Jambes lourdes et grossesse : prévention et soulagement naturel
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : Pendant la grossesse, les hormones qui relâchent la paroi des veines, l’augmentation du volume sanguin et la compression des grosses veines du bassin par l’utérus expliquent les jambes lourdes, les chevilles gonflées et l’apparition de varices. La revue Cochrane de Smyth et coll. (2015, 7 essais, 326 femmes) retrouve des signaux favorables pour l’immersion dans l’eau et la réflexologie sur l’œdème, mais à partir d’études très petites : le niveau de preuve reste faible. Les mesures les plus sûres sont simples (marcher, surélever les jambes, éviter la chaleur, porter des bas de contention prescrits), et les plantes veinotoniques comme les huiles essentielles ne se prennent jamais sans l’avis de votre sage-femme ou de votre médecin. Une jambe douloureuse, chaude et gonflée d’un seul côté, ou un gonflement brutal du visage et des mains avec maux de tête, impose d’appeler le 15.En fin de journée, vos chevilles ont doublé de volume, vos chaussures vous serrent, vos mollets semblent remplis de plomb et une petite veine bleue que vous n’aviez jamais vue serpente désormais derrière votre genou. On vous répond que « c’est normal quand on est enceinte ». C’est souvent vrai. Mais cette réponse laisse deux questions sans réponse : comment se soulager quand presque tout ce qu’on trouve en pharmacie ou en magasin bio porte la mention « déconseillé pendant la grossesse » ? Et comment reconnaître le jour où ce gonflement n’est plus banal du tout ?
Cet article répond à ces deux questions. Il explique pourquoi la grossesse met les veines à rude épreuve, ce que les études ont réellement testé chez les femmes enceintes, quels gestes du quotidien sont compatibles avec la grossesse, pourquoi la prudence s’impose avec les plantes et les huiles essentielles, et surtout quels signes doivent faire consulter sans attendre. Il ne remplace en aucun cas le suivi de votre sage-femme, de votre gynécologue-obstétricien ou de votre médecin, qui restent vos interlocuteurs de référence pour tout symptôme nouveau.
Ce que la grossesse fait aux veines : hormones, volume, compression
Pour comprendre pourquoi les jambes souffrent pendant la grossesse, il faut rappeler comment le sang remonte des pieds vers le cœur. Contrairement aux artères, poussées par la contraction cardiaque, les veines des jambes travaillent contre la gravité. Elles s’appuient sur trois mécanismes : des valvules anti-retour, qui empêchent le sang de redescendre, la « pompe musculaire » du mollet, qui comprime les veines à chaque pas, et la « semelle veineuse » de la plante du pied, écrasée à chaque appui. Si vous voulez revoir ces bases en détail, notre article sur les artères, les veines et la microcirculation les présente pas à pas.
La grossesse perturbe ce système de trois façons qui s’additionnent.
Des hormones qui relâchent la paroi des veines
Dès les premières semaines, la progestérone augmente fortement. Son rôle principal est de détendre le muscle de l’utérus pour permettre à la grossesse de se poursuivre. Mais elle détend aussi les fibres musculaires lisses de la paroi des veines. Les veines deviennent plus souples, plus « distensibles » : elles se dilatent davantage sous la pression du sang. Quand une veine se dilate, les deux feuillets de ses valvules se rejoignent moins bien, et une partie du sang peut refluer vers le bas. C’est ce qui explique que les jambes lourdes et les premières varicosités puissent apparaître dès le premier trimestre, bien avant que le ventre ne pèse sur le bassin.
Les œstrogènes participent aussi à cette transformation, en modifiant le tissu conjonctif et en favorisant la rétention d’eau et de sel. La relaxine, autre hormone de la grossesse, assouplit les ligaments et pourrait contribuer à la souplesse des parois vasculaires.
Un volume de sang nettement plus important
Pour nourrir le placenta et le bébé, l’organisme maternel augmente son volume plasmatique de façon spectaculaire : de l’ordre de 40 à 50 % au cours de la grossesse, selon la revue de physiologie cardiovasculaire de Sanghavi et Rutherford publiée dans Circulation en 2014. Le débit cardiaque augmente lui aussi, tandis que la résistance des vaisseaux périphériques diminue. Plus de liquide circule donc dans des veines plus souples : la pression à l’intérieur des veines des jambes augmente, surtout en position debout, et une partie de l’eau du plasma passe dans les tissus. C’est l’œdème, ce gonflement qui laisse une marque quand on appuie le doigt sur la cheville.
Un utérus qui comprime les grosses veines du bassin
À partir du deuxième trimestre, et surtout au troisième, l’utérus volumineux appuie sur les veines iliaques et sur la veine cave inférieure, qui ramènent le sang des jambes vers le cœur. Le passage se rétrécit, le sang stagne en amont, dans les jambes. Cette compression est plus marquée en position allongée sur le dos et moins importante couchée sur le côté gauche, ce qui explique la recommandation classique de privilégier cette position pour se reposer.
La veine iliaque gauche est anatomiquement croisée par l’artère iliaque droite, ce qui la rend plus vulnérable à la compression. C’est l’une des raisons pour lesquelles les problèmes veineux de la grossesse, y compris les thromboses, touchent plus souvent la jambe gauche.
Un sang qui coagule plus facilement
Enfin, la grossesse rend le sang plus coagulable. Il s’agit d’une protection naturelle : l’organisme se prépare à limiter les saignements lors de l’accouchement. Mais associée à la stagnation du sang dans les jambes, cette hypercoagulabilité augmente le risque de thrombose veineuse (phlébite). Ce point est essentiel et nous y revenons en détail plus loin, car c’est lui qui fait la différence entre un inconfort à soulager et une urgence.
Qui est le plus exposé ?
Toutes les femmes enceintes ne vivent pas la même chose. Le risque de jambes lourdes, de varices et d’œdèmes augmente avec :
- des antécédents familiaux de varices, souvent le facteur le plus déterminant ;
- des grossesses précédentes, les varices ayant tendance à s’accentuer à chaque grossesse ;
- un métier qui impose de rester longtemps debout ou assise sans bouger (vente, coiffure, soins, caisse, bureau) ;
- un surpoids avant la grossesse ou une prise de poids rapide ;
- une grossesse multiple, qui augmente encore le volume utérin et sanguin ;
- la chaleur, en été ou dans un logement surchauffé ;
- une insuffisance veineuse déjà présente avant la grossesse. Pour comprendre les différents stades de cette maladie, vous pouvez lire notre article sur l’insuffisance veineuse, ses stades et son évolution.
Ce qui est banal et ce qui ne l’est pas
La très grande majorité des femmes enceintes connaîtront, à un moment ou à un autre, des chevilles gonflées en fin de journée. C’est particulièrement fréquent au troisième trimestre. Voici ce qui relève, en général, des transformations normales de la grossesse :
- les jambes lourdes : sensation de pesanteur, de fatigue, de tension dans les mollets, qui s’aggrave dans la journée, avec la chaleur et la station debout, et qui s’améliore la nuit ou les jambes surélevées ;
- l’œdème des chevilles et des pieds : présent des deux côtés, plutôt le soir, diminuant après une nuit de repos ;
- les crampes nocturnes dans les mollets, très fréquentes en fin de grossesse ;
- les varicosités (petites veines rouges ou violettes en étoile) et les varices (veines bleues dilatées, saillantes, parfois sinueuses) qui apparaissent sur les jambes ;
- les varices vulvaires, moins connues, qui donnent une sensation de pesanteur au niveau du périnée, surtout debout. Elles sont impressionnantes mais disparaissent le plus souvent après l’accouchement ;
- les hémorroïdes, qui sont aussi des dilatations veineuses favorisées par les mêmes mécanismes et par la constipation.
- un gonflement d’une seule jambe, surtout s’il est douloureux ;
- un gonflement qui apparaît brutalement, en quelques heures ou en un ou deux jours ;
- un gonflement du visage, des paupières ou des mains (bague qui ne passe plus d’un coup) ;
- un gonflement associé à des maux de tête, des troubles de la vue, une douleur sous les côtes ou une prise de poids très rapide ;
- une veine devenue rouge, dure, chaude et douloureuse sous la peau ;
- un essoufflement inhabituel ou une douleur thoracique.
Ce que montrent les études sur les femmes enceintes
On pourrait penser que des symptômes aussi fréquents ont fait l’objet de nombreuses recherches. Ce n’est pas le cas. Les femmes enceintes sont souvent exclues des essais cliniques, pour des raisons de sécurité compréhensibles, et les interventions non médicamenteuses attirent peu de financements. Résultat : les données sont rares, les études petites, et il faut lire leurs résultats avec beaucoup de mesure.
Ce que montrent les étudesQue retenir concrètement de cette revue ? D’abord, qu’aucune intervention n’a démontré de façon solide qu’elle fait disparaître les varices ou l’œdème de la grossesse. Ensuite, que les mesures les plus douces (eau, toucher, repos) ont des signaux plutôt favorables sur le confort, sans risque particulier lorsqu’elles sont pratiquées dans de bonnes conditions. Enfin, que l’argument « une étude montre que cela marche » doit toujours être confronté à la taille de cette étude et à la question de la sécurité, qui est centrale pendant la grossesse.
La revue systématique Cochrane de Smyth, Aflaifel et Bamigboye (2015) a rassemblé tous les essais randomisés portant sur le traitement des varices et de l’œdème des jambes pendant la grossesse. Elle n’a trouvé que 7 essais, totalisant 326 femmes. Dans un essai de 32 femmes, 20 minutes d’immersion dans l’eau d’une piscine réduisaient davantage le volume des jambes que 20 minutes jambes surélevées en position assise. Dans un essai de 55 femmes, la réflexologie plantaire améliorait davantage les symptômes liés à l’œdème que le simple repos. Un essai de 80 femmes n’a pas montré de différence de circonférence du mollet avec un massage des pieds quotidien. Un essai de 35 femmes ne retrouvait pas de différence significative de volume de la jambe entre un dispositif de compression et le repos allongé sur le côté gauche. Un essai de 69 femmes suggérait qu’un veinotonique, le rutoside, soulageait les symptômes des varices en fin de grossesse, mais les auteurs soulignent que les données ne permettent pas d’évaluer sa sécurité pendant la grossesse.
Limite majeure : chaque comparaison repose sur un seul essai de petite taille, avec des risques de biais élevés (pas d’aveugle possible pour la piscine ou la réflexologie). Ces résultats orientent, ils ne tranchent pas.
La compression élastique : la mesure la plus utilisée et la mieux tolérée
Les bas de contention (ou chaussettes, ou collants de maternité) sont la mesure la plus souvent proposée aux femmes enceintes qui ont des jambes lourdes ou des varices. Leur principe est simple : exercer une pression dégressive, plus forte à la cheville et plus faible vers le haut de la jambe, pour aider les veines à se vider et limiter le passage de liquide dans les tissus.
Ce que les études ont mesuré
Le principal essai sur la compression pendant la grossesse a été mené à l’hôpital universitaire de Zurich par Thaler et ses collègues (Swiss Medical Weekly, 2001). Quarante-deux femmes enceintes de moins de 12 semaines ont été réparties en trois groupes : sans bas, ou avec des bas de deux niveaux de compression portés jusqu’au terme. Les résultats sont nuancés et instructifs :
- les bas n’ont pas empêché l’apparition de varices superficielles : environ la moitié des femmes en ont développé dans chaque groupe ;
- en revanche, un reflux au niveau de la grande veine saphène (signe d’insuffisance veineuse plus profonde) n’a été observé au troisième trimestre que chez 1 femme sur 27 portant des bas, contre 4 sur 15 sans bas ;
- et 7 femmes sur 27 portant des bas ont rapporté une amélioration de leurs symptômes (douleurs, inconfort, crampes), contre aucune dans le groupe sans bas.
En pratique : faites-les prescrire
Les bas de contention ne sont pas des accessoires anodins. Une compression mal choisie, trop serrée ou mal mise peut être inconfortable, provoquer des marques, voire gêner la circulation. Et certaines situations les contre-indiquent (artériopathie, certaines maladies de peau, etc.). C’est pourquoi il est préférable de les faire prescrire par votre sage-femme ou votre médecin, qui choisira la classe de compression adaptée et le modèle (chaussettes, bas autofixants ou collant de maternité avec ceinture extensible). En France, ils sont remboursés sur prescription. Le pharmacien ou l’orthésiste prend les mesures, idéalement le matin, quand les jambes ne sont pas encore gonflées.
Quelques conseils pour les supporter au quotidien :
- les enfiler le matin, au lever, avant que l’œdème ne s’installe, idéalement après quelques minutes jambes surélevées ;
- utiliser des gants en caoutchouc pour faciliter l’enfilage sans filer le tissu ;
- en fin de grossesse, quand se pencher devient difficile, demander de l’aide ou utiliser un enfile-bas ;
- les retirer la nuit, sauf avis contraire ;
- les laver régulièrement et les renouveler tous les quelques mois, car l’élasticité diminue ;
- signaler toute douleur, marque profonde, engourdissement ou changement de couleur des orteils.
La compression est aussi souvent prescrite après l’accouchement, en particulier après une césarienne ou chez les femmes qui présentent des facteurs de risque de thrombose. Cette prescription relève de l’équipe médicale, qui évalue votre risque individuel.
Positions, marche et gestes qui soulagent au quotidien
Les mesures suivantes ont l’avantage d’être sans danger, gratuites, et compatibles avec la grossesse. Elles reposent sur la physiologie du retour veineux plus que sur des essais cliniques spécifiques, mais elles sont recommandées de façon constante par les professionnels de la périnatalité.
Bouger, et surtout marcher
La pompe musculaire du mollet est votre meilleure alliée. Chaque pas comprime les veines profondes de la jambe et propulse le sang vers le cœur. Une marche quotidienne de 30 minutes, à un rythme confortable, est l’une des mesures les plus utiles. Le comité de l’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG, avis n° 804, 2020) recommande, en l’absence de contre-indication obstétricale, une activité physique modérée régulière pendant la grossesse, de l’ordre de 150 minutes par semaine, réparties sur plusieurs jours. Ces recommandations ne visent pas spécifiquement les jambes lourdes, mais l’activité physique est bénéfique pour la circulation comme pour l’ensemble de la grossesse.
Les activités les plus adaptées aux jambes lourdes :
- la marche, en chaussures confortables et à talons bas ou moyens ;
- la natation et l’aquagym, qui combinent mouvement et pression de l’eau ;
- le vélo d’appartement, sur un modèle stable, à faible résistance ;
- le yoga prénatal, dont certaines postures favorisent le retour veineux. Notre article sur le yoga prénatal trimestre par trimestre détaille les pratiques adaptées.
Surélever les jambes, mais correctement
Surélever les jambes au-dessus du niveau du cœur aide la gravité à jouer en votre faveur. Plusieurs fois par jour, allongez-vous sur le côté (de préférence gauche) ou en position semi-assise, avec les jambes posées sur des coussins. Pendant la nuit, il est parfois conseillé de surélever légèrement le pied du lit, de quelques centimètres, plutôt que d’empiler des oreillers sous les jambes, qui peuvent comprimer l’arrière du genou. Si cette position majore les remontées acides ou l’essoufflement, très fréquents en fin de grossesse, n’insistez pas.
En fin de grossesse, évitez de rester longtemps allongée à plat sur le dos : l’utérus comprime alors la veine cave, ce qui gêne le retour veineux et peut provoquer un malaise. La position latérale gauche est la plus favorable. Les inconforts nocturnes (crampes, jambes lourdes, besoin de bouger) perturbent souvent le sommeil : notre article pour mieux dormir à chaque trimestre de la grossesse propose des positions et des routines adaptées.
L’eau : piscine, douche fraîche et hydratation
L’essai inclus dans la revue Cochrane sur l’immersion dans l’eau est encourageant, même s’il ne porte que sur 32 femmes : rester debout ou marcher dans l’eau d’une piscine pendant 20 minutes réduisait davantage le volume des jambes que le repos jambes surélevées. Le mécanisme est logique : la pression de l’eau, plus forte en profondeur, agit comme une compression naturelle sur les jambes et favorise le retour du liquide vers la circulation. Les séances d’aquagym prénatale ou la simple marche dans l’eau en piscine sont donc une option intéressante, à condition que l’eau ne soit pas trop chaude (les bains très chauds et les jacuzzis sont déconseillés pendant la grossesse) et que l’hygiène soit correcte.
À la maison, terminer la douche par un jet d’eau fraîche remontant des pieds vers les cuisses procure un soulagement immédiat. Cet effet repose sur la contraction des veines au contact du froid ; il est surtout ressenti comme un confort, sans étude qui en mesure l’effet à long terme.
Enfin, buvez suffisamment. On pourrait croire que boire aggrave l’œdème : c’est l’inverse. Une hydratation correcte soutient le volume sanguin, limite la constipation (qui favorise les hémorroïdes) et aide les reins à éliminer. Pour approfondir le lien entre rétention d’eau et circulation de la lymphe, notre article sur la rétention d’eau et les œdèmes explique ce qui distingue l’œdème veineux de l’œdème lymphatique.
Le toucher : massage doux et réflexologie
Le massage doux des jambes, pratiqué des chevilles vers les cuisses, avec une crème neutre ou une huile végétale simple, procure un confort réel. L’essai de 80 femmes inclus dans la revue Cochrane n’a pas montré de réduction de la circonférence du mollet avec un massage des pieds de 20 minutes par jour : le massage soulage plutôt la sensation qu’il ne réduit le volume. Il doit rester léger, sans pression appuyée sur des varices, et ne jamais être pratiqué sur une jambe douloureuse, rouge ou gonflée d’un seul côté.
La réflexologie plantaire a été évaluée par la sage-femme australienne Lyndall Mollart (Complementary Therapies in Nursing and Midwifery, 2003) chez 55 femmes au troisième trimestre ayant des pieds gonflés. Comparée à 15 minutes de repos, une technique de réflexologie dite « lymphatique » n’a pas réduit de façon significative la circonférence des chevilles et des pieds, mais les femmes ont rapporté une amélioration plus nette de leurs symptômes et de leur bien-être. Le bénéfice porte donc sur le ressenti, ce qui n’est pas négligeable quand on a les jambes lourdes, mais pas sur une diminution démontrée de l’œdème. Pour en savoir plus sur cette pratique pendant la grossesse et ses précautions, lisez notre article sur la réflexologie pendant la grossesse. Le drainage lymphatique manuel, pratiqué par un kinésithérapeute formé, peut aussi être discuté avec votre sage-femme ; notre article sur le drainage lymphatique en présente les techniques.
L’ostéopathie, en complément
Certaines femmes consultent un ostéopathe pendant la grossesse pour des douleurs lombaires, pelviennes ou un inconfort global. Il n’existe pas d’étude permettant d’affirmer que l’ostéopathie réduit l’œdème ou les varices de la grossesse. Elle peut toutefois s’inscrire dans une démarche de confort, à condition que le praticien soit formé à la prise en charge des femmes enceintes, qu’il travaille avec douceur et qu’il oriente vers le médecin au moindre signe inhabituel. Notre article sur l’ostéopathie pendant la grossesse précise ce que l’on peut en attendre.
Chaleur, station debout, prise de poids : ce que l’on peut limiter
Certains facteurs aggravants ne peuvent pas être supprimés pendant la grossesse, mais on peut en réduire l’impact.
La chaleur dilate les veines. Elle aggrave nettement les jambes lourdes. Pendant la grossesse, il est préférable d’éviter :
- les bains très chauds, le sauna, le hammam et le jacuzzi ;
- l’exposition prolongée des jambes au soleil, notamment sur la plage ;
- l’épilation à la cire chaude, à remplacer par une cire tiède ou froide ;
- les chauffages par le sol, quand c’est possible ;
- les vêtements trop serrés à la taille ou à l’aine, qui gênent le retour veineux.
La station debout ou assise prolongée est souvent imposée par le travail. Parlez-en avec votre médecin ou votre sage-femme : des aménagements de poste (siège, pauses, alternance des positions) peuvent être demandés via la médecine du travail. Pendant les longs trajets en voiture, en train ou en avion, levez-vous ou arrêtez-vous toutes les une à deux heures, faites les exercices de chevilles et buvez régulièrement. Pour un long voyage en avion, demandez un avis médical : la grossesse et le voyage prolongé sont deux facteurs de risque de thrombose qui s’additionnent.
Les chaussures comptent aussi. Des talons très hauts empêchent la semelle veineuse et la pompe du mollet de fonctionner correctement ; des chaussures totalement plates et sans maintien ne sont pas idéales non plus. Un petit talon de 2 à 4 centimètres, une chaussure souple et suffisamment large pour accueillir le gonflement du soir sont un bon compromis.
La prise de poids fait partie de la grossesse. Une prise de poids progressive et conforme à ce que votre sage-femme vous a indiqué limite la pression sur les veines. Il ne s’agit pas de faire un régime, qui est déconseillé pendant la grossesse, mais de manger de façon équilibrée. Notre article sur la nutrition pendant la grossesse donne des repères simples.
Le sel : un régime sans sel strict n’est pas recommandé pendant la grossesse sans indication médicale, et il ne fait pas disparaître l’œdème physiologique. En revanche, éviter les excès d’aliments très salés (charcuteries, plats industriels, biscuits apéritifs) est raisonnable, comme pour tout le monde.
La constipation, fréquente pendant la grossesse, augmente la pression dans les veines du bassin et favorise les hémorroïdes. Les fibres (légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses), l’hydratation et l’activité physique sont les premières mesures.
Plantes et compléments veinotoniques : pourquoi la prudence s’impose
C’est souvent ici que les femmes enceintes se sentent le plus perdues. Les gélules de vigne rouge, de marronnier d’Inde, de petit houx ou d’hamamélis, les crèmes « jambes légères » et les huiles essentielles de cyprès sont omniprésentes. Pourquoi tout le monde vous dit-il de ne pas y toucher ?
Des produits évalués en dehors de la grossesse
Les veinotoniques, qu’ils soient médicaments ou compléments à base de plantes, ont été étudiés surtout chez des adultes non enceintes, d’une cinquantaine d’années en moyenne. La revue Cochrane de Martinez-Zapata et coll. (2020), qui a rassemblé 69 essais randomisés, conclut avec un niveau de certitude modéré que ces produits réduisent probablement un peu l’œdème des jambes, mais qu’ils ne modifient probablement pas la qualité de vie et qu’ils s’accompagnent d’un peu plus d’effets indésirables, surtout digestifs. Les auteurs précisent que les études ne fournissent que des données de sécurité à court terme.
Chez la femme enceinte, les données sont encore plus maigres. La revue Cochrane de Smyth (2015) n’a retenu qu’un seul essai exploitable avec un veinotonique (le rutoside, 69 femmes en fin de grossesse) et souligne qu’il ne permet pas d’évaluer la sécurité du produit pendant la grossesse. Pour la plupart des plantes veinotoniques, les monographies européennes indiquent qu’en l’absence de données suffisantes, leur usage n’est pas recommandé pendant la grossesse et l’allaitement.
Pourquoi « naturel » ne veut pas dire « sans risque » pendant la grossesse
Une plante est un mélange de dizaines de molécules actives. Certaines traversent le placenta ou passent dans le lait. Certaines ont des effets sur la coagulation, sur la tonicité de l’utérus ou sur les hormones. Et la composition des compléments alimentaires varie d’un fabricant à l’autre. Quelques exemples de vigilance :
- le marronnier d’Inde : non recommandé pendant la grossesse faute de données de sécurité ; la graine brute est toxique ;
- la vigne rouge, le petit houx, l’hamamélis en gélules : non recommandés pendant la grossesse faute de données suffisantes ;
- le mélilot, qui contient des coumarines, et le ginkgo : susceptibles d’interférer avec la coagulation, ce qui est problématique à l’approche de l’accouchement et en cas de traitement anticoagulant ;
- les compléments associant plusieurs plantes, dont la composition exacte et le dosage sont difficiles à évaluer.
Les huiles essentielles : à éviter sans avis spécialisé
De nombreuses huiles essentielles sont contre-indiquées pendant la grossesse, en particulier au premier trimestre, et pendant l’allaitement. Celles que l’on retrouve le plus souvent dans les mélanges « jambes légères », comme le cyprès ou la menthe poivrée, figurent parmi celles que l’on déconseille habituellement aux femmes enceintes. Leur application en massage sur de grandes surfaces de peau, comme les jambes, augmente leur passage dans la circulation. Avant toute utilisation, même d’une crème du commerce qui en contient, demandez l’avis de votre sage-femme, de votre médecin ou d’un pharmacien. Notre article sur l’aromathérapie pendant la grossesse détaille les précautions à connaître.
Et l’homéopathie ?
Certaines femmes se tournent vers l’homéopathie, perçue comme sans danger. À ce jour, aucune étude de qualité ne permet d’affirmer un effet sur les varices ou l’œdème de la grossesse. Le principal risque serait de retarder une consultation devant un signe inquiétant. Notre article sur l’homéopathie pendant la grossesse fait le point sur ce que l’on sait et sur ce que l’on ignore.
Ce qui peut être utilisé localement
Les gels rafraîchissants sans huile essentielle, les crèmes hydratantes neutres et les compresses fraîches peuvent procurer un soulagement local. Lisez toujours la composition : de nombreuses crèmes « jambes légères » contiennent du menthol, du camphre ou des huiles essentielles. En cas de doute, montrez le produit à votre pharmacien en précisant que vous êtes enceinte.
Signes de thrombose veineuse et de prééclampsie : ne jamais attendre
Cette section est la plus importante de l’article. Les jambes lourdes et l’œdème sont, dans la grande majorité des cas, des inconforts. Mais deux complications graves peuvent se manifester par un gonflement : la thrombose veineuse et la prééclampsie. Savoir les reconnaître peut changer le cours d’une grossesse.
La thrombose veineuse : un risque réel, surtout après l’accouchement
La grossesse et le post-partum augmentent nettement le risque de thrombose veineuse profonde (caillot dans une veine de la jambe) et d’embolie pulmonaire (migration du caillot vers les poumons).
Ce que montrent les étudesLe message est donc double : la thrombose reste rare, mais elle est nettement plus fréquente pendant la grossesse et surtout dans les semaines qui suivent la naissance. Les jambes lourdes « habituelles » ne doivent pas faire oublier cette possibilité.
Dans l’étude néerlandaise MEGA (Pomp et coll., Journal of Thrombosis and Haemostasis, 2008 ; 285 patientes et 857 témoins), le risque de thrombose veineuse était multiplié par environ 5 pendant la grossesse et par 60 pendant les trois premiers mois après l’accouchement, par rapport aux femmes non enceintes. Le risque était le plus élevé au troisième trimestre et pendant les six premières semaines du post-partum. Dans la cohorte américaine de Heit et coll. (Annals of Internal Medicine, 2005), l’incidence annuelle était 5 fois plus élevée après l’accouchement que pendant la grossesse. Une méta-analyse de 20 études (Kourlaba et coll., 2016) estime l’incidence globale à 1,2 thrombose pour 1 000 accouchements.
Limite : il s’agit d’études observationnelles ; le risque absolu reste faible pour une femme donnée, mais l’enjeu est majeur parce que la complication peut être grave.
Appelez le 15 (ou le 112) sans attendre si vous présentez :
- une douleur dans un mollet ou une cuisse, d’un seul côté, souvent décrite comme une crampe qui ne passe pas, ou une douleur à la marche ;
- un gonflement d’une seule jambe, avec une différence nette entre les deux mollets ;
- une jambe chaude, rouge ou violacée, ou une peau tendue et luisante ;
- un essoufflement brutal, une douleur dans la poitrine qui augmente en respirant, une toux avec crachats de sang, des palpitations ou un malaise : ces signes peuvent évoquer une embolie pulmonaire et constituent une urgence vitale.
Certaines femmes ont un risque plus élevé : antécédent personnel ou familial de thrombose, thrombophilie connue (par exemple mutation du facteur V Leiden, qui multipliait fortement le risque dans l’étude MEGA), surpoids important, césarienne, alitement prolongé, grossesse multiple, tabagisme, procréation médicalement assistée, longs voyages. Si vous êtes dans ce cas, parlez-en dès le début de la grossesse : un traitement préventif peut être proposé.
Une thrombose veineuse superficielle (anciennement « paraphlébite ») se manifeste par un cordon rouge, dur, chaud et douloureux le long d’une varice. Elle est moins grave en apparence mais doit aussi être évaluée rapidement par un médecin, car elle peut s’étendre ou s’associer à une thrombose profonde.
La prééclampsie : quand l’œdème s’accompagne d’autres signes
La prééclampsie est une maladie de la grossesse liée au placenta, qui associe une hypertension artérielle et une atteinte d’autres organes (reins, foie, cerveau, coagulation). Selon le bulletin de pratique de l’ACOG (n° 222, 2020), elle complique environ 2 à 8 % des grossesses dans le monde. Elle survient le plus souvent après 20 semaines d’aménorrhée, parfois dans les jours qui suivent l’accouchement.
L’œdème des jambes, à lui seul, n’est pas un signe de prééclampsie : il est trop fréquent dans les grossesses normales. Ce qui doit alerter, c’est :
- un gonflement brutal, en particulier du visage, des paupières et des mains ;
- une prise de poids rapide sur quelques jours ;
- des maux de tête inhabituels, intenses ou persistants malgré le paracétamol ;
- des troubles visuels : vision floue, mouches ou points lumineux, éclairs ;
- une douleur en barre sous les côtes ou au creux de l’estomac ;
- des nausées ou vomissements qui apparaissent en fin de grossesse ;
- des bourdonnements d’oreilles, une confusion, une diminution des urines.
En résumé : qui appeler et quand
- Jambes lourdes, chevilles gonflées des deux côtés, soulagées par le repos : mesures simples et en parler à la prochaine consultation.
- Gonflement qui gêne beaucoup, nouvelles varices douloureuses, varices vulvaires inquiétantes : consultation avec votre sage-femme ou votre médecin dans les jours qui suivent.
- Jambe douloureuse, chaude, gonflée d’un seul côté : 15 sans attendre.
- Gonflement brutal du visage et des mains, maux de tête, troubles visuels, douleur sous les côtes : 15 ou maternité immédiatement.
- Essoufflement brutal, douleur thoracique : 15 ou 112 immédiatement.
Après l’accouchement : ce qui régresse et ce qui reste
Bonne nouvelle : une grande partie des modifications veineuses de la grossesse régresse après la naissance. L’œdème disparaît en général en quelques jours à quelques semaines, au fur et à mesure que l’organisme élimine l’excédent de liquide (ce qui explique les envies fréquentes d’uriner et les sueurs des premiers jours). Les varices vulvaires régressent le plus souvent rapidement. Les varices des jambes diminuent souvent nettement dans les mois qui suivent l’accouchement, à mesure que les hormones et le volume sanguin reviennent à leur niveau habituel.
Mais toutes ne disparaissent pas complètement. Les varices persistantes après plusieurs mois, surtout après plusieurs grossesses ou en cas d’antécédents familiaux, peuvent justifier une consultation chez un médecin vasculaire (angiologue ou phlébologue). Les traitements des varices (sclérothérapie, techniques endoveineuses, chirurgie) ne sont pas réalisés pendant la grossesse : on attend en général plusieurs mois après l’accouchement, et parfois la fin de l’allaitement, pour faire le point.
Le post-partum reste la période où le risque de thrombose est le plus élevé, en particulier pendant les six premières semaines. Continuez à surveiller vos jambes, à vous lever et à marcher dès que l’équipe vous y autorise, à bien vous hydrater et à porter la compression si elle vous a été prescrite. Les signes d’alerte décrits plus haut restent valables après la naissance, de même que ceux de la prééclampsie, qui peut apparaître dans les jours suivant l’accouchement.
Pour prévenir l’aggravation des varices sur le long terme, notre article sur la prévention des varices au quotidien propose des gestes à adopter au-delà de la grossesse, et notre dossier général sur les jambes lourdes et leurs solutions naturelles fait le point sur les causes en dehors de la grossesse.
Une journée type pour soulager ses jambes
Pour rendre ces conseils concrets, voici à quoi peut ressembler une journée organisée autour de vos jambes. Adaptez-la à votre rythme, à votre travail et à l’avis de votre sage-femme.
- Au réveil : quelques flexions de chevilles au lit, puis enfilage des bas de contention s’ils vous ont été prescrits, avant de vous lever.
- Le matin : petit déjeuner avec une boisson et des fibres, chaussures confortables à petit talon.
- Au travail : un grand verre d’eau à portée de main, une pause pour marcher quelques minutes chaque heure, exercices de chevilles discrets sous le bureau, jambes non croisées.
- À midi : 15 à 20 minutes de marche si possible, à l’ombre en été.
- Après le travail : séance de piscine ou d’aquagym prénatale une à deux fois par semaine, ou marche tranquille.
- En fin de journée : douche terminée par un jet d’eau fraîche des pieds vers les cuisses, puis 15 à 20 minutes allongée sur le côté gauche, jambes surélevées.
- Le soir : massage léger des jambes avec une crème neutre, de bas en haut, par votre partenaire ou vous-même.
- La nuit : position latérale gauche, pied du lit légèrement surélevé si cela vous convient, bas retirés.
- À chaque instant : un œil sur les signes d’alerte, sans inquiétude excessive, mais sans les ignorer.
Le rôle des professionnels qui vous accompagnent
Pendant la grossesse, votre sage-femme, votre gynécologue-obstétricien ou votre médecin généraliste sont les premiers interlocuteurs pour tout symptôme veineux. Ce sont eux qui évaluent votre risque de thrombose, prescrivent la compression, mesurent votre tension et décident si un examen complémentaire est nécessaire. N’hésitez pas à leur signaler vos jambes lourdes, même si cela vous semble anodin : c’est une information utile pour votre suivi.
Le pharmacien peut vous aider à choisir et à enfiler vos bas de contention et vérifier la compatibilité d’un produit avec la grossesse. Le kinésithérapeute peut proposer un drainage lymphatique manuel adapté. Le médecin vasculaire intervient en cas de doute diagnostique ou après l’accouchement pour les varices persistantes.
Certaines approches complémentaires peuvent s’ajouter à ce suivi pour le confort, jamais le remplacer. Un ostéopathe formé à la périnatalité peut accompagner les douleurs du dos et du bassin, et un réflexologue formé à la grossesse peut proposer des séances de détente, en lien avec votre sage-femme. Si vous souhaitez être accompagnée, vous pouvez trouver un ostéopathe formé à la périnatalité dans l’annuaire ViziWell ou consulter l’annuaire des praticiens ViziWell, en informant toujours votre sage-femme de ces démarches. D’autres pratiques peuvent aider à gérer le stress et l’inconfort de la grossesse ; notre article sur la sophrologie pendant la grossesse en donne un aperçu.
Questions fréquentes
Pourquoi les jambes gonflent-elles pendant la grossesse ?
Trois mécanismes s’additionnent. La progestérone relâche la paroi des veines, qui se dilatent et dont les valvules ferment moins bien. Le volume de sang augmente de l’ordre de 40 à 50 %, ce qui accroît la pression dans les veines et fait passer du liquide dans les tissus. Enfin, l’utérus comprime les grosses veines du bassin, surtout au troisième trimestre et en position allongée sur le dos. L’œdème des deux chevilles, en fin de journée, soulagé par le repos, est très fréquent et généralement sans gravité. Un gonflement d’une seule jambe, brutal ou associé à d’autres symptômes, doit faire consulter.
Les bas de contention sont-ils utiles quand on est enceinte ?
Ils sont la mesure la plus souvent proposée et la mieux tolérée. Dans le petit essai suisse de Thaler et coll. (2001, 42 femmes), ils n’ont pas empêché l’apparition de varices superficielles, mais ils ont réduit le reflux de la grande veine saphène et amélioré les symptômes chez une partie des femmes. Ils sont plutôt utiles pour le confort et l’œdème. Faites-les prescrire par votre sage-femme ou votre médecin, qui choisira la classe adaptée, et enfilez-les le matin au lever.
Les varices de grossesse disparaissent-elles après l’accouchement ?
Une grande partie régresse dans les mois qui suivent la naissance, en particulier les varices vulvaires et les petites varicosités. Mais certaines varices des jambes persistent, surtout après plusieurs grossesses ou en cas d’antécédents familiaux. Si elles sont encore présentes plusieurs mois après l’accouchement, un médecin vasculaire peut faire le point et discuter d’un éventuel traitement, qui n’est jamais réalisé pendant la grossesse.
Quelles plantes veinotoniques sont déconseillées pendant la grossesse ?
La plupart des plantes veinotoniques courantes (marronnier d’Inde, vigne rouge, petit houx, hamamélis en gélules) ne sont pas recommandées pendant la grossesse, faute de données de sécurité suffisantes. Le mélilot et le ginkgo peuvent interférer avec la coagulation. Les huiles essentielles des mélanges « jambes légères », comme le cyprès ou la menthe poivrée, sont habituellement déconseillées aux femmes enceintes. Ne prenez aucune plante, aucun complément et n’appliquez aucune huile essentielle sans l’avis de votre sage-femme, de votre médecin ou de votre pharmacien.
Quand un gonflement de jambe est-il urgent chez la femme enceinte ?
Appelez le 15 si une seule jambe est gonflée, douloureuse, chaude ou rouge (risque de phlébite), et immédiatement s’il s’y ajoute un essoufflement ou une douleur thoracique (risque d’embolie pulmonaire). Appelez aussi le 15 ou rendez-vous à la maternité si le gonflement est brutal et touche le visage et les mains, surtout avec des maux de tête, des troubles de la vue ou une douleur sous les côtes : ce sont des signes possibles de prééclampsie. Ces signes restent valables pendant les semaines qui suivent l’accouchement.
La piscine est-elle vraiment utile pour les jambes lourdes enceinte ?
Un petit essai inclus dans la revue Cochrane (32 femmes) a montré que 20 minutes debout ou à marcher dans l’eau d’une piscine réduisaient davantage le volume des jambes que le repos jambes surélevées. La pression de l’eau agit comme une compression naturelle. C’est une piste intéressante et sûre si l’eau n’est pas trop chaude et si votre grossesse ne présente pas de contre-indication, mais l’étude est trop petite pour en tirer une conclusion ferme.
Ce qu’il faut retenir
Les jambes lourdes, les chevilles gonflées et les varices font partie des inconforts les plus fréquents de la grossesse. Ils s’expliquent par l’action des hormones sur la paroi des veines, l’augmentation du volume sanguin et la compression des veines du bassin par l’utérus. Les études menées chez les femmes enceintes sont rares et petites : la revue Cochrane de 2015 ne compte que 7 essais, avec des signaux favorables pour l’immersion dans l’eau et la réflexologie sur le ressenti, sans preuve solide d’efficacité sur les varices elles-mêmes.
Les mesures les plus sûres sont aussi les plus simples : marcher chaque jour, bouger les chevilles, surélever les jambes en se reposant sur le côté gauche, éviter la chaleur, bien s’hydrater, porter des chaussures confortables et des bas de contention prescrits. Les plantes veinotoniques et les huiles essentielles ne se prennent pas sans avis médical pendant la grossesse.
Enfin, gardez en tête les signaux d’alerte : une jambe douloureuse, chaude et gonflée d’un seul côté, un gonflement brutal du visage et des mains avec maux de tête ou troubles visuels, un essoufflement ou une douleur thoracique imposent d’appeler le 15. Votre sage-femme et votre médecin restent vos interlocuteurs de référence, pendant la grossesse comme après la naissance.
Sources
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