes et d'hommes décrivent une sexualité différente, mais pas moins riche : plus lente, plus tendre, plus complice, davantage tournée vers la qualité de la présence que vers la performance.

Ce changement de perspective est en soi un puissant moteur de désir. Se défaire de l'idée qu'un rapport « réussi » doit ressembler à un scénario précis, accueillir le fait que l'excitation peut être plus longue à venir, redonner toute sa place aux préliminaires, à la sensualité et à la découverte : autant de façons d'alléger la pression et de laisser le plaisir circuler. La nouveauté aide aussi le désir à se raviver, qu'il s'agisse de changer de décor, de s'offrir un week-end en amoureux, d'explorer de nouvelles caresses ou simplement de retrouver le goût de la séduction au quotidien, par un mot, un regard, une attention.

Cette réinvention concerne toutes les configurations de couple et tous les parcours, y compris ceux qui vivent une nouvelle rencontre, un célibat choisi ou une sexualité en solo. Le plaisir que l'on se donne à soi-même participe pleinement d'une vie intime épanouie et d'une meilleure connaissance de son corps, souvent utile pour communiquer ensuite ses envies à un partenaire. L'essentiel est de rester curieux, indulgent envers soi-même et attentif à ce qui procure du bien-être, sans se comparer à quiconque.

Conseils au quotidien pour entretenir le désir

Au-delà des grandes approches, quelques habitudes simples, cultivées jour après jour, entretiennent le terrain du désir. La première est de prendre soin de son corps avec bienveillance : bouger un peu chaque jour, s'exposer à la lumière naturelle, s'hydrater, manger équilibré et préserver son sommeil. Ces gestes soutiennent l'énergie et l'humeur, socle indispensable de l'envie.

La deuxième est d'accorder de l'importance à la tendresse non sexuelle. Les câlins, les baisers, les mains qui se cherchent, les massages : ces contacts entretiennent le lien et sécrètent de l'ocytocine, l'hormone de l'attachement, qui prépare le terrain de l'intimité sans exiger qu'elle aboutisse à chaque fois. Cultiver cette tendresse « gratuite » réchauffe la relation en profondeur.

La troisième est de préserver des espaces de complicité et de plaisir partagé en dehors de la chambre : cuisiner ensemble, rire, marcher, partager un projet ou un loisir. Le désir se nourrit du plaisir d'être ensemble bien plus qu'on ne le croit. Enfin, il est précieux d'apprendre à accueillir les fluctuations sans dramatiser : le désir a ses hauts et ses bas, il est influencé par la fatigue, les soucis, les saisons de la vie. Lui laisser du temps, sans se mettre la pression ni transformer chaque moment intime en examen, est souvent la meilleure façon de le voir revenir. La patience et la douceur envers soi-même valent, ici, tous les remèdes.

Questions fréquentes

La baisse de libido à la ménopause est-elle inévitable ?

Non, elle n'est ni systématique ni définitive. Si les changements hormonaux peuvent atténuer le désir spontané, de très nombreuses femmes conservent ou retrouvent une sexualité épanouie après la ménopause. Le désir se nourrit de bien d'autres facteurs que les hormones : le confort physique, la qualité de la relation, le sommeil, le niveau de stress et l'image de soi. En agissant sur ces leviers, et en traitant l'inconfort éventuel comme la sécheresse vaginale, il est tout à fait possible de raviver l'envie. Chaque parcours est singulier, et il n'existe pas de « norme » à atteindre.

Existe-t-il vraiment une andropause chez l'homme ?

Le terme d'andropause est un raccourci commode, mais il ne correspond pas à un phénomène aussi net que la ménopause. Chez l'homme, la testostérone décline lentement et progressivement à partir de la quarantaine, sans arrêt brutal. Certains hommes ressentent des effets notables (baisse de désir, fatigue, moral en berne), d'autres presque aucun. On parle plus justement de déficit androgénique lié à l'âge lorsque la baisse est confirmée par une prise de sang et associée à des symptômes. Un bilan médical permet de faire la part des choses et d'envisager, si besoin, un accompagnement adapté.

Les plantes comme la maca ou le tribulus sont-elles efficaces ?

Ces plantes font l'objet de recherches et de traditions d'usage encourageantes, avec des signaux en faveur d'un soutien du désir dans certaines études. Toutefois, les preuves restent limitées : les essais sont souvent petits et de qualité méthodologique modeste, et les effets sont variables d'une personne à l'autre. Elles peuvent constituer un complément, dans une démarche globale, mais ne sauraient à elles seules résoudre une baisse de libido. Surtout, elles ne sont pas anodines : interactions médicamenteuses possibles et contre-indications, notamment en cas d'antécédent hormonodépendant. Un avis professionnel avant toute supplémentation est vivement recommandé.

Comment aborder le sujet avec mon ou ma partenaire ?

Choisissez un moment calme, en dehors de l'intimité, où vous vous sentez tous les deux disponibles et détendus. Parlez de vos ressentis à la première personne, sans reproche : expliquer ce qui a changé dans votre corps ou vos envies aide l'autre à ne pas se sentir rejeté. Vous pouvez proposer d'explorer ensemble de nouvelles formes de tendresse, de prendre davantage votre temps, ou de consulter un professionnel si le dialogue reste difficile. La sexualité est un langage à deux : la rouvrir passe presque toujours par la parole et la bienveillance mutuelle.

Faut-il forcément un traitement hormonal pour retrouver le désir ?

Non. Le traitement hormonal de la ménopause, comme la substitution en testostérone chez l'homme, relève d'une décision médicale individualisée, prise avec un professionnel qui en pèse les bénéfices et les risques dans votre situation. Ces traitements peuvent aider certaines personnes, mais beaucoup retrouvent un désir satisfaisant grâce à des approches non hormonales : soins du confort intime, activité physique, sommeil, communication, gestion du stress. Si vous suivez déjà un traitement hormonal, ne l'interrompez jamais de votre propre initiative : parlez-en à votre médecin.

Quand faut-il consulter ?

Il est utile de consulter dès que la situation vous préoccupe, sans attendre. Certains signes appellent plus particulièrement un avis : des rapports douloureux, des saignements, une sécheresse importante, des troubles de l'érection persistants, une baisse de désir soudaine ou associée à une grande fatigue, ou encore une souffrance personnelle ou relationnelle. Consulter n'est pas un aveu de faiblesse : c'est se donner les moyens de comprendre et d'agir. Votre médecin, votre gynécologue ou un sexologue sauront vous orienter avec tact.

Quelques garde-fous importants

Les approches présentées dans cet article sont des pistes de mieux-être, complémentaires d'un suivi médical et jamais un substitut à celui-ci. Consultez un professionnel de santé en cas de douleurs lors des rapports, de saignements, de troubles persistants de l'érection, d'une baisse de désir brutale ou d'une détresse personnelle ou relationnelle. N'interrompez jamais de vous-même un traitement hormonal substitutif ou un autre traitement en cours sans l'avis du médecin qui vous suit. Avant toute prise de plante ou de complément alimentaire, demandez conseil : les interactions médicamenteuses sont réelles et certaines situations, notamment les antécédents de cancers hormonodépendants, imposent une prudence particulière. Enfin, rappelez-vous qu'il n'existe aucune norme de fréquence ou de performance à atteindre : la seule référence qui compte est votre propre bien-être et celui de votre partenaire.

Se faire accompagner près de chez vous

Retrouver le désir après 50 ans est un cheminement personnel, souvent plus doux et plus riche lorsqu'il est accompagné. Si vous souhaitez travailler votre hygiène de vie de façon globale et personnalisée, mieux gérer votre stress, votre sommeil et votre alimentation, ou être conseillé avec prudence sur les plantes, un naturopathe formé peut vous y aider. Sur ViziWell, vous pouvez trouver un naturopathe près de chez vous et choisir un praticien à l'écoute, qui respecte votre rythme et travaille en complémentarité de votre médecin. Selon vos besoins, notre annuaire recense aussi des psychologues et des sophrologues pour vous accompagner sur les dimensions émotionnelle et relationnelle de cette étape de vie.

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Sources scientifiques

  • Ponce OJ, Spencer-Bonilla G, Alvarez-Villalobos N, et coll. The efficacy and adverse events of testosterone replacement therapy in hypogonadal men: a systematic review and meta-analysis. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 2018. DOI:10.1210/jc.2018-00404 (PMID:29562341).
  • Jaderek I, Lew-Starowicz M. A Systematic Review on Mindfulness Meditation-Based Interventions for Sexual Dysfunctions. Journal of Sexual Medicine, 2019. PMID:31570137.
  • Shin BC, Lee MS, Yang EJ, Lim HS, Ernst E. Maca (L. meyenii) for improving sexual function: a systematic review. BMC Complementary and Alternative Medicine, 2010. PMID:20691074.
  • Martimbianco ALC, Pacheco RL, Vilarino FL, et coll. Tribulus Terrestris for Female Sexual Dysfunction: A Systematic Review. Revista Brasileira de Ginecologia e Obstetrícia, 2020. PMID:32736394.
  • Molkara T, Motavasselian M, Akhlaghi F, et coll. The Effects of Herbal Medicines on Women Sexual Dysfunction: A Systematic Review. Current Drug Discovery Technologies, 2021. PMID:33076811.
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

SB

Shalender Bhasin

Endocrinologue, MD — Brigham and Women's Hospital, Harvard Medical School

Endocrinologue de référence sur la testostérone et l'hypogonadisme masculin, co-auteur d'une revue systématique et méta-analyse sur la substitution en testostérone.

ML

Michał Lew-Starowicz

Psychiatre et sexologue — Centre of Postgraduate Medical Education, Varsovie

Chercheur en médecine sexuelle, co-auteur d'une revue systématique sur les interventions de pleine conscience dans les troubles sexuels.