Patient allongé les yeux fermés sur un lit d’hôpital, accompagné en hypnose par une infirmière anesthésiste avant un soin
Hypnothérapie

Pourquoi les hôpitaux utilisent l’hypnose : ce que le patient doit savoir

⏱ 43 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : si l’on vous propose l’hypnose avant une opération, une ponction, une IRM, un accouchement ou un soin en oncologie, c’est parce que plusieurs dizaines d’essais contrôlés montrent qu’elle peut réduire l’anxiété, la douleur ressentie et parfois la quantité de sédatifs ou d’antalgiques nécessaires. Elle s’utilise en complément des soins habituels, jamais à leur place : l’anesthésie, l’analgésie et la surveillance restent décidées par l’équipe médicale. Les études sont encourageantes mais hétérogènes, et l’hypnose ne convient pas à tout le monde, notamment en cas de psychose ou de trouble dissociatif.
Vous êtes allongé sur un brancard, une infirmière anesthésiste vous propose de « faire un peu d’hypnose » pendant la pose du cathéter. Ou bien, lors de la consultation d’anesthésie, on vous a parlé d’« hypnosédation » pour votre chirurgie de la thyroïde. Ou encore, votre enfant doit avoir une prise de sang et la puéricultrice commence à lui raconter une histoire de fusée avant même de sortir l’aiguille. Peut-être vous êtes-vous demandé : est-ce sérieux ? Est-ce une manière de faire des économies d’anesthésiques ? Que se passera-t-il si « ça ne prend pas » sur moi ?

Ces questions sont légitimes. L’hypnose s’est installée en quelques décennies dans de nombreux services hospitaliers en France, en Belgique et en Suisse : blocs opératoires, radiologie interventionnelle, salles de naissance, pédiatrie, centres de traitement de la douleur, services d’oncologie. Ce mouvement ne repose pas sur une mode, mais sur un ensemble d’études dont certaines sont solides et d’autres beaucoup moins. Cet article vous explique, du point de vue du patient, pourquoi les hôpitaux utilisent l’hypnose, ce qu’on peut raisonnablement en attendre, ce que l’on ne doit pas en attendre, et comment en parler avec votre équipe soignante.

Ce que l’on vous propose concrètement quand on parle d’hypnose à l’hôpital

À l’hôpital, le mot « hypnose » recouvre plusieurs pratiques assez différentes. Les connaître aide à comprendre ce qui vous est proposé.

L’hypnose conversationnelle pendant un soin

C’est la forme la plus fréquente, et souvent la plus discrète. Un soignant formé (infirmier, infirmière anesthésiste, médecin, sage-femme, manipulateur radio) utilise un langage choisi pour orienter votre attention : il vous invite à vous concentrer sur votre respiration, sur un souvenir agréable, sur une sensation de chaleur ou de légèreté. Il évite les mots qui augmentent l’angoisse (« vous allez avoir mal », « ne bougez pas, ça pique ») et les remplace par des formulations plus neutres ou rassurantes. Cette approche dure parfois quelques minutes seulement, pendant la pose d’une perfusion, d’une sonde ou d’un pansement douloureux.

L’hypnoanalgésie

On parle d’hypnoanalgésie lorsque l’hypnose vise d’abord à modifier la perception de la douleur pendant un geste. Elle est souvent associée à une anesthésie locale ou à des antalgiques classiques. L’idée n’est pas de « supprimer » la douleur par la seule suggestion, mais d’aider le cerveau à lui accorder moins d’importance, à la mettre à distance. C’est le principe de techniques comme la dissociation, que nous détaillons dans notre article sur le protocole de dissociation pour la douleur aiguë.

L’hypnosédation

L’hypnosédation est une technique plus structurée, développée dans les années 1990 au CHU de Liège, en Belgique. Elle associe trois éléments : une anesthésie locale de la zone opérée, une sédation intraveineuse légère (des médicaments qui détendent sans endormir complètement) et une hypnose conduite par un anesthésiste formé pendant toute l’intervention. Le patient reste conscient, respire seul, peut répondre si on lui parle, mais son attention est absorbée ailleurs. Elle n’est proposée que pour certaines interventions précises, à des patients sélectionnés et volontaires, et l’équipe reste prête à passer à une anesthésie générale à tout moment.

L’autohypnose apprise avant le soin

Dans certains services, notamment en oncologie, dans les centres de la douleur ou en préparation à la naissance, on vous apprend à pratiquer l’autohypnose vous-même : quelques exercices simples que vous pourrez reprendre avant une chimiothérapie, une IRM, un examen redouté ou à la maison. Cette approche donne au patient un outil personnel, qui ne dépend pas de la présence d’un soignant.

Dans tous les cas, le cadre est le même : l’hypnose est un complément aux soins, intégré dans une prise en charge médicale. Elle ne remplace ni le diagnostic, ni les traitements, ni l’anesthésie quand celle-ci est nécessaire.

Pourquoi les hôpitaux s’y intéressent : les raisons médicales

Les équipes hospitalières ne proposent pas l’hypnose pour faire joli. Plusieurs problèmes concrets du soin expliquent leur intérêt.

L’anxiété avant un geste médical a des conséquences mesurables

L’anxiété préopératoire est très répandue. Elle n’est pas seulement désagréable : elle peut augmenter la douleur ressentie, la quantité d’antalgiques demandée, les nausées après l’intervention, et rendre certains gestes plus difficiles à réaliser (un patient crispé bouge davantage, ses veines sont parfois plus difficiles à piquer, sa tension artérielle peut monter). Réduire l’anxiété, c’est donc aussi faciliter le soin.

Les médicaments anxiolytiques sont efficaces, mais ils ont des effets indésirables : somnolence, troubles de la mémoire, risque de dépression respiratoire à fortes doses, chutes chez les personnes âgées. Toute méthode qui permet d’apaiser le patient en réduisant ces médicaments, ou en les rendant plus confortables, intéresse les anesthésistes.

Certains gestes se font éveillé

De plus en plus d’interventions se font sans anesthésie générale : radiologie interventionnelle, endoscopies, biopsies, ponctions, petite chirurgie, chirurgie ambulatoire, poses de chambres implantables. Le patient est conscient, parfois pendant une heure ou plus. Le temps peut paraître très long, l’environnement est bruyant et inconnu, la position inconfortable. L’hypnose offre un moyen de rendre ce temps plus supportable.

La douleur des soins répétés

En oncologie, en pédiatrie, chez les grands brûlés ou dans les maladies chroniques, certains patients subissent des soins douloureux de façon répétée : pansements, ponctions, prises de sang, injections. La peur s’installe d’un soin à l’autre et peut aboutir à une véritable phobie des soins. Les techniques hypnotiques aident à casser ce cercle.

Une approche qui renforce l’alliance avec le patient

Enfin, de nombreuses équipes constatent que l’hypnose change la relation de soin : le patient se sent davantage acteur, mieux écouté, moins passif face à ce qui lui arrive. Cet effet est difficile à chiffrer, mais il compte dans l’expérience vécue à l’hôpital.

L’hypnosédation : l’expérience pionnière du CHU de Liège

Lorsqu’on parle d’hypnose à l’hôpital en Europe francophone, un nom revient presque toujours : celui de Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste au CHU de Liège. Dès le début des années 1990, son équipe a commencé à utiliser l’hypnose associée à une sédation légère et à une anesthésie locale pour des interventions de chirurgie plastique, puis de chirurgie endocrinienne (thyroïde, parathyroïdes).

Un essai randomisé fondateur

En 1997, l’équipe liégeoise publie dans la revue Pain un essai randomisé portant sur 60 patients opérés en chirurgie plastique sous anesthésie locale et sédation intraveineuse. La moitié bénéficiait d’hypnose pendant toute l’intervention, l’autre moitié de stratégies classiques de réduction du stress. Résultat : dans le groupe hypnose, l’anxiété et la douleur pendant et après l’intervention étaient plus faibles, alors même que les doses de midazolam (un sédatif) et d’alfentanil (un morphinique) étaient environ deux fois moins élevées. Les nausées et vomissements postopératoires étaient aussi moins fréquents (6,5 % contre 30,8 %), et les patients décrivaient un meilleur sentiment de contrôle.

Il faut lire ce résultat avec prudence : l’essai est petit, réalisé dans un seul centre, et l’hypnose était pratiquée par une seule anesthésiste très expérimentée, qui est aussi l’autrice principale. Mais c’est l’une des premières démonstrations contrôlées que l’hypnose peut réduire les besoins en médicaments sans dégrader le confort du patient, bien au contraire.

Une pratique devenue routinière dans certains services

En 1999, l’équipe décrivait déjà plus de 1 650 patients opérés sous hypnosédation depuis 1992 dans ses services de chirurgie plastique et endocrinienne. Les auteurs insistaient eux-mêmes sur un point important : la crédibilité de ces techniques dépend de critères objectifs et reproductibles permettant d’évaluer l’état hypnotique. C’est pourquoi l’équipe a ensuite mené, avec des chercheurs en neurosciences, des études d’imagerie cérébrale montrant que l’état hypnotique modifie l’activité de régions impliquées dans la perception de la douleur.

Ce que l’hypnosédation n’est pas

Il est essentiel de bien comprendre la portée de cette expérience. L’hypnosédation ne remplace pas l’anesthésie en général. Elle concerne des interventions choisies, réalisables sous anesthésie locale, chez des patients volontaires, informés, et pour lesquels l’équipe estime cette option adaptée. Elle repose toujours sur une anesthésie locale et une sédation médicamenteuse, sous la surveillance complète d’un anesthésiste, avec la possibilité de convertir en anesthésie générale si nécessaire. Pour une chirurgie lourde (abdominale, cardiaque, orthopédique majeure), l’anesthésie générale ou locorégionale reste la règle, l’hypnose pouvant au mieux aider à mieux vivre l’avant et l’après.

Si un article ou une vidéo vous laisse penser que l’on peut se faire opérer « sous hypnose seule » pour n’importe quelle intervention, méfiez-vous : ce n’est pas ce que montrent les études, et ce n’est pas ce que pratiquent les équipes sérieuses.

Ce que montrent les études
- Chirurgie (adultes) : une méta-analyse de 2021 regroupant 50 essais randomisés et 4 269 patients retrouve, avec l’hypnose en complément, moins de détresse psychologique, moins de douleur et une consommation de médicaments réduite, ainsi qu’une récupération un peu meilleure et des interventions légèrement plus courtes (Holler et al., 2021).
- Anxiété postopératoire : une méta-analyse de 26 essais conclut que les techniques de suggestion réduisent l’anxiété, l’effet le plus net étant obtenu avec une hypnose pratiquée en direct par un soignant plutôt qu’avec un enregistrement (Kekecs et al., 2014).
- Gestes sous sédation : en radiologie interventionnelle, l’autohypnose guidée a permis d’éviter l’augmentation de la douleur au fil de l’intervention, avec moins de médicaments et plus de stabilité cardiovasculaire (Lang et al., 2000).
- Enfants : pour les piqûres, l’hypnose réduit la douleur et la détresse rapportées par l’enfant, mais avec un niveau de preuve jugé très faible (Birnie et al., Cochrane 2018).
- Limites : les essais sont hétérogènes, souvent petits, sans aveugle possible, et les effets varient beaucoup d’une étude à l’autre.

Anxiété préopératoire et douleur : ce que disent les méta-analyses

Un essai isolé ne suffit jamais. Pour savoir si une intervention aide réellement, les chercheurs regroupent les essais dans des méta-analyses. Sur l’hypnose en chirurgie, plusieurs ont été publiées en vingt ans, et leurs conclusions vont globalement dans le même sens, avec des nuances importantes.

Une première synthèse en 2002

En 2002, Guy Montgomery et ses collègues (Mount Sinai, New York) publient dans Anesthesia & Analgesia une méta-analyse de 20 études contrôlées ayant utilisé l’hypnose chez des patients opérés. Ils observent un effet global nettement favorable à l’hypnose, quel que soit le critère étudié (douleur, anxiété, médicaments, récupération). L’ampleur de cet effet paraît aujourd’hui probablement surestimée : les études incluses étaient anciennes, souvent petites et de qualité variable. Mais cette synthèse a joué un rôle important pour faire entrer l’hypnose dans les discussions en anesthésie.

Les méta-analyses de Iéna : 2013 puis 2021

Une équipe de l’université Friedrich-Schiller de Iéna, en Allemagne, a repris la question avec une méthode plus stricte, en ne retenant que des essais randomisés.

  • En 2013, Susan Tefikow et ses collègues incluent 34 essais et 2 597 patients adultes opérés ou soumis à un geste médical. L’hypnose réduit la détresse émotionnelle, la douleur et la consommation de médicaments, avec des effets qualifiés de modérés. Les auteurs soulignent toutefois que la validité interne de nombreux essais est limitée.
  • En 2021, Mareike Holler et ses collègues mettent à jour ce travail avec 50 essais et 4 269 patients. Les résultats confirment des effets favorables sur la détresse mentale, la douleur, la consommation de médicaments, la récupération et la durée de l’intervention. Pour donner un ordre de grandeur, il faudrait, selon leurs calculs, proposer l’hypnose à environ trois ou quatre patients pour qu’un patient de plus en tire un bénéfice sur la détresse psychologique. En revanche, aucun effet n’est retrouvé sur les paramètres physiologiques (fréquence cardiaque, tension), et la grande hétérogénéité des résultats limite la généralisation.
Concrètement, cela signifie que l’hypnose aide en moyenne, mais que l’on ne peut pas prédire avec certitude si elle aidera beaucoup, un peu ou pas du tout une personne donnée, dans un service donné, avec un praticien donné. C’est un point honnête à garder en tête.

Hypnose en direct ou enregistrement ?

La méta-analyse de Zoltán Kekecs et de ses collègues (université Eötvös Loránd, Budapest), publiée en 2014, apporte une précision utile. Sur 26 essais et près de 1 900 patients, les techniques de suggestion réduisent l’anxiété et, dans une moindre mesure, la douleur après l’intervention. Mais l’analyse de sensibilité ne confirme réellement l’effet sur l’anxiété que pour l’hypnose proprement dite et pour une présentation en direct, par un soignant présent, plutôt que pour un enregistrement audio. Les auteurs jugent le niveau de preuve faible en raison de biais possibles, et recommandent pour l’instant l’hypnose en direct.

Pour vous, patient, cela veut dire qu’un audio d’hypnose écouté dans la salle d’attente peut vous aider à vous détendre, mais que les données les plus favorables concernent une hypnose conduite par un professionnel formé, en interaction avec vous.

Un essai marquant en chirurgie du sein

Parmi les essais individuels, celui publié en 2007 dans le Journal of the National Cancer Institute par Guy Montgomery et son équipe est souvent cité. 200 patientes devant subir une biopsie chirurgicale ou une tumorectomie du sein ont été réparties au hasard entre une séance d’hypnose de 15 minutes avant l’intervention, conduite par un psychologue, et une écoute empathique de même durée. Les patientes du groupe hypnose ont eu besoin de moins de propofol et de lidocaïne pendant l’intervention, et ont rapporté moins de douleur, de nausées, de fatigue, d’inconfort et de bouleversement émotionnel à la sortie. Le coût pour l’hôpital était aussi plus faible, surtout grâce à un temps opératoire plus court.

Là encore, les patientes savaient dans quel groupe elles étaient, ce qui peut influencer leurs réponses, et l’essai a été mené dans un seul centre. Mais ce travail montre qu’une intervention brève, réalisable dans l’organisation d’un hôpital, peut avoir des effets concrets.

Ponctions, biopsies, radiologie interventionnelle et IRM

Une grande partie de l’hypnose hospitalière se pratique en dehors du bloc opératoire, lors de gestes réalisés chez un patient éveillé.

L’essai de Lang en radiologie interventionnelle

L’étude d’Elvira Lang et de ses collègues, publiée dans The Lancet en 2000, a été réalisée au sein d’un service de radiologie à Boston. 241 patients devant subir une procédure vasculaire ou rénale percutanée ont été répartis en trois groupes : soins habituels, attention structurée (un soignant présent, attentif et rassurant), ou relaxation par autohypnose guidée. Tous pouvaient s’administrer eux-mêmes des antalgiques et sédatifs par pompe.

Résultats :

  • dans le groupe soins habituels, la douleur augmentait régulièrement au fil de la procédure, alors qu’elle restait stable dans le groupe hypnose ;
  • les patients des groupes attention et hypnose ont utilisé environ deux fois moins de médicaments que ceux du groupe soins habituels ;
  • un seul patient du groupe hypnose a présenté une instabilité cardiovasculaire, contre dix dans le groupe attention et douze dans le groupe soins habituels ;
  • la durée des procédures était plus courte dans le groupe hypnose (61 minutes contre 78 minutes en moyenne).
Un point intéressant de cette étude est la place du groupe « attention structurée » : la simple présence d’un soignant attentif apporte déjà un bénéfice. L’hypnose ajoute un effet supplémentaire, surtout sur la douleur et l’anxiété. Cela rappelle qu’une partie de ce qui aide, à l’hôpital, tient aussi à la qualité de la relation et de la communication.

Les ponctions et biopsies

Biopsies mammaires, ponctions lombaires, myélogrammes, ponctions de moelle osseuse, biopsies prostatiques : ces gestes sont souvent brefs mais redoutés. L’hypnose y est proposée pour réduire l’anxiété d’anticipation et la douleur pendant le geste, toujours avec une anesthésie locale adaptée. Les études y sont plus dispersées et de taille modeste, mais elles vont généralement dans le sens d’un meilleur confort.

L’IRM et la claustrophobie

L’IRM n’est pas douloureuse, mais le tunnel, le bruit et la durée de l’examen déclenchent chez certaines personnes une angoisse intense, parfois au point de devoir interrompre l’examen ou de recourir à une sédation. Des manipulateurs radio formés utilisent l’hypnose conversationnelle ou proposent de l’autohypnose pour aider ces patients. Si vous êtes concerné, nous avons consacré un article complet à l’angoisse avant une IRM et aux moyens de rester calme dans le tunnel.

Les soins pédiatriques : un terrain privilégié

Les enfants sont souvent de très bons candidats à l’hypnose. Leur imaginaire est spontanément mobilisable, ils entrent facilement dans une histoire, un jeu, une image. De nombreux services de pédiatrie, d’urgences pédiatriques et d’oncologie pédiatrique en France forment leurs soignants à ces techniques.

Ce que montre la revue Cochrane sur les piqûres

En 2018, une revue Cochrane dirigée par Kathryn Birnie (université de Toronto) a fait le point sur les interventions psychologiques pour la douleur et la détresse liées aux aiguilles chez l’enfant et l’adolescent : prises de sang, perfusions, vaccins. Elle inclut 59 essais et plus de 5 500 participants. Parmi les techniques étudiées, la distraction est la plus étudiée, et l’hypnose fait partie de celles qui réduisent la douleur et la détresse rapportées par l’enfant lui-même, ainsi que la détresse observée. Les auteurs jugent cependant la qualité des preuves très faible, en raison de petits effectifs, de risques de biais et de résultats hétérogènes.

En pratique, cela signifie que l’hypnose fait partie des outils raisonnables pour aider un enfant lors d’un soin, à côté de la distraction, de la préparation, des crèmes anesthésiantes et de la présence des parents, mais que l’on ne peut pas en promettre un effet systématique.

Comment cela se passe pour un enfant

L’hypnose pédiatrique ressemble rarement à ce que les adultes imaginent. Le soignant peut proposer à l’enfant de partir dans son endroit préféré, de piloter un vaisseau spatial, de mettre un « gant magique » qui protège sa main, ou de souffler sur des bulles imaginaires. L’enfant garde les yeux ouverts s’il le souhaite, parle, rit parfois. Le parent peut participer. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre article sur l’hypnose chez l’enfant et ses applications pédiatriques.

Chez l’enfant comme chez l’adulte, l’hypnose ne remplace pas les moyens antalgiques recommandés (crème anesthésiante, mélange gazeux, antalgiques), elle s’y ajoute.

Accouchement : un apport plus modeste qu’on ne le dit parfois

De nombreuses maternités proposent des séances de préparation à la naissance intégrant l’hypnose, et certaines sages-femmes l’utilisent en salle de naissance. Nous avons d’ailleurs consacré un article aux pratiques de sages-femmes qui utilisent l’hypnose en salle de naissance.

Les données scientifiques sont ici plus nuancées. La revue Cochrane de 2016 dirigée par Kelly Madden a analysé 9 essais regroupant 2 954 femmes. Les femmes préparées à l’hypnose avaient un peu moins souvent recours à des antalgiques médicamenteux, mais avec une qualité de preuve très faible et une forte hétérogénéité. Pour la plupart des autres critères (satisfaction vis-à-vis du soulagement de la douleur, sentiment de faire face au travail, accouchement par voie basse spontanée), aucune différence claire n’était retrouvée.

Autrement dit, l’hypnose peut aider certaines femmes à vivre leur accouchement plus sereinement, mais elle ne garantit pas un accouchement sans douleur et ne doit pas faire renoncer à une péridurale si celle-ci est souhaitée ou nécessaire. Le choix se fait avec la sage-femme et l’équipe obstétricale, et toute situation inquiétante pendant la grossesse (saignements, douleurs inhabituelles, diminution des mouvements du bébé, fièvre) impose d’appeler la maternité ou le 15.

Oncologie : accompagner les traitements

En cancérologie, l’hypnose est proposée à plusieurs moments : avant une chirurgie, pendant des examens répétés (biopsies, poses de chambre implantable, ponctions), pour mieux supporter certaines séances de traitement, pour diminuer l’anxiété liée à l’attente des résultats, ou pour aider à gérer la fatigue et certaines nausées. L’essai de Montgomery en chirurgie du sein, décrit plus haut, en est un exemple. De nombreux centres de lutte contre le cancer et services d’oncologie l’intègrent dans les soins de support, aux côtés de l’accompagnement psychologique, de la diététique, de l’activité physique adaptée et de la prise en charge de la douleur.

Il est important de rappeler qu’en oncologie, l’hypnose ne traite pas le cancer. Elle vise uniquement à améliorer la qualité de vie pendant les traitements. Toute personne ou structure qui présenterait l’hypnose comme une alternative aux traitements anticancéreux doit éveiller votre méfiance. Pour approfondir, consultez notre article hypnose et cancer : mieux vivre les traitements au quotidien.

Le rapport Inserm de 2015 : ce qu’il dit vraiment

En France, un document est souvent cité dans les débats sur l’hypnose : le rapport de l’Inserm intitulé « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose », publié en juin 2015. Il a été rédigé par Juliette Gueguen, Caroline Barry, Christine Hassler et Bruno Falissard, avec une relecture critique d’Arnaud Fauconnier et d’Elisabeth Fournier-Charrière, à la demande de la Direction générale de la santé.

Ce rapport est une revue de la littérature scientifique et professionnelle. Ses principales conclusions, souvent résumées trop vite, sont les suivantes :

  • l’hypnose présente un intérêt thérapeutique potentiel, en particulier en anesthésie peropératoire, où elle permet de réduire la consommation de sédatifs et d’antalgiques lors de certains gestes ;
  • pour le syndrome de l’intestin irritable, les données sont également encourageantes ;
  • pour de nombreuses autres indications (douleur de l’accouchement, sevrage tabagique, soins dentaires, dépression du post-partum, schizophrénie…), les données sont insuffisantes pour conclure ;
  • les études disponibles sont plutôt rassurantes sur la sécurité, aucun effet indésirable grave ne paraissant attribuable à la pratique, mais les auteurs appellent à la vigilance face aux dérives possibles liées aux techniques de suggestion ;
  • les auteurs soulignent enfin la difficulté d’évaluer l’hypnose avec les standards classiques des essais (aveugle impossible, bénéfices ressentis difficiles à chiffrer), et la nécessité de repenser certains standards méthodologiques.
Ce rapport ne constitue pas une recommandation officielle de pratique, et il date de 2015 : de nombreux essais ont été publiés depuis, notamment ceux repris dans la méta-analyse de 2021. Mais il reste une référence utile, et il va dans le même sens que les études récentes : l’usage le mieux étayé de l’hypnose concerne les soins et gestes médicaux, en complément de l’anesthésie et de l’analgésie. Nous en proposons un résumé détaillé dans notre article sur le rapport Inserm 2015 sur l’hypnose.

Qui pratique l’hypnose à l’hôpital, et avec quelle formation ?

À l’hôpital, l’hypnose est pratiquée par des professionnels de santé qui l’ajoutent à leur métier : médecins anesthésistes, infirmiers anesthésistes, infirmiers, sages-femmes, puéricultrices, médecins de la douleur, psychologues, chirurgiens-dentistes, manipulateurs en radiologie, kinésithérapeutes.

Les diplômes universitaires

Plusieurs universités françaises proposent des diplômes universitaires (DU) ou interuniversitaires d’hypnose médicale ou d’hypnose en santé, par exemple à Toulouse, Grenoble ou Brest. Ces formations s’adressent en général aux professionnels de santé déjà diplômés. Elles s’étalent sur plusieurs mois et associent enseignements théoriques, ateliers pratiques et supervision. De nombreux hôpitaux financent aussi des formations internes ou des formations auprès d’instituts spécialisés pour leurs équipes.

En France, le titre d’« hypnothérapeute » n’est pas protégé : n’importe qui peut l’utiliser, avec des formations très variables. À l’hôpital, ce problème se pose moins, puisque l’hypnose y est pratiquée par des soignants déjà qualifiés dans leur domaine et intégrée à leur pratique. En ville, il est utile de vérifier la formation du praticien et sa manière de travailler en lien avec les médecins. Notre article sur les critères pour choisir un hypnothérapeute vous donne des repères concrets.

Une organisation qui varie selon les hôpitaux

Toutes les structures ne proposent pas l’hypnose, et pas dans tous les services. Dans certains hôpitaux, des soignants référents en hypnose interviennent à la demande. Dans d’autres, l’hypnose est intégrée à des parcours précis (chirurgie ambulatoire, oncologie, maternité, pédiatrie, centre de la douleur). Si l’on ne vous la propose pas, vous pouvez en parler lors de la consultation d’anesthésie ou avec l’équipe : elle pourra vous dire si c’est possible et pertinent dans votre cas.

Ce qu’il se passe concrètement pour vous

Voici, de façon générale, comment se déroule une hypnose à l’hôpital. Les détails varient selon les services.

Avant le soin

Lors de la consultation (d’anesthésie, de chirurgie, de préparation à la naissance), le soignant vous explique ce qu’est l’hypnose, ce qu’elle n’est pas, et vous demande votre accord. Il s’intéresse souvent à vos centres d’intérêt, à un lieu ou une activité qui vous apaise : la mer, la montagne, un jardin, un sport, un souvenir. Ces éléments serviront de support. Vous pouvez refuser à tout moment, et ce refus ne change rien à la qualité de vos soins. Vos droits en la matière sont détaillés dans notre article sur l’hypnose, le consentement et les droits du patient.

Pendant le soin

Le soignant vous guide par la voix : respiration, détente, attention portée à des sensations ou à des images. Vous restez conscient, vous entendez ce qui se passe autour, vous pouvez parler, et vous gardez le contrôle. Beaucoup de patients décrivent un état de concentration intense, comme lorsqu’on est absorbé par un livre ou un film, avec une impression que le temps passe plus vite. Les médicaments prévus par l’équipe (anesthésie locale, antalgiques, sédation) sont toujours disponibles, et l’on peut en ajouter si nécessaire. L’hypnose n’est jamais un prétexte pour vous priver d’un antalgique dont vous avez besoin.

Après le soin

Vous revenez progressivement à un état d’éveil ordinaire. Certains patients se sentent reposés, d’autres un peu fatigués. Le soignant peut vous proposer des exercices d’autohypnose à reprendre seul, par exemple avant un prochain soin. Si vous voulez continuer en dehors de l’hôpital, notre guide pratique pour débuter l’autohypnose peut vous aider.

Et si « ça ne prend pas » ?

Les personnes ne sont pas toutes aussi réceptives à l’hypnose. Certaines y entrent très facilement, d’autres peu. Cela ne dit rien de votre intelligence ni de votre force de caractère. Si vous ne ressentez pas grand-chose, ce n’est pas un échec : vous bénéficiez quand même de l’attention et de l’accompagnement du soignant, et les traitements habituels prennent le relais. Pour comprendre ces différences, vous pouvez lire notre article tout le monde est-il hypnotisable ?.

Les limites des études : ce qu’il faut savoir pour garder la tête froide

Être bien informé, c’est aussi connaître les faiblesses des données. Plusieurs limites reviennent dans presque toutes les synthèses.

L’aveugle est impossible

Dans un essai de médicament, ni le patient ni le soignant ne savent si le comprimé est actif. Avec l’hypnose, le patient sait qu’il reçoit de l’hypnose et le praticien sait qu’il la pratique. Cela peut influencer les attentes et les réponses, surtout pour des critères subjectifs comme la douleur ou l’anxiété. Les chercheurs utilisent des groupes « attention » (un soignant présent sans hypnose) pour limiter ce biais, mais ils ne le suppriment pas totalement.

Des pratiques très différentes d’un essai à l’autre

Sous le mot « hypnose », les essais regroupent des interventions très variées : 15 minutes avant l’opération, hypnose pendant toute la procédure, enregistrements audio, plusieurs séances de préparation, autohypnose. La formation et l’expérience des praticiens varient aussi. Cette diversité explique en partie l’hétérogénéité des résultats.

Des essais souvent petits et monocentriques

Beaucoup d’études incluent quelques dizaines de patients dans un seul hôpital, parfois sous la direction d’équipes très engagées dans la pratique de l’hypnose. Les résultats de ces équipes pionnières ne sont pas toujours reproduits ailleurs avec la même ampleur.

Des critères parfois mal mesurés

La consommation de médicaments et la durée de l’intervention sont relativement objectives. La douleur, l’anxiété ou la satisfaction sont mesurées par des échelles déclaratives, utiles mais plus sensibles aux attentes. Les méta-analyses récentes notent d’ailleurs que les effets sur les paramètres physiologiques (pouls, tension) sont faibles ou absents.

Pour mieux comprendre comment lire ces études, et pourquoi l’essai contrôlé randomisé reste la référence malgré ses limites pour l’hypnose, vous pouvez consulter notre article sur l’hypnose clinique et ce que montrent les essais contrôlés, ainsi que notre point sur l’hypnose dans la douleur chronique et les méta-analyses.

Ce que l’on peut raisonnablement retenir

En tenant compte de ces limites, on peut résumer ainsi l’état des connaissances :

  • l’hypnose en complément des soins réduit en moyenne l’anxiété et la douleur autour des gestes médicaux et des interventions chirurgicales ;
  • elle peut réduire la quantité de sédatifs et d’antalgiques nécessaires dans certaines situations, sans pour autant les supprimer ;
  • ses effets sont variables d’une personne à l’autre et d’un contexte à l’autre ;
  • elle est globalement bien tolérée lorsqu’elle est pratiquée par des professionnels formés, dans un cadre médical ;
  • elle ne remplace pas l’anesthésie, l’analgésie, les traitements ni le suivi médical.

Sécurité et contre-indications

À l’hôpital, l’hypnose est considérée comme une pratique à faible risque. Mais faible risque ne veut pas dire absence de précautions.

Les situations où l’hypnose est déconseillée ou doit être adaptée

  • Troubles psychotiques (schizophrénie, épisode délirant, trouble bipolaire en phase aiguë) : l’hypnose peut, dans de rares cas, perturber le rapport à la réalité. Elle est en général déconseillée ou réservée à des praticiens spécialisés, en lien avec le psychiatre.
  • Troubles dissociatifs et certains psychotraumatismes sévères : l’état hypnotique peut faire remonter des souvenirs ou des émotions difficiles. Une évaluation préalable et un cadre thérapeutique adapté sont indispensables.
  • Troubles de la vigilance, confusion, certaines démences : l’hypnose classique est souvent difficile à mettre en œuvre.
  • Barrière de langue ou surdité : l’hypnose repose sur la parole et doit être adaptée.
Pour une vue plus complète, consultez notre article l’hypnose est-elle dangereuse ? Risques et contre-indications.

Les effets indésirables possibles

Ils sont généralement légers et transitoires : fatigue, maux de tête, sensation de flottement, émotion inattendue au réveil. Il est important d’en parler à l’équipe si vous ressentez quoi que ce soit d’inhabituel.

Les bons réflexes

  • Signalez toujours vos antécédents psychiatriques, vos traitements et vos inquiétudes à l’équipe.
  • Ne renoncez jamais à une anesthésie, un antalgique ou un traitement recommandé au seul motif que vous allez « faire de l’hypnose ».
  • Si l’on vous propose une hypnose en dehors de l’hôpital pour préparer une intervention, prévenez votre médecin ou votre anesthésiste.
  • Méfiez-vous de toute promesse de résultat garanti ou de toute proposition de remplacer un traitement par l’hypnose.

Et après l’hôpital ? Continuer en ville

Certaines personnes découvrent l’hypnose à l’hôpital et souhaitent la poursuivre : pour préparer une nouvelle intervention, pour mieux gérer une douleur persistante, une anxiété liée à la maladie, une phobie des soins ou des troubles du sommeil apparus après une hospitalisation. C’est possible en ville, auprès de professionnels formés.

Quelques repères :

Quand consulter

L’hypnose ne doit jamais retarder une prise en charge médicale. Contactez sans attendre un professionnel de santé dans les situations suivantes :

  • Urgence vitale (difficulté à respirer, douleur thoracique, perte de connaissance, saignement important, signes d’AVC, fièvre élevée après une intervention, douleur brutale et intense) : appelez le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d’urgence européen).
  • Après une opération ou un geste invasif, en cas de fièvre, de rougeur ou d’écoulement au niveau de la cicatrice, de douleur qui augmente au lieu de diminuer, de saignement, de mollet douloureux ou d’essoufflement : contactez le service qui vous a pris en charge ou votre médecin.
  • Pendant la grossesse, en cas de saignements, de contractions avant terme, de diminution des mouvements du bébé, de fièvre ou de maux de tête intenses : appelez la maternité ou le 15.
  • Si l’anxiété avant une intervention devient envahissante au point de vous empêcher de dormir, de manger ou d’envisager l’opération : parlez-en à votre médecin ou à l’anesthésiste, qui pourra vous proposer un accompagnement adapté.
  • Si vous traversez une souffrance psychique importante, si vous avez des idées noires ou des pensées suicidaires : appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24 et 7 j/7.
  • Si une séance d’hypnose a fait remonter des souvenirs ou des émotions difficiles qui persistent, ou si vous avez des antécédents de troubles psychiatriques : consultez votre médecin ou un psychiatre.

FAQ

L’hypnose peut-elle remplacer une anesthésie générale ?

Non, pas de façon générale. L’hypnosédation permet, pour certaines interventions précises et chez des patients sélectionnés et volontaires, d’éviter une anesthésie générale. Mais elle repose toujours sur une anesthésie locale et une sédation légère, sous la surveillance d’un anesthésiste prêt à passer à une anesthésie générale si nécessaire. Pour la grande majorité des interventions, l’anesthésie reste indispensable, l’hypnose pouvant aider à mieux vivre l’avant et l’après. C’est toujours l’équipe médicale qui décide avec vous.

Est-ce que je vais perdre le contrôle ou dire des choses que je ne veux pas ?

Non. Pendant une hypnose médicale, vous restez conscient, vous entendez ce qui se passe et vous pouvez parler ou interrompre à tout moment. L’hypnose ne permet pas de vous faire faire ou dire quelque chose contre votre volonté. Elle s’apparente à un état de concentration intense, dans lequel votre attention est orientée vers des images ou des sensations agréables.

Pourquoi l’hôpital me propose-t-il l’hypnose ? Est-ce pour faire des économies ?

L’hypnose est proposée parce que des études montrent qu’elle peut réduire l’anxiété et la douleur autour des soins, et parfois la quantité de médicaments nécessaires. Certaines études observent aussi des interventions un peu plus courtes, ce qui peut réduire les coûts, mais ce n’est pas l’objectif premier. Vous gardez dans tous les cas accès aux antalgiques et à l’anesthésie dont vous avez besoin.

Mon enfant peut-il bénéficier de l’hypnose à l’hôpital ?

Oui, de nombreux services de pédiatrie forment leurs soignants à l’hypnose, notamment pour les prises de sang, les perfusions, les sutures ou les ponctions. Les enfants y sont souvent très réceptifs. L’hypnose s’ajoute aux moyens habituels (crème anesthésiante, antalgiques, présence des parents), elle ne les remplace pas.

L’hypnose est-elle remboursée à l’hôpital ?

Lorsqu’elle est pratiquée à l’hôpital dans le cadre d’un soin, l’hypnose fait en général partie de la prise en charge et n’est pas facturée à part. Renseignez-vous auprès de l’établissement en cas de doute. En ville, les séances avec un praticien non conventionné ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie, mais certaines complémentaires santé proposent un forfait.

Qui ne devrait pas faire d’hypnose ?

L’hypnose est en général déconseillée ou doit être très encadrée en cas de trouble psychotique, de trouble dissociatif ou de certains psychotraumatismes sévères. Signalez toujours vos antécédents psychiatriques à l’équipe soignante, qui adaptera sa proposition.

Trouver un professionnel formé à l’hypnose

Si vous souhaitez préparer une intervention, apprendre l’autohypnose ou poursuivre en ville un travail commencé à l’hôpital, vous pouvez vous faire accompagner par un praticien formé, en lien avec votre équipe médicale. Trouvez un hypnothérapeute près de chez vous dans l’annuaire ViziWell et n’hésitez pas à lui demander sa formation, son expérience du milieu médical et sa façon de travailler avec votre médecin.

Sources

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  2. Faymonville ME, Meurisse M, Fissette J. Hypnosedation: a valuable alternative to traditional anaesthetic techniques. Acta Chirurgica Belgica. 1999. PMID : 10499382
  3. Lang EV, Benotsch EG, Fick LJ et al. Adjunctive non-pharmacological analgesia for invasive medical procedures: a randomised trial. The Lancet. 2000. PMID : 10801169. DOI : 10.1016/S0140-6736(00)02162-0
  4. Montgomery GH, David D, Winkel G et al. The effectiveness of adjunctive hypnosis with surgical patients: a meta-analysis. Anesthesia & Analgesia. 2002. PMID : 12032044. DOI : 10.1097/00000539-200206000-00052
  5. Montgomery GH, Bovbjerg DH, Schnur JB et al. A randomized clinical trial of a brief hypnosis intervention to control side effects in breast surgery patients. Journal of the National Cancer Institute. 2007. PMID : 17728216. DOI : 10.1093/jnci/djm106
  6. Tefikow S, Barth J, Maichrowitz S et al. Efficacy of hypnosis in adults undergoing surgery or medical procedures: a meta-analysis of randomized controlled trials. Clinical Psychology Review. 2013. PMID : 23628907. DOI : 10.1016/j.cpr.2013.03.005
  7. Kekecs Z, Nagy T, Varga K. The effectiveness of suggestive techniques in reducing postoperative side effects: a meta-analysis of randomized controlled trials. Anesthesia & Analgesia. 2014. PMID : 25289661. DOI : 10.1213/ANE.0000000000000466
  8. Holler M, Koranyi S, Strauss B et al. Efficacy of hypnosis in adults undergoing surgical procedures: a meta-analytic update. Clinical Psychology Review. 2021. PMID : 33725512. DOI : 10.1016/j.cpr.2021.102001
  9. Birnie KA, Noel M, Chambers CT et al. Psychological interventions for needle-related procedural pain and distress in children and adolescents. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2018. PMID : 30284240. DOI : 10.1002/14651858.CD005179.pub4
  10. Madden K, Middleton P, Cyna AM et al. Hypnosis for pain management during labour and childbirth. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2016. PMID : 27192949. DOI : 10.1002/14651858.CD009356.pub3
  11. Gueguen J, Barry C, Hassler C, Falissard B. Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose. Inserm, rapport pour la Direction générale de la santé, juin 2015.
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

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FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

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Auteurs des sources scientifiques

KB

Kathryn A. Birnie

PhD, psychologue de la douleur — University of Calgary, Canada

Chercheuse spécialisée dans la douleur pédiatrique et les interventions psychologiques ; auteure principale de la revue Cochrane sur la douleur liée aux aiguilles chez l'enfant.

MH

Mareike Holler

Friedrich Schiller University, Jena, Allemagne

ZK

Zoltan Kekecs

Baylor University, Waco, Texas, USA

GM

Guy H. Montgomery

Professeur de psychologie — Icahn School of Medicine at Mount Sinai, New York, USA

Spécialiste de l'hypnose en contexte chirurgical et oncologique. Auteur de la méta-analyse de référence sur l'analgésie hypnotique (2000).