Femme assise au bord du lit enfilant un bas de contention beige sous le genou avec des gants en caoutchouc
Circulation sanguine

Bas de contention : lesquels choisir et les porter sans y renoncer

⏱ 44 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : Les bas de contention (on dit aussi « bas de compression médicale ») servent surtout à soulager les symptômes de l'insuffisance veineuse, à limiter l'œdème et à aider la cicatrisation des ulcères veineux. Leur intérêt le mieux établi concerne l'ulcère de jambe : selon la revue Cochrane de Shi et ses collègues (2021, 14 essais, 1 391 participants), la compression rend la cicatrisation complète environ 1,8 fois plus probable à 12 mois (preuve de certitude modérée). Pour les longs vols, la revue Cochrane de Clarke (2021, 12 essais, 2 918 passagers) montre une forte baisse des thromboses veineuses sans symptômes. La meilleure paire reste celle que vous arrivez à porter : la prescription, la prise de mesures par un professionnel et quelques astuces d'enfilage changent souvent tout.
Vous avez une ordonnance, vous êtes passé à la pharmacie, et la paire de bas de contention est aujourd'hui roulée au fond d'un tiroir. Trop serrés, trop chauds, impossibles à enfiler avec des mains douloureuses, inesthétiques sous une robe, ou simplement oubliés le matin : si vous vous reconnaissez, vous êtes loin d'être seul. Dans les études sur la compression médicale, l'observance, c'est-à-dire le fait de porter réellement les bas prescrits, est un sujet aussi central que la pression du tissu elle-même.

Ce guide part de cette situation très concrète : « on m'a prescrit des bas de contention mais je n'arrive pas à les porter ». Il explique à quoi servent réellement ces dispositifs, comment lire une classe de compression, comment choisir entre chaussettes, bas et collants, ce que montrent les études (insuffisance veineuse, ulcère, voyage en avion, après une phlébite), comment les enfiler sans s'épuiser, comment se passe le remboursement en France et, surtout, dans quels cas il ne faut pas les porter sans avis médical.

Le vrai problème : pas les acheter, les porter

Pourquoi tant de paires finissent au fond d'un tiroir

Lorsque l'on interroge les personnes à qui l'on a prescrit une compression, les raisons d'abandon reviennent avec une grande régularité :

  • L'enfilage est difficile, parfois douloureux, surtout pour les personnes âgées, en surpoids, souffrant d'arthrose des mains, des hanches ou du dos. Plus la classe de compression est élevée, plus l'exercice devient sportif.
  • La sensation de chaleur et de transpiration, particulièrement l'été ou dans les logements chauffés.
  • L'inconfort : plis derrière le genou, bande adhésive qui irrite la cuisse, sensation de garrot, démangeaisons, peau sèche.
  • L'esthétique : beaucoup de personnes associent encore les bas médicaux à une image de vieillissement, alors que les gammes actuelles ressemblent de près à des chaussettes ou des collants ordinaires.
  • Le doute sur l'utilité : « je ne sens pas de différence », « on m'a dit qu'il fallait les porter toute ma vie », « je ne sais pas pourquoi on me les a prescrits ».
  • Une taille mal adaptée : des bas achetés sans mesure précise, ou mesurés en fin de journée sur des jambes gonflées, peuvent être trop lâches ou au contraire trop compressifs à certains endroits.
Ce dernier point est sous-estimé. Un essai randomisé publié en 2024 par Yang et ses collègues a comparé chez 79 personnes atteintes de maladie veineuse chronique des bas standard et des bas fabriqués sur mesure. Dans le groupe « standard », 13 paires dépassaient la pression prévue à la cheville ou au mollet, contre 2 dans le groupe sur mesure, et plus la pression locale était excessive, moins les participants portaient leurs bas longtemps dans la journée. Autrement dit, une partie de l'abandon ne vient pas de la volonté de la personne mais d'un dispositif qui ne lui va pas.

Ce que vous vivez est légitime

Avoir du mal à porter ses bas de contention ne fait pas de vous un « mauvais patient ». C'est une information utile pour le professionnel qui vous suit : elle peut conduire à changer de modèle, de longueur, de matière, de classe ou de méthode d'enfilage. L'objectif de ce guide est de vous donner des éléments pour cette discussion, pas de vous culpabiliser.

À quoi servent vraiment les bas de contention

Le principe : aider les veines à remonter le sang

Pour comprendre la compression, il faut se rappeler comment fonctionne le retour veineux. Le sang qui descend vers les pieds par les artères doit remonter vers le cœur par les veines, contre la gravité. Trois mécanismes l'y aident : les valvules à l'intérieur des veines, qui empêchent le sang de redescendre, la pompe musculaire du mollet, qui comprime les veines profondes à chaque pas, et la semelle veineuse plantaire, écrasée à chaque appui du pied. Si vous souhaitez revoir ces bases, notre article pour comprendre la circulation sanguine, artères et veines les détaille.

Dans l'insuffisance veineuse, les valvules fonctionnent mal, les veines se dilatent, le sang stagne dans le bas des jambes. Résultat : jambes lourdes, gonflement en fin de journée, crampes, démangeaisons, puis parfois varices, modifications de la peau et, au stade le plus avancé, ulcère. Notre article sur l'insuffisance veineuse, ses stades et son évolution décrit cette progression en détail.

Un bas de compression médicale exerce une pression dégressive : maximale à la cheville, plus faible au mollet, encore plus faible à la cuisse. Cette pression réduit le diamètre des veines, ce qui rend les valvules restantes plus efficaces, accélère le flux sanguin, limite le passage de liquide vers les tissus et renforce l'efficacité de la pompe du mollet. La revue de référence d'Eberhardt et Raffetto, publiée dans la revue Circulation en 2014, présente la compression comme l'un des piliers de la prise en charge de l'insuffisance veineuse chronique, aux côtés de l'activité physique, de la surélévation des jambes et, selon les cas, des traitements des veines elles-mêmes.

Une mesure de l'effet sur le retour veineux

Cet effet a été mesuré. Dans une étude expérimentale menée à Londres (Lattimer et collègues, 2014), 20 volontaires en bonne santé ont été testés par pléthysmographie à air, une technique qui mesure les variations de volume du mollet. Avec n'importe quel bas de compression sous le genou, la vidange veineuse après un garrot relâché était 41 à 45 % plus importante et 9 à 10 secondes plus rapide que sans bas. L'effet était plus marqué avec un bas plus compressif. C'est une étude de physiologie, sur peu de personnes et sans maladie veineuse : elle explique un mécanisme, elle ne dit pas à elle seule qu'un patient se sentira mieux.

Les principales situations où on les prescrit

  • Symptômes d'insuffisance veineuse (lourdeurs, douleurs, gonflement) avec ou sans varices.
  • Œdème d'origine veineuse des chevilles et des jambes.
  • Modifications cutanées liées à la maladie veineuse (pigmentation brune, eczéma veineux, durcissement de la peau).
  • Ulcère veineux, ouvert ou cicatrisé, pour favoriser la fermeture puis limiter la récidive.
  • Après un traitement des varices (sclérothérapie, chirurgie, techniques endoveineuses), pendant une durée limitée.
  • Après une phlébite (thrombose veineuse profonde), dans certains cas, pour limiter la douleur, le gonflement et peut-être les séquelles.
  • Grossesse, pendant laquelle le volume sanguin augmente et l'utérus gêne le retour veineux.
  • Voyages longs, notamment en avion, chez certaines personnes.
  • Lymphœdème, avec des dispositifs souvent spécifiques et sur mesure.
Le consensus international dirigé par Eberhard Rabe en 2018 (Phlebology, 51 publications analysées, 25 recommandations) a trouvé des preuves « modérément solides » pour l'usage des bas en cas de symptômes veineux et d'œdème, et des preuves « solides » pour la prévention et le traitement des ulcères veineux. Il souligne aussi qu'aucun essai randomisé ne démontre que les bas empêchent l'aggravation de la maladie veineuse au fil des années : on les porte avant tout pour se sentir mieux et limiter les complications cutanées, pas parce qu'ils feraient disparaître les varices. Point de transparence : certains coauteurs de ce consensus étaient salariés d'un fabricant de dispositifs de compression.

Pour les jambes lourdes sans maladie veineuse évoluée, d'autres gestes complètent ou précèdent la compression : notre dossier jambes lourdes : causes et solutions naturelles les rassemble.

Avant tout : quand ne pas porter de bas sans avis médical

C'est la partie la plus importante de cet article. Un bas de contention est un dispositif médical, pas un accessoire de confort anodin. Mal indiqué ou mal ajusté, il peut abîmer la peau, les nerfs, voire aggraver un manque d'apport sanguin.

Les contre-indications à connaître

La fiche de bon usage de la Haute Autorité de santé (HAS, 2010) sur la compression dans les affections veineuses chroniques et le consensus international de 2020 sur les risques de la compression (Rabe et collègues, 62 publications d'effets indésirables analysées, 21 recommandations) convergent sur plusieurs situations :

  • Artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), c'est-à-dire un rétrécissement des artères des jambes. La compression réduit encore l'apport de sang à des tissus qui en manquent déjà. La HAS la considère comme une contre-indication absolue lorsque l'index de pression systolique (IPS, rapport entre la pression à la cheville et au bras) est inférieur à 0,6, et demande une réévaluation régulière du rapport bénéfice/risque entre 0,6 et 0,9. Si vous avez des douleurs du mollet à la marche qui cèdent à l'arrêt, des pieds froids et pâles, une plaie du pied qui ne cicatrise pas, ou un tabagisme ancien, un diabète, une hypertension : la mesure de l'IPS par votre médecin ou un angiologue doit précéder toute compression.
  • Insuffisance cardiaque décompensée : chez une personne dont le cœur peine déjà, renvoyer brutalement un volume de sang des jambes vers le thorax peut aggraver l'essoufflement. Un gonflement des deux jambes peut d'ailleurs être un signe d'insuffisance cardiaque et non de maladie veineuse : c'est au médecin de faire la différence.
  • Certaines lésions cutanées : dermatose suintante ou eczéma surinfecté, plaies non protégées, infections de la peau (érysipèle en phase aiguë), allergie connue aux fibres. Une compression peut alors être possible, mais adaptée et encadrée.
  • Microangiopathie diabétique évoluée : la HAS cite une contre-indication pour les pressions supérieures à 30 mmHg.
  • Neuropathie périphérique évoluée : si vous ne sentez plus bien vos pieds, vous ne sentirez pas non plus un bas qui blesse.
  • Phlegmatia cerulea dolens (forme très grave de phlébite avec jambe bleue et douloureuse) et thrombose septique : contre-indications absolues, situations relevant de l'hospitalisation.
Le consensus de 2020 rappelle que les effets indésirables les plus fréquents sont bénins (irritation cutanée, inconfort, douleur) et que les effets graves (lésions des tissus mous ou des nerfs) sont « très rares » lorsque la compression est utilisée correctement et que les contre-indications sont respectées. C'est tout l'enjeu d'une prescription et d'une prise de mesures par un professionnel.

Diabète et neuropathie : surveiller la peau chaque jour

Si vous vivez avec un diabète, en particulier avec une atteinte des nerfs des pieds (perte de sensibilité, fourmillements, brûlures), les bas ne sont pas interdits par principe, mais ils demandent un avis médical préalable et une inspection quotidienne de la peau : le soir en retirant les bas, regardez (au besoin avec un miroir ou l'aide d'un proche) les talons, le dos du pied, la crête du tibia, le pli derrière le genou et la zone de la bande haute. Une rougeur qui ne disparaît pas en quelques minutes, une ampoule, une marque profonde, une zone violacée ou une petite plaie doivent faire arrêter le port et consulter rapidement. Notre article sur la douleur neuropathique aide à comprendre pourquoi la perte de sensibilité rend ces signaux d'alerte silencieux.

Les signes d'urgence : appelez le 15 ou le 112

Les bas de contention sont parfois prescrits justement parce qu'on craint une thrombose, ou après une phlébite. Ils ne doivent jamais retarder la prise en charge d'une urgence. Appelez le 15 (ou le 112) sans attendre si vous présentez :

  • un mollet douloureux, gonflé, chaud et parfois rouge d'un seul côté, surtout après un long voyage, une immobilisation, une chirurgie, un plâtre, un accouchement ou sous contraception hormonale : c'est le tableau typique d'une phlébite (thrombose veineuse profonde) ;
  • un essoufflement brutal, une douleur thoracique (souvent aggravée par la respiration), des crachats sanglants, un malaise ou des palpitations : ce sont les signes possibles d'une embolie pulmonaire, une urgence vitale.
Ne mettez pas un bas « pour voir si ça passe » sur une jambe suspecte de phlébite : le diagnostic se fait par échographie-doppler et le traitement repose sur les anticoagulants.

Autres signaux qui imposent d'enlever le bas et de consulter : douleur qui augmente sous le bas, orteils bleus, blancs ou froids, fourmillements ou engourdissement, plaie ou cloque, coloration anormale de la peau.

Comprendre les classes de compression

Les classes françaises et leurs pressions

En France, les bas de compression médicale sont classés selon la pression exercée à la cheville. La HAS reprend les valeurs suivantes :

| Classe (France) | Pression à la cheville | Usages fréquents | | :-- | :-- | :-- | | Classe 1 | 10 à 15 mmHg | jambes lourdes légères, prévention lors de longues stations debout ou assises | | Classe 2 | 15,1 à 20 mmHg | varices, symptômes veineux, grossesse | | Classe 3 | 20,1 à 36 mmHg | œdème chronique, troubles cutanés, après une phlébite, ulcère cicatrisé | | Classe 4 | plus de 36 mmHg | ulcère, lymphœdème, situations sévères |

Attention aux comparaisons avec l'étranger : les normes allemandes, britanniques ou internationales ne découpent pas les classes de la même manière. Une « classe 2 » britannique ne correspond pas à une « classe 2 » française. Dans l'étude de Lattimer citée plus haut, la « classe 1 » britannique correspondait à 18-21 mmHg et la « classe 2 » à 23-32 mmHg. C'est pourquoi la HAS demande que la pression en mmHg figure toujours sur l'ordonnance, la classe étant facultative.

Ce que la HAS recommande selon le stade de la maladie

La maladie veineuse chronique est décrite par la classification CEAP, de C0 (aucun signe visible) à C6 (ulcère ouvert). La fiche de bon usage de la HAS résume :

  • C0 et C1 (pas de signe ou petites varicosités) : l'efficacité de la compression sur l'évolution n'est pas démontrée, elle peut néanmoins être utilisée pour le confort en cas de symptômes ;
  • C2 (varices de 3 mm ou plus) : bas de 15 à 20 ou de 20 à 36 mmHg, au long cours ; après sclérothérapie ou chirurgie, une compression pendant 4 à 6 semaines ;
  • C3 (œdème chronique) : bas de 20 à 36 mmHg ou bandes, au long cours, avec réévaluation régulière ;
  • C4 (modifications de la peau) : bas de 20 à 36 mmHg ou bandes selon les lésions ;
  • C5 (ulcère cicatrisé) : bas de 20 à 36 mmHg ou plus de 36 mmHg ;
  • C6 (ulcère ouvert) : bandages multicouches en première intention, ou bas de plus de 36 mmHg, jusqu'à cicatrisation complète.
Deux principes de cette fiche méritent d'être retenus. D'abord : « La pression à retenir est la plus forte supportée par le patient. » Autrement dit, si une classe 3 est théoriquement indiquée mais que vous ne la portez jamais, une classe 2 réellement portée vaut mieux. C'est exactement la discussion à avoir avec votre médecin. Ensuite, en cas de plusieurs problèmes, c'est le stade le plus sévère qui guide le choix.

Qui prescrit, et sur quels critères

Les bas de contention peuvent être prescrits par votre médecin traitant, un angiologue (médecin vasculaire), un dermatologue, un gynécologue, une sage-femme dans le cadre de la grossesse, ou un chirurgien après une intervention. Le prescripteur s'appuie sur :

  • vos symptômes et leur retentissement ;
  • l'examen des jambes et, souvent, une échographie-doppler veineuse ;
  • l'état de vos artères (pouls, et en cas de doute mesure de l'IPS) ;
  • votre état cardiaque, cutané et neurologique ;
  • votre capacité pratique à enfiler les bas (mains, dos, souplesse) et votre mode de vie.
Ce dernier critère n'est pas un détail. Les recommandations chinoises de 2025 sur la compression dans les maladies veineuses (Sun et collègues, 30 recommandations dont 7 de niveau fort) insistent, comme la HAS, sur l'absence d'harmonisation des produits et sur l'importance d'un choix individualisé et d'une éducation du patient.

Bien choisir : chaussettes, bas ou collants

Trois longueurs, trois logiques

  • Les chaussettes (ou « bas jarret ») montent jusque sous le genou. Ce sont les plus faciles à enfiler et les mieux tolérées, et elles agissent sur la zone clé : la cheville et le mollet, où se trouve la pompe musculaire. Dans de nombreuses situations veineuses, elles suffisent. Dans un essai cité par la revue Cochrane d'Appelen (2017), après une phlébite, les bas montant à la cuisse n'ont pas fait mieux que les bas s'arrêtant au genou pour prévenir les séquelles (267 participants).
  • Les bas-cuisses montent jusqu'en haut de la cuisse et tiennent par une bande auto-fixante en silicone. Ils sont utiles lorsque des varices ou un œdème concernent aussi la cuisse. La bande peut irriter les peaux sensibles.
  • Les collants, y compris les collants de maternité, couvrent les deux jambes et le bassin. Ils tiennent bien en place mais sont les plus difficiles à enfiler et à retirer (notamment pour aller aux toilettes), et plus chauds. La HAS précise que la partie culotte des collants n'a aucune efficacité compressive.
La HAS résume la démarche ainsi : le choix du type de bas se fait en général selon ce que le patient accepte le mieux. Si vous savez déjà que vous ne porterez jamais de collants, dites-le.

Les matières et les finitions

Sans citer de marque, quelques repères :

  • Tricotage circulaire (sans couture, le plus courant, plus fin et plus esthétique) ou tricotage rectiligne (avec couture, plus épais et plus rigide, réservé aux œdèmes importants ou aux jambes de forme irrégulière, souvent sur mesure).
  • Fibres : polyamide et élasthanne pour la plupart, coton ou fibres naturelles mélangées pour certaines peaux sensibles, versions plus aérées pour l'été.
  • Pied ouvert ou fermé : le pied ouvert facilite l'enfilage avec certains dispositifs et peut convenir aux personnes ayant des orteils déformés ou des mycoses.
  • Couleurs et opacités : de nombreux modèles existent en noir, en couleurs, en voile ou en coton côtelé, et ressemblent à des chaussettes ordinaires.

La prise de mesures : le matin, par un professionnel

Une bonne taille commence par une bonne mesure. Le pharmacien, l'orthopédiste-orthésiste ou le bandagiste mesure plusieurs circonférences (cheville au point le plus fin, mollet au point le plus large, parfois sous le genou et à la cuisse) ainsi que des longueurs. Ces mesures doivent être prises :

  • le matin, idéalement dans l'heure qui suit le lever, avant que les jambes n'aient gonflé ;
  • sur une jambe non œdématiée : si vos jambes sont très gonflées, le médecin peut d'abord prescrire des bandes pour faire dégonfler, puis faire mesurer les bas ;
  • sur les deux jambes, qui n'ont pas toujours la même taille ;
  • à renouveler en cas de changement de poids, après une grossesse, après un traitement des varices.
Si vos mesures sortent des grilles standard, des bas sur mesure existent. L'essai de Yang (2024) suggère qu'ils peuvent être mieux tolérés : les participants avec des bas sur mesure les portaient en moyenne 10,7 heures par jour contre 9,5 heures avec des bas standard au bout d'un mois, et leur qualité de vie liée aux veines s'améliorait davantage. Les deux types de bas réduisaient de manière comparable le volume du mollet. C'est un seul essai, de taille modeste, mené dans un seul pays : il ouvre une piste plutôt qu'il ne tranche.

Ce que montrent les études, situation par situation

Ulcère veineux : la preuve la plus solide

Ce que montrent les études
La revue Cochrane de Shi, Dumville, Cullum et collègues (2021) a rassemblé 14 essais randomisés (1 391 participants, âge médian d'environ 70 ans) comparant compression et absence de compression chez des personnes ayant un ulcère veineux de jambe. Avec des bandages ou des bas de compression, la cicatrisation complète était plus rapide (rapport de risques instantanés 2,17) et plus fréquente à 12 mois (risque relatif 1,77), avec une douleur moyenne plus faible. Niveau de preuve : modéré. Limites : 10 essais sur 14 présentaient un risque de biais élevé et les effets indésirables étaient mal documentés.
Concrètement, pour un ulcère ouvert, ce sont souvent des bandages posés par une infirmière qui sont utilisés en premier, puis des bas forts une fois la plaie refermée, pour limiter la récidive. Ce n'est pas une situation à gérer seul : un ulcère de jambe justifie un suivi médical et infirmier, et la vérification de l'état des artères avant toute compression.

Insuffisance veineuse et jambes lourdes : un bénéfice sur les symptômes

Pour les symptômes de l'insuffisance veineuse (lourdeur, douleur, gonflement), les données sont plus nuancées. Le consensus international de 2018 parle de preuves « modérément solides » pour le soulagement des symptômes et de l'œdème. Les essais sont souvent de petite taille, de courte durée, avec des bas de pressions variées, et il est difficile de faire des comparaisons en aveugle avec un dispositif qui se sent. En revanche, l'absence d'essai montrant que les bas freinent l'évolution de la maladie au long cours est un point d'honnêteté important : la compression est un outil de confort et de prévention des complications, à combiner avec la marche, la surélévation des jambes et la gestion du poids.

Pour aller plus loin sur les gestes du quotidien, voyez nos articles varices : prévenir et soulager ses jambes et exercice et circulation : les activités qui relancent vos jambes. La marche, les montées sur la pointe des pieds et la natation renforcent précisément la pompe du mollet sur laquelle s'appuie le bas.

Voyages en avion : la revue Cochrane de Clarke

Ce que montrent les études
La revue Cochrane de Mike Clarke et collègues (mise à jour 2021) a analysé 12 essais randomisés incluant 2 918 passagers de vols d'au moins quatre heures (en pratique, tous les vols duraient plus de cinq heures). Parmi 2 637 passagers suivis dans les essais comparant bas sur les deux jambes et absence de bas, 50 ont présenté une thrombose veineuse profonde sans symptômes, détectée par examen : 3 portaient des bas, 47 n'en portaient pas (rapport de cotes 0,10, preuve de certitude élevée). L'œdème des jambes était aussi réduit (certitude faible). Limite majeure : aucun décès, aucune embolie pulmonaire et aucune thrombose symptomatique ne sont survenus dans ces essais, si bien qu'on ne peut pas conclure sur ces événements graves, qui restent rares.
Pour un voyageur, cela signifie que les chaussettes de compression sous le genou réduisent nettement la formation de petits caillots silencieux lors des longs vols. Elles sont particulièrement discutées pour les personnes à risque : antécédent de phlébite, cancer actif, chirurgie récente, grossesse ou post-partum, contraception ou traitement hormonal, obésité, mobilité réduite. Dans ces cas, demandez conseil à votre médecin avant le départ : il pourra préciser la classe adaptée et décider si un traitement anticoagulant préventif est nécessaire, ce que les bas ne remplacent pas.

En vol, quelques gestes s'ajoutent aux bas : se lever et marcher régulièrement quand c'est possible, faire des flexions-extensions des chevilles assis, boire de l'eau, éviter de rester jambes croisées, limiter l'alcool et les somnifères qui immobilisent. Enfilez vos chaussettes avant de partir pour l'aéroport, pas dans l'avion.

Après une phlébite : des résultats contrastés

Le syndrome post-thrombotique est une séquelle de la phlébite : douleur, lourdeur, gonflement chronique, modifications de la peau, voire ulcère dans la jambe concernée. On estime qu'environ une personne sur trois ayant fait une thrombose veineuse profonde en développera des signes dans les cinq ans, selon la revue Cochrane d'Appelen (2017).

Ce que montrent les études
Deux travaux importants ne vont pas dans le même sens. La revue Cochrane d'Appelen et collègues (2017, 10 essais, 2 361 participants) conclut, avec un niveau de preuve faible, que les bas de compression pourraient réduire la survenue du syndrome post-thrombotique (risque relatif 0,62 dans les 5 essais poolés, 1 393 participants). Mais le grand essai canadien et américain SOX (Kahn et collègues, The Lancet, 2014, 806 patients après une première thrombose proximale) a comparé pendant deux ans de vrais bas de compression à des bas d'apparence identique mais sans compression réelle : 14,2 % de syndrome post-thrombotique avec les vrais bas contre 12,7 % avec les bas sans compression, une différence non significative. Limite : dans SOX, beaucoup de participants portaient peu leurs bas, ce qui rend l'interprétation délicate.
Que retenir ? Le consensus international de 2018 recommande toujours les bas après une phlébite, notamment pour soulager la douleur et le gonflement de la phase aiguë, tout en reconnaissant ces résultats contradictoires. En pratique, la décision appartient à votre médecin, qui tiendra compte de vos symptômes. Si vos bas vous soulagent, c'est un bon argument pour les porter. S'ils vous font mal, parlez-en plutôt que de les abandonner en silence.

Une précaution importante : après une phlébite, vous êtes probablement sous anticoagulant. Certains compléments que l'on associe souvent à la circulation (curcuma, gingembre à fortes doses, oméga-3 à fortes doses, ginkgo, ail en complément) peuvent majorer le risque de saignement. Avant d'ajouter une plante, même « naturelle », parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Notre guide des plantes veinotoniques précise les données et les précautions pour chacune.

Grossesse : un usage courant, un avis à demander

Pendant la grossesse, l'augmentation du volume sanguin, l'effet des hormones sur la paroi des veines et la compression des grosses veines du bassin par l'utérus favorisent jambes lourdes, gonflement et varices, y compris vulvaires. Les bas ou collants de maternité sont fréquemment prescrits par la sage-femme ou le médecin, en particulier en cas de varices ou d'antécédents de thrombose. Le risque de phlébite étant plus élevé pendant la grossesse et dans les semaines qui suivent l'accouchement, tout mollet douloureux et gonflé d'un seul côté ou tout essoufflement inhabituel doit faire appeler le 15. Les choix de classe et de modèle se discutent avec votre sage-femme ou votre gynécologue.

Guide pratique : enfiler ses bas sans y laisser ses forces

Le bon moment

  • Le matin, au lever, avant que les jambes ne gonflent. Idéalement, enfilez-les encore au bord du lit, après avoir éventuellement surélevé les jambes quelques minutes.
  • Sur une peau sèche : après la douche, attendez que la peau soit parfaitement sèche, sinon le tissu accroche.
  • Si vous appliquez une crème hydratante (utile contre la sécheresse cutanée provoquée par les bas), faites-le le soir après les avoir retirés, ou laissez-la bien pénétrer avant de les mettre.

La technique du talon retourné

C'est la méthode de base, qui évite de « rouler » le bas (le rouler crée un boudin très serré, difficile à dérouler et qui peut faire garrot) :

  1. Glissez la main à l'intérieur du bas jusqu'au talon et saisissez-le.
  2. Retournez le bas à l'envers jusqu'au talon : vous obtenez un « chausson » avec la jambe du bas repliée à l'envers.
  3. Enfilez ce chausson sur votre pied en positionnant bien le talon.
  4. Remontez ensuite progressivement le reste du bas sur la jambe, par petites prises, en lissant le tissu avec la paume des mains plutôt qu'en tirant par le haut.
  5. Vérifiez l'absence de plis, en particulier au pli de la cheville et derrière le genou. La bande du haut doit se situer environ deux doigts sous le pli du genou pour une chaussette.

Les aides qui changent tout

  • Des gants en caoutchouc (type gants de ménage à surface texturée, ou gants spécifiques) : c'est l'astuce la plus simple et souvent la plus efficace. Ils permettent d'agripper le tissu, de le faire glisser et de lisser les plis sans abîmer les fibres avec les ongles ou les bagues.
  • Les enfile-bas : il en existe plusieurs types. Les cadres métalliques sur lesquels on tend le bas avant d'y glisser le pied, utiles pour les personnes qui ne peuvent pas se pencher. Les glisseurs en tissu lisse, qu'on enfile sur le pied avant le bas et qu'on retire ensuite par l'ouverture des orteils (pour les modèles à pied ouvert) ou par le haut. Ces dispositifs se trouvent en pharmacie et chez les orthopédistes ; demandez une démonstration.
  • Une chaise stable plutôt que le bord d'un lit mou, et une position où le pied repose à plat.
  • L'aide d'un proche ou d'un professionnel : si les bas sont indispensables mais que vous ne pouvez pas les enfiler, une infirmière à domicile peut, sur prescription, venir les poser et les retirer.

Les plus fortes compressions : penser à la superposition

Certaines personnes ne parviennent pas à enfiler une classe élevée. Une stratégie parfois proposée par les médecins consiste à superposer deux bas de classe plus faible, plus faciles à mettre l'un après l'autre, dont les pressions s'additionnent. Cette solution doit être décidée avec votre prescripteur, qui ajustera la pression totale.

Les retirer

Le soir, retirez les bas en les retournant de haut en bas, comme un gant, jusqu'au talon, puis faites-les glisser hors du pied. Profitez-en pour inspecter votre peau. Sauf indication contraire de votre médecin, on ne garde pas les bas la nuit : la compression est utile surtout en position debout ou assise.

Tenir sur la durée : astuces d'observance

Commencer progressivement

Si vous n'avez jamais porté de compression, il est souvent plus facile de commencer par quelques heures par jour, puis d'allonger progressivement, en fonction de la tolérance et selon l'avis du prescripteur. Beaucoup de personnes ressentent une gêne les premiers jours qui s'atténue ensuite. Une douleur qui augmente, elle, n'est pas normale.

Associer les bas à une routine

L'oubli est une cause banale d'abandon. Quelques idées : poser les bas sur la chaise à côté du lit le soir, les enfiler juste après le café ou le brossage des dents, mettre un rappel sur le téléphone les premières semaines. Le simple fait de les avoir à portée de main au réveil, et non au fond d'un tiroir, compte.

Chaleur : des solutions concrètes

  • Choisir des chaussettes plutôt que des bas-cuisses ou des collants lorsque l'indication le permet.
  • Préférer des fibres plus respirantes ou des modèles « été ».
  • Porter les bas pendant les périodes debout ou assises prolongées (travail, transports) et les retirer lors des longues pauses allongées, si votre médecin est d'accord.
  • Rafraîchir les jambes le soir à l'eau fraîche, en terminant par un jet de bas en haut.

Peau sèche, démangeaisons, marques

La compression assèche la peau. Une crème émolliente le soir limite les démangeaisons. Des marques légères qui s'effacent dans l'heure sont fréquentes. Des marques profondes, une rougeur persistante, des cloques ou une irritation sous la bande en silicone doivent faire revoir le modèle (bande plus large, autre matière, autre longueur, autre taille). Une allergie aux fibres existe : des modèles sans latex ou en fibres différentes sont alors envisageables.

L'esthétique, ce n'est pas un caprice

Si l'apparence vous retient, sachez que les gammes actuelles incluent des voiles fins, des chaussettes à motifs, des modèles en coton côtelé, des couleurs variées et des modèles pour homme qui ressemblent à des chaussettes de ville. Le fait d'aimer ce que l'on porte augmente la probabilité de le porter. Ce point est parfaitement légitime à mentionner au pharmacien.

Combien d'heures par jour ?

Il n'existe pas de chiffre universel : la durée dépend de l'indication. Pour les symptômes veineux, on recommande généralement de porter les bas pendant la journée, du lever au coucher, et plus particulièrement lors des stations debout ou assises prolongées. Après une sclérothérapie ou une chirurgie, la durée est fixée par le praticien (souvent quelques semaines). Pour un voyage, on les porte pendant toute la durée du trajet. Après une phlébite, la durée est décidée par le médecin. L'important : un port réel, régulier et confortable vaut mieux qu'un port théorique de 14 heures jamais tenu.

Quand faut-il revoir la prescription ?

Revoyez votre médecin si :

  • vous n'arrivez toujours pas à porter vos bas après quelques semaines d'essais et d'astuces ;
  • vos symptômes ne s'améliorent pas ou s'aggravent ;
  • vous avez perdu ou pris du poids, ou vos jambes ont changé de volume ;
  • de nouvelles douleurs à la marche, une plaie, un gonflement inhabituel ou un essoufflement sont apparus.
Il existe souvent une alternative : autre classe, autre longueur, sur mesure, superposition, bandes, enfile-bas, aide infirmière, ou traitement des veines elles-mêmes lorsqu'il est indiqué.

Entretien et renouvellement

Laver pour garder la pression

Les bas de compression se lavent idéalement après chaque port, à la main ou en machine en programme délicat, à l'eau tiède, avec une lessive douce, sans adoucissant (qui abîme les fibres élastiques). Faites-les sécher à plat, à l'abri du soleil direct et des radiateurs, sans les essorer en les tordant. Le lavage aide d'ailleurs les fibres à retrouver leur élasticité. Avoir deux paires permet d'en porter une pendant que l'autre sèche.

Une durée de vie limitée

Avec un port quotidien, les fibres élastiques perdent progressivement leur capacité de compression : les bas paraissent plus lâches, se détendent, glissent. Ils doivent alors être renouvelés, même s'ils semblent intacts. La fréquence exacte dépend du modèle et de l'usage : demandez au pharmacien ou au fabricant la durée d'efficacité indiquée pour votre produit.

Le remboursement en France

Les règles évoluent : vérifiez toujours auprès de votre caisse d'Assurance Maladie, de votre pharmacien ou sur ameli.fr. Voici les principes qui ressortent des réponses des conseillers de l'Assurance Maladie sur le forum officiel ameli :

  • Une prescription médicale est nécessaire pour la prise en charge. L'ordonnance doit préciser la quantité de bas nécessaire pour la durée prescrite. Si ce n'est pas le cas, il est conseillé de demander une nouvelle ordonnance.
  • Seuls les produits inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP) sont pris en charge, sur la base d'un tarif de responsabilité. Le prix de certains modèles peut dépasser ce tarif ; votre complémentaire santé peut prendre en charge tout ou partie de la différence selon votre contrat.
  • Le nombre de paires pris en charge est limité par période et décompté tous types de produits confondus (bas, chaussettes, collants) pour une même jambe ou région du corps. En usage régulier, les conseillers ameli indiquent une prise en charge pouvant aller jusqu'à 8 paires par an. Le décompte se fait de date à date.
  • Les bas sur mesure suivent des règles spécifiques ; renseignez-vous avant la commande.
Nous ne donnons volontairement pas de montant en euros ni de taux : ils dépendent du produit, de votre situation (par exemple une affection de longue durée) et de votre complémentaire, et changent avec le temps.

Et les approches complémentaires ?

La compression n'est pas la seule ressource pour des jambes lourdes, et plusieurs approches peuvent l'accompagner, sans la remplacer lorsqu'elle est prescrite :

  • L'activité physique reste le complément le plus logique : la compression fonctionne mieux sur un mollet qui bouge.
  • La surélévation des jambes le soir et pendant les pauses.
  • Le drainage lymphatique manuel, réalisé par un kinésithérapeute formé, est utilisé en complément dans les œdèmes et le lymphœdème. Voir nos articles sur le drainage lymphatique et sur la rétention d'eau et la circulation lymphatique.
  • Certaines plantes veinotoniques ont fait l'objet d'études sur les symptômes de l'insuffisance veineuse, avec des niveaux de preuve variables, et des précautions en cas d'anticoagulants, de grossesse ou d'allaitement.
  • La chaleur aggrave les symptômes veineux : bains très chauds, sauna, chauffage au sol ou exposition prolongée au soleil sont à limiter quand les jambes gonflent.
Si vous souhaitez être accompagné par un professionnel (diététicien pour la gestion du poids, kinésithérapeute, ou autre praticien) en complément de votre suivi médical, vous pouvez trouver un praticien près de chez vous dans notre annuaire.

FAQ

Quelle classe de bas de contention choisir ?

Ce n'est pas à vous de la choisir seul : la classe dépend du diagnostic, du stade de la maladie veineuse et de l'état de vos artères, et la pression doit figurer en mmHg sur l'ordonnance. En France, la classe 1 correspond à 10-15 mmHg, la classe 2 à 15,1-20 mmHg, la classe 3 à 20,1-36 mmHg et la classe 4 à plus de 36 mmHg. Selon la HAS, la meilleure pression est la plus forte que vous supportez réellement. Si la classe prescrite est intenable, parlez-en à votre médecin plutôt que d'abandonner.

Bas, chaussettes ou collants : que choisir ?

Dans de nombreuses situations veineuses, des chaussettes sous le genou suffisent, car elles agissent sur la cheville et le mollet, et ce sont les plus faciles à porter. Les bas-cuisses sont utiles si les varices ou l'œdème concernent la cuisse. Les collants tiennent bien mais sont plus chauds et plus difficiles à enfiler, et leur partie culotte ne comprime pas. Le choix se fait avec le prescripteur selon l'indication et ce que vous acceptez de porter.

Comment enfiler des bas de contention facilement ?

Enfilez-les le matin, sur une peau sèche, en retournant le bas jusqu'au talon, en le mettant sur le pied comme un chausson, puis en le remontant progressivement avec la paume. Des gants en caoutchouc facilitent beaucoup la prise. Les enfile-bas (cadres ou glisseurs) aident les personnes qui se penchent difficilement, et une infirmière peut, sur prescription, venir les poser à domicile.

Faut-il porter des bas de contention en avion ?

La revue Cochrane de Clarke (2021, 2 918 passagers) montre que des bas de compression portés sur des vols de plus de quatre heures réduisent fortement les thromboses veineuses sans symptômes. Ils sont surtout discutés pour les personnes à risque (antécédent de phlébite, cancer, chirurgie récente, grossesse, traitement hormonal, mobilité réduite). Demandez un avis médical avant le départ : votre médecin dira si un anticoagulant préventif est nécessaire, ce que les bas ne remplacent pas.

Peut-on porter des bas de contention quand on est diabétique ?

C'est possible dans de nombreux cas, mais seulement après un avis médical, qui vérifiera l'état de vos artères et de vos nerfs. En cas de neuropathie, vous risquez de ne pas sentir une compression qui blesse : inspectez vos pieds et vos jambes chaque soir, et retirez les bas puis consultez en cas de rougeur persistante, cloque, plaie ou zone violacée.

Les bas de contention sont-ils remboursés ?

Oui, sur prescription médicale, lorsque le produit est inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP), dans la limite d'un nombre de paires par période. Le prix de certains modèles dépasse le tarif de remboursement, et la complémentaire santé peut couvrir tout ou partie de l'écart. Vérifiez les règles en vigueur auprès de votre pharmacien ou sur ameli.fr.

En résumé

Les bas de contention sont un outil utile, dont la preuve est la plus forte pour l'ulcère veineux et la prévention des thromboses silencieuses lors des longs vols, et plus modeste mais réelle pour les symptômes de l'insuffisance veineuse. Après une phlébite, les études sont contradictoires, mais les bas restent recommandés pour soulager douleur et gonflement. Leur efficacité dépend d'une condition simple : être portés. Pour y arriver, misez sur une prescription adaptée, une prise de mesures le matin par un professionnel, le modèle que vous acceptez vraiment, des gants en caoutchouc ou un enfile-bas, et une discussion franche avec votre médecin si ça coince. Et n'oubliez jamais les contre-indications (artériopathie, insuffisance cardiaque décompensée, certaines lésions cutanées) ni les signes d'urgence qui imposent d'appeler le 15 ou le 112.

Sources

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  2. Clarke MJ, Broderick C, Hopewell S, Juszczak E, Eisinga A. Compression stockings for preventing deep vein thrombosis in airline passengers. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2021;4:CD004002. DOI : 10.1002/14651858.CD004002.pub4. PMID : 33878207.
  3. Appelen D, van Loo E, Prins MH, Neumann MH, Kolbach DN. Compression therapy for prevention of post-thrombotic syndrome. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2017;9:CD004174. DOI : 10.1002/14651858.CD004174.pub3. PMID : 28950030.
  4. Kahn SR, Shapiro S, Wells PS et al. (SOX trial investigators). Compression stockings to prevent post-thrombotic syndrome (essai randomisé multicentrique SOX). The Lancet. 2014;383(9920):880-888. DOI : 10.1016/S0140-6736(13)61902-9. PMID : 24315521.
  5. Rabe E, Partsch H, Hafner J et al. Indications for medical compression stockings in venous and lymphatic disorders: an evidence-based consensus statement. Phlebology. 2018;33(3):163-184. DOI : 10.1177/0268355516689631. PMID : 28549402.
  6. Rabe E, Partsch H, Morrison N et al. Risks and contraindications of medical compression treatment: a critical reappraisal. An international consensus statement. Phlebology. 2020;35(7):447-460. DOI : 10.1177/0268355520909066. PMID : 32122269.
  7. Yang WT, Xiong Y, Wang SX et al. A randomized controlled trial of standard vs customized graduated elastic compression stockings in patients with chronic venous disease. Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders. 2024;12(2):101678. DOI : 10.1016/j.jvsv.2023.08.017. PMID : 37708938.
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  9. Eberhardt RT, Raffetto JD. Chronic venous insufficiency. Circulation. 2014;130(4):333-346. DOI : 10.1161/CIRCULATIONAHA.113.006898. PMID : 25047584.
  10. Lattimer CR, Kalodiki E, Kafeza M, Azzam M, Geroulakos G. Quantifying the degree graduated elastic compression stockings enhance venous emptying. European Journal of Vascular and Endovascular Surgery. 2014;47(1):75-80. DOI : 10.1016/j.ejvs.2013.10.020. PMID : 24268516.
  11. Haute Autorité de santé. Fiche de bon usage : La compression médicale dans les affections veineuses chroniques. Décembre 2010 (validée par la CNEDiMTS).
  12. Assurance Maladie (ameli). Forum assurés : modalités de prescription et de renouvellement des bas de compression, réponses des conseillers, 2026.
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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Cet article fait partie de notre dossier Circulation sanguine.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

En savoir plus →

Auteurs des sources scientifiques

ER

Eberhard Rabe

Professeur de dermatologie et phlébologie — Université de Bonn (Allemagne)

Phlébologue de renom, auteur d'essais cliniques de référence sur les extraits de feuille de vigne rouge dans l'insuffisance veineuse chronique.

SK

Susan R. Kahn

Médecin interniste et épidémiologiste clinique, spécialiste de la thrombose — Centre for Clinical Epidemiology, Jewish General Hospital et McGill University, Montréal, Canada

MC

Mike J. Clarke

Chercheur en méthodologie des essais et revues systématiques — Centre for Public Health, Queen's University Belfast, Royaume-Uni

CS

Chunhu Shi

University of Manchester