Femme d’une cinquantaine d’années en consultation avec une médecin, son carnet de cycles en main, dans un cabinet lumineux
Ménopause

Bilan hormonal à la ménopause : faut-il vraiment une prise de sang ?

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Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : après 45 ans, la ménopause se diagnostique sans prise de sang. Quand les règles se sont arrêtées depuis 12 mois de suite, sans contraception hormonale, le diagnostic est posé, et les recommandations françaises (CNGOF et GEMVi, 2021), britanniques (NICE) et la Haute Autorité de santé s’accordent pour dire qu’aucun dosage de FSH, d’œstradiol ou d’AMH n’est nécessaire dans cette situation. Pendant la périménopause, ces hormones varient tellement d’un mois à l’autre qu’un résultat isolé ne tranche rien. Les dosages gardent un intérêt dans des cas précis : règles arrêtées avant 40 ans, symptômes entre 40 et 45 ans, hystérectomie, doute sur une autre cause. Le bilan qui compte vraiment autour de 50 ans est un bilan de prévention : tension artérielle, bilan lipidique, glycémie, densitométrie selon les facteurs de risque, dépistages des cancers du sein, du col de l’utérus et du côlon. Les tests salivaires et les « bilans hormonaux » vendus en ligne n’ont pas fait la preuve de leur fiabilité. Tout saignement après la ménopause doit faire consulter rapidement.
Vous avez 48, 50 ou 52 ans. Vos règles arrivent quand elles veulent, parfois avec deux mois d’écart, parfois deux fois dans le mois. Les nuits sont plus chaudes, l’humeur plus changeante. Une amie vous dit qu’elle a « fait faire son bilan hormonal », un site vous propose un kit à renvoyer par la poste, et vous vous demandez s’il ne faudrait pas, vous aussi, une prise de sang pour savoir enfin où vous en êtes.

C’est une question très fréquente, et légitime. Elle repose pourtant sur une idée reçue : celle qu’un dosage hormonal dirait avec certitude si l’on est ménopausée ou non. Dans la grande majorité des cas, ce n’est pas le cas, et ce n’est pas nécessaire. Cet article fait le point, recommandations officielles à l’appui, sur ce qu’une prise de sang peut et ne peut pas dire autour de la ménopause, sur les situations où elle reste utile, et surtout sur les examens qui méritent vraiment votre attention à cet âge. Il ne remplace pas une consultation : il vous aide à la préparer.

Ménopause, périménopause : de quoi parle-t-on exactement ?

La ménopause correspond à l’arrêt définitif des règles, lié à l’épuisement du stock de follicules ovariens. Elle survient en moyenne vers 51 ans en France, avec de grandes variations d’une femme à l’autre, le plus souvent entre 45 et 55 ans. Le point important est qu’on ne la reconnaît qu’après coup : la date de la ménopause est celle des dernières règles, mais on ne sait que ce sont les dernières qu’au bout de douze mois sans saignement.

Avant cette date, il y a une période de transition, souvent appelée périménopause, qui peut durer plusieurs années. Les cycles deviennent irréguliers, plus courts puis plus espacés, les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes apparaissent chez beaucoup de femmes, le sommeil et l’humeur peuvent être bousculés. Si vous voulez mieux comprendre ces étapes, notre article sur les étapes et changements hormonaux de la ménopause les détaille, et celui sur les premiers signes de la périménopause aide à les reconnaître.

Les chercheurs ont formalisé ces étapes dans une classification internationale, appelée STRAW+10, publiée en 2012 par un groupe de travail coordonné par l’épidémiologiste Siobán Harlow, de l’université du Michigan. Ce système découpe la vie reproductive en stades, du stade reproductif tardif à la postménopause, en s’appuyant d’abord sur les caractéristiques des cycles : variation persistante de la durée des cycles de sept jours ou plus pour la transition précoce, intervalles de 60 jours ou plus sans règles pour la transition tardive. Les marqueurs hormonaux (FSH, AMH, inhibine B) y figurent comme critères d’appoint, utiles surtout en recherche. Les auteurs insistent sur un point : la classification s’applique quel que soit l’âge, l’origine, le poids ou le mode de vie, et ce sont les cycles qui guident en premier lieu.

Autrement dit, votre agenda de règles en dit souvent plus qu’un tube de sang.

Après 45 ans : un diagnostic clinique, sans prise de sang

C’est le cœur du sujet, et c’est là que les recommandations sont les plus nettes.

En France, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et le Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal (GEMVi) ont publié en 2021 des recommandations pour la pratique clinique consacrées à la femme ménopausée. Le chapitre sur le diagnostic, rédigé par la gynécologue lyonnaise Christine Rousset-Jablonski, est très clair : dans une situation classique, le diagnostic de ménopause est un diagnostic clinique, posé rétrospectivement, sur une aménorrhée (absence de règles) de douze mois consécutifs, dans une tranche d’âge compatible, c’est-à-dire après 45 ans. Et le texte ajoute qu’aucun dosage hormonal ni aucune imagerie n’est indiqué pour poser ce diagnostic dans cette situation.

La Haute Autorité de santé avait déjà tranché la question en 2005, dans un rapport consacré à l’intérêt des dosages de FSH et de LH chez les femmes à partir de 45 ans, demandé par l’Assurance maladie. Ses conclusions : le dosage de la LH n’apporte rien et n’est pas recommandé, et la FSH ne doit pas être demandée pour diagnostiquer une périménopause ou une ménopause, ni pour décider de prescrire un traitement hormonal. Les éléments déterminants sont l’âge et les signes cliniques.

Au Royaume-Uni, le NICE, l’agence qui élabore les recommandations du système de santé britannique, dit la même chose dans sa recommandation sur la ménopause (NG23) et dans son standard de qualité associé. Chez les femmes en bonne santé de 45 ans ou plus qui présentent des symptômes, le diagnostic se fait sur les symptômes seuls, sans examen de laboratoire de confirmation :

  • périménopause, si des bouffées de chaleur ou sueurs sont apparues récemment et que les cycles ont changé,
  • ménopause, en l’absence de règles depuis au moins 12 mois, chez une femme qui n’utilise pas de contraception hormonale,
  • ménopause d’après les symptômes chez une femme qui n’a plus d’utérus.
Le NICE précise aussi les examens à ne pas utiliser pour ce diagnostic après 45 ans : l’hormone anti-müllérienne (AMH), l’inhibine A et B, l’œstradiol, le compte des follicules à l’échographie et le volume des ovaires. Le texte justifie ce choix en une phrase : les examens biologiques, en particulier la FSH, n’aident pas au diagnostic, parce que les taux d’hormones fluctuent pendant la périménopause et que les connaître ne changerait pas la prise en charge.

OrganismeCe qui est recommandé après 45 ansCe qui est déconseillé
CNGOF et GEMVi (France, 2021)Diagnostic clinique et rétrospectif après 12 mois consécutifs sans règlesAucun dosage hormonal ni imagerie dans la situation classique
Haute Autorité de santé (2005)Diagnostic fondé sur l’âge et les signes cliniquesDosage de LH (sans intérêt) et dosage de FSH pour diagnostiquer la ménopause ou décider d’un traitement hormonal
NICE (Royaume-Uni, NG23 et QS143)Diagnostic sur les symptômes seuls, sans examen de confirmationAMH, inhibines, œstradiol, échographie des ovaires pour poser le diagnostic

Ces trois sources, de pays et d’époques différents, convergent. Ce n’est pas une question d’économie de bouts de chandelle : c’est que le résultat d’une prise de sang ne vous apprendrait rien d’utile, et pourrait même vous induire en erreur.

Pourquoi une prise de sang ne tranche pas pendant la périménopause

L’idée d’un dosage décisif vient d’un raisonnement qui paraît logique. Quand les ovaires ralentissent, ils produisent moins d’œstrogènes et d’inhibine B. L’hypophyse, la petite glande à la base du cerveau qui commande les ovaires, réagit en augmentant la FSH (hormone folliculo-stimulante) pour tenter de les relancer. Une FSH haute et un œstradiol bas signent donc la ménopause installée. C’est exact, mais seulement une fois la ménopause installée.

Pendant la transition, le tableau est tout autre. L’endocrinologue australien Henry Burger et son équipe ont suivi pendant des années plusieurs centaines de femmes de la région de Melbourne, avec des prises de sang répétées tout au long de la transition. Leur synthèse, publiée en 2007, décrit la périménopause comme une période de « marquée instabilité hormonale ». La FSH monte, mais de façon irrégulière. Les œstrogènes, eux, restent longtemps à des niveaux normaux, voire élevés certains mois, et ne s’effondrent qu’assez tard. Ce n’est qu’après la ménopause que la FSH reste durablement très élevée, que l’œstradiol est bas, et que l’inhibine B et l’AMH deviennent indétectables.

Ce que montrent les études
Les études de suivi qui ont dosé les hormones de façon répétée chez les mêmes femmes pendant toute la transition ménopausique, comme le Melbourne Women’s Midlife Health Project, montrent que la FSH augmente de façon irrégulière et que l’œstradiol se maintient longtemps avant de baisser (Burger, 2007). Une même femme peut donc avoir une FSH élevée un mois et normale le mois suivant, avec un cycle ovulatoire entre les deux. C’est la raison pour laquelle la classification STRAW+10 repose d’abord sur les caractéristiques des cycles, les marqueurs hormonaux n’étant que des critères d’appoint (Harlow, 2012), et pour laquelle les recommandations du NICE et du CNGOF déconseillent de s’appuyer sur un dosage pour diagnostiquer la ménopause après 45 ans.
Limites : ces travaux décrivent des moyennes et des trajectoires de groupe. Ils ne disent pas qu’un dosage n’a jamais d’intérêt, mais qu’un résultat isolé ne permet pas de dater la ménopause ni de prédire les règles suivantes chez une femme donnée.
Concrètement, cela produit deux pièges.

Le faux rassurement. Une FSH « normale » un jour donné ne veut pas dire que vous n’êtes pas en périménopause. Vos symptômes sont réels, même si la prise de sang tombe un « bon » mois.

La fausse certitude. À l’inverse, une FSH élevée ne veut pas dire que vous ne pouvez plus ovuler ni être enceinte. Des cycles ovulatoires peuvent encore survenir après un dosage élevé. C’est une raison importante pour ne jamais arrêter une contraception sur la foi d’un seul résultat.

Quant à l’AMH, souvent présentée comme le marqueur de la « réserve ovarienne », elle baisse progressivement avec l’âge et devient indétectable à la ménopause. Elle intéresse la recherche et la médecine de la fertilité, mais elle ne permet pas, chez une femme donnée, de prédire la date de ses dernières règles avec la précision qu’on lui prête parfois. C’est pourquoi le NICE la range explicitement parmi les examens à ne pas utiliser pour le diagnostic après 45 ans.

Quand les dosages hormonaux gardent un intérêt

Dire qu’un dosage est inutile dans la situation habituelle ne veut pas dire qu’il ne sert jamais. Il existe des situations où il aide vraiment le médecin. Dans tous ces cas, c’est lui, le gynécologue ou la sage-femme qui décide de le prescrire et qui l’interprète, en tenant compte de votre histoire.

Règles arrêtées ou très espacées avant 40 ans

C’est la situation où la prise de sang est la plus utile, et où il ne faut pas attendre. Un arrêt des règles avant 40 ans n’est pas une « ménopause un peu précoce » qu’on laisserait passer : cela peut correspondre à une insuffisance ovarienne prématurée (IOP), qui demande une prise en charge spécifique, notamment pour protéger les os et le cœur.

La recommandation internationale la plus récente sur l’IOP, publiée fin 2024 par la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE), en association avec d’autres sociétés savantes dont la Société internationale de la ménopause, sous la coordination du gynécologue londonien Nick Panay, estime la fréquence de l’IOP à 3,5 % des femmes, plus qu’on ne le pensait. Pour le diagnostic, elle retient des cycles perturbés (règles absentes ou très espacées) associés à un taux de FSH supérieur à 25 UI/L, et précise qu’un seul dosage élevé suffit désormais, la répétition de la FSH ou un dosage d’AMH étant réservés aux situations de doute. Avant tout cela, le médecin écartera une grossesse et d’autres causes d’arrêt des règles.

Si vous êtes dans ce cas, notre article sur la ménopause avant 40 ans détaille les enjeux et l’accompagnement. Le message essentiel tient en une phrase : règles arrêtées avant 40 ans, consultez votre médecin ou votre gynécologue, sans attendre douze mois.

Entre 40 et 45 ans, avec des symptômes

Entre 40 et 45 ans, la situation est intermédiaire. Le NICE indique qu’on peut envisager un dosage de FSH chez une femme de cet âge qui présente des symptômes évocateurs, y compris des changements de cycle. Le mot est choisi : il s’agit d’une option laissée à l’appréciation du médecin, pas d’un passage obligé, et un résultat isolé s’interprète avec prudence pour les raisons vues plus haut.

Après une hystérectomie

Quand l’utérus a été retiré mais que les ovaires sont en place, il n’y a plus de règles pour servir de repère. Le diagnostic repose alors d’abord sur les symptômes, comme les bouffées de chaleur. Les recommandations françaises de 2021 précisent qu’en l’absence de symptômes évaluables, une FSH supérieure ou égale à 40 UI/L, retrouvée à deux reprises et associée à un œstradiol bas (inférieur à 20 pg/ml), au moins trois mois après l’intervention, peut orienter vers un statut ménopausique. La Haute Autorité de santé citait déjà l’hystérectomie comme l’une des situations où l’association FSH et œstradiol garde sa place.

Sous contraception hormonale

C’est un cas fréquent, et souvent source de confusion. Pilule, implant ou stérilet hormonal masquent les cycles naturels : on ne peut pas savoir si l’absence de règles vient de la contraception ou de la ménopause. On pourrait croire qu’une prise de sang résoudra la question. Ce n’est pas ce que disent les recommandations.

Le CNGOF et le GEMVi indiquent que chez les femmes sous pilule œstroprogestative ou progestative, implant ou stérilet au lévonorgestrel, ni les dosages hormonaux ni l’échographie pelvienne ne sont recommandés, ni pour diagnostiquer la ménopause, ni pour décider d’arrêter la contraception. La stratégie proposée est l’arrêt de la pilule ou le retrait du dispositif, puis la surveillance clinique de l’apparition ou non des règles. Le NICE déconseille de son côté d’utiliser la FSH pour diagnostiquer la ménopause chez les femmes sous contraception œstroprogestative ou sous progestatif à forte dose, car ces traitements faussent le résultat.

La question de savoir jusqu’à quand garder une contraception, et comment l’arrêter sans risque de grossesse imprévue, mérite un échange avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme. Notre article sur la contraception après 45 ans fait le point sur les options.

Après un traitement contre le cancer, ou en cas de doute sur une autre cause

Après une chimiothérapie ou une radiothérapie qui a pu toucher les ovaires, les recommandations françaises soulignent que le critère des douze mois sans règles ne permet pas d’affirmer la ménopause avec certitude, et qu’aucun examen ne peut à lui seul la confirmer. Le suivi se fait avec l’équipe d’oncologie.

Enfin, des règles qui s’arrêtent ou se dérèglent ne sont pas toujours liées à la ménopause. Une grossesse, un problème de thyroïde, un excès de prolactine, une perte de poids importante, un sport très intensif, certains médicaments peuvent aussi en être la cause. Quand l’histoire n’est pas typique, le médecin peut demander des examens ciblés, par exemple un test de grossesse ou un dosage de TSH. Il s’agit alors de chercher une autre cause, pas de « mesurer la ménopause ».

SituationUn dosage peut-il aider ?Ce que disent les recommandations
Plus de 45 ans, 12 mois sans règles, pas de contraception hormonaleNonDiagnostic clinique, aucun dosage ni imagerie (CNGOF, HAS, NICE)
Plus de 45 ans, cycles irréguliers et bouffées de chaleurNonPériménopause diagnostiquée sur les symptômes (NICE)
Entre 40 et 45 ans avec symptômesParfoisFSH envisageable selon le médecin (NICE)
Moins de 40 ans, règles absentes ou très espacéesOuiFSH supérieure à 25 UI/L, un seul dosage suffit, après avoir écarté une grossesse (ESHRE 2024)
Hystérectomie sans symptômes évaluablesOuiFSH répétée et œstradiol, au moins trois mois après l’intervention (CNGOF)
Pilule, implant ou stérilet hormonalNonArrêt de la contraception puis surveillance clinique (CNGOF)
Après un traitement anticancéreuxRarement décisifAucun examen ne permet un diagnostic certain, suivi avec l’équipe d’oncologie (CNGOF)

Le vrai bilan autour de 50 ans : prévenir plutôt que doser

Si la prise de sang hormonale est rarement utile, cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire. Bien au contraire. La cinquantaine est une période où plusieurs risques de santé changent de niveau, et c’est là que les examens ont un vrai intérêt, parce qu’ils peuvent déboucher sur des actions concrètes.

Le cœur et les vaisseaux : la priorité méconnue

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes, et leur risque augmente nettement après la ménopause. En 2020, l’Association américaine de cardiologie (American Heart Association) a consacré une déclaration scientifique entière à ce sujet, coordonnée par l’épidémiologiste Samar El Khoudary, de l’université de Pittsburgh.

Ce que montrent les études
En suivant des milliers de femmes pendant toute la transition ménopausique, les grandes cohortes longitudinales ont permis de distinguer l’effet de l’âge de celui de la ménopause. Elles décrivent, au cours de cette transition, des changements défavorables de la composition corporelle (plus de graisse abdominale), des lipides sanguins, notamment une hausse du LDL-cholestérol, et de plusieurs mesures de la santé des artères. L’Association américaine de cardiologie en conclut que la transition ménopausique est une période d’accélération du risque cardiovasculaire, et que la cinquantaine est une fenêtre clé pour surveiller la santé des femmes et agir tôt (El Khoudary, 2020).
Limites : il s’agit d’une synthèse d’études d’observation, menées surtout aux États-Unis. Elles montrent des associations et des tendances moyennes, et le risque individuel dépend fortement du tabac, de la tension, du poids, de l’activité physique et des antécédents familiaux.
En pratique, trois mesures simples en découlent :

  • La tension artérielle. Elle se mesure en quelques minutes chez le médecin, le pharmacien ou à domicile avec un appareil validé. L’hypertension ne donne souvent aucun symptôme, c’est pourquoi on la cherche.
  • Le bilan lipidique (cholestérol total, HDL, LDL et triglycérides), sur une prise de sang à jeun ou non selon les consignes du laboratoire. Les recommandations européennes et canadiennes reprises par la HAS situent le dépistage chez la femme à partir de 50 ans ou après la ménopause, et les recommandations françaises considèrent qu’un bilan normal n’a pas besoin d’être répété plus d’une fois tous les cinq ans en l’absence de changement (prise de poids, nouveau traitement, événement cardiovasculaire).
  • La glycémie à jeun, pour dépister un diabète de type 2, en particulier en cas de surpoids, d’antécédents familiaux de diabète, de diabète pendant une grossesse, d’hypertension ou de cholestérol élevé.
Ce sont des examens peu coûteux, remboursés, et dont le résultat peut réellement changer quelque chose : une alimentation adaptée, une activité physique plus régulière, l’arrêt du tabac, et si besoin un traitement. Notre article sur la prise de poids à la ménopause aborde les leviers du quotidien.

Les os : une densitométrie selon vos facteurs de risque

La baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse dans les années qui entourent la ménopause. C’est le sujet de notre article sur l’ostéoporose après la ménopause. La densitométrie osseuse (ou ostéodensitométrie) est l’examen de référence pour mesurer la densité des os. Elle est rapide, indolore et très peu irradiante.

Elle n’est pas proposée systématiquement à toutes les femmes à 50 ans. En France, pour un premier examen chez une femme ménopausée, l’Assurance maladie la rembourse en présence de facteurs de risque, parmi lesquels :

  • un parent du premier degré ayant eu une fracture du col du fémur,
  • un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m²,
  • une ménopause survenue avant 40 ans,
  • une corticothérapie d’au moins trois mois consécutifs,
  • ainsi que certaines maladies ou certains traitements qui fragilisent l’os, et bien sûr une fracture survenue après un choc minime.
Aux États-Unis, le groupe de travail sur la prévention (USPSTF) a actualisé en 2025 ses recommandations : dépistage de l’ostéoporose pour toutes les femmes à partir de 65 ans, et avant 65 ans pour les femmes ménopausées dont le risque de fracture est augmenté selon une évaluation clinique. Les seuils diffèrent d’un pays à l’autre, mais la logique est la même : c’est votre profil de risque, et non une prise de sang hormonale, qui oriente vers cet examen.

Et la vitamine D ? Son dosage n’est pas recommandé de façon systématique. La Haute Autorité de santé l’a réservé en 2013 à quelques situations précises, comme une suspicion d’ostéomalacie, des chutes répétées chez une personne âgée ou une chirurgie de l’obésité. Votre médecin peut en revanche vous conseiller sur les apports en calcium et en vitamine D selon votre alimentation et votre exposition au soleil.

Les dépistages des cancers : ne pas les oublier

La cinquantaine correspond à l’entrée dans plusieurs programmes de dépistage organisé, gratuits ou remboursés, qui ont fait leurs preuves :

  • Cancer du sein : de 50 à 74 ans, une mammographie et un examen clinique des seins tous les deux ans, sur invitation de l’Assurance maladie, sans avance de frais. Un suivi plus rapproché peut être proposé en cas de risque particulier.
  • Cancer du col de l’utérus : de 30 à 65 ans, un test de recherche des papillomavirus humains (HPV) tous les cinq ans, selon les recommandations de la HAS de 2019. Ce dépistage reste utile après la ménopause, jusqu’à 65 ans. Il peut être réalisé par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme.
  • Cancer colorectal : de 50 à 74 ans, un test immunologique à faire chez soi tous les deux ans.

Les autres points à aborder

Selon votre situation, d’autres examens peuvent avoir du sens, mais ils répondent à une question précise et non à une logique de « bilan complet » :

  • en cas de règles très abondantes pendant la périménopause, une numération formule sanguine et un dosage de ferritine pour rechercher une anémie,
  • en cas de fatigue marquée, de prise de poids inexpliquée, de frilosité ou de palpitations, un dosage de TSH pour vérifier la thyroïde, dont les troubles sont fréquents à cet âge et peuvent imiter certains symptômes de la ménopause. Notre article sur la fatigue d’origine hormonale en parle en détail,
  • en cas de sueurs nocturnes avec fièvre, amaigrissement ou ganglions, une recherche d’autres causes, comme expliqué dans notre article sur les sueurs nocturnes.
Examen ou mesurePour quiÀ quel rythme
Tension artérielleToutes les femmesLors des consultations, plus souvent si elle est limite
Bilan lipidiqueÀ partir de 50 ans ou après la ménopausePas plus d’une fois tous les cinq ans si normal et sans changement
Glycémie à jeunSurtout en cas de surpoids, d’antécédents familiaux ou de diabète gestationnelSelon l’avis du médecin
Densitométrie osseuseFemmes ménopausées avec facteurs de risque de fractureSelon le résultat et les facteurs de risque
Mammographie50 à 74 ansTous les deux ans (dépistage organisé)
Test HPV30 à 65 ansTous les cinq ans
Test de dépistage du cancer colorectal50 à 74 ansTous les deux ans
Dosage de FSH ou d’œstradiolSeulement dans des situations précises (avant 40 à 45 ans, hystérectomie, doute)Sur prescription, pas en routine

Mon Bilan Prévention : un rendez-vous fait pour cet âge

Depuis 2024, l’Assurance maladie propose Mon Bilan Prévention, un rendez-vous de prévention gratuit, intégralement pris en charge, à quatre âges clés de la vie : 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans et 70 à 75 ans. Il peut être réalisé par un médecin, un infirmier, un pharmacien, un masseur-kinésithérapeute ou une sage-femme. On y aborde les habitudes de vie (alimentation, activité physique, tabac, alcool), la santé mentale et le sommeil, les dépistages des cancers, les vaccinations, le risque cardiovasculaire et le diabète, et la ménopause figure explicitement parmi les sujets proposés.

Si vous avez entre 45 et 50 ans, c’est probablement le « bilan » le plus utile que vous puissiez faire : un temps d’échange pour faire le point, repérer ce qui doit être surveillé et repartir avec un plan concret.

Saignements après la ménopause : la vraie urgence

S’il y a une chose à retenir de cet article, c’est celle-ci. Une fois la ménopause installée, tout saignement vaginal, même léger, même unique, même sous forme de simples traces rosées ou brunâtres, doit faire consulter rapidement votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme. Ce n’est pas une prise de sang hormonale qui l’explorera, mais un examen gynécologique et, le plus souvent, une échographie pelvienne.

Ce que montrent les études
Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2018 par l’épidémiologiste Megan Clarke, de l’Institut national du cancer américain, a rassemblé 129 études portant sur plus de 40 000 femmes. Elle montre que 91 % des femmes atteintes d’un cancer de l’endomètre (la muqueuse de l’utérus) avaient présenté des saignements après la ménopause, quel que soit le stade du cancer. À l’inverse, parmi les femmes qui saignent après la ménopause, environ 9 % ont un cancer de l’endomètre, de 5 % à 13 % selon les régions du monde et l’usage d’un traitement hormonal (Clarke, 2018).
Limites : ces chiffres proviennent d’études d’observation de qualité variable. Ils signifient que la grande majorité des saignements après la ménopause ont une cause bénigne (atrophie de la muqueuse, polype, effet d’un traitement), mais que ce symptôme est le meilleur signal d’alerte d’un cancer qui, détecté tôt, se soigne très bien.
Retenez donc les deux faces de ce message : la plupart du temps, ce n’est pas grave, et c’est justement pour pouvoir vous le confirmer qu’il faut consulter sans attendre. Si le saignement est abondant, avec malaise, pâleur ou essoufflement, appelez le 15 ou le 112.

Si vous prenez un traitement hormonal de la ménopause, des saignements peuvent être attendus avec certains schémas. Votre médecin vous dira lesquels sont normaux. Des saignements inattendus, qui changent ou qui persistent, doivent aussi lui être signalés.

Tests salivaires, kits urinaires et bilans hormonaux en ligne : ce qu’ils valent

Les offres se multiplient : kits à envoyer par la poste, « bilans hormonaux complets » proposés par des sites ou certains praticiens, tests salivaires censés révéler un « déséquilibre » ou une « dominance œstrogénique », applications qui promettent de « décoder vos hormones ». Ces prestations, en général non remboursées, s’appuient sur une promesse séduisante : enfin des chiffres pour expliquer ce que vous ressentez. Que valent-elles ?

Les tests salivaires

Doser des hormones dans la salive est techniquement possible, et c’est utile en recherche dans des protocoles très encadrés. Mais pour un usage individuel, en dehors de ce cadre, les problèmes sont nombreux.

Le biochimiste américain Frank Stanczyk, spécialiste du dosage des hormones stéroïdes, rappelait dès 2006 que les dosages salivaires posent d’importants problèmes de méthode, avec des concentrations très faibles, difficiles à mesurer de façon fiable, et que l’idée selon laquelle le taux salivaire refléterait fidèlement la fraction « libre » de l’hormone dans le sang est une idée reçue. Les taux varient aussi selon le moment de la journée, l’alimentation, la manière de recueillir l’échantillon et l’hormone mesurée.

Les sociétés savantes américaines vont dans le même sens. Le Collège américain des gynécologues-obstétriciens (ACOG) et la Société américaine de médecine de la reproduction ont rappelé en 2012, dans leur avis sur les hormones dites « bio-identiques » préparées sur mesure, que les arguments de supériorité de ces préparations n’étaient pas étayés, et la Société nord-américaine de la ménopause, dans une prise de position de 2008, a qualifié les tests salivaires de procédure dont l’exactitude et la fiabilité n’ont pas été démontrées.

Il y a enfin un enjeu commercial, bien documenté par la pharmacologue Adriane Fugh-Berman, de l’université de Georgetown, dans un article de 2007 consacré aux hormones « bio-identiques » : les tests salivaires peuvent servir à convaincre des femmes sans symptômes de prendre des hormones, ou des femmes symptomatiques de prendre des doses plus fortes que nécessaire, avec un risque d’effets indésirables. Si un test salivaire vous est présenté comme la porte d’entrée vers un traitement « personnalisé » vendu par la même structure, soyez prudente. Notre article sur les traitements hormonaux et les hormones bio-identiques détaille ces enjeux.

Les kits urinaires de pharmacie

On trouve en pharmacie des tests urinaires qui détectent une FSH élevée dans les urines. Ils ne sont pas trompeurs en soi, mais ils ne répondent pas à la question que l’on se pose. Un test positif signifie que la FSH était élevée ce jour-là, ce qui est compatible avec une périménopause que vos symptômes suggéraient déjà. Un test négatif ne l’exclut pas, pour les raisons d’instabilité hormonale vues plus haut. Et aucun de ces tests ne dit si vous pouvez encore être enceinte, ni s’il faut arrêter votre contraception.

Les « bilans hormonaux complets » vendus en ligne

Ces bilans dosent souvent un grand nombre d’hormones en même temps : FSH, LH, œstradiol, progestérone, testostérone, DHEA, cortisol, parfois AMH ou hormones thyroïdiennes. Le problème n’est pas toujours la qualité du laboratoire. C’est l’interprétation.

  • Sans contexte, un chiffre ne veut rien dire. Le même taux d’œstradiol peut être normal ou non selon le jour du cycle, la contraception, l’âge, un traitement en cours. Un médecin qui prescrit un dosage le fait pour répondre à une question précise, et sait l’interpréter dans votre situation.
  • Plus on dose, plus on trouve des valeurs « hors normes ». Les normes de laboratoire sont construites pour que 5 % des personnes en bonne santé se situent en dehors. Sur vingt dosages, il est donc probable qu’au moins un sorte des clous sans signifier quoi que ce soit, ce qui peut entraîner inquiétude, examens supplémentaires et dépenses inutiles.
  • Le résultat sert parfois à vendre autre chose. Compléments alimentaires, crèmes à la progestérone, DHEA, « programmes » d’équilibrage hormonal : méfiance quand le même interlocuteur dose, interprète et vend.
Rien ne remplace une discussion avec un professionnel de santé qui connaît votre dossier. Si vous avez déjà fait un test commercial et que son résultat vous inquiète, ne vous autodiagnostiquez pas et ne commencez aucun produit sur cette base : apportez-le à votre médecin, qui vous dira ce qu’il signifie, ou ne signifie pas.

Un mot sur les compléments et produits « hormonaux »

Certains produits proposés pour « rééquilibrer les hormones » ne sont pas anodins. La DHEA et la testostérone sont de vraies hormones, avec des effets indésirables possibles, et ne devraient pas être prises sans avis médical. Les phyto-œstrogènes (soja, trèfle rouge) et l’actée à grappes noires, parfois proposés contre les bouffées de chaleur, demandent de la prudence en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant, de traitement en cours ou de maladie du foie pour l’actée. Le millepertuis, parfois associé pour l’humeur, interagit avec de nombreux médicaments, dont certains anticoagulants et la contraception hormonale. Parlez à votre médecin ou à votre pharmacien de tout complément que vous prenez ou envisagez. Pour les bouffées de chaleur, notre article sur ce qui peut les soulager fait le point sur les options.

Traitement hormonal : une décision clinique, pas un chiffre

Beaucoup de femmes pensent qu’il faut « vérifier les hormones » avant de commencer un traitement hormonal de la ménopause, ou pour l’ajuster. Ce n’est généralement pas le cas. Comme le rappelait déjà la Haute Autorité de santé en 2005, la FSH ne doit pas être demandée pour décider de prescrire un traitement hormonal.

La décision repose sur d’autres éléments : l’intensité de vos symptômes et leur retentissement sur votre vie, votre âge et le temps écoulé depuis la ménopause, vos antécédents personnels et familiaux (cancer du sein, thrombose, maladie cardiovasculaire), vos facteurs de risque et vos préférences. Les recommandations françaises de 2021 insistent sur une évaluation individuelle du rapport entre bénéfices et risques, et sur sa réévaluation régulière. C’est un échange à avoir avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme, pas une décision à prendre seule sur la base d’un test.

Ce n’est pas non plus un sujet à laisser de côté par peur. Pour de nombreuses femmes qui ont des symptômes gênants, un traitement hormonal bien choisi améliore nettement la qualité de vie. Pour d’autres, des solutions non hormonales conviendront mieux. Dans tous les cas, l’échange avec un soignant permet de choisir en connaissance de cause.

Comment préparer votre consultation

Plutôt que de commander un bilan, préparez votre rendez-vous. Ce que vous apporterez sera bien plus utile au médecin qu’une série de chiffres.

  • Un calendrier de vos règles sur les six à douze derniers mois : dates, durée, abondance. Une application de suivi ou un simple carnet suffit.
  • La liste de vos symptômes, avec leur fréquence et leur retentissement : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sommeil, humeur, sécheresse vaginale, douleurs articulaires, troubles urinaires, concentration.
  • Vos antécédents : maladies, opérations (notamment une hystérectomie), traitements anticancéreux, fractures, et les antécédents familiaux (cancer du sein ou de l’ovaire, fracture du col du fémur, maladie cardiovasculaire précoce, diabète).
  • Vos traitements, y compris la contraception, les compléments alimentaires, les plantes et les huiles essentielles.
  • La date de vos derniers dépistages : mammographie, frottis ou test HPV, test colorectal.
  • Vos questions, par exemple : faut-il continuer ma contraception, et jusqu’à quand ? Ai-je besoin d’une densitométrie ? Quand faire un bilan lipidique ? Un traitement hormonal est-il envisageable pour moi ?
Si un examen est utile, c’est lors de cette consultation qu’il sera prescrit, avec une raison claire et un résultat interprété dans votre contexte.

Quand consulter

Consultez rapidement (dans les jours qui suivent) votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme si :

  • vous avez un saignement vaginal, même minime, plus de douze mois après vos dernières règles,
  • vos règles se sont arrêtées ou sont devenues très espacées avant 40 ans,
  • vos règles sont devenues très abondantes, avec des caillots, ou s’accompagnent de fatigue, d’essoufflement ou de vertiges qui peuvent signaler une anémie,
  • vous saignez entre les règles ou après les rapports sexuels,
  • un retard de règles survient alors qu’une grossesse est possible.
Appelez le 15 ou le 112 en cas de saignement très abondant avec malaise, de douleur intense dans le ventre ou la poitrine, ou d’essoufflement brutal.

Prenez aussi rendez-vous, sans urgence, si vos symptômes (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, humeur, sécheresse vaginale) altèrent votre qualité de vie, si vous vous demandez quand arrêter votre contraception, ou si vous avez entre 45 et 50 ans et n’avez pas encore fait de point de prévention. Et si la période vous pèse moralement au point d’avoir des idées noires, le 3114 répond jour et nuit, gratuitement.

Et l’accompagnement complémentaire ?

La transition ménopausique ne se résume pas à des examens. Le sommeil, l’alimentation, l’activité physique, la gestion du stress et le vécu de cette étape comptent beaucoup dans la manière dont on la traverse. C’est là qu’un accompagnement complémentaire peut avoir sa place, en plus du suivi médical et jamais à sa place.

Un naturopathe sérieux peut vous aider à mettre en place des habitudes favorables : une alimentation équilibrée et riche en calcium, une activité physique régulière qui inclut des exercices en charge pour les os, une meilleure hygiène de sommeil, des techniques de gestion du stress. En revanche, il n’a pas à prescrire de dosages hormonaux, ni à interpréter des tests salivaires, ni à vous proposer des hormones ou des produits à base de DHEA. Il doit vous encourager à poursuivre vos dépistages et votre suivi médical, et vous réorienter vers votre médecin au moindre signe d’alerte. Notre article sur les signaux d’alerte pour choisir un naturopathe sérieux vous aide à faire le tri.

Questions fréquentes

Faut-il faire une prise de sang pour savoir si l’on est ménopausée ?

Non, pas dans la situation habituelle. Après 45 ans, chez une femme qui n’utilise pas de contraception hormonale, douze mois consécutifs sans règles suffisent à poser le diagnostic. Les recommandations françaises du CNGOF et du GEMVi, la Haute Autorité de santé et le NICE britannique considèrent qu’aucun dosage hormonal n’est nécessaire dans ce cas. Pendant la périménopause, les hormones varient trop pour qu’un résultat isolé soit fiable.

À quoi sert le dosage de la FSH, alors ?

La FSH est utile dans des situations précises : règles arrêtées avant 40 ans (pour rechercher une insuffisance ovarienne prématurée), symptômes entre 40 et 45 ans selon l’avis du médecin, hystérectomie sans symptômes évaluables. Elle ne sert ni à dater la ménopause après 45 ans, ni à décider seule d’arrêter une contraception, ni à décider d’un traitement hormonal.

Ma FSH est élevée, puis-je arrêter ma contraception ?

Non, pas sur la base de ce seul résultat. Pendant la périménopause, une ovulation reste possible même après un dosage de FSH élevé, et une grossesse aussi. Les recommandations françaises déconseillent d’utiliser les dosages pour décider d’arrêter la contraception. Parlez-en avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme, qui vous proposera une stratégie adaptée à votre âge et à votre contraception.

Les tests hormonaux salivaires sont-ils fiables ?

Ils n’ont pas fait la preuve de leur fiabilité pour un usage individuel. Les concentrations mesurées dans la salive sont faibles et varient selon le moment de la journée, l’alimentation et le recueil, et les sociétés savantes de gynécologie et de ménopause ne les recommandent pas. Ils sont parfois utilisés pour justifier la vente d’hormones ou de compléments. Ne vous fondez pas sur un tel test pour vous autodiagnostiquer ou commencer un produit.

Quel bilan sanguin demander à 50 ans quand les règles s’arrêtent ?

Plutôt qu’un bilan hormonal, le bilan utile à cet âge porte sur la prévention : bilan lipidique, glycémie à jeun selon vos facteurs de risque, parfois numération et ferritine si vos règles ont été abondantes, ou TSH si certains symptômes le justifient. S’y ajoutent la tension artérielle, la densitométrie si vous avez des facteurs de risque, et les dépistages des cancers du sein, du col de l’utérus et du côlon. C’est votre médecin qui ajuste ce bilan à votre situation.

Que faire en cas de saignement après la ménopause ?

Consultez rapidement votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme, même si le saignement est léger ou n’est survenu qu’une fois. La plupart du temps, la cause est bénigne, mais ce symptôme est le principal signal d’alerte d’un cancer de l’endomètre, qui se soigne très bien quand il est détecté tôt. En cas de saignement abondant avec malaise, appelez le 15 ou le 112.

Trouver un naturopathe près de chez vous

Votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme restent vos interlocuteurs pour le diagnostic, les dépistages et les décisions de traitement. Si vous souhaitez, en complément, être accompagnée sur l’hygiène de vie pendant la transition ménopausique (alimentation, sommeil, activité physique, gestion du stress), un naturopathe peut vous y aider, sans jamais remplacer ce suivi. Trouvez un naturopathe sur ViziWell et parlez-lui de vos traitements et de vos examens en cours.

Sources

  1. Rousset-Jablonski C. Comment diagnostiquer la ménopause ? RPC Les femmes ménopausées du CNGOF et du GEMVi. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie. 2021, 49(5):318-328. PMID : 33867317. DOI : 10.1016/j.gofs.2021.03.011
  2. Trémollieres F, Chabbert-Buffet N, Plu-Bureau G, et al. Les femmes ménopausées : recommandations pour la pratique clinique du CNGOF et du GEMVi (texte court). Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie. 2021, 49(5):305-317. PMID : 33863697. DOI : 10.1016/j.gofs.2021.03.010
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  12. National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Menopause, recommandation NG23 (2015, mise à jour 2024) et standard de qualité QS143, énoncé 1 : diagnostic de la périménopause et de la ménopause.
  13. Haute Autorité de santé (ANAES). Intérêt des dosages hormonaux de FSH et LH chez les femmes à partir de 45 ans. 2005.
  14. Haute Autorité de santé. Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus. 2019.
  15. Ministère de la Santé, Santé.fr. Mon Bilan Prévention : un rendez-vous de prévention à 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans.
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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Cet article fait partie de notre dossier Ménopause.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

SH

Siobán D. Harlow

University of Michigan, MI, USA

MC

Megan A. Clarke

Division of Cancer Epidemiology and Genetics, National Cancer Institute, Rockville, Maryland, USA

NP

Nick Panay

Queen Charlotte's and Chelsea Hospital, Imperial College London, Royaume-Uni

AF

Adriane Fugh-Berman

Pharmacologue — Department of Physiology and Biophysics, Georgetown University School of Medicine, Washington DC, États-Unis

SK

Samar R. El Khoudary

Épidémiologiste, santé cardiovasculaire des femmes — Department of Epidemiology, University of Pittsburgh, Pennsylvanie, États-Unis