Femme assise en tailleur sur un coussin, les yeux fermés, devant un mur clair et vide, dans un salon baigné de lumière douce
Neurosciences

Aphantasie : près de 4 % des gens ne voient aucune image mentale

⏱ 27 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : l’aphantasie désigne l’absence, souvent depuis toujours, d’images mentales visuelles volontaires : quand vous fermez les yeux et essayez d’imaginer une plage ou le visage d’un proche, vous ne « voyez » rien. Le terme a été proposé en 2015 par le neurologue britannique Adam Zeman. Dans une étude menée sur plus de 1 000 personnes au Royaume-Uni, 3,9 % répondaient aux critères de l’aphantasie (Dance 2022), et environ 1 % de la population aurait une forme extrême, avec une absence totale d’images (Zeman 2024). À l’inverse, environ 3 % des gens ont une imagerie presque aussi nette que la perception : c’est l’hyperphantasie. L’aphantasie n’est pas une maladie mais une variation de l’expérience intérieure, parfois associée à des souvenirs personnels moins détaillés. Aucun test diagnostique n’est validé. En revanche, une perte RÉCENTE des images mentales, après un traumatisme crânien, un AVC ou un épisode dépressif, justifie de consulter un médecin.
Fermez les yeux. Imaginez une pomme rouge posée sur une table en bois. Regardez sa couleur, le reflet de la lumière sur sa peau, la petite tige qui dépasse. Pour la plupart des gens, une image plus ou moins nette apparaît « dans la tête ». Pour d’autres, il ne se passe rien. Pas d’image floue, pas de silhouette, pas de couleur. Juste le noir derrière les paupières, et la connaissance, très claire, de ce qu’est une pomme.

Beaucoup de personnes découvrent cette différence à l’âge adulte, souvent par hasard : un article qui circule sur les réseaux sociaux, une conversation entre amis, une séance de méditation guidée où l’animateur demande de « visualiser un lieu paisible » et où rien ne vient. La surprise est double. D’abord, comprendre que les autres voient réellement quelque chose quand ils disent « je l’imagine ». Ensuite, se demander si c’est grave.

La réponse courte est rassurante : l’aphantasie n’est pas une maladie. C’est une façon différente de penser, qui commence à peine à être étudiée. Cet article fait le point sur ce que l’on sait (et ce que l’on ne sait pas encore), sur le questionnaire utilisé par les chercheurs, sur l’hyperphantasie, sur les liens avec la mémoire et les rêves, et surtout sur une question très concrète : comment pratiquer la méditation, la sophrologie ou l’hypnose quand les consignes vous demandent sans cesse de visualiser.

Fermer les yeux et ne rien voir : ce qu’est l’aphantasie

Une définition simple

L’aphantasie désigne l’incapacité, ou la très grande difficulté, à former volontairement des images visuelles dans son esprit. Le mot vient du grec phantasia, qui désignait la faculté de se représenter les choses, précédé d’un « a » privatif. Il a été proposé en 2015 dans la revue Cortex par Adam Zeman, Michaela Dewar et Sergio Della Sala, des universités d’Exeter et d’Édimbourg, qui décrivaient des personnes en bonne santé n’ayant jamais connu l’imagerie visuelle volontaire (Zeman 2015).

Trois points de cette définition comptent.

  • Visuelle : on parle d’abord des images. Mais beaucoup de personnes aphantasiques rapportent aussi peu ou pas d’imagerie dans d’autres sens, comme les sons, les odeurs ou le toucher imaginés (Dawes 2020, Zeman 2024).
  • Volontaire : il s’agit de ce que l’on peut faire apparaître sur demande. Certaines personnes aphantasiques décrivent malgré tout des images involontaires, en particulier dans les rêves ou au moment de s’endormir.
  • Depuis toujours, le plus souvent : dans la forme dite congénitale, la personne n’a jamais connu autre chose. Elle a simplement supposé, comme tout le monde, que les autres pensaient comme elle.

Penser sans image, ce n’est pas ne pas penser

Une idée reçue fréquente veut qu’une personne sans images mentales ait du mal à se représenter les choses. C’est inexact. Les personnes aphantasiques savent très bien à quoi ressemble une pomme, la cuisine de leur enfance ou le visage de leur conjoint. Elles peuvent décrire ces éléments avec précision. Simplement, ce savoir ne s’accompagne pas d’une « vue intérieure ».

Beaucoup expliquent qu’elles pensent par concepts, par mots, par listes de caractéristiques, par relations spatiales. Une personne aphantasique peut savoir que la porte est à gauche du placard, que la table est ronde et que la nappe était à carreaux, sans pour autant voir la scène. Comme pour la voix intérieure, il existe une grande diversité de « styles » de pensée, et l’image n’est qu’un outil parmi d’autres. Si ce sujet vous parle, l’article sur l’anendophasie, le fait de penser sans voix intérieure, explore l’autre versant de cette diversité.

Un phénomène remarqué depuis longtemps, nommé récemment

Les différences de netteté des images mentales sont connues depuis la fin du XIXe siècle. Le savant britannique Francis Galton avait déjà demandé à des volontaires de décrire l’image de leur table du petit déjeuner, et noté que certains n’en voyaient aucune. Des décennies de travaux de psychologie ont ensuite étudié ces différences individuelles, comme le rappellent Andrea Blomkvist et David Marks, qui parlent même d’une forme d’oubli de cette littérature ancienne dans la recherche actuelle (Blomkvist 2023).

Ce qui a changé en 2015, c’est l’existence d’un mot. Après la publication de Zeman et de ses collègues, et la couverture médiatique qui a suivi, des milliers de personnes se sont reconnues. Un nom permet de mettre des mots sur une expérience, de chercher des informations, de se sentir moins seul. Il a aussi un revers : le risque de transformer une simple différence en « trouble », sujet sur lequel nous reviendrons.

Combien de personnes sont concernées : 3,9 %, et 1 % de forme extrême

Les chiffres les plus solides

On lit souvent sur internet des estimations très variables, de « 1 sur 50 » à « 1 personne sur 10 ». La plupart ne citent aucune source. Deux références permettent d’y voir plus clair.

La première est une étude de l’université du Sussex publiée en 2022 dans Consciousness and Cognition (Dance 2022). Les chercheuses ont évalué deux groupes de 502 personnes avec le questionnaire VVIQ : des étudiants, puis des adultes recrutés sur une plateforme en ligne, pour limiter les biais de recrutement. Résultat :

  • 4,2 % des étudiants répondaient aux critères de l’aphantasie,
  • 3,6 % dans le second groupe,
  • soit 3,9 % au total, sans différence entre hommes et femmes.
La seconde est une revue publiée en 2024 par Adam Zeman dans Trends in Cognitive Sciences (Zeman 2024). Elle estime qu’environ 1 % de la population présente une aphantasie « extrême », c’est-à-dire une absence complète d’images visuelles volontaires.

Pourquoi deux chiffres différents ?

Ces deux chiffres ne se contredisent pas. Ils ne mesurent pas exactement la même chose.

  • Le chiffre de 3,9 % inclut les personnes qui ont aucune image ou des images très faibles. Le titre même de l’étude parle d’aphantasie au sens d’une « faiblesse de l’imagerie ».
  • Le chiffre d’environ 1 % ne concerne que les personnes qui ne voient strictement rien.
Autrement dit, l’imagerie visuelle est un continuum. À une extrémité, l’absence totale. Puis une zone d’images très pâles, floues, fugaces. Puis la grande majorité des gens, avec des images d’intensité moyenne. Et à l’autre extrémité, des images aussi nettes que la réalité. Où placer la frontière de l’aphantasie est une convention, et cette convention varie d’une étude à l’autre (Blomkvist 2023).

ProfilCe que la personne décritEstimation dans la populationSource
Aphantasie extrêmeAucune image visuelle volontaire, le noir completEnviron 1 %Zeman 2024
Aphantasie au sens large (aucune image ou images très faibles)Rien, ou des images à peine perceptibles3,9 %Dance 2022
Imagerie dans la moyenneDes images plus ou moins nettes selon les momentsLa grande majoritéPearson 2019
HyperphantasieDes images presque aussi nettes que la perception réelleEnviron 3 %Zeman 2024

L’hyperphantasie, l’autre extrémité

On parle beaucoup moins de l’hyperphantasie, qui en est le miroir. Les personnes concernées décrivent des images mentales d’une netteté comparable à ce qu’elles voient les yeux ouverts : couleurs, détails, mouvement. Zeman estime qu’environ 3 % de la population est dans ce cas (Zeman 2024).

L’hyperphantasie n’est pas non plus une maladie. Elle peut être un atout pour certaines activités (dessin, description, mémorisation de lieux), mais elle peut aussi rendre plus envahissantes des images désagréables. Joel Pearson, chercheur en neurosciences à l’université de Nouvelle-Galles du Sud, rappelle dans une revue de 2019 que l’imagerie mentale peut être utile, inutile, ou parfois gênante, et qu’elle joue un rôle dans certains troubles psychiques comme dans certains soins (Pearson 2019). Une imagerie très vive n’est donc pas « meilleure » qu’une imagerie absente : chaque profil a ses forces et ses points d’attention.

Ce que montrent les expériences : une vraie absence d’image, pas un manque d’attention

La question que se posaient les chercheurs

Pendant les premières années, l’aphantasie reposait uniquement sur ce que les gens disaient d’eux-mêmes. Une objection revenait souvent : et si ces personnes avaient des images, mais ne s’en rendaient pas compte ? Ou si elles décrivaient différemment une expérience en réalité semblable à celle des autres ?

Pour y répondre, Rebecca Keogh et Joel Pearson, de l’université de Nouvelle-Galles du Sud à Sydney, ont utilisé en 2018 une méthode qui ne dépend pas de l’auto-évaluation : la rivalité binoculaire (Keogh 2018).

L’expérience de la rivalité binoculaire

Le principe est astucieux. On présente à chaque œil une image différente, par exemple des rayures vertes à l’un et des rayures rouges à l’autre. Le cerveau ne peut pas fusionner les deux et « choisit » l’une d’elles, qui domine la perception pendant un moment. Or, chez la plupart des gens, le fait d’imaginer juste avant les rayures vertes augmente la probabilité de voir ensuite les vertes. L’image mentale « amorce » la perception.

Chez les personnes aphantasiques testées, cet effet d’amorçage était presque inexistant. Leurs images mentales ne modifiaient quasiment pas ce qu’elles percevaient ensuite. Les auteurs en concluent que l’aphantasie correspond bien à une absence d’imagerie sensorielle, et non à un défaut de conscience de ses propres images.

Ce que montrent les études
- Dans une étude de 2018 utilisant la rivalité binoculaire, les personnes aphantasiques ne montraient presque aucun effet de leurs images mentales sur leur perception, contrairement à la population générale. Leur imagerie spatiale déclarée était, elle, au-dessus de la moyenne (Keogh 2018).
- Sur plus de 1 000 personnes évaluées par le questionnaire VVIQ, 3,9 % répondaient aux critères de l’aphantasie, sans différence entre hommes et femmes (Dance 2022).
- Une revue de 2024 estime à environ 1 % l’aphantasie extrême et à environ 3 % l’hyperphantasie. L’aphantasie est souvent familiale, touche fréquemment plusieurs sens, et les rêves visuels sont souvent préservés (Zeman 2024).
- Les personnes aphantasiques rapportent des souvenirs personnels moins vifs et moins riches, alors que leurs capacités spatiales semblent intactes (Dawes 2020).
- Il n’existe pas de batterie de tests validée pour « diagnostiquer » l’aphantasie, et les seuils utilisés varient d’une étude à l’autre (Blomkvist 2023).

Limites : ces travaux reposent souvent sur des petits groupes de volontaires qui se reconnaissaient déjà comme aphantasiques, et sur des questionnaires d’auto-évaluation.

Imagerie visuelle et imagerie spatiale, deux choses différentes

Un résultat surprenant de ces travaux est que les personnes aphantasiques réussissent souvent bien les tâches spatiales : faire tourner mentalement un objet, se repérer dans un plan, savoir où se trouvent les choses (Keogh 2018, Dawes 2020). Cela suggère que « voir » une image et « savoir où sont les choses » reposent sur des mécanismes en partie distincts.

Un cas publié en 2010 l’illustre de façon frappante. Un patient, désigné par les initiales MX, avait brutalement perdu la capacité à former des images visuelles. Il ne rapportait presque plus aucune image sur les questionnaires, mais réussissait normalement les tests de perception, d’imagerie et de mémoire visuelles. En imagerie cérébrale, son cerveau semblait utiliser une autre stratégie que celui des personnes témoins (Zeman 2010). En clair, on peut réussir une tâche dite « d’imagerie » sans avoir l’expérience consciente de l’image.

Ce qui se passe dans le cerveau

L’imagerie visuelle mobilise un réseau d’aires cérébrales qui va du cortex frontal jusqu’aux aires sensorielles, dont le cortex visuel primaire. Elle fonctionne un peu comme une version affaiblie de la perception, générée de l’intérieur (Pearson 2019). Les premiers résultats suggèrent que les extrêmes de l’imagerie, aphantasie comme hyperphantasie, pourraient être liés à des différences de connexion entre les régions frontopariétales et les réseaux visuels (Zeman 2024). Il s’agit encore de pistes, à confirmer. Le cerveau reste par ailleurs un organe qui se réorganise toute la vie, comme le rappelle notre article sur la neuroplasticité du cerveau adulte, sans que cela garantisse qu’une capacité absente puisse apparaître.

Ce que l’aphantasie change, et ne change pas

La mémoire des souvenirs personnels

C’est le point le plus étudié. Dans une étude de 2020 menée à Sydney par Alexei Dawes et ses collègues, les personnes aphantasiques décrivaient des souvenirs autobiographiques moins vifs et moins riches en détails vécus, ainsi qu’une capacité moindre à imaginer des scènes futures (Dawes 2020). Zeman note de son côté que l’aphantasie est associée, de façon variable selon les personnes, à une mémoire autobiographique réduite (Zeman 2024).

Concrètement, beaucoup de personnes aphantasiques disent qu’elles savent ce qui s’est passé lors d’un événement (où, avec qui, ce qui a été dit), sans pouvoir le revivre de l’intérieur. Le souvenir ressemble davantage à une fiche d’informations qu’à un film.

Cela ne veut pas dire que leur mémoire est « mauvaise ». La mémoire des faits, la mémoire du travail, les apprentissages scolaires et professionnels ne sont pas en cause dans ces études. Beaucoup de personnes aphantasiques compensent en tenant un journal, en prenant des photos, en notant les détails qui comptent pour elles. Si vous vous interrogez sur la façon dont le cerveau apprend et retient, l’article sur les neurosciences de l’apprentissage donne des repères utiles, quel que soit votre profil d’imagerie.

Les rêves

Ici, les résultats sont plus nuancés. Zeman indique que les rêves visuels sont souvent préservés chez les personnes aphantasiques (Zeman 2024). Autrement dit, beaucoup « voient » en rêvant ce qu’elles ne peuvent pas voir volontairement éveillées. C’est même l’une des expériences qui surprend le plus celles et ceux qui découvrent leur aphantasie.

L’étude de Dawes et de ses collègues trouve toutefois que les personnes aphantasiques rapportent en moyenne moins de rêves, et des rêves moins riches que les personnes témoins (Dawes 2020). Les deux constats sont compatibles : la capacité à rêver en images existe souvent, mais elle peut être moins fréquente ou moins détaillée. Pour comprendre ce que l’on sait du rôle des rêves, vous pouvez lire pourquoi rêve-t-on et à quoi servent les rêves.

Les autres sens

L’aphantasie touche souvent plusieurs modalités sensorielles (Zeman 2024). Certaines personnes ne peuvent pas non plus « entendre » une chanson dans leur tête, ni se représenter une odeur ou une sensation tactile. Mais ce n’est pas systématique : dans l’étude de Dawes, toutes les personnes aphantasiques ne rapportaient pas une absence complète d’imagerie dans les autres sens (Dawes 2020). Ce point est très important pour la pratique de la relaxation, comme nous le verrons plus bas : si les images ne viennent pas, les sons, les sensations corporelles ou les mots, eux, peuvent fonctionner.

Les visages, l’autisme, la famille

Zeman signale aussi que l’aphantasie est souvent familiale, et qu’elle est associée de façon variable à des difficultés de reconnaissance des visages et à l’autisme (Zeman 2024). « Associée de façon variable » signifie que ces liens sont observés en moyenne dans certains groupes, pas qu’une personne aphantasique aurait forcément ces particularités. Il ne faut pas en tirer de conclusion pour soi-même ou pour son enfant sans avis d’un professionnel.

La créativité et le métier

On pourrait croire qu’une personne sans images mentales est désavantagée dans les métiers créatifs. Ce n’est pas ce que l’on observe au quotidien : des personnes aphantasiques travaillent comme écrivains, ingénieurs, architectes, designers, scientifiques. La créativité ne passe pas uniquement par l’image. Elle s’appuie aussi sur les associations d’idées, le langage, la logique, le travail sur un support extérieur (un croquis, un brouillon, une maquette). Notre article d’où viennent les idées, le cerveau créatif détaille cette diversité des chemins créatifs.

Les données scientifiques sur ce sujet restent limitées, et il serait imprudent d’affirmer que l’aphantasie favorise ou défavorise tel ou tel métier.

Ce qu’elle ne change pas

Pour résumer, ce que la recherche ne montre pas :

  • l’aphantasie n’est pas associée à un déficit intellectuel,
  • elle n’empêche pas de comprendre, d’apprendre, de raisonner ou de créer,
  • elle n’empêche pas de ressentir des émotions, de s’attacher ou de se souvenir des personnes aimées,
  • elle ne protège pas, à l’inverse, contre les souffrances psychiques : dans l’étude de Dawes, les personnes aphantasiques ne semblaient pas nettement protégées contre les symptômes de traumatisme après des événements de vie difficiles (Dawes 2020).

Tests en ligne et questionnaire VVIQ : utiles pour s’interroger, pas pour se diagnostiquer

Le VVIQ, outil de recherche

Le questionnaire le plus utilisé est le VVIQ, pour Vividness of Visual Imagery Questionnaire (questionnaire de netteté de l’imagerie visuelle), créé par le psychologue David Marks en 1973. Il propose une série de scènes à imaginer (un proche, un lever de soleil, la façade d’un magasin, un paysage) et demande, pour chacune, de noter la netteté de l’image obtenue, sur une échelle allant de « aucune image, je sais seulement que je pense à l’objet » à « parfaitement net, aussi vif que la vision réelle ».

C’est cet outil qu’a utilisé l’étude de 2022 pour estimer la fréquence de l’aphantasie (Dance 2022). Il est utile pour les chercheurs, qui ont besoin d’une mesure commune. Mais il n’a pas été conçu comme un test médical.

Pourquoi aucun test ne permet de se « diagnostiquer »

En 2023, Andrea Blomkvist (London School of Economics) et David Marks, le créateur du VVIQ lui-même, ont publié une analyse critique dans Cortex (Blomkvist 2023). Leurs principaux constats :

  • il n’existe pas de batterie de tests psychométriques validée pour « diagnostiquer » l’aphantasie,
  • les seuils qui séparent « aphantasique » et « non aphantasique » sont arbitraires et changent d’une étude à l’autre,
  • beaucoup d’études mélangent des personnes sans aucune image et des personnes à l’imagerie simplement faible,
  • les versions en ligne du questionnaire s’écartent de l’original, ce qui peut donner à tort l’impression d’avoir été « diagnostiqué » par un outil scientifique,
  • les auteurs émettent l’hypothèse que se croire « diagnostiqué » pourrait favoriser l’inquiétude pour sa santé, la détresse ou un sentiment de stigmatisation.
Ils posent aussi une question de fond : faut-il parler d’une « condition » ou d’une simple différence individuelle ? La plupart des chercheurs penchent aujourd’hui pour la seconde lecture, du moins pour la forme congénitale.

Comment s’interroger sans s’inquiéter

Si vous vous demandez où vous vous situez, voici quelques questions d’auto-observation. Elles n’ont aucune valeur de diagnostic, elles servent seulement à mieux connaître votre fonctionnement.

  • Quand vous pensez à la cuisine de votre enfance, la voyez-vous, ou savez-vous seulement comment elle était ?
  • Pouvez-vous « faire tourner » une image dans votre tête, ou préférez-vous raisonner sur un schéma dessiné ?
  • Quand on vous dit « imaginez un lieu paisible », que se passe-t-il : une scène, des sensations, des mots, rien ?
  • Voyez-vous des images en rêvant ? Et au moment de vous endormir ?
  • Pouvez-vous entendre une chanson connue dans votre tête, sans la fredonner ?
Il n’y a pas de bonne réponse. Ces questions rappellent surtout que l’imagerie n’est pas « tout ou rien » et qu’elle peut varier selon les sens, les moments et les situations.

Et pour les enfants ?

Des parents se posent la question après avoir découvert leur propre aphantasie, puisqu’elle est souvent familiale (Zeman 2024). Il n’existe pas de test validé chez l’enfant, et coller une étiquette n’apporte pas grand-chose. Si votre enfant a des difficultés scolaires réelles, par exemple en lecture, en mémorisation ou en géométrie, parlez-en d’abord au pédiatre ou au médecin traitant, qui orientera si besoin vers un bilan adapté. L’aphantasie n’est pas, à ce jour, une explication à retenir en premier.

Aphantasie de naissance ou acquise : quand en parler à un médecin

Deux situations très différentes

Toute la discussion qui précède concerne l’aphantasie congénitale, présente depuis toujours. Mais il existe une autre situation, beaucoup plus rare : l’aphantasie acquise, c’est-à-dire la perte d’une capacité d’imagerie que l’on avait auparavant.

Le cas de MX, décrit en 2010, en est un exemple : cet homme avait brutalement perdu ses images mentales visuelles (Zeman 2010). Des pertes de ce type ont été décrites après des lésions cérébrales, mais aussi dans des contextes psychiques. Dans ces cas, la question n’est plus celle d’une variation individuelle : c’est un changement, et tout changement récent mérite d’être compris.

SituationCe qui la caractériseQue faire
Aphantasie congénitaleAucune image depuis aussi longtemps que vous vous en souvenez, découverte souvent à l’âge adulteAucune démarche médicale nécessaire. En parler à un psychologue si cela vous inquiète
Perte progressive ou récente des images mentalesVous aviez des images, elles ont disparu ou nettement diminuéConsulter votre médecin traitant, qui orientera si besoin vers un neurologue
Perte des images après un choc à la tête, un AVC ou une infectionChangement apparu après un événement médicalEn parler rapidement au médecin qui vous suit
Perte brutale avec d’autres signes (faiblesse d’un côté, bouche déviée, trouble de la parole ou de la vue)Possible urgence neurologiqueAppeler le 15 ou le 112 immédiatement
Images éteintes dans un contexte de tristesse, de fatigue, de perte d’intérêtPossible épisode dépressifConsulter un médecin ou un psychologue. En cas d’idées suicidaires, appeler le 3114

Les signes qui doivent faire consulter

Consultez un médecin si :

  • vous aviez des images mentales et elles ont disparu ou nettement diminué récemment,
  • cette perte est apparue après un traumatisme crânien, un AVC, une infection ou une opération,
  • elle s’accompagne de troubles de la mémoire, du langage, de la vision ou de l’orientation qui s’installent,
  • elle survient en même temps qu’une humeur durablement triste, une perte d’intérêt pour ce qui vous plaisait, des troubles du sommeil ou une grande fatigue.
Appelez le 15 ou le 112 sans attendre si la perte est brutale et s’accompagne d’une faiblesse ou d’un engourdissement d’un côté du corps, d’une déformation de la bouche, d’une difficulté soudaine à parler ou d’un trouble soudain de la vue.

L’aphantasie peut aussi peser sur le moral

Même congénitale et sans gravité médicale, la découverte de son aphantasie peut bousculer. Certaines personnes ressentent une forme de deuil (« je ne reverrai jamais le visage de ma mère disparue »), un sentiment d’être « anormal », ou une inquiétude après un test en ligne. Ces réactions sont compréhensibles, et Blomkvist et Marks évoquent justement le risque de détresse lié à l’autodiagnostic (Blomkvist 2023). En parler à un psychologue peut aider à remettre cette découverte à sa juste place.

Si vous traversez une période de détresse, si vous avez des idées noires ou des pensées suicidaires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 heures sur 24.

Méditer, se relaxer, pratiquer la sophrologie ou l’hypnose sans visualiser

C’est souvent là que l’aphantasie se fait sentir dans la vie de tous les jours. La méditation guidée, la sophrologie, la relaxation et l’hypnose utilisent beaucoup de consignes visuelles : « imaginez une plage », « visualisez une lumière chaude qui descend dans votre corps », « représentez-vous votre lieu ressource ». Pour une personne aphantasique, ces phrases peuvent créer de la frustration, l’impression de « rater » l’exercice, voire de l’agacement.

Bonne nouvelle : la visualisation n’est qu’une porte d’entrée parmi d’autres. Ces pratiques reposent aussi sur l’attention, la respiration, les sensations du corps, les sons, les mots et le ressenti émotionnel. Aucune étude ne permet d’affirmer qu’il faut « voir » pour en tirer profit, et aucune méthode ne permet de promettre que des images finiront par apparaître. L’objectif n’est pas de forcer la visualisation, mais de trouver le canal qui vous convient.

Le principe : traduire la consigne dans un autre sens

Quand une consigne vous demande de visualiser, demandez-vous ce qu’elle cherche à produire : du calme, de la sécurité, de la chaleur, de l’énergie, de la distance ? Puis cherchez à atteindre ce même effet par un autre chemin.

Consigne visuelle fréquenteCe qu’elle cherche à produireAlternative sans image
Visualisez une plage au coucher du soleilDétente, sentiment de sécuritéSentir la chaleur sur la peau, écouter un enregistrement de vagues, penser au mot « plage » et à ce que vous savez de ce lieu
Imaginez une lumière qui parcourt votre corpsAttention portée successivement aux zones du corpsBalayer le corps par la sensation : poids, chaleur, contact avec le sol, picotements, sans chercher à voir
Représentez-vous votre lieu ressourceAncrage dans un souvenir apaisantLister mentalement ce que vous savez de ce lieu, retrouver une odeur, une musique, un objet à toucher, ou poser la main sur le cœur
Voyez vos pensées passer comme des nuagesPrendre de la distance avec ses penséesNommer les pensées (« souvenir », « projet », « inquiétude ») ou compter les respirations et revenir au compte
Visualisez la réussite de votre examenPréparation mentale, confianceSe décrire à voix basse les étapes, répéter des phrases d’encouragement, rejouer les gestes avec le corps

En méditation guidée

La méditation de pleine conscience classique repose avant tout sur l’attention portée à la respiration, aux sensations et aux sons. Elle est donc très accessible aux personnes aphantasiques. Quelques pistes :

  • Privilégiez les ancrages corporels : le souffle aux narines, le mouvement du ventre, le contact des pieds avec le sol. Si vous débutez, la progression proposée dans une première semaine de méditation guidée, jour par jour s’appuie largement sur ces repères.
  • Choisissez vos enregistrements : certaines méditations guidées sont très visuelles, d’autres très corporelles. Écoutez-en plusieurs et gardez celles dont les consignes passent par les sensations. Notre sélection de ressources de méditation guidée peut vous aider à trier.
  • Utilisez les sons : méditer sur les sons ambiants, sans les juger, est une pratique à part entière.
  • Remplacez « voir » par « savoir » : si la consigne demande d’imaginer un arbre, contentez-vous de penser à un arbre, de savoir qu’il est là. Cela suffit.
La méditation agit sur le cerveau par l’entraînement de l’attention, pas par la production d’images. Pour aller plus loin sur ce sujet, consultez ce que montre la neuro-imagerie sur la méditation.

En sophrologie

La sophrologie utilise beaucoup la « visualisation positive » et l’évocation de souvenirs agréables, mais elle s’appuie aussi sur la respiration, la détente musculaire et la conscience du corps. Le sophrologue peut adapter ses consignes si vous lui signalez dès la première séance que vous ne voyez pas d’images. Vous pouvez par exemple lui demander :

  • de remplacer les visualisations par des évocations sensorielles (sons, sensations, température),
  • de privilégier les exercices de respiration et de relâchement musculaire,
  • d’utiliser des mots ou des phrases clés plutôt que des scènes.
Pour savoir à quoi vous attendre, l’article sur le déroulé d’une séance de sophrologie décrit les différentes étapes, et vous verrez qu’une bonne partie n’exige aucune image.

Le body scan et la relaxation musculaire progressive de Jacobson sont aussi deux techniques très adaptées, puisqu’elles passent entièrement par les sensations. Vous en trouverez une version pas à pas dans notre article sur le body scan et la relaxation progressive pour s’endormir.

En hypnose

L’hypnose repose sur des suggestions, et celles-ci peuvent passer par tous les sens : un bras qui devient lourd, une sensation de chaleur, un son qui s’éloigne, une phrase qui résonne. Un hypnothérapeute formé adapte normalement son langage à la personne qu’il accompagne. N’hésitez pas à lui dire que vous ne visualisez pas : cela l’aidera à choisir des suggestions corporelles ou verbales.

Quelques repères :

  • Le « lieu sûr » peut être ressenti plutôt que vu : une sensation de sécurité dans le corps, un souvenir de chaleur, une musique, une phrase. L’article sur la technique du lieu sûr en auto-hypnose propose des étapes que vous pouvez adapter en remplaçant chaque consigne visuelle par une consigne sensorielle.
  • Les inductions par la fixation, la respiration ou la détente progressive ne demandent aucune image. Plusieurs sont décrites dans le guide pour débuter l’autohypnose seul.
  • La réceptivité à l’hypnose varie d’une personne à l’autre, pour de multiples raisons. Si la question vous intéresse, l’article êtes-vous hypnotisable ? explique ce que mesurent les tests de suggestibilité. Les données disponibles ne permettent pas de dire que l’aphantasie empêche de vivre une séance d’hypnose.

Peut-on « développer » son imagerie ?

C’est une question fréquente. Certaines personnes rapportent avoir vu apparaître des images après un entraînement, d’autres non. À ce jour, les données disponibles sont trop préliminaires pour affirmer qu’une méthode permet de faire naître une imagerie visuelle chez une personne aphantasique. Méfiez-vous des programmes payants qui le promettent.

Surtout, ce n’est pas nécessaire. Les pratiques de bien-être n’exigent pas d’images pour vous être utiles, et votre façon de penser n’a pas besoin d’être « corrigée ».

Aphantasie et anendophasie : deux façons différentes de penser

Deux dimensions indépendantes

L’aphantasie concerne les images. L’anendophasie concerne la voix intérieure, ce petit monologue que beaucoup de personnes entendent dans leur tête. Ce sont deux dimensions distinctes de la vie intérieure.

On peut donc imaginer plusieurs profils :

  • des images et une voix intérieure, le cas le plus souvent décrit,
  • des images vives mais peu de voix intérieure,
  • une voix intérieure très présente mais pas d’images, un profil fréquent chez les personnes aphantasiques, qui pensent souvent beaucoup en mots,
  • ni images ni voix intérieure marquées, avec une pensée plus abstraite, conceptuelle ou ressentie.
Ces profils montrent à quel point « penser » recouvre des expériences différentes d’une personne à l’autre. Pour comprendre comment le cerveau fabrique la parole intérieure, lisez la petite voix dans votre tête, comment le cerveau la fabrique, puis l’article dédié à l’anendophasie.

Une leçon plus large

L’intérêt de ces découvertes dépasse les personnes concernées. Elles rappellent que nous supposons tous, sans le savoir, que les autres pensent comme nous. Le jour où l’on découvre que ce n’est pas le cas, on comprend mieux certains malentendus : le collègue qui a besoin d’un schéma, l’ami qui « revit » ses vacances en racontant, le proche qui ne comprend pas qu’on puisse « ne rien voir ». Cette diversité invite à adapter nos façons d’expliquer, d’enseigner et d’accompagner.

Vivre avec l’aphantasie au quotidien

Des stratégies que beaucoup utilisent déjà

Les personnes aphantasiques ont souvent développé, sans le savoir, des stratégies efficaces. En voici quelques-unes, partagées couramment :

  • Externaliser : dessiner un plan, noter, photographier, faire des listes. Ce que l’on ne voit pas dans sa tête, on le pose sur un support.
  • Verbaliser : décrire à voix haute ou par écrit une scène, un itinéraire, un souvenir.
  • S’appuyer sur la logique spatiale : beaucoup de personnes aphantasiques se repèrent très bien grâce aux relations entre les lieux, sans « voir » la carte.
  • Garder des traces des moments importants : journal, photos, enregistrements. C’est une réponse concrète à des souvenirs personnels moins vivaces.

Dans le couple, la famille, au travail

Expliquer son aphantasie à ses proches peut éviter des incompréhensions. Par exemple, une personne aphantasique ne se souviendra pas forcément de la couleur d’un vêtement ou de la décoration d’un lieu, non par manque d’intérêt, mais parce que l’information n’est pas stockée sous forme d’image. Au travail, demander des documents écrits ou des schémas plutôt que des descriptions orales peut faciliter les choses.

Faut-il en parler à un professionnel ?

Pas nécessairement. L’aphantasie congénitale ne nécessite aucune prise en charge. Mais un psychologue peut être utile si :

  • la découverte de votre aphantasie vous perturbe ou vous inquiète,
  • vous vous sentez « différent » au point d’en souffrir,
  • vous avez du mal à faire le deuil de souvenirs que vous ne pouvez pas revoir,
  • un test en ligne vous a laissé avec plus de questions que de réponses.

Quand consulter

L’aphantasie congénitale, présente depuis toujours, ne demande pas de consultation en soi. En revanche, consultez :

  • votre médecin traitant si vous aviez des images mentales et qu’elles ont disparu ou diminué récemment, en particulier après un traumatisme crânien, un AVC, une infection ou une opération,
  • un médecin ou un neurologue si des troubles de la mémoire, du langage, de la vision ou de l’orientation s’installent,
  • le 15 ou le 112 immédiatement si la perte est brutale et s’accompagne d’une faiblesse d’un côté du corps, d’une bouche déviée, d’une difficulté soudaine à parler ou d’un trouble soudain de la vue,
  • un médecin ou un psychologue si la disparition des images s’accompagne de tristesse durable, de perte d’intérêt, de troubles du sommeil ou d’une grande fatigue, qui peuvent signaler un épisode dépressif,
  • le pédiatre si votre enfant présente des difficultés scolaires réelles, plutôt que de chercher une étiquette d’aphantasie,
  • le 3114, gratuit et joignable 24 heures sur 24, en cas de détresse ou d’idées suicidaires.

FAQ

Comment savoir si je suis aphantasique ?

Il n’existe pas de test diagnostique validé (Blomkvist 2023). Le questionnaire VVIQ, utilisé par les chercheurs, vous demande d’imaginer des scènes et d’en noter la netteté. Si vous ne voyez rien ou presque rien pour toutes les scènes, depuis toujours, vous êtes probablement à l’extrémité basse du continuum de l’imagerie. Les tests en ligne peuvent servir de point de départ à une réflexion, mais pas de verdict.

L’aphantasie est-elle une maladie ?

Non. Dans sa forme congénitale, elle est considérée comme une variation individuelle de l’expérience intérieure, comme le fait d’avoir ou non une voix intérieure. Elle ne nécessite aucun traitement. Seule une perte récente des images mentales, chez une personne qui en avait auparavant, justifie un avis médical.

Peut-on rêver en images quand on est aphantasique ?

Souvent, oui. Les rêves visuels sont souvent préservés chez les personnes aphantasiques (Zeman 2024), même si, en moyenne, elles rapportent des rêves moins nombreux et moins riches que les autres (Dawes 2020). Beaucoup découvrent ainsi que leur cerveau sait produire des images, mais pas sur commande.

L’aphantasie touche-t-elle la mémoire ?

Elle semble surtout toucher la mémoire autobiographique, c’est-à-dire la capacité à revivre ses souvenirs personnels avec leurs détails sensoriels (Dawes 2020, Zeman 2024). Les capacités spatiales semblent préservées et rien n’indique un effet sur l’intelligence ou les apprentissages. Tenir un journal ou garder des photos aide beaucoup de personnes.

Puis-je pratiquer la méditation guidée ou l’hypnose sans visualiser ?

Oui. Ces pratiques reposent aussi sur la respiration, les sensations du corps, les sons et les mots. Remplacez chaque consigne visuelle par une consigne sensorielle ou verbale, choisissez des enregistrements centrés sur le corps, et signalez votre aphantasie au sophrologue ou à l’hypnothérapeute pour qu’il adapte ses suggestions.

Quelle différence avec l’hyperphantasie ?

L’hyperphantasie est l’extrême inverse : des images mentales presque aussi nettes que la perception réelle. Elle concernerait environ 3 % de la population, contre environ 1 % pour l’aphantasie extrême (Zeman 2024). Aucune des deux n’est une maladie.

En parler avec un professionnel

Découvrir que l’on ne voit pas d’images dans sa tête peut être une simple curiosité, ou au contraire bousculer la façon dont on se voit soi-même. Si cette découverte vous inquiète, si elle fait remonter des regrets autour de souvenirs que vous ne pouvez pas revoir, ou si vous avez le sentiment d’être « à part », un échange avec un psychologue peut vous aider à mettre les choses en perspective, sans étiquette ni jugement. Vous pouvez trouver un psychologue près de chez vous dans l’annuaire ViziWell.

Et si la question n’est pas une simple curiosité mais un changement récent, après un choc, une maladie ou une période de grande tristesse, parlez-en d’abord à votre médecin.

Sources

  1. Zeman A, Dewar M, Della Sala S. Lives without imagery - Congenital aphantasia. Cortex, 2015. PMID : 26115582. DOI : 10.1016/j.cortex.2015.05.019
  2. Keogh R, Pearson J. The blind mind: No sensory visual imagery in aphantasia. Cortex, 2018. PMID : 29175093. DOI : 10.1016/j.cortex.2017.10.012
  3. Dance CJ, Ipser A, Simner J. The prevalence of aphantasia (imagery weakness) in the general population. Consciousness and Cognition, 2022. PMID : 34872033. DOI : 10.1016/j.concog.2021.103243
  4. Zeman A. Aphantasia and hyperphantasia: exploring imagery vividness extremes. Trends in Cognitive Sciences, 2024. PMID : 38548492. DOI : 10.1016/j.tics.2024.02.007
  5. Blomkvist A, Marks DF. Defining and diagnosing aphantasia: Condition or individual difference? Cortex, 2023. PMID : 37948876. DOI : 10.1016/j.cortex.2023.09.004
  6. Dawes AJ, Keogh R, Andrillon T, Pearson J. A cognitive profile of multi-sensory imagery, memory and dreaming in aphantasia. Scientific Reports, 2020. PMID : 32572039. DOI : 10.1038/s41598-020-65705-7
  7. Pearson J. The human imagination: the cognitive neuroscience of visual mental imagery. Nature Reviews Neuroscience, 2019. PMID : 31384033. DOI : 10.1038/s41583-019-0202-9
  8. Zeman AZ, Della Sala S, Torrens LA, Gountouna VE, McGonigle DJ, Logie RH. Loss of imagery phenomenology with intact visuo-spatial task performance: a case of blind imagination. Neuropsychologia, 2010. PMID : 19733188. DOI : 10.1016/j.neuropsychologia.2009.08.024
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

Cet article fait partie de notre dossier Neurosciences.

Voir tous les articles Neurosciences →

Articles similaires

FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

En savoir plus →

Auteurs des sources scientifiques

AZ

Adam Zeman

Professeur de neurologie cognitive et comportementale — University of Exeter

JP

Joel Pearson

Professeur de neurosciences cognitives — School of Psychology, University of New South Wales, Sydney

AB

Andrea Blomkvist

Chercheuse en philosophie des sciences cognitives — London School of Economics and Political Science

AD

Alexei J. Dawes

Chercheur en psychologie et neurosciences cognitives — School of Psychology, University of New South Wales, Sydney

RK

Rebecca Keogh

Chercheuse en psychologie cognitive — School of Psychology, University of New South Wales, Sydney