Mains notant une liste près d’un pilulier sans marque, de fleurs de millepertuis, ginkgo, gingembre, ail et pamplemousse
Phytothérapie

Interactions plantes-médicaments : quelles plantes et compléments surveiller quand on prend un traitement

⏱ 43 min de lecture

Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie

🔎 Réponse en bref : oui, certaines plantes et certains compléments alimentaires peuvent modifier l'effet d'un médicament, en l'affaiblissant ou en le renforçant. Le cas le mieux documenté est le millepertuis : une revue systématique a recensé 80 essais cliniques et 128 observations d'interactions pour sept plantes courantes, le millepertuis réduisant les concentrations sanguines de dizaines de médicaments, dont la pilule, des anticoagulants et des immunosuppresseurs (Izzo et Ernst, Drugs, 2009). Le niveau de preuve est élevé pour le millepertuis et le pamplemousse, plus modeste pour la plupart des autres plantes, où l'on dispose surtout de mécanismes et de cas isolés. Le bon réflexe ne consiste pas à arrêter quoi que ce soit, mais à montrer la liste complète de ce que vous prenez à votre pharmacien et à votre médecin.
Vous prenez un traitement au long cours, une pilule, un anticoagulant, un antidépresseur ou un médicament pour la tension, et vous avez envie d'ajouter une tisane pour dormir, une gélule de curcuma pour les articulations ou de l'huile de poisson pour le cœur. La question est légitime : « est-ce que ça peut gêner mon traitement ? ». Elle est d'autant plus importante qu'on la pose rarement. Beaucoup de personnes ne pensent pas à mentionner leurs compléments en consultation, parce qu'elles les considèrent comme des aliments, ou parce que personne ne leur pose la question.

Cet article ne vise pas à faire peur, ni à décourager l'usage raisonné des plantes. Il vise à vous donner une carte claire : comment une plante peut interagir avec un médicament, quelles associations sont les mieux documentées, quels signaux doivent alerter et quels gestes simples réduisent le risque. Il complète notre article consacré aux associations dangereuses entre plantes et antidépresseurs, qui détaille le cas particulier de la santé mentale.

Une règle prime sur tout le reste : ne jamais arrêter ni modifier un médicament de vous-même, même si vous découvrez qu'il interagit avec une plante que vous prenez. Un arrêt brutal peut être plus dangereux que l'interaction elle-même. C'est le pharmacien et le médecin qui décident de la conduite à tenir.

Pourquoi une plante peut modifier l'effet d'un médicament

Une plante médicinale n'est pas une substance unique. Une gélule de millepertuis, un extrait de ginkgo ou une racine de réglisse contiennent des dizaines de molécules actives. Certaines agissent sur la cible recherchée (l'humeur, la circulation, la digestion), d'autres agissent ailleurs dans l'organisme, notamment sur les systèmes qui transforment et éliminent les médicaments. C'est là que naissent la plupart des interactions.

On distingue deux grandes familles d'interactions. Les interactions pharmacocinétiques modifient la quantité de médicament qui circule dans le sang : la plante accélère ou ralentit son absorption, sa transformation ou son élimination. Les interactions pharmacodynamiques ne changent pas la quantité de médicament, mais additionnent ou opposent des effets : deux produits qui fluidifient le sang, deux produits qui augmentent la sérotonine, deux produits qui font baisser la vigilance.

Le CYP3A4, l'atelier de transformation du foie et de l'intestin

La plupart des médicaments sont transformés par une famille d'enzymes appelées cytochromes P450, présentes surtout dans le foie et dans la paroi de l'intestin. L'une d'elles, le CYP3A4, prend en charge une part très importante des médicaments courants : certaines pilules contraceptives, des statines, des immunosuppresseurs, des antirétroviraux, des anxiolytiques, des médicaments du cœur.

Une plante peut agir sur cet atelier de deux façons opposées :

  • L'induction : la plante pousse l'organisme à fabriquer davantage d'enzyme. Le médicament est alors détruit plus vite, sa concentration baisse et il risque de perdre son effet. C'est le mécanisme principal du millepertuis.
  • L'inhibition : la plante bloque l'enzyme. Le médicament s'accumule, sa concentration monte et ses effets indésirables peuvent apparaître. C'est le mécanisme du pamplemousse.
Pour le millepertuis, le mécanisme est connu avec précision : l'hyperforine, l'un de ses constituants, active un récepteur nucléaire appelé PXR (récepteur X des prégnanes), qui commande la fabrication du CYP3A4. Cette découverte a été publiée en 2000 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences par l'équipe de Moore. Une revue plus récente souligne que l'intensité de l'induction du CYP3A4 est corrélée à la teneur en hyperforine de la préparation (Nicolussi et al., British Journal of Pharmacology, 2020).

La glycoprotéine P, la pompe de sortie

Le second acteur s'appelle la glycoprotéine P (P-gp). C'est une pompe située dans la paroi de l'intestin, dans le rein et dans d'autres tissus, qui rejette certains médicaments hors des cellules. Quand une plante stimule cette pompe, moins de médicament passe dans le sang. Le millepertuis stimule à la fois le CYP3A4 et la P-gp, ce qui explique l'ampleur de ses effets : il agit sur deux portes à la fois. La digoxine, un médicament du cœur, est l'exemple classique d'un médicament surtout concerné par la P-gp.

Les effets additifs : quand deux produits poussent dans la même direction

Les interactions pharmacodynamiques sont plus intuitives. Si vous prenez un médicament qui réduit la coagulation et que vous ajoutez plusieurs compléments réputés pour « fluidifier le sang », les effets peuvent s'additionner. Si vous prenez un antidépresseur qui augmente la sérotonine et que vous ajoutez une plante qui agit dans le même sens, l'excès de sérotonine devient possible. Si vous prenez un somnifère et que vous ajoutez une plante sédative, la somnolence peut devenir gênante, voire dangereuse au volant.

« Naturel » ne veut pas dire « neutre »

Le mot « naturel » rassure, mais il ne dit rien de l'activité d'un produit. Le pamplemousse est un aliment, la réglisse une confiserie, le curcuma une épice : tous trois peuvent pourtant interférer avec des traitements. À l'inverse, la grande majorité des associations entre plantes et médicaments ne posent aucun problème notable. Le but n'est donc pas de tout soupçonner, mais de savoir repérer les situations où la vigilance s'impose.

Trois facteurs augmentent nettement le risque :

  1. Les médicaments à marge thérapeutique étroite, c'est-à-dire ceux pour lesquels une petite variation de concentration suffit à passer de l'efficacité à l'échec ou à la toxicité : anticoagulants, immunosuppresseurs, certains antiépileptiques, digoxine, lithium, certains anticancéreux, antirétroviraux.
  2. La concentration de la préparation : un extrait standardisé en gélule n'a pas le même profil qu'une infusion légère. Notre article sur les formes galéniques en phytothérapie explique ces différences.
  3. Le cumul : plus on prend de produits en même temps, plus le risque d'interaction augmente, et plus il devient difficile de savoir lequel est en cause.

Le millepertuis, la plante aux interactions les mieux documentées

Le millepertuis (Hypericum perforatum) est utilisé pour les troubles dépressifs légers à modérés. Ses données d'efficacité sont présentées dans notre article phytothérapie et dépression : millepertuis, safran et adaptogènes. Mais c'est aussi, de loin, la plante dont les interactions sont les mieux décrites. Dans une revue systématique ancienne mais fondatrice, Fugh-Berman et Ernst ont analysé 108 cas suspects d'interactions entre plantes et médicaments : le millepertuis était impliqué dans 54 d'entre eux, soit la moitié (British Journal of Clinical Pharmacology, 2001).

Ce que montrent les études
Étude : revue systématique d'Izzo et Ernst, publiée dans Drugs en 2009, portant sur sept plantes très consommées (ginkgo, millepertuis, ginseng, ail, échinacée, palmier nain, kava).
Effectif : 128 observations ou séries de cas et 80 essais cliniques analysés.
Résultat : des essais cliniques montrent que le millepertuis, par induction du CYP3A4 et de la glycoprotéine P, diminue les concentrations sanguines ou accélère l'élimination de nombreux médicaments, dont les contraceptifs oraux, la ciclosporine, le tacrolimus, la warfarine, la digoxine, la simvastatine, l'indinavir, l'imatinib et l'irinotécan. Aucune interaction n'a été rapportée pour le palmier nain.
Limite : pour de nombreuses autres plantes, les données reposent sur des cas isolés dont la causalité est difficile à établir, et la portée clinique de nombreuses interactions reste incertaine.

Millepertuis et contraception hormonale

Les estrogènes et progestatifs de la pilule sont transformés par le CYP3A4. En accélérant leur élimination, le millepertuis peut diminuer leur concentration. Une revue systématique des Centers for Disease Control and Prevention américains a retenu quatre études comparant la pilule seule à la pilule associée au millepertuis : trois d'entre elles montraient davantage de saignements intermenstruels, et l'une montrait une croissance folliculaire accrue avec ovulation probable (Berry-Bibee et al., Contraception, 2016). Les auteurs concluent que ces données, limitées, soulèvent une inquiétude réelle sur la baisse d'efficacité contraceptive. Une revue antérieure rapporte également des grossesses non désirées chez des femmes associant pilule et millepertuis (Zhou et al., Journal of Psychopharmacology, 2004).

En pratique : si vous utilisez une contraception hormonale, parlez-en à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme avant de prendre du millepertuis. Ils pourront vous orienter vers une contraception adaptée ou vers une autre approche. Pour les femmes en transition hormonale, notre article sur la contraception en périménopause apporte des repères complémentaires.

Millepertuis et anticoagulants

Les antivitamines K comme la warfarine sont parmi les médicaments les plus sensibles aux interactions. Le millepertuis peut diminuer leur concentration et donc leur effet protecteur contre les caillots. Le risque n'est pas seulement à l'introduction de la plante : il existe aussi à l'arrêt, car l'enzyme revient progressivement à son niveau habituel et la concentration de l'anticoagulant peut alors remonter. C'est pourquoi toute modification, introduction ou arrêt, doit se faire avec le médecin qui suit l'anticoagulation.

Millepertuis et antirétroviraux

Chez des volontaires sains, le millepertuis a réduit l'exposition à l'indinavir, un inhibiteur de protéase du VIH, de 57 % en moyenne, et sa concentration résiduelle de 81 % (Piscitelli et al., The Lancet, 2000). Les auteurs soulignent qu'une baisse de cette ampleur peut favoriser l'apparition de résistances du virus et un échec du traitement. Depuis, l'association du millepertuis avec de nombreux antirétroviraux est formellement déconseillée.

Millepertuis et immunosuppresseurs

Chez les personnes greffées, les immunosuppresseurs comme la ciclosporine ou le tacrolimus empêchent le rejet de l'organe. Leur concentration doit rester dans une fenêtre étroite. En 2000, une interaction entre le millepertuis et la ciclosporine a provoqué un rejet aigu chez deux patients greffés du cœur, un épisode rappelé par Nicolussi et ses collègues dans leur revue de 2020. Zhou et ses collègues rapportent plusieurs cas de rejet d'organe liés à cette baisse de concentration. Pour une personne greffée, aucune plante ne devrait être ajoutée sans l'avis de l'équipe de transplantation.

Millepertuis, antidépresseurs et syndrome sérotoninergique

Ici, le mécanisme est double. D'une part, le millepertuis agit lui-même sur la sérotonine. D'autre part, il modifie le métabolisme de certains médicaments. Associé à des antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, comme la sertraline ou la paroxétine, il a provoqué des cas de syndrome sérotoninergique (Zhou et al., 2004). Ce syndrome associe agitation, confusion, sueurs, tremblements, fièvre, diarrhée, accélération du cœur et contractions musculaires involontaires. Dans sa forme sévère, c'est une urgence médicale.

Nous détaillons ce sujet, ainsi que les autres plantes à surveiller avec les antidépresseurs, dans l'article interactions plantes et antidépresseurs : les associations dangereuses. Si vous traversez une période difficile, que vous preniez ou non un traitement, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable gratuitement à toute heure.

Les autres médicaments concernés

La liste ne s'arrête pas là. Les revues citent notamment certaines statines, des anxiolytiques de la famille des benzodiazépines, la méthadone, la théophylline, des antiépileptiques, des médicaments du cœur comme la digoxine ou certains inhibiteurs calciques, et plusieurs anticancéreux comme l'irinotécan ou l'imatinib. Chez des personnes traitées par irinotécan, le millepertuis a diminué la concentration du métabolite actif du médicament (Zhou et al., 2004). Pour une personne en cours de chimiothérapie, c'est un point de vigilance majeur.

Une nuance mérite d'être signalée : toutes les préparations de millepertuis n'ont pas la même puissance d'induction. Celles qui contiennent peu d'hyperforine semblent moins concernées. Mais il est impossible, pour un consommateur, de connaître ce paramètre avec certitude à partir d'une étiquette, et cette nuance ne doit jamais servir à se passer d'un avis professionnel.

Le pamplemousse, l'exemple inverse

Le pamplemousse illustre l'autre mécanisme : l'inhibition. Ses furanocoumarines bloquent de manière irréversible le CYP3A4 de la paroi intestinale. Résultat : certains médicaments passent dans le sang en bien plus grande quantité que prévu, comme si la dose avait été augmentée sans le savoir.

Dans une revue publiée dans le Canadian Medical Association Journal, Bailey, Dresser et Arnold, l'équipe qui a décrit cette interaction à l'origine, recensent plus de 85 médicaments susceptibles d'interagir avec le pamplemousse, dont 43 peuvent entraîner des effets indésirables graves (2013). Parmi les familles concernées figurent certaines statines, certains inhibiteurs calciques, des immunosuppresseurs, certains anticancéreux oraux, certains antiarythmiques et des médicaments du système nerveux.

Trois points pratiques sont importants :

  • Un seul verre peut suffire, car l'inhibition de l'enzyme intestinale est durable.
  • Espacer les prises ne protège pas toujours, car l'enzyme bloquée doit être renouvelée par l'organisme, ce qui prend du temps.
  • D'autres agrumes contiennent les mêmes composés, en particulier l'orange amère (bigarade) et le pomelo. Les oranges douces habituelles ne sont pas concernées de la même façon.
La notice de votre médicament mentionne généralement cette interaction quand elle existe. En cas de doute, votre pharmacien peut vérifier en quelques secondes.

Anticoagulants et antiagrégants : ginkgo, ail, curcuma, gingembre et oméga-3

C'est la famille d'interactions qui inquiète le plus, à juste titre, car les conséquences possibles sont des saignements. Elle concerne les personnes qui prennent un anticoagulant (antivitamine K, anticoagulants oraux directs, héparines) ou un antiagrégant plaquettaire (aspirine à faible dose, clopidogrel, par exemple).

Le mécanisme supposé est surtout additif : plusieurs plantes et compléments ont, en laboratoire, des effets sur l'agrégation des plaquettes ou sur la coagulation. Ajoutés à un médicament qui agit déjà sur ces mécanismes, ils pourraient augmenter le risque de saignement. La réalité clinique est plus nuancée que ce que suggèrent ces mécanismes, et c'est précisément pour cela qu'il faut demander un avis plutôt que de se fier à une liste.

Le ginkgo

Le ginkgo est souvent cité. Des observations isolées de saignements, parfois graves, ont été publiées chez des personnes qui en prenaient, parfois en association avec un anticoagulant ou de l'aspirine. Pourtant, une méta-analyse de 18 essais randomisés portant sur 1 985 adultes n'a pas montré d'effet cliniquement pertinent des extraits standardisés sur les paramètres de la coagulation (Kellermann et Kloft, Pharmacotherapy, 2011). Il faut lire ce résultat avec prudence : ces essais étudiaient des marqueurs biologiques chez des personnes en majorité sans traitement anticoagulant, et ils ne permettent pas de conclure qu'associer ginkgo et anticoagulant est sans risque. Izzo et Ernst rapportent d'ailleurs des cas d'interactions du ginkgo avec la warfarine, l'aspirine et l'ibuprofène.

L'ail

L'ail est un aliment précieux, abordé dans notre article ail et circulation sanguine. La question se pose surtout pour les compléments concentrés, pas pour l'ail de cuisine. Des interactions avec la warfarine et la fluindione ont été rapportées, et l'ail en complément peut aussi interagir avec certains antirétroviraux comme le ritonavir (Izzo et Ernst, 2009).

Le curcuma

Le curcuma et la curcumine sont très consommés en gélules pour les articulations et l'inflammation. Leurs données d'intérêt sont présentées dans notre article curcuma et psoriasis. Côté interactions, les données reposent surtout sur des études de laboratoire et quelques cas cliniques : la curcumine agit sur plusieurs enzymes du métabolisme et a des effets sur les plaquettes. Les formulations « à haute biodisponibilité », souvent associées à la pipérine du poivre, sont conçues pour augmenter l'absorption et pourraient, par la même occasion, modifier celle d'autres produits. Le niveau de preuve est faible, mais la prudence reste de mise avec un anticoagulant.

Le gingembre

Le gingembre est apprécié pour les nausées et la digestion. Il a, en laboratoire, des effets sur l'agrégation des plaquettes. Les données cliniques chez les personnes sous anticoagulant sont rares et peu concluantes. En cuisine, il ne pose pas de problème connu. En gélules concentrées, associé à un anticoagulant, il mérite d'être signalé au pharmacien.

Les oméga-3

Les oméga-3 en complément (huile de poisson, huile de foie de morue) ont longtemps été suspectés d'augmenter le risque de saignement. Les données récentes sont plutôt rassurantes, avec une nuance importante.

Ce que montrent les études
Étude : méta-analyse d'essais randomisés de Javaid et ses collègues, publiée dans le Journal of the American Heart Association en 2024.
Effectif : 11 essais randomisés, 120 643 participants.
Résultat : pas de différence globale du risque de saignement entre les personnes recevant des oméga-3 et les groupes témoins (rapport de taux 1,09, intervalle de confiance à 95 % de 0,91 à 1,31). En revanche, dans l'analyse des essais utilisant de fortes quantités d'EPA purifié, le risque relatif de saignement augmentait d'environ 50 %, pour une augmentation absolue modeste de 0,6 %. Le risque était lié à la quantité d'EPA, pas à la prise d'antiagrégants associés.
Limite : il s'agit d'une méta-analyse au niveau des études, et non des données individuelles, et les essais n'étaient pas conçus pour étudier spécifiquement les personnes sous anticoagulant.
Autrement dit, les oméga-3 ne semblent pas dangereux en eux-mêmes pour la coagulation dans la population générale, mais chez une personne sous anticoagulant, a fortiori avec plusieurs compléments associés, la décision doit être prise avec le médecin.

Le vrai sujet : le cumul

Le scénario qui préoccupe le plus les professionnels n'est pas une gélule isolée, mais l'empilement : un anticoagulant, plus du ginkgo pour la mémoire, plus de l'huile de poisson pour le cœur, plus du curcuma pour les articulations, plus de l'ail en complément pour la tension. Chacun pris séparément peut sembler anodin. Ensemble, ils rendent la situation difficile à évaluer. Notre article sur l'alimentation et les nutriments qui fluidifient le sang aborde aussi cette question du cumul.

Réglisse : tension artérielle et potassium

La réglisse (Glycyrrhiza glabra) est présente dans des confiseries, des tisanes, des boissons anisées sans alcool et certains compléments digestifs. Son principe actif, l'acide glycyrrhizique, empêche l'inactivation du cortisol dans le rein. Le cortisol agit alors comme l'aldostérone : le corps retient du sel et de l'eau, et perd du potassium.

Une méta-analyse de 18 études (337 participants) a montré qu'une consommation régulière de produits contenant de l'acide glycyrrhizique augmentait la pression artérielle systolique de 5,45 mm Hg en moyenne et la diastolique de 3,19 mm Hg, tout en abaissant le potassium sanguin (Penninkilampi et al., Journal of Human Hypertension, 2017). Les auteurs notent que ces effets apparaissent même avec des consommations modestes et qu'ils concernent particulièrement les personnes ayant déjà une maladie cardiovasculaire.

Les interactions qui en découlent sont de deux ordres :

  • Avec les antihypertenseurs : la réglisse peut contrecarrer leur effet. Si votre tension reste élevée malgré votre traitement, pensez à signaler une éventuelle consommation régulière de réglisse. Notre article sur l'hypertension et les approches naturelles en complément d'un suivi médical replace ce point dans une démarche globale.
  • Avec les médicaments qui font baisser le potassium (certains diurétiques, corticoïdes, laxatifs stimulants) ou ceux dont la toxicité augmente quand le potassium baisse (digoxine, certains antiarythmiques) : la baisse du potassium peut favoriser faiblesse musculaire, crampes et troubles du rythme cardiaque.
Les produits à base de réglisse « déglycyrrhizinée » sont conçus pour éviter cet effet, mais la mention n'est pas toujours claire sur les étiquettes.

Actée à grappes noires et kava : la question du foie

Certaines plantes ne posent pas tant une question d'interaction au sens strict qu'une question de toxicité pour le foie. Or le foie est aussi l'organe qui transforme la majorité des médicaments. Associer une plante potentiellement hépatotoxique à des médicaments eux-mêmes exigeants pour le foie (certains antalgiques, antifongiques, antituberculeux, statines ou méthotrexate, par exemple) mérite donc une attention particulière.

L'actée à grappes noires

L'actée à grappes noires (Actaea racemosa, anciennement Cimicifuga racemosa) est utilisée pour les bouffées de chaleur de la ménopause, un usage présenté dans notre article phytothérapie et ménopause. Des cas d'atteinte hépatique ont été signalés aux autorités sanitaires de plusieurs pays. Le comité d'experts de la Pharmacopée des États-Unis a analysé 30 signalements non redondants : tous ont été classés en causalité « possible », aucun en causalité « probable » ou « certaine ». Le comité a néanmoins décidé que les produits devaient porter une mention de précaution (Mahady et al., Menopause, 2008).

En pratique : en cas d'antécédent de maladie du foie, de consommation d'alcool importante ou de médicaments connus pour leur toxicité hépatique, l'avis du médecin est indispensable avant de prendre de l'actée. Et tout signe d'atteinte du foie impose d'arrêter la plante et de consulter rapidement.

Le kava

Le kava (Piper methysticum) est une plante d'Océanie aux effets anxiolytiques. Des cas d'hépatites graves, dont certains ayant conduit à une greffe du foie, ont entraîné des restrictions de commercialisation dans plusieurs pays européens au début des années 2000. La France a suspendu sa commercialisation à cette époque. Les mécanismes en cause font encore l'objet de recherches, plusieurs constituants des extraits étant soupçonnés (Olsen et al., Chemical Research in Toxicology, 2011). S'y ajoute un effet additif : le kava renforce l'action des sédatifs, des anxiolytiques et de l'alcool, et il pourrait interagir avec l'alprazolam ou la lévodopa (Izzo et Ernst, 2009).

Si vous cherchez un soutien face à l'anxiété, notre article phytothérapie et anxiété présente les plantes dont le profil de sécurité est mieux connu, toujours à discuter avec un professionnel si vous prenez un traitement.

Phyto-œstrogènes et cancers hormonodépendants

Les phyto-œstrogènes (isoflavones de soja, trèfle rouge, lin, houblon) ont une structure proche des œstrogènes et peuvent se fixer sur leurs récepteurs. Pour la plupart des femmes, leur consommation alimentaire ne pose pas de problème. La situation est différente en cas de cancer hormonodépendant, en particulier certains cancers du sein ou de l'endomètre, ou en cas d'antécédent de ces cancers.

Deux préoccupations sont avancées. La première est théorique : stimuler des récepteurs que le traitement cherche justement à bloquer. La seconde concerne les interactions possibles avec l'hormonothérapie, comme le tamoxifène ou les inhibiteurs de l'aromatase. Les données humaines sont nuancées et ne vont pas toutes dans le même sens, ce que détaille notre article phyto-œstrogènes et cancer du sein : les données actuelles.

La position prudente, partagée par les sociétés savantes, est simple : en cas de cancer hormonodépendant actuel ou passé, aucun complément concentré en phyto-œstrogènes sans l'accord de l'oncologue. Cela vaut aussi pour les compléments « ménopause » qui en contiennent souvent sans le mettre en avant.

D'autres associations à connaître

Sans viser l'exhaustivité, quelques autres situations reviennent régulièrement dans la littérature et en pharmacie :

  • Ginseng : des interactions possibles avec la warfarine et avec certains antidépresseurs de la famille des IMAO ont été rapportées (Izzo et Ernst, 2009). Il peut aussi modifier la glycémie, ce qui compte chez les personnes diabétiques traitées.
  • Échinacée : elle pourrait modifier l'élimination de la caféine et du midazolam. Sa prise prolongée chez les personnes sous immunosuppresseurs est déconseillée par principe.
  • Plantes sédatives (valériane, passiflore, mélisse, houblon) : effet additif possible avec les somnifères, les anxiolytiques, certains antihistaminiques et l'alcool. Notre article sur valériane, passiflore et tilleul fait le point sur ces plantes.
  • Plantes laxatives stimulantes (séné, bourdaine, cascara) : en usage prolongé, elles peuvent faire baisser le potassium et réduire l'absorption d'autres médicaments.
  • Fibres et mucilages (psyllium, son, graines de lin) : ils peuvent ralentir l'absorption de médicaments pris en même temps. Le conseil habituel est d'espacer les prises, selon les indications du pharmacien.
  • Plantes diurétiques (pissenlit, queue de cerise, orthosiphon) : elles peuvent interférer avec le lithium et les diurétiques.

Qui est le plus exposé ?

Toutes les personnes ne courent pas le même risque. Certaines situations justifient un avis médical systématique avant tout ajout de plante ou de complément.

Les personnes âgées polymédiquées

Après 65 ans, il est fréquent de prendre plusieurs médicaments chaque jour. Le foie et les reins éliminent moins vite, et la marge de sécurité de nombreux traitements diminue. Une enquête menée auprès de personnes de 65 ans et plus prenant au moins un médicament sur ordonnance, au Royaume-Uni, a montré que 33,6 % des répondants associaient à leur traitement des plantes ou des compléments alimentaires, et qu'environ un tiers de ces utilisateurs étaient exposés à un risque d'interaction potentielle (Agbabiaka et al., British Journal of General Practice, 2018). Les auteurs recommandent que les médecins posent systématiquement la question.

Grossesse et allaitement

De nombreuses plantes sont contre-indiquées ou insuffisamment étudiées pendant la grossesse et l'allaitement. Pendant ces périodes, aucune plante en complément ne devrait être prise sans l'avis du médecin, de la sage-femme ou du gynécologue, même si elle semble anodine. En cas de symptôme inquiétant pendant la grossesse, le 15 reste le bon réflexe.

Les enfants

Les enfants ne sont pas des adultes en miniature : leur métabolisme est différent et les données de sécurité sont souvent absentes. Tout complément ou toute préparation de plante pour un enfant traité doit être discuté avec le pédiatre ou le médecin traitant.

Les personnes atteintes de maladies chroniques sévères

Maladie du foie ou des reins, greffe, cancer en cours de traitement, VIH, épilepsie, troubles du rythme cardiaque, maladies auto-immunes traitées par immunosuppresseurs : dans toutes ces situations, la tolérance aux variations de concentration des médicaments est faible. L'avis de l'équipe soignante est indispensable.

Avant une intervention chirurgicale

La période qui entoure une opération concentre plusieurs risques : saignement, interaction avec les produits d'anesthésie, variations de tension ou de glycémie. Une revue publiée dans le JAMA a identifié huit plantes courantes posant problème en période opératoire : échinacée, éphédra, ail, ginkgo, ginseng, kava, millepertuis et valériane (Ang-Lee et al., 2001). Les risques décrits incluent les saignements (ail, ginkgo, ginseng), la potentialisation de l'effet sédatif des anesthésiques (kava, valériane) et l'accélération du métabolisme de nombreux médicaments utilisés pendant l'opération (millepertuis). Les auteurs insistent sur l'importance de déclarer ces produits lors de la consultation d'anesthésie.

Les signaux qui doivent faire consulter sans attendre

Si vous associez une plante ou un complément à un traitement, certains signes doivent vous amener à consulter rapidement votre médecin, ou à appeler le 15 (ou le 112) si la situation semble grave :

  • Saignements inhabituels : saignements de nez ou de gencives répétés, bleus qui apparaissent sans choc, urines rosées ou rouges, selles noires, règles anormalement abondantes, crachats ou vomissements sanglants.
  • Jaunisse : coloration jaune de la peau ou du blanc des yeux, urines foncées, selles décolorées, fatigue intense, nausées, douleurs sous les côtes à droite. Ce sont des signes possibles d'atteinte du foie.
  • Palpitations, malaise, essoufflement inhabituel, faiblesse musculaire ou crampes importantes (évoquant une baisse du potassium).
  • Confusion, agitation, tremblements, sueurs abondantes, fièvre, raideur ou secousses musculaires, en particulier si vous prenez un antidépresseur (évoquant un syndrome sérotoninergique).
  • Perte d'efficacité d'un traitement : saignements entre les règles sous pilule, retour de symptômes jusque-là contrôlés, résultats de prise de sang anormaux (INR, concentration d'un immunosuppresseur, charge virale).
Dans tous ces cas, apportez la liste complète de ce que vous prenez, y compris les tisanes et compléments, et ne modifiez pas votre traitement de vous-même.

Les bons réflexes au quotidien

Ces gestes simples réduisent nettement le risque sans vous priver des plantes dont vous pourriez bénéficier.

1. Dresser une liste complète et la tenir à jour

Notez sur une même feuille, ou dans votre téléphone :

  • tous vos médicaments sur ordonnance, avec leur nom et leur fréquence de prise ;
  • les médicaments achetés sans ordonnance (antidouleurs, antiacides, antihistaminiques) ;
  • les compléments alimentaires, vitamines, minéraux, oméga-3 ;
  • les plantes sous toutes leurs formes : gélules, teintures, extraits, tisanes régulières, huiles essentielles ;
  • les habitudes alimentaires qui comptent : pamplemousse, réglisse, alcool.
Gardez les boîtes ou les étiquettes des compléments : la composition exacte est souvent plus parlante que le nom commercial, car de nombreux produits associent plusieurs plantes.

2. Montrer cette liste au pharmacien

Le pharmacien dispose de bases de données d'interactions et connaît votre traitement. C'est l'interlocuteur le plus accessible pour vérifier une association, sans rendez-vous. Montrez-lui la liste à chaque nouveau produit, et demandez-lui explicitement : « est-ce compatible avec mon traitement ? ». Une étude récente menée par simulation de clients en pharmacie montre d'ailleurs que le conseil sur l'association millepertuis et pilule n'est pas toujours spontané (Chan et al., International Journal of Pharmacy Practice, 2026) : il est donc utile de poser la question clairement.

3. En parler au médecin

Signalez vos plantes et compléments à chaque consultation, et en particulier lors d'un renouvellement d'ordonnance, d'un nouveau traitement, d'une consultation d'anesthésie ou d'un suivi par un spécialiste (cardiologue, oncologue, équipe de greffe). Notre article naturopathie et médecine : bien les associer sans danger propose des pistes pour aborder le sujet sereinement.

4. Avant une chirurgie, suivre l'avis médical

Certaines plantes et certains compléments sont habituellement interrompus quelque temps avant une opération. Le délai dépend du produit et de votre situation : c'est le chirurgien ou l'anesthésiste qui le fixe. Ne décidez pas seul du moment de l'arrêt, et surtout n'arrêtez pas un médicament prescrit (anticoagulant, antiagrégant, antidépresseur) sans consigne explicite.

5. Introduire un seul produit à la fois

Si vous souhaitez ajouter une plante, faites-le une à la fois, après avis, et observez votre ressenti les premières semaines. Cela permet d'identifier facilement la cause d'un éventuel effet inattendu. Ne cumulez pas plusieurs produits qui agissent sur la même fonction.

6. Se méfier des mélanges et des achats en ligne

Les compléments vendus en ligne, en particulier hors de l'Union européenne, peuvent contenir des plantes non mentionnées ou être contaminés. Les formules « complexes » associant huit ou dix plantes rendent l'évaluation des interactions presque impossible. Privilégiez les produits dont la composition est clairement indiquée, achetés en pharmacie ou chez un herboriste qualifié. Notre guide complet de la phytothérapie donne des repères sur le choix des produits.

7. Penser aussi aux arrêts

On l'oublie souvent : arrêter une plante peut aussi modifier l'effet d'un médicament. C'est le cas typique du millepertuis, dont l'effet inducteur disparaît progressivement après l'arrêt, avec un risque de remontée de la concentration de certains médicaments. Tout arrêt d'une plante prise de longue date en même temps qu'un traitement sensible mérite d'être signalé au médecin.

Ce que la recherche ne sait pas encore

Il faut le dire avec honnêteté : notre connaissance des interactions entre plantes et médicaments reste incomplète. Dans la revue de Fugh-Berman et Ernst, 68,5 % des cas d'interactions suspectées ne pouvaient pas être évalués faute de données suffisantes, 13 % étaient bien documentés et 18,5 % possibles. Les auteurs concluaient que ces interactions existent sans aucun doute et peuvent mettre des personnes en danger, mais que la recherche doit progresser.

Plusieurs raisons expliquent ces zones d'ombre. Les compléments varient beaucoup d'une marque à l'autre et parfois d'un lot à l'autre. Les essais cliniques d'interaction sont souvent menés chez des volontaires sains, sur de courtes durées. Les cas rapportés sont des observations isolées, où d'autres facteurs peuvent intervenir. Et beaucoup d'interactions passent inaperçues, faute d'être recherchées.

Cette incertitude n'est pas une raison de tout interdire, ni une raison de tout permettre. Elle justifie une règle simple : quand il existe un mécanisme plausible et un médicament à marge étroite, on demande un avis avant d'associer.

Se faire accompagner

Un professionnel formé en phytothérapie ou en naturopathie peut vous aider à faire le point sur vos habitudes, à simplifier une liste de compléments trop longue et à réfléchir à des approches d'hygiène de vie, en lien avec votre médecin et votre pharmacien, jamais à leur place. Si vous souhaitez être accompagné, vous pouvez trouver un naturopathe près de chez vous dans notre annuaire. Pensez à lui apporter la liste complète de vos traitements : un praticien sérieux vous renverra vers votre médecin ou votre pharmacien pour toute question d'interaction.

Pour découvrir les plantes les plus courantes et leurs précautions d'emploi, vous pouvez aussi consulter notre panorama des 30 plantes médicinales les plus utilisées en France.

Questions fréquentes

Une simple tisane peut-elle interagir avec un médicament ?

C'est possible mais moins fréquent qu'avec un extrait concentré. Une infusion contient en général moins de principes actifs qu'une gélule d'extrait standardisé. Certaines tisanes méritent néanmoins une vigilance : millepertuis, réglisse, plantes sédatives ou plantes laxatives prises régulièrement. Si vous buvez chaque jour la même tisane et que vous prenez un traitement au long cours, mentionnez-la à votre pharmacien.

Si je prends du millepertuis depuis longtemps avec ma pilule, dois-je arrêter tout de suite ?

N'arrêtez rien de vous-même, ni la pilule, ni le millepertuis, sans en parler à un professionnel. Prenez rapidement contact avec votre médecin, votre gynécologue, votre sage-femme ou votre pharmacien, qui évalueront la situation et vous indiqueront la conduite à tenir, y compris sur la contraception à utiliser en attendant. Si le millepertuis est pris pour des troubles de l'humeur, son arrêt doit aussi être accompagné.

Les compléments d'oméga-3 sont-ils dangereux avec un anticoagulant ?

Les données les plus récentes ne montrent pas d'augmentation globale du risque de saignement avec les oméga-3 dans la population générale, mais un risque un peu plus élevé avec de fortes quantités d'EPA purifié (Javaid et al., 2024). Chez une personne sous anticoagulant ou antiagrégant, la décision de prendre des oméga-3 en complément doit être prise avec le médecin qui suit le traitement.

Le pamplemousse est-il interdit avec tous les médicaments ?

Non. Il ne concerne qu'une partie des médicaments, principalement ceux transformés par le CYP3A4 de l'intestin. Pour ces médicaments, l'interaction peut être importante, même avec un seul verre. La notice le précise généralement, et votre pharmacien peut vous le confirmer. L'orange amère et le pomelo sont concernés de la même façon.

Faut-il arrêter ses plantes avant une opération ?

Souvent, oui, pour certaines d'entre elles, mais le moment de l'arrêt dépend du produit et de votre situation. Signalez toutes vos plantes et compléments lors de la consultation d'anesthésie, et suivez les consignes données. N'arrêtez jamais un médicament prescrit sans instruction médicale.

Les plantes vendues en pharmacie sont-elles sans risque d'interaction ?

Non. Le circuit pharmaceutique garantit en principe une meilleure qualité et une composition fiable, ce qui est un vrai avantage, mais il ne supprime pas les interactions, qui dépendent des molécules de la plante et non du lieu d'achat. L'avantage de la pharmacie est surtout de pouvoir demander conseil au moment de l'achat.

Sources

  1. Izzo AA, Ernst E. Interactions between herbal medicines and prescribed drugs: an updated systematic review. Drugs. 2009;69(13):1777-98. PMID : 19719333. DOI : 10.2165/11317010-000000000-00000
  2. Fugh-Berman A, Ernst E. Herb-drug interactions: review and assessment of report reliability. British Journal of Clinical Pharmacology. 2001;52(5):587-95. PMID : 11736868. DOI : 10.1046/j.0306-5251.2001.01469.x
  3. Zhou S, Chan E, Pan SQ, Huang M, Lee EJ. Pharmacokinetic interactions of drugs with St John's wort. Journal of Psychopharmacology. 2004;18(2):262-76. PMID : 15260917. DOI : 10.1177/0269881104042632
  4. Nicolussi S, Drewe J, Butterweck V, Meyer zu Schwabedissen HE. Clinical relevance of St. John's wort drug interactions revisited. British Journal of Pharmacology. 2020;177(6):1212-1226. PMID : 31742659. DOI : 10.1111/bph.14936
  5. Moore LB, Goodwin B, Jones SA, et al. St. John's wort induces hepatic drug metabolism through activation of the pregnane X receptor. PNAS. 2000;97(13):7500-2. PMID : 10852961. DOI : 10.1073/pnas.130155097
  6. Berry-Bibee EN, Kim MJ, Tepper NK, Riley HE, Curtis KM. Co-administration of St. John's wort and hormonal contraceptives: a systematic review. Contraception. 2016;94(6):668-677. PMID : 27444983. DOI : 10.1016/j.contraception.2016.07.010
  7. Piscitelli SC, Burstein AH, Chaitt D, Alfaro RM, Falloon J. Indinavir concentrations and St John's wort. The Lancet. 2000;355(9203):547-8. PMID : 10683007. DOI : 10.1016/S0140-6736(99)05712-8
  8. Bailey DG, Dresser G, Arnold JM. Grapefruit-medication interactions: forbidden fruit or avoidable consequences? CMAJ. 2013;185(4):309-16. PMID : 23184849. DOI : 10.1503/cmaj.120951
  9. Kellermann AJ, Kloft C. Is there a risk of bleeding associated with standardized Ginkgo biloba extract therapy? A systematic review and meta-analysis. Pharmacotherapy. 2011;31(5):490-502. PMID : 21923430. DOI : 10.1592/phco.31.5.490
  10. Javaid M, Kadhim K, Bawamia B, Cartlidge T, Farag M, Alkhalil M. Bleeding risk in patients receiving omega-3 polyunsaturated fatty acids: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials. Journal of the American Heart Association. 2024;13(10):e032390. PMID : 38742535. DOI : 10.1161/JAHA.123.032390
  11. Penninkilampi R, Eslick EM, Eslick GD. The association between consistent licorice ingestion, hypertension and hypokalaemia: a systematic review and meta-analysis. Journal of Human Hypertension. 2017;31(11):699-707. PMID : 28660884. DOI : 10.1038/jhh.2017.45
  12. Mahady GB, Low Dog T, Barrett ML, et al. United States Pharmacopeia review of the black cohosh case reports of hepatotoxicity. Menopause. 2008;15(4 Pt 1):628-38. PMID : 18340277. DOI : 10.1097/gme.0b013e31816054bf
  13. Olsen LR, Grillo MP, Skonberg C. Constituents in kava extracts potentially involved in hepatotoxicity: a review. Chemical Research in Toxicology. 2011;24(7):992-1002. PMID : 21506562. DOI : 10.1021/tx100412m
  14. Agbabiaka TB, Spencer NH, Khanom S, Goodman C. Prevalence of drug-herb and drug-supplement interactions in older adults: a cross-sectional survey. British Journal of General Practice. 2018;68(675):e711-e717. PMID : 30249608. DOI : 10.3399/bjgp18X699101
  15. Ang-Lee MK, Moss J, Yuan CS. Herbal medicines and perioperative care. JAMA. 2001;286(2):208-16. PMID : 11448284. DOI : 10.1001/jama.286.2.208
  16. Chan TY, Chan WJ, Chaar B, Harnett JE. Simulated encounters reveal gaps in counselling on St John's Wort-oral contraceptive pill interactions among pharmacy personnel. International Journal of Pharmacy Practice. 2026. PMID : 42725760. DOI : 10.1093/ijpp/riag128
⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

⚕️ Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié.

Cet article fait partie de notre dossier Phytothérapie.

Voir tous les articles Phytothérapie →
FW

Fabrice Wigishoff

Fondateur de ViziWell · Supervision éditoriale

Triple master en hypnose thérapeutique, 30 ans d'expérience en hypnothérapie et coaching. Spécialiste de l'arrêt du tabac, gestion du stress et préparation mentale. Passionné de neurosciences, Fabrice décrypte les études cliniques mondiales pour rendre les thérapies complémentaires accessibles à tous.

En savoir plus →

Auteurs des sources scientifiques

SN

Simon Nicolussi

Medical Research, Max Zeller Söhne AG, Romanshorn, Suisse

MJ

M. Javaid

Cardiothoracic Centre, Freeman Hospital, Newcastle-upon-Tyne, Royaume-Uni

AF

A. Fugh-Berman

Department of Health Care Sciences, George Washington University, Washington DC, États-Unis

AI

Angelo A. Izzo

Professeur de pharmacologie — University of Naples Federico II

RP

R. Penninkilampi

The Whiteley-Martin Research Centre, Discipline of Surgery, The University of Sydney, Nepean Hospital, Australie