Hypnose et nausées de chimio : surtout utile avant la perfusion
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : les nausées qui surviennent avant même la perfusion, dans la voiture, en sentant l’odeur du service ou en voyant l’infirmière, sont des nausées dites anticipatoires. Elles relèvent d’un conditionnement, pas d’une faiblesse. Le premier levier reste un traitement antiémétique bien ajusté dès la première cure. L’hypnose a surtout été étudiée chez l’enfant et l’adolescent, avec des résultats encourageants sur ces nausées d’anticipation. Chez l’adulte, les données sont minces : les recommandations internationales MASCC/ESMO de 2023 n’ont pas pu formuler de recommandation pour l’hypnose. Elle peut s’ajouter au traitement, jamais le remplacer, en lien avec l’équipe d’oncologie.Vous arrivez au parking de l’hôpital de jour et votre estomac se serre. L’odeur du couloir, le bip d’une pompe, le fauteuil inclinable, parfois la simple vue de la poche de perfusion suffisent à déclencher une nausée, alors que le produit n’a pas encore coulé. Beaucoup de patients en ont honte ou pensent que « c’est dans la tête ». Ce phénomène est pourtant connu des équipes d’oncologie depuis des décennies et porte un nom précis : les nausées et vomissements anticipatoires.
Cet article fait le point, sans promesse, sur ce que l’on sait de ces nausées particulières et sur la place que peuvent y occuper l’hypnose, l’autohypnose, la relaxation et les approches cognitivo-comportementales. Il complète notre article plus général sur l’hypnose en soins de support pendant un cancer, qui aborde la douleur, l’anxiété, la fatigue et le sommeil. Ici, on reste centré sur une question : que faire quand la nausée arrive avant la chimiothérapie, et que peut apporter l’hypnose, honnêtement ?
Nausées aiguës, retardées, anticipatoires : pourquoi la distinction change tout
Toutes les nausées liées à la chimiothérapie ne se ressemblent pas. Les oncologues les classent selon le moment où elles surviennent, parce que les mécanismes et donc les traitements diffèrent. Savoir de quel type relève votre nausée aide à en parler avec précision à l’équipe, et à comprendre pourquoi l’hypnose n’a pas la même pertinence selon les cas.
Les nausées aiguës
Elles apparaissent dans les 24 heures qui suivent l’administration du traitement. Elles sont principalement liées à l’action chimique des produits sur le tube digestif et sur certaines zones du cerveau qui déclenchent le réflexe de vomissement. Le risque dépend surtout du « potentiel émétisant » de la chimiothérapie, c’est-à-dire de sa tendance à provoquer des vomissements, classée de minime à élevée. C’est sur ces nausées que les médicaments antiémétiques modernes ont fait les plus grands progrès.
Les nausées retardées
Elles surviennent au-delà des 24 premières heures et peuvent durer plusieurs jours. Elles sont souvent plus sournoises : moins violentes, mais plus longues, avec une perte d’appétit, un dégoût de certains aliments, une fatigue qui s’y mêle. Elles relèvent elles aussi d’abord d’un traitement médicamenteux adapté, prescrit pour les jours qui suivent la cure.
Les nausées anticipatoires
Elles surviennent avant l’administration du traitement, parfois la veille au soir, parfois le matin même, souvent à l’arrivée à l’hôpital. Elles apparaissent en général après une ou plusieurs cures mal vécues sur le plan digestif. Leur mécanisme n’est pas chimique : aucun produit n’a encore été perfusé. Elles relèvent d’un apprentissage du corps, un conditionnement, que nous détaillons plus bas. C’est précisément sur ce type de nausées que les approches psychocorporelles, dont l’hypnose, ont été le plus étudiées.
Les nausées « de rattrapage » et réfractaires
On parle de nausées de rattrapage lorsque, malgré un traitement préventif bien pris, des nausées apparaissent quand même, et de nausées réfractaires lorsqu’elles persistent d’un cycle à l’autre malgré les ajustements. Dans les deux cas, la réponse est d’abord médicale : revoir la combinaison d’antiémétiques, vérifier qu’ils sont pris au bon moment, rechercher une autre cause (constipation, reflux, effets d’autres médicaments). Les techniques psychocorporelles peuvent aider à mieux traverser ces moments, mais elles ne dispensent jamais de signaler ces nausées à l’équipe.
Les nausées d’anticipation, un réflexe conditionné et non une faiblesse
Comment le corps « apprend » la nausée
Le mécanisme le mieux décrit est celui du conditionnement classique, mis en évidence par Pavlov avec ses chiens qui salivaient au son d’une cloche annonçant le repas. Lors des premières cures, le corps associe un ensemble de signaux neutres (une odeur d’antiseptique, la couleur des murs, le goût métallique dans la bouche, la voix d’un soignant, le trajet en voiture) à l’expérience très désagréable des nausées provoquées par le traitement. Après quelques répétitions, ces signaux suffisent à eux seuls à déclencher la nausée, même en l’absence du produit.
La revue de référence sur le sujet, publiée en 2011 par Joseph Roscoe et ses collègues du groupe MASCC, résume les données disponibles : dans la plupart des travaux publiés, environ 20 % des patients ressentent des nausées avant l’administration du traitement à un cycle donné, et 25 à 30 % en ont présenté au moment de leur quatrième cycle. Les auteurs soulignent que la plupart des études chez l’adulte soutiennent fortement l’hypothèse d’un conditionnement classique. Ces chiffres datent en grande partie d’études anciennes, menées avant l’arrivée de certains antiémétiques récents, et la fréquence actuelle est probablement plus basse dans les services où la prévention est optimale. Mais le phénomène n’a pas disparu.
Comprendre ce mécanisme a une conséquence importante : vous n’êtes pas « en train de vous faire des idées ». La nausée est réelle, elle passe par les mêmes circuits nerveux que celle provoquée par le produit. Ce qui a été appris par le corps peut, en partie, être désappris, et c’est l’idée qui sous-tend les techniques comportementales et l’hypnose.
Le rôle des attentes
Le conditionnement n’explique pas tout. Une étude publiée en 2001 par J. T. Hickok et l’équipe de l’université de Rochester a suivi 63 femmes qui commençaient leur toute première chimiothérapie. Avant le début du traitement, on leur demandait si elles s’attendaient à avoir des nausées. Avant la troisième cure, 40 % de celles qui s’y attendaient avaient développé des nausées anticipatoires, contre 13 % de celles qui ne savaient pas et aucune de celles qui ne s’y attendaient pas. Le fait de s’attendre à des nausées était le facteur prédictif le plus fort dans l’analyse.
Cette étude est petite, menée par une seule équipe et uniquement chez des femmes. Elle ne prouve pas qu’il suffit de « penser positif ». Elle suggère en revanche que ce que l’on croit, ce que l’on a entendu dire ou vu chez un proche, peut peser sur la façon dont le corps réagit. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines équipes accordent de l’importance à l’information donnée avant la première cure : expliquer que les traitements préventifs actuels sont bien plus efficaces qu’il y a vingt ans, que les nausées ne sont pas une fatalité, et qu’on peut agir si elles apparaissent.
Les terrains qui semblent favoriser ces nausées
Les équipes d’oncologie repèrent souvent certains terrains propices : des nausées ou vomissements importants lors des premières cures, une anxiété marquée avant le traitement, des antécédents de mal des transports ou de nausées pendant une grossesse, une forte appréhension des soins. Aucun de ces éléments n’est une condamnation. Ils invitent simplement à être attentif dès le début et à signaler tôt les premiers signes.
Une situation type
Prenons une situation type, inspirée de ce que décrivent les soignants, et non un témoignage réel. Une femme de 52 ans traitée pour un cancer du sein a eu des nausées fortes après sa deuxième cure. Lors de la troisième, elle remarque que son estomac se soulève dès qu’elle sent l’odeur du gel hydroalcoolique à l’entrée du service. À la quatrième, la nausée commence la veille au soir, en préparant son sac. Elle n’ose pas en parler, de peur de paraître « fragile ». Quand elle finit par le signaler à l’infirmière de coordination, l’oncologue ajuste son traitement préventif et l’oriente vers la consultation de soins de support du centre, où une infirmière formée à l’hypnose lui propose quelques séances et lui apprend un exercice d’autohypnose pour le trajet. C’est ce type de parcours, coordonné, que cet article cherche à rendre plus facile.
Le premier levier : un traitement antiémétique optimal dès la première cure
Avant de parler d’hypnose, il faut rappeler un point sur lequel toutes les recommandations s’accordent. La recommandation MASCC/ESMO actualisée en 2016 sur les nausées anticipatoires, coordonnée par Lee Dupuis, le formule clairement : la meilleure façon de prévenir les nausées anticipatoires est de contrôler au mieux les nausées aiguës et retardées dès la toute première exposition à la chimiothérapie. Moins le corps vit d’épisodes de nausées pendant les premières cures, moins il a d’occasions d’apprendre l’association.
Concrètement, cela passe par une prescription d’antiémétiques adaptée au potentiel émétisant de votre protocole. Selon les situations, l’oncologue associe plusieurs familles de médicaments : des antagonistes des récepteurs de la sérotonine (les « sétrons »), des antagonistes des récepteurs NK1, des corticoïdes, parfois l’olanzapine. Le choix, les doses et le calendrier relèvent exclusivement de l’équipe médicale. Ce qui dépend de vous, c’est de prendre ces traitements exactement comme prescrits, y compris les jours qui suivent la cure, et de signaler sans attendre s’ils ne suffisent pas.
Lorsque des nausées anticipatoires sont installées, les recommandations MASCC/ESMO de 2016 citent deux types de réponses : certains médicaments anxiolytiques de la famille des benzodiazépines, prescrits par le médecin, et les thérapies comportementales, notamment la relaxation musculaire progressive, la désensibilisation systématique et l’hypnose. Ces approches ne s’opposent pas : elles peuvent être combinées.
Si vous envisagez l’hypnose, il est utile d’en parler à votre médecin, comme pour toute approche ajoutée pendant un traitement. Notre article sur ce qu’il faut dire à son médecin avant de combiner hypnose et médicaments détaille les points à aborder.
Ce que montrent les études sur l’hypnose
Les études sur l’hypnose et les nausées de chimiothérapie sont anciennes pour la plupart, souvent petites, et menées avec des antiémétiques moins efficaces que ceux d’aujourd’hui. Il faut les lire avec ces limites en tête. Elles dessinent pourtant un tableau assez cohérent : des signaux nets chez l’enfant, surtout sur les nausées d’anticipation, et des données plus fragiles chez l’adulte.
Chez l’enfant et l’adolescent : les signaux les plus nets
Les enfants sont, en moyenne, plus réceptifs à l’hypnose que les adultes, et c’est chez eux que les essais les plus parlants ont été menés.
En 1991, l’équipe de L. K. Zeltzer, à l’université de Californie à Los Angeles, a publié dans la revue Pediatrics un essai randomisé chez 54 enfants et adolescents atteints de cancer. Après une évaluation de départ, les enfants étaient répartis au hasard entre trois groupes pour la cure suivante : hypnose, distraction et relaxation sans hypnose, ou groupe témoin recevant simplement une attention équivalente sans technique particulière. Les enfants du groupe hypnose ont rapporté la plus forte diminution à la fois des nausées et vomissements anticipatoires et de ceux qui suivaient la chimiothérapie. Le groupe distraction-relaxation a plutôt vu ses symptômes se stabiliser, tandis que ceux du groupe témoin avaient tendance à s’aggraver au fil du temps. Les auteurs notent aussi que le potentiel émétisant de la chimiothérapie et l’usage préventif des antiémétiques pesaient fortement sur la sévérité des symptômes, ce qui rappelle que l’hypnose s’inscrit dans un ensemble.
En 1994, l’équipe de D. S. Jacknow, à l’université de Californie à San Francisco, a mené un petit essai randomisé en simple aveugle chez 20 enfants débutant une chimiothérapie. Le groupe hypnose apprenait l’autohypnose et n’utilisait les antiémétiques qu’à la demande, en complément, tandis que le groupe témoin recevait un schéma antiémétique standard. Les enfants du groupe hypnose ont utilisé moins d’antiémétiques à la demande lors des deux premières cures, sans différence de sévérité des nausées et vomissements pendant les cures. Ils ont surtout présenté moins de nausées anticipatoires un à deux mois après le diagnostic.
Ce second essai appelle une précision importante : son protocole, qui faisait de l’hypnose le traitement principal et des médicaments un simple appoint, ne correspond pas du tout à la pratique actuelle et ne doit pas être reproduit. Aujourd’hui, l’hypnose s’ajoute au traitement antiémétique prescrit, elle ne s’y substitue pas.
Chez l’adulte : un signal, beaucoup d’incertitude
Chez l’adulte, les données sont plus maigres.
En 2000, une équipe italienne menée par G. Marchioro a publié dans la revue Oncology une série de 16 patients adultes présentant des nausées et vomissements anticipatoires après au moins quatre cures. Tous ont bénéficié d’une induction de relaxation suivie d’hypnose. Chez tous, les nausées anticipatoires ont disparu, et le contrôle des vomissements liés au traitement s’est nettement amélioré chez presque tous. Ce résultat est frappant, mais il doit être lu pour ce qu’il est : une série de cas consécutifs, sans groupe témoin, sur un très petit effectif. C’est un signal qui justifie des recherches, pas une preuve d’efficacité.
À l’inverse, l’essai randomisé publié en 1992 par Karen Syrjala et ses collègues du Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle, chez 67 patients en cours de greffe de moelle osseuse, a comparé l’hypnose, un entraînement cognitivo-comportemental, un contact avec un thérapeute sans technique spécifique et les soins habituels. L’hypnose a réduit la douleur buccale, très fréquente dans ce contexte. En revanche, les nausées, les vomissements et la consommation d’antidouleurs opioïdes n’ont pas différé entre les groupes. Le contexte de la greffe, avec des traitements très lourds, est particulier, mais cet essai rappelle que l’hypnose n’a pas montré d’effet sur toutes les nausées, en particulier les nausées aiguës d’origine chimique.
La méta-analyse de 2024 : seule la désensibilisation a pu être regroupée
En 2024, une équipe japonaise conduite par Masamitsu Kobayashi, de l’université internationale Saint-Luc de Tokyo, a publié une revue systématique avec méta-analyse réalisée pour les recommandations japonaises sur les antiémétiques. Sur 107 études repérées entre 1990 et 2020, seules six répondaient aux critères : deux sur la désensibilisation systématique, deux sur l’hypnothérapie et deux sur le yoga.
Seule la désensibilisation systématique a pu faire l’objet d’un regroupement statistique : elle réduisait les nausées anticipatoires par rapport aux groupes témoins (risque relatif de 0,60, soit environ 40 % de nausées en moins) et les vomissements anticipatoires (risque relatif de 0,54). Pour l’hypnose et le yoga, les façons de mesurer les résultats étaient trop différentes d’une étude à l’autre pour permettre un regroupement. Les auteurs soulignent aussi que la plupart des études avaient un risque de biais élevé ou incertain et que les effets indésirables étaient mal rapportés. Leur conclusion est prudente : la désensibilisation systématique pourrait réduire les nausées anticipatoires, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires.
Ce que montrent les études
- Les nausées anticipatoires touchent, selon les travaux anciens, environ 20 % des patients à un cycle donné et 25 à 30 % au quatrième cycle (Roscoe, 2011).
- S’attendre à avoir des nausées est associé à un risque plus élevé d’en développer avant la troisième cure (Hickok, 2001, 63 patientes).
- Chez l’enfant, deux essais randomisés anciens montrent une baisse des nausées anticipatoires avec l’hypnose (Zeltzer, 1991, 54 enfants, Jacknow, 1994, 20 enfants).
- Chez l’adulte, une série de 16 cas sans groupe témoin rapporte la disparition des nausées anticipatoires après hypnose (Marchioro, 2000), mais un essai randomisé en greffe de moelle n’a montré aucun effet sur les nausées (Syrjala, 1992).
- Une méta-analyse de 2024 n’a pu regrouper que la désensibilisation systématique (environ 40 % de nausées anticipatoires en moins) et pas l’hypnose, faute d’études comparables (Kobayashi, 2024).
- Les recommandations MASCC/ESMO de 2023 n’ont pu formuler aucune recommandation pour l’hypnose chez l’adulte (Molassiotis, 2023).
Ce que disent les recommandations MASCC/ESMO
La MASCC (association internationale des soins de support en cancérologie) et l’ESMO (société européenne d’oncologie médicale) publient conjointement des recommandations de référence sur la prévention des nausées et vomissements liés aux traitements du cancer. Deux textes concernent directement notre sujet, et leur lecture peut sembler contradictoire au premier abord.
2016 : les thérapies comportementales recommandées pour traiter les nausées anticipatoires
La mise à jour publiée en 2017 (recommandations dites de 2016), portant spécifiquement sur les nausées anticipatoires de l’enfant et de l’adulte, n’a trouvé aucune nouvelle étude répondant à ses critères depuis la version précédente. Elle maintient donc ses recommandations : prévenir avant tout par un contrôle optimal des nausées aiguës et retardées, et, une fois les nausées anticipatoires installées, recourir aux benzodiazépines et aux thérapies comportementales, en particulier la relaxation musculaire progressive, la désensibilisation systématique et l’hypnose.
2023 : pas de recommandation pour l’hypnose chez l’adulte
En 2023, un groupe coordonné par A. Molassiotis a passé en revue 39 revues systématiques portant sur douze approches intégratives ou non médicamenteuses, toutes formes de nausées confondues : acupression, acupuncture, auriculothérapie, stimulation électrique du point PC6, gingembre, imagerie guidée, hypnose, aromathérapie par inhalation, musicothérapie, interventions alimentaires, relaxation musculaire progressive et réflexologie. Le panel souligne des défauts méthodologiques importants dans de nombreux essais. Des recommandations ont été possibles pour l’acupuncture et l’électroacupuncture, certaines interventions alimentaires et la relaxation musculaire progressive, seule ou associée à l’imagerie guidée. En revanche, aucune recommandation n’a pu être formulée pour l’hypnose chez l’adulte, faute de données suffisantes et solides. Aucune recommandation n’a pu être émise non plus pour le gingembre, en raison de résultats contradictoires.
Comment lire ces deux textes ensemble
Ces deux positions ne s’annulent pas. La première porte sur le traitement des nausées anticipatoires déjà installées, où l’hypnose a été étudiée, notamment chez l’enfant. La seconde porte sur l’ensemble des nausées liées à la chimiothérapie chez l’adulte, et constate que les preuves en faveur de l’hypnose y sont insuffisantes pour une recommandation. Absence de recommandation ne veut pas dire absence d’intérêt : cela signifie que les données ne permettent pas de conclure avec assez de certitude.
En pratique, cela donne une ligne claire : l’hypnose peut être proposée comme complément, en particulier quand des nausées d’anticipation apparaissent ou chez l’enfant, mais elle ne figure pas parmi les mesures validées pour prévenir les nausées aiguës ou retardées de l’adulte. La relaxation musculaire progressive, elle, dispose d’une recommandation et constitue une option simple à apprendre. L’acupuncture est également citée, et nous en parlons dans notre article sur l’acupuncture face aux effets secondaires des traitements du cancer.
Hypnose, autohypnose, désensibilisation, relaxation, TCC : quelles différences
Ces approches sont souvent proposées ensemble et se recoupent. Voici ce qui les distingue.
| Approche | Principe | Niveau de preuve sur les nausées anticipatoires | |---|---|---| | Hypnose avec un praticien | État de concentration absorbée, suggestions de calme, de confort digestif, dissociation des signaux déclencheurs | Signaux favorables chez l’enfant, données faibles chez l’adulte | | Autohypnose | La personne apprend à entrer seule dans cet état, pour l’utiliser le jour de la cure | Utilisée dans l’essai de Jacknow chez l’enfant | | Désensibilisation systématique | Exposition progressive, en imagination, aux situations déclenchantes, associée à la relaxation | Seule approche méta-analysée, environ 40 % de nausées en moins | | Relaxation musculaire progressive | Contracter puis relâcher successivement les groupes musculaires | Recommandée par MASCC/ESMO 2023, seule ou avec imagerie guidée | | Approches cognitivo-comportementales | Travail sur les pensées, les attentes et les comportements d’évitement | Rôle des attentes démontré, essais spécifiques peu nombreux |
L’hypnose avec un praticien
En séance, le praticien guide la personne vers un état de concentration absorbée, attention focalisée sur certaines perceptions, souvent accompagné d’une détente. Dans le cadre des nausées, les suggestions portent typiquement sur une sensation de calme et de confort au niveau de l’estomac, sur l’association des lieux du soin à des images rassurantes, ou sur une mise à distance des odeurs et des bruits qui déclenchent la nausée. Pour savoir concrètement à quoi ressemble une séance, vous pouvez lire comment se déroule une séance d’hypnothérapie. La réceptivité à l’hypnose varie d’une personne à l’autre, un point détaillé dans notre article sur le test de suggestibilité.
L’autohypnose
L’intérêt de l’autohypnose, dans le contexte de la chimiothérapie, est très concret : les nausées anticipatoires surviennent souvent en dehors de la présence du praticien, dans la voiture, la salle d’attente, la veille au soir. Apprendre un exercice court, utilisable seul, permet d’avoir un outil disponible au moment où on en a besoin. Notre guide pratique pour débuter l’auto-hypnose et l’exercice du lieu sûr en auto-hypnose donnent des bases, à adapter avec un professionnel formé.
La désensibilisation systématique
Issue des thérapies comportementales, elle consiste à construire avec le patient une liste graduée des situations qui déclenchent la nausée (penser au rendez-vous, préparer son sac, arriver au parking, entrer dans le service, voir la poche de perfusion), puis à les imaginer une à une, de la moins à la plus difficile, en restant détendu grâce à la relaxation. L’objectif est de « désapprendre » l’association. C’est l’approche qui dispose des données les plus solides sur les nausées anticipatoires. Elle peut être menée par un psychologue, et certains praticiens l’associent à l’hypnose, comme expliqué dans notre article sur la désensibilisation progressive sous hypnose.
La relaxation musculaire progressive et l’imagerie guidée
Mise au point par Jacobson, la relaxation musculaire progressive consiste à contracter quelques secondes un groupe de muscles, puis à le relâcher en portant attention à la sensation de détente, en parcourant tout le corps. L’imagerie guidée invite à se représenter mentalement un lieu ou une scène apaisante. Ces techniques s’apprennent en quelques séances, avec un psychologue, un sophrologue, une infirmière formée, ou à l’aide d’enregistrements proposés par certains centres. La sophrologie, qui en reprend certains éléments, est présentée dans notre article sur la sophrologie en oncologie.
Les approches cognitivo-comportementales
Elles travaillent sur les pensées (« je vais forcément vomir », « je ne vais pas tenir »), sur les attentes et sur les comportements d’évitement. Au vu de l’étude de Hickok sur le rôle des attentes, un travail sur ce que l’on anticipe a du sens. Ces approches sont proposées par les psychologues et les psycho-oncologues des services de soins de support. Si l’appréhension déborde largement les cures et s’étend à tout le quotidien, notre article sur l’anxiété anticipatoire peut aussi vous éclairer.
En pratique : quand commencer, combien de séances, avec qui
Le bon moment pour commencer
Deux moments se dégagent.
Avant la première cure, ou au tout début du traitement, si vous êtes très anxieux, si vous avez des antécédents de mal des transports ou de nausées importantes, ou si vous vous attendez fortement à avoir des nausées. L’objectif est alors préventif : apprendre un outil de détente, travailler les attentes, arriver à la première cure dans de meilleures conditions. Les données sur cette utilisation préventive chez l’adulte sont limitées, mais l’approche est peu contraignante.
Dès les premiers signes de nausées anticipatoires, sans attendre qu’elles s’installent sur plusieurs cycles. Un conditionnement récent est en principe plus facile à défaire qu’une association répétée pendant des mois. C’est aussi le moment de demander à l’oncologue de revoir le traitement préventif.
Combien de séances
Il n’existe pas de nombre standard validé. Dans les études et en pratique hospitalière, on observe souvent un format court : une à quelques séances avec un praticien, centrées sur l’apprentissage d’un exercice d’autohypnose, puis une pratique autonome les jours de cure, avec éventuellement une séance de suivi. Dans l’essai de Syrjala en greffe de moelle, les patients bénéficiaient de deux séances avant la greffe puis de dix séances de rappel pendant l’hospitalisation, un format bien plus intensif lié à ce contexte particulier. Méfiez-vous des programmes qui promettent un résultat garanti en un nombre fixe de séances.
Avec qui
Plusieurs portes d’entrée existent.
- Le service de soins de support de votre établissement. De nombreux centres de lutte contre le cancer et services d’oncologie hospitaliers disposent d’une équipe de soins de support (psycho-oncologues, infirmières, médecins de la douleur, parfois praticiens formés à l’hypnose). L’hypnose y est proposée dans certains centres, sans que ce soit systématique. Demandez à l’infirmière de coordination ou d’annonce ce qui existe dans votre établissement. Notre article sur la place de l’hypnose à l’hôpital explique comment ces consultations sont organisées.
- Un psychologue ou psycho-oncologue, en particulier pour la désensibilisation systématique et les approches cognitivo-comportementales.
- Un hypnothérapeute en libéral, de préférence formé à l’accompagnement des personnes atteintes de cancer, qui accepte de travailler en lien avec votre équipe d’oncologie. Nos critères pour choisir un hypnothérapeute vous aideront à poser les bonnes questions.
Une séance type, pas à pas
À titre d’illustration, voici le déroulé d’une séance comme on en voit souvent en soins de support, sans valeur de protocole standard.
- Un temps d’échange. Le praticien vous demande quand surviennent les nausées, ce qui les déclenche (odeur, lieu, personne, pensée), ce que vous ressentez exactement, et ce que vous aimeriez ressentir à la place.
- Une induction. Fixer un point, respirer plus lentement, porter attention aux appuis du corps, laisser venir une détente.
- Un approfondissement. Souvent par une image choisie avec vous : un lieu où vous vous sentez bien, une sensation de fraîcheur dans la gorge, de calme dans l’estomac.
- Un travail sur les déclencheurs. Évoquer, de façon très progressive, le trajet ou l’arrivée à l’hôpital tout en gardant cette sensation de confort, ou associer les éléments du service à des images apaisantes.
- Un « signal » pour l’autohypnose. Un geste simple (pouce et index qui se touchent, main posée sur le ventre) associé à l’état de calme, à réutiliser seul.
- Un retour progressif et un temps pour en parler.
Ce que vous pouvez faire les jours de cure
- Pratiquer votre exercice d’autohypnose ou de relaxation la veille au soir, puis dans la voiture ou les transports si quelqu’un d’autre conduit.
- Utiliser votre signal d’ancrage dans la salle d’attente.
- Apporter un objet, un parfum doux ou une musique qui vous appartient, pour « réécrire » l’environnement sensoriel du service, si l’équipe l’accepte.
- Prendre vos antiémétiques exactement à l’heure prescrite, sans les décaler en espérant que l’hypnose suffira.
- Noter, après chaque cure, l’intensité des nausées avant, pendant et après, pour en parler à la consultation suivante.
Comment en parler à l’équipe d’oncologie
Beaucoup de patients n’osent pas évoquer les nausées anticipatoires, par crainte d’être jugés ou de passer pour « psychologiquement fragiles ». Les équipes connaissent pourtant bien ce phénomène, et le signaler tôt est utile.
Quelques phrases simples pour ouvrir la discussion :
- « Depuis la dernière cure, j’ai des nausées avant même d’arriver à l’hôpital. Est-ce qu’on peut revoir mon traitement préventif ? »
- « Est-ce qu’il existe dans le service une consultation de soins de support, de psychologie ou d’hypnose pour les nausées d’anticipation ? »
- « Je voudrais essayer l’hypnose ou la relaxation en complément. Y a-t-il une contre-indication dans ma situation ? »
- « Est-ce qu’une infirmière formée pourrait m’accompagner pendant la pose de la perfusion ? »
Pour les parents d’un enfant traité
Les essais les plus encourageants ont été menés chez l’enfant et l’adolescent. Plusieurs services d’oncologie pédiatrique proposent des techniques d’hypnose, de distraction ou de relaxation, adaptées à l’âge : histoires, jeux d’imagination, « super-pouvoirs » de confort, bulles à souffler pour les plus jeunes. Chez l’enfant, l’hypnose se pratique souvent les yeux ouverts, dans le jeu, et s’apprend vite.
Quelques repères pour les parents :
- Parlez-en d’abord à l’équipe d’oncologie pédiatrique, qui peut orienter vers un professionnel formé à l’hypnose pédiatrique, souvent au sein même du service.
- Évitez de transmettre vos propres craintes sur les nausées. Au vu du rôle des attentes, des mots simples et rassurants (« il y a des médicaments pour que tu sois le moins possible malade, et si tu as mal au cœur, on le dira tout de suite ») sont préférables.
- Ne modifiez jamais le traitement antiémétique de votre enfant, même si l’hypnose semble l’aider. Les antiémétiques actuels sont bien plus efficaces que ceux utilisés dans les essais des années 1990.
- Un vomissement répété chez un enfant sous chimiothérapie, une fièvre ou un enfant qui ne boit plus imposent d’appeler sans attendre l’équipe ou le 15.
Ce que l’hypnose ne remplace pas
Il est essentiel de poser clairement ces limites.
- L’hypnose ne remplace jamais les antiémétiques prescrits. N’arrêtez pas, ne décalez pas et ne réduisez pas un traitement préventif parce que vous pratiquez l’hypnose. Les gains observés dans les études se sont ajoutés aux traitements, ou ont été obtenus à une époque où ceux-ci étaient moins performants.
- Elle ne traite pas les causes médicales des nausées. Une nausée sous chimiothérapie peut aussi venir d’une constipation, d’une infection, d’un déséquilibre sanguin, d’un autre médicament ou de la maladie elle-même. Seule l’équipe médicale peut faire la part des choses.
- Elle n’a pas montré d’effet net sur les nausées aiguës d’origine chimique chez l’adulte, comme le rappelle l’essai de Syrjala.
- Elle ne remplace pas un suivi psychologique lorsque l’anxiété, la tristesse ou l’épuisement envahissent le quotidien. Si vous traversez une souffrance psychique intense ou avez des idées suicidaires, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h sur 24).
Quand consulter
Les nausées anticipatoires sont désagréables mais en elles-mêmes sans danger. D’autres situations, en revanche, ne doivent jamais être gérées seul ni « avec de l’hypnose ».
Appelez sans attendre votre équipe d’oncologie (le numéro d’urgence qui vous a été remis), ou le 15 (ou le 112) si vous ne pouvez pas la joindre, en cas de :
- vomissements répétés qui vous empêchent de boire depuis plus de 24 heures, ou vomissements que rien n’arrête,
- signes de déshydratation : urines rares et foncées, bouche très sèche, vertiges en se levant, grande faiblesse,
- fièvre à 38 °C ou plus sous chimiothérapie, même sans autre symptôme,
- sang dans les vomissements ou vomissements « marc de café », douleur abdominale intense, ventre gonflé et absence de selles,
- confusion, somnolence inhabituelle, malaise,
- perte de poids rapide ou impossibilité de vous alimenter.
- les nausées apparaissent avant la cure ou s’installent d’un cycle à l’autre,
- les antiémétiques prescrits ne suffisent pas,
- vous redoutez chaque cure au point de vouloir la reporter.
Questions fréquentes
Pourquoi ai-je la nausée en arrivant à l’hôpital, avant même la perfusion ?
Il s’agit très probablement de nausées anticipatoires. Après une ou plusieurs cures accompagnées de nausées, le corps associe les lieux, les odeurs ou les gestes du soin à la nausée, et finit par la déclencher par anticipation. C’est un conditionnement, comparable au réflexe décrit par Pavlov, et non un signe de faiblesse. Signalez-le à votre équipe : le traitement préventif peut être ajusté et des approches comportementales peuvent aider.
L’hypnose marche-t-elle contre les nausées de chimiothérapie ?
Les données sont nuancées. Chez l’enfant et l’adolescent, des essais anciens montrent une baisse des nausées anticipatoires, et parfois post-chimiothérapie. Chez l’adulte, on dispose surtout d’une petite série de cas encourageante et d’un essai randomisé sans effet sur les nausées. Les recommandations MASCC/ESMO de 2023 n’ont pas pu formuler de recommandation pour l’hypnose chez l’adulte, tandis que celles de 2016 citaient l’hypnose parmi les thérapies comportementales pour traiter les nausées anticipatoires installées. C’est donc une option complémentaire raisonnable pour ces nausées-là, sans garantie.
Faut-il commencer l’hypnose avant la première cure ?
Ce peut être utile si vous êtes très anxieux ou si vous vous attendez fortement à avoir des nausées, puisque les attentes semblent jouer un rôle. Mais la priorité avant la première cure reste un traitement antiémétique préventif bien adapté et bien pris. Si des nausées anticipatoires apparaissent, mieux vaut agir tôt, sans attendre plusieurs cycles.
Peut-on apprendre l’autohypnose pour les jours de cure ?
Oui, c’est même l’un des intérêts principaux de la démarche, puisque les nausées anticipatoires surviennent souvent loin du praticien. Une ou quelques séances suffisent généralement pour apprendre un exercice simple, à pratiquer la veille, pendant le trajet ou en salle d’attente. Dans l’essai de Jacknow chez l’enfant, c’est précisément l’autohypnose qui était enseignée.
L’hypnose remplace-t-elle les médicaments contre les nausées ?
Non, jamais. L’hypnose s’ajoute au traitement antiémétique prescrit et ne doit en aucun cas conduire à arrêter, réduire ou décaler un médicament. Si vos nausées persistent malgré le traitement, c’est à l’équipe d’oncologie de l’ajuster.
Mon enfant peut-il en bénéficier ?
C’est chez l’enfant que les résultats sont les plus encourageants, et de nombreux services d’oncologie pédiatrique proposent des techniques d’hypnose ou de distraction adaptées à l’âge. Parlez-en d’abord à l’équipe qui suit votre enfant, privilégiez un professionnel formé à l’hypnose pédiatrique et travaillant en lien avec le service, et ne modifiez jamais son traitement.
Trouver un hypnothérapeute formé à l’accompagnement en oncologie
Si votre établissement ne propose pas de consultation d’hypnose, ou si vous préférez un accompagnement près de chez vous, vous pouvez rechercher un praticien dans l’annuaire des hypnothérapeutes ViziWell. Demandez-lui s’il a l’expérience de l’accompagnement de personnes sous chimiothérapie, informez votre oncologue de la démarche et gardez en tête que l’objectif est de mieux vivre les cures, en complément du traitement, jamais à sa place. D’autres approches de confort peuvent aussi être discutées avec l’équipe, comme la réflexologie pendant un cancer.
Sources
- Roscoe JA, Morrow GR, Aapro MS, Molassiotis A, Olver I. Anticipatory nausea and vomiting. Support Care Cancer. 2011, 19:1533-1538. PMID : 20803345. DOI : 10.1007/s00520-010-0980-0
- Hickok JT, Roscoe JA, Morrow GR. The role of patients’ expectations in the development of anticipatory nausea related to chemotherapy for cancer. J Pain Symptom Manage. 2001, 22:843-850. PMID : 11576801. DOI : 10.1016/s0885-3924(01)00317-7
- Dupuis LL, Roscoe JA, Olver I, Aapro M, Molassiotis A. 2016 updated MASCC/ESMO consensus recommendations: Anticipatory nausea and vomiting in children and adults receiving chemotherapy. Support Care Cancer. 2017, 25:317-321. PMID : 27510314. DOI : 10.1007/s00520-016-3330-z
- Molassiotis A, Affronti ML, Fleury M, Olver I, et al. 2023 MASCC/ESMO consensus antiemetic guidelines related to integrative and non-pharmacological therapies. Support Care Cancer. 2023, 32:30. PMID : 38102373. DOI : 10.1007/s00520-023-08225-0
- Kobayashi M, Kako J, Iba A, Okuyama A, et al. Non-pharmacological treatments for anticipatory nausea and vomiting during chemotherapy: a systematic review and meta-analysis of the Clinical Practice Guidelines for Antiemesis 2023. Int J Clin Oncol. 2024, 29:889-898. PMID : 38722486. DOI : 10.1007/s10147-024-02536-w
- Zeltzer LK, Dolgin MJ, LeBaron S, LeBaron C. A randomized, controlled study of behavioral intervention for chemotherapy distress in children with cancer. Pediatrics. 1991, 88:34-42. PMID : 2057271
- Jacknow DS, Tschann JM, Link MP, Boyce WT. Hypnosis in the prevention of chemotherapy-related nausea and vomiting in children: a prospective study. J Dev Behav Pediatr. 1994, 15:258-264. PMID : 7798371
- Syrjala KL, Cummings C, Donaldson GW. Hypnosis or cognitive behavioral training for the reduction of pain and nausea during cancer treatment: a controlled clinical trial. Pain. 1992, 48:137-146. PMID : 1350338. DOI : 10.1016/0304-3959(92)90049-H
- Marchioro G, Azzarello G, Viviani F, Barbato F, et al. Hypnosis in the treatment of anticipatory nausea and vomiting in patients receiving cancer chemotherapy. Oncology. 2000, 59:100-104. PMID : 10971166. DOI : 10.1159/000012144
- Institut national du cancer. Cancer info, note d’information (version du 10 juin 2024), cancer.fr.
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