Thyroïdite de Hashimoto : quand l'immunité attaque la thyroïde
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : des anticorps anti-TPO élevés signifient que votre système immunitaire réagit contre votre thyroïde, la thyroïdite de Hashimoto, première cause d'hypothyroïdie dans les pays où l'apport en iode est suffisant. Cela ne veut pas dire qu'un traitement est immédiatement nécessaire : tout dépend de la TSH et de la T4 libre, que le médecin surveille dans le temps. Une méta-analyse de 35 essais publiée dans Thyroid en 2024 (Huwiler et coll.) montre que le sélénium abaisse le taux d'anticorps, avec un niveau de preuve jugé modéré, mais sans bénéfice clinique clairement démontré sur les symptômes. Aucune approche naturelle ne remplace la lévothyroxine lorsqu'elle est prescrite.Le scénario est fréquent. Une prise de sang demandée pour une fatigue qui traîne, un bilan de grossesse, une prise de poids inexpliquée ou un simple contrôle de routine, et sur le compte rendu apparaît une ligne en gras : « anticorps anti-thyroperoxydase (anti-TPO) : élevés ». Quelques jours plus tard, le mot tombe : thyroïdite de Hashimoto. Et avec lui, une avalanche de questions. Est-ce grave ? Vais-je devoir prendre un traitement à vie ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de travers ? Puis, en cherchant en ligne, on tombe sur des protocoles qui promettent de « faire disparaître les anticorps » par l'alimentation, des listes d'aliments interdits, des cures de compléments, parfois même des conseils pour se passer du traitement.
Cet article a un objectif simple : vous aider à lire juste votre bilan, comprendre ce qui se passe dans votre thyroïde, savoir quand un traitement s'impose et faire le tri, études à l'appui, entre ce qui a été réellement évalué (sélénium, vitamine D, régime sans gluten, iode) et ce qui relève de la promesse. Il ne remplace pas votre médecin, il vous aide à préparer la conversation avec lui.
Quand le système immunitaire prend la thyroïde pour cible
La thyroïde est une petite glande en forme de papillon située à la base du cou, devant la trachée. Elle fabrique deux hormones, la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3), qui règlent en quelque sorte le « régime moteur » de l'organisme : température corporelle, rythme cardiaque, transit, énergie disponible, renouvellement de la peau et des cheveux, humeur, cycle menstruel. Pour fabriquer ces hormones, la glande a besoin d'iode et de plusieurs enzymes, dont la plus importante s'appelle la thyroperoxydase (TPO).
Dans la thyroïdite de Hashimoto, décrite pour la première fois en 1912 par le médecin japonais Hakaru Hashimoto, le système immunitaire commet une erreur d'identification. Au lieu de reconnaître la thyroïde comme faisant partie du « soi », il la traite comme une cible. Si vous souhaitez revoir les bases de ce fonctionnement, notre article pour comprendre le système immunitaire et ses défenses naturelles détaille les rôles des différents acteurs. La thyroïdite de Hashimoto appartient à la grande famille des maladies auto-immunes, quand le système immunitaire se dérègle, au même titre que la maladie cœliaque, le diabète de type 1 ou le vitiligo.
Ce qui se passe dans la glande
Une revue de référence publiée en 2020 dans Autoimmunity Reviews par l'équipe de Massimo Ralli (université Sapienza de Rome) résume les mécanismes connus. Des lymphocytes T et B, deux familles de globules blancs, viennent infiltrer progressivement le tissu thyroïdien. Les lymphocytes B produisent des anticorps dirigés contre deux protéines de la glande : la thyroperoxydase (anticorps anti-TPO) et la thyroglobuline (anticorps anti-Tg). Les lymphocytes T, eux, participent directement à la destruction des cellules thyroïdiennes. Au microscope, on observe une infiltration lymphocytaire, parfois de véritables follicules lymphoïdes, et à terme une atrophie du tissu qui produit les hormones.
Un point essentiel pour comprendre la suite : les anticorps anti-TPO sont surtout un marqueur. Ils témoignent de la réaction auto-immune, ils permettent de poser le diagnostic, mais ce ne sont pas eux qui détruisent principalement la glande. C'est l'une des raisons pour lesquelles faire baisser un taux d'anticorps ne se traduit pas automatiquement par une amélioration clinique, nous y reviendrons à propos du sélénium.
Pourquoi moi ?
La revue de Ralli et coll. décrit la thyroïdite de Hashimoto comme le résultat d'une interaction entre trois types de facteurs :
- Une prédisposition génétique : la maladie est plus fréquente dans certaines familles, et plusieurs gènes impliqués dans la régulation immunitaire ont été identifiés. Avoir une mère ou une sœur touchée augmente le risque, sans le rendre certain.
- Des facteurs environnementaux : un apport en iode excessif (nous y reviendrons), certaines infections, le tabagisme (dont l'effet est paradoxal et complexe), certains médicaments (interféron, amiodarone, lithium, immunothérapies anticancéreuses), l'exposition à certaines radiations.
- Des influences hormonales et épigénétiques : la maladie touche nettement plus les femmes que les hommes, avec des pics de révélation après une grossesse, autour de la périménopause, ou à l'âge mûr.
Des symptômes lents et trompeurs
L'une des particularités de la thyroïdite de Hashimoto est sa lenteur. Pendant des années, parfois des décennies, la glande compense : elle travaille davantage, stimulée par l'hypophyse, et les hormones restent dans les normes. Beaucoup de personnes ne ressentent alors strictement rien. Le diagnostic est souvent posé par hasard, sur une prise de sang demandée pour une autre raison.
Lorsque la destruction progresse et que la glande ne parvient plus à produire suffisamment d'hormones, une hypothyroïdie s'installe. Ses signes sont souvent discrets, progressifs, et faciles à attribuer à autre chose :
- une fatigue persistante, une baisse d'énergie, un besoin de dormir davantage ;
- une sensibilité accrue au froid, des mains et des pieds souvent froids ;
- une prise de poids modérée, malgré une alimentation inchangée ;
- une constipation qui s'installe ;
- une peau sèche, des cheveux plus cassants, des ongles fragiles ;
- un ralentissement de la pensée, des difficultés de concentration ou de mémoire ;
- une humeur plus basse, parfois une tristesse ou une irritabilité inhabituelle ;
- des règles plus abondantes ou irrégulières, des difficultés à concevoir ;
- des crampes ou des douleurs musculaires, un visage un peu bouffi le matin.
Aucun de ces signes n'est spécifique. C'est pourquoi la fatigue, en particulier, mérite un bilan raisonné plutôt qu'une auto-interprétation : notre article sur la fatigue et les hormones, entre thyroïde, cortisol et déséquilibres hormonaux explique comment les différentes causes hormonales se distinguent. La thyroïde peut aussi peser sur la vie intime : une hypothyroïdie non corrigée s'accompagne souvent d'une baisse du désir, un sujet que nous traitons en détail dans thyroïde et libido : quand la glande freine le désir.
Le goitre et la phase « hyper » transitoire
Chez certaines personnes, la thyroïde augmente de volume (on parle de goitre), donnant une sensation de gêne ou de pression dans le cou. Plus rarement, au début de la maladie, la destruction des cellules libère brutalement des hormones stockées dans la glande, provoquant une phase transitoire d'hyperthyroïdie (palpitations, nervosité, amaigrissement, tremblements) avant l'évolution vers l'hypothyroïdie. On parle parfois de « hashitoxicose ». Cette phase doit être distinguée par le médecin d'une maladie de Basedow, une autre maladie auto-immune de la thyroïde dont le traitement est très différent.
Le diagnostic : TSH, T4 libre, anticorps et échographie
Le diagnostic de la thyroïdite de Hashimoto est bien codifié. Il repose, selon la revue de Ralli et coll., sur les éléments cliniques, la présence d'anticorps dirigés contre les antigènes thyroïdiens (thyroperoxydase et thyroglobuline) et, si besoin, l'aspect de la glande.
Lire les quatre lignes clés de votre bilan
La TSH (thyréostimuline) est l'hormone sécrétée par l'hypophyse pour stimuler la thyroïde. C'est l'examen de première intention. Quand la thyroïde fatigue, l'hypophyse « crie plus fort » pour la stimuler : la TSH monte. Une TSH élevée est donc le premier signe d'une hypothyroïdie débutante.
La T4 libre est la forme active circulante de l'hormone thyroïdienne. Elle permet de distinguer deux situations :
- TSH élevée avec T4 libre normale : on parle d'hypothyroïdie fruste ou infraclinique. La glande compense encore, au prix d'une stimulation accrue.
- TSH élevée avec T4 libre basse : c'est une hypothyroïdie avérée, la glande ne suffit plus.
Les anticorps anti-thyroglobuline sont un complément, utile lorsque les anti-TPO sont négatifs mais que le contexte reste évocateur.
L'échographie thyroïdienne
L'échographie n'est pas systématique pour poser le diagnostic, mais elle est souvent prescrite. Dans la thyroïdite de Hashimoto, la glande apparaît typiquement « hypoéchogène » et hétérogène, reflet de l'infiltration lymphocytaire. L'échographie est surtout indispensable si l'on palpe un nodule ou si la glande est augmentée de volume. La revue de Ralli et coll. évoque un lien discuté entre thyroïdite de Hashimoto et certains cancers de la thyroïde ou lymphomes thyroïdiens : ce lien reste débattu et rare, mais il justifie qu'un nodule soit exploré selon les recommandations habituelles, sans inquiétude excessive.
Un piège méconnu : la biotine
La biotine (vitamine B8), très présente dans les compléments « cheveux, peau, ongles », peut fausser les dosages hormonaux. Dans une étude publiée dans JAMA en 2017 (Li et coll.), six adultes en bonne santé ont pris de la biotine à une quantité courante dans les compléments en vente libre pendant une semaine. Une interférence a été observée dans 9 des 23 dosages utilisant la technologie biotine-streptavidine (39 %), avec des résultats faussement élevés pour certains et faussement bas pour d'autres, notamment pour la TSH et les hormones thyroïdiennes. Ces erreurs peuvent faire croire à tort à une hyperthyroïdie ou masquer un déséquilibre.
Le réflexe à adopter : si vous prenez un complément contenant de la biotine (y compris dans un « multivitamines »), signalez-le au médecin et au laboratoire avant la prise de sang. Le laboratoire vous indiquera la conduite à tenir avant le prélèvement. Notre guide sur le bilan sanguin et les examens à demander à son médecin rappelle d'autres précautions utiles avant une analyse.
Avoir des anticorps ne veut pas dire être traité : la surveillance
C'est souvent la première source de confusion : « J'ai une maladie auto-immune, mais mon médecin ne me donne rien. Est-ce normal ? » Oui, très souvent. Tant que la TSH et la T4 libre sont normales, il n'y a pas d'hormone à remplacer. La lévothyroxine n'agit pas sur l'auto-immunité elle-même : elle compense la production hormonale qui fait défaut. Si la production est suffisante, un traitement n'apporte rien et peut même déséquilibrer.
Ce que montre le suivi au long cours
Les données les plus solides sur l'évolution naturelle viennent de l'enquête de Whickham, au Royaume-Uni. Publiée en 1995 dans Clinical Endocrinology par Vanderpump et coll., elle a suivi pendant vingt ans un échantillon représentatif de 2 779 adultes.
Ce que montrent les étudesEn pratique, cela signifie deux choses rassurantes et une chose importante. Rassurantes : beaucoup de personnes porteuses d'anticorps garderont une fonction thyroïdienne normale pendant de longues années, et l'évolution, quand elle survient, est en général lente. Importante : le risque est réel et justifie un suivi régulier, dont le rythme est fixé par le médecin selon votre âge, vos symptômes, la valeur de votre TSH et vos projets (en particulier de grossesse).
L'enquête de Whickham (Vanderpump et coll., 1995) a suivi pendant 20 ans 2 779 adultes britanniques tirés au sort, avec un suivi documenté pour plus de 97 % d'entre eux. Chez les femmes, la présence d'anticorps antithyroïdiens seuls multipliait par 8 environ le risque d'avoir développé une hypothyroïdie au terme du suivi ; une TSH élevée associée à des anticorps le multipliait par 38 environ. Plus la TSH initiale était élevée (au-dessus de 2 mU/l), plus la probabilité d'hypothyroïdie augmentait, et davantage encore en présence d'anticorps. Limite : il s'agit d'une cohorte ancienne, avec des techniques de dosage différentes de celles d'aujourd'hui, et les rapports de cotes décrivent un risque relatif, pas une certitude individuelle.
Le rythme de surveillance
Il n'existe pas de calendrier universel, mais le principe est constant : un contrôle de la TSH (et souvent de la T4 libre) à intervalles réguliers, rapprochés si la TSH est déjà à la limite haute ou si des symptômes apparaissent, plus espacés si tout est stable. Un nouveau dosage est également indiqué en cas de symptômes évocateurs, de projet de grossesse, de grossesse débutante, après un accouchement, ou lors de la prescription de certains médicaments.
Refaire régulièrement le dosage des anticorps anti-TPO n'a généralement pas d'intérêt pour le suivi : leur taux fluctue et ne guide pas la décision thérapeutique. C'est la TSH qui compte.
Le traitement substitutif : principes, ajustement et suivi
Lorsque l'hypothyroïdie est avérée, ou dans certaines situations d'hypothyroïdie fruste (TSH nettement élevée, symptômes, grossesse ou projet de grossesse), le médecin prescrit de la lévothyroxine. Il s'agit d'une hormone de synthèse strictement identique à la T4 produite par la thyroïde. La revue de Ralli et coll. le rappelle : le traitement de référence de la thyroïdite de Hashimoto repose sur la prise en charge de l'hypothyroïdie par cette substitution.
Ce qu'il faut savoir sur la lévothyroxine
- C'est un remplacement, pas un « médicament chimique » au sens où on l'entend parfois. Elle apporte ce que la glande ne fabrique plus.
- La posologie est individuelle et ajustée par le médecin en fonction de la TSH, contrôlée quelques semaines après chaque modification. Les besoins varient avec le poids, l'âge, la grossesse, certaines maladies digestives et certains médicaments.
- La régularité de la prise compte : les conditions de prise (moment de la journée, à distance des repas et de certains produits) sont précisées par le médecin ou le pharmacien. Plusieurs compléments, en particulier le fer, le calcium et certains pansements gastriques, peuvent diminuer son absorption : signalez-les systématiquement.
- Le traitement est le plus souvent prolongé, car la destruction auto-immune de la glande ne régresse en général pas.
Une règle absolue
⚠️ Ne jamais arrêter, réduire ou augmenter soi-même la lévothyroxine. Le traitement est prescrit et suivi par le médecin. Un arrêt entraîne le retour progressif de l'hypothyroïdie ; un surdosage expose à des troubles du rythme cardiaque et à une fragilisation osseuse. Aucun complément, aucun régime, aucune cure ne permet de s'en passer lorsque la glande ne produit plus assez d'hormones.C'est précisément là que se situent les promesses les plus problématiques rencontrées en ligne : les protocoles qui laissent entendre qu'une alimentation ou une cure permettrait de « réparer » la thyroïde et d'abandonner le traitement. Les études disponibles, que nous détaillons ci-dessous, ne montrent rien de tel.
Quand on se sent encore fatigué malgré une TSH normale
Une partie des personnes traitées, avec une TSH bien équilibrée, continuent de ressentir de la fatigue ou un inconfort. Cette situation est réelle et mérite d'être prise au sérieux. Elle impose d'abord de vérifier les autres causes possibles : carence en fer ou en vitamine B12, anémie, troubles du sommeil, dépression, autre maladie auto-immune associée, interférences médicamenteuses. Elle justifie un échange ouvert avec le médecin, éventuellement un avis d'endocrinologue, plutôt qu'une modification du traitement en solitaire.
Sélénium, vitamine D, gluten, iode : ce que valent les preuves
C'est ici que l'on trouve le plus d'informations contradictoires. Voici ce que montrent les études, avec leur niveau de preuve réel.
Le sélénium : un effet sur les anticorps, peu de preuves sur la clinique
Le sélénium est un oligo-élément essentiel. La thyroïde est l'organe qui en contient le plus par gramme de tissu, car plusieurs enzymes thyroïdiennes (les sélénoprotéines) en dépendent, notamment celles qui protègent la glande du stress oxydatif lors de la fabrication des hormones et celles qui convertissent la T4 en T3. D'où l'hypothèse : un apport en sélénium pourrait calmer l'inflammation thyroïdienne. Pour situer le sélénium parmi les autres micronutriments, voir notre synthèse sur les vitamines et minéraux essentiels au système immunitaire.
Cette hypothèse a fait l'objet de nombreux essais, et de plusieurs méta-analyses dont les conclusions convergent sur un point et divergent sur un autre.
Ce que montrent les étudesLes travaux antérieurs vont dans le même sens, avec davantage de prudence. En 2016, Wichman et coll. (université d'Odense, Danemark), dans Thyroid, ont analysé 16 essais contrôlés : chez les patients sous lévothyroxine, le taux d'anti-TPO était plus bas après trois mois de sélénium, effet retrouvé à six et douze mois ; chez les patients non traités, la baisse n'était observée qu'à trois mois. La qualité des preuves était jugée globalement faible, et les participants recevant du sélénium rapportaient davantage d'effets indésirables que les témoins. Les auteurs concluaient : reste à démontrer que ces effets se traduisent par des bénéfices cliniquement pertinents.
La méta-analyse la plus récente et la plus large (Huwiler et coll., Thyroid, 2024) a inclus 35 essais contrôlés randomisés. Le sélénium a réduit les anticorps anti-TPO (différence moyenne standardisée de −0,96 ; 29 cohortes, 2 358 participants), que les patients soient sous lévothyroxine ou non. Chez les personnes non traitées, il a légèrement abaissé la TSH (7 cohortes, 869 participants). Aucune modification significative n'a été observée pour la T4 libre, la T3, les anticorps anti-thyroglobuline ou le volume de la thyroïde. Les effets indésirables étaient comparables entre groupes. Niveau de certitude global : modéré. Limite : hétérogénéité très importante pour les anticorps (I² = 90 %), et les critères cliniques (qualité de vie, évolution vers l'hypothyroïdie, besoin de traitement) restent peu étudiés.
La même équipe (Winther et coll., Endocrine, 2017) s'est penchée sur ces bénéfices cliniques, en regroupant 9 essais contrôlés. Chez les patients non traités par lévothyroxine, ils n'ont trouvé aucun effet du sélénium sur la TSH, sur la qualité de vie liée à la santé ni sur l'aspect échographique de la glande. Trois essais suggéraient une amélioration du bien-être chez des patients traités, sans pouvoir être regroupés. Leur titre résume la situation : documentation insuffisante de l'efficacité clinique.
La revue Cochrane (van Zuuren et coll., 2013), plus ancienne, n'avait retenu que 4 essais (463 participants) à risque de biais incertain à élevé, et concluait que les preuves étaient incomplètes pour soutenir ou réfuter l'intérêt du sélénium. Aucun de ces essais n'avait évalué la qualité de vie ou l'évolution de la dose de lévothyroxine.
Comment résumer ? Le sélénium fait baisser un marqueur biologique, les anti-TPO, de manière assez reproductible. Mais comme nous l'avons vu, ces anticorps sont surtout un témoin de la maladie : les faire baisser ne prouve pas que l'on ralentit la destruction de la glande, que l'on évite l'hypothyroïdie ou que l'on se sente mieux. Ces questions restent ouvertes.
Sélénium : attention au surdosage
Le sélénium a une particularité : l'écart entre la quantité utile et la quantité toxique est étroit. Un excès prolongé (sélénose) peut provoquer une chute des cheveux, des ongles cassants ou déformés, une haleine à odeur d'ail, des troubles digestifs, une fatigue, des atteintes neurologiques. Au-delà de la toxicité aiguë, une analyse secondaire d'un grand essai randomisé, publiée dans Annals of Internal Medicine en 2007 (Stranges et coll.), a suivi 1 202 personnes pendant 7,7 ans en moyenne : le diabète de type 2 est apparu plus souvent dans le groupe supplémenté en sélénium que dans le groupe témoin (rapport de risque 1,55), en particulier chez les personnes dont le taux de sélénium sanguin était déjà élevé au départ. Il s'agissait d'un critère secondaire de l'essai, mais le signal invite à la prudence.
Les apports en sélénium varient beaucoup selon les régions et les habitudes alimentaires (noix du Brésil, poissons, fruits de mer, œufs, abats en sont des sources), et s'additionnent à ceux des multivitamines. Une supplémentation n'est donc pas anodine : elle se discute avec le médecin, qui tiendra compte de votre alimentation, de vos autres compléments et éventuellement d'un dosage. Nous ne donnons volontairement aucune dose dans cet article.
La vitamine D : des résultats encourageants mais fragiles
Les personnes atteintes de maladies auto-immunes ont fréquemment des taux bas de vitamine D, qui joue un rôle de modulateur de l'immunité. Plusieurs essais ont donc testé une supplémentation dans la thyroïdite de Hashimoto. Pour le rôle de la vitamine D dans l'immunité en général, vous pouvez lire notre article rhumes à répétition : votre vitamine D est-elle en cause ?.
Une méta-analyse publiée en 2023 dans Medicine (Tang et coll., hôpital affilié de l'université Sun Yat-sen) a regroupé 12 essais randomisés totalisant 862 personnes. La supplémentation en vitamine D était associée à une baisse des anticorps anti-TPO et anti-Tg et à une légère amélioration des paramètres thyroïdiens. Ces résultats paraissent encourageants, mais ils doivent être nuancés : les essais sont petits, souvent menés dans des populations très carencées, avec des formes et des durées de vitamine D très variables. Une méta-analyse en réseau publiée en 2024 dans Frontiers in Endocrinology (Peng et coll.), comparant plusieurs compléments chez des patients à fonction thyroïdienne normale, n'a pas retrouvé de baisse significative des anti-TPO avec la vitamine D seule sur six mois, alors qu'elle en retrouvait une avec le sélénium.
En pratique : corriger une carence avérée en vitamine D est utile pour la santé osseuse et générale, et cela se fait sous contrôle médical, avec un dosage préalable si le médecin le juge utile. En revanche, rien ne permet aujourd'hui de présenter la vitamine D comme un traitement de la thyroïdite.
Le régime sans gluten : des preuves faibles, sauf maladie cœliaque associée
C'est sans doute le sujet le plus discuté. Beaucoup de personnes atteintes de thyroïdite de Hashimoto entreprennent d'elles-mêmes un régime sans gluten, souvent après avoir lu qu'il ferait baisser les anticorps. Qu'en est-il ?
Il faut distinguer deux situations très différentes.
Première situation : vous avez aussi une maladie cœliaque. Les maladies auto-immunes ont tendance à s'associer. Une méta-analyse publiée en 2016 dans Thyroid (Roy et coll., Columbia University et Karolinska Institutet) a regroupé les données de 6 024 patients atteints de maladie thyroïdienne auto-immune : la prévalence de maladie cœliaque confirmée par biopsie atteignait 1,6 %, soit environ un patient sur 62, davantage chez les enfants (6,2 %). Les auteurs plaident pour un dépistage de la maladie cœliaque chez ces patients. Dans ce cas, le régime sans gluten strict est le traitement de la maladie cœliaque, il est indispensable, et il peut au passage améliorer l'absorption de la lévothyroxine. Le dépistage se fait par une prise de sang (anticorps spécifiques) avant toute éviction du gluten, sans quoi le test risque d'être faussement négatif.
Seconde situation : vous n'avez pas de maladie cœliaque. Là, les preuves sont minces.
Ce que montrent les étudesEn dehors d'une maladie cœliaque, le régime sans gluten n'a donc pas fait la preuve d'un bénéfice sur l'évolution de la thyroïdite. Il présente en outre des inconvénients : contraintes sociales, coût, risque de déséquilibre nutritionnel (fibres, fer, vitamines du groupe B) s'il est mal conduit. Certaines personnes rapportent un mieux-être digestif ; c'est alors souvent une question différente, que traite notre article sur la sensibilité au gluten non cœliaque. Si vous envisagez un changement alimentaire important, faites-vous accompagner, par exemple par un diététicien-nutritionniste, après avoir écarté une maladie cœliaque avec votre médecin.
La première méta-analyse sur le sujet (Piticchio et coll., Frontiers in Endocrinology, 2023, université de Catane) n'a pu inclure que 4 études totalisant 87 patients atteints de thyroïdite de Hashimoto sans maladie cœliaque, suivis environ six mois. La baisse des anti-TPO et des anti-Tg n'atteignait pas la significativité statistique ; une légère amélioration de la TSH et de la T4 libre était observée, surtout chez les patients présentant une autre affection liée au gluten. Les auteurs concluent que les preuves ne suffisent pas à recommander ce régime à tous les patients. Une seconde méta-analyse limitée aux essais randomisés (Araújo et coll., Nutrients, 2025 ; 3 essais, 110 participants) juge les preuves « très incertaines » : pas d'effet significatif sur la TSH, la T3 ou la T4, une baisse des anti-Tg mais une hausse des anti-TPO. Limite commune : très petits effectifs, études hétérogènes, qualité méthodologique faible.
Les protocoles alimentaires plus restrictifs encore, dits « auto-immuns », qui excluent céréales, légumineuses, produits laitiers, œufs, oléagineux et solanacées, n'ont été évalués que dans de très petites études sans groupe témoin. Ils ne permettent pas de conclusion et exposent à des carences s'ils sont maintenus longtemps.
L'iode : ni carence, ni excès
L'iode est indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Il serait donc tentant de penser qu'il faut en apporter davantage quand la thyroïde fonctionne mal. C'est l'inverse dans la thyroïdite de Hashimoto : l'excès d'iode est à éviter.
Une revue publiée en 2019 dans Annals of the New York Academy of Sciences (Farebrother, Zimmermann et Andersson, ETH Zurich) détaille ce phénomène. Si la plupart des personnes en bonne santé tolèrent bien des apports élevés, chez certaines un excès d'iode peut déclencher une hypothyroïdie, une hyperthyroïdie, un goitre ou une auto-immunité thyroïdienne. Les personnes ayant déjà une maladie thyroïdienne sont plus vulnérables, parfois pour des apports à peine supérieurs aux besoins. Parmi les sources d'excès, les auteurs citent certaines algues et les compléments alimentaires contenant de l'iode, en plus du sel surdosé ou de certaines eaux.
En pratique, une alimentation variée avec du sel iodé en quantité raisonnable couvre les besoins de la plupart des adultes. Ce qu'il faut éviter sans avis médical : les compléments à base d'algues (kelp, varech, fucus, wakamé en gélules), les compléments « thyroïde » contenant de l'iode, les solutions iodées, et la consommation régulière d'algues séchées très riches en iode. Pendant la grossesse et l'allaitement, les besoins en iode augmentent : la question d'une supplémentation se discute alors avec le médecin ou la sage-femme, qui tiendra compte de la thyroïdite.
Et le reste ?
D'autres pistes circulent : myo-inositol, zinc, magnésium, plantes « adaptogènes », probiotiques. La méta-analyse en réseau de Peng et coll. n'a pas retrouvé de baisse significative des anticorps avec le myo-inositol seul sur six mois. Les liens entre microbiote et auto-immunité sont un champ de recherche actif (voir notre article sur le microbiote intestinal et l'immunité), mais aucune intervention n'a, à ce jour, démontré d'effet clinique dans la thyroïdite. Certaines plantes interagissent par ailleurs avec l'absorption de la lévothyroxine ou modifient les dosages : tout complément doit être signalé au médecin et au pharmacien. Une approche globale comme celle évoquée dans naturopathie et maladies auto-immunes ne peut se concevoir qu'en complément du suivi médical, jamais en substitution.
Tableau récapitulatif des preuves
| Approche | Effet sur les anticorps | Effet clinique démontré | Niveau de preuve | Précaution principale | | :-- | :-- | :-- | :-- | :-- | | Sélénium | Baisse des anti-TPO assez reproductible | Non démontré (TSH, qualité de vie, évolution) | Modéré pour les anticorps, faible pour la clinique | Risque de surdosage, avis médical | | Vitamine D | Baisse dans certaines méta-analyses, pas dans d'autres | Non démontré | Faible | Corriger une carence avérée sous contrôle | | Sans gluten (sans maladie cœliaque) | Non significatif ou contradictoire | Non démontré | Très faible | Dépister la maladie cœliaque avant | | Sans gluten (maladie cœliaque associée) | Variable | Oui pour la maladie cœliaque | Élevé pour la maladie cœliaque | Régime strict encadré | | Iode en complément | Peut aggraver | Défavorable en cas d'excès | Cohérent | Éviter algues et compléments iodés sans avis | | Lévothyroxine (si hypothyroïdie) | Aucun | Oui, corrige l'hypothyroïdie | Élevé | Prescription et suivi médical |
Maladies associées et grossesse : les points de vigilance
Les maladies auto-immunes associées
Avoir une thyroïdite de Hashimoto augmente un peu la probabilité de développer une autre maladie auto-immune. Les associations les plus connues sont la maladie cœliaque (voir plus haut), l'anémie de Biermer (carence en vitamine B12 d'origine auto-immune), le vitiligo, le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde, et plus rarement l'insuffisance surrénalienne auto-immune. Cela ne signifie pas qu'il faut tout dépister chez tout le monde, mais qu'il faut signaler au médecin des symptômes nouveaux : troubles digestifs persistants, fourmillements, fatigue qui ne cède pas sous traitement bien équilibré, taches dépigmentées, soif intense, douleurs articulaires.
Grossesse et projet de grossesse
C'est le point le plus important pour les femmes en âge de procréer. Les hormones thyroïdiennes maternelles sont indispensables au développement du cerveau du fœtus, en particulier pendant le premier trimestre, avant que sa propre thyroïde ne fonctionne.
Les recommandations de l'American Thyroid Association pour la grossesse et le post-partum (Alexander et coll., Thyroid, 2017) consacrent une large place aux femmes porteuses d'anticorps anti-TPO. Elles soulignent que ces femmes ont un risque plus élevé de voir leur fonction thyroïdienne fléchir pendant la grossesse, car les besoins en hormones augmentent fortement dès les premières semaines, et que la présence d'anticorps est associée à un risque accru de fausse couche et d'accouchement prématuré. Elles recommandent un contrôle de la TSH chez ces femmes, avant la conception et pendant la grossesse.
⚠️ Projet de grossesse ou grossesse débutante : consultez votre médecin, votre gynécologue ou votre endocrinologue sans attendre. Un dosage de la TSH est nécessaire, et si vous êtes déjà sous lévothyroxine, le traitement doit généralement être adapté très tôt, par le médecin uniquement. Ne prenez aucun complément (iode, sélénium, algues, plantes) sans son avis pendant cette période. En cas d'urgence pendant la grossesse, appelez le 15 ou le 112.Le bilan thyroïdien fait d'ailleurs partie des examens utiles lorsqu'un couple tarde à concevoir, comme l'explique notre article sur le bilan de fertilité du couple.
Après l'accouchement, une thyroïdite du post-partum peut survenir, plus fréquente chez les femmes porteuses d'anticorps : une phase d'hyperthyroïdie transitoire suivie d'une phase d'hypothyroïdie, parfois définitive. Fatigue intense, humeur très basse, palpitations dans les mois qui suivent la naissance doivent faire penser à contrôler la thyroïde, et pas seulement à « la fatigue normale de jeune parent ».
Vivre avec une thyroïdite de Hashimoto au quotidien
Une fois le diagnostic posé et, si nécessaire, le traitement équilibré, la grande majorité des personnes mènent une vie tout à fait normale. Quelques repères, fondés sur le bon sens et les données disponibles, peuvent aider.
Construire une relation de suivi. Gardez une copie de vos bilans successifs, notez les dates des modifications de traitement, vos symptômes et vos questions. Cela permet au médecin de juger l'évolution de la TSH dans le temps plutôt que sur une valeur isolée.
Préparer chaque prise de sang. Prévenir le laboratoire si vous prenez de la biotine, garder des conditions de prélèvement comparables d'une fois à l'autre, respecter les consignes données pour la prise de lévothyroxine le jour du bilan.
Signaler tout nouveau médicament ou complément. Fer, calcium, certains médicaments contre l'acidité gastrique, certains antiépileptiques, œstrogènes : beaucoup de produits modifient l'absorption ou les besoins en lévothyroxine. Le pharmacien est un allié précieux pour repérer ces interactions.
Prendre soin de son poids, de son sommeil et de son activité physique. Ces mesures n'agissent pas sur l'auto-immunité de manière démontrée, mais elles améliorent l'énergie et la qualité de vie, et aident à distinguer ce qui relève de la thyroïde de ce qui relève d'autres facteurs. Notre article sur poids et hormones explique pourquoi l'hypothyroïdie n'explique généralement qu'une partie modérée d'une prise de poids.
Se méfier des promesses. Un discours qui promet de « faire disparaître » la maladie, d'« arrêter le traitement », ou qui présente un taux d'anticorps comme l'objectif ultime à faire baisser à tout prix, ne correspond pas à ce que montrent les études. Un taux d'anticorps qui baisse n'est pas une thyroïde qui se reconstruit.
Chercher un accompagnement adapté. Le suivi de la thyroïde relève du médecin généraliste et, si besoin, de l'endocrinologue. En complément, un professionnel peut vous aider sur l'alimentation, la gestion de la fatigue ou du stress lié à la maladie chronique. Vous pouvez trouver un praticien dans l'annuaire ViziWell, en lui précisant toujours votre diagnostic et votre traitement.
Questions fréquentes
Que signifient des anticorps anti-TPO élevés ?
Ils signifient que votre système immunitaire produit des anticorps dirigés contre une enzyme de la thyroïde, la thyroperoxydase. C'est le marqueur de la thyroïdite auto-immune de Hashimoto. À lui seul, ce résultat ne justifie pas de traitement : ce sont la TSH et la T4 libre qui indiquent si la thyroïde produit encore assez d'hormones. Les anticorps augmentent en revanche le risque d'évolution vers l'hypothyroïdie, d'où l'intérêt d'un suivi régulier de la TSH.
Quels sont les premiers symptômes d'une thyroïdite de Hashimoto ?
Souvent, il n'y en a aucun pendant longtemps. Quand une hypothyroïdie s'installe, les signes sont progressifs et peu spécifiques : fatigue, frilosité, prise de poids modérée, constipation, peau sèche, ralentissement intellectuel, humeur plus basse, règles modifiées. Parfois, une gêne dans le cou liée à une augmentation de volume de la glande. Ces symptômes justifient un bilan médical, pas une auto-interprétation.
Le sélénium fait-il baisser les anticorps antithyroïdiens ?
Oui, plusieurs méta-analyses le montrent, dont la plus large (35 essais, Thyroid, 2024) avec un niveau de certitude modéré. En revanche, aucun bénéfice clinique net n'a été démontré sur la qualité de vie, l'évolution vers l'hypothyroïdie ou le besoin de traitement. Le sélénium a une marge de sécurité étroite : risque de surdosage et signal de risque de diabète dans un grand essai. Une éventuelle supplémentation se discute avec le médecin.
Le régime sans gluten aide-t-il dans la thyroïdite de Hashimoto ?
S'il existe une maladie cœliaque associée (environ un patient sur 62 selon une méta-analyse de 6 024 personnes), le régime sans gluten strict est indispensable. En l'absence de maladie cœliaque, les deux méta-analyses disponibles, portant sur très peu de patients, ne montrent pas de bénéfice net sur les anticorps ni sur la fonction thyroïdienne. Faites dépister la maladie cœliaque avant toute éviction du gluten.
Peut-on arrêter la lévothyroxine si l'on se sent mieux ou si les anticorps baissent ?
Non. Se sentir mieux est souvent le signe que le traitement fonctionne. La baisse des anticorps ne signifie pas que la glande s'est reconstruite. Le traitement est prescrit, ajusté et, le cas échéant, modifié uniquement par le médecin, sur la base de la TSH. Ne jamais l'arrêter ni l'ajuster soi-même.
Peut-on vivre normalement avec une thyroïdite de Hashimoto ?
Oui. Avec un suivi régulier et, si nécessaire, un traitement bien équilibré, la très grande majorité des personnes mènent une vie normale, y compris une grossesse, à condition que celle-ci soit préparée et suivie avec le médecin. Les points de vigilance sont connus : contrôler la TSH, signaler tout complément (en particulier l'iode, le sélénium et la biotine), et consulter en cas de projet de grossesse ou de symptômes nouveaux.
Ce qu'il faut retenir
- La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune fréquente, première cause d'hypothyroïdie dans les pays où l'apport en iode est suffisant. Son diagnostic repose sur les anticorps anti-TPO, la TSH et la T4 libre.
- Avoir des anticorps ne signifie pas devoir être traité : tant que la fonction thyroïdienne est normale, on surveille. Le risque d'hypothyroïdie augmente avec le temps, surtout si la TSH s'élève.
- La lévothyroxine remplace l'hormone manquante quand la glande ne suffit plus. Elle est prescrite et suivie par le médecin : ne jamais l'arrêter ni l'ajuster soi-même.
- Le sélénium abaisse les anticorps sans bénéfice clinique démontré et expose à un risque de surdosage. La vitamine D corrige une carence mais n'est pas un traitement de la thyroïdite. Le régime sans gluten n'a fait ses preuves qu'en cas de maladie cœliaque associée.
- L'excès d'iode (algues, compléments iodés) est à éviter sans avis médical. La biotine fausse les dosages : prévenez le laboratoire.
- Grossesse ou projet de grossesse : contactez votre médecin ou votre endocrinologue pour un contrôle de la TSH sans attendre.
Sources
- Ralli M, Angeletti D, Fiore M, et al. Hashimoto's thyroiditis: An update on pathogenic mechanisms, diagnostic protocols, therapeutic strategies, and potential malignant transformation. Autoimmun Rev. 2020;19(10):102649. PMID : 32805423. DOI : 10.1016/j.autrev.2020.102649
- Vanderpump MP, Tunbridge WM, French JM, et al. The incidence of thyroid disorders in the community: a twenty-year follow-up of the Whickham Survey. Clin Endocrinol (Oxf). 1995;43(1):55-68. PMID : 7641412. DOI : 10.1111/j.1365-2265.1995.tb01894.x
- Huwiler VV, Maissen-Abgottspon S, Stanga Z, et al. Selenium Supplementation in Patients with Hashimoto Thyroiditis: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials. Thyroid. 2024;34(3):295-313. PMID : 38243784. DOI : 10.1089/thy.2023.0556
- Wichman J, Winther KH, Bonnema SJ, Hegedüs L. Selenium Supplementation Significantly Reduces Thyroid Autoantibody Levels in Patients with Chronic Autoimmune Thyroiditis: A Systematic Review and Meta-Analysis. Thyroid. 2016;26(12):1681-1692. PMID : 27702392. DOI : 10.1089/thy.2016.0256
- Winther KH, Wichman JE, Bonnema SJ, Hegedüs L. Insufficient documentation for clinical efficacy of selenium supplementation in chronic autoimmune thyroiditis, based on a systematic review and meta-analysis. Endocrine. 2017;55(2):376-385. PMID : 27683225. DOI : 10.1007/s12020-016-1098-z
- van Zuuren EJ, Albusta AY, Fedorowicz Z, Carter B, Pijl H. Selenium supplementation for Hashimoto's thyroiditis. Cochrane Database Syst Rev. 2013;(6):CD010223. PMID : 23744563. DOI : 10.1002/14651858.CD010223.pub2
- Stranges S, Marshall JR, Natarajan R, et al. Effects of long-term selenium supplementation on the incidence of type 2 diabetes: a randomized trial. Ann Intern Med. 2007;147(4):217-223. PMID : 17620655. DOI : 10.7326/0003-4819-147-4-200708210-00175
- Tang J, Shan S, Li F, Yun P. Effects of vitamin D supplementation on autoantibodies and thyroid function in patients with Hashimoto's thyroiditis: A systematic review and meta-analysis. Medicine (Baltimore). 2023;102(52):e36759. PMID : 38206745. DOI : 10.1097/MD.0000000000036759
- Peng B, Wang W, Gu Q, et al. Effects of different supplements on Hashimoto's thyroiditis: a systematic review and network meta-analysis. Front Endocrinol (Lausanne). 2024;15:1445878. PMID : 39698034. DOI : 10.3389/fendo.2024.1445878
- Piticchio T, Frasca F, Malandrino P, et al. Effect of gluten-free diet on autoimmune thyroiditis progression in patients with no symptoms or histology of celiac disease: a meta-analysis. Front Endocrinol (Lausanne). 2023;14:1200372. PMID : 37554764. DOI : 10.3389/fendo.2023.1200372
- Araújo EMQ, Coutinho-Lima CRO, Sousa AS, et al. Effects of Gluten-Free Diet in Non-Celiac Hashimoto's Thyroiditis: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. 2025;17(21):3437. PMID : 41228508. DOI : 10.3390/nu17213437
- Roy A, Laszkowska M, Sundström J, et al. Prevalence of Celiac Disease in Patients with Autoimmune Thyroid Disease: A Meta-Analysis. Thyroid. 2016;26(7):880-890. PMID : 27256300. DOI : 10.1089/thy.2016.0108
- Farebrother J, Zimmermann MB, Andersson M. Excess iodine intake: sources, assessment, and effects on thyroid function. Ann N Y Acad Sci. 2019;1446(1):44-65. PMID : 30891786. DOI : 10.1111/nyas.14041
- Alexander EK, Pearce EN, Brent GA, et al. 2017 Guidelines of the American Thyroid Association for the Diagnosis and Management of Thyroid Disease During Pregnancy and the Postpartum. Thyroid. 2017;27(3):315-389. PMID : 28056690. DOI : 10.1089/thy.2016.0457
- Li D, Radulescu A, Shrestha RT, et al. Association of Biotin Ingestion With Performance of Hormone and Nonhormone Assays in Healthy Adults. JAMA. 2017;318(12):1150-1160. PMID : 28973622. DOI : 10.1001/jama.2017.13705
Cet article fait partie de notre dossier Immunité.
Voir tous les articles Immunité →Articles liés

Vitamines pour enfants : lesquelles pour renforcer leurs défenses
30 min
Plantes immunostimulantes : guide des remèdes naturels pour vos défenses
34 min
Alimentation et immunité : les aliments qui renforcent vos défenses
35 min
Vitamine C et immunité : bienfaits, dosage et sources naturelles
44 min
Infections à répétition chez l'enfant : quand s'inquiéter
43 min