Votre traitement a fait chuter votre désir : que faire sans l’arrêter ?
Rédigé par la rédaction ViziWell avec assistance IA, sous la supervision éditoriale de Fabrice Wigishoff (hypnothérapeute). Sources scientifiques vérifiées (PMID/DOI) et listées en fin d'article. Notre méthodologie
🔎 Réponse en bref : plusieurs familles de médicaments peuvent faire baisser le désir sexuel, au premier rang desquelles les antidépresseurs qui agissent sur la sérotonine (ISRS et IRSN). D’autres traitements sont parfois en cause, à des degrés très variables : contraception hormonale chez une minorité de femmes, finastéride, opioïdes au long cours, certains antihypertenseurs, plus rarement les bêtabloquants. Ce n’est ni rare ni honteux, et il existe des solutions validées : attendre quelques semaines quand c’est pertinent, ajuster la dose, changer de molécule, adapter le moment de la prise ou ajouter un traitement ciblé. La règle absolue : ne jamais arrêter ni modifier un traitement seul, car un arrêt brutal expose à un syndrome de sevrage, à une rechute ou à une grossesse non prévue. La bonne démarche consiste à en parler franchement à la personne qui vous l’a prescrit.Vous allez mieux. Le sommeil est revenu, l’angoisse a reculé, la tension est enfin équilibrée ou la contraception vous convient sur le papier. Et pourtant, quelque chose s’est éteint. L’envie ne vient plus, ou elle vient sans suite. Le corps répond moins, l’orgasme est lointain, comme étouffé. Vous avez fini par faire le rapprochement avec le comprimé que vous prenez chaque matin, sans oser en parler : par pudeur, par peur qu’on vous retire un traitement qui vous aide, ou parce que le sujet ne semble jamais avoir sa place en consultation.
Cet article est écrit pour vous. Il fait le point sur ce que montrent les études (quels médicaments, à quelle fréquence, par quels mécanismes), vous donne des phrases concrètes pour aborder le sujet avec votre médecin, détaille les options qui ont fait leurs preuves et dit honnêtement ce que valent les approches naturelles. Si la baisse de désir s’inscrit avant tout dans une période d’anxiété ou de dépression, l’article Libido et santé mentale : anxiété, dépression et désir sexuel détaille ce versant psychologique. Ici, nous nous concentrons sur le médicament lui-même.
Ce n’est pas « dans votre tête » : un effet indésirable reconnu
La première chose à savoir, c’est que votre impression est légitime. Les troubles sexuels figurent parmi les effets indésirables les plus fréquents de plusieurs grandes familles de médicaments, et ils sont aussi parmi les plus sous-déclarés. La raison est simple : les patients en parlent peu spontanément, et les soignants posent rarement la question.
Une méta-analyse italienne conduite par Alessandro Serretti et Alberto Chiesa, à l’université de Bologne, l’a bien montré pour les antidépresseurs. En ne retenant que les études où la sexualité était explorée activement, par questionnaire ou par question directe, les auteurs ont trouvé des taux de troubles sexuels apparus sous traitement allant d’environ 26 % à 80 % des patients selon les molécules. Les auteurs rappellent que, sans question directe, les patients signalent très peu ces effets, ce qui explique des chiffres souvent plus bas dans les études qui se contentent de la déclaration spontanée. Autrement dit : quand on ne demande pas, on ne sait pas.
Ce silence a un coût. La revue publiée par J. Rothmore dans le Medical Journal of Australia rappelle que les troubles sexuels sont l’une des principales causes d’arrêt non concerté des antidépresseurs. Beaucoup de personnes préfèrent interrompre un traitement utile plutôt que d’aborder le sujet, avec à la clé un risque de rechute. C’est exactement ce que l’on cherche à éviter.
Il faut aussi distinguer plusieurs choses que l’on confond souvent sous le mot « libido » :
- le désir : l’envie, les pensées sexuelles, l’intérêt pour l’autre ou pour soi
- l’excitation : la réponse du corps (érection, lubrification, sensibilité génitale)
- l’orgasme et l’éjaculation : retardés, moins intenses, parfois absents
- la satisfaction : le plaisir ressenti et la manière dont on vit sa sexualité
Quels traitements peuvent faire baisser le désir ?
Tous les médicaments ne se valent pas, et le risque varie énormément d’une famille à l’autre. Le tableau ci-dessous résume les principales classes concernées, sans citer de marque. Il ne remplace pas la notice de votre traitement ni l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
| Famille de traitement | Ce qui est le plus souvent touché | Ce que disent les données | Pistes discutées avec le médecin |
|---|---|---|---|
| Antidépresseurs ISRS et IRSN | Désir, orgasme retardé ou absent, éjaculation retardée, excitation | Effet fréquent, très variable selon la molécule | Patienter, ajuster la dose, changer de molécule, traitement ajouté |
| Contraception hormonale | Désir, lubrification, parfois douleurs | Concerne une minorité de femmes, résultats contradictoires | Changer de méthode ou de formulation, avec relais contraceptif |
| Bêtabloquants | Érection, fatigue | Risque réel mais faible dans les essais contrôlés | Évaluer les autres causes, discuter d’une autre molécule |
| Diurétiques thiazidiques | Érection | Surcroît de troubles érectiles dans les deux premières années dans un grand essai | Réévaluation par le médecin, alternatives possibles |
| Finastéride et apparentés | Désir, érection, éjaculation | Effets connus, rares cas persistants rapportés | Réévaluer l’indication, information claire avant de commencer |
| Opioïdes au long cours | Désir, énergie, érection | Baisse de la testostérone chez l’homme | Réévaluer la douleur et le traitement, bilan hormonal |
| Antipsychotiques, certains antiépileptiques, hormonothérapies | Désir, excitation | Effets décrits, variables selon la molécule | Discussion avec le spécialiste prescripteur |
Les antidépresseurs qui agissent sur la sérotonine
C’est la famille la mieux étudiée et la plus souvent en cause. Dans la méta-analyse de Serretti et Chiesa, les molécules associées à un taux de troubles sexuels nettement supérieur à celui d’un comprimé sans principe actif étaient, par ordre décroissant d’impact : sertraline, venlafaxine, citalopram, paroxétine, fluoxétine, imipramine, phénelzine, duloxétine, escitalopram et fluvoxamine. À l’inverse, aucune différence significative n’apparaissait pour l’agomélatine, le bupropion, le moclobémide, la mirtazapine et deux molécules aujourd’hui peu ou plus utilisées.
La revue de Rothmore aboutit à une hiérarchie proche : le risque est le plus élevé avec les ISRS et les IRSN, plus faible avec les tricycliques (à l’exception de la clomipramine) et la mirtazapine, et le plus faible avec le moclobémide, l’agomélatine, la réboxétine et le bupropion. L’autrice souligne que les essais qui comparent directement les antidépresseurs entre eux restent insuffisants. Ces classements donnent une tendance, pas une garantie individuelle. Et toutes ces molécules ne sont pas disponibles ou indiquées dans toutes les situations en France.
Les plaintes les plus typiques sous ISRS sont un orgasme difficile à atteindre ou émoussé, une éjaculation retardée, une baisse du désir et parfois une sensation d’anesthésie génitale. Ces effets apparaissent souvent dans les premières semaines, parfois plus tard, quand l’humeur s’est améliorée et que l’on « remarque » enfin que la sexualité ne suit pas.
La contraception hormonale
C’est le sujet sur lequel on lit le plus d’affirmations tranchées, dans un sens comme dans l’autre. La réalité est plus nuancée. Les recommandations de la Société européenne de médecine sexuelle (ESSM), coordonnées par Stephanie Both à l’université de Leyde, concluent que les effets de la contraception hormonale sur la sexualité restent mal étudiés et controversés, et que seule une minorité de femmes rapporte un changement du désir, de la lubrification, de l’orgasme ou de la satisfaction. Une partie ne remarque rien, et certaines rapportent même une amélioration, par exemple parce que la peur d’une grossesse ou des règles douloureuses disparaissent.
La revue de Mariam Saadedine et Stephanie Faubion (Mayo Clinic, 2024) fait le même constat : certaines contraceptions ont été associées à des troubles sexuels, mais le lien manque de constance d’une étude à l’autre et varie selon le type de méthode. Dès 2006, la revue critique de Jonathan Schaffir concluait déjà que les effets sur le désir relèvent probablement d’une combinaison complexe et individuelle de facteurs biologiques, psychologiques et relationnels, sans schéma hormonal unique.
Ce que cela signifie pour vous : si votre désir a nettement baissé depuis le début d’une pilule, d’un implant, d’un anneau ou d’un dispositif hormonal, ce n’est pas une illusion, mais ce n’est pas non plus une fatalité liée à « la » contraception en général. Une autre formulation ou une autre méthode peut changer la donne. Si une sécheresse ou des douleurs sont au premier plan, l’article Sécheresse vaginale et libido : solutions naturelles et lubrifiants détaille ce versant.
Les bêtabloquants et les autres antihypertenseurs
Les bêtabloquants ont longtemps eu la réputation de « couper » la sexualité. Une analyse publiée dans JAMA par Dennis Ko et ses collègues de l’université Yale a regroupé 15 essais contrôlés portant sur plus de 35 000 patients (infarctus, insuffisance cardiaque, hypertension). Résultat : les bêtabloquants étaient associés à une petite augmentation des troubles sexuels rapportés, de l’ordre de 5 cas supplémentaires pour 1 000 patients traités par an, soit environ un cas de plus pour 199 patients traités pendant un an. L’augmentation de la fatigue était un peu plus marquée (environ un cas pour 57 patients par an). Les auteurs concluaient que la réputation de ces médicaments dépasse nettement ce que montrent les essais.
Cela ne veut pas dire que votre gêne est imaginaire : un risque faible à l’échelle d’une population peut tout à fait vous concerner. Mais cela invite à chercher aussi d’autres explications, à commencer par la maladie cardiovasculaire elle-même, qui abîme les vaisseaux et peut retentir directement sur l’érection.
Pour les autres antihypertenseurs, le grand essai américain TOMHS, publié par Richard Grimm dans Hypertension, a suivi 902 hommes et femmes pendant quatre ans. Les hommes sous chlortalidone (un diurétique thiazidique) rapportaient davantage de troubles de l’érection au cours des deux premières années que ceux du groupe sans médicament actif (17,1 % contre 8,1 %), mais l’écart n’était plus significatif à quatre ans. Pour les autres molécules testées, l’incidence était proche de celle du groupe témoin. Chez les femmes, les troubles sexuels rapportés étaient peu fréquents quel que soit le traitement. Les auteurs mettaient en garde contre le réflexe d’attribuer systématiquement un trouble de l’érection au médicament contre la tension.
Le finastéride et les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase
Le finastéride est prescrit pour la chute de cheveux d’origine hormonale chez l’homme et, à dose différente, pour l’hypertrophie bénigne de la prostate. Il réduit la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone. Les essais contrôlés ont décrit des effets sexuels (baisse du désir, troubles de l’érection, diminution du volume de l’éjaculat), le plus souvent réversibles à l’arrêt. La partie la plus débattue concerne les troubles qui persistent après l’arrêt, abordés plus bas dans une section dédiée.
Les opioïdes au long cours
Les antidouleurs opioïdes pris de façon régulière, y compris les traitements de substitution, agissent sur l’axe hormonal. La méta-analyse de M. Bawor et ses collègues de l’université McMaster (17 études, 2 769 participants) a montré une baisse significative de la testostérone chez les hommes qui prennent des opioïdes de façon régulière, quel que soit le produit. Chez les femmes, les études disponibles ne montraient pas d’effet net sur la testostérone, avec des données plus rares. La qualité globale des études était jugée faible. Une baisse de désir accompagnée de fatigue, de perte d’énergie et de troubles de l’érection chez un homme sous opioïdes au long cours mérite donc d’en parler, éventuellement avec un bilan hormonal. L’article Testostérone basse et fatigue chez l’homme : un trouble sous-diagnostiqué détaille ces signes.
Les autres traitements à garder en tête
D’autres médicaments sont régulièrement signalés, avec des niveaux de preuve variables : certains antipsychotiques (notamment ceux qui augmentent la prolactine), certains antiépileptiques, les anti-androgènes et les hormonothérapies utilisées dans les cancers du sein ou de la prostate, certains traitements contre l’acné ou la pilosité. Dans ces situations, le rapport bénéfice-risque est souvent très favorable au traitement, et la discussion doit impérativement avoir lieu avec le spécialiste qui suit la maladie.
Pourquoi un médicament peut éteindre le désir
Comprendre le mécanisme aide à comprendre pourquoi certaines solutions fonctionnent mieux que d’autres. Plusieurs voies sont en jeu, et elles se combinent parfois.
L’équilibre sérotonine et dopamine. Dans le cerveau, la dopamine joue un rôle d’accélérateur du désir et de la recherche de plaisir. La sérotonine, elle, a plutôt un effet de frein sur certaines étapes de la réponse sexuelle, en particulier l’orgasme et l’éjaculation. En augmentant la sérotonine disponible, les ISRS et les IRSN soulagent l’humeur et l’anxiété, mais peuvent appuyer sur ce frein. C’est ce qui explique que les antidépresseurs qui passent par d’autres voies (dopamine, noradrénaline, mélatonine) soient en moyenne moins concernés. Pour une présentation plus large de ces messagers chimiques, l’article Dopamine, sérotonine, endorphines en donne une vue d’ensemble.
Les hormones sexuelles. Les contraceptions qui contiennent un œstrogène augmentent la production par le foie d’une protéine, la SHBG, qui fixe la testostérone et réduit sa part « libre ». Cette baisse est bien documentée, mais les études ne retrouvent pas de lien constant entre ce chiffre et le désir ressenti, ce qui montre que l’explication purement hormonale ne suffit pas. Le finastéride agit lui sur la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone. Les opioïdes freinent l’axe qui commande la production de testostérone. Le rôle de ces hormones est détaillé dans l’article Testostérone et libido : les hormones du désir, chez la femme aussi.
La prolactine. Certains antipsychotiques et quelques autres médicaments font monter la prolactine, une hormone qui, en excès, diminue le désir et peut dérégler les cycles ou provoquer des troubles de l’érection. Un simple dosage sanguin permet de la vérifier.
La circulation et les nerfs. L’érection et la lubrification dépendent d’un bon afflux sanguin et d’une commande nerveuse intacte. Certains médicaments cardiovasculaires peuvent légèrement modifier cette mécanique, mais c’est souvent la maladie vasculaire sous-jacente qui pèse le plus.
La fatigue et l’émoussement émotionnel. Un traitement qui rend somnolent, qui ralentit ou qui « aplatit » les émotions laisse moins d’espace à l’élan sexuel, sans agir directement sur la sexualité. Certaines personnes sous antidépresseur décrivent ce sentiment d’être « protégées » des émotions négatives, mais aussi un peu éloignées des positives.
Médicament, maladie ou vie : démêler les causes
Avant de tout attribuer au comprimé, il est utile de se poser quelques questions, car la baisse de désir a presque toujours plusieurs causes qui s’additionnent.
La maladie traitée. La dépression fait chuter le désir à elle seule, avant tout traitement. L’hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires abîment les vaisseaux et favorisent les troubles de l’érection. Une douleur chronique épuise. Démêler ce qui revient à la maladie et ce qui revient au médicament est précisément le travail du médecin, et c’est pour cela que la chronologie est si importante.
La chronologie. Le désir était-il présent juste avant le début du traitement ? La baisse est-elle apparue dans les semaines qui ont suivi, ou après une augmentation de dose ? S’est-elle aggravée après un changement de molécule ? Une relation claire dans le temps oriente vers le médicament. Une baisse qui précédait le traitement oriente plutôt vers la maladie ou le contexte.
Les autres facteurs. L’âge, le stress, le manque de sommeil, l’alcool, le tabac, un problème de thyroïde, une carence en fer, la période après un accouchement ou la ménopause, des tensions dans le couple : tout cela peut peser. L’article Thyroïde et libido : quand une baisse de désir cache un trouble thyroïdien rappelle par exemple qu’un simple bilan peut révéler une cause méconnue. Et le stress chronique, à lui seul, freine le désir, comme l’explique l’article Stress et libido : comment le cortisol freine le désir.
Un outil simple : le carnet de bord sur quatre semaines
Pour arriver en consultation avec des éléments concrets, vous pouvez noter pendant trois à quatre semaines, en quelques mots :
- l’heure de prise du traitement et toute modification de dose
- votre niveau de désir sur une échelle de 0 à 10
- les difficultés éventuelles (excitation, érection, lubrification, orgasme)
- votre humeur, votre niveau de fatigue et votre sommeil
- les événements marquants (dispute, surcharge de travail, alcool, maladie)
Ce que montrent les études
- Les troubles sexuels sous antidépresseurs sont fréquents quand on les recherche activement : de 26 % à 80 % des patients selon les molécules dans la méta-analyse de Serretti et Chiesa, avec de fortes différences d’une molécule à l’autre.
- L’agomélatine, le bupropion, le moclobémide et la mirtazapine ne se distinguaient pas d’un comprimé sans principe actif dans cette même analyse.
- La revue Cochrane de Taylor et coll. (23 essais, 1 886 participants) conclut que, chez l’homme, l’ajout de sildénafil ou de tadalafil améliore les troubles de l’érection induits par un antidépresseur, et que chez la femme, l’ajout de bupropion à dose plus élevée est la piste la plus prometteuse étudiée.
- Pour les bêtabloquants, le surcroît de troubles sexuels dans les essais contrôlés est faible : environ un cas supplémentaire pour 199 patients traités pendant un an.
- Pour la contraception hormonale, les sociétés savantes européennes estiment qu’une minorité de femmes seulement rapporte un changement de sa sexualité.
- Chez l’homme, l’usage régulier d’opioïdes est associé à une baisse significative de la testostérone.
- Les données sur les troubles sexuels persistants après l’arrêt (après ISRS ou finastéride) reposent surtout sur des séries de cas et restent à préciser.
La règle d’or : ne rien arrêter, ne rien modifier seul
C’est le point le plus important de cet article, et il mérite d’être répété : n’arrêtez jamais un traitement, ne baissez jamais une dose et ne sautez jamais de prises de votre propre initiative pour retrouver votre libido. La tentation est compréhensible, mais les risques sont réels.
Pour les antidépresseurs, un arrêt brutal peut provoquer un syndrome d’arrêt : vertiges, sensations de « décharges électriques », troubles du sommeil, irritabilité, nausées, anxiété. Surtout, il expose à une rechute de la dépression ou du trouble anxieux, parfois plus sévère que l’épisode initial. Un arrêt, quand il est décidé, se fait progressivement, selon un plan défini avec le médecin.
Pour la contraception, arrêter la pilule ou retirer un dispositif sans solution de relais expose à une grossesse non prévue dès les jours qui suivent. Toute modification doit être préparée avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme, qui vous indiquera comment assurer la continuité de la protection (préservatif, nouvelle méthode démarrée au bon moment).
Pour les bêtabloquants et certains antihypertenseurs, un arrêt brusque peut entraîner un rebond de la tension ou du rythme cardiaque, voire des douleurs thoraciques chez les personnes qui ont une maladie coronaire.
Pour les opioïdes, l’arrêt brutal provoque un syndrome de sevrage pénible et peut faire basculer vers d’autres produits. La réduction se fait toujours de façon encadrée.
Pour les antipsychotiques et les antiépileptiques, un arrêt sans avis expose à une rechute ou à des crises.
Si vous traversez des idées noires, si vous pensez au suicide ou si la perte de votre vie sexuelle vous fait perdre espoir, ne restez pas seul ou seule avec cela. Appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112.
Comment en parler à votre médecin
Beaucoup de personnes attendent que le médecin aborde le sujet. Beaucoup de médecins attendent que le patient en parle. Résultat : personne ne dit rien. Prendre l’initiative est souvent le pas décisif, et il est bien plus simple qu’on ne le croit.
À qui s’adresser
- Le médecin qui a prescrit le traitement est le premier interlocuteur : généraliste, psychiatre, cardiologue, dermatologue, gynécologue ou sage-femme selon le cas.
- Le pharmacien peut vous dire si l’effet que vous ressentez est décrit pour votre médicament, et vous aider à préparer la consultation. Il ne modifiera pas le traitement à la place du prescripteur.
- Un urologue, un andrologue ou un gynécologue peut être utile si un trouble physique domine (érection, douleurs, sécheresse).
- Un sexologue ou un psychologue peut accompagner le retentissement sur l’estime de soi et sur le couple, en complément du suivi médical.
Des phrases toutes prêtes
Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise façon de le dire. Voici quelques formulations qui ont l’avantage d’être claires :
- « Depuis que je prends ce traitement, mon désir a beaucoup baissé. Est-ce que cela peut être lié ? »
- « Je vais mieux sur le plan du moral, mais ma vie sexuelle en pâtit. J’aimerais qu’on en parle sans tout remettre en cause. »
- « J’ai du mal à atteindre l’orgasme depuis le début du traitement. Est-ce un effet connu ? »
- « Je n’ai pas envie d’arrêter ce traitement, mais cet effet me pèse. Quelles sont les options ? »
- « Avec ma pilule, j’ai l’impression que mon désir s’est éteint. Est-ce qu’on peut envisager une autre méthode ? »
Ce qu’il est utile de préparer
- la date de début du traitement et des éventuels changements de dose
- la description précise de ce qui a changé (désir, excitation, orgasme, douleur)
- la situation avant le traitement, pour comparer
- les autres médicaments et compléments que vous prenez, y compris les plantes
- ce qui compte le plus pour vous : retrouver le désir, l’orgasme, l’érection, ou simplement être rassuré
Les options validées que votre médecin peut proposer
Il n’existe pas de solution unique, et la revue Cochrane coordonnée par Matthew Taylor, au King’s College de Londres, souligne que les données restent limitées pour de nombreuses stratégies. Mais plusieurs approches sont couramment utilisées et décrites dans les revues de référence. Votre médecin choisira en fonction de votre maladie, de la stabilité de votre état, de vos antécédents et de vos priorités.
Laisser un peu de temps, quand c’est pertinent
Dans certains cas, notamment en début de traitement, une partie des effets sexuels peut s’atténuer au fil des semaines. Ce n’est pas systématique, et l’attente n’est pas une solution si l’effet est mal vécu ou dure depuis des mois. Mais si votre traitement vient de commencer et que la maladie est encore active, votre médecin peut proposer de réévaluer à distance, tout en gardant le sujet ouvert.
Ajuster la dose
Pour plusieurs médicaments, les effets indésirables augmentent avec la dose. Lorsque l’état est stabilisé, le prescripteur peut envisager de revenir à la dose minimale efficace. La revue de Rothmore cite cette réduction parmi les premières options à considérer. Attention : cette décision doit être prise par le médecin, car une dose trop faible peut exposer à une rechute.
Changer de molécule
Lorsque l’effet sexuel est clairement lié à une molécule, en passer à une autre, réputée moins concernée, est une option fréquente. Pour la dépression, les molécules qui n’agissent pas principalement sur la sérotonine sont en moyenne moins associées aux troubles sexuels, comme on l’a vu plus haut. Ce changement doit être encadré, car il faut tenir compte de la tolérance, des interactions et du délai d’action de la nouvelle molécule. La revue Cochrane note que les essais comparant spécifiquement un changement de molécule disponible aujourd’hui restent rares, ce qui explique pourquoi la décision se prend au cas par cas.
Pour la contraception, changer de formulation (dosage en œstrogène, type de progestatif) ou de méthode (dispositif au cuivre, méthode non hormonale) est souvent possible, toujours avec un relais organisé. Pour l’hypertension, il existe plusieurs familles de traitements, et une autre classe peut convenir aussi bien.
Adapter le moment de la prise
Pour certains traitements, prendre le médicament à un autre moment de la journée, par exemple après le moment où vous avez habituellement une vie intime plutôt qu’avant, est parfois proposé pour limiter l’impact. L’effet est inégal selon les molécules, notamment pour celles qui restent longtemps dans l’organisme. C’est une piste simple à discuter, mais à ne pas mettre en place sans l’accord du prescripteur, car pour certains médicaments l’horaire compte pour l’efficacité ou la tolérance.
Ajouter un traitement ciblé
La revue Cochrane apporte ici les données les plus solides. Chez l’homme, l’ajout d’un médicament de la famille des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (sildénafil ou tadalafil) améliore nettement les troubles de l’érection induits par un antidépresseur. Ces médicaments ne sont pas anodins : ils sont contre-indiqués avec certains traitements cardiaques, notamment les dérivés nitrés, et nécessitent une prescription. Chez la femme, l’ajout de bupropion à dose plus élevée est apparu comme la piste la plus prometteuse étudiée, mais sur un petit nombre d’essais. Les autres médicaments ajoutés testés n’ont pas montré d’amélioration significative.
Les « pauses thérapeutiques » : pourquoi on ne les improvise pas
Vous avez peut-être lu que certaines personnes arrêtent leur antidépresseur le week-end pour retrouver leur sexualité. La revue Cochrane souligne qu’aucun essai randomisé n’a évalué cette pratique. Elle expose surtout, pour de nombreuses molécules, à des symptômes d’arrêt répétés et à une moins bonne stabilité de l’humeur. Ce n’est pas une solution à essayer seul.
Traiter la cause quand c’est possible
Si un bilan révèle une testostérone basse sous opioïdes, une prolactine élevée ou un problème thyroïdien, la prise en charge de cette cause fait partie de la solution. De même, réduire la dose d’opioïdes lorsque la douleur le permet, ou revoir l’indication d’un finastéride prescrit pour une raison esthétique, sont des pistes à discuter.
Ce que valent les approches naturelles et complémentaires
Les approches non médicamenteuses ont une vraie place, surtout en complément. Elles ne remplacent pas l’ajustement du traitement, mais elles agissent sur le terrain : énergie, image de soi, relation, anxiété de performance. Voici ce que l’on sait, approche par approche.
L’activité physique, au bon moment
C’est la piste naturelle la mieux étayée dans ce contexte précis. Un essai randomisé croisé mené par Tierney Lorenz et Cindy Meston à l’université du Texas à Austin a inclus 52 femmes ayant des effets sexuels sous antidépresseur. Faire de l’exercice juste avant l’activité sexuelle, trois fois par semaine pendant trois semaines, a amélioré significativement le désir et, chez les femmes qui avaient un trouble sexuel au départ, le fonctionnement sexuel global. Le simple fait de programmer des moments d’intimité réguliers améliorait l’orgasme. L’hypothèse est que l’exercice active le système nerveux sympathique et l’afflux sanguin, ce qui faciliterait la réponse physique. Ces résultats portent sur un petit groupe de femmes et demandent confirmation, mais l’approche est sans danger pour la plupart des personnes et bénéfique pour l’humeur. Chez l’homme, l’activité physique régulière est par ailleurs l’un des leviers les plus documentés pour la fonction érectile, comme le détaille l’article Comment améliorer son érection : le mode de vie pèse lourd.
L’accompagnement psychologique et sexologique
Une baisse de désir liée au médicament a souvent des répercussions secondaires : peur de l’échec, évitement, culpabilité, tensions dans le couple. Une thérapie cognitive et comportementale, une approche sexologique centrée sur le plaisir plutôt que sur la performance, ou des exercices de pleine conscience peuvent aider à casser ce cercle. Il n’existe pas d’essai spécifique démontrant que ces approches compensent un effet pharmacologique, mais elles agissent sur ce qui l’entretient. Le psychologue ou le sexologue travaille alors en lien avec le médecin, jamais à sa place.
Sophrologie, hypnose, relaxation
Ces approches peuvent aider à diminuer l’anxiété de performance, à se reconnecter aux sensations corporelles et à mieux vivre la période d’ajustement du traitement. Aucune donnée ne montre qu’elles agissent sur l’effet pharmacologique lui-même. Elles trouvent leur place comme soutien, à condition que le praticien ne vous incite jamais à modifier votre traitement.
Plantes et compléments : prudence
C’est sur ce terrain que les promesses sont les plus nombreuses et les preuves les plus minces. Quelques plantes (maca, ginkgo, safran) ont été testées dans de petits essais auprès de personnes sous antidépresseur, avec des résultats inégaux et fragiles. La revue Cochrane, qui a regroupé les traitements ajoutés étudiés en essais randomisés, n’a retrouvé de bénéfice net que pour les inhibiteurs de la phosphodiestérase chez l’homme et pour le bupropion à dose plus élevée chez la femme. Pour un tour d’horizon des plantes traditionnellement associées au désir et de leur niveau de preuve, voir l’article Plantes aphrodisiaques : les stimulants naturels du désir.
Surtout, plusieurs plantes et compléments interagissent avec les médicaments en cause :
- Le millepertuis ne doit jamais être associé à un antidépresseur sans avis médical : l’association expose à un syndrome sérotoninergique, potentiellement grave. Il diminue aussi l’efficacité de la contraception hormonale et de nombreux autres médicaments.
- Le ginkgo peut augmenter le risque de saignement chez les personnes sous anticoagulant ou antiagrégant.
- La DHEA et la testostérone sont des hormones : elles ne se prennent pas en automédication, notamment chez la femme et en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant.
- Les plantes riches en phyto-œstrogènes et l’actée à grappes noires ne sont pas anodines en cas d’antécédent de cancer du sein ou sous certaines hormonothérapies.
- Les compléments « boosters » achetés en ligne contiennent parfois des substances non déclarées, voire des médicaments ou des métaux lourds.
Hygiène de vie : le socle
Dormir suffisamment, limiter l’alcool (qui freine l’érection et l’orgasme), arrêter le tabac, bouger régulièrement et garder du temps pour l’intimité sans objectif de performance ne règleront pas à eux seuls un effet médicamenteux, mais améliorent le terrain sur lequel il s’exerce. L’article Alimentation et libido : les nutriments qui soutiennent vraiment le désir complète ce volet.
Quand le trouble persiste après l’arrêt : ce que l’on sait
Pour la grande majorité des personnes, les effets sexuels d’un médicament disparaissent dans les semaines qui suivent un arrêt encadré ou un changement de molécule. Il existe cependant des cas, rapportés depuis une quinzaine d’années, où les troubles persistent longtemps après l’arrêt. Ce sujet suscite beaucoup d’inquiétude en ligne, et il mérite d’être abordé avec des faits.
Après un antidépresseur : la dysfonction sexuelle post-ISRS
On parle de dysfonction sexuelle post-ISRS (souvent abrégée PSSD, de l’anglais) lorsque des troubles sexuels absents avant le traitement apparaissent pendant ou peu après celui-ci et persistent après la rémission de la dépression et l’arrêt du médicament. La revue de Rothmore la décrit comme un effet indésirable possible mais rare des ISRS et des IRSN. En 2019, l’Agence européenne du médicament a demandé que les notices de ces antidépresseurs mentionnent la possibilité de troubles sexuels persistant après l’arrêt. La revue clinique de S. Marks, publiée en 2023, souligne que ce tableau reste mal connu des soignants.
Une série de 300 cas publiée par David Healy et ses collègues, à partir de déclarations recueillies sur un site international de signalement, décrit des symptômes communs : anesthésie génitale, orgasme sans plaisir, perte de libido, troubles de l’érection. Il faut lire ces données pour ce qu’elles sont : des signalements volontaires, sans groupe de comparaison, qui ne permettent ni d’estimer la fréquence ni d’établir formellement la cause. La fréquence réelle de ce syndrome n’est pas connue, et ses mécanismes restent à l’étude.
Après le finastéride : le syndrome post-finastéride
Un tableau voisin a été décrit après l’arrêt du finastéride. Michael Irwig, endocrinologue à l’université George Washington, a interrogé 71 hommes en bonne santé qui rapportaient des troubles sexuels persistants depuis au moins trois mois après l’arrêt : 94 % décrivaient une baisse de libido, 92 % des troubles de l’érection, 92 % une baisse de l’excitation et 69 % des troubles de l’orgasme, en moyenne 40 mois après l’arrêt. L’auteur reconnaît lui-même les limites de l’étude : recrutement de personnes déjà concernées, souvenirs de l’état antérieur, absence de dosages hormonaux. Ces résultats ne disent pas combien d’hommes sont concernés parmi tous ceux qui prennent ce médicament, et la majorité des utilisateurs ne présente pas ce tableau.
Les autorités sanitaires ont toutefois renforcé l’information. En France comme en Europe, la notice du finastéride mentionne des troubles sexuels pouvant persister après l’arrêt, ainsi que des troubles de l’humeur, dont des idées suicidaires. Si vous prenez ce médicament et que vous remarquez un changement d’humeur, parlez-en sans attendre à votre médecin, et en cas d’idées suicidaires, appelez le 3114.
Que faire si vous êtes concerné ou concernée
- Consultez, même si vous avez l’impression d’avoir « déjà tout essayé ». Un bilan peut révéler une autre cause traitable.
- Demandez à être orienté vers un spécialiste de médecine sexuelle (urologue, andrologue, gynécologue, sexologue médecin).
- Méfiez-vous des forums et des offres de « protocoles » coûteux qui promettent une solution : aucun traitement n’a été validé spécifiquement pour ces syndromes à ce jour.
- Faites-vous accompagner psychologiquement si la détresse est importante : ce soutien ne nie pas la réalité physique du trouble, il aide à traverser la période.
Et le couple dans tout ça ?
Une baisse de désir liée au médicament peut être vécue comme un rejet par le ou la partenaire, surtout si elle n’est pas expliquée. Mettre des mots sur ce qui se passe change souvent beaucoup de choses : « Ce n’est pas toi, c’est probablement mon traitement, et j’ai prévu d’en parler à mon médecin. » Cette phrase simple désamorce une bonne partie des malentendus.
Certaines personnes trouvent utile de venir à deux en consultation, ou d’associer le ou la partenaire à la réflexion sur les options. Pendant la période d’ajustement, élargir la sexualité au-delà de la pénétration et de l’orgasme (caresses, tendresse, temps partagé) permet de garder un lien sans pression de résultat. Les articles Décalage de désir dans le couple et Moins de désir après des années de couple ? Ce qui l’entretient proposent des pistes concrètes pour traverser ces périodes à deux.
Quand consulter
Prenez rendez-vous avec votre médecin si :
- la baisse de désir ou les troubles sexuels durent depuis plusieurs semaines et vous pèsent
- vous êtes tenté ou tentée d’arrêter votre traitement à cause de cet effet
- les troubles persistent après l’arrêt encadré d’un traitement
- vous envisagez de changer de contraception
- vous souhaitez prendre un complément ou une plante en plus de votre traitement
- un trouble de l’érection apparaît récemment, surtout après 40 ans ou en cas de tabac, de diabète, d’hypertension ou de cholestérol : il peut être le premier signe d’une maladie cardiovasculaire et justifie un bilan
- vous avez arrêté un traitement et ressentez des symptômes d’arrêt importants (vertiges, décharges, angoisse, insomnie)
- des douleurs pendant les rapports, des saignements inhabituels ou un écoulement apparaissent
- vous remarquez un changement de l’humeur sous finastéride ou sous un autre traitement
Questions fréquentes
Quel antidépresseur a le moins d’effet sur la libido ?
Dans les études disponibles, les antidépresseurs qui n’agissent pas principalement sur la sérotonine sont en moyenne moins associés aux troubles sexuels : la méta-analyse de Serretti et Chiesa ne trouvait pas de différence avec un comprimé sans principe actif pour l’agomélatine, le bupropion, le moclobémide et la mirtazapine. Mais le « bon » antidépresseur dépend d’abord de votre diagnostic, de vos antécédents et de votre tolérance. C’est une question à poser au médecin, pas un choix à faire seul.
La pilule fait-elle baisser la libido ?
Chez la plupart des femmes, non, ou pas de façon nette. Les sociétés savantes européennes estiment qu’une minorité de femmes rapporte une baisse du désir sous contraception hormonale, et les études sont contradictoires. Si c’est votre cas, une autre formulation ou une autre méthode peut être envisagée avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme, sans jamais arrêter sans relais contraceptif.
Combien de temps après l’arrêt du traitement la libido revient-elle ?
Le plus souvent, en quelques semaines après un arrêt encadré ou un changement de molécule, selon le médicament et la durée pendant laquelle il reste dans l’organisme. La maladie elle-même, l’âge et le contexte jouent aussi. Si les troubles persistent plusieurs mois après l’arrêt, parlez-en à votre médecin : de rares cas de troubles persistants sont décrits, et d’autres causes doivent être recherchées.
Les bêtabloquants font-ils baisser le désir ?
Leur réputation dépasse les données. Dans les essais contrôlés regroupés par Ko et ses collègues, le surcroît de troubles sexuels était faible, de l’ordre d’un cas supplémentaire pour 199 patients traités pendant un an. Un trouble de l’érection sous bêtabloquant peut aussi refléter la maladie cardiovasculaire elle-même. N’arrêtez jamais un bêtabloquant brutalement : parlez-en à votre médecin.
Puis-je prendre une plante pour compenser l’effet de mon traitement ?
Pas sans en parler d’abord à votre médecin ou à votre pharmacien. Les preuves en faveur des plantes dans ce contexte sont fragiles, et certaines interagissent dangereusement avec les médicaments en cause, comme le millepertuis avec les antidépresseurs et la contraception hormonale. L’activité physique et l’accompagnement psychologique sont des compléments plus sûrs et mieux documentés.
Est-ce normal de ne plus avoir d’orgasme sous antidépresseur ?
C’est un effet fréquent et connu, en particulier avec les ISRS et les IRSN. Ce n’est pas « normal » au sens où il faudrait s’y résigner : plusieurs options existent, de l’ajustement de dose au changement de molécule. Cela vaut la peine d’en parler, sans arrêter le traitement de vous-même.
Trouver un accompagnement
Retrouver une vie intime satisfaisante sous traitement passe d’abord par votre médecin, qui reste le seul à pouvoir ajuster une prescription. En complément, un psychologue peut vous aider à traverser cette période, à apaiser l’anxiété de performance, à retrouver confiance en vous et à rouvrir le dialogue dans le couple. Vous pouvez trouver un professionnel près de chez vous dans notre annuaire des psychologues.
Sources
- Serretti A, Chiesa A. Treatment-emergent sexual dysfunction related to antidepressants: a meta-analysis. Journal of Clinical Psychopharmacology, 2009, 29(3):259-266. PMID : 19440080. DOI : 10.1097/JCP.0b013e3181a5233f.
- Rothmore J. Antidepressant-induced sexual dysfunction. Medical Journal of Australia, 2020, 212(7):329-334. PMID : 32172535. DOI : 10.5694/mja2.50522.
- Taylor MJ, Rudkin L, Bullemor-Day P, Lubin J, Chukwujekwu C, Hawton K. Strategies for managing sexual dysfunction induced by antidepressant medication. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2013, CD003382. PMID : 23728643. DOI : 10.1002/14651858.CD003382.pub3.
- Marks S. A clinical review of antidepressants, their sexual side-effects, post-SSRI sexual dysfunction, and serotonin syndrome. British Journal of Nursing, 2023, 32(14):678-682. PMID : 37495413. DOI : 10.12968/bjon.2023.32.14.678.
- Healy D, Le Noury J, Mangin D. Enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, 5α-reductase inhibitors and isotretinoin: 300 cases. International Journal of Risk & Safety in Medicine, 2018, 29(3-4):125-134. PMID : 29733030. DOI : 10.3233/JRS-180744.
- Both S, Lew-Starowicz M, Luria M, et coll. Hormonal Contraception and Female Sexuality: Position Statements from the European Society of Sexual Medicine (ESSM). The Journal of Sexual Medicine, 2019, 16(11):1681-1695. PMID : 31521571. DOI : 10.1016/j.jsxm.2019.08.005.
- Saadedine M, Faubion SS. Hormonal Contraception and Sexual Function: A Review, Clinical Insights, and Management Considerations. Obstetrics and Gynecology Clinics of North America, 2024, 51(2):381-395. PMID : 38777490. DOI : 10.1016/j.ogc.2024.02.008.
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